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Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne

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Academic year: 2021

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HAL Id: hal-01461720

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Submitted on 8 Feb 2017

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Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne

Vassiliki Gaggadis-Robin

To cite this version:

Vassiliki Gaggadis-Robin. Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne. Etude des marbres des sculptures antiques, Musée Saint-Raymond Toulouse, Nov 2012, Toulouse, France.

�hal-01461720�

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Étude des marbres des sculptures antiques Table ronde

mercredi 7 novembre 2012

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Ouverture

évelyne UGAGLIA, Directrice du MSR

Jean-Luc MARTINEZ, Conservateur général du patrimoine, musée du Louvre 9 h 00

9 h 10

9 h 20

9 h 30

10 h 15

10 h 35

10 h 55

11 h 15

11 h 30

11 h 50

12 h 10

12 h 30

Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon et musée archéologique de Vienne

>Hugues SAVAY-GUERRAZ, Conservateur, Directeur du musée de Lyon Recherche en cours sur les marbres du musée de Lyon

>Elsa GOMEZ, Conservatrice, Directrice des musées de Vienne Présentation des démarches de recherche dans les musées de Vienne

>Yannis MANIATIS,

Directeur de recherche, Laboratoire d’Archéométrie Demokritos - Athènes A multi-technique approach, including invasive and non-invasive methods, for determining the provenance of marble during the roman times in France

>Vassiliki GAGGADIS-ROBIN, Chargée de Recherche CNRS Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne

>Maria-Pia DARBLADE-AUDOIN,

Docteur en histoire de l’art et archéologie romaine

La provenance de quelques sculptures en marbre du musée de Lyon

Discussion avec la salle

Musée départemental - Arles Antique

>Pascale PICARD, Conservatrice au musée de l’Arles Antique études et recherches autour des sculptures découvertes dans le Rhône à Arles

>Philippe BROMBLET, Ingénieur de Recherche

Identification des provenances des marbres blancs des sculptures trouvées dans le Rhône à Arles

Discussion avec la salle Pause

Déjeuner

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Pause

Musée du Louvre

>Jean-Luc MARTINEZ, Conservateur général du patrimoine, Directeur du Dépt. des Antiquités grecques, étrusques et romaines Bilan du programme d’identification des marbres grecs et romains 14 h 00

14 h 30

14 h 40

Musée de la romanité de Narbonne

>Ambroise LASSALE, Conservateur, Directeur du musée Marbre et architecture : le « Capitole » de Narbonne

>Philippe BLANC, Géologue, retraité, bénévole UPMC Les marbres des Pyrénées

>Bénédicte BRANDENBURG, Archéologue

Marbres utilisés pour les monuments sculptés tardo-antique en Languedoc : analyse, interprétation et perspectives 15 h 00

15 h 20 Discussion avec la salle

15 h 40 Pause

Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse

>évelyne UGAGLIA, Conservateur en chef, Directrice du MSR La question des marbres de Chiragan

>Mathias BRUNO, Archéologue, Italie

On the use and distribution of the white and black aphrodisian Göktepe marbles

16 h 00

16 h 10 >Donato ATTANASIO, Chercheur chimiste, CNR Italie Marble testing at the Musée Saint-Raymond, Toulouse

>Walter PROCHASkA, Professeur de géologie économique, University of Leoben - Autriche

How to pinpoint the provenance of white marbles. A discussion of the different methods applied

16 h 30

16 h 50

17 h 10 Discussion avec la salle

17 h 30 Clôture

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1ter place Saint-Sernin 31000 TOULOUSE Tél. 05 61 22 31 44 - Fax : 05 61 22 31 25 [email protected]

www.SaintRaymond.toulouse.fr

> Accès

Le musée est situé dans le centre historique de la ville, à côté de la basilique Saint-Sernin (métro Capitole et Jeanne-d’Arc) ; à 15 mn à pied de la gare SNCF et à 20 mn de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (Flybus : arrêt Jeanne-d’Arc) ; parkings : Saint-Sernin, Capitole, Jeanne-d’Arc, Arnaud-Bernard et Victor-Hugo ; vélos- tation n° 32.

Stationnement réservé aux personnes à mobilité ré- duite à proximité (3 places).

> Ouverture

Tous les jours, y compris le mardi, de 10 h à 18 h ; de 10 h à 19 h du 1er juin au 30 septembre. Fermeture : les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre (les 24 et 31 dé- cembre, fermeture exceptionnelle à 17 h).

> Conservation et administration 27 rue des Lois (3ème étage). Tél. 05 61 22 21 85.

Table ronde du 7 novembre : entrée libre et gratuite toute la journée dans la limite des places disponibles.

Accueil dès 8 h 30.

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1 Vassiliki GAGGADIS-ROBIN

Chargée de Recherche au CNRS – Aix-Marseille Université Centre Camille Jullian

Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne

*Les numéros dans le corps du texte sont ceux des échantillons1.

L’origine des pierres dans lesquelles ont été sculptés les sarcophages est un indice très important qui, accompagnant l’analyse stylistique, peut préciser l’origine de l’atelier qui les a produits, ainsi que les pratiques utilisées de ce dernier. De ce fait, chaque fois que cela a été possible j’ai porté une attention particulière aux matériaux2. Concernant les sarcophages d’Arles P.-A. Février3 avait également souligné l’importance de l’analyse des matériaux, mais on regrette quelques identifications erronées, basées seulement sur un examen visuel. Par exemple, la cuve de Iulia Tyrrania4, ainsi que celle de Iulia Lucina5, que Février considérait comme étant en marbre, sont en calcaire, à grains plus ou moins fins. Par ailleurs l’hypothèse que l’auteur soutient suivant laquelle le couvercle du sarcophage dit ‘de Phèdre’6 serait en marbre de Carrare, alors que sa cuve est en marbre pentélique, n’est plus recevable, comme on le verra ci-dessous. Quant aux sarcophages de Vienne, aucune analyse des matériaux n’avait été pratiquée auparavant. Le point de départ des analyses que nous avons effectuées sur les sarcophages du musée de Saint-Romain en Gal et de Vienne, fut la découverte sur le territoire de Colonia Iulia Augusta Florentia Vienna de deux fragments d’un fond de sarcophage dans la fouille d'un édifice funéraire utilisé au cours des IVe et Ve siècles apr. J.-C.

En plus de ces deux fragments, un autre élément provenant d'un bloc sculpté différent a été retrouvé dans les niveaux résultant de la démolition du bâtiment au cours du VIIe siècle. Tous

1 Mes plus sincères remercienments s’adressent à mes collèques conservateurs des musées : Claude Sintes, Alain Charron à Arles et Jean-Claude Prisset, Laurence Brissaud à Vienne, Elsa Gomez qui m’ont aidée dans cette recherche.

2 Gaggadis-Robin 2000, passim.

3 Février 1976 (1979), p. 321.

4 Espérandieu 1907, p. 146-147 n°181 ; Gaggadis-Robin 2005, p. 180-183 n°55.

5 Espérandieu 1907, p. 141 n°174 ; Gaggadis-Robin 2005, p. 223-224 n°74.

6 Espérandieu 1907, p. 109-112 n°133 ; Gaggadis-Robin 2005, p. 79-90 n°14.

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2 ces éléments nous ont alors incités à analyser et à étudier différents sarcophages découverts anciennement à Vienne afin d'essayer de préciser le contexte local des sarcophages en marbre, de déterminer la provenance des matériaux et de replacer ces éléments dans les circuits d'utilisation de ce type d'élément funéraire.

Aussi bien à Arles qu’à Vienne les échantillons prélevés ont été confiés pour analyse au laboratoire d’Archéométrie de Dimocritos à Athènes. Yannis Maniatis et son équipe y ont pratiqué les techniques d’analyse des isotopes stables (Stable Isotope Analysis IRMS), de l’évaluation de la taille maximum du grain (MGS : Maximum Grain Size), ainsi que l’association de deux, et la technique de spectroscopie EPR (Electron Paramagnetic Resonance Spectroscopy). Ces techniques d’analyse ont été présentées par Y. Maniatis à l’occasion de la publication des sarcophages d’Arles7 (Fig 1-3) Les résultats ont fait l’objet par ailleurs de communications à des colloques internationaux ASMOSIA et ont donné lieu à des publications8. Par ailleurs sur certains échantillons a été pratiquée par Annie et Philippe Blanc également la méthode de cathodoluminescence (CL).

Les résultats pour les deux villes sont importants et particulièrement éclairants.

LES SARCOPHAGES D’ARLES

en marbre attique

La majorité des pièces attiques publiées dans mon ouvrage n’avait pas été identifiée comme telles auparavant. Le résultat novateur est l’étude des fragments restés longtemps méconnus9, qui montre que le très beau sarcophage dit ‘de Phèdre’ (Fig. 4) ne peut plus être considéré comme le seul attique à Arles, mais que désormais le nombre des pièces importées de Grèce s’élève à seize10. La forme et la disposition du décor ne pouvaient pas fournir d’indices sûrs pour l’identification de l’atelier de production, étant donné l’état fragmentaire de certains de ces reliefs. Le principal critère qui m’a guidée pour préciser leur origine a été le matériau : le marbre et ses particularités. En effet toutes ces pièces sont en marbre blanc, à grain fin, brillant, comportant des veines parallèles de largeur irrégulière, argentées, bleues, vertes ou grises. Certaines de ces pièces ont une patine chaude dorée, caractéristique du marbre pentélique. Les analyses des échantillons ont démontré que le couvercle ‘de Phèdre11 (n° 2681, Fig. 4) est bien en marbre pentélique, tout comme la cuve, et corrigent ainsi

7 Maniatis, Dotsika, Kavoussanaki 2005, p. 281-286.

8 Gaggadis-Robin 2001 (2007) ; Gaggadis-Robin, Maniatis, Sintes, Kavoussanaki, Dotsika, 2003 (2009) ; Gaggadis-Robin, Maniatis, Polykreti, 2006 (2009).

9 Gaggadis-Robin 2005, p. 62-64 nos 10-12 ; 91-106 nos 15-25.

10 Turcan 2003 fait mention de six pièces attiques à Arles et pose la question pour deux autres.

11 Gaggadis-Robin 2005, p. 72-90 n° 14.

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3 l’hypothèse de Benoit12, reprise par d’autres (Février 1976 (1979), selon laquelle le couvercle était en marbre de Carrare. Dans le diagramme isotopique (Fig.3) l’échantillon chevauche les champs du Penteli et du Paros, mais dans le diagramme (fig. 2), exprimant l’évaluation de la taille maximum du grain, il tombe clairement dans le champ du marbre de Penteli. Par ailleurs, l’analyse des échantillons prélevés sur la cuve des Centaures13 (n° 1722) (Fig. 5) et sur son couvercle (n° 2773), a montré qu’ils ont été fabriqués en marbre pentélique également. Longtemps considéré comme une pièce locale, son couvercle était conservé depuis 1803 à Marseille et où je l’ai étudié au départ de cette recherche. Les deux pièces étaient réunies sur une gravure du XVIIIème siècle (fig. 6). L’analyse des échantillons, ainsi que l’analyse stylistique ont confirmé ce que la gravure suggérait: les deux pièces appartiennent au même sarcophage. Ce sarcophage de la deuxième moitié du IIe s. a retrouvé désormais sa place à côté de celui dit ‘de Phèdre et Hippolyte’, dont il est antérieur, importé comme ce dernier de Grèce.

Marbre de Proconnèse

Le dossier des échantillons en marbre de Proconnèse est de grande importance, car il semble, par la datation présumée de ces pièces, que les premiers sarcophages importés à Arles arrivent d’Asie Mineure, fort probablement des ateliers de Proconnèse, dès la première moitié du IIe siècle. Ce qu’il signifie que l’inhumation en sarcophage, mode qui vient en Gaule de la métropole, s’est imposée auprès des classes aisées d’Arles très tôt, presque simultanément qu’à Rome même. Par ailleurs l’importance des sarcophages d’Asie Mineure à Arles se mesure également par leur influence iconographique sur les produits locaux, facilement décelable. La cuve de Cornelia Lacaena (n°540) (Fig. 7), datée entre 100 et 150, appartient au groupe de sarcophages à guirlandes et à inscription, type micrasiatique qui semble avoir été assez apprécié à Arles. L’échantillon 540 recouvre à la fois les champs de Proconnèse, de Paros, de Carrare et d’Usak. Usak peut être exclu, car c’est une carrière régionale. Il en va de même pour Carrare à cause de la taille maximum du grain (MGS diagramme Fig. 2) ; l’origine de l’échantillon se situe donc entre Proconnèse et Paros-2.

L’observation des diagrammes n°1 et 3 montre que l’échantillon de la cuve de Chrysogone14 (n°464) (Fig. 8) se situe clairement dans le champ de Proconnèse. En effet le marbre est blanc, à gros grain (supérieur à 2mm), veiné très légèrement de gris, avec une veine verticale

12 Benoit 1954, p. 8.

13 Gaggadis-Robin 2005, p. 65-71 n° 13.

14 Gaggadis-Robin 2005, p. 55-59 n°9.

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4 au milieu de la cuve. Ce résultat a été confirmé par observation de la couleur de la cathodoluminescence émise par le marbre, méthode pratiquée par Annie et Philippe Blanc15. L’échantillon du couvercle du sarcophage d’Attia Esyche (n°2680) (Fig. 9)16 recouvre les champs de Proconnèse, de Paros-2 ainsi que les deux champs de Thassos. Mais si on examine les diagrammes n°2 et n°3, il apparaît clairement que la taille maximum du grain (MGS) exclut l’hypothèse de Thassos, et on retiendra alors Proconnèse et Paros-2.

Les échantillons de la cuve d’Attia Esyche (n°107) (Fig. 9)17 et de la cuve dite « de Psyché » (n°543) (Fig. 10)18, tous deux en marbre grisâtre, se situent nettement dans la section Thassos 2. Mais, d’après les diagrammes nos2 et 3, l’hypothèse de Thassos doit être rejetée et l’origine de ce marbre se situe encore une fois, à l’intersection des carrières de Proconnèse et de Paros.

En ce qui concerne l’échantillon de la cuve dite « de Psyché » (n°543) (Fig. 10) en marbre grisâtre et brillant qui, par ses teneurs isotopiques, semble se rattacher à la section de Thassos 2, très loin de toute autre carrière connue, il ne faut pas exclure la possibilité qu’il puisse provenir d’une carrière encore non identifiée. Il méritait donc une exploration supplémentaire.

Dans les diagrammes (Fig.1-3) ses caractéristiques se situent juste en dehors de celles du marbre de Proconnèse. L’analyse en laboratoire basée sur l’observation de la couleur de la cathodoluminescence émise par le marbre, pratiquée par Annie et Philippe Blanc a révélé sa luminescence moyenne qui se rapproche de celle du marbre de la carrière Rap de Saint-Béat19. Son origine pyrénéenne est donc possible

Les sarcophages locaux

Les cuves locales se remarquent par leur lourdeur et leur massivité, leurs parois assez hautes, pas toujours vraiment rectilignes. Cette étude permet d’avancer une constatation, me semble t-il importante, concernant les matériaux utilisés par les sculpteurs locaux, qui travaillaient aussi bien le calcaire local de Fontvieille, mais également des marbres importés, surtout marbre de Proconnèse, ou peut-être même des carrières plus proches, des Pyrénées (cuve dite de « Psyché »). La cuve d’Attia Esyché (n°107) (Fig. 9), produite localement est en marbre de Proconnèse. Le fragment de Metellia Protis (Fig. 11)20, en marbre à grains moyens et aux veines grisâtres, caractéristiques de ce marbre, peut avoir la même origine. Cette dernière hypothèse n’a pas pu être confirmée par analyse. Le fragment de Q. Aristius

15 Blanc et Blanc 2005, p. 289.

16 Gaggadis-Robin 2005, p. 48-49 n°4.

17 Gaggadis-Robin 2005, p. 215-218 n°71.

18 Gaggadis-Robin 2005, p. 203-208 n°67.

19 Blanc et Blanc 2005, p. 290.

20 Gaggadis-Robin 2005, p. 232-233 n°80.

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5 Chresimus (Fig. 12)21 est également en marbre blanc à grains moyens et bandes de couleur gris-bleu, dont l’origine n’a pas pu être précisée, mais qui pourrait être du Proconnèse.

LES SARCOPHAGES DE VIENNE

Des échantillons de dix-neuf sculptures funéraires de Vienna ont été analysés par les mêmes techniques précédemment citées pour Arles. De plus, une observation visuelle in situ a été pratiquée (Fig. 13). Les résultats des échantillons analysés (Fig. 14-15) montrent que la plupart de marbres provient de Carrare, Proconnèse and Penteli.

Le marbre de Carrare a été utilisé seulement pour deux sculptures du IIe s., mais prédomine pour les sculptures du IVe s.

Un fragment de relief probablement votif, car l’arrière est lisse (MVSP1) (Fig. 16)22 est en marbre blanc peu transparent, avec une veine fine de couleur grise à l’arrière. La figure représentée est une Victoire. La qualité de l’exécution le date du IIe s.

Un fragment d’un petit côté d’un sarcophage (MVSP3 ) (Fig. 17)23, représentant une Nymphe tenant un roseau et assise sur un rocher, est aussi en marbre blanc peu transparent. Il peut être daté de la deuxième moitié du IIe s.

Les échantillons qui suivent ont été prélevés sur des sarcophages à décor chrétien.

Un petit fragment d’une cuve (MVDD9) (Fig. 18)24 est en marbre blanc laiteux peu transparent. Les figures conservées : une figure masculine drapée et un petit personnage agenouillé, peuvent appartenir soit au baptême de Cornelius (Acts 10), ou bien au miracle de la source fait par Pierre. Si cette hypothèse est correcte, alors ce fragment peut être placé à l’extrémité gauche du panneau, les ondes de l’eau perdues aujourd’hui25, devaient être représentées encore plus à gauche. Le fragment peut être daté dans le premier quart du IVe s.

Un fragment d’une cuve (MVDD1) (Fig. 19)26 en marbre blanc laiteux peu transparent a été remployé à l’époque médiévale, comme une inscription gravée à l’arrière, l’indique. De son décor d’origine, sont conservés seulement quatre pieds masculins portant sandales ou bottes.

Les figures représentées devaient être trois et non pas deux. La cuve était peut-être ornée de différentes scènes.

21 Gaggadis-Robin 2005, p. 212-213 n°69.

22 Terreret al.,2003, p. 47-48 n°97.

23 Terreret al.,2003, p. 108 n°259.

24 Chatel 1981, p. 96 no 176; Christen-Briesenick 2003, p. 268 n°581, pl. 138

25Comme on peut le voir par ex. à Rome, Museo Pio Cristiano (Deichmann 1967, p. 13-14 n°14, pl. 5).

26Inventaire 1083. Inédit.

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6 Deux fragments (MVDD227 et MVDD6) (Fig. 20-21) ont été aussi exécutés dans du marbre de Carrare. L’un d’eux (MVDD6) (Fig. 21)28 présente également les inclusions de pyrite.

Leur décor est constitué de strigiles, mais ils n’appartiennent pas pour autant à la même cuve.

Ils datent tous les deux du IVe s.

L’échantillon SRG1 (Fig. 22) a été prélevé sur deux fragments joints qui appartiennent à l’angle d’un fond de cuve29. Le marbre est blanc laiteux et peu transparent. Ils ont été découverts avec le fragment SRG XVIII 40-1-1 dans le mausolée qui a remployé la piscine, située au sud des Bains des Lutteurs30, abandonnée à la fin du IIIe s.

L’échantillon MVDD8 (Fig. 23) d’un marbre blanc-beige très transparent, présentant des veines grises à l’arrière, peut être un marbre de Carrare atypique, ou bien un marbre d’Afyon et provient d’un couvercle31. Une origine de Göktepe, carrière récemment découverte32, près d’Aphrodisias, peut être exclue. Trois figures sont représentées, selon Chatel, la scène représente le martyre par le feu de trois jeunes juifs33. Ce fragment peut-être daté dans le IVe s.

On retrouve le marbre de Penteli dans l’antique Vienna seulement pour trois sculptures du IVe s. ap. J.-C., bien que ce marbre a été utilisé depuis la période classique sans interruption. Les veines schistolithiques sont visibles sur toutes ces œuvres.

Tout d’abord une cuve presque entière (MVSA1) (Fig. 24), mais dont l’arrière manque34. Sa face principale est décorée de trois panneaux sculptés. Deux portent un motif d’imbrications, dans le panneau central une couronne encadrée par des épis de blé, entoure un chrisme. Les extrémités de la cuve laissées sans décor, mais portant cependant des traces d’outil, indiquent que la cuve était restée peut-être inachevée. Cette cuve en marbre de Pentéli présente le même décor qu’une cuve à Rome du Ve s.35, mais à Vienne le décor est moins bien exécuté.

Le fragment d’une cuve (MVDD4) (Fig. 25a-b) est en marbre transparent36. Par un dessin du XIXe s. qui montre la cuve entière au moment de sa découverte, est assuré que le fragment constitue l’angle inférieur droit d’une cuve. Elle est décorée de colonnettes cannelées, de deux

27Inventaire n° CA 6. Inédit.

28Chatel 1981, p. 94-95 n°173.

29Inventaire: SRG XVIII 6-37-15.

30 Prisset, Brissaud 2012.

31 Chatel 1981, p. 95-96 n°175; Christen-Briesenick 2003, p. 270 n°585, pl. 140, 2.

32 Bruno et al 2012.

33Daniel, 3.

34 Chatel 1981, p. 64-65 n°108; Christen-Briesenick 2003, p. 268 n°578, pl. 139.

35 Cimitière de San Nicomede : Deichmann 1967, p. 361 n°859, pl. 138.

36 Chatel 1981, p. 63-64, n°107.

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7 panneaux portant des motifs de strigiles, de la croix de la Résurrection dans le panneau central et des figures d’apôtres aux extrémités. Cette cuve date de la fin du IVe s. et peut se comparer à des exemplaires à Rome37, mais aussi à Arles38.

Un autre fragment (SRG2) (Fig. 26)39, en marbre schistolithique de Penteli a été découvert dans le bâtiment funéraire40, dans les niveaux de la destruction intervenue au cours du VIIe s.

Son origine et sa fonction sont difficiles à préciser. Il doit faire partie d’un sarcophage à colonnes et avoir été employé comme un moellon lors de la construction du mausolée.

Cependant malgré son importance à cause de l’origine de son matériau, il reste difficile à dater.

Le marbre de Proconnèse apparaît sur quatre œuvres de la fin du IIIe s. et du IVe s.

Le fragment d’une cuve représentant le miracle du paralytique (MVDD5) (Fig. 27), est en marbre blanc avec des veines grises et d’une transparence moyenne. Il fait partie du groupe dit ‘sarcophages de Bethsaïda’41 illustrant le miracle de la guérison du paralytique à Jerusalem dans la piscine de Bethsaïda. On y distingue Jésus debout parmi les malades. A droite, le paralytique (mal conservé) est en train de se lever de son lit. En bas de la scène figurent les vagues de l’eau miraculeuse42. Ce fragment date de la fin du IVe s.43.

Un fragment de la partie supérieure (MVDD10) (Fig. 28) d’une cuve44 ornée d’arbres, est en marbre blanc avec des veines grises visibles à l’arrière. Il date de la deuxième moitié du IVe s. lorsque sur certaines cuves des troncs d’arbres remplacent les colonnes partageant l’espace, comme des exemplaires bien conservés à Rome, Arles, et Marseille45 nous permettent de le penser.

Un fragment d’un couvercle (MVDD3) (Fig. 29) d’un marbre grisâtre, sans transparence, illustre le thème rare de David et Goliath46. David à gauche vêtu comme un berger, tient la fronde, alors que Goliath tient un bouclier. Les quatre observateurs de la scène ont été interprétés comme des anges du Seigneur.

37Musées du Vatican : Deichmann 1967, 278, n° 678, 4, pl. 107; 283-284 nos 682-684, pl. 108.

38 Benoit 1954, 61-63 nos 80, 82-84.

39 Inventaire : SRG XVIII 40-1-1, inédit.

37 Il a été découvert avec le fragment SRG XVIII 6-37-15.

41 Chatel 1981, 65-66 n°109; Christen-Briesenick 2003, 168 n°579, pl. 138, 8.

42Comme sur un sarcophage d’Ischia : Dresken-Weiland 1998, 50-51 n°145, pl. 52, ou bien sur un autre à Rome, Vatican Museo Pio Cristiano Deichmann 1967, 59-60 n°63, pl. 20.

43 Comme d’autres sarcophages de ce groupe : à Arles (Christen-Briesenick 2003, 66 n°103, pl. 32, 5), à Clermont-Ferrand (Christen-Briesenick 2003, 113-114 n° 217, pl. 57, 3-4.

44Inventaire : 1102 : Chatel 1981, 96, n°177; Christen-Briesenick 2003, 268 n°580.

45Rome: Deichmann 1967, 57 n°s 60-61, pl. 19; 129 n° 215, pl. 49; Arles: Benoit 1954, 45 n°s 39, 40, pl. 11-12;

Christen-Briesenick 2003, 52-53 n°69; Marseille: Benoit 1954, 73 n° 110, pl. 38.

46 Chatel 1981, 53, n°86; Christen-Briesenick 2003, 270 n°586, pl. 140, 3.

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8 Trois fragments de la partie gauche d’un couvercle (MVDD7) (Fig. 30) exécutés dans un marbre blanc, bien cristallisé et très transparent, présentent les caractéristiques qui indiquent un marbre de Proconnèse. Au centre le cadre mouluré pour une inscription est tenu par un Génie47. A gauche figurent deux scènes : David et Goliath séparés par l’ange de Dieu, et Adam et Eve, séparés par l’arbre de la connaissance avec le serpent. Ce sont de thèmes qui apparaissent également au IVe s. à Arles48.

Deux reliefs en marbre blanc peuvent être du Proconnèse, ou bien du Paros.

Le premier (MVSP5) (Fig. 31) est un fragment de sarcophage, dans un marbre blanc de bonne qualité, orné d’une tête de satyre49, couronnée de pin, produit probablement par un atelier d’Ostie vers 170. Le deuxième (MVSA2) (Fig. 32) est une cuve constituée de trois fragments dans un marbre blanc grisâtre de grande transparence. Le décor du sarcophage comportait sept niches à l’origine50, dont quatre sont préservées, illustrant des épisodes de la vie du Christ. Ce décor date de la fin du IVe s. Ainsi il s’avère que le marbre de Paros est à exclure, car il n’était plus en usage au IIIe s. L’origine la plus probable pour l’échantillon MVSA2 est donc le marbre de Proconnèse.

Un échantillon (MVSP4) (Fig. 33) d’un fragment d’une cuve en marbre blanc avec des foliations inhabituelles, provient d’un marbre inconnu. On ne doit pas exclure l’origine pyrénéenne. Ce fragment datant de la fin du IIe s. figure probablement une nourrice51, comme on le voir sur les cuves illustrant la légende de Médée52, de Léda, ou bien de Phèdre53. Enfin, signalons qu’un seul échantillon analysé (MVSP2) (Fig. 34) de l’antique Vienna est exécutée dans un marbre de Thassos, marbre blanc, de transparence moyenne et d’origine dolomitique. Il provient du fragment d’une cuve illustrant la légende d’Endymion54, daté entre 180 et 190.

CONCLUSION

Ainsi à Vienna, parmi les dix-neuf échantillons cinq datent du IIe s. la plupart étant daté du IVe-Ve s. Le marbre de Carrare prédomine dans le deuxième groupe (6 échantillons, Fig. 16- 23), suivi du Proconnèse (4 échantillons, Fig. 27-30). Ces sarcophages chrétiens, produits

47 Chatel 1981, p. 95, n°174; Christen-Briesenick 2003, p. 269 n° 584, pl. 140, 1.

48 Christen-Briesenick 2003, p. 28-29 n°41, pl. 15.

49 Gascou, Gaggadis-Robin 1996, p. 163-166; Terrer et al., 2003, p. 109 n°262.

50 Chatel 1981, p. 76-77, n°126; Christen-Briesenick 2003, p. 267-268 n° 577, pl. 137, 3-5.

51 Terrer et al., 2003, p. 108-109 n°260.

52 Gaggadis-Robin 1994, p. 13.

53 Gaggadis-Robin 2005, p. 72-90.

54 Terrer et al.,2003, p. 107-108, n°258.

(14)

9 essentiellement à Rome, où on pouvait obtenir du marbre d’origine diverse, témoignent de la présence d’une communauté chrétienne aisée et éclairent le renouveau dont jouît la ville de Vienna après les réformes de Dioclétien et de Constantin le Grand. Au IVe s. Vienna devient la capitale de la province et du diocèse et maintient ainsi son rang de troisième ville importante de Gaule, après Trèves et Arles.

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663-677.

(15)

10 GAGGADIS-ROBIN V.,MANIATIS Y.,SINTES C.,KAVOUSSANAKI D., ET DOTSIKA E., 2003 (2009) « Provenance investigation of some marble sarcophagi from Arles with stable isotope and maximum grain size analyses », dans Y. Maniatis (éditeur), ASMOSIA VII . Actes du VII Colloque International de l’ASMOSIA, Thasos 15-20 septembre 2003, (BCH supplément 51), Athènes, 2009, p. 133-146.

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(16)

Vassiliki GAGGADIS-ROBIN Chargée de Recherche au CNRS –

Aix-Marseille Université Centre Camille Jullian

Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne

Illustrations

(17)

1 LES SARCOPHAGES D’ARLES

(18)

2

(19)

3

(20)

4 MARBRE PENTELIQUE

Fig. 4. Sarcophage dit ‘de Phèdre’. Musée Départemental Arles antique, Inventaire 2681

Fig. 5. Cuve des Centaures et sur son couvercle. Musée Départemental Arles antique, Inventaire cuve : 2773, couvercle : n° 2773

(21)

5 Fig. 6. Gravure du XVIIIème siècle, vue du premier ‘musée’ d’Arles

MARBRE DE PROCONNÈSE

Fig. 7. Cuve de Cornelia Lacaena. Musée Départemental Arles antique, Inventaire n°540

(22)

6 Fig. 8. Cuve de Chrysogone. Musée Départemental Arles antique, Inventaire n°464

MARBRES IMPORTÉS ATELIERS LOCAUX

Fig. 9. Sarcophage d’Attia Esyche. n°2680

Fig. 10. Cuve dite « de Psyché ». n°543

(23)

7 Fig. 11. Fragment de la cuve de Metellia Protis.

Fig. 12. Fragment de la cuve de Q. Aristius Chresimus.

(24)

8 LES SARCOPHAGES DE VIENNE

Fig. 13 Observations visuelle du marbre

Figure 14. LnMn2+ vs LnMGS diagramme des carrières connues et des échantillons. Les ellipses représentent la distribution des échantillons par rapport aux carrières : Dokimeion/Afyon (AF), Penteli (PE), Naxos-Apollon and Naxos-Mellanes (NX-AP, NX-ML), Ephessos (EPH), Aphrodisias (APH-1,2), Paros- Lychnites (PA-LY), Paros- Marathi (PA-MA), Paros-Lakoi (PA-LK), Proconnessos (PR-1 and PR-2), Thassos (THA), Hymette (HY) and Carrare (CA). La base de données est celle du Laboratoire d’Archéométrie, NCSR “Demokritos” (MANIATIS et al.

1988; MANDI 1993; POLIKRETI 1999; MANIATIS and POLIKRETI 2000; POLIKRETI and MANIATIS 2002;

TAMBAKOPOULOS 2007). Pour le marbre de Carrare les données sont d’après ATTANASIO 2003.

MVSP1 MVSP3

MVSP4 MVSP5

MVSA1

MVSA2 MVDD1

MVDD2

MVDD3 MVDD4

MVDD5 MVDD6

MVDD7 MVDD8

MVDD9

MVDD10 SRG1

SRG2

ML1

ML3 ML2 ML4

ML5 ML6

ML7 ML8

ML9 ML10

-1,5 -1,0 -0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5

LnMGS

2 3 4 5 6 7 8 9 10

LnMn2+

MVSP1 MVSP3

MVSP4 MVSP5

MVSA1

MVSA2 MVDD1

MVDD2

MVDD3 MVDD4

MVDD5 MVDD6

MVDD7 MVDD8

MVDD9

MVDD10 SRG1

SRG2

ML1

ML3 ML2 ML4

ML5 ML6

ML7 ML8

ML9 ML10

Arch. Samples Nx-ML

Nx-AP Eph

Pa-2 Pr-2

Pr-1

Aphr-2 Pa-1

Af

Ca

Pe

Hym

Tha

17 22

27 S. 73

d’Orant e

(25)

9 Fig. 15: Analyse discriminante, utilisant la combinaison des paramètres EPR (axe vertical ) et LnMn2+

pour une meilleure discrimination entre le marbre des carrières de Dokimeion (Afyon), Penteli et Carrara.

MARBRE DE CARRARE

Fig. 16. Fragment d’un relief.

Musée de Vienne

(26)

10

Fig. 17. Fragment d’un petit côté d’un sarcophage. Musée de Vienne

Fig. 18. Fragment d’une cuve. Musée de Vienne.

(27)

11 Fig. 19. Fragment d’un sarcophage. Musée de Vienne

Figs. 20-21. Fragments de sarcophage. Musée de Vienne

(28)

12 Fig. 22. Deux fragments joints qui appartiennent à l’angle d’un fond de cuve. Musée de Saint-Romain- en-Gal

(29)

13 Fig. 23. Fragment d’un sarcophage. Musée de Vienne

MARBRE DE PENTELI

Fig. 24. Cuve presque entière. Musée de Vienne

Fig. 25a-b. Fragment d’une cuve. Un dessin du XIXe s. montre la cuve entière au moment de sa découverte. Musée de Vienne

(30)

14 Fig. 26. Fragment d’une cuve. Musée de Vienne

MARBRE DE PROCONNÈSE

Fig. 27. Fragment d’un sarcophage. Musée de Vienne

(31)

15 Fig. 28. Fragment de la partie supérieure d’une cuve. Musée de Vienne

Fig. 29. Fragment d’un couvercle de sarcophage. Musée de Vienne

Fig. 30. Trois fragments de la partie gauche d’un couvercle. Musée de Vienne

(32)

16 MARBRE DE PROCONNÈSE OU DE PAROS

Fig. 31. Fragment d’un sarcophage. Musée de Vienne

Fig. 32. Trois fragments d’une cuve. Musée de Vienne

(33)

17 Fig. 33. Fragment d’un sarcophage. Musée de Vienne

MARBRE DE THASOS

Fig. 34. Fragment d’un sarcophage.

Musée de Vienne

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