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Téléphonie. sur IP 2 e édition

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Téléphonie sur IP

9782212123593

Code éditeur:G12359 ISBN: 978-2-212-12359-3

Technologies et solutions de téléphonie sur IP

La téléphonie sur IP s’impose progressivement dans tous les secteurs : la convergence vers un réseau tout IP s’accélère dans les entreprises, les fournisseurs d’accès généralisent leurs offres triple-play et quadruple-play incluant le service de téléphonie sur IP, des logiciels comme Skype, WLM, Yahoo ! Messenger ou Google Talk sont entrés dans les habitudes, sans parler de la téléphonie mobile qui devient hybride et s’adonne aux bienfaits du réseau IP.

Ce livre offre un vaste panorama des technologies et des solutions de téléphonie sur IP.

Qu’apporte ce modèle par rapport au réseau téléphonique traditionnel ? Quels sont les pro- tocoles mis en œuvre ? Comment garantir la qualité de service, la sécurité et le nomadisme ? Quelles sont les difficultés rencontrées et comment les contourner ? Quelles sont les archi- tectures types à déployer en entreprise ? Quels sont les logiciels grand public qui proposent ce type de service et comment les utiliser ? Comment installer et maintenir gratuitement son propre PBX avec Asterisk ? Que nous réserve la téléphonie du futur ? Telles sont les questions auxquelles ce livre tente d’apporter une réponse.

Cette seconde édition s’enrichit de nombreux compléments et exemples sur les dernières évolutions des technologies et des solutions logicielles et inclut, en particulier, un nouveau chapitre dédié à l’architecture IMS (IP Multimedia Subsystem).

Au sommaire

La théorie.Problématique de la ToIP •Les contraintes de la VoIP •La signalisation H.323 • Le protocole SIP • Le protocole MGCP • La qualité de service • Architectures et sécurité (ToIP sur Ethernet, ATM, relais de trames, Wi-Fi, WiMax…). Les solutions pratiques.

La ToIP sur softphones • Skype Windows Live Messenger et Yahoo ! Messenger • Jabber et Google Talk •Asterisk : une solution logicielle de PBX, libre et ouverte •Offre des fournisseurs d’accès (ToIP sur xDSL, CATV…) •Filtrage des flux de ToIP (NAT et pare-feu).

Perspectives.Les cinq problèmes clés de la ToIP •L’architecture IMS.

Laurent Ouakil L

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Guy Pujolle G

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L. Ouakil G. Pujolle

Conception: Nord Compo © Fotolia

45€€

L a u r e n t O u a k i l G u y P u j o l l e

Téléphonie

sur IP

SIP, H.323, MGCP, QoS et sécurité, Asterisk, VoWiFi, offre multiplay des FAI, Skype et autres softphones, architecture IMS…

Téléphonie sur IP

2 e édition

2e édition

2e

édition

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Avant-propos

Lorsque, le 2 juin 1875, le Canadien Alexandre Graham Bell tente de transformer des ondes sonores en impulsions électromagnétiques, nul n’imagine que ce professeur de physiologie vocale, spécialisé dans l’enseignement du langage pour sourds et muets, allait inventer le téléphone.

Accompagné de son assistant Thomas Watson, Bell expérimente le premier modèle de téléphone à distance limitée et à correspondance réduite : placés dans deux pièces distinctes, les deux physiciens disposent entre eux un fil conducteur dont une extrémité est munie d’une lamelle reliée à un électroaimant. L’expérience consiste à écarter cette lamelle de l’électroaimant puis à la relâcher. Le résultat est prodigieux : un son se propage sur le fil conducteur jusqu’à parvenir à l’autre extrémité du fil. Il faudra moins d’un an au scientifique Bell, tout juste âgé de 28 ans, pour perfectionner son prototype et rendre les transmissions d’un bout à l’autre d’un fil conducteur parfaitement intelligibles pour l’oreille humaine.

Le 10 mars 1876, à Boston, Bell communique à distance avec son assistant en pronon- çant sa célèbre phrase : « Monsieur Watson, veuillez venir dans mon bureau, je vous prie. » Quelques mois plus tard, le téléphone entre dans sa phase de commercialisation.

Des opératrices prennent en charge la demande de connexion et assurent la liaison entre les correspondants, et le succès est au rendez-vous.

En 1964, en pleine guerre froide, le projet d’un réseau informatique totalement distribué et dédié aux communications militaires est refusé par les autorités à son initiateur, Paul Baran. Presque en parallèle, les travaux du français Louis Pouzin, mettant au point le tout premier réseau à commutation de paquets, émule la communauté scientifique. Au début des années 70, un réseau imaginé par des laboratoires de recherche académiques voit le jour. Constitué de quatre ordinateurs répartis dans le monde, il est réalisé par l’ARPA (Advanced Research Projects Agency) et prend le nom d’ARPANET. Au même moment, en France, le projet Cyclades relie plusieurs ordinateurs par une technologie de data- gramme.

Ces prototypes démontrent la faisabilité du réseau mondial qui se développera sous le nom d’Internet, et dont le protocole IP (Internet Protocol) est l’emblème. Il faudra toute- fois attendre 1989 pour que Tim Berners-Lee invente le protocole HTTP et propose des

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liens hypertextes avec le langage HTML pour que le grand public commence à se passionner pour le Word-Wide Web.

Depuis lors, le réseau IP n’a cessé de croître et d’obtenir les faveurs des acteurs des télé- communications. Avec les réseaux IP, la téléphonie connaît un nouvel élan. Elle se place à la jonction du monde des télécommunications et de celui des réseaux informatiques.

Les professionnels ont rapidement compris l’intérêt d’une convergence vers un réseau entièrement IP. De son côté, le grand public se passionne pour des programmes tels que Skype, qui allient simplicité et performance, à des tarifs ultra-compétitifs.

Plus qu’un nouveau support de l’information, c’est un nouveau mode de communication qui est inventé avec la téléphonie sur IP. Les fonctionnalités étant accrues, une communi- cation ne se limite plus qu’à la parole téléphonique, mais peut s’enrichir de multiples facettes, qui facilitent son usage, comme la vidéo associée à la parole téléphonique ou le service de présence des softphones, qui indique en temps réel la disponibilité de ses contacts.

Cet enrichissement s’accompagne de performances souvent supérieures à celles du tradi- tionnel réseau RTC. La qualité d’une communication de ToIP est parfois tellement bonne qu’il est impossible de discerner si un correspondant est proche ou à l’autre bout du monde. Peu à peu, les habitudes comportementales des consommateurs sont modifiées.

À des coûts très raisonnables et avec une telle commodité d’utilisation, les distances sont abolies, l’interactivité est fidèle, et les communications téléphoniques deviennent tout à la fois plus longues, plus conviviales et plus productives.

L’émergence de la ToIP se poursuit inexorablement depuis plusieurs années. Que l’on soit un particulier ou un professionnel, elle s’impose parallèlement sur différents axes.

Pour un utilisateur équipé d’un ordinateur, les solutions de ToIP de type Skype sont nombreuses. Si l’usage d’un ordinateur rebute, les FAI proposent des solutions packagées dans leur offre Internet de base. Dans ce modèle, la ToIP tend à se substi- tuer à la téléphonie fixe standard. Mais elle va aussitôt plus loin en introduisant progressivement sur le marché de la téléphonie sans fil, avec les technologies IP sans fil adéquates, comme Wi-Fi ou WiMax. Lorsque l’utilisateur n’a pas accès à un réseau IP, des terminaux hybrides lui permettent de basculer d’un réseau IP vers le réseau télé- phonique classique. En quelque sorte, la transition vers un réseau entièrement IP se fait en douceur.

Les contraintes de cette nouvelle technologie n’en sont pas moins nombreuses, de même que les verrous à lever, en termes de disponibilité, de qualité de service, de sécurité et de mobilité. Ces contraintes sont à évaluer différemment selon le type de communication considéré. Un service de téléphonie ne peut s’accommoder d’une piètre qualité d’écoute sous peine d’être inutilisé. Il nécessite des ressources optimales. Le contrôle et la maîtrise des communications téléphoniques sur IP sont donc des enjeux colossaux pour favoriser l’essor de cette technologie.

(4)

Objectifs de l’ouvrage

L’objectif de ce livre est de faire comprendre, par la théorie et par la pratique, pourquoi la téléphonie sur IP peut être considérée aujourd’hui comme mature et en quoi elle peut avantageusement remplacer la téléphonie standard de type RTC. Cela n’implique pas que les services exploitant cette technologie soient toujours à la hauteur des attentes des utili- sateurs. Simplement, les protocoles dédiés à la gestion des flux multimédias sont dispo- nibles et éprouvés pour satisfaire toutes ces exigences.

Toutes les conditions sont réunies pour valoriser ce potentiel et faire de la ToIP une techno- logie dominante, en phase avec les besoins de tout type.

Cet ouvrage s’adresse à un large public, aux professionnels comme aux particuliers.

Il peut être lu et compris par toutes les personnes qui désirent découvrir ou approfondir les vastes possibilités qu’offre la ToIP.

Certains chapitres visent davantage des débutants, d’autres des étudiants, d’autres encore des professionnels du domaine. De nombreux chapitres sont indépendants et peuvent être lus de façon non linéaire, sans nécessiter de connaissances préalables, tandis que d’autres requièrent des bases plus techniques, que l’ouvrage apporte de façon progressive.

Organisation de l’ouvrage

Ce livre se compose de deux grandes parties et d’une conclusion.

La première partie est dédiée aux notions fondamentales de la ToIP. Elle expose ses fondements théoriques et couvre un vaste état de l’art des normalisations adoptées pour le contrôle et la gestion du multimédia en général et de la voix sur IP en particulier. Elle détaille l’ensemble des spécificités des flux de téléphonie sur IP et s’attarde sur les archi- tectures déployées ainsi que sur la manière dont les communications sont établies entre les interlocuteurs.

Après une présentation de la problématique et des contraintes de la ToIP (chapitres 1 et 2), les trois principaux protocoles de signalisation, que sont H.323, SIP et MGCP, sont détaillés (chapitres 3, 4 et 5). Nous évoquons ensuite la qualité de service (chapitre 6), l’architecture de sécurité (chapitre 7), autant de points cruciaux pour une application aussi sensible que la téléphonie.

La deuxième partie rassemble plusieurs composants disparates qui constituent un reflet de ce que recouvre aujourd’hui la ToIP dans la pratique. Les logiciels de téléphonie sur IP (ou softphones) en sont une composante importante, que nous présentons de manière générale (chapitre 8), avant de mettre l’accent sur les plus connus, tels que Skype (chapi- tre 9), WLM et Yahoo! Messenger (chapitre 10) puis Jabber et Google Talk (chapitre 11).

Bien que certains d’entre eux n’ambitionnent pas directement de traiter de la téléphonie, ils en sont les vecteurs, et nous verrons qu’ils ne respectent pas toujours les protocoles de la standardisation.

(5)

Asterisk constitue également une tendance marquée de ces dernières années. Ce logiciel impressionnant permet de réaliser à moindre coût, dans un cadre industriel comme domestique, un commutateur téléphonique, ou PBX, avec une gamme de services asso- ciés, tels que la redirection d’appel, le répondeur téléphonique ou la conférence audio.

Il initie une petite révolution dans le monde des télécoms, en remplaçant un modèle opaque par un modèle ouvert, ce qui permet une large démocratisation des techniques mises en œuvre. Toutefois, ses bases demeurent encore délicates à comprendre. C’est pourquoi nous consacrons un long développement (chapitre 12) sur cette thématique afin de fournir au lecteur les éléments clés du fonctionnement d’Asterisk.

Nous détaillons ensuite les offres de ToIP des FAI (chapitre 13) et présentons les techni- ques utilisées pour traverser les pare-feu et les NAT (chapitre 14), un sujet important compte tenu du fait que le NAT reste très employé, chez les particuliers comme chez les professionnels.

La troisième partie de l’ouvrage revient sur les cinq questions clés à se poser avant de passer à la téléphonie sur IP et offre, en conclusion, une vision des futurs développements attendus (chapitre 15). En particulier, et c’est la grande nouveauté de cette deuxième édition, l’IMS est longuement développé en fin d’ouvrage (chapitre 16).

Nous espérons que cette deuxième édition, plus riche en contenu que la précédente et actualisée, reflète les principales problématiques, technologies et tendances, actuelles et à venir, de la téléphonie sur IP, et permette de mieux comprendre les caractéristiques et les enjeux afin d’en être, comme utilisateurs avertis ou fournisseurs de services, les acteurs de demain.

(6)

Table des matières

Avant-propos

. . . V Objectifs de l’ouvrage . . . VII Organisation de l’ouvrage . . . VII

P

ARTIE

I

Théorie de la ToIP

CHAPITRE 1

Problématiques de la ToIP

. . . 3

La téléphonie par circuit et par paquets . . . 4

La problématique de base de la téléphonie . . . 7

Comparaison avec la téléphonie classique . . . 8

Avantages de la ToIP . . . 10

Les solutions de ToIP . . . 13

Questions posées par la mise en place de la ToIP en entreprise . . . 18

Conclusion . . . 20

CHAPITRE 2

Contraintes de la ToIP

. . . 23

Les contraintes temporelles . . . 23

Le processus de resynchronisation de la parole téléphonique . . . 26

(7)

La téléphonie numérique . . . 27

L’échantillonnage . . . 28

Techniques de codage . . . 30

Les codeurs audio . . . 32

Qualité de service de la ToIP . . . 35

Caractéristiques du débit . . . 37

Le contrôle dans la ToIP . . . 40

Conclusion . . . 42

CHAPITRE 3

La signalisation H.323

. . . 43

Protocoles et normalisation . . . 45

La normalisation UIT . . . 46

Normes d’interopérabilité. . . 47

Les six versions de H.323 . . . 48

Architecture et fonctionnalités du protocole H.323 . . . 53

Les quatre entités d’une architecture H.323 . . . 53

Le terminal H.323, équipement des interlocuteurs. . . 55

Le gatekeeper, point de contrôle et de gestion . . . 57

La passerelle, pour joindre les réseaux ne fonctionnant pas en mode paquet 60 La MCU et les conférences. . . 64

Les messages H.323 . . . 68

Le protocole H.225.0, signalisation d’appel et d’enregistrement . . . 69

Le protocole H.245, la signalisation de contrôle de connexion . . . 75

Les autres protocoles . . . 78

Exemple de scénario d’une communication complète . . . 79

Fonctionnalités avancées de H.323 . . . 81

La procédure Early H.245. . . 81

La procédure FastConnect . . . 82

La procédure H.245 tunneling . . . 82

La sécurité. . . 82

Gatekeeper alternatif et gatekeeper affecté. . . 83

Conclusion . . . 84

(8)

CHAPITRE 4

Le protocole SIP

. . . 85

La standardisation SIP (Session Initiation Protocol) . . . 85

Historique . . . 86

Compatibilité . . . 86

Modularité . . . 87

Simplicité . . . 88

Architecture de SIP . . . 89

Se connecter à des réseaux non-IP . . . 94

L’adressage SIP . . . 94

URI (Universal Ressource Identifier) . . . 95

Format des adresses SIP . . . 96

Localisation et résolution d’une adresse SIP . . . 98

Les messages SIP . . . 100

Notion de transaction . . . 100

Paramètres généraux pour les requêtes et les réponses . . . 101

Le champ VIA pour détecter les boucles lors du routage. . . 103

Différence entre Call-Id et CSeq . . . 104

Abréviation des en-têtes de messages . . . 105

Corps d’un message . . . 106

Les requêtes SIP . . . 112

Méthodes d’extension du protocole SIP. . . 115

Les réponses SIP . . . 116

Scénarios de communication . . . 120

1. Initialisation d’une communication directe . . . 120

2. Enregistrement d’un terminal . . . 122

3. Initialisation d’une communication SIP avec un serveur proxy. . . 122

4. Localisation par un serveur de redirection et initialisation d’appel directe 125 5. Modification d’une communication SIP. . . 126

6. Terminaison d’une communication SIP . . . 127

Conclusion . . . 128

CHAPITRE 5

Le protocole MGCP

. . . 129

Historique . . . 130

H.248/MeGaCoP . . . 131

(9)

Architecture et fonctionnement . . . 132

Le Call Agent . . . 133

Les passerelles multimédias . . . 134

Raisons d’être d’un nouveau protocole . . . 136

Exemple d’utilisation de MGCP chez les FAI . . . 137

Avantages et inconvénients de MGCP . . . 138

Principes d’établissement d’une communication . . . 139

Les messages MGCP . . . 142

Adressage des endpoints. . . 142

Identifiant de transaction . . . 144

Paramètres généraux pour les requêtes et les réponses . . . 145

La ligne d’état MGCP. . . 147

Les requêtes . . . 147

Les réponses MGCP . . . 151

Conclusion . . . 155

CHAPITRE 6

La qualité de service

. . . 157

Le contrôle et les protocoles de transport . . . 157

TCP et le transport de données multimédias temps réel. . . 158

UDP et le transport de données multimédias temps réel . . . 160

En résumé . . . 160

Les protocoles RTP et RTCP . . . 161

RTP (Real-time Transport Protocol). . . 161

RTCP (Real-time Transport Control Protocol) . . . 166

RTP/RTCP et la qualité de service . . . 167

Les contrôles au niveau réseau . . . 167

IntServ (Integrated Services) . . . 168

DiffServ (Differentiated Services) . . . 170

L’ingénierie de trafic . . . 177

Conclusion . . . 181

CHAPITRE 7

Architectures et sécurité

. . . 183

La téléphonie sur Ethernet . . . 183

L’intégration voix-données . . . 183

(10)

La téléphonie sur ATM . . . 187

AAL2 . . . 187

Les microtrames AAL2 . . . 188

La téléphonie sur le relais de trames . . . 189

Intégration de la téléphonie dans le relais de trame . . . 190

La téléphonie sur réseaux sans fil . . . 195

Contraintes de la ToIP sans fil . . . 195

La qualité de service. . . 197

En résumé . . . 205

La téléphonie sur WiMax . . . 205

WiMax fixe . . . 205

WiMax-Mobile . . . 207

Classes de services WiMax pour la ToIP . . . 208

La sécurité . . . 209

Les attaques . . . 210

Les sécurités à mettre en place . . . 213

Les infrastructures de sécurité . . . 214

La sécurité dans la téléphonie par Wi-Fi . . . 215

Conclusion . . . 216

P

ARTIE

II Pratique de la ToIP

CHAPITRE 8

La ToIP sur softphone

. . . 219

Introduction aux softphones . . . 220

Les services proposés . . . 220

La téléphonie . . . 221

Liste de contacts, présence et disponibilité . . . 223

Messagerie instantanée. . . 223

Vidéo et transfert de fichiers. . . 224

Les softphones en entreprise . . . 225

Les autres softphones . . . 225

WengoPhone. . . 225

Téléphoner gratuitement d’un PC vers un téléphone fixe . . . 228

(11)

Les clients de messagerie Web . . . 229

La téléphonie Free . . . 229

Conclusion . . . 235

CHAPITRE 9

Skype

. . . 237

Architecture de Skype . . . 238

Limiter les ressources . . . 239

Traverser les pare-feu . . . 239

Les offres Skype . . . 240

Partenariats technologiques et commerciaux . . . 241

La sécurité . . . 242

Utiliser Skype . . . 243

Prérequis . . . 243

Appeler . . . 244

Outils . . . 246

Aller plus loin avec Skype . . . 247

Ouvrir plusieurs instances de Skype. . . 248

Options en ligne de commande . . . 252

Commandes textuelles . . . 253

Intégrer Skype dans ses pages Web et ses e-mails . . . 254

Recommandations et résolution de problèmes . . . 256

Conclusion . . . 257

CHAPITRE 10

Windows Live Messenger et Yahoo! Messenger

. . . 259

Windows Live Messenger . . . 259

La gamme de services unifiés Live. . . 260

WLM (Windows Live Messenger) . . . 261

Utiliser WLM . . . 262

Aller plus loin avec WLM . . . 264

Yahoo! Messenger . . . 271

Utilisation . . . 271

(12)

Le partenariat Microsoft-Yahoo! . . . 277

Conclusion . . . 279

CHAPITRE 11

Jabber et Google Talk

. . . 281

Jabber . . . 281

Architecture de Jabber . . . 282

XMPP (eXtensible Messaging and Presence Protocol) . . . 284

XEP (XMPP Enhancement Proposals). . . 285

Utilisation . . . 287

Google Talk . . . 295

Une offre à trois volets . . . 296

Utilisation . . . 297

Conclusion . . . 303

CHAPITRE 12

Asterisk

. . . 305

Introduction aux PBX . . . 305

Présentation d’Asterisk . . . 307

Fonctionnalités . . . 308

Compatibilité . . . 308

Cible et usage . . . 309

Installation de base . . . 311

Mise en œuvre de la plate-forme . . . 312

Lancement du serveur et exploitation. . . 315

Configuration . . . 318

Les quatre catégories d’éléments d’Asterisk . . . 318

Organisation des fichiers (fichier asterisk.conf) . . . 319

Première étape de configuration : Description des utilisateurs et des terminaux (fichiers sip.conf, iax.conf, mgcp.conf, h323.conf, skinny.conf) . . . 321

Deuxième étape de configuration : le plan de numérotation (fichier extensions.conf) . . . 324

(13)

Tester la configuration d’un client . . . 336

Optimiser les traitements . . . 338

La directive d’inclusion . . . 339

Logique de programmation . . . 339

Optimisation du routage avec les contextes . . . 342

Et la vidéo ? . . . 342

Ajouter des sons . . . 343

Problèmes éventuels avec les modules . . . 345

Ajouter de nouveaux services . . . 346

Standard vocal automatique (IVR) . . . 346

Conférence . . . 347

Le service de messagerie audio (fichier voicemail.conf) . . . 349

Aller plus loin avec Asterisk . . . 352

Connecter Asterisk à un fournisseur SIP . . . 352

AGI (Asterisk Gateway Interface) . . . 355

Trixbox . . . 355

Communiquer avec le protocole IAX . . . 356

Asterisk sous Windows . . . 356

La concurrence . . . 357

Conclusion . . . 358

CHAPITRE 13

La téléphonie chez les fournisseurs d’accès

. . . 359

Les accès xDSL . . . 359

Le modem xDSL . . . 360

Ethernet dans le premier mile . . . 362

Les protocoles de l’ADSL . . . 363

Le protocole L2TP . . . 365

Les modems VDSL. . . 366

La parole et la vidéo sur xDSL . . . 366

La téléphonie sur CATV . . . 367

La téléphonie sur fibre optique . . . 370

La téléphonie sur Quadruple-Play . . . 372

Conclusion . . . 373

(14)

CHAPITRE 14

Filtrage des flux de ToIP

. . . 375

Le mécanisme de NAT (Network Address Translation) . . . 376

Adresses privées et adresses publiques . . . 376

Partager une adresse IP privée . . . 377

Avantages du NAT . . . 379

Les trois catégories de NAT . . . 381

Le NAT statique . . . 381

Le NAT dynamique . . . 381

Le NAPT . . . 383

Les problèmes engendrés par le NAT . . . 384

Les protocoles sensibles au NAT . . . 384

Recevoir une connexion derrière un NAPT . . . 384

La sécurité avec le NAT . . . 385

En résumé . . . 385

Le passage des pare-feu . . . 386

Méthodes de résolution de la translation d’adresse pour les flux multimédias . . . 388

Filtrage applicatif des données . . . 388

Tunneliser les applications . . . 389

La gestion du NAT par le client . . . 391

En résumé . . . 394

Conclusion . . . 395

P

ARTIE

III Conclusion

CHAPITRE 15

Les cinq problèmes clés de la ToIP

. . . 399

La sécurité . . . 400

L’authentification . . . 400

Confidentialité et intégrité . . . 406

(15)

La disponibilité . . . 406

La gestion . . . 408

Le contrôle . . . 410

La qualité de service . . . 411

GAN . . . 412

Perpsectives . . . 413

Conclusion . . . 414

CHAPITRE 16

L’architecture IMS

. . . 415

Motivations et objectifs de l’IMS . . . 416

Le point de vue opérateur . . . 417

Le point de vue utilisateur . . . 418

Historique de l’IMS . . . 419

Introduction à l’IMS . . . 420

Protocoles utilisés dans l’IMS . . . 420

Notions de réseau visité et de roaming . . . 421

Le modèle à quatre couches de l’architecture IMS . . . 422

La couche de transport . . . 424

La couche de contrôle. . . 424

HSS (Home Subscriber Server) : la base de données des utilisateurs . . . . 425

CSCF (Call State Control Function) : les trois gestionnaires d’appels . . . 425

MRF (Multimedia Resource Function) : pour la gestion des conférences . 429 BGCF (Breakout Gateway Control Function) : pour la liaison avec le réseau RTC . . . 430

IMS-MGW, MGCF et SGW : pour l’interfonctionnement avec le réseau RTC . . . 430

TrGW et IMS-ALG : pour le support transparent des adresses IPv4 . . . 432

Les serveurs d’applications . . . 434

SIP AS (SIP Application Server) . . . 434

IM-SSF (IP Multimedia-Service Switching Function) . . . 434

OSA-SCS (Open Service Access-Service Capability Server) . . . 435

Les identités IMS . . . 435

Gestionnaire d’identités . . . 436

(16)

Les extensions du protocole SIP pour IMS . . . 437

Les commandes Diameter . . . 439

Communications avec IMS . . . 440

Enregistrement d’un terminal dans le réseau . . . 440

Mise en relation de deux utilisateurs . . . 444

Conclusion . . . 445

P

ARTIE

IV Annexe Références

. . . 449

Liens web . . . 452

Sites de vulgarisation de la ToIP . . . 452

Protocoles de ToIP . . . 453

Softphones et dérivés . . . 454

PBX Asterisk . . . 456

Salons sur la VoIP en France . . . 457

Index

. . . 459

(17)
(18)

Partie I

Théorie de la ToIP

L’objectif de cette partie est de présenter le socle théorique sur lequel repose la télé- phonie sur IP.

Les deux premiers chapitres évoquent l’intérêt et les difficultés soulevées par la ToIP.

Le chapitre 1 introduit la problématique de ToIP, c’est-à-dire le transport de la parole dans le cadre de la téléphonie, qui implique un processus temps réel. Nous expliquons quels sont les enjeux posés par la voix sur IP, ce à quoi elle peut se substituer et quels bénéfices il est possible d’en tirer.

Le chapitre 2 détaille les contraintes imposées par la ToIP. Pour être pleinement fonc- tionnel, un service de téléphonie sur IP a des exigences fortes vis-à-vis des terminaux utilisés comme du réseau exploité. Nous verrons comment caractériser ces contraintes et comment les mesurer.

Les trois chapitres suivants présentent les protocoles de signalisation standardisés de la ToIP.

Le chapitre 3 décrit le protocole H.323. Celui-ci a longtemps fait office de référence en matière de protocole de signalisation pour le multimédia en général, et pour la télépho- nie sur IP en particulier. Porteur d’un fort héritage du monde des télécoms, il s’est imposé sur le marché. Nous montrons sur quelle architecture il repose et comment s’effectuent les communications qu’il met en place.

Le chapitre 4 décrit le protocole SIP, concurrent du protocole H.323 et disposant d’atouts remarquables qui favorisent son émergence. Nous montrons pourquoi ce protocole est en passe de détrôner H.323, pourquoi il s’intègre mieux dans un réseau IP, comment il simplifie les communications et comment on l’utilise.

Le chapitre 5 décrit le protocole MGCP, un autre protocole de signalisation, qui est complémentaire de H.323 et SIP. Par sa vision d’opérateur et en offrant la faculté de concentrer l’intelligence du réseau au sein d’entités spécialisées, le protocole MGCP s’est imposé, tant et si bien que ses évolutions peinent à justifier leur utilité. Nous montrons en quoi le protocole MGCP allie simplicité et puissance et de quelle manière il fonctionne.

Les deux derniers chapitres de cette partie s’intéressent aux questions de qualité de service, d’architectures réseau et de sécurité.

(19)

Le chapitre 6 expose les différents protocoles et technologies permettant de mettre en place une gestion de la qualité de service pour la téléphonie sur IP. La qualité de service apportée aux flux de parole téléphonique est primordiale. Nous détaillons les protocoles à mettre en œuvre pour la maîtriser dans un réseau.

Le chapitre 7 fournit les principales caractéristiques des architectures réseau dédiées à la ToIP et présente quelques notions importantes relatives à la sécurité de la téléphonie sur IP. Les flux téléphoniques pouvant emprunter un réseau partagé par d’autres catégories de données, nous indiquons, selon les types de réseaux, quelles sont les adaptations à considérer et comment faire pour protéger les flux de parole téléphonique.

(20)

1

Problématiques de la ToIP

La téléphonie est un des moyens de communication préférés des êtres humains, et le nombre de terminaux téléphoniques vendus dans le monde ne cesse d’augmenter.

La figure 1.1 illustre le nombre de terminaux pouvant servir de terminal téléphonique.

On peut noter que le nombre des terminaux mobiles dépasse largement celui des termi- naux fixes. On peut également noter que le nombre de terminaux fixes continue d’augmenter, quoique nettement moins que celui des mobiles. La figure indique en outre le nombre de terminaux, fixes ou mobiles, intégrant des fonctions multimédias. Toutes ces courbes révèlent la croissance globale de la téléphonie.

Figure 1.1 Abonnés aux réseaux de télé- communications (source UMTS Forum)

2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0

1995 2000 2005 2100

Abonnés mondiaux (en millions)

Abonnés téléphonie fi xe

Abonnés Inter

net fixe Mobiles

multimédia Mobiles ordinaires

(21)

La téléphonie a été une véritable poule aux œufs d’or pour les opérateurs, qui ont long- temps maintenu leurs tarifs à des niveaux assez élevés, alors même que leurs infras- tructures étaient largement amorties.

Aujourd’hui, la position de ces opérateurs est rapidement menacée par l’arrivée massive de la téléphonie sur IP, dont la tarification tend vers la gratuité. En France, fin 2006, la téléphonie sur IP représente déjà près de 50 % du marché de la téléphonie. Aux environs de 2009, on estime que près de 100 % du transport de la parole s’effectuera par l’intermé- diaire de paquets IP.

Nous donnerons au cours des sections qui suivent quelques indications sur les probléma- tiques techniques de la téléphonie par paquets. Nous examinerons ensuite les premières grandes caractéristiques de cette technologie et terminerons en présentant les différents environnements de la téléphonie IP : grand public, opérateurs et entreprises.

La téléphonie par circuit et par paquets

Dans la communication à transfert de paquets, toutes les informations à transporter sont découpées en paquets pour être acheminées d’une extrémité à une autre du réseau.

Cette technique est illustrée à la figure 1.2.

L’équipement terminal A souhaite envoyer un message à B. Le message est découpé en trois paquets, qui sont émis de l’équipement terminal vers le premier nœud du réseau, lequel les envoie à un deuxième nœud, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils arrivent à l’équi- pement terminal B. Dans l’équipement terminal les paquets rassemblés reconstituent le message de départ.

Le paquet peut en fait provenir de différents médias. Sur la figure 1.2, nous supposons que la source est un message composé de données, comme une page de texte préparée au

Figure 1.2 La technique de transfert de paquets

Réseau

Nœud de transfert

Ligne de communication Équipement terminal A

Message Paquet

Équipement terminal B Message

(22)

moyen d’un traitement de texte. Le terme message est cependant beaucoup plus vaste et recoupe toutes les formes sous lesquelles de l’information peut se présenter. Cela va d’une page Web à un flot de parole téléphonique représentant une conversation.

Dans la parole téléphonique, l’information est regroupée pour être placée dans un paquet, comme illustré à la figure 1.3. Le combiné téléphonique produit des octets, provenant de la numérisation de la parole, c’est-à-dire le passage d’un signal analogique à un signal sous forme de 0 et de 1, qui remplissent petit à petit le paquet. Dès que celui-ci est plein, il est émis vers le destinataire. Une fois le paquet arrivé à la station terminale, le proces- sus inverse s’effectue, restituant les éléments binaires régulièrement à partir du paquet pour reconstituer la parole téléphonique.

Le réseau de transfert est lui-même composé de nœuds, appelés nœuds de transfert, reliés entre eux par des lignes de communication, sur lesquelles sont émis les éléments binaires constituant les paquets. Le travail d’un nœud de transfert consiste à recevoir des paquets et à déterminer vers quel nœud suivant ces derniers doivent être acheminés.

Le paquet forme donc l’entité de base, transférée de nœud en nœud jusqu’à atteindre le récepteur. Ce paquet est regroupé avec d’autres paquets pour reconstituer l’information transmise. L’action consistant à remplir un paquet avec des éléments binaires en général regroupés par octet s’appelle la mise en paquet, ou encore la paquétisation, et l’action inverse, consistant à retrouver un flot d’octets à partir d’un paquet, la dépaquétisation.

L’architecture d’un réseau est définie principalement par la façon dont les paquets sont transmis d’une extrémité du réseau à une autre. De nombreuses variantes existent pour cela, comme celle consistant à faire passer les paquets toujours par la même route ou, au contraire, à les faire transiter par des routes distinctes de façon à minimiser les délais de traversée.

Figure 1.3

Un flot de paquets téléphoniques

Réseau

Nœud de transfert

Ligne de communication Équipement terminal A

Octet Remplissage d’un paquet

Équipement terminal B

(23)

Pour identifier correctement toutes les composantes nécessaires à la bonne marche d’un réseau à transfert de paquets, un modèle de référence a été mis au point. Ce modèle défi- nit une partition de l’architecture en sept niveaux, prenant en charge l’ensemble des fonc- tions nécessaires au transport et à la gestion des paquets. Ces sept couches de protocoles ne sont pas toutes indispensables, notamment aux réseaux sans visée généraliste. Chaque niveau, ou couche, offre un service au niveau supérieur et utilise les services du niveau inférieur.

Pour offrir ces services, les couches disposent de protocoles qui appliquent les algorithmes nécessaires à la bonne marche des opérations, comme l’illustre la figure 1.4.

Nous supposons ici que l’architecture protocolaire est découpée en sept niveaux, ce qui est le cas du modèle de référence. Nous ne décrirons que succinctement les couches basses qui nous intéressent.

Le niveau 3 représente le niveau paquet : il définit les algorithmes nécessaires pour que les entités de niveau 3, les paquets, soient acheminées correctement de l’émetteur au récepteur. Le niveau 7 correspond au niveau application. Le rôle du protocole de niveau 7 est de transporter correctement l’entité de niveau 7, le message utilisateur, de l’équipement émetteur à l’équipement récepteur.

Le niveau 2, ou niveau trame, permet de transférer le paquet sur une ligne physique. En effet, un paquet ne contenant pas de délimiteur, le récepteur ne peut en déterminer la fin ni identifier le commencement du paquet suivant. Pour transporter un paquet, il faut donc le mettre dans une trame, qui, elle, comporte des délimiteurs. On peut aussi encapsuler un paquet dans un autre paquet, lui-même encapsulé dans une trame.

Il est important de distinguer les mots paquet et trame de façon à bien différencier les entités qui ne sont pas transportables directement, comme le paquet IP, et les entités transportables directement par la couche physique, comme les trames Ethernet ou ATM.

Dans la téléphonie sur IP, une suite d’octets de téléphonie est encapsulée dans un paquet IP de niveau 3, lui-même encapsulé dans une trame véhiculée sur le support physique.

Figure 1.4 Architecture proto- colaire d’un réseau à sept niveaux

Support physique Équipement émetteur

Entité de niveau 1 Entité de niveau 2 Entité de niveau 3 Entité de niveau 4 Entité de niveau 5 Entité de niveau 6 Entité de niveau 7

Équipement récepteur

Protocole de niveau 1 Protocole de niveau 2 Protocole de niveau 3 Protocole de niveau 4 Protocole de niveau 5 Protocole de niveau 6 Protocole de niveau 7

(24)

Cependant, comme la téléphonie est une application temps réel, les paquets ne peuvent attendre trop longtemps dans le réseau. Il faut donc introduire des contrôles afin de permettre une traversée rapide du réseau. Nous détaillons ces contrôles au chapitre 6.

La problématique de base de la téléphonie

La voix sur IP adresse deux types d’applications : celles qui, comme la téléphonie, mettent en jeu une interaction humaine, laquelle implique un temps de transit très court, et celles qui transportent des paroles unidirectionnelles, qui n’exigent pas de temps réel. Cette dernière catégorie rassemble essentiellement des transferts de fichiers contenant de la parole. Dans ce livre, nous nous intéressons uniquement à la parole téléphonique.

La téléphonie transportée par paquets, et plus particulièrement par paquet IP, permet d’intégrer dans un même réseau les services de données et la téléphonie. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à intégrer leur environnement téléphonique dans leur réseau à transfert de paquets. Les avantages de cette intégration sont, bien sûr, la baisse des frais de communication, mais aussi la simplification de la maintenance de leurs réseaux, qui passent de deux (téléphonie et données) à un seul (données).

La difficulté de la téléphonie par paquets réside dans la très forte contrainte temporelle due à l’interaction entre individus. Le temps de latence doit être inférieur à 300 ms si l’on veut garder une interaction humaine acceptable. Si l’on souhaite une bonne qualité de la conversation, la latence ne doit pas dépasser 150 ms.

Un cas encore plus complexe se produit lorsqu’il y a un écho, c’est-à-dire un signal qui revient dans l’oreille de l’émetteur. L’écho se produit lorsque le signal rencontre un obstacle, comme l’arrivée sur le combiné téléphonique. L’écho qui repart en sens inverse est numérisé par un codec (codeur-décodeur) et traverse sans problème un réseau numé- rique. La valeur normalisée de la latence de l’écho étant de 56 ms, pour que l’écho ne soit pas gênant à l’oreille, il faut que le temps aller ne dépasse pas 28 ms, en supposant un réseau symétrique prenant le même temps de transit à l’aller qu’au retour. Il faut donc que, dans les équipements terminaux, les logiciels extrémité soient capables de gérer les retards et de resynchroniser les octets qui arrivent. Les équipements modernes, comme les terminaux GSM, possèdent des suppresseurs d’écho évitant cette contrainte tempo- relle forte.

Une autre caractéristique essentielle de la téléphonie provient du besoin d’avertir par une sonnerie la personne qui est appelée. La communication téléphonique est pour cela décom- posée en deux phases : une première permettant d’avertir le destinataire, et une seconde correspondant au transport de la parole proprement dite. Il existe en réalité une troisième phase, qui consiste en la finalisation de la communication lorsqu’un des deux terminaux raccroche. Cette phase utilise le même type de protocole que la première : un protocole de signalisation.

(25)

Comparaison avec la téléphonie classique

La téléphonie classique, dite par circuit, présente les mêmes contraintes temporelles que la téléphonie par paquet. Le temps de transit doit être limité pour satisfaire le besoin d’interactivité entre individus.

La limitation du temps de transit entre l’émetteur et le récepteur est relativement simple à réaliser dans une technologie circuit. Les ressources étant réservées, la voie est toujours dégagée sur le circuit, et les ressources appartiennent uniquement aux signaux qui transi- tent entre l’émetteur et le récepteur. En revanche, dans un transfert de paquets, aucune ressource n’est réservée, et il est impossible de savoir quel sera le temps d’attente des paquets dans les nœuds de transfert.

Dans la première génération de téléphonie, les signaux étaient analogiques. Ils parcou- raient le circuit sous la même forme que le son sortant de la bouche et n’utilisaient que 3 200 Hz de bande passante. Ils sont ensuite devenus numériques.

Dans la téléphonie traditionnelle numérique, le signal analogique est numérisé grâce à un codeur-décodeur, appelé codec. Le codec transforme le signal analogique en une suite de 0 et de 1. Le temps de transit est du même ordre de grandeur que le transfert du signal analogique, car le signal ne s’arrête nulle part. La seule perte de temps pourrait provenir du codec, mais ces équipements très rapides ne modifient pas fondamentalement le temps de transit. En revanche, dans un réseau à transfert de paquets, de nombreux obstacles se dressent tout au long du cheminement des informations binaires.

L’élément le plus contraignant de l’application de téléphonie par paquet reste le délai pour aller d’une extrémité à l’autre, puisqu’il faut traverser les deux terminaux, émetteur et récepteur, de type PC par exemple, ainsi que les modems, les réseaux d’accès, les passerelles, les routeurs, etc.

On peut considérer que le temps de traversée d’un PC et de son codec demande quelques millisecondes, la paquétisation de 5 à 16 millisecondes, la traversée d’un modem quel- ques millisecondes également, celui d’un routeur ou d’une passerelle de l’ordre de la millise- conde (s’il n’y a aucun paquet en attente) et celui d’un réseau IP quelques dizaines de millisecondes.

L’addition de ces temps montre que la limite maximale de 300 ms permettant l’interacti- vité est rapidement atteinte. La figure 1.5 illustre ce processus.

Le déroulement d’une communication téléphonique sur IP parcourt les cinq grandes étapes suivantes :

1. Mise en place la communication. Une signalisation démarre la session. Le premier élément à considérer est la localisation du récepteur (User Location). Elle s’effectue par une conversion de l’adresse du destinataire (adresse IP ou adresse téléphonique classique) en une adresse IP d’une machine qui puisse joindre le destinataire (qui peut être le destinataire lui-même). Le récepteur peut être un combiné téléphonique classique sur un réseau d’opérateur télécoms ou une station de travail (lorsque la communication s’effectue d’un combiné téléphonique vers un PC). Le protocole DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol) et les passerelles spécialisées (gate- keeper) sont employés à cette fin.

(26)

2. Établissement de la communication. Cela passe par une acceptation du terminal destinataire, que ce dernier soit un téléphone, une boîte vocale ou un serveur Web.

Plusieurs protocoles de signalisation sont utilisés pour cela, en particulier le proto- cole SIP (Session Initiation Protocol) de l’IETF. Comme son nom l’indique, SIP est utilisé pour initialiser la session. Une requête SIP contient un ensemble d’en-têtes, qui décrivent l’appel, suivis du corps du message, qui contient la description de la demande de session. SIP est un protocole client-serveur, qui utilise la syntaxe et la sémantique de HTTP. Le serveur gère la demande et fournit une réponse au client.

Trois types de serveurs gèrent différents éléments : un serveur d’enregistrement (Registration Server), un serveur relais (Proxy Server) et un serveur de redirection (Redirect Server). Ces serveurs travaillent à trouver la route : le serveur proxy déter- mine le prochain serveur (Next-Hop Server), qui, à son tour, trouve le suivant, et ainsi de suite. Des champs supplémentaires de l’en-tête gèrent des options, comme le transfert d’appel ou la gestion des conférences téléphoniques.

3. Transport de l’information téléphonique. Le protocole RTP (Real-time Transport Protocol) prend le relais pour transporter l’information téléphonique proprement dite. Son rôle est d’organiser les paquets à l’entrée du réseau et de les contrôler à la sortie de façon à reformer le flot avec ses caractéristiques de départ (vérification du synchronisme, des pertes, etc.). C’est un protocole de niveau transport, qui essaye de corriger les défauts apportés par le réseau.

4. Changement de réseau. Un autre lieu de transit important de la ToIP est constitué par les passerelles, qui permettent de passer d’un réseau à transfert de paquets à un

Figure 1.5

Équipements à traverser par une communication téléphonique sur IP Emetteur

Codec A

Codec A

Passerelle

Codec B Modem

ADSL

Modem ADSL

Réseau téléphonique Téléphone de

l'utilisateur distant

PC Réseau

d'accès

ISP

Codec B

Modem Modem

(27)

réseau à commutation de circuits, en prenant en charge les problèmes d’adressage, de signalisation et de transcodage que cela pose. Ces passerelles ne cessent de se multiplier entre FAI et opérateurs télécoms.

5. Arrivée au destinataire. De nouveau, le protocole SIP envoie une requête à la pas- serelle pour déterminer si elle est capable de réaliser la liaison circuit de façon à atteindre le destinataire. En théorie, chaque passerelle peut appeler n’importe quel numéro de téléphone. Cependant, pour réduire les coûts, mieux vaut choisir une pas- serelle locale, qui garantit que la partie du transport sur le réseau téléphonique classique est le moins cher possible.

Cet exemple classique illustre la relative complexité de la téléphonie sur IP. De nombreu- ses variantes existent, mais elles ne diffèrent que par les protocoles utilisés. À cette complexité s’ajoutent les problèmes liés à la traversée du réseau, qui doit garantir des temps de transit acceptables pour que l’application téléphonique puisse se dérouler dans de bonnes conditions.

Avantages de la ToIP

La téléphonie n’a jamais été une application simple. Les contraintes temps réel et de synchronisation pèsent lourdement sur sa mise en œuvre, et la téléphonie par paquet ne fait que compliquer le transport.

Cependant, plusieurs raisons expliquent le succès de la téléphonie par paquet, et plus spécifiquement de la téléphonie sur IP :

• Convergence. Quel que soit le type de données véhiculées, le réseau est unique : les flux de voix, de vidéo, de textes et d’applicatifs transitent sur le même réseau.

Les communications deviennent plus riches, et sans avoir besoin de multiplier les canaux de transport. Les utilisateurs peuvent, par exemple, envoyer un compte rendu d’activité en même temps qu’ils téléphonent à leur correspondant. Pour les utilisateurs, la convivialité est accrue. En entreprise, la productivité est améliorée.

Pour les administrateurs, un seul réseau est à administrer, ce qui simplifie grandement la gestion.

• Optimisation des ressources. Le réseau IP utilisant un transfert de paquets, l’utilisa- tion des ressources est optimisée en comparaison des solutions de type commutation de circuits. Dans le réseau RTC, qui est à commutation de circuits, des ressources sont dédiées pour toute la durée de la communication, qu’elles soient utilisées ou non. Or les très nombreux silences d’une conversation téléphonique rendent le dimensionne- ment du canal réservé systématiquement trop grand. Pour que la voix supporte simul- tanément la superposition des deux paroles correspondant aux deux intervenants d’une communication téléphonique (full-duplex), les réseaux RTC doivent allouer pour chaque intervenant des canaux différents, l’un en émission, l’autre en réception. Dans la pratique, lors d’une conversation téléphonique, une seule personne parle en même

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