Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Journal des débats politiques
et littéraires
Journal des débats politiques et littéraires. 16/03/1892.
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tes
des appels des territoriaux desclasses1878et
1879pendant l'année
1892.En une seule série, du
lundi
16 mai au di-manche 29 maiINFANTERIE'
Les dépôts
et
sections hors rang et lesbatail-lons autresque les 1" et 2° dans les régiments
territoriauxde numéros pairs suivants:
De 2 à -12, de 18 à 32, de 52 à 86, de 90 à 120, 124, 126, 128, 138, 140, 142, 144 et 145.
ARMÉE TERRITORIALE
Les dépôts et sections hors rang et les
batail-lons autres que les i«» et 3» dans le4°, 88<>et122»
régiments territoriauxd'infanterie. SEINE
10 Toutesles compagnies des numérospairs
2° Toutes les compagniesde dépôt. Seront convoqués en automne
1»'Les territoriauxdes régiments d'infanterie
Indiqués ci-dessus,' appartenantaux
i"
et2« ba-taillons, à l'exception des 4«, 88» et 122»régi-ments, dans lesquels les bataillons convoques en automne sont les ;'i« et 3°.
2» Les territoriaux affectés aux régiments
ter-ritoriaux d'infanterie.
30 Les territoriauxaffectés à l'artillerie.
4° Les territoriauxaffectésaux escadrons des numéros pairs
de
cavalerie; ainsi que ceux af-fectés à la partie du dépôt désignée pour leses-cadronspairs.
Seront appeléspar ordre d'appel individuel,
du lundi 16 mai au dimanche29 mai, les
terri-toriaux des classes 1878 et 1879 affectés comme
brancardiers.Les territoriaux provenant des
ba-taillons d'infanterielégère d'Afrique.
Seront appelés dans le cours de l'année et par
ordre d'appel individuel, les territoriaux affec-tés à des services spéciaux gendarmerie,
greffes de justice militaire,service télégraphi-que, etc.
m
EXPOSITIONS
D'ART
Î.G.
Pelouse.
Le Salon de M.Peladan.
Lès Peupliers dé ClaudeMôaet. M. Kuehl.
Lêon-Germain Pelouse, dont
la
mort excitadés
regrets
unanimes, futun
peintrelabo-rieux
et délicat,un
paysagiste sincère,très
épris
de son métieret
deson art,un
honnête hommed'une
modestie charmante,d'autant
plus
exquise qu'elleest
devenue plus rare denosjours. De son
vivant,
il ne prétenditja-mais
à la
gloire son exposition posthumen'est
pasnon plus une
candidature àl'apo-théose.
Elle
a été exactement conçue, prépa-réeet
présentée commeil
l'eût souhaitée lui-même.En réunissant
une dernière fois les "fragments épars deson œuvre, d'ailleurscon-sidérable, sa famille
et
ses amis ont voulu simplementrendre
àla
mémoiredu
cher mort l'hommagequilui était
dû,et témoignerde la façonla plus digne de
lui du grand
la-beur, du
double amour dela
nature
et del'art
quiremplirent
sa vie.Quand il débuta, vers 1865, les maîtres, les
créateurs du
paysage moderne vivaient en-core, maisleur
œuvre étaità peu
près ac-complie.Ils
avaient conquis pourleurs
suc-cesseurs le droit d'exprimer tousles aspectsdela terre
deFrance;
ilsleur léguaient un art
affranchi; niaisle
beaulyrisme quiavait
rem-pli leur cœur, l'enthousiasme sacré qui avait fait d'eux les prêtres inspirés enmêmetemps que les
portraitistes
fidèles de lanature
ma-ternelle, les jeunes hommes qui arrivaient àla vie ne semblaient
plus
les éprouver. Onparlait
de véritéplus
que de poésie; chacunpensait
as'établir paisiblementdans
son coinde
jardinou de prairie et s'occupait àpein-dre,
consciencieusement maispetitement,
avecune
virtuosité modérée, des morceauxdenature.
Pelouse, que ses parents destinaientâa
commercede la draperie,avait
été amenéà
la peinture par
une vocation sérieuse,assezforte pour triompher de beaucoup de résis-tances
et
accepter joyeusement beaucoupdeprivations. Il était doué
d'ailleurs
d'une âmebien
équilibrée et quellesqu'aient pu
être, àses heures de début, les difficultés de son existence, il
n'alla
jamais demanderà lana-ture
l'apaisementd'un
cœur ravagé oud'une
sombre mélancolie. Cen'était plus
le temps où les peintres, comme René, criaient aux solitudes « Levez-vous,orages désirés1II
Ivisita d'abord la Bretagne,
puis
ilrevint aux
clairs paysages del'Ile-dë-France, et dans laBuite, avec quelques
retours
en Bretagne,laFranche-Comté et les bords de
la
Meusefu-rent
sesplus
lointains voyages.Le succès, un succès de bon a!oi, lui
vint
vite. Fromentinfut
charmé de cequ'il
découvrait chez cedébutant
de finesse detouche et de vision. On pouvait sans doute
peindre plus -grandement, dégager des
as-pects plus, significatifs et plus
synthéti-ques
du
ciel, des champs et des grands horizons.Etpeut-être,
occupéqu'il était
auxanalyses
minutieusesdu détail,
à l'étudeserrée et poussée des formes individuelles et
des accidents, le jeune peintre
s'attarda-t-il
trop
souventà
de menues notations,un
peumaigres. Souvent aussi, dans la composition de ses
grands
tableaux, une certaineindéci.
sionse fait
sentir.
Le paysage semblecommeflotter dans la toiletrop
grande;
l'impression,un peu
délayée, s'évapore et se perd.Mais
une
sincéritéet une
probité aussiexemplaires devaient avoir
leur
récompense.Commeil ne voulut jamaisavoir
l'air
depar-ler plus haut
que les voisin3 ni d'en dira plus long qu'iln'avait
éprouvé,il
a fixé enquel-quespaysages délicieux des impressions de
jour
finissant, de fins branchages profiléssur
des fonds de ciels., qui rougissent ou sedorent,
le
charme frileux des premières fron-daisonsou
bien encore,l'intimité
des humbles maisonsrustiques,
des villagesser-rés au
bordd'un
fleuve, sous legrand
ciellu
mineux
et
lesjeuxdélicats de la lumièrequi met
des tapis veloutés sur les flancs descollines ou modèle sous ses caressesles
plans
robustes
desterrains.
11 restera,
dans
notre école de paysagistes,comme
un
de ces poèteshabitant
les
coteauxmodérés
qu'aimait
Sainte-Beuveet
l'étudede l'ensemble de son œuvre, si variée et toujours si honnête,
aura
confirméla
bonne renomméedurableet
très enviable désormaisattachée à son nom.
1
Il
me semblequ'on
a
très bien et très suf-fisammentparlé
icidu
Salon de M. Peladan.Si MM. Henri Martin, Séon, Monchablon,
Knopf, Desboutins, Carlo3 Schwabe,
Val-green, Point exposaient pour
lapremièra
fois, nous pourrions sans doute discuter ou louerleurs
envois mais ils ne sont pas desincon-nus
pour nous,et
laplus grande partie
des tableaux ou dessins qu'ils exposent chez Du-rand-Ruelont
déjàparu
auChamp-de-Marsouaux
Champs-Elysées, chez Georges Petit ouà
quelque exposition de cercle.I's
ne nousapprennent
absolumentrien
de nouveausur
leurs auteurs, et
cen'est vraiment
pas lapeine de
revenir sur
ce que nous avonspu
en dire.La plupart
d'ailleurs procèdent de quelquespeintres
contemporains, leursaînés; leur
originalité estsurtout
labo-rieuse. Reste donela
« manifestation »elle-même.
Je
ne saurais assez témoignerdu
malaise mêlé de dégoût que de pareils
spec-tacles
m'inspirent.
Les organisateurs de la chosese réclament de maîtres,et
d'idées quebeaucoup
d'autres
ont aimés avant eux etd'un
culte plus
profondet plus
discret. Toutes lesfois
qu'il parlent
des primitifs, del'art
dumoyen âge
ou
prétendents'en
inspirer, c'estd'un
tonet d'une
manièrequi
donnent à penserqu'ils ne
lesont jamaisétudiés sérieu-sementet
queleur
ignoranceest
égaleà leuraplomb.Laissonsdonc passer cette mascarade ridicule
et
impie etretournons
à nos maîtres français, très simpleset
très grands, qui nese
reconnaissent pasdans
cette descendance imprévue et malsaine. Donnons actepourtant
à
M. Hodler (un paysan bernois qui est entrédams
l'art
avec ses allures de paysan etque
lalittérature
gâteras'il
se laissefaire) de sesAmes déçues qui
reparaîtront
au Champ-de-Mars et dontnous parlerons
alors; à M.Isaac Dathisde ses
panneaux
décoratifspour
la salle des Gardes de l'hôpital dela
Charité,qui
sont
pleinsd'intentions
délicateset
non sans charme. Tout le reste va de l'acadé-mismeleplus
corrompu à l'incohérence laplus pénible, ou bien finit dans l'érotismele
plus malsain.
Il
flotte dans les coins desodeursde mauvais lieu. Sortons vite.
Dans une sallevoisine, Claude Monet expose
uce
suite de variationssur
les peupliers^ duplus[beaulyrisme. Je sais lesrésistancesqu'on
oppose à cette peinture et je ne rétracte rien
des objections que
j'ai
eu
l'occasion delui
faire plusd'une
fois. Mais ily
a làun
poète etun
décorateur,et
je voudrais voir utiliser, pour lagrande
décoration monumentale, lesdons qui débordent dans ces toiles trop étroi-tes.
Enfin,
rue
de la Paix,un
peintre bavarois bien connuà Paris
et qui expose fidèlementà
nos Salons,M. Kuehl,aréuni
une douzainede petites toiles, qui
sont
de grandevaleur.
Intérieurs hollandais, autels d'églisesjésuites aux architectures ronflantes,tête à
tête silen-cieuxde bonnes gens près de fenêtres auxpetits carreaux ouvrant
sur
des coinsdever-dure, M. Kuehl raconte
tout
cela en peintreépris de la lumière, avec
la
plus
subtilefi-nessed'oeiletdepinceau.
J'enparlerais
davan-tage si je n'avais souvent
dit
ici,et
à proposde quelques-uns des tableaux exposés
au-jourd'hui,
la
grande
estimequeje faisde sontalent.
m
INFORMATIONS
Une nouvelle explosion
dedynamite
•
àParis.
Un
nouvel attentat vient
d'être
commispar
les anarchistes. Dans la
nuit
delundi
àmardi, à
une
heure et demiedu
matin, une explosion formidable a jeté l'émoi dans lequartier
de l'Hôtel de Ville. Une cartouchededynamite
placéesur
l'entablement d'une
fe-nêtre
de la caserne Lobau venait d'éclater.On sait que
la
caserne Lobau se trouve si-tuée entre l'Hôtel de Ville etla
mairiedu
4« arrondissement et qu'elle
est
occupée pardes gardes municipaux. A l'angle de
la
place Saint-Gervaiset
dela rue
François-Miron,contrele
mur
môme de la caserne se trouveun
urinoir. C'estsur la
fenêtre grillée qui s'ouvre au-dessusde cet urinoiret à
lm60en-viron du sol
que
la cartouche avait étépla-cée. A
l'heure
oùl'attentat
a été commis, ilétait
facile àune
ou à plusieurs personnesdes'arrêter
àl'urinoir
et de déposerl'engin sur
la fenêtre sans être remarquées; c'est ainsidu
moins, suppese-t-on, quelesauteurs
de cette nouvelle tentative criminelle ontdû
procéder. Aussitôt après l'explosion,la
sentinelle dela
caserne, suivie des hommes de garde, est accouruesur
les lieux, tandisqu'on
faisait prévenir le commissairede police, M.Duran-ton, et le préfet de police. On a
pu
se rendrecompte immédiatementdes dégâts causés. En éclatant, la cartouche
avait
descellé les bar-reauxde la fenêtre et creusé dans l'entable-mentun trou
de 10 centimètres deprofon-deur. Dans le réfectoire,éclairé parla fenêtre,
tout était
renversé et brisé.Le cantinier, M. Giovânetti, avait disposé
la veille, les couverts pour le premier repas
du lendemain. Des débris d'assiettes et de
verres jonchaientle parquet. Toutesles
vitres
de la caserne étaient tombées. Une barre de
fer de2 mètresde longueur avait été projetée
en
traversant
uneautre
fenêtre dans une courintérieure.
A deux heures du matin, M. Lozé, préfetde police, accompagné de MM. Viguié, chef du
cabinet, chefde la police municipale Bessac, officier de paix, et Revech, capitaine de
la
garde républicaine, estarrivé
àla
caserneLobau.
A son tour,
il
s'estrendu
comptedes dégâtset
a recueilli quelques renseignements. Unvoisin, nommé Tremintin, a déclaré
qu'une
minute avant
l'explosionil avait aperçu une femme qui s'enfuyaitvers
larue
François-Miron. Un
passant
avu
deux individus quis'enfuyaient
également dansla
directiondu
pontd'Arcole. Ils
étaient vêtus
de blouses sombres et coiffés de chapeaux noirstrès
usés.L'un
d'eux était de taille moyenneet
portait une moustache noire. Le secondétait
plusgrand et
portait, une moustache rousse.Comme on le voit, les indications sont assez vagues.
M. Girard, chef
du
Laboratoire municipal,c'est
rendu
cematin à la caserneLobau
pour examiner les traces laisséespar
l'explosion.De
leur
coté, M. Lozéet M.Duranton,com-missaire de police
du quartier,
sont revenus àsept
heuressur
lelieu
del'attentat et
ontprocédé
aux
constatations des dégâtsqu'a
eu àsubir
la vieille église Saint-Gervaisquin'est
séparéedela
caserne quepar
la place Bau-doyer.Tous les
vitraux
ont été atteints, particuliè-rement ceux situés à droiteet à
gauche de la porte d'entrée,représentant
le baptême deJésus-Christ, saint
Jean
etsaint
Nicolas, etdatant
du
treizièmesiècle. Ces deuxvitraux
d'art,
que le curé de la paroisse évalueà
15,000 fr. chaque, ont été
littéralement
cribléspar les projectiles renfermés dans
la
car-touche.A
huit
heurts
et demie, M. le généralLad-vocat, accompagné de son officier d'ordon-nance, et M. le colonel Mercier, de la garde républicaine, venaient constater les dégâtsde
la caserne Lobau.
Les immeublesde
la
rue François-Miron, notamment les n88 4, 6, 8 et 10, ont eu tousleurs
carreaux brisés.M. Duranton a fait photographier
l'urinoir,
pour avoir la dimension des
trous
produits par les balles que contenait la machine in-fernale. On a retrouvé des fragments del'en-veloppe dé la cartouche de dynamite.
Tous les postesde police
sont
doublés, et àpartir de ce soir, des rondes de
nuit,
perma-nentes vont se faireautour
dela
caserne.L'enquête se
poursuit.
Les dégâts occasionnésparl'explosiondans la caserne seule sont relativement minimes
on les évalueà 300 fr.
D'aprèsM. Girard, directeur du Laboratoire
municipal, l'explosif que renfermait
l'engin
serait du
picrate de potasse.M. Duranton,commissairede police, a opéré deux arrestations qui
n'ont
pas été main-tenues.Toutle personnel
du
cabinetdu
préfet depolice a été mandé
par
dépêcheà quatreheu-res
du
matin. Le préfet a fait rechercher dans les dossiersles noms des anarchistes françaiset
étrangers habitant
le département dela
Seine. Une liste comprenant. près de 300noms
a
été remiseau
préfet à six heu-resdu
matin, et,durant
la première par-tie de la journée,M. Lozé a conféré avecplu-sieurs
membresdu
parquetau
sujet desme-sures à
prendre
contre les anarchistes.Il
est presquecertain
que des perquisitionset desarrestations
auront
lieu lanuit
prochaine.Un certain nombre d'anarchistes étrangers seront reconduits
à
la frontière.Il semble
résulter
del'enquête à laquelle on s'est livré que lesauteurs
del'attentat
avaient eu d'aborde.n vue la préfecturede policeelle-même. <
De onze heures
du
soir àune heure
dumatin, des individus aux allures suspectes n'ont cessé de rôder
autour
desbâtiments
dela préfecture
et
de la casernedela
Cité. Detempsen temps, des coups de sifflet donnés
par
ces individus se répondaientd'un
bout àl'autre
des bâtimentset
cen'est, croit-on, quelorsqu'ils ont
vu
qu'il leur était impossiblede déposer
leur engin
sans êtreaperçus
parles agents que les anarchistesse
sont
rendus à la caserne Lobau.Les recherchesfaites
sur
le lieu de l'explo-sion ont amenéla
découverte de petitsfrag-ments de cuivre mis
en
fusion par la violence de l'explosion.La bombe qui a servi à commettre
l'at-tentat
doitêtre
une enveloppe de cartouchedemélinite semblableà celles on usage
dans
l'arméa. Maison
suppose, en raisondu peu
d'importancedes dégâts, que celle-ci ne con-tenait qu'environ 200 grammes de
dyna-mite.Un grand nombre de commissairesde
po-lice de Paris et de la banlieue ontété invités hier soir, par dépêche, à se rendre dans
la
nuit au
cabinetdu
préfet de police.Ces commissaires ont reçu des mandats
leur enjoignant d'exécuter
au
leverdu
jourdes perquisitions
au
demiciledes anarchistesmilitants habitant
le département de laSeine. Ils
sont
en outre porteurs de mandatsd'arrêt qu'ils
n'exécuteront que s'ilstrouvent
au
domiciledes anarchistes des matièresex-plosibles
ou
des documents établissantleur
affiliationà des Sociétés secrètes.La
plupart
des mandats visentles révolu-tionnaires étrangers. Ceux chezlesquels ontrouvera
une
preuve quelconqued'acquiesce-ment
à la « propagande par le fait » seront l'objetd'un arrêté
d'expulsion. Lesposses-seurs de matières explosibles seront déférés aux
tribunaux.
Tousles corps de garde ont été doublés dans
la
soiréeet
une surveillance spéciale,faite par les agents et les inspecteurs de po-lice, a été organisée
autour
des monuments publics. Cette mesure aparu d'autant plus
nécessairequ'une
lettre anonyme reçuehier
par
le
préfetde police l'informait que, malgré ces précautions, les anarchistes,continuant
leur
œuvre, feraientsauter
prochainement le Palais deJustice,
la préfecture de police,une
église,une
maison de banque et une ambassade.Il est
possible que cettelettre
soit l'œuvred'un
mystificateur. Quoiqu'il
en soit, toutes les mesures sont prises.Hier, vers dix heures trente-cinq,
le
nomméLouisVilleneuve, âgé de
trente
etun
ans, néà
Magny(E ure-et-Loir) a étéarrêté aumomentoù, à l'aide
d'un
timbre humide, il opposaitsur
les affiches colléessur
lesmurs du
lycée Voltaireetde l'école communale del'avenue
dela
République, les mots«
Abas la
pa-trie
I
Viv» l'anarchie »Pendant qu'on le poursuivait,
il
apu
jeter son timbre, qui a été retrouvé dansun terrain
vague de la rue Spinosa.
L'inculpé a été remis entre, les mains da M. Hamon, commissairede police, qui
l'a
faitconsigner au poste Saint-Antoine.
Troubles
à
la
Vacuité de
Médecine
d»Lyon.
Nous recevonsles dépêches suivantes
Lyon, le 15 mars.
A
la
suite des troubles dela
Faculté deMéde-cine, le ministrede l'instruction publiquea
dé-légué M. Liard, directeur de l'enseignement su-périeur, pour se rendre à Lyon et étudier sur
placela situation de la Facultéde Médecine.
Les cours et les cliniques restent donc
provi-soirement suspendus.M. Liard arrivera dans
la
journée.
Lyon, le 15 mars.
Les étudiants en médecine se sont réunis ce
soir au nombrede 400 environ. Après avoir
en-tendu le rapport de M. Cion, l'assemblée a adopté à l'unanimitél'ordre du jour suivant
« 10 Les étudiantsen médecinen'hésitentpas
à désapprouveret à blâmerles paroles
injurieu-ses adressées à la personnede M. Morat ou à sa
famille, mais
ils
maintiennenténergiquement leurs observations primitives, et regrettent lapartialité du professeur de physiologieà l'égard
des étudiantscivils. Ils espèrent que cette
par-tialité cessera à l'avenir;
» 2° Ils comptent que les mesures établissant
l'éga+itécomplète au point de vue des avanta-ges entre civils et militairesseront rapidement
appliquées;
» 3° Pour éviter des scandales «t des conflits
graves, ils comptent qu'une répression sévère empêchera le retourdesagressionsdont les
étu-diantscivils ont été victimes de la part des militaires dans les hôpitaux, et ils insistent pour que des excuses publiquessoientfaites
» 4<> Ils maintiennenténergiquement le vœu
qu'il n'y
ait
aucune poursuite, aucune peine disciplinaire appliquéeaux étudiantscivils re-lativementaux faits des lundi 7et
mercredi 9mars;
> 50 Si une satisfaction complète leur est
ac-cordée, les étudiants s'engagent à reprendre
dansle plus grandcalme la scolarité. >
La réunion adopte ensuite l'amendement qui suit
< L'assembléeconfirme sa confiance à M. Cion
et le chargé de transmettre auxpouvoirs
uni-versitaires l'ordre du jour voté. »•
La
question économique.
Hier matin, M. Millerand, député de la
Seine, a présenté à M. le
ministre
dtf com-merce et de l'industrie MM. les présidents des six chambres syndicales formant l'Asso-ciation générale destissus et
des matières textiles. Ces Messieurs ontentretenu
M. leministre
du danger
que fait courir à leursin-dustries
lasituation
quileur
est faite parl'application desnouveaux tarifs espagnols et
lui ont demandé d'appeler
sur
cepoint
l'at-tention
du Parlement.La délégation a reçu le meilleur accueilde
M. le ministre qui a promis d'examiner avec
le plus sérieux intérêt la requête qui lui était présentée.
m
NOUVELLES
DIVERSES
l'arrestation
DESfrères
PURDIEOna vuque la Chambredes Communes s'est
émue de l'arrestation et du maintien pendant
quatrejours sous les verrous de M. William Purdie et de son frère.
Ces deux gentlemenont été arrêtés sur la
dé-nonciation d'une femme qui affirmait avoirété volée par l'un d'eux. ConduitsdevantM. Orsati, commissaire de police de Boulogne,les deux Anglaisn'ont pu fournir que des explications embarrassées et se sont refusés à indiquer leur
domicile.
Le commissaire de police chargé de
la
sur-veillance du champ de courses d'Auteuil a cru avoir affaire à deux pick-pocketset il a fait une
réquisitionà la gendarmerie de
la
Seine pourfaire conduire les deux inculpés au Dépôt. Les
formalitésde transfert ont duré deuxjours. Les
frères Purdieontété ensuite déférés à un juge
d'instruction, qui a attendu des renseignements
demandés à Londres,avant de prendre une dé-cision.
Il est regrettable que MM. Purdien'aient pas
.pu immédiatementjustifier de leur identité, ce
quiaurait évité la méprise. Dès que le juge
d'instructiona reçu de Londres des
renseigne-ments
établissant
l'honorabilité des prévenus,il les a fait remettre immédiatementen liberté.
LA BANDE CRAMPON
Le derniercomplice de Crampon a été arrêté
par le service de la Sûreté. C'est un nommé
Paul Gaignier,âgé de vingt-quatreans, garçon A. M.
marchandde vin,demeurantrue des Haies,
7j
Les agents avaient appris que cet individu avait pour maîtresseune fille soumise nommée Hen-rietteGeffrotin,ditela Crevette,bien connuedansle quartierMaubuée, et qui a déjà subi plusieurs
condamnationspour vol. Mais depuis
l'arresta-tion de Crampon et de sa maîtresse, elle avait
disparu et s'étaitréfugiée à Charonne.C'est là que le brigadier Prince l'a arrêtée avec son amant. Gaignier, amené dans le cabinet de
M. Goron
et
fouillé, a été trouvé porteur d'unportefeuille contenant divers papiers, parmi lesquels
un
certificat de travail délivré par lesieur Cissé, marchand de vin, rue de Picardie,
22. Gaignier s'était placé chez le père Cissé en
qualité de garçon, et avait indiqué le vol à ses
camarades. C'était, du reste, le moyen employé par
la
bande Crampon; c'est sur les indicationsJe Plessis, le garçon employéchez M.Frocinel,
rue duBac, que celui-ci avaitété dévalisé.
Le prince Arthur, duc de Connaught et la
prinéesse Louise, sa femme, venant de
Ports-mouth, ont pris hier après-midi,à trois heures, le train à Calais qui arrive à sept heures du soir
à Paris.
Le train ayant trois quartsd'heure de retard,
le duc de Connaught n'est arrivé qu'à huit heures moins un quart. Il a été reçuà la gare du Nordpar le directeurde la Compagnie du South Eastern Railway.
Le duc de Connaughtet la princesse Louise
se sont rendus immédiatement à l'hôtel
Liver-pool, oùils occupent les appartements du
pre-mier étage donnant rue de Castiglione et du Faubourg-Saint-Honoré.
Un valet de chambre et une femme de
cham-bre accompagnaientle duc et la duchesse.
Le duc de Connaught a
dîné
à l'hôtel.Ilrepar-tira dans trois jours pour Hyèresoù il arrivera
en même temps que sa mère la reine Vic-toria, qui voyagera accompagnée des trois
enfants du due les princesses
Marguerite-Victoriaet Victoria-Patricia etle prince
Arthur-Albert.
Le duc de Connaught et sa femme voyagent
sous le nom de lord et lady Sussex.
A la suite d'une lettre de provocation adres-sée parM. le marquis de Morès à M. Frédéric Isaac à l'occasion des événementsde Fourmies, M. Isaac a prié deux de ses amis, MM. Ernest Leblancet EugèneDubief, de demander àM. de Morèsune réparation par les armes.
M. de Mores a constitué comme témoins MM. le comte P. de Pradel de Lamase et Jules Guérin.
M. Isaac n'ayantpas obtenu la réparation qu'il sollicitait, une rencontre a eu lieu hier dans l'une des îles de la Seine voisines deParis.
Au premier engagement, M. Isaac a été
at-teint, au-dessousdu sein droit, d'une blessure
qui a provoqué une violente hémorragieet a mis fin au combat.
L'état du blessé est sans gravité.
Mm<JveuveWorth, qui demeurait rue de
Mon-treuil,39, vient de mourir à l'âge de cent trois ans et demi.
La fille da général Louis Main, qui
comman-dait une brigade dans les arméesde
la
premièreRépublique, vientde mourir.Elle habitait une mansarde dans le passage Saint-Pierre-Amelot et n'avaitpourmoyen d'existence que les dons qui lui étaientfaits par le bureau de bienfai-sance de l'arrondissement. Elle était âgée de
quatre-vingt-sixans.
DÉPARTEMENTS
aix, le 15 mars. Ce matin a eu lieu
l'exé-cution de Cournon l'assassin dé* la jeune
Anna Faure, condamné à mort le 25
décem-bre dernier. Une foule nombreuse, maintenue
par un 'fort détachement du 3» de ligne,
assis-tait à l'exécution qui a eu lieudevant la
pri-son. Descris prolongésn'ont cessé de retentir
pendant les préparatifs.
Cournona été réveillé à cinq heures vingt-cinq minutes, il est devenu livide quand on lui
a annoncé que son recours en grâce avait été
rejeté
fit
qu'il devaitse préparer à mourir. Il ademandé à se coafesser
et
il a entendu lamesse, qui a été dite par lePère oblatMichelat.
Pendant la toilette, comme on le ligottait trop fort, Cournon s'est écrié « Vous me faites
mal t>
Le trajet de
la
prison à la guillotinea duréune minute vingt secondes.
Coujnon
a
embrassél'aumônier, le PèreMi-chelaM| lecrucifix.
Puis
If
a été jeté sur la bascule. Sa têtetom-bait presqueaussitôt dans le panier.
Le corps a été remis aux pénitentsbleus, qui
l'ont porté sur les épaules jusqu'aucimetière.
Les pénitentsétaientescortés par un piquet de
gendarmerie.
brbst,
le 16mars.
L'anarchiste Martinet,condamné récemment à six mois de prison par
la Courd'assises de Paris, a donné hier soir, à
la salle Venise, sa seconde conférence. Il n'aeu
aucun succès.Toutes ses déclarations
anarchis-tes ontété huées par les ouvriers présents,
sur-toutcelles par lesquelles il a conseillé aux
ou-vriers du port de ne pas obéirà leurs chefs.
Ce soir auralieu une seconde conférence anar-chiste. Martinet a annoncé qu'il partait demain pour Saint-Malo afin de gagner l'Angleterre. Il
craintd'être arrêté d'un moment à l'autre.
En sortant d'une des réunions, la policede
Bresta arrêté un ouvrier brestois nommé
De-meule, faisant partied'un groupeanarchiste, qui imjuriait les agents. Demeule a été trouvé
por-teur de brochures anarchistes destinées à être distribuées dansle port.
chambéry,
le
15mars. La porte d'unepou-drière pratiquée dans un rocher de lamontagne
de la Chambotteet appartenantà M. Basso,
en-trepreneurde travaux publics à Saint-Germain, canton d'Albens, a été forcée.
M. Basso a constaté qu'il manquait 32
car-touches de dynamite à sa provision de cet explosif.
bpinal, le 15 mars. Ce matin, vers cinq
heures moins un quart, la sentinelle de faction au Parc à fourrages militaires, dit de la Vierge,
donnait l'alarme. Un incendie venait d'éclater
dans un bâtiment renfermantenviron six mille
quintauxde foin comprimé.Malgré la prompti-tude des secours, on dut se contenter de proté-ger les autres bâtiments contigus au magasin
en feu Toute la garnison est surle lieu du
si-nistre, dontles causes sont encore inconnues.
m
PETITES
INFORMATIONS
Ville de
Paris.
M. Lauriol, ingénieurordi-naire des pontset chaussées de lr° classe,
atta-ché à la résidence de Chartres, a été mis à la
disposition du préfet de la Seine pour être
atta-ché au service municipal de la ville de Paris, en remplacement de M. Callon, appelé àrem-plir les fonctions d'ingénieur en chef. Il sera
considérécomme étant en service détaché.
Conférence. Dimanche prochain20 mars, à
deux heures etdemie, M.Henri
Becquerel,mem-bre de l'Institut, fera au Conservatoire des arts et métiers une conférence sur les travaux de son pèrerelatifs à la photographie, l'héliochro-mie et les actions chimiques de
la
lumière.Nomination. M. le général Deffis, sénateur,
est nommé membredu comité supérieur de la
Caisse des offrandes nationales, en remplace-ment de M. le vice-amiralPeyron,décédé.
Faculté des Lettres. M. l'abbé L.-Cl.Delfour,
professeur de rhétorique à Saint-Stanislas, à
Nîmes, soutiendra les deux thèses suivantes pour le doctorat devant la Faculté des Lettres
de Paris, en Sorbonne, le vendredi 18 mars, à
midi:.
Thèse latine De narrationibus qnœ swit in
sanctiÀugustini sermsnibus.
Thèse française la Bible dans Racine.
Tentes à Vhôtel Drouot. On vient de termi-nerà PbâtelDrouot,la ventedes livres rares et
précieux,manuscritset imprimés dont se com-posait la bibliothèquede feu M. Emile Muller,
notaire âJBruxelles. Cette vente faite parMe
De-lestre,"ef le libraireDamascèneMorgand a
pro-duit225,000 fr. Nous donnons ici les prix les plus élevés
La Sainte-Bible, éditée à Paris en 1711, par
Desprez et J.-B. Desessartz, superbe exemplaire
dans une charmantereliureen mosaïquede Pa-deloup,6,100 fr.; l'Histoire du Vieux etdu Nou-veau Testament, dédiée au dauphin, à Paris,
chez Pierre Le Petit, 1670, édition originale or-née à chaque feuillet d'une figure gravée sur
cuivre,avec les deux figures de Sébastien Le-clerc, 3,200 fr. le Psautierde David,édition
im-primée en 1586 sur l'ordre de Henri III, pour sa
chapelleet pour l'usage de sa cour, à Paris,chez Jamet Mettayer, 3,300 fr. Heures manuscrites
sur vélin de
la
première moitié du quinzième siècle, reliure monastique, 1,600fr.; autrema-nuscritdu quinzième siècle, Heures, sur vélin,
avec reliure du seizième,2,250fr. manuscritsur
vélin, Hors, exécuté vers la fin du quinzième
siècle, orné d'un grand nombre de miniatures
sur fond d'or, pardes artistesflamands,8,450 fr. Heuresà l'usagede Rome, volume imprimé en 1498,par Pigouchet pour Simon Vostre,2,500fr.; Grandes Heures de Tory, imprimées à Paris,
en 1531, avec figures sur bois, 1,920fr.
Missel à l'usage de l'abbaye des Prémontrées, précieuxmanuscritsur vélin, écrit en rouge et en noir, exécuté pour Pierre de Blok, de Gand,
l'un des prieurs de l'abbaye, 5,800 fr. Les
Œu-vres d'Origène, publiées par ^cachin Périon, àParis, en 1556,exemplaire du roi rien?i H, avec ses armes, sa devise et une des plus riches
re-liures qui aient été faites pour Henri II et Diane de Poitiers, 18,100fr. L'Artdebien vivre, publiéeà Paris, ea 1492, par Antoine Vérard,
avec superbes gravures sur bois qui comptent parmi les chefs-d'œuvre du quinzième siècle, 6,100 fr.
Suite d'estampes pour servir à l'histoire des
mœurs et du costume français dans le
dix-huitième siècle, chef-d'œuvre de Moreau le
jeune et le plus bel ouvrage illustrédu siècle
dernier, 10,200fr. Les Métamorphosesd'Ovide,
traduction de l'abbé Banier, édition de
Pa-ris, de 1767 à 1771, avec figures de Moreau,
Eisen et autres, 8,550 fr.; le Roman de la Rose,
jolie édition de 1529* avec gravures sur bois,
6.C00fr.; premièreéditioa des œuvres de
Ron-sard, Paris 1567,avec le poème de la Franciade, 1,415fr.; Fables choisies de La Fontaine, édition Desaint, Saillant etDoroud, Paris, 1755-1759,sur grand papier de Hollande, avec les épreuves de
premier tirage des figures d'Oudry,6,600fr.; deux éditions des Conteset Nouvellesde La Fontaine, de 1762et1778, l'une, exemplaire des fermiers
gé-néraux, ont été adjugées1,500et1,550fr.; lesChan-sonsde La Borde avecfiguresde Moreau, Le
Bar-bier et autres, àParis, I773,chezLormel,5,010fr.; les Chansonsde Béranger, édition Perrotin, de
18i7,à laquelle on avait ajouté de nombreuses
gravures, 1,505fr. la Jérusalem délivrée, illus-trée par Gravelot,l,t>50 fr. le Théâtre de Pierre
Corneille,avec figures de Gravelot, exemplaires
aux armes de la comtesse du Barry, 2,100 fr. Molière,figures de Moreau, 1,600fr. Racine, fi-gures de Gravelot,1,520fr. l'Histoire du
Saint-Graal, édition de 1523,très rare, exemplaire du roi Louis XIV,2,900 fr. Ponthus et la belle
Si-doine,
roman de chevalerie imprimé à Lyonvers 1480,vraisemblablement la première édi-tion,2,000fr. Œuvres de maîtreFrançois Ra-belais,avec les remarques de Le Duchat et les
figuresde B. Picart,8,000 fr. l'Histoire de Ma-non Lescaut, imprimée en 1797 par Firmin
Di-dot, 1,900fr.
Le Temple de Gnide, édition Le Mire, 1772, avec figures d'Eisen, 5,500
fr.;
les Liaisons dan-gereuses, avec lasuite complète des eaux-fortes, très rares, 2,800 fr. Mademoisellede Maupin, édition originale, 1,250fr.;
Recueil général desCaquets dé l'accouchée, imprimé à Paris, en 1623,première édition de cette facétie, avec une superbereliurede Trautz-Bauzonnet: 8,500 fr. le Songe de Poliphile, édité par les Aides, en 1199, à Venise, exemplaire de la première édi-tion, 1,900fr. Salluste, la conjuration de
Cati-lina,Venise,1509,première édition aldine,
re-liuredes plus élégantes, avec le nom et la de-vise de Grolier, 7,600 fr.
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Magasin d'éducation
et
de récréation,.Sommaire
du
n° 654du
16 marsLechâteau des Carpathes (chapitreVI),
par
Jules Verne.
La mère Bontemps, parS.
Le sauvetage maritime,
par
Ch. Canivet. Les aventures d'une poupée: High-Life, par B. Vadier. Bébés et bonbons, par F.Dupinde Saint-André. Le rubis
du
Grand-Lama Politique mondaine, par A. Laurie.
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Paris,
14 fr.; Province,16 fr.; Union, 17 fr.
J.Hetzel et G», éditeurs, 18,
rueJaceb,
Paris.
«-COMMUNICATIONSAVIS DIVERS
OEJEUNER^DAMES^acatioutMangremer
a»
ACADEMIE FRANÇAISE
Séance du 45 ma,rs. •
La séance est présidée par M. Boissier,
as-sisté de M. Camille Doucet, secrétaire
per-pétuel.
Sont présents MM. Legouvé, Marmier,
G. Roussel, Mézières, A. Dumas, Boissier, Taine, Pasteur, Cherbuliez, de Mazade, V.
Duruy,
J. Bertrand, Halévy, Leconte de Lisle, Hervé, Gréard, comte d'Haussonville, Claretie, vicomtede Vogüé.Il
est
donné lecture d'une lettre par la-quelle leprésident
de la Société havraise d'études diverses invite l'Académieà
se faire représenter ala
fête quiaura
lieu dans la villedu
Havre en avril 1893, à l'occasion ducentenairede la naissance de Casimir
Dela-vigne. A cette lettre
est
joint
le programmed'un
concours littérairedans
lequel seront distribués des prix enargent
etdes médailles d'or.Après avoir entendu le rapport fait par
M. Hervé
au
nom de la commission ducon-cours d'éloquence, l'Académieentend
la
lec-ture d'une
des cinq étudessur
Joseph de Maistre qui ont été réservées pour êtresou-mises àson jugement.
m
ACADEMIE DE MEDECINE
Séance du 45 mars.
M. Laborde, à proposde la communication de M. Germain Sée
sur
les sels de calcium, insistesur la
difficulté qu'ily
a dese
procu-rer des iodures
terreux
qui nes'altèrentpas
promptement à l'air età la lumière.Il
montre des échantillons d'iodure de strontium prischez divers pharmaciens et qui,
au
boutde
vingt-quatre
heures, sont déjà modifiésd'une façon manifeste ils sont colorés en
jaune
par
l'iode misea
libertéet
ren-fermentdes iodates etd'autres
combinaisons chimiques. Unseul
échantillon, vieux dequinze jours, a conservésa coloration blanche
et
sa composition primitive, maiscelui-là
aété préparé avec des procédés spéciaux que
M. Laborde fera connaître en détail. Son but,
aujourd'hui, est de montrer que les iodures de
strontium
fournis par les officines ne sontpas identiques, il en est de même des iodures
de calcium, et cela ne permet pas
au
prati-cien de les
prescrire
avecconfiance.M.
Périer
présenteun
malade chez lequelil a
dû intervenir
chirurgicalement à lade-mande de M. Constantin Paul.
Il s'agit d'un
hommede
cinquante-huit
ansatteintde
gan-grène pulmonaireavec phénomènes
graves
desepticémie. Traité d'abord avec succès
parles
inhalations
antiseptiques,il
eut des rechutessuccessives
et,
devantl'inutilité
dela
thérapeu-tique médicale,M.Constantin
Paul
pria M. Pé-rier delui
prêter l'aidedela
chirurgie.M.Pé-rier fit une longue incision
au niveau du
deuxièmeespace
intercostal,au
point où les si-gnes del'excavationétaientperçus;
il traversa environ deux centimètresdetissu
pulmonairesain
et
pénétra dans le foyer gangrené. Desdrains
etun
pansement antiseptique amené*rent
promptement une améliorationtrès
grande dans l'étatdu
malade.Il est
guériau-ourd'hui.
M. Périer présente aussi une petiteflllc
âgée de six ans chez laquelle il a pratiquéà
deux reprises la thyrotomie pourextirper des papillomes qui
obstruaient
lelarynx.
L'en-fant vatrès bienmaintenaat.
M. Guérin combat les opinions émises
paï
M. Hervieuxsur
la fièvre puerpérale. Lesfaits observés avant 1872 n'ont pas de
valeur.
Les précautions antiseptiques faisaient
alers,
complètementdéfaut,la fièvrepuerpéralepou-1
vait être transmise par les canules, par les
piè-ces depansement; il est impossiblederiencon*'dure destatistiques remontantàcette êpogue.
Cequiest certain,c'est quejamais,
danslesser-vices de chirurgie, on
n'a
vu l'infection puru-lenteattaquer
un maladen'ayant
pasdeplaie si la propagationpar
les voies pulmonairesétait
exacte pourquoi nel'eût-on
pas eon-statéedans
les salles dechirurgie
comme dans les salles d'accouchement?Il fauts'en
tenir aux faits démontrés et ne pas admettrek la légère l'envahissementde l'économie
par
les mierobes
pénétrant
àtravers
de»tissu»
sains.
M. Guéniot fait observer que la discussion
a dévié.
Il n'a
pas parlé d'infectionpurulente
mais
d'une
forme particulière de septicémie,due au vibrion septique et facilitée
par
l'in-toxication préalable des femmes en couche vivant dansun
milieu méphitique.M. Hervieux éroit que les épidémies
ter-ribles d'autrefois amenaient
un état
excep-tionnel qui produisait des effetsaujourd'hui
inconnus.
M. Tarnier a
vu
l'épouvantable mortalitédes maternités (19 0/0) persister de
tout
tempsjusqu'à ce qu'on ait su employer les moyens
prophylactiques
aujourd'hui
enusage.
Cesmoyens
ssnt
nécessaires et ils suffisentpour
combattre la fièvre puerpérale.M. Charpentierfait une longue
communica-tion
sur
la symphyscotomie, opération toute française qui nous revientaujourd'hui
d'Ita-lie.Il
s'agit de questionstrop techniquespour
être résumées ici.Pour
guérir
les chatouillementsde lagorge,les irritations des bronches, les quintes da toux nerveuses et incessantes, les
rhumes,
la
grippe, si nombreux dans cette saison,les
médecins conseillent de préférence l'emploidu
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INFORMATIONS FINANCIÈRES
Tirage financier. Hier matina eu lieu, au
Palaisdel'Industrie, le 107etirage trimestriel des
obligations à rembourser pour l'amortissement de l'empruntmunicipal de 1865.
Il a été extraitde la roue 1,527 numéros, dont les 21 premiers ont droit, dans leur ordre de
sortie, aux lots ci-après
Le numéro 190905 gagne 150,000fr. Le numéro 123524 gagne50,000fr. Les numéros 404351 –175441–305259 347122 gagnent chacun 10,000fr. Les numéros 470053 167796 82545 553481 265443 gagnent chacun 5,000 fr. Les numéros 331626 465334 433006 368856 430727 265476 320717 203544,–509473 348296 gagnent chacun2,000fr.
<,
Les 1,506 autres numéros sortis sont rem-boursables au pair.Lisbonne,le 15 mars. La Banquede
Portu-gal a été autorisée à demander à élever
l'émis-sion fiduciairede 12 millionsde livres,
c'est-à-dire au quadruple de son capital.
Le gouverneur de la Banque a déclaré que
la
circulation actuelle des billets était de 8
mil-lions 340,000 livres.
PETITEBOURSE DO 8OIB
3
0/8
96fr. 75, 73, 80,78. Extérieure40/0.
56fr.
1/2, 7/16, 11/16,S/8. Hongrois 91 fr. 1/2, 9/16.Portugais
26 fr. 7/16, 3/8, 1/2. Russe consol.4 0/8. 93 fr., 93 fr. 1/16. Russe S 0/01891.
75 fr. 1/2, 5/8.Orient
65 fr. 1/2, 5/8, 9/16.Turc.
18 fr. 80, 85. Banque ottomane.. 529fr. 37, 528fr.75, 532 fr.50. Ottomane consol.. 343 fr. 75. Egypte 66/0
486 fr. 87, 487 fr. 50. • Egypte31/2
457 fr. co. •Rio-Tinto
445fr. 62, 451fr.87.Gape-Copper
40 fr. Phénixespagnol.
478 fr. 75.RECETTESDO TRANSITDO CANAL DE 8OEZ
1891 1898
Le 14
mars
176.000 KO. 000MARCHÉ
DE
LONDRESMARDI 15 MARS
PRÉCÉDENTE
rATmil!,
clôture parité
CL0TDRB
V~URS
du jour 25.20 1/2 95 15/16 Consolidés 2 3/4 0/0 55 15/16 » 58 1/8 Brésilien4 0/0 lib.. 58 58 01 96 1/16 Unifiéed'Egypte.
96 1/16 484 20 57 5/8 Extér. d'Esp.4 0/0. 57 1/8 57 14 96Français
30/0
96 96 77 911/4
Hongrois 4
0/0
90 3/4 91 1/2 871/4
Italien
5
0/0
86 59 87 32 26 11/16 Portugais3
0/0
26 13/16 26 3/4 93 5/8 Russe4 0/0 1889 93 1/4 92 97 18 53 Turc IV 10/0
18 9/16 18 72 U 3/8 Banque ottomaneil
1/88 530 40 17 13/16RlO-TintO
17 3/44 447 35 108Suez
108 2722 1568 3/4 Roupie Ind. 4 1/2.. 68 3/4 4 o/o 701/8
Banque d'Angleterre 47,000£ a l'entrée. Déjà faibles à l'ouverture, les cours des
prin-cipales valeurs d'arbitrage subissent graduelle-ment unenouvelle dépréciation à mesure que
les avis du continent par eux-mêmes dépri-maient le marché qui, par la suite, étaient
appuyés par des ventes réelles de Paris.
L'Es-pagnol s'en trouvait le plus
atteint
ayant reculé de 57 3/16 à 56 5/8; l'Italien dans uneproportion moindre tombait de 86 3/4 à 86 1/2;
le Hongrois et le Russe étaient, au contraire,
visés par Berlin; mais toujours