Saint-Hervé en Transition
SHET
T T ABLE ABLE DES DES MATIÈRES MATIÈRES
Introduction ... 2
Description du Clos Saint-Hervé ... 2
Localisation ... 2
Historique du lieu ... 2
Approche géométrique ... 3
Le bâtiment ... 4
Les habitants et les passants ... 4
Insertion dans l’économie locale ... 4
Saint-Hervé : un fort potentiel de transition ... 5
Concevoir par l’intelligence collective ... 5
Réinventer l’agriculture urbaine ... 5
Créer un pôle économique et culturel rive droite ... 6
Renforcer le lien social ... 6
Diversifier l’habitat, donner une place à chacun ... 7
Fortifier le hub de la gare : la voiture comme transport en commun ... 8
Reconfigurer les espaces verts urbains ... 9
Vivifier la mémoire de la Ville ... 9
Saint-Hervé En Transition à travers le PLU ... 10
Liens avec d’autres acteurs du territoire ... 10
Étude financière sommaire ... 11
Annexe 1 : Étude financière sommaire ... 12
I I NTRODUCTION NTRODUCTION
Ce dossier a pour but de présenter les caractéristiques du lieu dit « Le Clos Saint-Hervé » à Hennebont, ses forces et potentialités, et de faire une re- vue des projets de transition alimentaire, énergétique, culturelle, sociale et économique qui pourraient y prendre racine.
Le projet est intitulé « Saint-Hervé en transition » et acronymisé « SHET ».
D D ESCRIPTION ESCRIPTION DU DU C C LOS LOS S S AINT AINT -H -H ERVÉ ERVÉ
Localisation Localisation
Le Clos Saint-Hervé est situé au cœur de la ville d’Hennebont, dans le Mor- bihan en Bretagne.
Hennebont fait partie du chapelet de villes fluviales le long du Blavet qui aboutissent à Lorient. Elle se trouve entre Lochrist et Lanester, et est égale- ment limitrophe de Caudan, Kervignac, Inzinzac-Lochrist, Languidic, Bran- dérion et Lanester.
Le Clos Saint Hervé se trouve à proximité des berges du Blavet, sur la rive droite au pied du pont Jehanne-la-Flamme. Le Clos possède un accès direct à la route nationale, mais également aux quais aval de la rive droite, ainsi qu’un cheminement piéton et cycliste vers le quartier de la gare. Le terrain s’étend également jusque dans la zone d’activités de Kerandré et du Ty Mor mais aucun accès n’a été créé.
Historique du lieu Historique du lieu
Le Clos Saint-Hervé est à l’origine un couvent de sœurs Ursulines, construit en 1647. Il accueille alors des filles dont l’éducation est assurée par les sœurs.
Une école d’agriculture s’y installe en 1905 sous l’impulsion du clergé et le soutien de l’Union des syndicats agricoles du Morbihan.
Carte du pays d'Hennebont - Source : geoportail.gouv.fr
Localisation du Clos Saint-Hervé à Hennebont - Source : geoportail.gouv.fr
Depuis la fin du siècle, des professeurs de la communauté de La Mennais à la retraite habitent, entretiennent et font vivre le lieu.
En 2005, une partie du Clos formant un verger est vendue afin de financer la réfection de la toiture de la Maison Saint-Hervé, et un lotissement de maisons individuelles s’y installe.
Aujourd’hui, la Confrérie de La Mennais cherche à vendre ce lieu, ne pou- vant en assurer la charge et ayant par ailleurs besoin de fonds pour ses autres missions.
Le terrain Le terrain
Le Clos Saint-Hervé regroupe des parcelles d’une surface totale d’environ 6 hectares. Le terrain est divisée en 3 zones distinctes, dont une construite.
La topologie générale se caractérise par un relief important et une déclivité orientée vers le Blavet. La majorité du terrain est ceinturé par un mur de pierres sèches.
La zone construite, d’environ 8380m² regroupe l’ancien couvent des Ursu- lines, un bâtiment datant du XVIIe siècle en forme de L de 2-3 étages, et des appentis abritant du matériel pour l’entretien des jardins et des sani- taires. Une grande zone de stationnement de 1400m² forme une cour au milieu de ces constructions. En contrebas du couvent, au nord, se trouvent les vestiges du prieuré de Notre-Dame de Kerguelen datant du Xe ou XIe siècle, et qui témoigne de l’installation encore plus ancienne des premières communautés religieuses.
La 2e zone, d’environ 11030m², accessible directement depuis la cour de stationnement, est herbagée et en partie cultivée avec un potager et un verger. Un plateau accueille très régulièrement des manifestations, ma- riages, fêtes populaires, passants en promenade… Elle est séparée en 2 par un petit vallon, trace de l’ancien chemin de fer qui empruntait la passerelle pour rejoindre les forges de Lochrist. Ce vallon est aujourd’hui petit à petit comblé par le dépôt des déchets végétaux issus de l’entretien du parc.
La 3e zone, d’environ 38950m², située au-delà du viaduc, est formée d’un val au fond duquel s’écoule un ru qui alimente un lavoir puis va rejoindre le
Blavet. Le versant nord du val est construit en terrasses par des contreforts
Courbe altimétrique du vallon – Source : geoportail.gouv.fr
Aires des zones composant le Clos Saint-
Hervé - Source : geoportail.gouv.fr
en pierres sèches bordés d’arbres. Au-dessus de ces terrasses se trouvent deux plateaux de prairie dont l’un a été formé en terrain de football, en té- moigne la présence d’un cadre de buts à l’une des extrémités. L’autre ver- sant du val est en pente herbagée, plutôt régulière. Une source s’y trouve creusée, entourée de souches majestueuses. Ce versant est surplombé d’un petit bois comportant de très beaux arbres, ainsi qu’un calvaire datant de 1934.
Le bâtiment Le bâtiment
Le couvent des Ursulines a été bâti autour de 1647. C’est un bâtiment de 800m² d’emprise au sol, en forme de « L », sur 5 niveaux. Du fait de la dé- clivité du terrain, le 1er niveau est à rez-de-chaussée sur la rue du Viaduc et enterré sur son mur ouest, et le 2e niveau se trouve donc à rez-de-chaussée sur la cour.
Le rez-de-chaussée est composé de 4 salles de réunion, régulièrement utili- sées par les associations locales, les examens du code de la route, etc.
Un diagnostic approfondi devra déterminer l’état de la construction et les travaux de restauration et de réhabilitation possibles.
Les habitants et les passants Les habitants et les passants
La Maison Saint-Hervé est actuellement occupée par quelques membres de la Communauté de La Mennais à la retraite. Ils ont pour la plupart plus de 80 ans et malgré leur grande vaillance ont du mal à entretenir le bâtiment et le parc.
Le parc, privé mais toléré au public, est régulièrement fréquenté par divers publics :
• Des promeneurs accompagnés ou pas de chiens (souvent laissés en liberté),
• De jeunes enfants en sortie avec leurs parents,
• Des associations de scouts qui passent quelques jours en camping,
• Des associations d’aide aux immigrés qui organisent des activités détente (sport, pique-nique… ),
• Les invités de cérémonies de mariage qui organisent leur repas de noce dans le parc,
• Des manifestations festives ponctuelles : rendez-vous de véhicules anciens, fêtes de motards, couscous de Saint-Hervé, fête des voi- sins, etc.
• Des ramasseurs de champignons ou de châtaignes
• …
Néanmoins, le parc reste peu connu des habitants d’Hennebont qui soit ne savent pas qu’il existe, soit ne savent pas qu’il est possible d’y accéder li- brement. Ainsi le projet de SHET vise notamment à ouvrir ce lieu à tous pour que la population locale puisse en profiter.
Insertion dans l’économie locale Insertion dans l’économie locale
Aujourd’hui, malgré sa position centrale, le Clos Saint-Hervé n’est pas le lieu d’une forte dynamique d’échanges. En partie dû à son insalubrité, le bâtiment n’est que peu utilisé. On y retrouve quelques réunions d’associa- tions locales, ainsi que l’organisation des séances d’examens du code de la route. Par le passé, l’association des Médiévales occupait et stockait ses costumes dans une partie des locaux. Quelques mariages et fêtes y sont or- ganisées au cours de l’année.
S S AINT AINT -H -H ERVÉ ERVÉ : : UN UN FORT FORT POTENTIEL POTENTIEL DE DE TRANSITION TRANSITION
J’ai 25 ans et il paraît que c’est à ma génération et aux suivantes de se re- trousser les manches pour enrayer le changement climatique. De fait, la tâche s’annonce d’envergure : les rapports scientifiques s’empilent mois après mois, tous plus alarmistes les uns que les autres. Événements clima- tiques, biodiversité, pollution de l’air et de l’eau, épuisement des res- sources, montée des eaux et migrations climatiques, et accélération tou- jours revue à la hausse du phénomène… Il faut se préparer au pire, et rapi- dement.
A Hennebont, la communauté des Frères de la Mennais cherche à vendre le Clos Saint-Hervé, un espace de verdure construit d’un ancien couvent en plein centre-ville. C’est une opportunité unique pour anticiper les change- ments nécessaires à notre société, tout en s’inspirant de l’héritage des Frères et de leurs valeurs d’altruisme, de tolérance, de simplicité volontaire.
Ce dossier sème plusieurs pistes pour réveiller cet endroit et en faire une place forte dédiée aux défis humains qui se posent à nous aujourd’hui. En effet, les qualités intrinsèques de cet ensemble mêlant nature et patrimoine le destinent tout particulièrement à accueillir le foisonnement démonstratif des chantiers de la transition sous leurs multiples formes : énergétique, ali- mentaire, sociale, économique, culturelle…
Concevoir par l’intelligence collective Concevoir par l’intelligence collective
Avant toute chose, je souhaiterais préciser que ce projet aura pour méthode d’être construit par les citoyens, pour les citoyens. Les paragraphes sui- vants ne font qu’aborder des propositions, une projection de mon propre imaginaire sur ce lieu. Ces propositions ont pour but de servir de base de réflexion à un collectif citoyen qui décidera de prendre en main la concep- tion de l’éco-lieu. Elles visent à montrer un panel des possibles (à long terme) mais devront être discutées, débattues, modifiées, afin de corres- pondre réellement aux besoins locaux des Hennebontais.
La conduite d’un projet par un collectif démocratique horizontal est un exer- cice encore mal maîtrisé dans notre société. Les bases du débat serein,
non-égotique, à l’écoute des besoins des autres, au service de l’émergence d’idées innovantes consenties… ne font pas partie de notre éducation et de notre culture. L’accaparement du pouvoir politique descendant par un petit groupe de personnes, a écarté depuis la nuit des temps le peuple des outils lui permettant de régler sereinement ses conflits et de prendre des déci- sions collectives en bonne intelligence.
Cependant depuis quelques décen- nies, des outils et techniques di- verses nous réapprennent à mener des projets en commun dans le calme et à affronter les crises in- hérentes à un groupe social dans la solidarité et le respect. Ces ou- tils sont par exemple la communica- tion non-violente (CNV) de Marshall Rosenberg, la sociocratie, la météo émotionnelle, la communication ges-
tuelle, les chemins d’intégration des nouveaux arrivants, la charte relation- nelle, etc. Le premier chantier sera donc de mettre en place une structure décidée en commun, avant de travailler sur ce que l’on voudra créer.
Réinventer l’agriculture urbaine Réinventer l’agriculture urbaine
Un mouvement émerge dans les grandes métropoles visant à faire revenir les lieux de production agricole à proximité des consommateurs. Cette agri- culture urbaine, le plus souvent hors-sol, est une initiative intéressante mais souvent de piètre qualité : produire des fruits et légumes de bonne qualité nutritive en privant les plantes de leurs auxiliaires naturels que l’on trouve dans le sol (champignons, insectes et bactéries) est impossible sur le long terme et sans intrants, car ce sont ces auxiliaires qui transforment la matière organique du sol en nutriments assimilables par les plantes. C’est donc une agriculture dont l’efficacité et la pérennité peuvent poser question.
Mais il est également irréaliste de voir à court terme revenir des champs par hectares en ville, entre 2 immeubles.
Pourtant, par un heureux concours de circonstances, c’est la situation dans laquelle se trouve le Clos Saint-Hervé à Hennebont. L’aménagement de la zone derrière le viaduc ainsi que la présence des vergers sont des atouts in- déniables pour la création d’une zone de culture, à quelques centaines de mètres seulement des gourmands qu’elle pourra ravitailler. Joindre à ce cadre d’exception les techniques récentes d’agroécologie et de perma- culture peuvent réellement transformer ce coin de verdure en un jardin d’abondance. Celui-ci se voudra ouvert à tous, les promeneurs étant en contact direct avec les paysans et la nourriture produite. Les paysages pro- ductifs verront de nombreuses variétés entretenir une solide biodiversité, l’intervention de l’Homme et des ani-
maux sera réduite au nécessaire afin de laisser s’exprimer la Nature. Et a l’instar des forêts tropicales, un éco- système permacole bien conçu donne une très grande production pour un travail minimal. Concrète- ment, il a été prouvé qu’une surface de 1000 m² cultivée en maraîchage permacole pouvait créer un équi- valent temps-plein.1 Avec 4 hec- tares de terrain dont une bonne
partie cultivable en maraîchage, le parc Saint-Hervé peut donc créer plusieurs emplois, au lieu de devenir une charge d’entretien pour les services municipaux.
Par la suite, des activités complémentaires à la production de nourriture pourront voir le jour, comme des formations à la permaculture, des anima- tions saisonnières autour de l’agroécologie, des balades naturalistes, etc.
Créer un pôle économique et culturel rive droite Créer un pôle économique et culturel rive droite
En plus de la production sur place, l’espace bâti est propice aux activités de transformation et de vente de la récolte, créant ainsi une première activité marchande dans l’enceinte du Clos. Une AMAP ultra-locale peut ainsi as- 1 Maraîchage biologique permaculturel et performance économique, 2015 – Sacha Guégan
(Institut Sylva) et François Léger (AgroParisTech – INRA)
surer un tremplin à l’activité agricole, en distribuant également d’autres produits alimentaires locaux (œufs, miel, pains, fromage… qui pourront en- suite être produits sur place !). S’ensuivront d’autres activités : la place dis- ponible dans les locaux du rez-de-chaussée et dans une partie des étages peut servir à l’ouverture d’ateliers pour des artisans ou des artistes, de boutiques, de bureaux, d’espaces de travail en commun (co-working, accueil de télétravailleurs avec cantine… locale ! ), de lieu de stockage in- termédiaire ou de travail pour les services municipaux, de lieux d’expo- sition (sur le dérèglement climatique et la transition notamment), de mani- festations éphémères… Un marché de plein air trouvera aisément sa place sur la cour centrale, les parents pourront y venir faire leurs courses et lais- ser les enfants s’amuser dans le parc plus loin. C’est un point d’ancrage pour étendre la dynamique du centre-ville d’Hennebont côté rive droite.
Le lieu fait également le lien avec la zone d’activités de Kerandré.
Renforcer le lien social Renforcer le lien social
L’investissement du Clos Saint-Hervé par une association citoyenne permet- tra tout d’abord de prolonger le remarquable travail d’accueil et de partage des Frères de la Mennais, en permettant la location du lieu aux différents événements ayant l’habitude de s’y retrouver, en maintenant l’ou- verture pour les structures hennebontaises d’accueil des migrants, etc.
Des moments de partage infor- mels et conviviaux autour d’un pique-nique, d’une projection de plein air, d’un concert ou d’une fête sportive… seront également l’occa- sion de compléter les possibilités de sorties hennebontaises, au gré des propositions qui seront faites à l’as- sociation.
Dans un second temps, de nom-
breux événements autour de la transition écologique permettront de faire se rencontrer les gens et de créer une émulation commune facilitant les changements d’habitude nécessaires : trouver des recettes pour manger
Design de ferme permacole - Ferme du Bec Hellouin
Soirée organisée par le Bagad Hiziv - Le Télégramme
moins de viande, s’informer sur le fonctionnement du photovoltaïque du voisin, découvrir des astuces pour réduire ses déchets, …
Ce lien social sera sûrement une composante majeure de la résilience de notre société aux chocs futurs. L’entraide en cas d’aléas climatique ou de coupure de courant, mais aussi suite à une perte d’emploi ou à un proche, est essentielle et doit être entretenue, tout comme un muscle doit être sol- licité pour garder sa vigueur. Des projets de partage et de mutualisation d’objets et de services, des chantiers participatifs, des débats ainsi que le mode de gouvernance collective permettront de créer ces occasions d’échanges directs et de création de confiance entre personnes.
Diversifier l’habitat, donner une place à chacun Diversifier l’habitat, donner une place à chacun
Dans ses Orientations d’Aménagement et de Programmation, la Mairie a dé- fini les objectifs rappelés ci-dessus pour le Clos Saint-Hervé. L’initiative
Saint-Hervé en Transition se propose d’y répondre par un programme ambi- tieux et marqué par la diversité, dans le maintien des caractéristiques du site et la sauvegarde de son patrimoine architectural et naturel :
➢ par la restauration du couvent dans un souci de conservation de l’aspect extérieur, tout en rénovant l’intérieur selon les dernières normes de performance énergétiques et environnementales, et la réhabilitation du rez-de-chaussée (voire de certains étages) pour accueillir les futures activités professionnelles du lieu ;
➢ par la construction, en symétrie de l’actuel bâtiment, d’un bâtiment regroupant des logements en habitat participatif avec pièces com- munes, des logements sociaux et en accession, ainsi que des lo- caux d’activités au RDC. L’aspect extérieur répondra à la Maison Saint-Hervé par la reprise de sa forme générale, mais s’inscrira dans la transition avec l’utilisation de matériaux naturels et la re- cherche d’une performance énergétique extrême. Le RDC constitué d’activités laissera ouverts des porches vers le parc, et sa façade permettra de deviner les jardins par une transparence tra- versante. Une impression légère de bâtiment sur pilotis sera ainsi créé, contrastant avec l’aspect lourd de l’actuel couvent. Les loge- ments seront de typologie variée et encourageront la mixité sociale et générationnelle. La mise en place d’un collectif d’habitat partici- patif semble le meilleur moyen pour atteindre ce but. La création de pièces communes (buanderie, cuisine et salle à manger, atelier de bricolage…) permettra de diminuer la surface de chaque logement et de densifier ainsi l’habitat ;
➢ par la création d'une zone d'habitat "zéro imperméa- bilisation" entre la zone construite et la ferme : cette zone mixte, de transition d'un espace artificialisé vers un espace naturel, permettra de conserver intégralement l'écosystème de la zone tout
en démontrant que l'être humain peut y trouver sa place. Cette zone
Extrait des OAP du PLU 2019
Exemple de Tiny-House - Zyl Vardos
accueillera par conséquent des habitats sans fondations, légers, qui permettront de retrouver le terrain d'origine après leur départ, sans aucun impact sur le sol, la flore et la faune environnante. Afin de correspondre au désir de la mairie d'avoir un habitat "rythmé et poreux", la meilleure solution semble l'accueil de Tiny-Houses, des chalets minimalistes sur roues aux formes variées, inventés aux États-Unis et dont le mode de vie séduit de plus en plus de Français (un constructeur s'est même lancé récemment à Plœmeur !). Ces
"Tinyistes" ont parfois du mal à trouver un terrain où s’installer, en raison du vide juridique français concernant ces habitations (la Bel- gique wallonne a elle récemment reconnu ces habitats alternatifs).
Ce sont des citoyens très actifs et prêts à partager et transmettre leur mode de vie. Beaucoup sont donc à la recherche de mairies ouvertes et tolérantes aux expérimentations. Ces habitants s’insé- reront également parfaitement à la vie des logements participatifs en pouvant profiter des espaces de vie en commun. Finalement, c’est un moyen de densifier l’habitat innovant et respectueux de la nature, du paysage, et de la diversité des choix indivi- duels.
La recherche de l’autonomie, voire de la positivité énergétique sera centrale dans la conception des habitats. Les bâtiments neufs répondront aux exi- gences du passif, et l’apport énergétique sera complété par du solaire ther- mique et une cogénération biomasse capitalisant sur les apports de la ferme (déchets secs, bois de trogne, etc.). Une installation photovoltaïque ou une éolienne de petite taille pourront également être étudiés.
Fortifier le hub de la gare
Fortifier le hub de la gare : la voiture comme : la voiture comme transport en commun
transport en commun
Dans une étude sur la décarbonation de la mobilité2, le think-tank The Shift Project met en lumière le rôle crucial qu’aura à jouer le covoiturage de courte distance. En effet, le taux de remplissage d’une voiture en milieu urbain ne se situe qu’à 1,1 personne/voiture en France. Le covoiturage per- mettant de faire passer cette moyenne entre 3 et 4 est donc un levier ma- 2 Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité, 2017 – The Shift Project
jeur de réduction des émissions de CO2. L’avantage du covoiturage réside dans son faible coût de mise en place puisqu’il ne nécessite aucune in- frastructure supplémentaire (à part l’attribution de parkings existants en aires de covoiturages), contrairement au vélo ou aux transports en commun (pistes dédiées, aménagements urbains).
La cour centrale de la Maison Saint-Hervé est au- jourd’hui très peu utilisée. Une aire de covoiturage pourrait ainsi y être créée, elle bénéficierait de nombreux avantages. Sa situation en plein cœur de ville en fait une zone d’échange inter-modale idéale : elle se situe à quelques minutes de la gare ferroviaire, est desservie par 3 lignes de bus CTRL, et borde la départementale D724 et le Blavet et son halage. On peut ainsi la rejoindre à pied, en vélo, en trottinette, en bus, en train, en voiture évi- demment, et même en bateau ! De par sa situation, elle offre une alter- native très pertinente à la zone de covoiturage existante au rond-point de Locoyarn dans la zone du Parco. Et pour encourager totalement le recours aux mobilités alternatives, le stationnement des voitures pour la journée y serait interdit : cela évitera la transformation de la cour centrale en parking de centre-ville et facilitera la circulation des véhicules covoiturants. En re- vanche, un garage à vélo sécurisé pourra y être installé. Il s’agirait d’en faire une aire conviviale, où les voyageurs en attente pourraient s’abriter et prendre une pause. Il s’agirait aussi de développer un covoiturage plus spontané, basé sur une prise de voyageur « en stop », « à la volée », qui transformerait les voitures en mini-bus de ville. Les contraintes de rendez- vous et d’attente, pour les trajets pendulaires quotidiens notamment, en seraient fortement diminuées et ceci encouragerait l’utilisation de ce mode de déplacement. De plus, ce flux régulier de voyageurs profiterait directe- ment aux activités économiques installées au Clos et alentours.
Transformer la cour de St-Hervé en nœud multi-modal
Reconfigurer les espaces verts urbains Reconfigurer les espaces verts urbains
Le parc Saint-Hervé se veut le pen- dant du parc botanique sur la rive droite. Il est prévu pour l’instant de le transformer en parc municipal, mais il ne semble pas exister de pro- jet d’aménagement précis. Saint- Hervé en Transition propose de transformer ce lieu en une ferme pédagogique. Des allées et chemi- nements destinés aux promeneurs seront identifiés pour leur laisser le
loisir d’aller et venir sans perturber le travail des maraîchers et les animaux de la ferme. En temps normal, un travail d’information sera réalisé par l’ins- tallation de panneaux explicatifs sur la vie de la ferme : quelles plantes sont cultivées en ce moment, comment, à quoi servent-elles, comment sont-elles en relation avec les autres plantes et animaux de la ferme. Les animaux pourront être approchés sous la responsabilité des adultes, ou par l’intermédiaire des maraîchers présents. Sur le temps scolaire, des visites pourront être organisées pour les écoles d’Hennebont, ainsi que des ate- liers pour initier les enfants (de la maternelle au lycée) à l’observation de la nature, au jardinage, au soin des animaux, etc.
Temporairement, voire même en cohabitation avec la future ferme, il sera également possible de créer des jardins partagés avec des animations bé- néficiant aux habitants désireux d’apprendre la permaculture.
La problématique des arbres présents sur le site devra être abordée sérieu- sement, afin d’éviter tout accident dramatique dû à la chute d’un de ces arbres. Ces dernières années, beaucoup d’entre eux ont été abattus soit par une tempête, soit par précaution suite à la découverte de maladies. Un diagnostic de santé des individus devra établir quels arbres sont sains, lesquels sont à risque et comment prévenir l’apparition de maladies et en- tretenir leur force de vie. Il est espéré que l’application de la permaculture puisse sauvegarder les arbres encore présents en renforçant leur écosys-
tème immunitaire, tout en introduisant de nouvelles espèces productives et adjuvantes au sein du parc.
Cette mixité d’un espace de loisir et d’un paysage productif sera également un atout pour la Ville : non seulement en proposant une expérience unique aux Hennebontais et en améliorant leur cadre de vie, mais égale- ment en évitant ce qui aurait été une charge d’entretien pour les services municipaux.
Vivifier la mémoire de la Ville Vivifier la mémoire de la Ville
Le site de Saint-Hervé est occupé depuis longtemps et a vu l’Histoire y lais- ser diverses traces des époques passées. Le vestige du prieuré de Notre- Dame de Kerguelen est une des plus anciennes empreinte (Xe-XIe siècle). A l’époque industrielle, le chemin de fer longeant le halage vers les Forges traverse la propriété et y laissa un sillon qui façonne encore aujourd’hui le terrain. Ces traces du passé pourront être sauvegardées et identifiées.
Le projet de Saint-Hervé en Transi- tion s’appuie également sur le patri- moine vivant principal d’Hennebont : les Haras Nationaux et le cheval de trait breton. Mis au placard par les agriculteurs depuis l’avènement du tracteur, le cheval de trait breton a fait l’objet d’un programme de sau- vegarde qui a pu apparaître comme seulement culturel au départ. Au- jourd’hui, la ferme permacole est
l’occasion rêvée de réintroduire ce fier animal dans son milieu naturel, et ainsi justifier par l’exemple les efforts engagés par les Haras. Ainsi, le sym- bole du cheval de trait breton de retour à la ferme, dans la ville-même qui a réussi à le préserver, est fort et s’inscrit parfaitement dans la politique du cheval territorial mené par la Région.
Le projet a également pour conséquence d’éviter à la Ville les tracas d’une 2e « abbaye de la Joie », puisque la rénovation du couvent serait porté par une association de citoyens, épaulée de ses activités dans le Parc, mais bien
Ferme pédagogique Marcel Dhénin - ville de Lille
La ferme pédagogique travaillera avec le cheval de trait breton - Source : france-trait.fr
sûr toujours en concertation avec la Ville. A défaut de pouvoir maintenir la communauté des frères de la Mennais, il serait satisfaisant de préserver leur esprit d'ouverture, de tolérance et de simplicité matérielle.
Saint-Hervé En Transition à travers le PLU Saint-Hervé En Transition à travers le PLU
La Ville d’Hennebont a adopté début 2019 un PLU ambitieux s’appuyant sur son Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD). Ce PADD fait état de 4 axes d’évolution urbanistique dans lesquels s’inscrit parfaite- ment le projet esquissé ci-dessus :
Axe 1 : Hennebont « Porte du Blavet »
Il s’agit ici, de repositionner le fleuve au cœur du projet communal. Les rives du Blavet connaissant une activité industrielle, économique et une attractivité touristique sont un lieu important dans la construction de la ville. La volonté est de tirer parti de son histoire et du patrimoine autour du fleuve pour développer le tourisme, l’économie, les activités por- tuaires, nautiques et sportives tout en réaménageant ses berges.
En créant un pôle agricole, marchand et culturel sur les berges de la rive droite, SHET vient soutenir les activités nautiques et industrielles exis- tantes. Il permet aussi de contrebalancer en partie le poids économique du centre-ville en déplaçant son centre de gravité vers le Blavet. On peut éga- lement imaginer un jour faire transporter les produits du Clos Saint-Hervé par bateau depuis l’embarcadère.
Axe 2 : Hennebont, cité dynamique et accueillante
L’axe 2 du PADD a pour objectif de maintenir l’attractivité de la com- mune, redynamiser les centralités et préserver et diversifier l’emploi dans le bassin de vie.
Une fois de plus, la position centrale et les activités économiques liées à SHET viennent « redynamiser les centralités », et apportent de par les acti- vités agricoles une diversification rarement possible dans les autres villes.
Hennebont pourrait donc créer un modèle d’économie urbaine inédit.
Axe 3 : Hennebont, ville durable ville d’avenir
Cet axe 3 prend forme autour de 4 grandes idées : tisser la ville avec les espaces agricoles, préserver une agriculture de proximité, participer à la transition énergétique, offrir de nombreux usages aux ambiances paysa- gères multiples.
De par son projet de ferme urbaine en permaculture et sa recherche de l’autonomie énergétique, SHET s’inscrit parfaitement dans les 3 premières idées de l’axe 3. L’ouverture au public de la ferme permacole, ainsi que la diversité naturellement recherchée des agro-systèmes permacoles permet- tront enfin aux Hennebontais de se promener dans un paysage varié, à la fois dans l’espace et au cours des saisons.
Axe 4 : Hennebont, mobilité pour tous
Cet axe s’organise autour de : la gare comme nouvel élément de centrali- té, limiter les flux routiers en transit, partager l’espace entre les diffé- rents modes de déplacement de manière optimale, réduire la dépendance à l’automobile, mieux desservir et connecter.
Grâce à sa proximité avec la gare et le cheminement doux l’y reliant, ainsi qu’avec l’axe routier D724, Saint-Hervé peut devenir le support d’un hub d’échange multi-modal, notamment en proposant une zone de covoiturage accueillante et abritée, en développant un covoiturage plus spontané, souple et efficace, ou en servant de zone de stationnement ponctuelle pour certains événements du centre-ville.
Liens avec d’autres acteurs du territoire Liens avec d’autres acteurs du territoire
Ce projet entre en résonance avec de nombreux acteurs du territoire, dont voici une liste non-exhaustive :
• Des constructeurs de Tiny-House : « Kokono Wood » à Plœmeur…
• Le collectif Syklett, atelier participatif et solidaire de réparation de vélos à Lorient,
• Le Jardin de Cocagne et association d’insertion par le maraîchage bio Optim-ism, basé à Riantec et Pont-Scorff,
• Le réseau des AMAP du pays de Lorient,
• Des magasins bio ou de vrac : Biocoop Les 7 Epis, Jolie Nature, La Terre Native
• Des associations écologistes et citoyennes : les Colibris du Pays de Lorient, Emmaüs, Pays de Lorient en Transition, Bretagne Energie Citoyenne…
• Les Haras Nationaux à Hennebont,
• Les autres oasis bretonnes : Demain en Main à Locoal-Mendon, le Bois du Barde à Mellionnec, …
• etc.
Le projet de transition du Clos Saint-Hervé pourra donc s’appuyer sur un écosystème fort et de nombreuses personnes, et il s’inscrit lui-même com- plètement dans cet écosystème qu’il viendra renforcer avec pertinence.
Étude financière sommaire Étude financière sommaire
Le projet de Saint-Hervé en Transition est encore au stade d’avant-projet sommaire. Une réelle anticipation économique et financière s’avère donc utopique, rien n’étant fixé et peu d’informations étant disponibles. Néan- moins, pour ne pas totalement occulter la question de l’argent, une étude donnant des ordres de grandeurs est proposée en Annexe 1 : Étude finan- cière sommaire. Toute contribution permettant de préciser cette étude avec des éléments tangibles est la bienvenue.
A A NNEXE NNEXE 1 1 : É : É TUDE TUDE FINANCIÈRE FINANCIÈRE SOMMAIRE SOMMAIRE
Hypothèses réalisées :
• Achat de la Maison et du Parc St Hervé : 2 M€
• La mairie accepte de maintenir son investissement sur le parc en subventionnant l’achat du terrain de la ferme
• Le coût d’investissement en matériel et travaux d’aménagement de la micro-ferme s’élève à 100 k€
• La production agricole permaculturelle atteint 40 k€/1000 m² culti- vés (cf. étude « Maraîchage biologique permaculturel et performance économique, 2015 » de l’INRA) – hypothèse basse
• Seuls 2ha sur 4ha sont cultivés intensivement, le reste contenant les fonctions d’auxiliaires écosystémiques
• Le travail de maraîchage, entretien des animaux et animation péda- gogique fait travailler 15 personnes payées 25k€ brut/an
• Les subventions pour la ferme pédagogique et les services d’éco-pa- turage ne sont pas pris en compte dans le calcul (pas de données disponible)
• Le village accueille 10 Tiny-House avec un loyer mensuel hors charge de 350 €
• L’achat de la parcelle du Tiny-Village et les quelques travaux de ré- seaux nécessaires se font par un crédit remboursé en 5 ans par les loyers
• Réhabilitation des 3200 m² (estimation) de la Maison Saint-Hervé pour 1000 €/m²
• Construction du nouveau bâtiment (2400 m² environ) à 2000 €/m²
• Forfait VRD pour l’ensemble du programme à 100 k€ (donnée non sourcée)
• Revente de 1060 m² de locaux d’activité à 2000 €/m²
• Investissement d’un bailleur social pour 1279 m² à 1600 €/m²
• Vente des 3264 m² de logements en accession à 1800 €/m²
• Les études de conception ne sont pas comptabilisées