Math2 – Chapitre 2
D´ eriv´ ees, Taylor, extrema locaux
Dans ce chapitre:
2.1 – Limites et continuit´ e 2.2 – D´ eriv´ ees partielles 2.3 – D´ eriv´ ee directionelle 2.4 – Gradient
2.5 – Diff´ erentielle 2.6 – Jacobienne
2.7 – Resum´ e sur les d´ eriv´ ees 2.8 – R` egle de la chaˆıne 2.9 – Hessienne
2.10 – Taylor
2.11 – Extrema locaux
2.1 – Limites et continuit´ e
Dans cette section:
‚ Rappels sur les fonctions d’une variable
‚ Limites de fonctions
‚ Fonctions continues
Rappels sur les fonctions d’une variable
Rappel – Si f : R ÝÑ R est une fonction d’une variable, avec domaine D
f, on dit que:
‚ la limite de f en un point a P D
fY BD
fest la valeur lim
xÑa
f pxq
` a laquelle tend f pxq quand x s’approche de a;
‚ f est continue en un point a P D
fsi lim
xÑa
f pxq “ f paq.
continue lim
gauche
‰ lim
droite
‚
˝
gauche
lim “ lim
droite
‰ f paq
Limites des fonctions
D´ efinition – Soit f : R
nÝÑ R
mune fonction de plusieurs variables, de domaine D
f.
‚ La limite de f en un point ~ a P D
fY BD
fest la valeur ` a laquelle tend f p~ x q quand ~ x s’approche de ~ a par tous les chemins possibles dans D
f.
On la note lim
~
xÑ~a
f p~ xq.
Γ
f‚
‚
La limite peut ne pas exister, mais si elle existe elle est unique.
Fonctions continues
‚ La fonction f est continue en ~ a P D
fsi
~xÑ
lim
~af p~ xq “ f p~ aq.
‚ La fonction f est continue sur le sous-ensemble D Ă D
fsi f est continue en tout point de D.
Le graphe d’une fonction continue n’a pas de “sauts”!
continue
non continue
˝
˝
non continue
Quelles fonctions sont-elles continues ?
Th´ eor` eme – Toutes les fonctions de plusieurs variables obtenues comme somme, produit ou compos´ ee de fonctions continues d’une variable sont continues.
Quelques fonctions continues –
‚ Les fonctions polynomiales de plusieurs variables sont continues sur R
n.
‚ Les fractions rationnelles, les racines, les exponentielles et les logarithmes, les fonctions circulaires, les fonctions
hyperboliques et leurs r´ eciproques sont continues sur leur
domaine de d´ efinition.
2.2 – D´ eriv´ ees partielles
Dans cette section:
‚ Rappels sur les fonctions d’une variable
‚ d´ eriv´ ees partielles
‚ fonctions (continˆ ument) diff´ erentiables
Rappels sur les fonctions d’une variable
Rappel – Si f : R ÝÑ R est une fonction d’une variable, la d´ eriv´ ee de f en x P D
fest la limite
f
1pxq :“ lim
hÑ0
f px ` hq ´ f pxq h
si elle existe et est finie. Dans ce cas, f est d´ erivable en x.
La fonction f est d´ erivable sur D Ă D
fsi elle est d´ erivable en tout point x P D.
Propri´ et´ e – Une fonction d´ erivable est continue.
Le contraire est faux:
non continue continue, non d´ erivable d´ erivable
D´ eriv´ ees partielles
D´ efinition – Soit f : R
nÝÑ R
mune fonction.
‚ Les d´ eriv´ ees partielles de f en ~ x P D
fsont les limites Bf
Bx
ipx
1, ..., x
nq “ lim
hÑ0
f `
x
1, ..., x
i` h, ..., x
n˘
´ f px
1, ..., x
nq h
pour i “ 1, ..., n (si ces limites existent).
‚ Les d´ eriv´ ees partielles de f sont les fonctions Bf
Bx
i: R
nÝÑ R
m: ~ x ÞÝÑ Bf
Bx
ip~ xq pour i “ 1, ..., n d´ efinies sur l’ensemble de points ~ x o` u les d´ eriv´ ees
BxBfi
p~ xq existent.
Fonctions (continˆ ument) diff´ erentiables
‚ La fonction f est (continˆ ument) diff´ erentiable sur D Ă D
f, ou de classe C
1sur D, si toutes les d´ eriv´ ees partielles
Bf
Bx
i: D Ă R
nÝÑ R
mexistent et sont des fonctions continues en tout point ~ x P D.
Propri´ et´ e – Une fonction diff´ erentiable est continue.
Le contraire est faux: le graphe d’une fonction diff´ erentiable n’a pas de “sauts” et en plus ne change pas son allure “brusquement”!
non continue continue
non diff´ erentiable diff´ erentiable
Exemples de fonctions diff´ erentiables
Exemples –
‚ Pour f px, yq “ xy
2` 3x on a Bf
Bx px , y q “ y
2` 3 et Bf
By px , y q “ 2xy qui sont continues sur R
2, donc f est C
1sur R
2.
‚ Pour g px , y , z q “
ˆ xy
2` 3x z
2˙ on a Bg
Bx “
ˆ y
2` 3 0
˙
, Bg
By “ ˆ 2xy
0
˙
et Bg
Bz “ ˆ 0
2z
˙
donc g est C
1sur R
3.
‚ Pour hpr , ϕ, θq “ ϕ
2` r sin θ on a Bf
Br “ sin θ, Bf
Bϕ “ 2ϕ et Bf
Bθ “ r cos θ
donc h est C
1sur r0, 8rˆr0, 2πrˆr0, πs.
2.3 – D´ eriv´ ees directionnelles
Dans cette section:
‚ D´ eriv´ ees directionnelles
‚ Croissance et d´ ecroissance des fonctions r´ eelles
D´ eriv´ ees directionnelles
Soit f : R
nÝÑ R
mdiff´ erentiable sur un ensemble D Ă R
n. D´ efinition – Pour tout vecteur ~ v “ pv
1, ..., v
nq P R
n, on appelle d´ eriv´ ee directionnelle de f dans la direction ~ v la fonction
B
~vf : D ÝÑ R
m~ x ÞÝÑ B
~vf p ~ xq “ v
1 BfBx1
p ~ xq ` ¨ ¨ ¨ ` v
n Bf Bxnp ~ xq Nota –
D´ eriv´ ees partielles = d´ eriv´ ees directionnelles dans la direction des vecteurs
~ e
i“ p0, ..., 1, ..., 0q, o` u 1 est en i` eme position, c’est-` a-dire Bf
Bx
i“ B
~eif .
Exemples de d´ eriv´ ees directionnelles
Exemples – Cherchons la d´ eriv´ ee directionnelle des fonctions suivantes, dans la direction d’un vecteur g´ en´ erique ~ v.
‚ f px, y q “ xy
2` 3x
La fonction f : R
2ÝÑ R a d´ eriv´ ees partielles Bf
Bx px, yq “ y
2` 3 et Bf
By px, yq “ 2xy . Alors, pour tout vecteur de direction ~ v “ pu, vq P R
2, la d´ eriv´ ee directionnelle de f est la fonction
B
~vf : R
2ÝÑ R qui vaut, au point px, yq P R
2,
B
~vf px, yq “ py
2` 3q u ` 2xy v .
Exemples (suite)
‚ g px , y, z q “ pxy
2` 3x, yz
2q
La fonction g : R
3ÝÑ R
2a d´ eriv´ ees partielles Bg
Bx “
ˆ y
2` 3 0
˙ , Bg
Bx “ ˆ 2xy
z
2˙
et Bg Bz “
ˆ 0 2yz
˙ . Pour tout ~ v “ pu, v, w q P R
3, la d´ eriv´ ee directionnelle
B
~vg : R
3ÝÑ R
2vaut donc B
~vg px, y, z q “
ˆ y
2` 3 0
˙ u `
ˆ 2xy z
2˙ v `
ˆ 0 2yz
˙ w
“
ˆ py
2` 3q u ` 2xy v z
2v ` 2yz w
˙ . A noter que si on ´ ` ecrit g “ pg
1, g
2q, on a
B
~vg “ pB
~vg
1, B
~vg
2q : R
3ÝÑ R
2.
Exemples (suite)
‚ hpr , ϕ, θq “ ϕ
2` r sin θ
La fonction h : r0, 8rˆr0, 2πrˆr0, πs ÝÑ R a d´ eriv´ ees partielles Bh
Br “ sin θ, Bf
Bϕ “ 2ϕ et Bf
Bθ “ r cos θ,
donc pour tout ~ v “ pu, v, w q P R
3, la d´ eriv´ ee directionnelle de h est la fonction
B
~vh : r0, 8rˆr0, 2πrˆr0, πs ÝÑ R qui vaut
B
~vhpr, ϕ, θq “ sin θ u ` 2ϕ v ` r cos θ w .
Croissance et d´ ecroissance des fonctions r´ eelles
Th´ eor` eme – Soit f : R
nÝÑ R une fonction r´ eelle de classe C
1sur D Ă R
n. Pour tout ~ x P D et tout ~ v P R
n, on a:
‚ Si B
~vf p~ xq ą 0 alors f est croissante au point ~ x dans la direction de ~ v .
‚ Si B
~vf p~ xq ă 0 alors f est d´ ecroissante au point
~ x dans la direction de ~ v . De plus:
‚ forte croissance ðñ grande d´ eriv´ ee positive
‚ forte d´ ecroissance ðñ grande d´ eriv´ ee n´ egative
Nota – On ne peut rien dire sur la croissance de f si B
~vf p~ xq “ 0 !
Exercice
´ Enonc´ e – La fonction f px, y q “ xy
2` 3x est-elle croissante ou d´ ecroissante au point p3, 1q, dans les directions p1, 1q, p1, 2q, p1, ´1q et p1, ´2q ?
R´ eponse – Pour tout vecteur ~ v “ pu, v q, on a B
~vf px, yq “ py
2` 3q u ` 2xy v et donc
B
~vf p3, 1q “ 4 u ` 6 v d’o` u
‚ B
p1,1qf p3, 1q “ 10 ñ f croissante en direction p1, 1q
‚ B
p1,2qf p3, 1q “ 16 ñ f croissante en direction p1, 2q
‚ B
p1,´1qf p3, 1q “ ´2 ñ f d´ ecroissante en dir. p1, ´1q
‚ B
p1,´2qf p3, 1q “ ´8 ñ f d´ ecroissante en dir. p1, ´2q
Exercice
´ Enonc´ e (suite) – Parmi ces quatre directions, quelle est celle de plus forte croissance et celle de plus forte d´ ecroissance ?
R´ eponse – Pour comparer la croissance d’une fonction en diff´ erentes directions, il faut calculer les diff´ erentes d´ eriv´ ees directionnelles avec des vecteurs ayant tous la mˆ eme longueur, par exemple 1.
Directions croissantes –
‚ }p1, 1q} “ ?
2 ñ B
?12p1,1q
f p3, 1q “ 10
? 2
‚ }p1, 2q} “ ?
5 ñ B
?15p1,2q
f p3, 1q “ 16
? 5 Or
?102ă
?165car p10 ?
5q
2“ 500 ă p16 ?
2q
2“ 512.
Ainsi, au point p3, 1q, le fonction f croit plus rapidement dans la
direction p1, 2q.
Exercice
Directions d´ ecroissantes –
‚ }p1, ´1q} “ ?
2 ñ B
?12p1,´1q
f p3, 1q “ ´ 2
? 2
‚ }p1, ´2q} “ ?
5 ñ B
?15p1,´2q
f p3, 1q “ ´ 8
? 5 On a ´
?22ą ´
?85car ceci se v´ erifie ssi
?22
ă
?85, ce qui est vrai car p2 ?
5q
2“ 20 ă p8 ?
2q
2“ 128.
Ainsi, au point p3, 1q, le fonction f d´ ecroit plus rapidement dans la
direction p1, ´2q.
2.4 – Gradient
Dans cette section:
‚ Gradient des fonctions r´ eelles
‚ Interpretation g´ eom´ etrique du gradient
Gradient d’une fonction r´ eelle
D´ efinition – Soit f : R
nÝÑ R une fonction r´ eelle diff´ erentiable sur D Ă D
f.
‚ Le gradient de f en un point ~ x P D est le vecteur de R
nÝÝÑ grad f p~ xq ” Ý Ñ ∇ f p~ xq “ Bf
Bx
1p~ xq ~ e
1` ¨ ¨ ¨ ` Bf Bx
np~ xq ~ e
n“
¨
˚
˝
Bf Bx1
p~ xq
.. .
Bf Bxn
p~ xq
˛
‹
‚
o` u le symbole Ý Ñ ∇ se lit nabla.
‚ Le gradient de f est la fonction vectorielle ÝÝÑ grad f ” Ý Ñ ∇ f “
¨
˚
˝
Bf Bx1
.. .
Bf Bxn
˛
‹
‚ : D Ă R
nÝÑ R
nPour tout ~ v P R
non a alors B
~vf “ x Ý Ñ ∇ f , ~ vy “ Ý Ñ ∇f ¨ ~ v .
Exemples de gradient
Exemples –
‚ f px, y q “ xy
2` 3x ñ Ý Ñ ∇ f px, y q “
ˆ y
2` 3 2xy
˙
Par exemple: Ý Ñ ∇ f p0, 0q “ ˆ 3
0
˙
et Ý Ñ ∇f p3, 2q “ ˆ 7
12
˙ .
‚ f px, y , z q “ sinpxy q ` lnpx
2` z
2q ñ Ý
Ñ ∇ f px, y, z q “
¨
˝
y cospxy q `
x22x`z2x cospxy q
2z x2`z2
˛
‚ .
Par exemple: Ý Ñ ∇f p0, π, 1q “
¨
˝
´π 0 2
˛
‚ .
Interpr´ etation g´ eom´ etrique du gradient
Th´ eor` eme – Soit f : R
2Ñ R une fonction de deux variables, diff´ erentiable sur D Ă R
2. Pour tout ~ x P D on a alors:
‚ Le gradient Ý Ñ ∇ f p~ xq est orthogonal ` a la ligne de niveau L
apf q avec a “ f p ~ xq.
‚ Le gradient Ý Ñ ∇ f p~ xq indique la direction de la pente de plus forte
croissante du graphe Γ
fen ~ x .
Exemple: interpretation g´ eom´ etrique du gradient
Exemple – f px, yq “ a
1 ´ x
2´ y
2ùñ domaine D
f“ D
Op1q = disque unitaire ferm´ e ligne de niveau L
apf q = cercle de rayon ?
1´a
2, o` u a P r0, 1s f est diff´ erentiable sur D “ D
Op1q = disque unitaire ouvert, et
Ý
Ñ ∇ f px, y q “
¨
˝
?
´x 1´x2´y2?
´y 1´x2´y2˛
‚ “ ´ 1 a px, yq.
Pour tout a Ps0, 1r, ce vecteur est orthogonal au cercle L
apf q au point px, y q et est dirig´ e vers le centre du cercle.
direction croissante Γ
fgradient Ý Ñ
∇f
2.5 – Diff´ erentielle
Dans cette section:
‚ Diff´ erentielle des fonctions
‚ Diff´ erentielle des fonctions r´ eelles: dx, dy et dz
‚ Diff´ erentielle des coordonn´ ees cylindriques et sph´ eriques: d ρ,
d ϕ, dr et d θ
Diff´ erentielle d’une fonction en un point
Soit f : R
nÝÑ R
mune fonction diff´ erentiable sur l’ensemble D Ă R
n. Par d´ efinition, pour tout ~ x P D, l’application
B
‚f pxq : R
nÝÑ R
m~ v ÞÝÑ B
~vf p~ xq “
BxBf1
p~ xq v
1` ¨ ¨ ¨ `
BxBfn
p~ xq v
nest lin´ eaire dans la variable ~ v .
D´ efinition – Cette application lin´ eaire de R
nvers R
ms’appelle diff´ erentielle de f au point ~ x.
Il est d’usage de la noter df
~x: R
nÝÑ R
m.
En somme, pour tout ~ v “ pv
1, ..., v
nq P R
n, on a donc df
~xp~ vq “ Bf
Bx
1p~ xq v
1` ¨ ¨ ¨ ` Bf
Bx
np~ xq v
n“ B
~vf p~ xq.
Diff´ erentielle en un point: cas particuliers
Cas particuliers –
‚ Si f : R
nÝÑ R est une fonction r´ eelle, la diff´ erentielle df
~x: R
nÝÑ R s’´ ecrit au moyen du gradient de f :
@~ v P R
n, df
xp~ vq “ x Ý Ñ ∇f pxq, ~ v y
‚ Si f “ pf
1, ..., f
mq : R ÝÑ R
mest une fonction
d’une seule variable x, la diff´ erentielle df
x: R ÝÑ R
mvaut:
@v P R , df
xpv q “
´
f
11pxq v , . . . , f
m1pxq v
¯
Exemples de diff´ erentielles
Exemples –
‚ f pxq “ x
2´ x
5ñ f : R Ñ R
ñ df
x: R ÝÑ R est donn´ ee par df
xpv q “ p2x ´ 5x
4q v.
‚ f px, y q “ x
2y
3´ 7y ñ f : R
2Ñ R ñ df
px,yq: R
2ÝÑ R est donn´ ee par
df
px,yqpu, v q “ 2xy
3u ` p3x
2y
2´ 7q v . Par exemple:
df
px,yqp2, 1q “ 4xy
3` 3x
2y
2´ 7 df
p1,1qpu , vq “ 2u ´ 4v
df
p1,1qp2, 1q “ 0 (quelle coincidence !)
Exemples de diff´ erentielles (suite)
‚ f px, y q “
¨
˝ xy
2y x
2´ y
2˛
‚ ñ f : R
2Ñ R
3df
px,yq: R
2Ñ R
3df
px,yqpu, vq “ u
¨
˝ y
20 2x
˛
‚ ` v
¨
˝ 2xy
1
´2y
˛
‚ “
¨
˝
y
2u ` 2xy v v 2x u ´ 2y v
˛
‚
‚ f px, y , z q “ ˆ xy
2yz
3˙
ñ f : R
3Ñ R
2df
px,y,zq: R
3Ñ R
2df
px,y,zqpu , v, w q “ u
ˆ y
20
˙
` v ˆ 2xy
z
3˙
` w ˆ 0
3yz
2˙
“
ˆ y
2u ` 2xy v z
3v ` 3yz
2w
˙
Applications lin´ eaires ´ elementaires
Remarque –
‚ Les n applications lin´ eaires (pour i “ 1, ..., n)
dx
i: R
nÝÑ R, ~ v “ pv
1, ..., v
nq ÞÝÑ dx
ip~ v q “ v
iformant une base de l’espace vectoriel L pR
n, Rq.
‚ Par cons´ equent, toute application lin´ eaire L : R
nÝÑ R s’´ ecrit comme combinaison lin´ eaire des dx
i:
L “ a
1dx
1` ¨ ¨ ¨ ` a
ndx
navec a
iP R .
‚ Il n’y a pas n applications lin´ eaires
2
dx
i2: R
nÝÑ R
m(pour i “ 1, ..., n)
qui forment une base de l’espace vectoriel L pR
n, R
mq, parce que
cet espace a dimension n ˆ m !
Diff´ erentielle
D´ efinition – Soit f : R
nÝÑ R
mune fonction diff´ erentiable sur D Ă R
n. L’application
D Ă R
n! ÝÑ L pR
n, R
mq
~ x ÞÝÑ df
~xs’appelle diff´ erentielle de f et est not´ ee df .
Corollaire – Si f : R
nÝÑ R est une fonction r´ eelle, alors:
‚ La diff´ erentielle df
~x: R
nÝÑ R en ~ x P D s’´ ecrit df
~x“ Bf
Bx
1p~ xq dx
1` ¨ ¨ ¨ ` Bf Bx
np~ xq dx
n.
‚ La diff´ erentielle df : D ÝÑ LpR
n, Rq s’´ ecrit df “ Bf
Bx
1dx
1` ¨ ¨ ¨ ` Bf Bx
ndx
n.
Exemples: ´ ecriture usuelle des diff´ erentielles
Exemples –
‚ f pxq “ x
2´ x
5ñ df
x“ p2x ´ 5x
4q dx . Par exemple: df
1“ ´3 dx.
‚ f px, y q “ x
2y
3´7y ñ df
px,yq“ 2xy
3dx ` p3x
2y
2´7q dy . Par exemple: df
p1,1q“ 2 dx ´ 4 dy .
‚ f px, y , z q “ x
2y
3z ´ 7yz
2ñ
df
px,y,zq“ 2xy
3z dx ` p3x
2y
2z ´ 7z
2q dy ` px
2y
3´ 14yz q dz
Par exemple: df
p1,1,1q“ 2 dx ´ 4 dy ´ 13 dz
Exercice
´ Enonc´ e – Pour la fonction f px, yq “ lnp1 ´ x
2` 5yq:
1) D´ eterminer l’ensemble D o` u f est diff´ erentiable.
2) D´ eterminer la diff´ erentielle en tout point px, yq P D.
3) Calculer df
p2,0qen les vecteurs ~ ı “ p1, 0q, ~ “ p0, 1q,
~
v “ p1, 1q et ~ u “ p3, ´3q.
R´ eponse – 1) D “
!
px, yq P R
2| y ą 1 5 x
2´ 1
5 )
portion du plan au-dessus de la parabole d’´ eq.
y “ 1 5 x
2´ 1
5
Exercice (suite)
2) Pour tout px , yq P D, on a
df
px,yq“
BfBxpx, yq dx `
BfBypx, y q dy
“ ´2x
1 ´ x
2` 5y dx ` 5
1 ´ x
2` 5y dy 3) Ainsi
df
p2,0q“ ´4
1 ´ 4 dx ` 5
1 ´ 4 dy “ 4
3 dx ´ 5 3 dy et
df
p2,0qp ~ ı q “
BfBxp2, 0q “
43df
p2,0qp ~ q “
BfByp2, 0q “ ´
53df
p2,0qp~ vq “ df
p2,0qp1, 1q “
43´
53“ ´
13df
p2,0qp~ uq “ df
p2,0qp3, ´3q “
433 ´
53p´3q “ 4 ` 5 “ 9
Exercice : dx , dy , dz , d ρ, d ϕ, dr et d θ
´ Enonc´ e – On note px, y, zq, pρ, ϕ, zq et pr, ϕ, θq les coordonn´ ees cartesiennes, cylindriques et sph´ eriques des points de R
3. On rappelle que
$
&
%
x “ ρ cos ϕ y “ ρ sin ϕ z “ z
ρ Ps0, 8r ϕ P r0, 2πr
et $
&
%
x “ r cos ϕ sin θ y “ r sin ϕ sin θ z “ r cos θ
r Ps0, 8r
ϕ P r0, 2πr
θ Ps0, πr
Exercice (suite)
Montrer que
i q
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
%
dx “ cos ϕ d ρ ´ ρ sin ϕ d ϕ dy “ sin ϕ d ρ ` ρ cos ϕ d ϕ dz “ dz
i
1q
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
%
d ρ “ cos ϕ dx ` sin ϕ dy ρd ϕ “ ´ sin ϕ dx ` cos ϕ dy dz “ dz
Formules de passage cart´ esiennes ÐÑ cylindriques
Exercice (suite)
ii q
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
%
dx “ cos ϕ sin θ dr ´ r sin ϕ sin θ d ϕ ` r cos ϕ cos θ d θ dy “ sin ϕ sin θ dr ` r cos ϕ sin θ d ϕ ` r sin ϕ cos θ d θ dz “ cos θ dr ´ r sin θ d θ
ii
1q
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
%
dr “ cos ϕ sin θ dx ` sin ϕ sin θ dy ` cos θ dz r sin θ d ϕ “ ´ sin ϕ dx ` cos ϕ dy
rdθ “ cos ϕ cos θ dx ` sin ϕ cos θ dy ` sin θ dz
Formules de passage cart´ esiennes ÐÑ sph´ eriques
Exercice (suite)
piii q
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
%
dr “ sin θ d ρ ` cos θ dz d ϕ “ d ϕ
rdθ “ cos θ d ρ ´ sin θ dz
piii
1q
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
%
d ρ “ sin θ dr ` cos θ d θ d ϕ “ d ϕ
dz “ r cos θ dr ´ r sin θ d θ
Formules de passage cylindriques ÐÑ sph´ eriques
Exercice (suite et fin)
R´ eponse – Il suffit d’´ ecrire les diff´ erentielles des applications de changement de variables. Par exemple la diff´ erentielle du
changement de variables cylindriques Ñ cart´ esiennes donne les formules i q:
dx “
BxBρd ρ `
BϕBxd ϕ `
BxBzdz
“ cos ϕ d ρ ´ ρ sin ϕ d ϕ dy “
ByBρd ρ `
ByBϕd ϕ `
ByBzdz
“ sin ϕ d ρ ` cos ϕ d ϕ dz “
BzBρd ρ `
BϕBzd ϕ `
BzBzdz
“ dz
Les formules i
1q s’obtiennent en inversant le syst` eme iq. On
proc` ede dela mˆ eme fa¸con our les autres formules.
2.6 – Jacobienne
Dans cette section:
‚ Rappel sur les applications lin´ eaires et les matrices
‚ Matrice Jacobienne et d´ eterminant Jacobien
‚ Jacobien des changements de variables
Rappels sur les applications lin´ eaires et les matrices
Rappel – Toute application lin´ eaire L : R
nÝÑ R
mse repr´ esente come une matrice A “ `
a
ij˘
P M
mnpRq (avec m lignes et n colonnes) telle que, pour tout ~ v “ pv
1, ..., v
nq P R
n, on a
Lp~ vq “ A ~ v (produit matrice par vecteur)
“
¨
˚
˝
a
11a
12¨ ¨ ¨ a
1n.. . .. . ¨ ¨ ¨ .. . a
m1a
m2¨ ¨ ¨ a
mn˛
‹
‚
¨
˚
˝ v
1.. . v
n˛
‹
‚
“
¨
˚
˝
a
11v
1` ¨ ¨ ¨ ` a
1nv
n.. .
a
m1v
1` ¨ ¨ ¨ ` a
mnv
n˛
‹
‚ P R
mMatrice jacobienne
D´ efinition – Soit f : R
nÝÑ R
mune fonction diff. sur D.
‚ La matrice Jacobienne de f est la matrice J
fP M
mnassoci´ ee
` a df , c’est ` a dire telle que
df
~xp~ vq “ J
fp~ xq ~ v pour tout ~ x P D et tout ~ v P R
n. Si pf
1, ..., f
mq sont les composantes de f , on a alors
J
fp~ xq “
¨
˚
˚
˚
˚
˝
Bf
1p~ xq
Bx
1¨ ¨ ¨ Bf
1p~ xq Bx
n.. . ¨ ¨ ¨ .. . Bf
mp~ xq
Bx
1¨ ¨ ¨ Bf
mp~ xq Bx
n˛
‹
‹
‹
‹
‚
P M
mnpRq.
‚ Si la matrice Jacobienne est carr´ ee (n “ m), son d´ et´ erminant
Jac f “ det J
fs’appelle Jacobien de f .
Exemples de matrices jacobiennes
Exemples –
‚ Si f : R
2ÝÑ R , px, yq ÞÑ f px, yq “ x
2y, on a
J
fpx, y q “
ˆ Bf px, y q Bx
Bf px, yq By
˙
“
´
2xy x
2¯
P M
12pRq
une matrice ligne.
‚ Si γ : R ÝÑ R
2: t ÞÑ γptq “ pγ
1pt q, γ
2pt qq “ p2t, t
3` 1q, on a
J
gptq “ ˆ γ
11pt q
γ
21pt q
˙
“ ˆ 2
3t
2˙
P M
21p R q
une matrice colonne, c’est-` a-dire un vecteur.
Exemples de matrices jacobiennes
‚ Si h : R
2ÝÑ R
2pu, vq ÞÑ hpu, vq “ `
h
1pu, vq, h
2pu, vq ˘
“ pu
2v , 3uq, on a
J
hpu, v q “
¨
˚
˚
˝ Bh
1Bu Bh
1Bv Bh
2Bu Bh
2Bv
˛
‹
‹
‚
“
ˆ 2uv u
23 0
˙
P M
22p R q
et
Jac hpu, vq “ Bh
1Bu
Bh
2Bv ´ Bh
2Bu Bh
1Bv “ ´3u
2‚ Si g : R ÝÑ R , z ÞÑ g pz q “ sin z , on a
J
gpz q “
´ g
1pz q
¯
“
´ cos z
¯
P M
11p R q et
Jac g pz q “ g
1pzq “ cos z P R
Exemples: Jacobien des changements de variables
‚ Polaires : hpρ, ϕq “ pρ cos ϕ, ρ sin ϕq J
hpρ, ϕq “
ˆ cos ϕ ´ ρ sin ϕ sin ϕ ρ cos ϕ
˙
Jac hpρ, ϕq “ ρ cos
2ϕ ` ρ sin
2ϕ “ ρ
‚ Cylindriques : hpρ, ϕ, zq “ pρ cos ϕ, ρ sin ϕ, zq J
hpρ, ϕ, zq “
¨
˝
cos ϕ ´ρ sin ϕ 0 sin ϕ ρ cos ϕ 0
0 0 1
˛
‚
Jac hpρ, ϕ, zq “ ρ cos
2ϕ ` ρ sin
2ϕ “ ρ
Exemples: Jacobien des changements de variables
‚ Sph´ eriques : hpr , ϕ, θq “ pr cos ϕ sin θ, r sin ϕ sin θ, r cos θq
J
hpr, ϕ, θq “
¨
˝
cos ϕ sin θ ´r sin ϕ sin θ r cos ϕ cos θ sin ϕ sin θ r cos ϕ sin θ r sin ϕ cos θ
cos θ 0 ´r sin θ
˛
‚
Jac h “ cos θ
´
´ r
2sin
2ϕ sin θ cos θ ´ r
2cos
2ϕ sin θ cos θ
¯
´ r sin θ
´
r cos
2ϕ sin
2θ ` r sin
2ϕ sin
2θ
¯
“ ´r
2sin θ cos
2θ ´ r
2sin
3θ
“ ´r
2sin θ
Exercice
´ Enonc´ e – Calculer le gradient, la diff´ erentielle et la matrice jacobienne de la fonction f : R
3ÝÑ R donn´ ee par
f px, y, z q “ z sinpxy q.
R´ eponse – On a Ý
Ñ ∇ f px, y, z q “
¨
˝
yz cospxy q xz cospxy q
sinpxyq
˛
‚
df
px,y,zq“ yz cospxyq dx ` xz cospxy q dy ` sinpxy q dz
J
fpx, y, z q “
´
yz cospxy q xz cospxy q sinpxy q
¯
Exercice
´ Enonc´ e – Calculer la diff´ erentielle et la matrice Jacobienne de la fonction f : R
3ÝÑ R
2donn´ ee par
f px, y, zq “
ˆ z sin x z sin y
˙ .
R´ eponse – Pour tout ~ v “ pu, v , w q P R
3, on a df
px,y,zqpu, v, w q “
ˆ z cos x 0
˙ u `
ˆ 0 z cos y
˙ v `
ˆ sin x sin y
˙ w
J
fpx, y, zq “
ˆ z cos x 0 sin x 0 z cos y sin y
˙
2.7 – Resum´ e sur les d´ eriv´ ees
Dans cette section:
‚ Resum´ e sur les d´ eriv´ ees des fonctions r´ eelles
‚ Resum´ e sur les d´ eriv´ ees des fonctions vectorielles
Resum´ e: d´ eriv´ ees des fonctions r´ eelles
Si f : R
nÝÑ R est une fonction r´ eelle diff. sur D Ă R
n:
‚ d´ eriv´ ees partielles
= fonctions r´ eelles
Bf Bx1
, ...,
BxBfn
: D ÝÑ R
‚ d´ eriv´ ees directionelles
= fonctions r´ eelles
B
~vf : D ÝÑ R B
~vf “ v
1BfBx1
` ¨ ¨ ¨ ` v
nBf Bxn‚ gradient
= fonction vectorielle
Ý
Ñ ∇ f : D ÝÑ R
nÝ Ñ ∇ f “
¨
˚
˝
Bf Bx1
.. .
Bf Bxn
˛
‹
‚
‚ diff´ erentielle
= fonction ` a valeur applications lin´ eaires
df : D ÝÑ LpR
n, Rq df “
BxBf1
dx
1` ¨ ¨ ¨ `
BxBfndx
n‚ Jacobienne
= fonction ` a valeur matrices ligne
J
f: D ÝÑ M
1npRq J
f“
´
BfBx1
¨ ¨ ¨
BxBfn¯
Resum´ e: d´ eriv´ ees des fonctions vectorielles
Si f “ pf
1, ..., f
mq : R
nÝÑ R
mest fonction vectorielle diff. sur D:
‚ d´ eriv´ ees partielles
= fonctions vectorielles
Bf Bx1
, ...,
BxBfn
: D ÝÑ R
mBf Bxi
“
´
Bf1Bxi
, ...,
BfBxmi
¯
‚ d´ eriv´ ees directionelles
= fonctions vectorielles
B
~vf : D ÝÑ R
mB
~vf “ v
1BxBf1
` ¨ ¨ ¨ ` v
nBxBfn
‚ gradient “ Ý Ñ ∇f ” n’est pas d´ efini
‚ diff´ erentielle
= fonction ` a valeur applications lin´ eaires
df : D ÝÑ L pR
n, R
mq mais les ”dx
i” n’existent pas
‚ Jacobienne
= fonction ` a valeur dans les matrices
J
f: D Ă R
nÝÑ M
mnpRq J
f“
¨
˚
˝
Bf1
Bx1
¨ ¨ ¨
BxBf1n.. . .. . .. .
Bfm
Bx1
¨ ¨ ¨
BfBxmn˛
‹
‚
2.8 – R` egle de la chaˆıne
Dans cette section:
‚ D´ eriv´ ees de la somme et du produit de fonctions
‚ D´ eriv´ ees de la compos´ ee de fonctions
‚ Transformation des d´ eriv´ ees partielles:
BxB,
ByB,
BBz,
BρB,
BϕB,
BBret
BBθD´ eriv´ ees de la somme de fonctions et du produit par scalaire
Proposition – Si f , g : R
nÑ R
msont diff´ erentiables, on a :
‚ Bpf ` g q Bx
i“ Bf
Bx
i` Bg
Bx
ipour tout i “ 1, ..., n Par cons´ equent Ý Ñ ∇ pf `g q “ Ý Ñ ∇ f ` Ý Ñ ∇ g (si m “1) ,
d pf `g q “ df ` dg , J
f`g“ J
f` J
g‚ Bpλ f q
Bx
i“ λ Bf
Bx
ipour tout i “ 1, ..., n o` u λ P R Par cons´ equent Ý Ñ ∇ pλ f q “ λ Ý Ñ ∇ f (si m “1) ,
d pλ f q “ λ df , J
λf“ λ J
fD´ eriv´ ees du produit de fonctions
Proposition – Si f , g : R
nÝÑ R sont des fonctions r´ eelles diff´ erentiables, on a la r` egle de Leibniz:
‚ Bpfg q Bx
i“ Bf
Bx
ig ` f Bg
Bx
ipour tout i “ 1, ..., n Par cons´ equent Ý Ñ ∇ pfg q “ ` Ý Ñ ∇f ˘
g `f ` Ý Ñ ∇ g ˘ , d pfg q “ `
df ˘ g `f `
dg ˘ , J
fg“ `
J
f˘ g `f ` J
g˘
Exemple : r` egle de Leibniz
Exemple – Soit f : R
2ÝÑ R d´ efinie par f px, yq “ xy
2e
xy. Le calcul de la diff´ erentielle de f peut se faire directement au moyen de la formule
d
´ xy
2e
xy¯
“ B `
xy
2e
xy˘
Bx dx ` B `
xy
2e
xy˘
By dy
ou en passant par la r` egle de Leibniz d
´ xy
2e
xy¯
“ d ` xy
2˘
e
xy` xy
2d ` e
xy˘
“ `
y
2dx ` 2xy dy ˘ e
xy`xy
2`
y e
xydx ` x e
xydy ˘
“ `
y
2` xy
3˘
e
xydx ` `
2xy ` x
2y
2˘
e
xydy
D´ eriv´ ees des fonctions compos´ ees
Proposition – Pour deux fonctions
f “ pf
1, ..., f
mq : R
nÑ R
mdiff´ erentiable en ~ x P R
ng “ pg
1, ..., g
pq : R
mÑ R
pdiff´ erentiable en ~ y “ f p~ xq P R
mla compos´ ee g ˝ f : R
nÑ R
pest diff´ erentiable en ~ x et on a la r` egle de la chaˆıne :
‚ B `
g ˝ f ˘
j
Bx
ip ~ xq “ Bg
jBy
1` f p ~ xq ˘ Bf
1Bx
ip ~ xq ` ¨ ¨ ¨ ` Bg
jBy
m` f p ~ xq ˘ Bf
mBx
ip ~ xq pour tout i “ 1, ..., n et tout j “ 1, ..., p ,.
Par cons´ equent, on a aussi : d `
g ˝ f ˘
~
x
“ dg
fp~xq˝ df
x(composition d’applications lin´ eaires)
J
g˝fp~ xq “ J
gpf p~ xqq ¨ J
fp~ x q (produit de matrices)
Cas usuels de fonctions compos´ ees
‚ Cas usuel 1 –
Si f : R
2ÝÑ R, px, yq ÞÑ f px, y q “ z g : R ÝÑ R, z ÞÑ g pz q
g ˝ f : R
2ÝÑ R , px, yq ÞÑ g `
f px, y q ˘ on a
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
Bpg ˝ f q
Bx p x,y q “ d g d z
` f p x ,y q ˘ Bf Bx p x,y q Bpg ˝ f q
By p x,y q “ d g d z
` f p x ,y q ˘ Bf By p x ,y q d `
g ˝ f ˘
p
x,y
q“
d gd z` f p x ,y q ˘
df
px,y
qJ
g˝fp x,y q “
d gd z`
f p x,y q ˘
J
fp x,y q
Exercice: cas usuel 1
´ Enonc´ e – Soit f : R
2ÝÑ R une fonction dont on connait Bf px, y q
Bx “ 2xy et Bf px, yq
By “ x
2´ 2y.
Pour F px, y q “ ln f px, yq, calculer BF Bx et BF
By .
R´ eponse – Si on pose gpzq “ ln z, on a F “ g ˝ f et donc BF p x,y q
Bx “
d gd zpf p x,y qq Bf
Bx p x,y q “ 2xy f p x ,y q BF p x,y q
By “
d gd zpf p x,y qq Bf
By p x,y q “ x
2´ 2y
f p x,y q
Cas usuels de fonctions compos´ ees
‚ Cas usuel 2 –
Si f : R
2ÝÑ R , px, yq ÞÑ f px, y q h : R
2ÝÑ R
2, pu, v q ÞÑ hpu, vq “ `
xpu, vq, ypu, vq ˘ f ˝ h : R
2ÝÑ R, pu, v q ÞÑ f `
xpu, v q, y pu, v q ˘ on a
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
Bpf ˝ hq
Bu p u,v q “ Bf Bx
` hp u,v q ˘ Bx
Bu p u,v q ` Bf By
` hp u,v q ˘ By Bu p u,v q Bpf ˝ hq
Bv p u,v q “ Bf Bx
` hp u,v q ˘ Bx
Bv p u,v q ` Bf By
` hp u,v q ˘ By Bv p u,v q d `
f ˝ h ˘
p
u,v
q“ df
hpu,v
q˝ dh
pu,v
qJ
f˝hp u,v q “ J
f` hp u,v q ˘
J
hp u,v q
Exercice: cas usuel 2
´ Enonc´ e – Soit f : R
2ÝÑ R une fonction dont on connait
Bfpx,yq
Bx
“ 2xy et
Bfpx,yqBy“ x
2´ 2y . Pour G pu, vq “ f pv, uv
2q, calculer
BGBuet
BGBv.
R´ eponse – Si on pose hpu, vq “ pv, uv
2q “ px, y q, c. ` a d. x “ v et y “ uv
2, on a G “ f ˝ h et donc
BG p u,v q Bu “ Bf
Bx pv, uv
2q Bx
Bu p u,v q ` Bf
By pv, uv
2q By Bu p u,v q
“ 2v uv
2¨ 0 ` pv
2´ 2uv
2q ¨ v
2“ p1 ´ 2uqv
4BG p u,v q
Bv “ Bf
Bx pv, uv
2q Bx
Bv p u,v q ` Bf
By pv , uv
2q By Bv p u,v q
“ 2v uv
2¨ 1 ` pv
2´ 2uv
2q ¨ 2uv
“ 4uv
2pv ´ uq
Cas usuels de fonctions compos´ ees
‚ Cas usuel 3 –
Si f : R
2ÝÑ R , px, yq ÞÑ f px, y q γ : R ÝÑ R
2, t ÞÑ γptq “ `
xptq, y ptq ˘ f ˝ γ : R ÝÑ R , t ÞÑ f `
xptq, yptq ˘ on a
d ` f ˝ γ ˘
ptq d t “ Bf
Bx
` γptq ˘
xptq ` 9 Bf By
` γptq ˘ yptq 9
d ` f ˝ γ ˘
t
“ df
γptq˝ d γ
tJ
f˝γptq “ J
f`
γptq ˘
J
γptq
Exercice: cas usuel 3
´ Enonc´ e – Soit f : R
2ÝÑ R une fonction dont on connait
Bfpx,yq
Bx
“ 2xy et
Bfpx,yqBy“ x
2´ 2y . Pour Hptq “ f pt
2, 3tq, calculer
d Hptqd t.
R´ eponse – Si on pose γptq “ pt
2, 3tq “ px, y q, c. ` a d.
"
x “ t
2y “ 3t , on a H “ f ˝ γ et donc
d Hptq
d t
“
dpfd t˝γqptq“ Bf
Bx pt
2, 3tq xptq ` 9 Bf
By pt
2, 3tq yptq 9
“ 2t
23t ¨ 2t ` pt
4´ 6t q ¨ 3
“ 24t
4´ 18t
Exercice
´ Enonc´ e – Soit f : R
2ÝÑ R la fonction f px, yq “ xy
2. 1) Soit g : R ÝÑ R une fonction telle que g
1pzq “ ?
z.
Calculer Bg pxy
2q
Bx et Bg pxy
2q By .
R´ eponse – On veut calculer les d´ eriv´ ees de g ˝ f , donc on applique la r` egle de la chaˆıne:
Bg pxy
2q
Bx “ g
1pxy
2q Bpxy
2q Bx
“ a xy
2y
2Bg pxy
2q
By “ g
1pxy
2q Bpxy
2q By
“ a
xy
2px
2´ 2xy q
Exercice (suite)
2) Soit px, yq “ hpu, vq “ `
xp u,v q, yp u,v q ˘
un changement de variables dont on connait la matrice Jacobienne
J
hp u,v q “
˜
Bx BuBx Bv By Bu
By Bv
¸
“
ˆ 0 1 v
22uv
˙ ,
et soit ˜ f “ f ˝ h. Calculer B ˜ f
Bu p u,v q et B f ˜ Bv p u,v q.
R´ eponse – On applique la r` egle de la chaˆıne:
B ˜ f
Bu p u,v q “ Bf
Bx php u,v qq Bx
Bu p u,v q ` Bf
By php u,v qq By Bu p u,v q
“ yp u,v q
2¨ 0 ` 2xp u,v qyp u,v q v
2B ˜ f
Bv p u,v q “ Bf
Bx php u,v qq Bx
Bv p u,v q ` Bf
By php u,v qq By Bv p u,v q
“ yp u,v q
2¨ 1 ` 2xp u,v qyp u,v q 2uv
Exercice (suite)
R´ eponse (suite)–
En alternative, on peut passer par les matrices Jacobiennes.
Puisque
J
fp x ,y q “
´
Bfpx,y
q BxBfp
x,y
q By¯
“ `
y
22xy ˘ , on a
J
˜fp u,v q “ J
fphp u,v qq ¨ J
hp u,v q
“ `
yp u,v q
22xp u,v qyp u,v q ˘
¨
ˆ 0 1 v
22uv
˙
“ `
y
2¨ 0 ` 2xy ¨ v
2y
2¨ 1 ` 2xy ¨ 2uv ˘
“ `
2v
2xp u,v qyp u,v q yp u,v q
2` 4uv xp u,v qyp u,v q ˘
Exercice (suite)
3) Soit γptq “ pxptq, y ptqq une trajectoire dans R
2d´ ependante du param` etre t. Calculer la d´ eriv´ ee en t de la fonction t ÞÑ f pxptq, yptqq.
R´ eponse – On veut calculer la d´ eriv´ ee de la fonction f ˝ γ, donc on applique la r` egle de la chaˆıne:
d f pxptq, yptqq
dt “ Bf
Bx
` xpt q, yptq ˘
xptq ` 9 Bf By
` xptq, yptq ˘ yptq 9
“ y ptq
2x 9 ptq ` 2 xptqyptqq yptq 9
Exercice : transformation des d´ eriv´ ees partielles
´ Enonc´ e – Soient px, y, zq les coordonn´ ees cartesiennes des points de R
3, pρ, ϕ, zq les coordonn´ ees cylindriques et pr, ϕ, θq les
coordonn´ ees sph´ eriques. On rappelle que
$
&
%
x “ ρ cos ϕ y “ ρ sin ϕ z “ z
et
$
&
%
x “ r cos ϕ sin θ y “ r sin ϕ sin θ z “ r cos θ avec
"
ρ Ps0, 8r
ϕ P r0, 2πr et
$
&
%
r Ps0, 8r ϕ P r0, 2πr θ Ps0, πr Montrer que les deriv´ ees partielles
!
B
Bx
,
ByB,
BzB)
,
!
B
Bρ
,
BϕB,
BzB)
et
!
B
Br
,
BϕB,
BθB)
satisfont aux formules suivantes :
Exercice (suite)
pi q
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
B
Bρ
“ cos ϕ
BxB` sin ϕ
ByB1 ρ B
Bϕ
“ ´ sin ϕ
BxB` cos ϕ
BByB
Bz
“
BBzpi
1q
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
B
Bx
“ cos ϕ
BρB´ sin ϕ
1ρBϕBB
By
“ sin ϕ
BρB` cos ϕ
1ρBϕBB
Bz
“
BBzExercice (suite)
piiq
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
B
Br
“ cos ϕ sin θ
BxB` sin ϕ sin θ
ByB` cos θ
BzB1 rsinθ
B
Bϕ
“ ´ sin ϕ
BxB` cos ϕ
ByB1 r B
Bθ
“ cos ϕ cos θ
BxB` sin ϕ cos θ
ByB´ sin θ
BBzpii
1q
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
B
Bx
“ cos ϕ sin θ
BBr´ sin ϕ
rsin1 θBϕB` cos ϕ cos θ
1r BBθB
By
“ sin ϕ sin θ
BBr` cos ϕ
rsin1 θBϕB` sin ϕ cos θ
1r BBθB
Bz
“ cos θ
BBr´ sin θ
1r BBθExercice (suite)
piiiq
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
B
Br
“ sin θ
BBρ` cos θ
BzB1 rsinθ
B
Bϕ
“
1ρBϕB1 r
B
Bθ
“ cos θ
BBρ´ sin θ
BzBpiii
1q
$
’ ’
’ &
’ ’
’ %
B
Bρ
“ sin θ
BBr` cos θ
1r BBθ1 ρ B
Bϕ
“
rsin1 θBϕBB
Bz
“ cos θ
BBr´ sin θ
1r BBθExercice (suite)
R´ eponse – Montrons pi q. Pour cela on applique la r` egle de la chaˆıne ` a la compos´ ee ˜ f “ f ˝ h o` u px, y, z q “ hpρ, ϕ, z q est le changement de variables des coordonn´ ees cylindriques en coordonn´ ees cart´ esiennes. On a alors:
B˜f
Bρ
“
BfBx BxBρ`
ByBf ByBρ`
BfBz BzBρ“ cos ϕ
BxBf` sin ϕ
BfByB˜f
Bϕ
“
BfBx BϕBx`
BfBy BϕBy`
BfBz BϕBz“ ´r sin ϕ
BfBx` r cos ϕ
BfByB˜f
Bz
“
BfBx BxBz`
ByBf ByBz`
BfBz BzBz“
BfBzd’o` u suivent les formules piq. Les formules pi
1q en d´ ecoulent par
inversion du syst` eme.
Exercice (suite)
‚ Pour montrer les formules pii q, on applique cette m´ ethode ` a la compos´ ee ˜ f “ f ˝ h o` u px, y, z q “ hpr, ϕ, θq est le changement de variables des coordonn´ ees sph´ eriques en coordonn´ ees cart´ esiennes.
On a alors:
B˜f
Br
“
BfBx BxBr`
BfBy ByBr`
BfBz BzBr“ cos ϕ sin θ
BfBx` sin ϕ sin θ
BfBy` cos θ
BfBzB˜f
Bϕ
“
BfBx BxBϕ`
ByBf BϕBy`
BfBz BzBϕ“ ´ρ sin ϕ sin θ
BxBf` ρ cos ϕ sin θ
BfByB˜f
Bθ
“
BfBx BxBθ`
BfBy ByBθ`
BfBz BzBθ“ r cos ϕ cos θ
BfBx` r sin ϕ cos θ
ByBf´ r sin θ
BfBz‚ On inverse le syst` eme piiq pour obtenir pii
1q.
‚ On combine les pi q ` a pii
1q pour obtenir piiiq et piii
1q.
2.9 – Hessienne
Dans cette section:
‚ D´ eriv´ ees d’ordre sup´ erieur
‚ Th´ eor` eme de Schwarz
‚ Matrice Hessienne
‚ Laplacien, fonctions harmoniques
D´ eriv´ ees partielles d’ordre sup´ erieur
D´ efinition – Soit f : D Ă R
nÝÑ R diff´ erentiable. Si les d´ eriv´ ees partielles
BxBfi
: D Ă R
nÝÑ R sont ` a leur tour diff´ erentiables, on peut calculer leurs d´ eriv´ ees partielles.
‚ Pour tout k P N , les d´ eriv´ ees partielles d’ordre k de f sont les fonctions qu’on obtient en d´ erivant f succ´ essivement k fois:
B
kf Bx
i1¨ ¨ ¨ Bx
ik“ B Bx
i1¨ ¨ ¨ Bf Bx
ik.
Par exemple, si f : R
2ÝÑ R est fonction de px, yq, on a:
B2f
Bx2
“
BxB BfBx,
BxByB2f“
BxB BfBy,
ByBxB2f“
ByB BxBf,
BBy2f2“
ByB BfBy.
‚ La fonction f est de classe C
ksi ses d´ eriv´ ees d’ordre k existent
et sont des fonctions continues. La fonction f est lisse ou de
classe C
8si elle est C
kpour tout k P N .
Th´ eor` eme de Schwarz
Th´ eor` eme – Si les d´ eriv´ ees secondes
BxB2fiBxj
existent et sont continue en un point ~ x , pour tout i , j “ 1, ..., n, alors
B
2f Bx
iBx
jp~ xq “ B
2f Bx
jBx
ip~ xq pour tout i ‰ j .
Corollaire – Si f est une fonction de classe C
k(ou lisse), alors toutes ses d´ eriv´ ees mixtes jusqu’` a l’ordre k (ou 8)
ayant le mˆ eme nombre de d´ eriv´ ees en chaque x
i,
coincident ind´ ependement de l’ordre dans lequel elles sont
calcul´ ees.
Exemple : d´ eriv´ ees secondes
Exemple – f px, yq “ x
3y
2$
’ ’
’ &
’ ’
’ % Bf
Bx px, y q “ 3x
2y
2Bf
By px, yq “ 2x
3y
$
’ ’
’ ’
&
’ ’
’ ’
% B
2f
Bx
2px, yq “ 6xy
2B
2f
BxBy px, yq “ 6x
2y B
2f
By Bx px, yq “ 6x
2y B
2f
By
2px, y q “ 2x
3L’on constate que les d´ eriv´ ees partielles sont continues (donc f est
de classe C
2) et que les d´ eriv´ ees mixtes sont identiques.
Exercice
´ Enonc´ e – Soient F , G : R ÝÑ R de classe C
2et soit c P R
˚. Montrer que le fonction upx, tq “ F px ´ ct q ` G px ` ct q est solution de l’´ equation des ondes
1 c
2B
2u
Bt
2px, tq ´ B
2u
Bx
2px, tq “ 0 pour tout px, tq P R
2. R´ eponse – La fonction u est de classe C
2car compos´ ee de fonctions C
2. On a
Bu
Bx
px, tq “ F
1px ´ ct q
Bpx´ctqBx` G
1px ` ctq
Bpx`ctqBx“ F
1px ´ ct q ` G
1px ` ctq
Bu
Bt