QUELQUES REMARQUES
CONCERNANT LA FORMATION DE LA
MATIÈRE
GRASSE PAR LEPORC
André-M. LEROY
Professeur de Zootechnie à l’Institut National
Agronomique
PLAN DU
MÉMOIRE
I. - Importance et signification des quotients
respiratoires
supérieurs à l’unité constatés chez les porcs normalement alimentés.Il. - Analyse et utilisation des données d’un récent travail de J. Lud- vigsen et G. Thorbek concernant l’effet d’un antibiotique sur le métabolisme du porc.
III. - Mécanismes de la consommation d’oxygène et du rejet de gaz
carbonique par les porcs, entre 20 et 100 kilogrammes.
IV. - Mise en évidence d’importantes variations individuelles chez des porcs soumis au même régime alimentaire.
V. - Influence de la formation de la graisse sur le coefficient per- mettant de calculer l’ensemble des pertes de chaleur provenant des actions dynamiques spécifiques engendrées par la consomma- tion des aliments.
VI. - Influence de la formation de la graisse sur le rapport entre le poids vif gagné par l’animal et sa consommation alimentaire évaluée
en unités fourragères.
VII. - Conclusions pratiques résultant des observations formulées dans le cours du mémoire.
PREMIÈRE PARTIE
Importance
etsignification
desquotients respiratoires supérieurs
à l’unité constatés chez les porcs normalement alimentés.
Dans le cours de la seconde moitié du x,xe
siècle,
de nombreux au-teurs ont démontré que les animaux
pouvaient
transformer en matièregrasse les excédents de matériaux
hydrocarbonés
alimentairesqui
n’étaientpas utilisés aux besoins de la calorification.
Des preuves évidentes de cette transformation ont été
apportées
presque au même moment par
SoxHI,!T,
Mussl, etS TPOHMFR ,
TCHIR-WINSKY
, VOIT et I,!HMANN et RUBNER. I,a formule brutale de cette
transformation, qui
nepréjuge
en rien des mécanismescomplexes
etdélicats
exigés
par cettedernière ,
etqui
n’a d’autreprétention,
pour cetteraison,
que de rendrecompte
dupoint
dedépart
et dupoint
d’arri-vée des éléments mis en
jeu,
a étéindiquée
pour lapremière
fois par ArmandG AUTIER , puis
confirmée par RICHET et H!.NRIOT. Ellepossède
la formule suivante :
La
transformation, probablement exothermique, n’exige
pas lapré-
sence de
l’oxygène,
etpostule
unimportant dégagement
de gazcarbonique.
Les
expériences
effectuées sur les porcs parhlrrG!Rr,IrrG,
par Mon-GAARDet par
nous-même,
avec la collaboration de Z!I,T!R, ont nettement mis en évidence l’existence chez le porc dequotients respiratoires
appa- rentssupérieurs
àl’unité, pouvant
s’éleverparfois jusqu’à
1, 4, selonl’éloignement
des repas. Ces coefficients ont tendance àaugmenter
àmesure que le porc avance en
âge,
cequi
est enparfait
accord avecl’accroissement
correspondant
de laquantité
degraisse quotidiennement
formée par les animaux. Il nous a paru intéressant d’étudier de
près
cephénomène,
afin de voir dansquelle
mesure il seraitpossible
d’en tirerparti
pour mettre en évidencel’existence,
sur les animaux en coursd’engraissement,
de différences individuelles. Nous avionségalement l’intention,
enentreprenant
leprésent travail,
d’examiner dansquelle
mesure la relation d’A. GAUTIER
pouvait permettre d’expliquer
lesrésultats
expérimentaux
constatés par les auteursprécités.
DEL1XI!ME PARTIE
Analyse
et utilisation des données d’un récent travail de J.Ludvigseii
et G.Thorbek,
concernant l’effet d’unantibiotique
sur le métabolisme du pore.
Deux élèves de MoI,I,Ga!RD,
J.
I,uDVIGS!N et G.TIIORB!x,
ontpublié
en z955, dans la collection des C. R. des travaux des stationsexpé-
rimentales du Danemark
(N! 2 8 3 ),
un fort intéressant travail sur leséchanges
nutritifs etrespiratoires
de porcs normalement alimentés. Ces animaux ont été divisés en deux lotscomposés
chacun de 4 mâles et de 4femelles ;
ils recevaient la mêmealimentation, complétée
seulementpour le lot
expérimental
n° 2 par une additiond’auréomycine,
à la dosequotidienne
de 20milligrammes. Chaque
porc a été examiné à sixreprises,
en chambre
respiratoire, pendant
untemps
suffisant pourqu’il
soitpossible
d’étudier seséchanges
de matières etd’énergie
parl’emploi
combiné des deux méthodes
classiques
de calorimétrie indirecte. I,es résultats dechaque expérience, qui figurent
in extenso dans lemémoire,
ont été
publiés
dans la formesuivante,
devenueclassique
à la suite des travaux de K!r,r,rr!R.D’après
leplan
d’alimentationpublié
par les auteurs, il a étépossible
decalculer,
pour chacune desexpériences,
lesquantités
de ma-tières
hydrocarbonées
et de matières grassesdigestibles
utilisées parchaque
animal. D’autrepart,
les données du mémoirecorrespondant
àchaque expérience
nous ontpermis
de déduire de laquantité
totale dechaleur
perdue
la fraction de cettequantité correspondant
aux matièresazotées désassimilées et d’obtenir ainsi la
part
de ladépense énergétique provenant
des matériaux non azotés.L’énergie correspondant
aux matières azotées désassimilées secalcule en effet de la manière
suivante, indiquée
par les auteurs du mémoire à la page 24 de ce dernier :Ënergie calorifique provenant
des matières azotées = N urinaireX
6, 25
X q.,5 calories.Ainsi,
parexemple,
pourl’expérience
dont lesdétails
figurent ci-dessus,
laquantité
de chaleurempruntée
aux matériauxnon azotés de la ration consommée s’obtient par les
opérations
suivantes :Si nous supposons que la totalité de cette
dépense métabolique correspondant
aux matières non azotéesprovient uniquement
desglu-
cides
disparus
au cours des processusmétaboliques,
le résultat que nous obtiendrons en retranchant del’énergie correspondant
aux matièreshydrocarbonées digérées
la fraction del’énergie
métabolisée corres-pondant
à ces mêmes matières nous fournira laquantité
deglucides digestibles disponibles
pour être transformés engraisse. Or, d’après
larelation d’Armand
GauTWR,
un gramme de matièrehydrocarbonée peut
donner au cours de cette transformation0 , 3 6 75
g de matière grasse. Nous pouvons donc ainsi connaître danschaque
cas laquantité
de matière grassecorrespondant
auxglucides qui
ne sont pas utilisés à des fins de calorification.Il est
légitime d’admettre,
d’autrepart,
que la totalité des matières grassespeuvent
sedéposer après
de faibles remaniements moléculaires nemodifiant pas leur masse dans les réserves
adipeuses
dechaque sujet.
Sinous admettons cette
hypothèse,
il devientpossible
de calculer danschaque
cas laquantité
de matière grassequi peut
enrichirquotidienne-
ment le corps de
l’animal,
et de comparer le résultat obtenu à la détermi- nationexpérimentale correspondante.
Ainsi,
parexemple,
pourl’expérience
dont nous avons donnéprécé-
demment les
détails,
laquantité
de matièrehydrocarbonée digérée
est de3
8
0
g,correspondant
à l 92o calories. La fraction de cettequantité
d’énergie
transformable engraisse
est de :ce
qui correspond
à2 8, 4
g deglucose,
dont la transformation engraisse
fournit
28,4
Xo,3675
= 10, 4 g de cette dernière.D’autre
part,
les aliments consommés par l’animal luiapportent 25
,8
g de matière grassedigestible.
I,aquantité
degraisse
dedépôt
fourniepar notre calcul zo,q -!--
25 ,8
=3 6, 2
g,peut
ainsi se comparer à laquantité correspondante
obtenue parl’expérience, qui
est de2 6, 2
g.Dans le tableau II, nous avons fait
figurer
tous les calculsanalogues,
pour les 8sujets
et les 6 sériesexpérimentales. Seul,
lesujet
n° 3 ne
figure
que dans les 3premières
séries.En valeur
absolue,
l’erreur moyenne entre les deux déterminations de la matière grasse,obtenues,
lapremière
par calcul et ladeuxième, expérimentalement, qui
est de2 , 3 6,
est nettement inférieure à celle que les auteurs danois ont trouvée entre les résultats des deux méthodes de calori- métrie utilisées par eux,laquelle
s’élève à7 ,6i (pour
q4couples
de donnéesexpérimentales) ( 1 ).
TROISIÈME PARTIE
Mécanismes de la consommation
d’oxygène
et durejet
de gazcarboniyue
par les pores, entre 20 et 100
kilogrammes.
D’après l’hypothèse précédemment admise,
la totalité des matièresnon azotées utilisées à la calorification est fournie par la fraction des
glucides digestibles qui
n’est pas transformée engraisse. Puisque
nousconnaissons la
quantité d’énergie provenant
de l’utilisation deces glucides, qui figure
dans la colonne 5 du tableau II, il est facile d’en déduire la quan- tité deglucose provenant
de ces derniers etcorrespondant
àchaque
cas.Ce nombre est
égal
à celui de la colonne 4divisé par la valeurcalorifique
d’un gramme de
glucide,
que nous avons fixée à 3,9 calories par gramme.D’après l’équation théorique
de la combustion duglucose :
Une
quantité
de 180 g deglucose
s’unit à 192 gd’oxygène
et fournit2
6
4
g de gazcarbonique accompagné
de io8 g d’eau. Un gramme deglucose
utilisé à des fins
énergétiques exige
donc1 , 0 6 7
gd’oxygène
etcorrespond
à une émission de
1 , 4 6 7
g de gazcarbonique.
Transformés en volume à o et7 6 0
mm, lesquantités correspondantes
de gaz sont de o,75 1 pourl’oxygène
comme pour le gazcarbonique.
Nous pouvons ainsi calculer les
quantités d’oxygène
nécessaires à la combustion totale desglucides disparus
au cours dechaque expérience,
etles comparer aux
quantités correspondantes
mesuréesexpérimenta-
( 1
) Pour l’expérience I effectuée avec la femelle n° r dont nous avons donné les résultats détaillés, cette erreur est de 34,4- 29,2 = 6,2. Entre les données correspondantes du tableau II, l’écart est de 7.
lement, qui figurent
dans le mémoire de I,uDmGS!rr etTHORB!K. Ainsi,
pour
l’expérience
de la série I, effectuée avec la femelle No i, le nombredes calories résultant de la combustion des
glucides
est de 1 812. Cecicorrespond à
812 deglucose,
dont l’utilisationexige
3,9
d’oxygène,
volume àrapprocher
de la donnéeexpérimentale correspond dante, qui
est de3 6 5
1(tableau III).
Pour chacune des 44
expériences,
de semblables calculs ont été effec-tués ;
leurs résultatsfigurent
dans la colonne 3 du tableau III. Les données ainsi obtenuespeuvent
être aisémentcomparées
aux résultatsexpérimentaux correspondants, reproduits
dans lacolonne 4
du mêmetableau.
Nous constatons ainsi que les écarts entre les deux séries de données
sont tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Pour mieux comparer ces
résultats,
il est utile de construire ungraphique, (Fig. t)
obtenu enportant
enabscisses les volumes
d’oxygène
résultant del’expérimentation directe,
et, enordonnées,
les nombrescorrespondants
obtenus par le calcul. I,espoints représentant chaque couple
de données se trouvent ainsi sensible- mentrangés
autour de la bissectrice del’angle
droit formé par les deux axes, cequi
nouspermet
de conclure à la similitude des deux séries demesures.
Si l’on tient
compte
du fait que les écarts entre les valeursprises
deux à deux ne
dépassent jamais
10 p. 100, onpeut
admettrequ’elles proviennent
des erreursexpérimentales
inévitables.L’hypothèse
del’identification à des
glucides
de la fraction des matières non azotées uti- lisées à la calorification se trouve donc ainsi vérifiée.Examinons maintenant les
renseignements
que nousapportent
lesmesures
expérimentales
concernant le gazcarbonique.
Pourchaque expérience,
il est faitmention,
à côté du volume total émis en 24 h parl’animal,
de la fraction de ce gazcorrespondant
aux matières non azotées.Or, puisque
nous savons que les matériaux utilisés à la calorification sont exclusivement desglucides,
le volumethéorique
du gazcarbonique
forméau cours de la transformation de ces
glucides
devrait êtreidentique
à celuide
l’oxygène (Quotient respiratoire
C020 2 = i). Mais
il existe dans tous lescas - sauf une
exception
- une différenceplus
ou moins forte entre leCO
2
observé attribué auxglucides
et celui del’oxygène correspondant.
La différence entre ces deux volumes
provient
évidemment du gaz carbo-nique
excédentaireprovenant
de la transformation d’une certainepartie
des
glucides
enlipides,
dont levolume,
calculé à l’aide del’équation
d’A.
G AUTIER , est de o,6litre de gaz carbonique par gramme
de matière grasse formée.Or,
nousconnaissons,
pourchaque expérience,
laquantité
dematière grasse
provenant
de la transformation desglucides.
Il est doncpossible,
dans cesconditions,
de comparer le gazcarbonique
excédentairecorrespondant
àchaque
essai à laquantité théorique
de ce même gaz obtenu enmultipliant
le nombre de grammes degraisse
formée par le coefficiento,6.
Les résultats de cescomparaisons figurent
dans les colonnes 8 et 9 du tableau III.Comme nous l’avons fait pour les volumes
d’oxygène,
nous avonsétabli un
graphique (fig 2 )
enportant
en abscisses les volumes excédentaires de gazcarbonique provenant
des donnéesexpérimentales,
et enordonnées,
les volumes
correspondants
obtenus par le calcul àpartir
des matières grasses. Bien que la concordance entre les deux séries soit moins satisfai- sante que celle que nous venonsprécédemment
de constater à propos des données relatives àl’oxygène,
nous pouvonsadmettre,
en raison des nom-breuses causes d’erreurs
qui peuvent
seproduire
au cours de semblablesobservations,
que lesquotients respiratoires supérieurs
àl’unité, qui
s’observent couramment chez le porc,
s’expliquent
par le gazcarbonique dégagé
au cours de la formation de lagraisse
auxdépens
desglucides.
QUATRIÈME
PARTIEMise en évidence
d’importantes
variations individuelles chez des porcs soumis au mêmerégime
alimentaire.L’examen détaillé des données
analysées
montrequ’il
existe entredes animaux dont les
gains
depoids
vif sontanalogues
de considérables différences entre lespoids
de matières azotées et de matière grasse dont leur corps s’accroîtchaque jour.
I,afigure
3,qui indique
lacomposition
des
gains quotidiens
des porcs i et6,
en fonction de leurpoids vif,
montre nettement que, pour des accroissements depoids
sensiblementidentiques,
le
premier
atoujours
fixé moins de matériauxorganiques
que lesecond.
Au cours de
l’expérience,
lesgains quotidiens
des deux porcs ont été res-pectivement
de 590g, pour le n° i, et de6 07
g, pour le n° 2. Les compo- sitions desgains
depoids
vif entre 20 et gokg
ont été les suivants.Devant de
pareils résultats,
il est raisonnable de penser que le porcn
° i, moins
chargé
degraisse
que l’autre porc au moment del’abatage,
devait incontestablement mieux convenir aux
exigences
de la demandeactuelle des utilisateurs de viande de porc.
I,’examen
comparé
des données des tableaux II et III semble indi- quer que, danschaque série,
les porcsqui
obtiennent lesgains quotidiens
de matière grasse les
plus
élevés sont ceux pourlesquels
la consommationd’oxygène
est laplus
faible. Pour obtenir la preuve de cetteobservation,
nous avons fait
figurer,
sur le tableau suivant(tableau V),
pour chacune des 6 sériesd’expérience,
lesgains
de matière grasse leplus
élevé et leplus
faible de la
série,
avec, enregard,
lesquantités d’oxygène
absorbé corres-pondantes.
En
corrigeant
les résultats obtenus pour tenircompte
danschaque
série de l’influence exercée par les différences des
poids
des animaux surla consommation de
poids
vif et legain
de matière grasse, il a étépossible
de calculer le coefficient de corrélation entre la consommation totale
d’ oxy- gène
et l’enrichissementquotidien
de matière grasse. Ce coefficient est de - 0!493!Nous pensons
qu’il
convient d’attribuer à cette observation uneimportance pratique
considérable. I,es porcs àgraisse typiques
ont, eneffet,
unecapacité pulmonaire réduite,
en raison du faibledéveloppement
de leur cage
thoracique, qui
coïncidegénéralement
avec des côtes verti-cales.
I,’étude
del’ampleur
des mouvementsrespiratoires
chez l’animal vivant et la mesuresystématique
du volume de la cagethoracique post-
mortem
pourraient
à notre avis fournir auxsélectionneurs qui
recherchent le porc à viande de très utilesrenseignements.
CINQUIÈME
PARTIEInîiuencc de la formation de la
graisse
sur le coefficientpermettant
de calculer l’ensemble despertes
de chaleurprovenant
des actionsdynamiques spécifiques engendrées
par la consommation des aliments.Dans un
précédent travail,
nous avons montré que la consommation des alimentsentraînait
unimportant
accroissement de ladépense énergé- tique,
suivie d’unepériode
de rémission d’autantplus
accentuée que la consommation de matière sèche et laquanti.
é d’azotedigéré dépassant
lesbesoins de
l’organisme
sontplus
faibles. Si l’ondésigne l’énergie
métabo-lisable par M, le besoin
d’énergie d’entretien
parE, l’énergie potentielle
du
gain quotidien
de matièresorganiques
parP,
et la matière sèche par Ms, on aexpression
danslaquelle
a est un coefficient voisin del’unité, qui,
pour les porcs, a été évalué à0 ,8 5
calories.Pour chacune des qq.
expériences,
les donnéespubliées permettent
de connaîtrel’énergie
totaledissipée
sous forme de chaleur. Lepoids
del’animal
pendant
l’essaipermet
de calculer laquantité d’énergie
Enécessaire à l’entretien. I,a différence entre
l’énergie
totaleperdue
M etl’énergie d’entretien, E, correspond
à l’ensemble des actionsdynamiques spécifiques
entraînées par la consommation des aliments.Puisque
l’onconnaît
également
laquantité correspondante
de matière sècheabsorbée,
Ms, on
peut
ainsi calculer danschaque
cas la valeur du coefficient a, aumoyen de la formule i
Ainsi,
pourl’expérience
faite avec le porc ? z, au cours de la série I, les valeursrespectives
de M et de Ms sont 2 123 cal. et8q. 3
g . Pour unpoids
de 26kg,
la valeur de H est de i o6o calories. Dans ce cas, la valeur- ... 2123 — 1060
de a est de
2 r23 g 43 I o60 - 843 1,24
I,e tableau VI nous
indique,
pourchaque expérience,
les résultatsde
pareils
calculs. l,a moyennegénérale
de la valeur de a, pour l’ensemble desessais,
est de0 ,8 94
± o,oz3.Si nous éliminons la
première
série de mesures effectuée sur dessujets qui,
par manqued’habitude,
devaient êtreparticulièrement
tur-bulents,
cequi
contribuait vraisemblablement à accroître leursdépenses,
nous constatons que la moyenne des autres déterminations est de
o,86,
nombre presqueidentique
à celui que nous avons nous-même antérieure- mentpublié.
Les très faibles différences entre les moyennes des indices
M , -- E
!ls scorrespondant
auxcinq
dernières séries montrentqu’il
ne semble pasexister de corrélation entre les valeurs de ces indices et la
quantité
dematière grasse formée
chaque jour
par les porcs.Le tableau
ci-après (tableau VII) indique
en effet que les valeurs des indices demeurent sensiblement les mêmes, pour desdépôts quotidiens
dematière grasse
comprises
entre 100 g et 450 g parjour.
SIXIÈME PARTIE
Influence de la formation de la
graisse
sur lerapport
entre legain
de
poids
vifquotidien
et la consommation alimentaire correspon- dante évaluée en unitésfourrag ères.
Les données
numériques
contenues dansl’ouvrage
deJ.
I,UD-viGSEN et G. THORBEK
permettent
aisément decalculer, pour chaque expé- rience,
la valeurénergétique
de la rationconsommée,
évaluée en unitésfourragères.
Laconnaissance,
danschaque
cas, dupoids
de l’animal et deson
gain quotidien
depoids
vifpermet
la détermination de la ration deproduction
parkilogramme
degain.
Ilsuffit,
en effet, pour obtenir cerésultat,
de déduire du nombre d’unitésfourragères représentant
la rationtotale,
celuiqui correspond
à la rationthéorique d’entretien,
calculée en fonction dupoids vif,
et de diviser le résultat par legain quotidien.
Citons, à titre
d’exemple,
le cas du porc NU r, observé au cours despériodes
1 et II. Lepoids
moyenpendant
ces2 périodes
était de2 8,8 kg
et le
gain journalier correspondant,
de q33g, pour une consommation d’ali- mentsreprésentant
1,05 unitéfourragère.
Le besoin d’entretien corres-pondant
est de o u 43, cequi
laisse pour laproduction
o u6 2 ,
soit : o 62 X l 000 ... , ,- -’--4! =
I u 43 parkilogramme
degain.
433
Nous avons recherché l’existence d’une corrélation entre ces résultats
et la
quantité journalière
de matière grasse accumuléequotidiennement
par les porcs au cours de la même
période.
Comme l’onpouvait s’y attendre,
un coefficient de corrélation entre ces deux séries de données s’est montré très élevé
(!- o,92, 1 ) .
Lafigure
4, construite enportant
en abscisses les indices de la ration deproduction
parkg
et en ordonnées lesquantités
correspondantes
de matière grassequotidiennement formée,
montre avec évidence que l’onpeut déduire,
avec une certaineapproximation,
la valeurd’une des deux variables en fonction de l’autre.
L’observation attentive d’un porc, au cours de sa
croissance, pourrait
donc ainsi
permettre
de constater dansquelle
mesure cet animal a tendanceà former
plus
ou moins degraisse.
Ilsuffirait,
pourcela,
de noterexactement la
composition
de saration,
ainsi que la valeur alimentaireprécise
des constituants de cette dernière. I,e tracé de la courbe de crois- sance, obtenu à l’aide depesées hebdomadaires, permettrait
de calculer pourchaque semaine,
en mêmetemps
que legain
depoids
vif et lepoids
moyen, l’indice de la ration de
production correspondant, duquel
il seraitpossible
de déduire laquantité
degraisse quotidiennement
obtenue.Il n’y
aurait
plus qu’à rapprocher
cettequantité
degraisse
dugain
depoids
vifobservé pour en déduire le
pourcentage
de matière grasse parrapport
à cemême
gain.
L’étude des données du tableau
ci-après (tableau VI)
montre que les résultats obtenus parexpérience
et ceux que l’onpeut
déduire du besoin deproduction
parkg
degain
ne sont connusqu’à
une assezgrande approxi-
mation. Mais
si,
au lieu de considérerchaque
casisolément,
on consulte la série des données serapportant
à un même porc, il est facile de constaterque, pour le
plus grand
nombre de cas, les erreurs enplus
ou en moins secompensent.
A la condition demultiplier
lesobservations,
il semblequ’il
y ait
beaucoup
de chances pour que les indices de la ration deproduction
par
kilogramme
degain
calculés hebdomadairementpendant
toute ladurée de
l’engraissement
d’un porc fournissent une assez bonne mesurede la
quantité
totale degraisse
accumulée en find’engraissement
dans lecorps de cet animal.
Voici, d’après
cesrenseignements, quelles
sont les différences entre les teneurs moyennes en matières grasses parkilogramme
degain,
pour l’ensemble de lapériode d’engraissement,
obtenues parl’expérience,
d’unepart,
et par lecalcul,
d’autrepart.
On voit ainsi que,dans
5 cas sur 7, les différences entre les deux mesures sontégales
ou inférieures à 10p. 100CONCLUSION
De l’ensemble de ce
travail,
nous pensonspouvoir
tirer les conclusions suivantes :1
0
Lorsque
l’on connaît la fraction desglucides digestibles
utilisés par l’animal pour ses besoinsénergétiques,
laquantité
de matières’grasses
formée
quotidiennement
est sensiblementégale
à laquantité
deglucides supplémentaires disponibles, multipliée
par o,37,augmentée
de laquantité correspondante
deslipides digestibles. L’équation
d’ArmandG AUT IE R , qui
rendcompte
de la transformation duglucose
en matière grasse, véri- fiée unepremière
fois par cescalculs,
se trouve vérifiée une deuxième foislorsque
l’on considère lesquantités d’oxygène
absorbé et de gaz carbo-nique rejeté
au cours des observations.2
° Il existe une corrélation
négative (— o,q. 9 )
entre laquantité d’oxy-
gène
consommée par l’animal en untemps
donné et laquantité
corres-pondante
de matière grasse formée. Il résulte de cette observation que les porcsayant
tendance àproduire exagérément
de lagraisse
ont vraisem-blablement une
capacité respiratoire
inférieure à celle des autres animaux.3
0
I,’énergie dépensée
par les porcs ensupplément
de leur besoinénergétique
netd’entretien, qui
totalise l’ensemble des actionsdyna- miques spécifiques
entraînées parl’absorption
et l’assimilation des ali- ments, ainsi que par la désassimilation des nutrimentsexcédentaires,
estsensiblement
égale, exprimée
engrandes calories,
au nombre de grammes de matière sècheingérée multipliée
par le coefficiento,86.
4
0 Il est
possible
de calculerapproximativement
laquantité
de ma-tière grasse accumulée dans le corps de l’animal au cours de son
engraisse-
ment, à condition de connaître son
gain
moyenquotidien
depoids
vif etses besoins de
production,
évalués en unitésfourragères
parkilogramme
degain,
pour despériodes
de durée limitée au coursdesquelles
la consomma-tion d’aliments et l’accroissement de
poids corporel
ont été exactementmesurés.
Reçu pour publication le
9 avril1957.
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