VOL TAIRE
BIBLIOGRApHIE DE SES ŒUVRES
50 exemplaires sur papier de Hollande (nos 1 à 50).
500 sur papier vélin (nos 51 à 550).
5~o exemplaires numérotés.
VOLTAIRE
BIBLIOGRAPHIE DE SES OEUVRES
PAR
GEORGES BENGESCO
TOME TROISIÊME
ORNÉ DE DEUX FAC-SIMILt:S
ENRICHI DE PLUS DE CENT LETTRES DE VOLTAIRE
Q..UI NE FIGUR.ENT DANS AUCUNE ÉDITION DE SES ŒUVRES ET SUIVI DU
Rl~rr.RTnIRE (,HRnNQlnCIOL'E DE 0;\ CORRESPONDANCE DE 1711 A 1778
AVEC L'INDICATION DES PRINCIPALES SOURCES DE CHAQUE LETTRE
PARIS
LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER
PERRIN
&O', LIBRAIRES-ÉDITEURS
Q.UA1 DES GRANDS-AUGUSTINS, 3)
188 9
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AVERTISSEMENT
Ce troisième volume de notre Bibliographie est consacré tout entier à la Correspondance, Il nous a paru d'autant plus nécessaire de donner à cette partie de l'œuvre de Voltaire un développement en rapport avec son importance que notre prédécesseur Ql1érard s'est borné à décrire, en moins de deux pages et demie, les divers recueils renfermant des lettres de Voltaire', Quant aux lettres imprimées séparément, de 1738 à 1839, et qui sont au nombre de quarante environ, c'est à peine si Quérard en signale trois: une lettre au roi Stanislas (1760)', une lettre à M, Seguy', ct la lettre de Voltaire au comte d'Alion, relative à l'Histoire de Russie', Enfin le célèhre bibliographe, qui n'avait plus ici Beuchot pour guide (nous avons dit dans la Pré/ace de notre tome 1" que, de l'aveu même de Quérard, toutes les notes et notules de sa Bibliographie ont été tirées des préfaces mises par Beuchot à la tête de chacun des ouvrages de Voltaire), a cru devoir complètement laisser de côté les très nom breuses publica- tions, - autres que les recueils spéciaux, - où se trouvent imprimées des lettres de notre auteur.
Nous avons essayé, d'une part, de combler toutes ces lacunes, et, d'autre part, de conduire la bibliographie de la Corres- pondance jusqu'en 1888 : QuérarJ, dont l'ouvrage parut au
1. lJiblio(J;'apJti:! voltairil!/lIl:!, pp. 76 à ,8) nO'~ Ju:! à 3'07-
2. Id., nO 362.
3. Id.~ nO 383.
4. Id., nO 386.
T. III.
commencement de ,842, s'était forcément arrêté à l'an- née 1840. Mais avant d'exposer le plan qui a présidé
à
l'or- donnance de notre travail, il cOIlvientde dire quelques mots de la fa~on dont s'est édifié ce vaste monument qui s'appelle la Correspondance de Voltaire, et qui est certainement, avec ses Contes en prose et en vers et avec ses Poésies légères, le meilleur et le moins contesté de ses titres de gloire.Le nombre des lettres de Voltaire qui ont été publiées de son vivant, soit séparément, soit dans les feuilles périodi- ques et dans les recueils du temps, soit dans les diverses collections de ses Œuvres complètes, est relativement assez restreint. Et cependant on n'ignore pas que ces lettres, surtout celles que le patriarche a écrites dans les vingt dernières an- nées de sa vie, étaient, du jour même où elles arrivaient à Paris, l'objet de la curiosité publique: Bachaumont et Pi- dansat de Mairobert les lisaient dans le salon de Mn" Dou- blet, au couvent des Filles-Saint-Thomas; Grimm, Diderot et Meister, les joignaient régulièrement aux ordinaires qu'ils adressaient aux princes étrangers abonnés à leur Correspondance; d'Alembert, La Harpe, Marmontel, en ré- galaient l'Académie, Mm, du Deffand sa société de Saint- Joseph, d'Argental le tripot. Lues, relues, commentées, approuvées, critiquées, ces lettres couraient sous le man- teau, faisaient les frais de toutes les conversations, et te- naient tous les esprits en éveil, parce qu'elles étaient, en même temps que des modèles achevés de l'art de bien penser et de bien dire, de merveilleux instruments de propagande philosophique. Quelques-unes de ces lettres ont été impri- mées à part, de 1738 à 1778; d'autres, en plus grand nom- bre, ont paru soit dans le Mercure, l'Année littéraire, les Observations sur les écrits modernes, la Bibliothèque fran- çaise, le POlir et Contre, le Journal encyclopédique, le Jour- nal de Paris, et autres recueils périodiques français et étrangers; soit dans différents ouvrages publiés au cours du XVIII' siècle; soit enfin dans les diverses collections des Œuvres complètes ou choisies de Voltaire. A la fin de Ij64, Robinet fait paraître les Lettres secrètes de M. de Voltaire, qui contiennent toute la correspondance du poète avec Ber- ger; le même éditeur publie, en 1766, les Lettres de M. de
AVERTISSEMENT III
Voltaire à ses amis du Parnasse, recueil renfermant une quarantaine de lettres, dont plusieurs présentent d'assez graves altérations dans le texte; en cette même année 1766, un compilateur anonyme met au jour un ouvrage intitulé:
M. de Voltaire peint par lui-même, ou Lettres de cet écri- vain dans lesquelles on verra l'histoire de sa vie, etc., pam- phlet composé à l'aide de fragments falsifiés et dénaturés, empruntés à la cQrrespondance de Voltaire; enfin, en 1781, Luchet, dans son Histoire littéraire de M. de Voltaire, fait connaître au public plusieurs nouvelles lettres du grand écrivain. C'est également en 1781 que paraissent à Dublin les Lettres curieuses et intéressantes de M. de Voltaire, tandis que l'abbé du Vernet édite à Paris, avec une mau- vaise foi insigne et un manque absolu de conscience et de probité littéraires, les Lettres de M. de Voltaire à l'abbé MOllssinot, son trésorier. Signalons encore, en 1782, les Let- t"es de M. de Voltaire et de sa célèbre amie, où l'on trouve sept lettres de Voltaire à l'abbé et au comte de Sade.
Tels sont les principaux recueils consacrés à la Correspon- dance de Voltaire, et publiés de 1764 à 1782. En 1784-1785 Beaumarchais, Condorcet et Decroix donnent l'édition de Kehl, dont les tomes LU à LXIX renferment 4491 lettres écrites par Voltaire, ou qui lui sont adressées. C'est le premier classement sérieux de la Correspondance: malheu- reusement, les dates ont été plus d'une fois brouillées, et il s'en faut que le texte ait toujours été fidèlement reproduit.
« Voltaire, dit M, Avenel, ayant souvent négligé de mettre
à
ses lettres le quantième, le mois ou l'année, les éditeurs de Kehl ont été forcés de disposer nombre de pièces à l'aveuglette, et bien des fois ils se sont trompés de place.Quand il était trop tard pour réparer l'erreur, ils n'ont eu garde de la signaler, et même ils ont préféré enlever dans les lettres suivantes les passages qui les auraient trahis.
Mais ce n'est rien encore: il leur a fallu aussi, par égard pour certains personnages, adoucir, émonder, sacrifier bien d'autres choses j et ils ont jugé bon également, pour ne pas trop multiplier les billets ayant trois ou quatre lignes, d'en faire de vraies lettres en les cousant ensemble, sans trop se soucier de leur date. C'est en retrouvant quelques origi-
IV
naux qu 'on a pu, de nos jours,
décou~rirtout ce
d~sor~re'.. "
En outre, les éditeurs de Kehl avalent cru devoir repartir les lettres de Voltaire en sept sections:
1° Lettres en vers et en prose; 2° Correspondance avec Frédéric; 3° avec les princes de Prusse; 4° avec divers souverains; 50 avec d'A lem·bert; 60 avec Catherine II; 7° Correspondance générale.
Cette division, quelque peu arbitraire, avait,
ilest vrai, certains avantages, mais eUe offrait, d'aptre part, de très grands 'inconvénients, dont le premier était d'augmenter la difficulté des recherches. Il faUait, lorsqu'on voulait con- naître toutes les phases, tous les incidents, tous les épisodes d'une même affaire, courir d'un volume
àl'autre, et feuil- leter cinq ou six tomes pour chercher dans chacun d'eux telle ou telle lettre, tel ou tel passage se rapportant
àune matière ou à un sujet déterminés.
Malgré les très louables efforts tentés par quelques édi- teurs modernes, tels que MM. Renouard, Clogenson, Seu·
cbot, Avenel, Moland, pour remédier
àces vices des éditions de Kehl,
ilne faut pas se dissimuler qu'en ce qui concerne le texte même des rettres de Voltaire
ils'écoulera encore de longues années avant qu'on puisse l'avoir dans toute son intégrité. A mesure que l'on découvre de nouveaux origi- naux, on est amené
àconstater entre les lettres manuscrites et les lettres imprimées des différences plus ou moins considérables, qui ont déjà été signalées par plus d'un éru- dit'. Hâtons·nous d'ajouter que le texte tronqué des édi- teurs de Kehl et de quelques-uns de leurs devanciers (comme l'abbé du Vernet} a été revu et rectifié sur les originaux par Beuchot et Renouard, pour la correspondance avec d'Alem- bert; par M. Masse, pour les lettres
àMmo de Lutzelbourg;
par l'éditeur des
Documents officiels russes, pour celles àCatherine II; par M. Courtat, pour celles
àMoussinot; si bien qu'une grande partie des fautes volontaires ou involon·
taires des éditeurs de Kehl sont aujourd'hui corrigées, et que l'on peut se flatter de posséder, du moins pour ce qui re-
1 • . Œuvres compl~le$ de V~)/tair~, éJition du Siècle, 1. VU, p. 305.
~. Voyez plus 1010 p. 98 et SUIV., 119 et suiv. 189 214 236-237
2~3 etauiv. ' " ,
AVERTISSEMENT
garde ces diverses correspond:>:"ces, le texte à peu près au- thentique des lettres de Voltaire.
Depuis 1785 le nombre des ~recueils consacrés à la Cor- respondance n'a fait que s'accroître. Sans .parler de plusieurs lettres imprimées séparément en 1820, 1826, IS29, 1880 (voyez plus loin nos nOS 1950 à 1953), nous rappellerons qu'en l'an VII Bourgoing, membre associé de l'Institut national, a publié la Correspondance de Voltaire et du cardinal de Bernis; puis l'on a eu les Letlres inédites de Voltaire à Fre·
déric le Grand (1802); le Supplément au recueil des lettres de M. de Voltaire (1808,2 volumes); les Lettres inédites de Voltaire adressées à M"" la comtesse·de Lutrelbourg (1812) ; un Choix de lettres inédites de Voltaire à Vauvenargues (1813); les Lettres inédites de Mme la m,rrquise du Châtelet et Supplément à la correspondance de Voltaire (1818); divers volumes de Lettres inédites (1818,1821, 18>2,1823,1826);
la Vie privée de Voltaire et de Mme du Châtelet ... suivie de cinquante lettres inédites (1820); les Pièces inédites de Vol- taire (1820); les Letlres diverses recuei/lies en Suisse, par le comte Fedor Golowkin (1821); la Correspondal/ce il/édite de Voltaire avec P.-M. Hel/nin (1825).
Les lettres extraites de ces divers recueils, jointes à des lettres inédites; - aux lettres publiées en 1789 par Formey, dans ses Souvenirs d'un citoyen; en 1807 par Collini, dans Mon séjour auprès de Voltaire; en 1819 par Girault, dans l'ouvrage intitulé: Lettres inédites de Buffon, J .. J. Rous- seau, Voltaire, etc.; - à quelques lettres parues avant 1784- 1785, et non recueillies par les éditeurs de Kehl; - enfin à de nouvelles lettres mises au jour depuis 1785, et imprimées dans les Œuvres de Palissot (1788); dans un Memoire de Fabry, ancien premier syndic du pays de Gex '(1790); dans les Mémoires de Lekain (1801); dans la correspondance de Mm" du Deffand avec Horace Walpole (publiée à Londres, en (810); dans les Mémoires des négociations du marquis de Valori (1820), etc., etc., sont venues grossir successive- ment les diverses éditions des Œuvres complètes de Voltaire.
C'est ainsi que j'édition Desocr (1817) s'est enrichie de la Correspondance de Voltaire et du cardinal de Bernis; des Lettres inédites de Voltaire à Frédéric le Grand; du Sup-
pUment au recueil de. lel/res de M. de Voltaire; de la cor-
respondance de Voltaire avec Palissot et avec l'abbé d'Olivet (cette dernière correspondance, dont
ilavait paru des frag- ments en ,814, dans une
Notice sur les 'Iel/res inUites de Voltaire Il l'abbé d'Olivet, était presque entièrement iné-dite). D'autre part, MM. Lefèvre et DéterviIIe, qui ont donné
·en ,8'7-,818 une nouvelle édition des
Œuvres compMles de Voltaire, ont recueilli, dans la Correspondance, quel-ques-unes des lettres de Voltaire à Collini et
àla comtesse de Lutzelbourg, et ont, en outre, reproduit un assez grand nombre de missives du patriarche, imprimées en 18,3 dans la première édition de la
Correspondance lil/éraire de Grimm.Un volume publié en 1822 par M. Renouard, sous le titre de Lel/res inédites de Vollaire Il
Mlle Quinault, Il d'Argental, au président Hénault, forme le tome LXIII' de l'édition des Œuvres complètes de Voltaire due àM. Renouard (,819 et années suivantes). Cet éditeur a eu, de plus, la bonne fortune de pouvoir profiter de la revision que Beuchot avait faite, sur les originaux, des lettres de Voltaire et de d'Alembert, et de restituer ainsi le texte de cette précieuse correspondance.
M. Clogenson, qui s'est tout spécialement occupé des douze premiers volumes de la Correspondance, dans l'édition Dalibon-Delangle, en quatre-vingt-dix-sept volumes (182+ et années suivantes), a augmenté cette édition d'un assez grand nombre de lettres déjà imprimées en France, mais omises par ses devanciers (les lettres
à Mil'Quinault, par exemple);
il
a également retrouvé, dans plusieurs ouvrages édités à l'étranger, et principalement en Italie, des lettres fort in- téressantes de Voltaire; enfin
ila publié de nombreuses lettres inédites adressées à Cideville, à Mm. d'Épinay, à Da- milaviIle, à a'Argental, etc., et fait sur la Correspondance, pour les années 1713 à 1760, d'excellentes annotations. C'est aussi à lui que revient le mérite d'avoir supprimé les divi- sions des éditeurs de Kehl, et d'avoir donné sans distinction de personnes, et chronologiquement, toute la
Correspon- dance de Voltaire'.1. Les lettres en vers et en prose avaient été reportées à leur date, dans la Correspondance g~nérale, dès 1817 (éditions Desoer et LeCèvreet Dét.rville).
AVERTISSEMENT VI!
Cet exemple a été suivi par Beuchot, qui a réuni, lui aussi, la Correspondance en une seule série, classée par ordre chro- nologique_ Non seulement Beuchot, dans son excellente édi- tion des Œuvres complètes de Voltaire (18.8
à
1834), a conservé toutes les lettres recueillies par les précédents édi- teurs (sauf les lettresà
Mil' Quinault, que M. Renouard n'a pas voulu lui permettre de réimprimer), mais encore il a em- pruntéà
une édition publiéeà
Bâle, en soixante et onze volumes, plus de soixante-dix lettres (la plupartà
Darget, quelques-unes au roi de Prusse ou de ce monarque), qui n'avaient encore paru dans aucune des éditions faites en France. Il a, en outre, intercalé dans -la Correspondance.-l ' toutes les lettres de Voltaire publiées par la Société des bibliophiles franl'ais; 2' un assez grand nombre de lettres inédites.
Grâce à ces accroissements successifs de la Correspon- dance, grâce aussi à ses propres additions, Beuchot est par- venu à réunir, dans les tomes LI
à
LXX de son édition, 7473 lettres de Voltaire. Ce nombre a été porté à 8434 let;tres' par M. Avenel', et
à
10,465 lettres par M. Moland;.L'édition de M. Moland, à laquelle nous avons collaboré (mais seulement en y insérant la Notice bibliographique im- primée à la fin du tome L, pp. 484-596), laisse certainement à désirer sous plus d'un rapport, et ne saurait être considérée comme l'édition définitive des Œuvres complètes de Voltaire.
Les tomes II à XXXII reproduisent, à peu de chose près, les tomes Il à L de l'édition Beuchot, laquelle n'est pas elle- même
à
l'abri de toute critique; peut-être le nouvel éditeur aurait-il pu reviser plus attentivement son texte; se reporter plus souvent aux éditions séparées ou collectives, publiées du vivant de l'auteur avec sa participation; augmenter le nombre des notes et des variantes; nous présenter d'une façon plus complète les très nombreux personnages histo- riques mis en scène ou simplement cités par Voltaire; enfin1. Y compris la correspondance ane Frédéric et Catherine II, que M. Avenel a publiée séparément.
2. Œuvres complètes de Voltaire, édition du journal le Siècle (Paris, 1867-1873).
3. Œuvres complètes de Voltaire) édition Garnier frères (Paris, 1877- (883).
"trf
essayer de faire pour le grand écrivain du XVlIio siècle ce que MM. Marty-Laveaux, Monmerqué, Eugène Despois et Paul Mesnard ont fait pour Corneille, ,M'"' de Sévigné, Molière et Racine, dans la belle Collection des grands écri- vains de la France, éditée par MM. Hachette. Toutefois, il est incontestable que, pour ce qui est de la Correspondance, M. Moland nous a donné, dans les tomes XXXIII à L de son édition, un ensemble que l'on chercherait "ainement dans aucune des éditions de Voltaire publiées jusqu"\ ce jour. Il a réimprimé très soigneusement, dans cette partie de l'oeuvre de Voltaire, toutes les lettres éparses dans les recueils spéciaux mis au jour. depuis 1836, en y ajoutant les lettres à Mil. Quinault, que Beuchot n'avait pu reproduire, ainsi que celles qui avaient paru en 1820 dans les Pièces inédites de Voltaire.
Outre les lettres empruntées aux ouvrages Je M. Faisset' et de MM. de Cayrol et François',-lcttres que M. Avenel avait déjà recueillies dans son édition du Siècle, - M. Mo- land a admis dans la Correspondance: ,'les lettres de Vol- taire imprimées en 1840 par M. Brunet', en ,860 par MM. Évariste Bavoux et A. F.', en .863 par M. Athanase Coquerel fils 5, en 1868 par M. Mandat-Grancey', en 1872 par M. Advielle', en 1875 par M. Courtat', en 1876 par M. Vayssière'; - 2' plusieurs leures Je Voltaire publiées dans d"s plaquettes de moindre importance, Jans des recueils périodiques et dans des journaux français et étrangers, enfin dans certains ouvrages qui contiennent incid(,.!mment des lem'es de notre auteur, tels que Voltaire et Rousseall, par lord Brougham (1845); les Œuvres de Condorcet (,847-
J. Correspondance inédite de Voltaire avec Frédéric lI, le président de Brosses, etc. In-8.
2. Lettres inMites de Voltaire recueillies par M. de Cayrol ct annotees par M. Alphonse Fran~ois (2 vol. in-8).
3. Lettres inédites de Voltaire (sol. n. d., in-8 de 15 p.).
4· Voltaire à Ferney. Sa conespondancc avec la duchesse de Saxe- Gotha, etc. In-8.
5. Volt.1ire. Lettres inédites sur la lozerance. In-I8.
6. LeW'es de Voltaire à M. le conseilter Le Rwlt. In-8.
In?~%.oltai,.e. Lettres et poésies inédites adressées à la reine de Prusse, etc 8. Les vraies Lettres de Voltaire à l'abbJ JUOllssùzot. In-8.
9· Voltaire et le pays de Gex. ln-8.
AVERTISSEMENT
1849); les Recherches historiques et bibliographiques sur les journaux liégeois, par M. Capitaine (1850); les Œuvres de Frédéric le Grand (édition Preuss, 1853 et années suivantes);
les Étl/des sur la Russie, par M. Léouzon Le Duc (1853); les Memoires el correspondances historiques, par M. Charles Nisard (1858); les travaux allemands de Varnhagen von Ense sur le séjour de Voltaire à Francfort (1~59); de M Georges Horn sur la margrave de Baireuth (1865); de M. Walther sur la landgrave de Hesse (1817); le Dernier volume des Œuvres de Voltaire (1862); Voltaire au collège, par H. Beaune (1867); les Docl/ments officiels russes (Sbornik ROl/sskago, etc., 1867 ct années suivantes); Voltaire et la so- ciété al/ XVII/< siècle, par M. G. Desnoiresterres (2'édition, 187I-l876); les Souvenirs de la maréchale prillcesse de Beal/vau (1872); les Archives de la Bastille (1881); Fré- déric II et Louis XV, par M. le duc de Broglie (1885), etc.
Enfin, M. Moland a enrichi son édition de près de cent lettres inédites de Voltaire, et a donné en plus grand nom- bre que ses devanciers « les lettres adressées à Voltaire, et auxquelles cci ui-ci répond, ou les lettres qui sont les ré- ponses des correspondants aux lettres de Voltaire'». Il a même reproduit plusieurs lettres échangées « entre per- sonnes tierces, dont Voltaire parle, et qui sont très utiles à l'intelligence de sa propre correspondance' ».
C'est pourquoi, devant un travail aussi considérable et aussi complet, nous n'avons pas hésité
à
prendre pour guide M. Moland dans le dédale de la Correspondance, età
faire tous nos rem ois aux dix-huit volumes de son édition, qui contiennent presque toutes les lettres actuellement connues de Voltaire.Nous avons divisé ce troisième ,"olume de notre Biblio- graphie en cinq parties principales:
Dans la première, nous avons décrit les lettres imprimées séparément de 1738 à 188;) (no, '922 à [953, pp. 1 à 56).
Nous avons donné, dans la seconde partie, sous la forme d'un catalogue alphabétique des correspondants auxquels
I. Œuvres complètes de Voltaire, édition Garnier frèl'es. Avertisse- ment du tome XXXIII, p. vu .
•• Ibid.
elies sont adressées, l'indication des lettres de Voltaire re~
cueillies, de son vivant, dans les diverses collections de ses Œuvres complètes (n' 1954, pp. 57 à 81).
La troisième partie comprend la bibliographie des prin- cipaux recueils spécialement consacrés à la Correspondance, et publiés de 1765
à
1887 (n" 1955 à 2001, pp. 81 à 195).Chacun de ces recueils est décrit, lettre par lettre, avec le numéro correspondant de l'édition Moland en regard de chaque lettre.
On trouvera, dans la quatrième partie, l'énumération des principaux ouvrages (autres que les recueils spéciaux) pu- bliés en France de 1784 à 1888, et contenant incidemment des lettres de Voltaire (n" 2002 à 2102, pp. 1')6
à
278). Bien que, d'une fa~on générale, nous ayons dû laisser de côté les nombreux journaux, revues, magarines, etc., où se trouvent imprimées des lettres de Voltaire, ainsi que les ouvrages édités à l'étranger, nous n'avons pas cru pouvoir passer sous silence certaines publications périodiques importantes, qui oot apporté un contingent précieuxà
la masse de la Corres- pondance. Nous avons mentionné de même plusieurs ouvrages publiés à l'étranger, et d'où les éditeurs modernes ont extrait un nombre plus ou moins considérable de lettres de notre auteur. Enfin, nous avons passé en revue, dans cette qua- trième partie de notre travail, les Œuvres complètes d'un grand nombre d'écrivains du XVIII' siècle qui ont été en correspondance avec Voltaire: d'Alembert, Algarotti, d'Ar- genson, de Belloy, Catherine II, Condorcet, Mm. du Def·fand, Diderot, Favart, Formey, Frédéric le Grand, Garat, Garrick, Helvétius, Le Brun, Marmontel, Palissot, Pitt, Jean-Jacques et Jean-Baptiste Rousseau, de Tressan, Vau- venargues, Voisenon, Walpole, etc., etc., et nous avons re- levé très exactement toutes les lettres de Voltaire que ren- ferment ces diverses collections.
La bibliographie des principales éditions des Lettres choi- sies de Voltaire fait l'objet de la cinquième et dernière partie de ce volume (n" 2[03 à 2 [16, pp. 278 à 283).
Quelque soin qu'ait apporté M. Moland à réunir toutes les lettres connues de Voltaire, il en est cependant qui lui on~,échappé : nous avons cru être agréable au public en
AVERTISSEM ENT
réimprimant les plus importantes d'entre eU cs et en signa- lant les autres à son attention. C'est ainsi que ce troisième volume de notre Bibliographie se trouve enrichi de plus de ccnt lettres de Voltaire qui sont pour ainsi dire inédites, n'ayant jamais figuré dans aucune édition des Œuvres corn·
plMes du patriarche de Ferney.
Ces lettres sont extraites des journaux, recueils et ou·
vrages suivants: Mercure de juillet '731. - Garette de Co- logne du ,5 décembre '7h. - A Collectioll of letters, by L. Howard, 1753. - Poésies de Mm' la mm'quise d'Antre- monl (1770), - Histoire littéraire de M. de Voltaire, par Luchet (1781). - Lettres curieuses et intéressantes de M. de Voltaire (1781). - Opere dei conte Algarotti (1794), - Œu- vres complètes d'Helvétius ('795), - Lettres inédites de Voltaire à Frédéric le Grand (1802). - Pièces inédites de Voltaire (1820), - Re/ics of literature, by Stephen Colet (1823). - L'Homme au masque de fer, par le chevalier de Taulès (1825). - Lettres inédites de Voltaire (,826). - Mé·
moires sur Voltaire, par Longchamp et Wagnière (1826).- Monuments des arts du dessin, par le baron V, Denon(1829)' - Histoire de la détention des philosophes à la Bastille, par Delort (1829). - Correspondellce of W. Pitt (1338), -Essai sur la vie de Tissot (,839), -Aiemoirs and Correspondence of George, lord Lyttelton (18+5). - É'tudes sur la Russie, par M. Léouzon Le Duc (1853). - Lettres illédites de Vol- taire, recueillies par M, de Cayrol (1856), -- Mémoires et journal du marquis d'Argenson (1857). - Le Dix·huitième siècle à l'étranger, par
M.
Sayous (,861). - Le Demier vo·lume des Œuvres de Voltaire (,262), - Le Cabinet de l'Amateur (1863), - Le Nain jal/ne (1863). - Voltaire, Lettres inédites sur la tolérance (1863). - Voltaire au col- lège, par M, Beaune (1867), - L'Amateur d'autographes (1868). - Jean Calas, par M. Ath, Coquerel fils (2' édition, 186g). - Archives du prince Worollr~ff (,872)' - Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon (,874), - Le Reliquaire de M, Q. de La Tour (1874). - Ar·
chives de la Bastille (1881), - Journal de Genève du 25 fé- vrier 1883, - Le Portefeuille de M"" Dupin (1884). - La
Vie intime de Voltaire aux Délices et à Fel'l1ey (,885). -
L'Intermédiaire des chercheurs et curiel/x du 10 mars 1887, _ Voltaire. Lettres et billets inédits, publiés d'après les ori- ginaux du British Musemll (1887)' - Le Temps du 25 dé- cembre 1887. -Zeitschrift !iir die Ceschichte des Oberrheins ( IS8 7)·
Notre matière n'efit pas été épuisée si nous n'avions essayé de combler une lacune qu'aucun des éditeurs de Voltaire n'a songé jusqu';) présent à remplir. Nous possédons bien aujourd'hui plus de 10,500 lettres imprimées de Voltaire;
mais quelle est la source de chacune de ces lettres? dans quelle édition, dans quel recueil, à quelle époque, chacune d'elles a-t·elle paru pour la première fois? Ni les éditeurs de Kehl, ni les éditeurs modernes, n'ont pris la peine Je nous l'apprendre. Seul, M. Moland a indiqué, - et cela d'une fa-
~on incomplète et quelquefois fautive, -la source des lettres qu'il a empruntées à quelques publications périodiques récentes et à un certain nombre d'ouvrages modernes, tels que ceux de MM. de Cayrol et François, Foisset, Evariste Bavoux, Courtat, etc.; quant aux lettres imprimées soit dans les éditions de Kehl, soit dans les recueils antérieurs à l'édi·
tian Beuchot, on ne trouve, dans les diverses éditions des Œuvres complètes de Voltaire, depuis l'édition de Kehl jus- qu'à l'édition Moland, aucun renseignement sur leur pro- venance. Nous avons essayé de suppléer cc qui manque dans toutes ces éditions au moyen du Répertoire chronologi- que de la Correspondance de Vol/aire, de 17" à 177~,
imprimé aux pages 377 à 589 de ce volume. Nous espérons que ce travail sera de quelque utilité aux futurs éditeurs de la Correspondance. Il leur permettra Je remonter à l'ori- gine de chaque lettre et d'avoir pour ainsi dire son êta/- civil sous les yeux. En comparant le texte actuel ù celui des premières éditions, ils pourront rectifier cn plus d'un endroit les fautes assez nombreuses qui se sont glissées dans l'im- pression de la Correspondance, et qui sc sont transmises ct perpétuées d'édition en édition, parce que les éditeurs ont ignoré le plus souvent la source authentique et exacte de chaque lettre.
Comme notre tome lI, ce tome lI! se termine par un Index alphabétique des ouvrages cités.
AVERTISSEMENT XIII
Telles sont les principales explications que nous avons cru devoir présenter au public à l'occasion de la publication de ce troisième volume de la Bibliographie des Œuvres de Voltaire.
Nous ajouterons que l'ensemble de nos recherches a porté exclusivement sur les lettres imprimées, et que nous ne nous sommes occupé en aucune fa~on des lettres autographes ùont il est fait mention ùans les . catalogues de ventes publi- ques ou dans les recueils spécialement consacrés à ce genre de documents. Non que nous n'ayons été tenté de dresser, dans un Appendice, la liste des principales lettres autogra- phes de Voltaire signalées dans ces divers recueils; mais, outre que la place nous aurait absolument manqué, il nous aurait été pour ainsi dire impossible d'entreprendre, sur cette partie inédite de la Correspondance, un travail exact, fidèle, ct par conséquent utile, sans avoir les pièces elles- mêmes sous les yeux. Or, la plupart de ces pièces sont au·
jourd'hui dispersées soit dans les bibliothèques publiques de la France et de l'étranger, soit dans les collections par- ticulières.
L'une des plus importantes parmi ces collections est celle de l'arrière-petit-fils de Beaumarchais, lequel a pu, non sans peine, rentrer en possession d'une grande partie de la Correspondance originale de Voltaire (deux mille pièces environ, d'après M. E. Lintilhac) '.
Nous devons à l'extrême gracieuseté de M. Étienne Cha- ravay, le savant archiviste-paléographe, la très obligeante communication d'une lettre autographe, signée, de Voltaire à M. de Marville. Nous donnons en tète de ce volume un fac-similé de cette lettre inédite, dont on peut voir en ce moment même l'original à l'Exposition historique de la Ré- volution française'.
Un autre fac-simité reproduit, d'après l'autographe de la Bibliothèque nationale (Mss. F. 1 1,460), la célèbre déclara- tion de Voltaire, de février 1778 : « Je meurs en adorant
1. Beaumarchais et ses œuvres (Paris, 1~87. p. 74).
2. Voyez le Catalogue des objets formant l'Exposition Ms/orique de la Révolution franfai.'ie (Paris, 1889, p. 3, nO 22).
Dieu; en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, en détestant la superstition.
»La publication de chaque nouveau volume de notre
Bi- bliographienous procure l'agréable occasion de renouveler au personnel de la Bibliothèque nationale l'expression de notre gratitude pour la bonne grâce et l'empressement avec lesquels MM. les conservateurs, bibliothécaires ct employés du département des Imprimés veulent bien, depuis près de dix ans, seconder nos recherches. Leur concours nous a été, cette fois, d'autant plus précieux qu'il s'agissait de re- trouver un plus grand nombre de volumes, brochures ct plaquettes renfermant des lettres de Voltaire. Que notre ami M. O. Thierry-Poux, l'éminent conservateur sous-di- recteur des Imprimés, qui, dès le premier jour, a bien voulu s'intéresser
ànotre travail, ct qui a constamment soutenu nos efforts ; que MM. Pauly et d'Auriac, conservateurs sous- directeurs adjoints, ainsi que MM. Barringer, Bertal ct Blan- chet, bibliothécaires, chez qui nous avons toujou'rs rencontré une complaisance sans bornes; enfin, que MM. Blaive ct Richert, les employés si consciencieux ct si obligeants de la
Réserve,reçoivent de nouveau nos plus vifs remercie- ments pour le secours très réel qu'ils nous ont prêté en mainte circonstance.
On ne trouvera sans doute pas déplacé que nous acquit-
tions ici une autre dette de reconnaissance. Il nous eOt été
absolument impossible de continuer la publication de notre
travail et de faire paraître les tomes Il et
IIIde notre
Biblio- graphie des Œuvres de Voltaire,si la haute bienveillance du
gouvernement royal de Roumanie ne nous avait maintenu,
depuis huit ans, dans le poste diplomatique que nous avons
l'honneur d'occuper en France, et ne nous avait permis de
faire sur place une partie de notre carrière. Aussi prions-
nous les divers ministres qui se sont succédé, depuis 1882,
au Département royal des affaires étrangères de Roumanie,
MM. Stourdza, secrétaire général de l'Académie roumaine,
Phérékyde, ancien ministre plénipotentiaire de Roumanie en
France, P. Carp et Alexandre Lahovary, d'agréer l'hommage
de nos remerciements pour la protection éclairée qu'ils ont
bien voulu nous accorder, et grâce à laquelle nous avons
AVERTISSEME:-iT xv pu mener à bonne fin la principale partie de notre œuvre.
Le tome IV et dernier de la Bibliographie des Œuvres de Voltaire paraîtra dans le courant de l'année 1891. Il contien- dra la description des Œuvres complètes et des Œuvres choisies, des principaux Ex/raits de Voltaire, enfin des nombreux écrits publiés sous son nom, ou qui lui ont été faussement attribués.
Paris, le 20 août 1889.
Georges BENGESCO.
LETTRE INÉDITE DE VOLTAIRE
A M. DE MARVll.LE ('746).
(Collection de M. Étienne Charavay.)
VOLTAIRE
BIBLIOGRAPHIE DE SES OEUVRES
IX
CORRESPÙNDANCE 1. - Lettres de Voltaire imprimées sipariment.
1922. LETTRE A
M.
RAMEAU.S. 1. n.
d.,in-8 de
4pp. (c.
V. Beuehot,
1447).On lit au basdela page 4: A Paris, ce 'Jjuin 1738.
Cette date est sans doute celle de l'impression, car, dès le 2.8 mars 1738, Voltaire écrivait à Thieriot : ( On m'a fait
Il voir une lettre à Rameau sur le révérend Père CasteIJ qui
ft m'a paru flaisante et qui vaut bien une réplique sérieuse;
( mais je n ose même l'envoyer, de peur qu'une tracasserie
« melasse par les mains. Si vous étiez homme à promettre,
«jur jurando, secret profond et inviolable, je pourrais.vous ( envoyer cela: car, si promettrez, tiendrez.)) Cf. Voltaire au même, 10 avril 1738.
Le Père Castel, auteur du Clavecin des couleurs', avait été
I. L'exposition du système du Clavecin oculaire a été faite par le P. Cas~el dans les Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux-arts (Mémoires de Trévoux) : Nouvelles Expériences d'optique et d'acoustique, adressées à M. le Président de Montesquieu, par le P. Castel, jésuite.
Tnt.
en comme~c:e avec Voltaire, et celui~ci avait fait son éloge dans les Éléments .de la philosophie de Newton. (Voyez l'édi- tion Garnier, t. XXII, p. 505-506.) «JI me parla de son
ft Clavecin des cONleur,; j'en dis un mot dans mes Éléments cc d'optique; je lui envoyai m'me le morceau. Vous serez
cc peuf':'être surpris que, dans la quïnzaine, ce bon homme
ft imprima contre moi, dans Je MerellJ" de Trélloux, les
• choses les plus insultantes et les plus cruelles. » (Voltaire à Maupertuis, 15 juin 1738.)
C'est à la suite de ce procédé de l'auteur du Clavecin ocu- laire que Voltaire intervint dans la querelle engagée entre le P. Castel et Rameau au sujet de la Basse fondamentale '.
Dans sa lettre du 21 mai 1738 à Thieriot, Voltaire se dé- fend d'avoir écrit à Rameau la lettre qui nous ocçupe. « Je cc suis bien sl1r, ajoute-t-il, que, si les jésuites m'imputent
« cet ouvrage, vous ferez ce qu'il faudra pour leur faire sentir
ft combien je suis sensible à celte calomnie. »
La Lettre à M. Rameau est au tome LIlI de l'édition de Kehl, p. 21, avec cet intitulé: Lelll'e à M. Rameau SUI' le Père Castel et son Clavecin oculaire.
Il y a entre le texte de l'édition princeps et le texte des édi- teurs de Kehl de légères djjférences qui n'ont pas été relevées par Beuchot.
Le membre de phrase: • Quoique, depuis quelques années, (( les Mémoire, modernes ne fassent point regretter les an-
K ciens • (éd. Garnier, t. XXXIV, p. 440), ne se trouve pa.
dans l'édition en 4 pp.
1923. LETTRE DE M. DE VOLTAIRE A M. L'ADDt! DUDos. S. 1.
n.
d. (1739),in-u
de6 pp. (Bibl. Nat. Lb
37, 83,et C. V.
Beuehot, 425).
Dans cette lettre, Voltaire trace le plan du, Siècle de Loui. XIV et demande à l'abbé Dubos le concours de ses lu- mières. ft A qui daignerez-vous les communiquer, si ce n'est
(Aont, 1re et 2e parties, septembre, octobre, novembre et décembre, se- conde partie, 1735.) Le journal des travauJt de ce jésuite pour la rédac- tion de son Clavecin oculaire se trouve 11 la bibliothèque de Bourgogne, l Bruxelles, soua le nO 15,746.
,. Sur cette querelle, Yoy~ Voltaire musiciell, par Edmond Van der Sttaelen, Paris, Ba"r, 1878, ln-80, pp. 199 et suivantes.
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES
I( à un homme qui aime sa patrie et la vérité, et qui ne
« cherche à écrire l'histoire ni en flatteur, ni en panégyriste,
I( ni en gazetier, mais en philosophe
r
Celui qui a si bien dé-Il brouillé le chaos de l'origine des Français m'aidera sans
I l doute à répandre la lumière sur les plus beaux jours de la
(1 France. ,.
Voltaire fait allusion à l'Hisfoil'e critique de l'établisse ..
ment de la monarchie française dans les Gaules (Paris, 173{, 3 vol. in-4°; Bibl. Nat., La4 • 18), ouvrage dans lequel l'abbé Dubos a essayé de prouver que les Francs s'étaient établis dans les Gaules d'une façon pacifique et sans conquête.
L'abbé Dubos n'est plus guère connu aujourd'hui que par ses Réflexions critiques sur la poésie et sur la peilltur'e, PUM bliées en 1719, et qui ont eu un grand nombre de réimpres- sions t. «Ce qui fait la bonté de cet ouvrage, dit Voltaire, c'est
I( qu'il n'y a que peu d'erreurs et beaucoup de réflexions
t( vraies, nouvelles et profondes. Ce n'est pas un livre mé ..
« thodique, mais l'auteur pense et fait penser. Il ne savait
« pourtant pas la musique, il n'avait jamais pu faire de vers,
« et n'avait pas un tableau; mais il avait beaucoup lu, vu,
« entendu et réfléchi.)) (Édition Garnier, t. XI.V, p. 66.) La Lettl'e à l'ahbé Dubos n'a pas été imprimée tout entière, en 1739; le texte de l'édition in-12 s'arrête à ces mots:
« En un mot, Monsieur, vous voyer mOll plan », etc.; en ou- tre ce texte est défiguré par plusieurs fautes grossières, et c'est avec raison que Voltaire écrivait à Berger, en avril 1739 (lettre 1 147 de l'édition Moland) : « On a fait courir une
« lettre de moi à l'abbé Dubos; c'est une copie bien in-
« fidèle. »)
Réimprimée en 1761 dans la Tr'oisième suite des Mé ..
lallges, etc., p. 291, conformément au texte actuel, et en 1764 dans la Collection complète des Œuvres de M. de Voltai,.e, t. 1er, 2e partie, p. 633, la Lettre à l'abbé Dubos est au tome LIlI de l'édition de Kehl, p. 95.
1924· LETTRE DE M. DE VOLTAIRE SUR SON ESSAI DE L'HISTOIRE DE LoUIS XIV A MILORD HARVEY, GARDE DES SCEAUX D'AN- GLETERRE.
S. 1.
1740, in-8de
8pp.
(Bibl.Nat.
Lb 37,4518).Cette lettre, imprimée dans l'édition de Kehl, à la fin de I. Ut.rech~, 1732-1736, 3 vol. in 80. _ Paris, 1732, 2 vol. in-no - ParIS, Plssot} 1755,3 vol. pet. in-40.
4
juillet '740 (t. LIII p. 305), est du mois d'avril précédent.
Voltaire en parle da'ns ses lettres à Berger, du 26 avril, et à l'abbé Moussinot, du 7 juin; l'abbé Desfontaincs en fait men·
tion dans ses Observations sur les écrits modentes du I6 juillet '740 (t. XXII, pp. 108-110).
Lord Hervey avait été nommé garde des sceaux (Io"d pl'Ïvy seal) dans les premiers mois de 1740. Il avait connu Vol- taire lors du séjour du poète en Angleterre, et il se piquait lui-~ême de poésie. Voltaire a traduit, dans sa XXe Lett1'e philosophique, une description en vers que lord Hervey avait faite de l'Italie. Ajoutons que lord Hervey fut l'ennemi dé- claré de Pope; on peut lire, dans le morceau intitulé: Pa·
rallèle d'Horace, de Boileall et de Pope (édition Garnier, t. XXIV, p. 225), un échantillon des (( gentillesses singu- lières» dont l'auteur de la Dunciade (( a régalé l) son com- patriote.
Rappelons aussi, dans un ordre d'idées tout différent, le trop galant madrigal en vers anglais, adressé par Voltaire à lady Hervey' (édition Garnier, t. X, p. 607)' Lord Hervey a laissé des Mémoires intéressants qui ont été publiés en 1848 par M. Croker'.
La Lettre de M. de Volta;,'e sur' sdn Essal, etc., n'a pas été imprimée en 1740, telle qu'on la lit dans le texte actuel.
Sans parler de quelques variantes sans importance, qui n'ont été relevées par aucun des éditeurs modernes, toute la partie de ]a lettre qui forme dans l'édition Garnier (t. XXXV, pp. 412-413) les alinéas 3,4,5 et le commencement de l'ali- néa.6, est remplacée, dans le texte de 1740, par le passage suivant:
(( C'est sous lui qu'on vit fleurir les Corneilles', les Ra ..
(( cines, les Quinaults, les LulUs, les Molières, les La Fon-
u taines, les Le Sueurs, les Le Bruns, les Jouvenels, les ( Mansards, les Perraults, les Girardons, les Pu;ets, les
« Coesvaux (sic). On vit aussi un Bossuet, un Fénelon, un ( Fléchier, un Mascaron, un Bourdaloue, un Massillon, faire
CI connaître aux hommes de nouveaux genres d'éloqu'ence.
C( TOus les arts alors ont été perfectionnés, et tous récom-
1. Sur ce madrigal, voyez la Jeunesse de l'Ollaire, par M. Desnoires- terres, pp, 385-387. - John Hervey avait épousé, en 1720, miss Lepe!.
2. Memoirs of the Reign of George the Second, from his acces$l'on to the Death of Queen Caroline by John, lord Hervey. l.ondon John Murray, 1848,2 vol. in-8°, (Bibl. Nat., Ne 2070.) ,
3. Nous suivons l'orthographe de l'édition princeps.
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES
" pensés j Paris effaça Rome et Athènes. Songez que tandis
~( que ce grand prince soutenait la guerre contre plus de la ({ moitié de l'Europe, il envoyait des géomètres et des physi-
(t ciens au fond de l'Afrique et de l'Amérique chercher de
" nouvelles connaissances. Songez, Milord, etc. » Plus loin (alinéa 6, édition Garnier, t. XXXV, p. 413) au lieu de cette phrase: I( L'évêque Burnet avoue que c~
I( goût, etc. )', on lit dans l'édition de 1740 : i( Pensez-vous
Il que l'auteur de Caton n'ait pas dû sa conduite et sa sa-
tl gesse aux Corneilles et aux Racines? )1
On n'a pas non plus conservé dans l'alinéa 7 ce membre de phrase: " Il (Louis XIV) était pour ainsi dire l'âme des
" princes de l'Europe. ))
Alinéa 8, après ces mots: f( Qui a protégé, employé, en-
C( couragé ces excellents écrivains )), on 1it dans l'édition de 1740: « Ne regardez pas seulement Louis XIV comme un {( homme heureux qui n'a point de part à la gloire de son
f( règne; il a réformé seul le goût de sa cour, etc. ») La Lett,-e de M. de Voltait'e sur son Essai, etc., a été réimprimée en 1746 et en 1764 dans les ŒuvI'es de Voltaire (t. IV de l'édition de 1746, p. 432; - t. V de l'édition de 1764, pp. 1-10). Le texte de ces deux réimpressions est, à quelques différences près, conforme au texte actuel.
Nous avons déjà dit que dans l'édition de Kehl cette Lettre est au tome LlII, p. 305, avec la date de juillet 1740.
C'est M. Clogenson qui, le premier, a rectifié cette date fautive. (Voyez sa note, t. LXXII de l'édition De/angle, p. 86.)
1925.
LETTRE AM.
NORBERG, CHAPELAIN DU ROY DE SUÈDE CHARLESXII,
AUTEUR DE L'HISTOIRE DE CE MONARQUE. Lon- dres (Paris, Prault), 1744, in-8 "de 1 f.de titre et 16 pp.
(Imprimée à la suite de l'édition princeps de Mérope; Bibl.
Nat. Y. Th. II,678). -
Londres, 1744, in-Ba de 1 f.de titre et 14 pp. (C. V. Beuehot, 424.)
La Lettre à M. NOJ'berg, quoique imprimée avec une pagi- nation et un titre séparés, fait partie intégrante de l'édition princeps de Mét·ope. Le titre dépend du cahier fI et c?~~es
pond aux feuillets 103-104. (Voy. Catalogue Rocheblhere, Pa n's, Claudin, 1884, 20 partie, p. 188.) Néanmoins on ren·
contre souvent ceue Lettre détachée du volume auquel elle appartient. (C. V. Beuchot, 565, 566.)
C'est en '740 qu'avait paru à Stockholm l'His/o;''e de Charles XII, mi de Suède, par Georges-André Nordberg, chapelain et confesseur de Charles XII (2.vol. in· folio, en suédois').
Traduite en français par Warmholtz (La Haye, de Hondt, '742"74/1,4 vol. in-4°), l'Histoire de Nordberg ne pouvait manquer d'exciter à U11 haut degré la curiosité de Voltaire;
dès '740 (,5 septembre), il écrit au maréchal de Schulen- bourg:
• J'apprends qu'on imprime à La Haye la traduction fran.
ct faise de l'Histoire de Charles XII, écrite en suédois par o «M. Nordberg : ce sera pour moi une nouvelle palette dans
• laquelle je tremperai les pinceaux dont il me faudra re·
u peindre mon tableau. »
Le 12 mars 174', nous le voyons demander à Warmholtz de vouloir bien lui marquer les endroits où son histoire diffère de celle du chapelain suédois. Dans une lellre de mai ]741 adressée au même traducteur, Voltaire ajoute: f( Il est
• très naturel que M. Nordberg, Suédois et témoin oculaire,
ft ait été mieux instruit que moi étranger, et il est juste que
~( sa grande histoire serve d'instruction pour mon petit abré-
ft g6 ... Vous me ferez plaisir, Monsieur, et vous me rendrez
ct justice, si vous voulez bien avertir, dans la préface ou dans
Ct tes notes de votre ouvrage, que je ne prétends point
0,
combattre M. Nordberg, mais me réformer sur 6es mé-Ct moires. II
Le ton agressif et provocant de Nordberg, la malveillance avec laquelle il avait cru devoir relever les moindres inexac- titudes de l'historien français, répondirent bien mal aux sentiments de déférence etde considération exprimés par Vol- taire dans ses lettres à oWarrnholtz.
«Nordberg, dit M. Geffroy, pouvait se contenter d'être
Cf diffus et ennuyeux; mais il devient agaçant à contredire , Voltaire presqu'à chaque page. - Tout cela est faux; M. de
It Voltaire J"aisonne à sa maniè,"e i M. de Voltaire mérite ici
« d'êtl'e relevé; avant M. de Voltaire, pel'sonne ne s'est avisé
« de den débiter de pa"oil; _ telles sont ses perpétuelles
1. Konung Carl den XIl Historia (voyez Warmholtz , Bibliotheca his- torica Sueo-Gothica" t. X, p. 177). -Sur la traduction de Warmholtz, lOyez la note de Beucbot (t. XXXV de l'édition Garnier, p. 510).
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES
(( formules. Pour un certain nombre de ses observations qui
" peuvent être fondées, beaucoup portent sur de puériles
« vétilles .•• r• »
L'hostilité de cette attitude pouvait faire craindre, de la part de Voltaire, une de ces explosions de colère et d'invec- tives dont ses ennemis redoutaient si fort les éclats. Mais, cette fois, il sut se moderer, et, complètement maître de son ressentiment, il se vengea de Nordbcrg en lui écrivant ùoe lettre qui est un modèle de persiflage piquant et de mordante ironie.
Dans le texte de '744, la Letlre
ct
M. Norber/I est beau·coup plus longue que la version actuelle. Voici ce que porte l'édition pl'incep. à la place des deux derniers alinéas de l'édi.
tian Garnier, t. XXXVI, p. 283 :
ct Vous citez, Monsieur, deux pièces bien indignes d'être
" connues du chapelain de Charles XII : l'une est la Voltai·
( r'omanie, l'autre est je ne sais quel factum d'un libraire (( contre M. de Voltaire.
" Votre traducteur, M. Walmoth (sic), a eu l'équité d'a-
« vertir, dans ses notes, que cette Voltairomanie est une de
fC ces malivais~s et ténébreuses satires qu'il n'est pas permis (( à un honnête homme de citer. Il vous relève, au moins,
fC sur cette erreur. Sachez donc, Monsieur, la vérité de
ce
(( fait, puisque vous en parlez.(( Un écrivain français qui avait, comme tous les gens de
f( lettres le savent, les plus grandes et les plus solennelles ( obligations à M. de Voltaire, a eu le malheur d'être soup ..
cc çonné (et nous croyons que c'est témérairement) d'avoir (( poussé la noirceur et l'ingratitude jusqu'à composer cette (( indigne pièce; mais il l'a désavouée publiquement à la (( police de Paris; et ce désaveu, signé de sa JIlain, est im-
cc primé. dans toutes les gazettes. Voyez, entre autres, celle
f( d'Amsterdam du mardi 19 mai 1741. Je me cp'oil'ais dés-
Ct honoré, dit-il, si lavais la moindre pa,.t à cet infâme li-
ft belle: ce sont ses propres expressions. Jugez donc quelle (( gloire on peut recl,leillir à citer cette pièce, qu'un tel écri- (( vain désavoue.
(( Nous croyons aussi devoir vous instruire de l'authenti-
(C cité de ce factum du libraire, que vous citez encore à pro-
" pos du roi de Suède, Charles XII.
l. Le Charles XlI de Vollaire et le Chl.f.rles XlI de l'histojre. Revue deI Deux-Mondes, 15 noyembre 1869, pp. 363-364.
« Quelque élrange qu'il puisse êlre d'assembler ici de lels
t( noms, on ne peut s'empêcher d'en parler après vous; ct
ct puisque, dans l'histoire d'un roi de Suède, vous vous scr~
I ( vez d'une pièce d'un procès d'un marchand de Rouen pour
le noircir la réputation d'un homme de lettres de Paris, souf-
« frez que des gens de lettres, mieux informés que vous,
" prennenl la liberlé de le défendre.
cc Vous savez qu'il y a souvent autant de jalousie entre les
«écrivains qu'entre les princes; mais,quel que soit l'écrivain
1( qui ait induit ce libraire à publier ce factum dont vous
te parlez, il est à propos de vous dire qu'il fut condamné et
le supprimé juridiquement, et qu'ainsi ce n'était guère un
It document à rapporter dans l'histoire d'un monarque.
t( Vous aIJez voir, Monsieur, que souvent il ne faut pas
« plus se fier aux pièces imprimées, dans les affaires des par·
« ticuliers, que dans les négociations entre les souverains. Et
« de même que tous les universaux et tous les manifestes qui
Il grossissent un ouvrage ne font point connaître le fond des
Il affaires et les ressorts de la politique, ainsi tous ces lî-
Il belles répandus ou sous le nom de Factum, ou sous celui
Il de Remarques, d'Obsel'vations, etc., etc., tous ces extraits
(C satiriques dont on déshonore tant de journaux, ne peuvent ( servir à donner un'e juste idée du caractère d'un homme.
Il Pour vous en convaincre, ayez la bonté
de
jeter les yeux sur1( cette lettre de ce même libraire écrite à M. de Voltaire
Cl quelque temps après le procès dont vous parlez: elle est ,,"de Paris, dalée du 30 décembre '738. On la publie pour
lC servir d'exemple, et même pour faire honneur à celui qui
« a eu le courage de réparer, par lui-même, le mal que
Il d'autres avaient fait en se servant de son nom. La voici. » (Suit le lexIe de la lellre de Jore du 20 décembre '738;
voyez le n" 992 de l'édition Garnier, 1. XXXV, p. 77. - Celle lellre offre quelques légères différences avec le lexIe aCluel.) •
« Si cette lettre ne vous suffit pas, Monsieur, pour décré-
1( d~ter les ou,-rages infâmes auxquels vous avez voulu donner
« du poids dans votre préface, nous vous en fournirons d'au·
tC tres beaucoup plus fortes. Vous_voyez un homme qui de ...
Il mande pardon de cette même faute, que vous citez comme (( une autorité, et qui nten rougit point. Ne rougissez point,
(t Monsieur, de vous repentir de vos petites inadvertances. Il
Il est dur, mais il est beau d'avouer ses fautes. »
La Letlre à M. NOI'ber'g a été reimprimée en '745, dans le lome ~l (V) des Œllvres de M. de Voltaire, pp. 219-230, conformement au lexIe de '744.
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES Dans l'édilion des Œuvres publiée à Dresde, chez GeoJ'fie- Conrad Walther, en 1752, cctte Lettre est en tête de l'His- toir'e de Charles XII (t. VI, p. 6).
Cette disposition a été conservée par tous les éditeurs (y compris ceux de Kehl; voyez leur tome XXIII, p. 17).
Beuehat est le premier éditeur qui ait mis la Lettre à Nordberg dans la Correspondance (t. UV de l'édition Le- fèvre, p. 625).
Le texte actuel cst de 1752.
1926. LETTRE DE M. DE V'" AU RÉVÉREND PÈRE DE LA TOUR, PRINCIPAL DU COLLÈGE DE LOUIS-LE-GRAND.
S.
1. (Paris), 1746, in-4° de 12 pp. (e. V. Beuchot, 1893); - LETTRE DE M. DE VOLTAIRE, etc. S. l. 1746, in-8 de 1 f. de titre et 9 pp. (C. V. Beuchot, 430). - Liége, E. Kin!s, in-8 de 23 pp. (de Theux de Montjardin, Bibliographie Liégeoise, 2' édition, Bruges, 1885, in-4° p. 547).Dans l'édition in-4°, on lit au bas de la page 12: A Paris}
1746. Cette datc n'est pas dans l'édition in-Bo,
La Lettl'e au R. P. de La Tour a été réimprimée avec la date du 7 février 1746 dans le Voltarialla, ou Éloges amphi- gOltl'iqlles de Pr.-Made Arouet. Paris, 1748, in_8°, pp. 168 et suivantes. Cf. la Ille suite des .Afélallges de poésie, etc., 1761, pp. 306~3I5; la Collectioll complète des Œl/vres de M. de Voltaire, Amsterdam, I764, t. 1er , 2e partie, p. 639;
M. de Voltaire peint par lui-même, 1766, p. g6I; enfin le tome XLIX de l'édition de Kehl, pp. 89"97.
Les éditeurs de Kehl avaient classé la Lett/·c au R. P. de La Tour dans les Mélanges littéraires: Beuchot est le pre- mier qui ait changé la place de cette lettre. 11 Pa mise dans la COl'respolldallce, et, tout en la maintenant au 7 fé- vrier 1746, il l'a accompagnée de la note suivante: (( Vol~
( taire composa cette lettre pour s'aplanir l'entrée de !lAca-
« demie française. En conservant la date du 7 février, qu'on
« trouve dans l'édition de Kehl, je crois devoir noter que si,
« selon l'opinion généralement reçue, cette lettre fut faite
J. J?ans cette réimpression de 1766) le texte est incomplet et la dute erronee.
(t pour pouvoir être admis à l'Académie, clle doit être de la
t( fin de mars, puisque ce ne fut qu'alors qu'une place fut
"vacante. » (Édition Lefèvre, t. LV, p. 83.)
MM. Avenel et Moland ont rectifié la- date que les éditeurs de Kehl avaient empruntée au Voltarialla et aux autres recueils publiés du vivant de Voltaire, et ils ont placé la Lettre au R. P.
de La Tour à la fin de mafS 1746. M. Desnoiresterres penche aussi pour cette date (Voltaire à la COllr, p. 47, note 2). li est en effet à peu près certain que Voltaire écrivit cette Lettre pour s'ouvrir les portes de l'Académie. C'est du moins ce qu'affirme Condorcet dans sa Vie de l'ollaire (Kehl, 1789, p. 59): "II (Voltaire) fut obligé, pour désarmer les dévots,
ft d'écrire une lettre RU père de La Tour, où il protestait de u son respect pour la religion, et, ce qui etait bien plus né·
t( çessaire, de son attachement aux jésuites. ))
Ces marnes sentiments sont d'ailleurs exprimés dans une lettre à Moncrif du 7 avril. Cette lettre doit avoir suivi de peu de jours celle que Voltaire adressa au P. de La Tour.
Quant au prétexte saisi par le poète pour écrire sa lettre au principal du collège de Louis·le-Grand, il lui fut fourni par une attaque du rédacteur des NOl/velles ecclésiastiques.
On sait que Voltaire avait dédié au pape Benoît XIV sa tra ..
gédie de Mahomet, et qu'à cette occasion une correspondance suivie s'engagea entre le souverain pontife et l'auteur des Lettres philosophiqlles. Le pape avait même envoyé à Vol- taire des médailles d'or, et celui-ci J'en avait remercié par sa lettre du 17 aoOt 1745. De là, grand émoi des rédacteurs des Nouvelles ecclésiastiques: fi Hélas! de ce même siège d'où
f{ partaient autrefois les foudres contre Pélage et ses secta ..
f{ teurs, on ne 'voit partir maintenant que des anathèmes
f( contre des hommes qui ntont d'autres crimes que celui de
f{ s'opposer hautement au pélagianisme renaissant. On fait (( plus. Dans le même temps que le souverain pontife écrit au
Il roi pour exclure de la grâce du jubilé ceux qui ne sont pas
fi soumis à la bulle Unigenitus, Sa Sainteté écrit à son cher
fi fils, le sieur de Voltaire, un bref de compliment sur sa belle
Il tragédie de Mahomet, tragédie que le ministère public a dé-
Il fendu de représenter sur le Théâtre·Français. A ce bref éton-
fi nant le Saint~Père joint des médailIes d'or pour témoigner ({ au poète l'estime qu'il fait de ses talents. L'auteur des
(1 Lett,.es philosophiques, brûlées par la main du bourreau,
« lettres dont l'impiété a soulevé tous ceux qui ont encore
Il quelque religion, cet auteur, dis-je, est en commerce avec
f( l~ pape, alors que des évêques, des prêtres, des reli ..
I( gleux, etc., sont traités d'excommuniés. Y a·t-il encore de
(1 la foi sur la terre, et tout n'annonce.t-il pas que la vérité se