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Sur le neutron

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Submitted on 1 Jan 1937

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Sur le neutron

Félix Cernuschi

To cite this version:

(2)

LE

JOURNAL

DE

PHYSIQUE

ET

LE RADIUM

SUR LE NEUTRON

Par FÉLIX CERNUSCHI.

Sommaire. - Si l’on admet que le neutron est composé d’un proton et d’un électron, on lui trouve,

en appliquant l’équation relativiste de Schrôdinger, un seul état stable avec une durée de vie de 10-27 s.

L’hypothèse de départ est donc inacceptable. On propose donc de considérer comme particules simples

l’électron, le positon et le neutron. Le proton serait alors composé d’un neutron et d’un positon. Cette

hypothèse permet de calculer la section efficace pour la désintégration photoélectrique d’un proton.

SÉRIE

VII. TOME

VIII.

7.

JUILLET

1937.

Après l’expérience

réalisée par Irène Curie et F.

Joliot,

en bombardant l’aluminium par une radiation x en

obtenant le « radio

phosphore

» avec émission de

neutrons,

et la

désintégration

photoélectrique

du deuton effectuée par Chadwick et

Goldhaber,

malgré qu’il

y ait une certaine incertitude sur la valeur de la masse

du

neutron,

on

peut

être sûr

qu’elle

est

supérieure

à celle de l’atome

d’hydrogène.

Si nous

acceptons

l’idée que le neutron est une

parti-cule constituée par un

proton

et un

électron,

nous devons choisir une loi pour

l’énergie potentielle

dans le domaine de l’ordre de 1O-13 cm

qui

puisse

nous donner des niveaux

énergétiques

pour le

système

proton- électron supérieurs

à ceux de l’atome

d’hydro-gène

de la différence de masse entre le neutron et

l’hy-drogène

divisée par le carré de la vitesse de la lumière. Cette différence

d’énergie

est de l’ordre de

0,5

MeV =

nic’2,

na étant la masse de

l’électron,

c la vitesse de la lumière.

La loi

d’énergie potentielle

la

plus simple

qui

puisse

satisfaire à la condition dont nous venons de

parler

est une barrière de

potentiel

de

type indiqué

dans la

figure

1. En dehors du domaine

ao-~-a1 N

10-13 cm la

loi de Coulomb reste naturellement

valable;

mais on

ne modifie pas la

partie

substantielle du calcul pour le

neutron en

admettant,

en

première approximation,

que

l’énergie

potentielle

reste constante hors de ce

domaine.

Nous étudierons d’abord s’il est

possible

d’avoir des nivaux stables

d’énergie

pour l’électron dans une telle

barrière de

potentiel.

Comme dans ces conditions la vitesse de l’électron est

comparable

à celle de la lumière nous utiliserons

l’équation

relativiste de

Schrôdinger :

Comme la masse réduite est du même ordre que celle

de

l’électron,

nous utiliserons

dans (1)

pour- la masse de

l’électron. ~

doit être une fonction

~

(X, S)

de la

position

et du «

spin

» de l’électron. Comme

jusqu’à

présent

on n’a pas trouvé le

proton

négatif,

pour rendre

compte

de la saturation du

neutron,

nous supposerons que

Vi

(fig. 1)

est

positif

pour des

spins antiparallèles

et

négatif

pour des

spins parallèles; ~

devient par

conséquent

seulement une fonction des coordonnées.

Avec la subtitution bien connue : -.

nous avons :

nous avons entre les

coefficients tik

la relation :

Si aho est le

premier

coefficient différent de zéro :

(3)

274

On voit facilement que

(5)

définit une série

conver-gente.

Nous commencerons par

étudierl’états(l ==0,

>1 =

i).

Dans ce cas

(4)

se réduit :

On

peut

écrire les solutions de

(8)

sous la forme :

Parce que cr,2

peut

avoir une forme

exponentielle

décroissante,

il faut que :

~2013F~~~.

(11)

La relation

(11)

est liée au

paradoxe

de Klein : tandis

qu’un

électron en

mécanique

ondulatoire

nor-relativiste enfermé entre deux murs de

potentiel

peut

avoir

n’importe quelle

valeur

d’énergie

de

fixa-tion,

en

mécanique

ondulatoire relativiste

l’énergie

c’ e fixation doit satisfaire à la relation

(11)

ou, en cas coi

-traire l’électron passe aux niveaux

d’énergie négatif.

Et comme E est environ 2 r/ic2 on voit que :

En tenant

compte

de la continuité de la

fonction ?

et de sa

dérivée,

nous avons :

Pour déterminer d’une

façon approximative

l’ordre de

grandeur

de

Vo

nous faisons L’ = 0 et

on trouve : *.

On

peut

écrire avec une

approximation

suffisante :

1

- 1

[(Vo+E)2-m2c!¡.]2aO==2-7i:+ !

1

[m~c*- (E-

V 1 )2J2

.

(18)

[(E-~

Vo)2-nt2c412

Avec la valeur de

Vo

donnée par

(1 i)

et E - 2nec9 on

trouve que

Vi -

3 mc~.

(19)

De

(14)

on déduit facilement

qu’un

seul état n

peut

exister,

parce que

E2

serait infiniment

grand

en

com-paraison

avec

V,

En étudiant la vie moyenne

probable

de cet état

possible

on verra

qu’elle

est

négligeable

et que, par

conséquent,

aucun état stable n’existe pour

l’électron dans de telles conditions.

La

probabilité

de fuite P de l’électron dans la bi

r-rière de

potentiel

est :

P = v 1’

(10)

où v est la

fréquence

du mouvement de l’électron et 7’ la

transparence

de la barrière.

Si X est la

longueur

de l’onde de l’électron, on

peut

écrire :

Le coefficient de

transparence

’l’ est donné par :

et avec

(20)

et

(21)

Avec les valeurs

(16), (1"7)

et ai - 10-t3 cm nous obte-nons une

probabilité

de

désintégration

pour le

système

proton-électron

-~

laquelle

nous donne une vie moyenne pour ce

système :

(4)

275 avec les faits

expérimentaux,

dont nous devons

con-clure

qu’il

y a des difficultés

théoriques

très

grandes

pour

pouvoir

concevoir le neutron comme constitué

par un

proton

et un électron.

En tenant

compte

de ces

difficultés,

nous croyons

qu’on

peut

émettre

l’hypothèse

que le neutron est une

particule

élémentaire

simple

et que le

proton

est

cons-titué par le

système

neutron-positon.

D’après

cette

hypothèse,

nous aurions seulement deux

particules

simples électriques,

l’électron et le

positon,

et nous

obtiendrions la

symétrie

des

charges électriques

élé-mentaires

qui

n’existerait pas en

supposant

que le

proton

est une

particule

simple.

Comme la masse du

proton

est

plus

petite

que celle du

neutron,

pour le modèle du

proton

constitué par le

système neutron-positon,

y la loi du

potentiel

la

plus

simples

pour ce modèle est un trou

rectangulaire

Fig. 1.

En faisant des calculs tout à fait

identiques

à ceux faits pour le cas de la

figure

1,

nous trouvons :

,

et comme E dans ce cas est très peu

supérieur

à zéro :

Cette

hypothèse

peut

être vérifiée

expérimentalement

avec

radiation y supérieure

à

0,5

MeV et en observant si les

protons

sont

désintégrés photoélectriquement.

Finalement nous calculerons ci,, la section efficace

d’arrachement

photoélectrique

d’un

positon

au

proton

par un

rayonnement

y. Nous utiliserons une méthode tout à fait similaire à celle donnée par Bethe et

Peierls

(’)

pour la

désintégration photoélectrique

du deuton.

(i) BETHE et PEIERLS. Proc. Roy. Socl, A, 1935, 148, p. 146.-F. PERRIN et ELSASSER. J. de Physique, mai 1935, p. 194.

La théorie

quantique

de l’effet

photoélectrique

donne :

Mzo,

est l’élément de matrice de la

composante

du moment

électrique

suivant la direction du

champ

élec-trique

de l’onde

incidente, correspondant

à la transition entre l’état initial des

particules

liées et l’état final de dissociation.

Comme le centre de

gravité

du

système

neutron-positon

coïncide

approximativement

avec celui du

neutron,

nous avons :

Par des raisons tout à fait

identiques

à celles que nous

avons

exprimées

plus

haut pour le

système

proton-électron,

il ne

peut

exister dans le

système

neutron-positon

qu’un

seul état stationnaire

correspondant

à un

moment de circulation nul

(1

=

0,

état

S),

et d’accord

avec la

règle

de sélection pour le moment

angulaire,

on doit en déduire que l’état final

’fi

doit être un état P

(/==1).

Fig. 2.

Avec

(2)

et

(4)

appliqués

au

potentiel représenté

dans la

figure

2,

pour l -1 et

Ei >

Vi =

mc2,

nous avons :

où a, pour la

part plus

grande

de

l’espace

est :

(5)

276

D’une

façon analogue

on trouve que

k,,,

correspondant

à l’état stationnaire

(1

=

0),

après

la normalisation

est,

donnée par :

1 ,

Utilisant

(34) (31)

et

(36)

nous obtenons :

~ ~ 4 4 ,

Après l’intégration

et en tenant

compte

que :

nous obtenons : -.

De

(30)

et

(38)

on tire :

Comme

on obtient

Pour avoir une idée

générale

de la

grandeur

de 5e,

nous faisons un calcul

numérique approximatif.

Nous. savons

seulement, après

nos

calculs,

que la valeur de

*

Eo

est très

près

de

zéro,

mais

qu’on

ne

peut

pas la

cal-culer parce

qu’on

ne connaît pas la valeur exacte de la

masse du

neutron;

supposant

que ao N io-~ cm-1 et

qu’on

utilise un

rayonnement

y de 2 M. V. nous obtien-drions :

Dans le modèle de

proton

que nous venons d’étudier

nous n’avons pas tenu

compte

du

spin ;

d’ailleurs il est très

probable

que les processus de formalion ou de

dé-sintégration

du

proton,

considéré comme formé par le

système

neutron

positon,

sont

accompagnés

par

l’ab-sorption

ou l’émission d’un neutrino.

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