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Corrig´e de l’examen de M2 2007-2008

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Corrig´e de l’examen de M2 2007-2008

C. Noot-Huyghe

1. 1- Soith(X) = Xp1− ∈ Zp[X]. DansFpil y a p−1 racines distinctes `a l’´equationh(X) = 0. De plus, siαest une telle racine,h0(α) = (p−1)αp2est non nul. Une cons´equence du lemme de Hensel est alors que chaque racine se rel`eve en une racine dehdansZp. ces racines sont distinctes puisqu’elles sont distinctesmodulo pet cela montre queZpet doncQpcontient les racinesp−1-i`emes de l’unit´e.

2- On peut supposer que f est unitaire et de degr´en. Si f = gh, avec geth unitaires, alors, on a une d´ecompositionmod p f = gh, en notantt la classe dansFp[X]d’un polyn ˆomet ∈ Zp[X]. Comme f est irr´eductible, cela donne que g = 1 ou h = 1, par exemple g = 1. Comme g est unitaire, deg(g) =deg(g) =0 de sorte que f est irr´eductible.

3- L’anneau A est unZp-module libre de rang fini n, de base 1,X, . . . ,Xn1 (on utilisera par la suite le plongementZp → A qui envoie x sur x·1 ∈ Zp). La valuation propos´ee est la restriction de la valuation v(x) = {max i|x ∈ piA}, ce qui est une valuation par les v´erifications usuelles. La topologie induite par cette valuation est la topologie produit induite parZpsurA, si bien que Aest complet pour la topologie induite par la valuation. L’id´ealpAest maximal car le quotientA/pAest isomorphe `aZp[X]/f, et est un corps car f est irr´eductible. Si x 6∈ pA, alors xest inversible dans A/pA, ce qui signifie qu’il existe y ∈ A,u ∈ Atels quexy = 1+pu. Soit v = kN(−1)kpkuk qui converge dans A qui est p-adiquement complet, alors vu = 1, ce qui montre que x est inversible dansAet quepAest un id´eal maximal. L’anneauAest un anneau local, de corps r´esiduelA/pAqui est un corps fini, isomorphe `aFqavecq= pn.

4- Sigest un autre rel`evement de f, alorsgest irr´eductible etgest alors le polyn ˆome minimal dexla classe deX dans l’alg`ebreB = Zp[X]/g. Dans A/pA = Fp[X]/f, g(X) = f(X) = 0 et f0(X) 6= 0 car sinon f(X)ne serait pas irr´eductible surZp, donc on peut relever la racinexdegen une racine degdansA(puisque le lemme de Hensel est valide dansAd’apr`es la question pr´ec´edente), ce qui donne un morphisme B → A. Sym´etriquement, on a un morphisme de Zp-alg`ebres A → B. Le morphisme compos´e de ces 2 morphismes envoie une racine def dansAsur une autre racine et est un isomorphisme (´etendu au corps des fractions de Ace morphisme est un ´el´ement du groupe de Galois de ce corps). Cela montre queAetBsont isomorphes.

5- Comme A/pA est isomorphe `a Fq, et que A est un anneau de valuation discr`ete o `u le lemme de Hensel est valide, c’est la mˆeme question que la question 1-.

2. 1- C’est du cours :A= Γ(U,OU) =K[x][1/Q] =K[x,Q1]. 2- Le faisceau des formes diff´erentielles surA1K est unOA1

K-module libre de rang 1 engendr´e pardx.

Par le th´eor`eme de changement de base pour le module des diff´erentielles, Ω1U = Ω1

A1K|U est un OU-module libre de rang 1 engendr´e pardxetΩ=Γ(U,Ω1U) = A.dx=K[x,Q1]dx.

3- i. Soitu= f/Qn, avec f ∈K[x]tel que f n’est pas divisible parQ. On calcule d

f

Qn

= Q f

0−nQ0f Qn+1 . 1

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Si d(u) = 0, on aQ f0 = nQ0f et doncQ|f puisque Q∧Q0 = 1, ce qui est absurde, sauf pour n = 0 et f0 = 0, c’est-`a-dire si u ∈ K. Cela montre que H0DR(U) = Ker(d) = K. Calcul de C=coker(d) =Ω/Im(d).

ii. Soit u = f/Qn comme pr´ec´edemment avec f non divisible par Q. Si on a du = xi/Q pour 0 ≤ i ≤ d−1, cela donne la relation Q(f0−xiQn1) = nQ0f et donc Q|f sauf si n = 0 mais dans ce casuest un polyn ˆome et on ne peut pas avoird(u) =xi/Q.

iii. Il est ´evident queΩ = Sn0Gn et queGn1 ⊂ Gn. Si u = f/Qn ∈ Gn, on effectue la division euclidienne de f par Q: f = aQ+bavecdeg(b) < d et ainsiu = a/Qn1+b/Qn ∈ Gn1+

0id1 xi

Qn, ce qui montre l’assertion.

iv. CommeQ0 est premier avec Q, Q0 est inversible modulo Qet la multiplication par Q0 est un isomorphisme duK-espace vectorielK[x]/P. Cette application transforme une base en une base, de sorte que les ´el´ementsb0, . . . ,bd1forment une base deK[x]/P. Soit maintenantxj/Qnpour j ∈ {0, . . . ,d−1}. Comme les ´el´ements bi forment une base de K[x]/P, il existe des scalaires µ1, . . . ,µd1, un polyn ˆomeRdeK[x]tels quexj = ∑dt=01µtbt+QR, de sorte quexj/Qn ∈Gn1+

0id1 bi

Qndx, ce qui donne l’´enonc´e cherch´e.

v. On montre par r´ecurrence surn≥0 queGn⊂ E+Im(d), cela montre l’assertion surHDR1 (U)car alorsEest une base de ceK-espace vectoriel. Pourn= 0,G0 =K[x]dx. Soit f =∑lM=1clxl, alors f(x)dx = d(lM=1)clxl+1/l+1)car le corpsK est de caract´eristique 0 et doncG0 ⊂ E+Im(d). Pour 0≤i≤ d−1 etn≥0, on a

d

xi

Qn1

= ix

i1

Qn1 −(n−1)x

iQ0 Qn soit encore

d

xi

Qn1

= ix

i1−(n−1)ai

Qn1 −(n−1) bi Qn.

Si Gn1 ⊂ E+ Im(d), les termes Qbin sont aussi dansE+Im(d), ce qui montre que Gn ⊂ E+ Im(d).

3. 1- Les polyn ˆomes d´efinissant f sont homog`enes de sorte que f d´efinit une application birationnelle deP1K. Pour voir que cette application est bien d´efinie, il faut v´erifier qu’on ne peut pas avoirun0+ λun01u1 =0 etun1 = 0. Or ces ´egalit´es donnentu0= u1 =0, ce qui ne correspond pas `a un point de l’espace projectif. Cela montre que f est bien d´efinie.

2- Siu1 6= 0, alorsun1 6= 0, doncU1 est stable par f. On munitu1 de la coordonn´eet. L’application f : U1 → U1 est alors donn´eeOU1 → OU1 par t 7→ λtn+λtn1 = tn1(λ+t). Soit Al’anneau local ent = 0 deU1(qui correspond `a l’). L’´el´ementλ+test inversible dansAet, par d´efinition, f est ramifi´e end’indicen−1 (ramification mod´er´ee par hypoth`ese). Etudions f1X → Ω1X. L’image dedt est d(tn+λtn1) = ntn1+λ(n−1)tn2dt. L’application f est ramifi´ee aux points o `u cette d´eriv´ee s’annule, i.e. en (d´ej`a trait´e) et en t = (λn−1)/n. Comme l’ordre d’annulation de la d´eriv´ee en ce point est 1 et que 2 est premier aveccar(K), la ramification en ce point est mod´er´ee et est ´egale `a 2.

3- On remarque que f[1,s] = [1+λs,sn], de sorte que f induit une applicationD(1+λs) → U0. On note encore f la restriction de cette application `aD(1+λs). L’ouvertD(1+λs)contient 0. Comme on a ´etudi´e la ramification de f sur U1, il suffit, pour ´etudier toute la ramification de f d’´etudier ce qui se passe dans le compl´ementaire de U1 c’est-`a-dire en 0. Or, en restriction `a D(1+λs), f correspond `as7→ sn/(1+λs), et est donc mod´er´ement ramifi´ee d’indicenen 0.

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Comme f(U1) ⊂ U1, f1{0} = {0}, avec ramificationn. La formule du cours donne f[0] = n = deg(f)deg([0]) =deg(f)et f est de degr´en.

4- On a d´ej`a r´epondu `a cette question. On peut retrouver la r´eponse avec la formule d’Hurwitz, qui s’applique simplement car toute la ramification est mod´er´ee. Soit e la ramification cherch´ee. On trouve : -2=n(-2)+n-1+(n-2)+(e-1) ete=2.

4. 1- D’apr`es le cours f[P] = Q∈ f1(P)eQ[Q]o `ueQ est l’indice de ramification du morphisme d’an- neaux locaux OP → OQ. De plus, deg(f[P]) = deg(f)deg(P) et P ∈ X(K) est de degr´e 1 par d´efinition, ce qui donnedeg(f[P]) =deg(f) =n.

2- La formule d’Hurwitz donne 2g(X)−2 = −2n+deg(R)o `u, comme la ramification est mod´er´ee, o `u deg(R) = QXeQ − 1, cette somme ´etant en fait finie. Avec nos hypoth`eses deg(R) =

∑Q∈ f1{P}(eQ −1)deg(Q) = deg(f[P]−Q∈ f1{P})deq(Q) = n−Q∈ f1{P}). En

´ecrivant queg(X) ≥ 0, on voit que 2−n−∑Q∈ f1{P} ≥ 0 et n ≤ 2−∑Q∈ f1{P}. Comme

∑Q∈ f1{P} ≥1, cela montre quen= 1 et que f est un isomorphisme.

3- On proc`ede comme pr´ec´edemment. Dans ce cas, on a deg(R) = deg(f[0]) + deg(f[]−)Q∈ f1{0})− Q∈ f1{}) ≤ 2n − 2. La formule d’Hurwitz donne alors 2g(X)−2≤ −2 etg(X)≤0, i.e.g(X) =0 etXest isomorphe `aP1K.

5. 1- On v´erifie d’abord que l’ouvertU0 est lisse. Les points ferm´es o `uU0 n’est pas lisse correspondent aux id´eaux maximaux contenant y,P,P0. Or, ces 3 ´el´ements engendrent A = Γ(U0,OX)carPet P0 sont premiers entre eux. SurV0 il suffit de v´erifier que si Pet P0 sont premiers entre eux,P1 et P10 sont premiers entre eux. On traite ici le cas o `udeg(P) =2g+1, qui est le cas de l’´enonc´e avecg=2.

Les polyn ˆomesP1et P10 sont premiers entre eux si et seulement siA1K = D(P1)SD(P10). Or comme les polyn ˆomes P et P0 sont premiers entre eux et que P10(t) = −t2gP0(1/t) + (2g+2)t2g+1P(1/t), l’ouvertW =A1K\{0}est la r´eunionWTD(P1)SWTD(P10). Pour conclure, il suffit de v´erifier que {0} ∈D(P1)SD(P10). Or, on a toujoursP1(0) =0 et siaest le coefficient du terme de plus haut degr´e deP, on a que P10(0) = a 6= 0, d’o `u l’assertion. On peut aussi montrer queP1 et P10 sont premiers entre eux, en utilisant les formules et sans recourir `a des arguments de g´eom´etrie.

2- Le genregest ´egal `a 2 d’apr`es le cours.

3- Le moduleΓ(U0,ΩU10)est leA-module libreAdy+Ads/2ydy=P0(s)ds. Donc, surD(y), ce module est libre engendr´e pardset sur D(P0)ce module est libre engendr´e par dy. De plus, commeU0 est lisse,U0 = D(y)SD(P0). L’´el´ementω0est clairement une section surD(P0). SurD(P0)TD(y), on a ω0 =dy/P0(s), qui est la restriction d’une section deΩ1U0surD(P0), de sorte queω0est une section globale deΩ1

U0qui engendre ce faisceau sur chacun des ouvertD(y)etD(P0). Le raisonnement pour ω1est identique.

4- Il reste `a voir queω0est une section deΩ1V0, pour voir que c’est une section globale. Or, cela vient de la relationds/2y = −tg1dt/2zetdt/2z ∈ Γ(V0,Ω1V0)pour les mˆemes raisons que pr´ec´edemment.

On a aussisds/2y=−tg1dt/2z ∈Γ(V0,Ω1V0)puisqueg≥2. Les sectionsω0etω1sont lin´eairement ind´ependantes etdimH0(X,Ω1X) =2 carXest de genre 2 : ces sections forment dont une base de ce K-espace vectoriel.

5- CommeΩ1Xest libre, il suffit de calculer l’action deσsur les ´el´ementsω0etω1vus comme sections surU0. Commeσ1(dy) =−dyetσ1(s) =s,σagit par−IdsurH0(X,Ω1X).

6- On applique la formule de Riemann-roch :Ω1X3est associ´e au diviseurD=3Ko `uKest le diviseur canonique. Comme le degr´e deK−D= −2Kest−2(2g−2)<0 pourg≥ 2,l(K−D) = 0, ce qui

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donnel(D) =deg(D) +1−g= 5(g−1), ce qui est ´egal `a 5 pour g=2.

7- Par fonctorialit´e, tout automorphisme deXinduit un automorphisme de H0(X,Ω1X)et donc aussi deH0(X,Ω1X3). Si cette application est injective, alorsAut(X)se plonge dans le groupe d’automor- phismes deH0(X,Ω1X3), qui est unK-espace vectoriel de dimension finie, et est un groupe fini siK est fini. Dans notre cas, ce cardinal est inf´erieur `acard(M5(K))et donc `acard(K)25. Pr´ecis´ement, siK est de cardinalq= pi, le cardinal deH0(X,Ω1X3)est ´egal `a(q51)(q5−q)(q5−q2)(q5−q3)(q5− q4), qui est donc un majorant decard(Aut(X)).

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