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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Hasnaoui, O. (1987). Le financement extérieur des investissements publics au Maroc (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences sociales, politiques et économiques, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/213490/1/45efd994-3e16-4d69-acb4-69fe8db21540.txt

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(2)

LE FINANCEMENT EXTERIEUR DES INVESTISSEMENTS PUBLICS

AU MAROC

TOME I

Thèse préparée sous la direction de Madame le professeur Paule

BOUVIER et présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Politiques

OMAR HASNAOUI

Avril 1987

(3)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Economiques

LE FINANCEMENT EXTERIEUR DES INVESTISSEMENTS PUBLICS

AU MAROC

TOME I

Thèse préparée sous la direction de Madame le professeur Paule BOUVIER et présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Politiques

OMAR HASNAOUI

Avril 1987

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Qu'il me soit permis d'exprimer ma vive et respec­

tueuse reconnaissance à Madame le Professeur BOELENS-BOUV/IER, de l'Université libre de Bruxelles qui a bien voulu accepter de diriger cette Recherche Doctorale. C'est avec fierté que je me suis efforcé d'être digne de sa confiance et de m'inspirer de ses conseils pertinents, de ses critiques constructives qui m'ont été d'un concours précieux. Ses idées, sa méthodologie et ses orientations auront largement marqué cette recherche.

Ma gratitude va également à Monsieur FASKA KHRUZ,

Professeur de Comptabilité qui m'a encouragé et soutenu avec force et constance pour l'accomplissement de l'ensemble de mes travaux de Recherches Universitaires.

Ma reconnaissance va également à^Monsieur J. WAELBROECK Professeur d'Econométrie d'avoir bien voulu faire partie de mon Jury, ainsi qu'à Monsieur ARTHUR DOUCY, Professeur d'Economie Sociale dont le soutien et l'amitié ne m'ont jamais fait défaut depuis bientôt 18 ans.

L'élaboration de cette étude portera les empruntes vivantes de la fécondité des conseils et de la pertinence des remarques de Monsieur HABIB EL MALKI, Professeur d'Economie Poli­

tique à l'Université Mohamed V,à qui j'adresse mes vifs remercie­

ments et qu'il me permette de lui exprimer un hommage sincère et une fidèle amitié.

L'Ecole Nationale d'Administration Publique m'a ouvert ses portes et m'a accueilli tout au long de ces années de recher­

che. Je tiens à remercier tout particulièrement, le Directeur Monsieur BEN ALLAL, ainsi que le Professeur MUSTAPHA RHOUMARI, actuellement Secrétaire Général du C.A.F.R.A.D. à Tanger, dont les observations judicieuses m'ont été très utiles.

Les recherches empiriques n'auraient pas pû être réa­

lisées sans l'accueil bienveillant et amical et la pleine dispo­

nibilité des hauts responsables du Ministère des Finances, du Plan et de l'Equipement... Je citerai tout particulièrement Messieurs MUSTAPHA SAHEL, Directeur du Budget, M'HAMED TAZI, Directeur du Trésor et des Finances Extérieurs, ALI AMOR, Direc­

teur de l'Office des Changes, HAMZAOUI, Trésorier Général, ainsi que Messieurs FAOUZI, OUASSIMI, BENMAN50UR, BOUGROUM du même Département et à tous les amis qui m'ont aidé à titres divers pourla réalisation de ce travail, avec une mention particulère à Monsieur RAFIQ HADDAOUI, Directeur Général de la Coopération Internationale, Monsieur ABDELMALEK CHERKAOUI, Ancien Secrétaire Général du Plan, actuellement Ambassadeur du Maroc à Bruxelles et à mon ami JAAFAR ALJ, Premier Conseiller de la même Ambassade.

Enfin tous mes remerciements à Madame EL YOUSSEFI pour sa patience à déchiffrer mon écriture et à SI MOHAMED LAHLOU, Directeur de l'Imprimerie de l'Agdal-

*

*

*

(5)

SOM MAI RE

(6)

INTRODUCTION GENERALE

I - POSITION DU PROBLEME 1

II - OBJET DE L’ETUDE ET DEFINITION DE QUELQUES CONCEPTS 3

A. La Notion d'Eparqne é

B. La Notion d'investissement 10

- Théories des choix des séquences d'In- 13 vestissements prioritaires.

III - INTERET DU SUJET 16

A. Son actualité et sa portée Internationale

pour lesP.V.D. 16

B. CasduMAROC. 23

IV - DELIMITATION DE L'ETUDE ET ANNONCE DU PLAN 2A

V - METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 28

PREMIERE PARTIE

DIAGNOSTIC DU SYSTEME DE FINANCEMENT

EXTERIEUR DANS LE CADRE DES STRATEGIES 31 MISES EN OEUVRE EN MATIERE D'INVESTISSEMENTS

PUBLIC

QdAPITRÇ I î ANALYSE_DE_LA_PLANIFIÇATIQN_Dy_DEyELgPPEMENT

Ay_MARgÇ_ET_DES_PgLniQyɧ_51INyESTISSEMENTS 36 t?ISES_EN_gEyVRE

SEÇIION I : LA PLANIFICATION MAROCAINE, INSTRUMENT DU

DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DU PAYS 37

(7)

I 40 - II -

- LES STRUCTURES ET PROCEDURES PL PREPARATION DU PLAN.

A. - Les Institutions et Organismes responsables

de la préparation du Plan. 42

1. - Les recommandations de la BIRD 2. - La mise en place du Département

responsable du Plan.

42

45

B. - Elaboration d'un Plan_de Développement 1. - Etude et enquêtes

2. - Perspectives à long terme 3. - Projections à M.T.

4. - Note d'orientation générale 5. - Synthèse des travaux.

49 50 51 52 54 55

II - LES LIMITES DU SYSTEME ACTUEL DE PLANIFICATION 56 1. - Le choix et l'étude des projets 58 2. - Le contrôle et le suivi des projets 59 3. - L'absence de liaison entre Budget de

fonctionnement et Budget d'Equipement. 60 SECTION II : L'INVESTISSEMENT PUBLIC FONDEMENT DE LA

POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT DU MAROC 61

I - LES FONDEMENTS THEORIQUES ET DOCTRINAUX DE LA

STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT AU MAROC : 63 - La stratégie de Développement Economique et

Sociale du Maroc. 66

A. - La stratégie du Plan Quinquennal 1960-1964 Conception ayant présidé à l'élaboration

de la stratégie du Plan 1960-1964 70

(8)

1. - Un modèle de Développement autocentré 71 2. - Un modèle de Financement Endogène 74 B. - La stratégie de la croissance et son appli­

cation au Maroc : 1965 - 1967. 76

II - L'INVESTISSEMENT PUBLIC MOTEUR DE LA CROISSANCE 87 A. - Objectifs et stratégie du Plan 1973-1977

à titre d'illustration. 88

1. - Résultats d'ensemble des trois premiers

plans. 89

2. - Objectifs et résultats du Plan 1973-1977 90 3. - Part prépondérante de l'Investissement

de l'Etat et du Secteur Public. 94 B. - Conséquences engendrées par ce Plan. 103

= t^_C0§C9!^9§?ÔNCE__DU_RECOURS_A_M EXTERIEUR PQyR_ki_QE\/ELgppEMENT_EçgNgMigyE_ET_sgç 105 DU_MAR0C

5ECJiPN_ I : LE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS PUBLICS 106

L'EXECUTION DU PLAN 106

A. - Les rapports Budget - Plan. 106 B. - Les insuffisances des rapports Budget - 112

Plan et le rôle du Ministère des Finances.

SECnON II : EVOLUTION DE LA STRATEGIE DU FINANCEMENT

DES INVESTISSEMENTS DEPUIS L’INDEPENDANCE 117

I - LES TENTATIVES D'ATTRACTION DES CAPITAUX PRIVES. 117

(9)

IV -

II - LES CODES D’INCITATION ET D'ENCOURAGEMENT DES

INVESTISSEMENTS ; INSUEF15ANCES ET LIMITES. 120

III - POURQUOI LE RECOURS AU FINANCEMENT EXTERIEUR ? 135 A. - L'insuffisance de l'Epargne Nationale. 137 B. - L'inadéquation des techniques de mobili­

sation des ressources disponibles. 138 1. - Aperçu sur les Institutions de

mobilisation des recours internes 138 a) - L'action du trésor dans la collecte

del'épargne. 139

b) - Le Service Public des Chèques

Postaux. 147

c) - La Caisse d'Epargne Nationale 148 2. - La mobilisation de l'Epargne par les

Banques. 151

3. - L'Epargne non financière des ménages. 153 4. - Une fiscalité discriminatoire favora­

ble aux Investissements improductifs. 158

CHAPITRE III : ANALYSE COMPARATIVE ET EVOLUTIVE DU

RECOURS_AUX_DIFFERENTES_SOURCES DE 174 FINANCEMENT EXTERIEUR.

SECTION I : LES SPECIFICITES DU FINANCEMENT EXTERIEUR

~ ET LE DEGRE D’AUTONOMIE ET DE DEPENDANCE 177 DANS DES RELATIONS DE FINANCEMENT.

INTRODUCTION;

I - LE FINANCEMENT RELATIF A DIVERS PROJETS DE DEVELOP­

PEMENT . 182

(10)

A. - L'Aide Financière de la France

- Le Protocole Financier Maroc-France 18A

B. - Programme de l'U.S.A.l.D. au Maroc 187 -SoncaractèreCommercial

- Son caractère lié.

C. - L'Assistance Financière Japonaise 193 - Coopération Financière non remboursable

- Coopération Financière (Crédit Yen)

D. - Illustration des Caractéristiques Générales

de Financement en provenance de quelques Pays 197 Industrialisés.

1. - La coopération financière Maroco-BeIge . 198 2. - La coopération financière Maroco-Allemande 199 3. - La coopération financière Maroco-Canadienne 200 E. - L'Aide accordée par d'autres Pays

1. - Les Pays Socialistes 202

2. - Les concours des Pays Arabes 204 II - LE FINANCEMENT DU COURANT COMMERCIAL 206

A. - Le Financement relatif à l'achat de divers

produits. 207

B. - Les prêts fournis par le programme PL 480. 209

C. - Le Lignes de Crédit produits de base. 211

III - TABLEAU - SITUATION DES PRETS EN 1983 215

SECnON II : LE FINANCEMENT EXTERIEUR MULTILATERAL . 221

I - LA COOPERATION AVEC LA BANQUE MONDIALE 221

(11)

- VI

A. - L'Intervention Financière de la BIRD 222 B. - Volume et champs d'application des prêts 22A

a) -Lesprêtsàl'Etat 226

b) - Prêts à des Organismes Publics et 228 Semi-Publics.

II - REPARTITION SECTORIELLE DES PRETS 231

A. - Projets d'infrastructures 232

B. -Secteurs Productifs 236

1. - Le secteur agricole 239

2. - Le secteur industriel 245

C. - Secteurs sociaux

SECTION III : LE RECOURS AU FINANCEMENT INTERNATIONAL 250 PRIVE.

L'INTERVENTION DU MAROC SUR LE MARCHE 251 FINANCIER INTERNATIONAL

A. - Les Emprunts du Trésor 253

1. - Emprunts contractés à des fins

busgétaires. 255

2 . - Emprunts liés à des financements

de projets. 256

3. - Emprunts destinés à financer les

déficits de la P.B. 257

B. - Les Emprunts des Organismes Publics 258 1. - Les opérations de l’O.C.P.

2. - Les opérations des Organismes de 260 Crédits.

CONCLUSION-DE LA PREMIERE PARTIE 263

(12)

DEUXIEME PARTIE

EFFETS DES FLUX EXTERNES SUR LE DEVE­

LOPPEMENT DU PAYS ET CONTRIBUTION A L'AMENAGEMENT DU SYSTEME DE FINANCEMENT

EXTERIEUR

INTRODUCTION 269

CHAPITRE TV : EFFETS DES FLUX DE FINANCEMENT SUR LA SITUATION FINANCIERE DU MAROC

--- 270

SECTION I : L'EFFET EN RETOUR : La dette extérieure

marocaine 271

I - LA PROBLEMATIQUE DE L'ENDETTEMENT DANS LES P.V.D.

A. - Les raisons ayant provoqué les crises d'endettementExtérieur.

B. - Le phénomène de la Mondialisation de

l'endettement ou l'interdépendance dans 276 1 a c r i s e .

II - LA DETTE EXTERIEURE DU MAROC 281 A. - Le contexte historique de la crise

Financière au Maroc. 282

B. - Les origines de la crise financière. 284

1. - Les facteurs internes 285

2. - Les facteurs externes 287

(13)

- VIII

SECTION II : STRUCTURE DES FLUX DE CAPITAUX ET DE LA

DETTE EXTERIEURE ET PROBLEMES DU REECHE- 294 LONNEMENT.

I - EVOLUTION ET STRUCTURE DES FLUX DE CAPITAUX 295

II - EVOLUTION ET STRUCTURE DE LA DETTE 297 III - LE RECOURS AU REECHELONNEMENT DE LA DETTE 303

EXTERIEURE 1983-1984.

1. - L'Accord conclu avec le F.M.I. 304 2. - Le rééchelonnement dans le cadre du

club de Paris- 305

3. - Le rééchelonnement dans le cadre du 308 club de Londres.

extérieurs

DE_FINANCEMENT

SUR_LE DEVELOPPEMENT DU PAYS 311

SECTION I : L'AFFECTATION INADEQUATE DU FINANCEMENT 3H EXTERNE.

I - L'EXECUTION DES PROJETS FINANCES PAR L'EXTERIEUR 312 II - EVALUATION RETROSPECTIVE D'UN PROJET 316

SEÇIIQN II ; EFFETS SUR LE DEVELOPPEMENT DE QUELQUES 326 SECTEURS

I - EFFET SUR LE SECTEUR AGRICOLE 329

A. - L'Agriculture irriguée et ses contraintes 332

B. - Insuffisances de l'Agriculture en sec. 341

(14)

II - EFFET SUR LE SECTEUR INDUSTRIEL

A, - Au niveau des Industries de Transformation 350 B. - Les goulets d'étranglement propres au

Secteur Industriel 354

III - LES INSUFFISANCES DE PARTICIPATION DES ENTREPRISES

PUBLIQUES AU DEVELOPPEMENT 356

A. - Des résultats financiers médiocres 359 B. - Des répercussions économiques et sociales

insignifiantes 363

IV - EFFET SUR LE SECTEUR DES PECHES MARI TIMES 369 A. - Rappel sur la politique marocaine des 370

Pêches

B. - Le secteur privé et la pêche :

Une mutation qualitative 375

CHAPITRE VI : PROBLEME DE REFORMES STRUCTURELLES

9^_EIN an Ç ement _ exterieur

SECT^N I : LE PROGRAMME D'AJUSTEMENT STRUCTUREL

I - LES REFORMES STRUCTURELLES INSPIREES PAR LE F.M.l. 385 A. - Les principales actions entreprises de

1983 à 1986. 385

B. - Les retombées du plan d'ajustement ;

Appréciation critique. 391

1. - Les remèdes prescrits par le F.M.l. 394 a) - Le protectionnisme des pays industrialisés 397 b) -Ladévaluationdudirham 398

c) - La vérité des prix. 399

(15)

- X -

2. - Résultats des politiques d'ajustement. 400 SECTION II : QUCL MODELE DE FINANCEMENT POUR L’AVENIR ? 401

INTRODUCTION AOl

I - OBTENIR DES BANQUES COMMERCIALES. LA CONVERSION

DE LA DETTE EN CAPITAL. 408

II - MOBILISER L'EPARGNE INTERNE 412

A. - L'épargne publique 412

B. - L'épargne privée 414

III - LE RECENTRAGE SUR LE POTENTIEL EXISTANT 415 A. - Rentabiliser le patrimoine existant 420 B. - Pour une autre politique industrielle 426 C. - Une agriculture qui répond aux besoins 436

du Pays.

D. - Pour une contribution réelle du secteur 440 public au développement du Pays.

CONCLUSION GENERALE

BIBLIOGRAPHIE

(16)

// NTRÜDUCTION GENERALE

I - POSITION DU PROBLEME

La question concernant le Financement, le volume des ressources, les moyens de les mobiliser et de les achemi­

ner est celle qui préoccupe aujourd'hui les responsables de la politique économique d'un pays en développement. Le Finan­

cement quel que soit son origine interne ou externe, apparaît comme l'instrument indispensable du processus de développemen alimenté par une affectation massive de ressources aux inves­

tissements productifs se traduit par une transformation fon­

damentale des structures économiques. Dans les économies mone taires, le Financement est le moyen d'orienter l'utilisation des ressources en vue d'obtenir les transformations de structures voulues. tandis que dans une économie sans monnaie, le Financement perdrait toute signification car les possibi­

lités d'utiliser les ressources et de diversifier en consé­

quence les structures socio-économiques seraient limitées.

Un Financement affecté adéquatement peut accélé­

rer le développement, par le transfert des ressources entre les différents secteurs de la voie économique d'un Pays.

Le rôle du Financement Extérieur est d'accroître la capacité d'importation d'un Pays en lui permettant notam­

ment de se procurer des équipements et des services essentiels aux investissements et qui ne peuvent être fournis par l'éco­

nomie de ce Pays. Ces intrants combinés à ceux apportés par

le Pays, peuvent.participer à l'accroissement du niveau des

investissements et par voie de conséquence du revenu et de

(17)

2

l'épargne intérieure, pourvu qu'il y ait une affectation ju­

dicieuse de ceux-ci au plan national, régional et local.

Bien que tous les investissements soient toujours financés, la façon dont ils le sont n'est pas sans conséquence sur le volume et la destination des Investissements ou sur le processus du développement lui-même.

Bien des pays en développement qui ont fait un appel massif aux Financements Extérieurs ont vu leur économie hypothéquée comme le montrent les crises d'endettement qui les secouent aujourd'hui.

La surabondance des capitaux privés en quête de placement a induit un changement profond dans les relations financières internationales. Placée dans une perspective de nature marchande, plutôt que celle d'une aide au développement

A

les Banques Commerciales Internationales ont par les conditions qui s'attachaient à leurs prêts engendrées un certain nombre de distorsions cumulatives dans les pays en développement. Au Maroi le Financement est perçu comme un facteur déterminant qui joue un rôle stratégique dans la croissance économique et sociale.

Le Financement Extérieur est dès lors devenu une donnée fondamentale des choix du Maroc en matière de développe­

ment. Compte tenu de cette dépendance vis-à-vis de l'extérieur, le problème fondamental est celui de savoir quel type de déve- loppementchoisietàquelprix.

Le rôle de l'Etat qui varie en intensité suivant

les pays et les options socio-économiques aprisun caractère

spécifique au Maroc dans le secteur du Financeme'nt | toutes

les techniques.d'intervention ont été mises en oeuvre dès lors

quele Financement permet à l'Etatde réaliser la politique

économique et sociale.

(18)

ment constitue selon A. DE LAUBADAIRE ( 1 ) " une caractéristique majeure de l'administration économique d'aujourd'hui " . La prise de

conscience de son rôle s'est manifestéeet se manifeste toujours dans les pays industrialisés, avant de toucher les pays en déve­

loppement dont le retard économique exige un effort d'investisse­

ment d'une grande ampleur.

Jacques BRANGER constate que " dans nos Sociétés mo­

dernes la prospérité ne dépend plus du seul courage, ni du seul talent, ma'is des facteurs extérieurs ; et l'argent est de ceux- là ".( 2 ) .

Dans les pays du Tiers Monde, l'Etat a un rôle fon­

damental à jouer en matière de Financement des Investissements.

Cette intervention devient d'autant plus impérieuse surtout lors­

que le secteur privé se montre défaillant et là où les besoins vitaux ont besoins d'être satisfaits. ( 3 ).

II - OBJET DE L'ETUDE ET DEFINITION DE QUELQUES CONCEPTS

L'objet de notre étude est d'analyser l'action de l'Etat dans le secteur du Financement des Investissements Pu­

blics au Maroc, secteur où les recherches effectuées jusqu'ici relèvent de la science économique ou. de la science financière.

Aussi, nous nous proposons de pénétrer avec prudence un domaine complexe qui relève de la science économique.

Les fonctions que nous .avons exercées au sein de l'Administration Marocaine depuis une quinzaine d'années, que ce soit au Ministère des Finances, à la Caisse de Dépôt et de Gestion, à la Banque Nationale pour le Développement Economique et celles d'aujourd'hui en-tant que responsable de la coopération Economique bilatérale avec une quatrevingtaine de pays du Nord et du Sud^nous ont amené tour à tour à être un témoin attentif des grandes questions concernant le Financement Extérieur d'une

( 1 ) - Traité élémentaire de droit administratif L.G.D.J. 1966 - T.III p.481.

( 2 ) - J. BRANGER - Traité d'Economie bancaire P.U.F. 1968 - T.II p-482.

( 3 ) - A. BENAMOUR - Intermédiation financière et développement économique

du Maroc éditions maghrébines 1971 - Casablanca - p. 408.

(19)

-

4

■-

manière particulière et les problèmes relatifs au développement d'une façon générale.

C'est pourquoi nous avons opté dans le cadre de cette recherche pour une analyse multidisciplinaire relevant à la fois de la politique, de l'économie,des finances. Aussi, la recherche dans ce contexte de carrefour de plusieurs discipli­

nes suppose la familiarisation avec les différentes disciplines évoquées ci-dessus.

L'objectif essentiel, ici, consiste à mettre en relief certaines des principales questions qui se posent lors­

qu'on veut mobiliser les flux externes de financement économi­

que et social. Evaluer l'importance quantitative des différen­

tes sourcesde financement, analyser les problèmes que pose la mobilisation de ressources financières toutes origines confon­

dues, examiner leur affectation en fonction des politiques suivies dans le cadre des exigences de la planification et cons tater si ces ressources précieuses ont donné les- résultats es­

comptés au niveau de certains secteurs particuliers et du déve­

loppement économique et social en général constitueront la tra­

me de notre travail.

La nécessité de les étudier découle des évènements récents telles que la récession économique mondialeet ses effet la problématique de l'endettement qui a conduit à des effets pervers.

Evaluer cette expérience et identifier les problè­

mes qui exigent des solutions urgentes afin de trouver d'autres alternatives et d'atténuer le financement extérieur du dévelop­

pement sont des questions qui revêtent une importance considé­

rable pour le Maroc. En s'efforçant de faire le bilan de ces

questions complexes pour pouvoir mieux comprendre lesproblèmes

en cause, nous espérons pouvoir esquisser la formulation d'une

stratégie et d'une politique de financement du développement

plus appropriée.

(20)

La présente analyse porte surtout sur le Financement Extérieur des Investissements Publics. Le fait que les Investis­

sements sont indispensables à l'expansion et à la diversificatio des structures économiques est une évidence historique.

L'ensemble des investissements est financé au moyen de l'épargne intérieure et.de capitaux extérieurs. L'épargne in­

térieure provient du secteur Public et du secteur Privé.

L'épargne du secteur public provient de deux sources différentes : l'épargne des administrations et celles des entre­

prises publiques. L'épargne privée provient des entreprises et des ménages.

Tout pays ayant une balance courante excédentaire ■ utilisera l'épargne intérieure pour réduire son endettement et pour investir.

Les politiques relatives à l'emprunt et aux investis sements ainsi que la politique économique d'un pays, suscitent une réaction des préteurs et des investisseurs étrangers et exer cent des effets sur le rythme et l'orientation du développement économique du pays.

Pour la commodité de l'analyse les éléments constitu tifs du financementsont examinés l'un après l'autre. Les politi­

ques sociales et les politiques de dépenses publiques peuvent af' fecter de façon positive ou négative l'incitation à l'épargne privée. Enfin la mobilisation des ressources financières ne peut pas être traité isolément des problèmes liés au commerce international.

Ce caractère multidisciplinaire.-de notre recherche rejoint les préoccupations du secteur Public en général qui lors­

qu'il intervient, ne prend pas en considération la distinction,

entre les différentes disciplines.

(21)

6

En définitive, l'analyse du phénomène du financement de l'Etat dans les domaines des Investissements Publics s'avère complexe surtout si l'on tient compte du fait que les notions d'épargne en tant que source de Financement et d'investissement ont donné cours à de larges interprétations et ont été utilisés dans des contextes si différents et de façon si variée . Les no­

tions appelent par conséquent un éclairage liminaire.

- Les notions d'épargne et d'investissements.

Henri NEUMAN'( 4 ) considère que l'affectation de l'épargne aux investissements productifs, implique des politique:

des mécanismes et des instruments tendant à deux équilibres" Sur le plan quantitatif et global, la masse des investissements doit être couverte par celle de l'épargne interne, complétée s'il

échet, par des apports extérieurs dans la mesure où leurs charge:

sont supportables. Sur le plan qualitatif et ponctuel, les actes d'investissement doivent être fiancés par une épargne répondant en forme, en durée et en nature, à leurs particularités. Une tell maîtrise du Financement des Investissements est indispensable".

Parconséquent, si l'on investit à long terme avec du crédit cour on engendre des pressions inflationnistes. Si l'on finance des innovations au moyen de capitaux grevés de charges fixes et de remboursements prématurés, on produit des déséquilibres. Si l'on s'endette au delà de notre capacité d'honorer nos engagements, c'est compromettre notre indépendance et hypothéquer notre avenir A - La .notion de l'Epargne

Henri NEUMAN, considère l'Epargne comme "une variable autonome, mesurable en termes monétaires par la:différence entre les revenus/.et la consommation".

L'Investissement peut être financé par des ressources internes et par des ressources externes. Il peut être financé par une combinaison des deux moyens.

( 4 ) - Henri NEUMAN : "Traité d'Economie Financière" P.U.F 1980,

(22)

Les ressources internes proviennent de l'Epargne publique (Administrations et Entreprises Publiques) et privée (ménages et entreprises privées), des prélèvements fiscaux et éventuel­

lement des produits non consommés des richesses nationales.

Si l'on considère que tout ce qui n'est pas consommé est épargne, l'épargne nationale servira à financer l'Investis­

sement.

Au cas où elle s'avère insuffisante pour répondre aux besoins de la croissance, le pays fait appel aux ressources externes. Celles-ci sont constituées de crédits octroyés par les institutions financières internationales spécialisées et des capitaux publics ou privés étrangers.

La problématique du financement des investissements nécessaires au maintien de la croissance à incité plusieurs économistes à considérer l'épargne non plus comme un flux ré­

siduel, mais plutôt comme une variable autonome.

Ce fut l'approche notamment de 5. KUZNETS, R.W GODSMITH R. BOULDING, MODIGLlANI, MIL TON FRIEDMAN et J. DUESENBERRY (5 )

Pour DUES ;ENBERRY, R. GOLDSMITH et S. KUZNETS ( 6 ).

Ce sont, l'attrait des produits et services nouveaux, la publi­

cité et les techniques de commercialisation, les possibilités d'achat à tempérament de biens de consommation ou de services, qui consituent des facteurs de nature à réduare 1'épargne.indi­

viduelle .. Le genre de vie des citoyens les mieux pourvus attire les autres et les incite à consommer au détriment de leui propension à l'épargne. Cette forme d'imitation accentue les écarts sociaux et comfirme l'épargne locale, nécessaire au fi­

nancement d'investissements de nature à les réduire.

(5 ) - J. DUESENBERRY :In corne, saving and the ory of consommer behavior, Cambridge, 1949.

( 6 ) - Godsmith : A study of Saving in the United States

Princeton University Pressa 1953.

(23)

8

Milton FRIEDMAN ( 7 ) considère quant à lui que c'est l'incertitude du lendemain qui est à la base de la motivation de la formation de l'épargne surtout en période de criseet d'insécurité d'emploi.

Pour Adam SMITH "l'industrie ne peut croître que dans la mesure où le capital augmente et le capital ne peut augmente que dans la mesure où l'épargne s'accroît".

J.M. KEYNES ( 8 ) estime que l'épargne dépend fon­

damentalement de la propension à consommer des individus, décou lant du niveau de leurs revenus. Plus ceux-ci sont élevés, plus l'épargne le sera. L'intérêt correspond à une prime payée par, les entrepreneurs pour que les propriétaires des disponibilités financières les leur cèdent.Dans la théorie classique, c'est l'influence des taux d'intérêt qui incite à l'épargne.

Dans cette conception, l'équilibre entre l'épargne et l'investissement se forme par le jeu de l'offre et de la de­

mande de capitaux, régularisé par les fluctuations des taux.

Cependant, au dire de Henri NEUMAN, cette théorie n'est plus guère utilisable, car en période de turbulences monétaires, les taux d'intérêt ne déterminent et n'orientent que très partielle­

ment l'offre et la demande de capitaux d'investissement.

Les comportements d'épargne des ménages diffèrent en fonction de nombreuses variables telles que le niveau de formation et de culture, la profession, l'âge, l'habitat ru­

ral ou urbain, la condition sociale et le mode de vie. ( 9 ).

( 7 ) - A. The ory of the consomption fonction. Princeton 1957.

( 8 ) - La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie - Paris - Payot, 1977.

( 9 ) - Parmi les formes les plus visuelles de placement de l'épargne des ménages on peut citer :

La thésaurisation ou ( E.d'attente ) , l'achat de tableaux

bijoux. (E. refuge), l'immobilier (E.Domestique ) , les

carnets d'épargne et de dépôts (E. Quasi-monétaire),

l'achat d'obligation (E. créance), l'assurance vie

(E. Contractuelle).

(24)

Pour les entreprises, l'épargne net constitue un profit non distribué toutes charges d'exploitation, d'amortis­

sements et de provisions déduites. Cette épargne est fonction tant de la rentabilité de l'entreprise que de sa politique de répartition de ses résultats. Ceci est vrai pour l'entreprise privée. En ce qui concerne celles du secteur public, leur, ca­

pacité d'épargne interne est souvent comprimée par les directi­

ves de leurs organes de tutelle (10 ). ■

Dans les pays en voie de développement, compte teni des charges qui incombent à l'Etat, (équipements collectifs à finalités diverses, transferts et subvention etc), parmi les voies susceptibles de restaurer sa capacité d'épargne les insti tutions financières internationales préconisent souvent de com­

primer ses dépenses, d'augmenter ses recettes par l'élargisse­

ment de l'assiette fiscale et par tout un ensemble de mesures que nous analyserons dans notre Ilème partie (chapitre Ul).

Il est un faitcertain que le surplus économique existe bel et bien dans les P.V.D. Mais celui-ci est mal exploi té, gaspillé dans des emplois improductifs ou tout simplement exporté. Le Maroc, notamment, dispose d'un énorme surproduit potentiel pouvant être mobilisé et canalisé vers les occasions d'investissements productifs, nous verrons comment ce surproduit est dépensé. Aussi, rejetons nous la "théorie des cercles vi­

cieux de la misère" qui considère que le sous-développement proviendrait de l'insuffisance du faible niveau du revenu et que la pauvreté des P.V.D. engendre le sous-développement, le­

quel à son tour engendre la.pauvreté et ainsi de suite.Autrement dit, que le faible revenu des pays sous-développés entraine une faibleépargne, donc peu d'investissements et par conséquent un faible revenu. Cependant, force est de constater que rares sont les pays en développement qui ont pu mobiliser le ^sur­

produit national pour l 'exploiter de façon rationnelle. Ainsi

(10 ) - Nous examinerons dans notre travail cette question

relative au secteur des Entreprises Publiques dans

notre Ilème partie. Chapitre U et VI.

(25)

-

10

de la faiblesse de l'épargne interne et devant l'ampleur des tâches à accomplir pour réaliser un taux de croissance conve­

nable les P.V.D. se sont lancés au recours du Financement Externe.

B - La notion d'investissement

Dans sa théorie générale J.M, KEYNES définit l'Investissement comme "l'accroissement de l'équipement en capital, que cet accroissement porte sur le capital fixe, cir­

culant ou liquide". L'application des théories keynésiennes permet de démontrer que l'Investissement joue un rôle central dans la lutte contre le sous-emploi et dans la relance de l'é­

conomie : "La prospérité dépend de l'investissement, car si l'épargne n'est pas utilisée, on. descendrait dans la spirale de la contraction, l'économie qui se contracte du fait que l'investissement décline, engendre la misère sociale".

Pour remédier aux crises' économiques, Keynes esti­

me que l'Etat a le devoir de prendre la relève d'un secteur privé défaillant et entreprenne la réalisation de vastes pro­

grammes d'investissements, pour restaurer le plein emploi et relancer l'économie. L'investissement est perçue comme "la force motrice de l'économie ( 11 ). Après la seconde guerre mondiale, le plan Marsehsll avait pour objectif la reconstruc­

tion et la relance de la croissance en Europe par des apports massifs de capitaux.

M. ROSTOW ( 12 ) estime qu'une économie entre dans la phase de décollage à partir du moment où un pays ac- croit son taux d'investissement productif pour atteindre 10 °â du revenu national. Le "Take off" qui constitue la 3ème étape de la croissance économique a pour principal critère de réus­

site l'augmentation accélérée du taux d'investissement.

Cette théorie considère l'investissement comme une condition sine-quanone au développement des nations et le

fondement de la théorie moderne de la croissance.

( 11 ) - Cfr : La politique du New Deal aux Etats Unis.

(26)

Cependant, il ne suffit pas d'investir pour stimuler la croissance. Encore faudrait-il identifier les secteurs suscep­

tible de la favoriser. Les secteurs qui, de par leur impact sur les autres secteurs de l'économie agissent sur les mécanismes d'induction et d'entrainement de façon à maximiser la croissance.

Selon A. HIRSCHMAN (13 ), l'investissement génère dans les pays sous-développés des revenus, crée et accroît la capacité de production, et permet à l'occasion de dégager un re­

venu supplémentaire qui a son tour rendra possible de nouveaux investissements.

Si les avis concordent quant au principe de considère!

l'investissement comme un moyen pour atteindre ces objectifs, ils divergent cependant sur les secteurs d'investissements à privilé­

gier en priorité. Quelle activité devrait être éluedansles choix des décideurs pour activer la croissance économique? Quels critères adopter pour effectuer le bon choix? Comment financer les projets d'investissement une fois le choix établi? Quelle sera la place di recours au financement externe?.

Au Maroc, c'est à travers les plans de développement que se trouvent canalisés les critères de "priorité" comme nous le verrons dans notre première partie.

“ Suite ...

( 12 ) - Les étapes dé la croissance économique - Cambridge: 1960.

Etape de la société traditionnelle

" des préconditions du développement

" dudécollage

" de la maturité

" de la consommation de masse ( 13 ) - " Stratégie de développement économique "

»

EditionOuvrières-1974.

1

-

.2

-

3 -

4 -

5 -

(27)

12

A travers la définition de cesconcepts nous n'avons pas la prétention dans cette Introduction d'examiner tous les cri­

tères théoriques du choix des investissements que les économistes ont mis au point permettant de classer les secteurs d ' investi

sse

"- ment, selon l'objectif recherché.

Parmi ces critères, celui qui nous a le plus frappé et qui fait l'objet de notre étude est celui établi par les orga­

nismes financiers internationaux qu'onipeut qualifier de critères financiers ( 14 ), étant donné que la principale préoccupation actuelle des P. 1/. D de manière générale et du Maroc de façon parti culière est de trouver les financements pour la réalisation de leur projets d'investissement et celle des bailleurs de fonds de financer les projets dits rentables et dont le remboursement ra­

pide est garanti.

( 14 ) - Parmi ces critères on peut citer les variantes tel que le taux de rentabilité moyen de l'investissement qui consis­

te à mesurer le profit moyen dégagé par les capitaux investis ou le rendement du capital investi.

Le délai de récupération du capital investi qui représente le- temps nécessaire aux revenus procurés par un investissement pour égaler les capitaux engagés (Cash-Flows nets).

- L'efficacité marginale du capital ou le taux interne de rentabilité = la valeur actuelle des Cash-Flows égale le capital investi.

Cfr. : Le collectif : L'Investissement Industriel au Maroc - Incitation et Blocage.

Jaafar Alj Hakim - Hamid - Harrach - Omar Bahraoui.

(28)

Les critères coûts - Avantages

Plusieurs méthodes ont été conçues par les économis­

tes (15 ), ces dernières années pour l'analyse macro-économique d'équilibre général, soit pour l'analyse sectorielle ou encore celle des projets d'investissement. Ces méthodes d'analyse recherchent l'équilibre partiel en se basant sur le concept de l'avantage comparatif.

Ces critères ont permis aux économistes spécialisés dans l'analyse du phénomène du sous-développement, de définir les secteurs d'activité devant Jouer le rôle de locomotive, en bénéficiant en priorité d'un flux d'investissement importent à l'effet d'entrainer l'ensemble de l'économie nationale dans une croissance durable.

Théories du choix des séquences d'investissement prioritaire.

Certains économistes considèrent que les investisse­

ments en "capital fixe social ou infrastructure économique et sociale", constituent une condition préalable au décollage éco­

nomique des P.V.D. Ils doivent être donc prioritaires dans le choix des investissements de l'Etat.

Ces investissements sont essentiellement de nature publique en général compte tenu de leur importance et de l'ab­

sence de profits pour le secteur privé.

Certains auteurs tels HIRSCHMAN leur attribue des effets d'induction et d'entrainement importants sur d'autres secteurs. Cependant la maintenance (16 ) et l'entretien du ca­

pital d'infrastructure consituent des charges pour l'Etat et autant.de ressources soustraites à des investissements direc­

tement productifs.

( 15 ) - B. BALASSA, - Méthode des effets pour la réévaluation des projets.

- La rentabilité sociales nette.

-Le coût en ressources intérieure.

Voir Ilème partie section II.

( 16 )

(29)

14

Dès lors, se pose la problématique du choix prio­

ritaire d'investissement devant permettre la croissance la plus rapide.

Si cette théorie a opposé différentesécoles de pensée économique, il reste qu'un minimum de"capital fixe social" est indispensable pour la réalisation des investisse­

ments dans les activités directement productives.

La stratégie du développement soutenue par HIRSCHMAN vise la maximisation des "décisions induites de l'investissement" dans les pays en développement, grâce à un choix judicieux des points d'impact de l'investissement.

Parmi les différentes séquences on peut en retenir trois :

- "Les séquences indicatives" mettent l'accent sur le développement du capital fixe dont lacapacité excéden­

taire, selon HIRSCHMAN, engendre un processus d'induction d'in­

vestissement en activités directement productives (A.D.P.), entrainent à son tour un accroissement du produit national lequel peut-être de nouveau drainé vers des investissements d'infrastructure.

-"Les séquences contraignantes", donnent quant-à- elles la priorité aux investissements dans les A.D.P. (Agricul­

ture - Industrie) dont l'accroissement ehtrainera, pour répon­

dre à la demande, l'extension des investissements d'infrastruc­

ture économique et sociale qui intensifient la croissance et engendrie de nouveaux investissements en A.D.P.

- "Les séquences efficaces" consistent à développer l'industrialisation vers l'amont en commençant par le stade des

"touches finales" des produits importés, ensuite la production

intérieur des produits intermédiaires et finalement celle des

matières industrielles de base.

(30)

HIRSCHMAN met l'accent sur le développement des industries intermédiaires en privilégiant les A.D.P. qui ont un puissant effet de liaison en Amont et en Aval, contraire­

ment en secteur primaire (production agricole et minière) caractérisé par la rareté ou la faiblesse des effets de liai­

son. La production agricole dans une large proportion est des­

tinée à la consommation et à l'exportation. Les industries agro-alimentaires ont une valeur ajoutée aux produits agrico­

les faibles. Ce qui ne leur confère pas le pouvoir de stimuler le développement d'autres activités productives situées en Amont pour produire en quantité suffisante les biens dont elles se porteraient acquéreur, et celles situéesen aval pour former unedemande importante et régulière à ces secteurs.

D'autres stratégies attribuent par contre à l'Ag­

riculture un rôle primordial dans le développement économique et social, vu la part importante du sur-produit que ce secteur dégage et qui est en mesure de financer les investissements dans les autres activités.

Cette approche est-elle même perçue par certains économistes comme un modèle d'aliénation des P.U.D. au système capitaliste mondial qui les accule a'une situation d'extraver­

sion en orientant leurs investissements vers les secteurs pri­

maires dont la production est destinée au marché mondial. C'esi ce que certains économistes appellent la dépendance économique des "économies périphériques" au profit du centre". ( 17 ).

Il en.est de même , dans le domaine de l'industria­

lisation. Il y a ceux qui prônent le développement en premier lieu des industries légères(utilisatrice de main-d'oeuvre ) et ceux qui considèrent que seuls l'industrie industrialisante est à même de permettre un développement autonome.

( 17 ) Cfr. Samir Amine.

(31)

16

Les partisans de la séquence consistant à indus­

trialiser le pays d'aval en amont, avancent l'argument de l'étroitesse du marché intérieur des P.V.D. Pour eux,, seules y les industries de production de biens de consommation finale et des produits intermédiaires ou semi-finis, auraient une chance de survivre dans un monde dominé par la concurrence internationale. Ce modèle nous le verrons pour le cas du Maroc a largement bénéficié de la bénédiction des experts de la Ban­

que Mondiale et du F.M.I. qui ont incité depuis les années 60 les responsables marocains à orienter son industrialisation 'V 'dans les lndustries de substitution et celles d'exportations de biensmanufacturés utilisant une faible technologie et une:

abondante main-d ' oeuvre à bon marché.

Cependant quelque soit le modèle de développement choisi, l'Investissement demeure l'élément principal de la croissance. Reste le problème de son financement.

III - INTERET DU SUJET .

1 - Son actualité et sa partie internationale pour les P.V.D.

La crise économique mondiale qui secoue le monde depuis bientôt une quinzaine d'années a perturbé le processus de développement entrepris par les P.V.D. Elle a mis en lumière notamment 1 'interdépendance' des diverses composantes de l'économie mondiale. Elle a fait ressortir l'interaction étroite des ques­

tions économiques globales dans les domaines de l'énergie, du commerce, des finances, de la monnaie. Si bien que cette réa­

lité d'interdépendance nous a montré qu'aucun pays si puissant soit-il, n'est en mesure d'arracher à lui seul l'économie mon­

diale de la crise pour la remettre sur le chemin de la reprise, de la croissance et du développement.

Cette crise a contraint l'économie mondiale à des

ajustements dont les P.V.D. ont eu a supporter plus que leur

part.

(32)

Si bien que la théorie est aujourd'hui singulière­

ment désarmée face à la crise. Aucune école n'a depuis 10 ans proposé de solution à la crise, à savoir un Neiw deal.

C'est l'incertitude qui gouverne les politiques économiques nationales. Cette crise de par son ampleur, a

permis aux organismes financiers internationaux (F.M.I. - BIRD) de jouer un rôle qui dépasse, de loin, celui qui avait présidé à leur création en tant que simples organismes financiers inter­

nationaux ( 18 ). Pour de nombreux P.V.D., cette crisea creusé davantage le fossé existant entre les pays riches et les pays pauvres. La charge croissante de la dette des P.V.D., associée aux effets néfastes des taux d'intérêts élevés, le déclin des flux multilatéraux à des conditions de faveur pour le développe­

ment, les obstacles à l'accès aux marchés mondiaux des capitaux les barrières protectionnistes imposées par les pays développés et le déclin correspondant des exportations des produits des P.U.D., la détérioration constante des termes de l'échange, l'ef fondrement des prix des produits de base, l'insécurité alimen-

i

taire, et la rigidité des conditions de transfert de technolo­

gie ont constitué les facteurs essentiels à l'origine des bou­

leversements des économies dans les P.V.D.

Ce véritable enchevêtrement, de causes de la crise pour détonateur, le choc pétrolier.

L'économie mondiale a connu deux chocs pétroliers en moins de 10 ans.

Le premier, fin 1973, a eu trois catégories d'effets - Une forte accélération de l'inflation.

- la perte de compétitivité de produits d'équipe­

ments et par contre-coup des faillites d'entreprises et la montée du chômage.

( 18 ) ~ Nous examinerons dans la Ilème partie. Section II

Les P.A.S. mis en oeuvre au Maroc et apporterons

une appréciation critique quant à leur efficacité .

(33)

18

- Enfin un énorme afflux de pétrodollars en quête de recyclage.

Le second choc pétrolier mai 1978, s'est inscrit dans un contexte différent du premier. Il est venu frapper des économies déjà affaiblies, faisant face avec difficultés

à la nécessaire restructuration de leur tissu industriel et tournant au ralenti. Cette deuxième crise du pétrole a entrain plus nettement encore la montée du chômage, le recul de l'inves tissement et la récession.

Le pétole n’explique pas tout. D'autres facteurs se sont conjugués à cette cause première.

Le brusque passage d'une période d'inflation généra liséa è une longue période de désinflation - marquée par une

hausse vertigineuse des taux d'intérêts réels a modifié la si­

tuation financière des P.U.D., entrainant dans la majorité des pays non producteurs de pétrole un net alourdissement du servie de leur dettes extérieures.

De plus, l'apparition d'importants déséquilibres de balance des paiements ont accru les disparités entre les:

résultats économiques réels et les taux d'inflation des grands pays industrialisés, et ont engendré de nouvelles pressions sur les mécanismes d'ajustement internationaux, toutcela dans le contexte d'une profonde modification du système monétaire inter­

national lui même.

Les marchés des capitaux internationaux ont mobili­

sé, pour de nombreux pays en développement, des ressources fi­

nancières d'une ampleur dépassant largement les possibilités des états.

les pays en développement, en s'intégrant de plus

en plus à l'économie mondiale, ont participé à la transformatio

rapide du système financier international en même temps qu'ils

(34)

en subissaient les effets. Dans certains pays en développement, on a vu se développer des centres financiers internationaux

considérables. Plus important encore est le fait que les pays en développement en sont venus à occuper une place significative dans la structure du système financier international, les pays à excédent pétrolier devenant d'importants fournisseurs de cré­

dit et détenteurs d'actifs financiers, tandis que les pays en développement à revenu élevé ou intermédiaire, y compris les autres pays exportateurs de pétrole , ont collectivement cons­

titué le groupe dont le rythme d'absorption de capitaux d'inves­

tissement a progressé le plus,rapidement. La plupart des pays à faible revenu:Sont restés à l'écart de ces évolutions, leurs besoins permanents et croissants de financement extérieur étant dans unecertaine mesure couverts par une augmentation des appori d'aide.

En même temps que le montant des apports financiers internationaux augmentait, leur structure s'est modifiée. Alors que dans les années 60, d'une façon générale, l'aide publique assortie de conditions libérales et les investissements directs constituaient la majeure partie des apports :financiers, après 1973 il s'est produit un important rééquilibrage au profit du financement par les capitaux privés et, du côté des pays excé­

dentaires, des placements d'actifs de réserve. Le volume de i'eid assortie de conditions libérales et de l'investissement direct a continué d'augmenter, tant en valeur absolue qu'en pourcentage de P.N.B.,mais l'accroissement beaucoup plus rapide des apports de capitaux privés et l'accumulation des actifs de réserve a pro voqué une modification sensible de la structure du financement extérieur.

La structure des ressources financières fournies aux pays en développement au début des années 80 se caractérisait comme suit :

- les pays en développement avancés et les pays en

développement exportateurs de pétrole n'avaient pratiquement

plus besoin de financement assorti de conditions libérales .et

(35)

20

comptaient essentiellement sur les investissements directs, les crédits à l'exportation, et, en particulier, les crédits bancairej

- les pays a revenu intermédiaires non membre de l'OPEP ont fait appel à l'aide bilatérale pour une proportion considéra­

ble de leur financement extérieur, mais les investissements direct les prêts bancaires et les crédits à l'exportation ont pris de plus en plus d'importance ;

- les pays à faible revenu sont restés fortement tribu­

taires de l'aide assortie de conditions libérales, dont les ap­

ports multilatéraux représentent une part de plus en plus grande parmi les apports assortis de conditions non libérales, seuls les crédits à l'exportation ont été en augmentation ; les pays les moins avancés et la plupart des autres pays à faible.revenu ont vu les apports d ' aide augmenter sensiblement plus vite que leur P.N.B., ce qui traduit leur dépendance croissante à l'égard de l'aide(19)..

Si l'on considère dans leur ensemble les quelques cinq à dix dernières années, l'aide publique audéveloppement des pays du CAD a augmenté à un rythme annuel moyen de 4 % en termes réels, c'est à direun peu plus vite.que la croissance du PNB des pays du CAD. l'augmentation du niveau de l'aide combinée à un rééquilibrage sensible en faveur des pays les moins avancés a joué un rôle stabilisateur considérable dans une période de sérieuses difficultés économiques et financières.

Les perspectives d'évolution de l'aide au cours des années à venir sont incertaines. Divers pays du CAD continuent fermement d'accorder une priorité élevée, voire accrue, à l'aide malgré de sérieuses tensions financières et budgétaires. Les indications

actuelles permettent d'espérer que le niveau de l'aide se main­

tiendra en termes réels. Toutefois, les résultats d'ensemble du CADrisquent d'être freinés dans leur progression par le resser­

rement de l'aide apportée par certains grands pays du CAD. Il est peu probable que les pays de l'OPEP soient une source d'aide

croissante.

( 19 ) - Pour les pays les moins avancés, l'aide publique au développement

représente l'équivalent de 10 ?o de leur PNB, 50 % de leurs importa-

tations courantes et 80 % de leurs investissements.

(36)

la plupart (Jes pays Membres du CAD restent dans leur déclaration attachés à la fois au principe et au chiffre de l'objectif de ü,7 ''ô du PNB. Les efforts qu'un certain nom­

bre depays ont déployés individuellement sur le plan national pour atteindre cet objectif ont beaucoup contribué à l'accrois­

sement régrilier. du volume des tranferts d'aide assortie de con* *- di Lions libérales vers les pays les plus dénujnis.

Il convient de noter la rapidité avec laquelle s'est créé et renforcé le système des institutions multilatérales de

financement du développement, à la fois en tant qu'intermédiai­

res pour les capitaux du marché à l'intention des pays en déve­

loppement à revenu intermédiaire et en tant que sources de financement du développement assorti de conditions libérales à l'intention des pays à faible revenu. Le niveau et l'orientation futurs des activités de ces institutions constituent un des as­

pects les plus importants pour l'avenir des questions financiè­

res internationales.

En ce qui concerne le financement assorti de con­

ditions non libéralesV ce sont les perspectives d'évolution des prêts bancaires internationaux qui sont ici prédominantes.

*Non pas tant que les banques soient dans l'incapacité de fi­

nancer un volume accru de prêts. La question est plutôt de sa­

voir si la situation actuelle, caractérisée par la récession, le niveau élevé des taux d'intérêt,.la forte baisse des recet­

tes PétrO 1 ières et une perception plus aiguë des risques poli­

tiques, ne va pas conduire à une décélération globale de l'ex­

pansion des prêts bancaires internationaux aux emprunteurs des pays en développement.

Les groupes de pays en développement les plus avancés ( 20 ) ont massivement accru leurs emprunts auprès de; sources

( 20 ) Brésil Corée du Sud - Argentine.

(37)

22

commerciales à des taux d'intérêt variables alors qu'ils souf­

fraient par ailleurs d'une baisse de leur recettes d'exporta­

tion, ont connu de graves difficultés de paiement. Les autres tributaires des recettes que leur procurent les produits de base, ont accumulé une dette née pour l'essentiel de l'aide publique au développement et de crédits à l'exportation financée ou garantis par le secteur public. La dette extérieure consti­

tue pour ces deux groupes de pays une contrainte majeure.

La hausse des taux d'intérêts réelle n'a fait qu'aggraver une autre cause profonde de la crise, à savoir la faiblesse persistante de l'investissement productif.

Dans un contexte de récession généralisée, de taux d'intérêts élevés, les industriels n'ont pas été incités à in­

vestir pour répondre dans des conditions de rentabilité acce­

ptables à la demande.

D'autre part, les rivalités commerciales se sont accrues la conquête de nouveaux marchés est devenue difficile.

Pour protéger leur production nationale bien des pays industrie lisés dont les Etats-Unis ont tenté de rétablir un déséquilibre préoccupant de leur balance des paiements en recou rant ouver­

tement à des mesures protectionnistes (cortingentements, relè­

vements des droits de douane, multiplication des obstacles non tarifaires).

D'est ainsi que non nombre de P.V.D. ne pouvant faire face compte tenu de la faiblesse de leur épargné natio­

nale, à leurs problèmes de développement, ont dû par la force des choses recourir à des Financements Extérieurs de plus en plus massivement, soit pour porter l'investissement et la crois sance à un niveau supérieur à celui que pourrait financer l'é­

pargne intérieure, soit pour servir à financer les déséquili­

bres de la balancedes paiements.

(38)

Compte tenu de la grande diversité de la situa­

tion des P.V/.D. en matière de Tinancement Extérieur, nous avons choisi de traiter le cas du Maroc.

2 - Cas du Maroc

A l'instar de nombreux P.V.D., le Maroc a recourt aux Financements Extérieurs sur une grande échelle pour mettre en oeuvre sa politique de développement économique et sociale conçue dans le cadre du Plan 1973-1977 considéré depuis 11 in­

dépendance du pays comme le planle plus expansionniste. Ces Financements d'origine externe ont servi notamment à avancer la croissance des importations associée à l'objectif de crois­

sance économique que s'était fixé le plan, à compenser les effets de l'augmentation du prix de l'énergie et à faire face en déséquilibre de sa balance des paiements.

C'est ainsi que l'appel aux sources internationa­

les de Financement est devenue une donnée de structure au

Maroc. La mobilisation de ces ressources étrangères empruntent

plusieurs voies : * .

- L'aide publique au développement.

- Le recours aux institutions financières inter­

nationales .

- L'appel au marché international des capitaux.

Ces flux se dirigent essentiellement dans trois directions :

- Les Investissements productifs.

- Les Investissement d'infrastructures et sociaux - Les aides à la balance des paiements.

Cependant la nature de ces flux, et leur utilisa­

tion ne permettent pas d'aider à la réalisation d'un dévelop­

pement autocentré en ce sens que les politiques nationales

"s'orientent" vers un développement qui n'est pas toujours

(39)

- 24 -

fondé sur les véritables besoins des populations à savoir une alimentation suffisante et équilibrée pour tous, un type d'in­

dustrialisation qui transforme et valorise sur place les ri­

chesses nationales pour réaliser pour le pays le maximum de va leur ajoutée, l'élargissement d'un marché intérieur et une re­

distribution équitable des fruits de la croissance.

D'où la nécessité de s'interroger sur l'évolution actuelle du Financement Extérieur des Investissements Publics au Maroc. Le Financement a-t-il entraîné une amélioration de la croissance économique ? La poursuite d'un tel financement est-il économiquement acceptable ? Le fonctionnementd'un tel mo­

dèle de Financement ne peut-il pas conduire à des effets pervei et à un développement incontrôlé ? Si oui, quelques types de propositions concrètes sont de nature à rationaliser l'utili­

sation de certaines formes d'emprunt.

Délimitation de l'Etude et annonce du plan

Depuis la grande dépression de 1929, Les Etats ont pris conscience du rôle fondamental qu'ils devaient jouer dans l'économie. De 1'Etat on a attendu qu'il relance la crois­

sance, stabilise l'évolution de l'économie, redistribue les revenus, garantisse l'emploi, subventionne certains produits et services, aide l'investissement privé et promouvoie ses propres entreprises.

Aujourd'hui encore, la croissance économique est devenue une responsabilité majeure de la puissance publique.

Davantage encore dans les pays où l'insuffisance de 11'Epargne la défaillance de l'itiative privée reportent sur l'Etat à peu près toute la responsabilité du développement. Il ne s'agit pas seulement d'orienter et de canaliser les efforts du secteu privé, il faut susciter l'entreprise, provoquer la formation de l'épargne et mettre en oeuvre des mesures en vue de sa mo­

bilisation.

(40)

L'accroissement des dépenses publiques et d'inves­

tissements publics n'est que la conséquence d'une telle évolu­

tion. Ceci e^ _y_L?^ pour la plupart des P.V.D. ça 1 'est parti­

culièrement dans le cas du Maroc.

Un gouvernenentsilibéral soit-il est considéré de nos jours, comme responsable du développement se trouve dans l'obligation d'intervenir, non seulement pour régulariser l'ac­

tivité et la conjoncture économique, mais pour investir lui- même dans les secteurs clés de l'économie.

Compte tenu de l'ampleur des besoins à satisfaire la part, des ressources fiscales dans le Financement des Dépen­

ses Publiques n'a cessé de reculer dans la grande majorité des P.V.D. où l'Etat considère souvent le déficit budgétaire comme un moyen normal de financement étant donné la part considérable des dépenses d'investissement de l'Etat dans le volume des dé­

penses publiques totales. Les pouvoirs publics s'endettent de plus en plus à l'extérieur du pays et font appel à tous les moyens de financement possibles. Ils considèrent que l'emprunt est un moyen normal de Financement tout comme la fiscalité étan donné l'impossibilité d'arrêter du jour au lendemain des pro­

grammes d'investissement qui portent sur plusieurs années dans le cadre d'un plan et 1' incompressibilité des dépenses de fonc tionnement caractérisées . par leur rigidité (traitements, salaires, compensations, charges de la dette).

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