Ces pluviaux sont connus sous les noI!lS suivants, du plus E'nciGTI 2.U plus récent : Villafranchien,SDJ.âUen, Amirien, Tensiftien, Soltenian a'ç ID1,.f".rbien

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(1)

ROYAill-œ DU MAROC

OFFICE NATIONAL DES IRRIGATIONS 1-lIssrON REGIONALE DE LA

BASSE MOULOUYA

AVAl'TT PRO~

Dl.AMENAGErJilllNT ET DE rUSE EN VALEUR

DELA

BASSE UOULOUYA

DEUXDJrŒl P1lRTIE

INVENTAIRE DES RESSOURCES POTENTIELLES

CB".LPITRE

. 4

GEOMORPROLOC·IE·1

(2)

..

II-4

La morphologie du Quaternairo lIIc'U'ocain est commandée par la succession des "pluviaux" et liinterpluvieux" correspondant aux gla- ciations ct intorglaciations européennes.

Une période pluviale est caractGrisée par un refroi- dissement du cli.J:ne.t accompagné d'une pluviométrie forte.

n

s' ensuit un ruissellemont en happe importf'.nt avec, d'unG pa:rt, dépats de pente et formation de glacis d'accumulation, d' autre part, engorgement des oueds.

Ca sont ces dépOts qui forment les roches-mères des sols développés ul- t6rieuremel1t sous l'influence du climat.

Au cours des périodes pluviales, on note également une regression rv'rine, ce qui entre.tne, dans les régions côtières un creu- sement dos oueds et la formation de terrasses (terrasses "eustatiquesll) .

Ces pluviaux sont connus sous les noI!lS suivants, du plus E'nciGTI 2.U plus récent : Villafranchien,SDJ.âUen, Amirien, Tensiftien, Soltenian a'ç ID1,.f".rbien. Signalons que les concl";.t~.onscle climat de deux de ces pluviaux ont pC'rmis le développement de "crofttes" c' est-à-dire de formations e:x:tr~mementriches en calcaire, souvan'c durcies ~ On distingue:

- la croftte moulouyenne, qui coiffe les dépôts de la fin du Villafr~cl1ien, très épaisse, surmontée d'une dalle puissante, très dure,

èompe.cte~

,.,/! ••

(3)

,,

II-4

- 2 -

- :ha. crol1te tensiftienne, bea.ucoup plus mince et plus tendre.

Un interpluvial est care.ctéris~ per une élévation des

tempérE\:tUJ.~oset une faible pluviométrie. Le ruissellement devient linéaire et ravine les dépSts de pente ; dans les régions co~~tinentalesles oueds

recreusen'~ leurs lits et donnent naissance aux terrasses "climatiques".

Les matériaux ainsi an-echGs vont s'açpumuler dans

"',

la zone c6tière où une transgression

marina

~rovo~le l'e~gement des

lits dloueds~··'!

Onvoit donc que nombre des cc.rtictéristiques du mi- lieu actuel (roches-mères des sols, présence de crotlte, topographie) sont les conséquonces de phénomènes survenus tout au long du quaternaire;

nous alloI'l..B donc retracer brièvanent l' histoire quaterne.ire de chacune des plaines du Périmètre, en indiquant les :prindpl1~escaractéristiques des dépSts et, éventuellement, la façon dont ils ont marqu'~ le paysage

a.ctuel~

1.- LA PLAINE DES TRIFFA

A~- ~~J3 dé~t8 du

Quaternaire

u~s dépets vUlafranc~sont venus recouvrir des apports con·~:l.nontaux(limons et galets) de:t;211t r1a ln fin du Pliocène. Il s'agit essentiellement de ce.lcaires et de mnrnes ls-custres (que l'on trouve actuellement en surface aux environs d'Ahfir, près d'Ain R~gada, à l'Est de R."lB-El-Ma. et dans les <n,led Man20ur) et de limons rouge~tres, plus ou.

moins encro11tos et plus ou moins m~lés de caUloUJt ; ces dépSts sont re- couverts par la crol1te moulouyenne, épaisse et dure.

(4)

II-4 -3-

A la fin du Vi11a.:t'ral1ohien. une ph:qs.o h/ctonïque qui

B. d'aill.curs pu se poursuivre uJ.térleuremonJe, a provoqué le. form."I.tion, DU le rejeu, do f~illes et de ~lexures, dé1imit~nt ~insi deux cuvettes r

- 12. cuvette des Triffa : limitéo pc.r 1~1, remontée d_e 1[' cro~te

moulouyenne vers le Klss,

à

llEst, vers le Cherna ot la Meulouya à l'Ouest Sa limite :Hord est constituée par la fleXU1.'e des CI.11od }J8.nsour, sa limite Sud par une série de failles et de flexures plue: ou moins pa.ra1l~les l'l.UX

B eni Snassen orientaux.

- la cuvette de Boughriba, qui slétend de l'oued Tagma à l'Est, au Djebel Aklim el Kbir à l'Ouest, est limi'liée nu Sud par les Béni Snassen occidentt>.'UX, cu Nord pm:' une série de collines (Dj. Al<;lim es Srhir, Kcrch Zouitout, Koudiet el

Alam).

Les deux cuvettes sont sépe~ées par un seuil (reste des glacis vill8.f:ro..11.chiens) plus ou moins ondulé et sillongé de fractures

(ultérieurement empruntées par une série dloUGds)~ La cuvette de Boughriha est divisée en deux: parties per un fragment resté en saillie de ces m~mes

glacis. Sur toutes ces zones restées en relief, ln croate moulouyenne af- fleure.

n

en est de m~me tout le long de 1['. VlOulouYB., dl3Ils les Ouled M,:.nsour (mis à part les fonds de certaines vallées) et sur le pourtour des

cuvettes cles friffa et de Boughriba.

L~,s limons villafrAllchiens nIant qutun rôle réstreint en te..nt ,ue roche-mère des sols ; ils sont en effet presque toujours re- couverts par des apports plus récents ou par la. cro'Ote moulouyenne. p~

contre cette dernière est très importante car elle rend très difficile la mise en valeur de no;tbreux secteurs de la pl['ino.

Le pluvial Salétien a dOl'mr5 nr.,iss,-:Jlce à des cônes de déjection (près de Boughriba, et peut-hre de B8rk:~ne) trp.s fortement caillouteux, Qypuyés nux Béni Snassen. Quel~ues ~estes de terrasses le long du Cheraa sont également a attribuer 2.U S~létien

... / ...

(5)

II-4 -4-

Les l'l.!,ports nmiriens ot .i~.n.~

..

:~:

..

t~ soot maldsés à.

distill:::'W)r. l'1"ous Qvons attribué à l'ÂIIlirten 1li1 limon rouge, argileux, à

t~ches à.a cl:ŒcGire pulvérulent de formes :",.rronc"1i0s que l'on trouve parfois en profondOlT dans certains sols au-dessous soj.t d lun encroûtement, soit d'un horizon beaucoup plus abondamment tr.ché et riche en granules (qui serait soit un dépat tensiftien, soit la pE'.rt:i.e supérieure du limon ami- rien, mo...i.s fortement modifiée par l' aceumulatj.on c21c~re).

!ta

dépôt ami- rien nInpP2J:'['jj; cependant que rllrement au-dessus de 1,50 1:.1 de profondeur et presque j!:'.Il1.:l.:ï.s au-de.ssus de 80 cm.. Son r~le comme roche-mère des sols de la pld.ne des Triffa est donc limité. Les aplJOrts tensiftiens, I:!.ssez riches en

vrgile

dans l'Est de la plaine des Triffo., le sont moins quand on VI:!. vers la Hou10uya ; signalons que l'on trouve près de Berkane des formatioœtensiftiennes asse'?, sableuses, souvsnt m~lées de niveaux cail- louteux relativement nombreux, plus ou moi..'I1.s épnis. Les apports tensiftiens sont riches on calcaire, souvent fortement tachés, nvec de nombreux gra- nules et IY.'.rfois des nodules. Souvent des défl6ts sont recouverts d'une croûte tenè.re ou d'un Bncroûtement tuffeux ou grnnulo-nodulaire.

Les apports soltaniens se sont épandus en une couche ra- lativaro.cnt peu épaisse mais continue sur l' ènsemble des dép6ts précédents.

On les trouve également en terrasses le long des oueds principaux. Il s'agit, dans le partie orientale de la plaine des Triffa, de limons rouges peu ou pas calceires, argileux et même trèl3 crgileux, relativement peu ta- chés. ~~d on va vers l'Ouest, les apports soltrultcns deviennent moins rouges, plus cnlcaires, plus riches en liiUOl1S et snbles fins.

Enfin, les dépets rhp.rb; 0ns ont permis la formation de terrnsses le long des principaux oueds. Ils ont également, localement, recouvert les npports antérieurs sur une épaissct~plus ou moins importante

(1

à 2 m au maximum dans certains sites privi18[:;:i.és : fonds de 'Vallées, zones dJépnndage d'oueds). Suivant leur ori~inG ces dép6ts sont de carac- téristiques très variables : plus ou moins fins, plus ou moins calcaires.

L~s basses terrasses des oueds sont souvent très cnillouteuses, sinon en surfe.es, du moin~, à profondeur assez faiblo et StU'tO'L,t très variable. La

M~ouya ~ au contrair~des basses terrasses extr~memGntsableuses •

(6)

II-4 - 5 -

Dans la pleine c8tière de S~~di~, seules les dernières allées ct vonues de la Iller ont laiss'~ des trc,ces. On peut y trouver une dune flandrienne. eJc uno ou, localement, deux dunes récentes. Les inter- valles ent~e les dunes ont été recouverts uar des dépets ~~Rchés à la falaise des Ouled- M«nsour ou apportés par les crues de la r,loulouya (ces apports se potu~suivent encore actuellement)_

B.- .':t':;pog;raphie de la plaine des T"dffa

Du

point de vue du relief, nous devons distinguer plusieurs zones :

... 1G J2.1ahe cetière deux oordons dVll::-.ires séparés par une dé-

pression 3.on-/; 10 comblement par des apports venant cles O"led Mansour, ou déposés pal' los cruas de la Moulouya, se

poursuit oncore.

b)

Les Ouled R~sour série de petites collines dominant la plallle des Triffa de 10 à 15 ~. et re- tombant en fcl.[d,se sur la plaine de Sa1dia. Elles sont sillonnées de pe- tites vallées; orientées Est-Ouest pour la plupart,. généralement

pas très lox@&

c) La cuvette des Triffa Jente g6nérale faible, descendant du Sud vers 10 J'Jord. Près des Beni Snassen une séria de c6nes de dGjection donnent un profil E,~t-01.lestassez largement c ondulé; oes ondulations s'atténuent vers les O·)led M:msour. Signalons que cette cuvette est très mal drainée: il nI existe ~UG deux exutoires: l'un vers le ICiss, l'autre, actuelletnent emprunté pm' une colature, vers la Moulouya_

d) ep bordure de la Moulo~ya on trouve QGS restes de la surface moulouyerme, pexsemés de pointements rocheux ct très d(~coupés par des vellées étroites et assez profondes. Le long ète ln 110ulouya se trouve une série de terrasses, souvent de largeur

réduite~

. •. j ...

(7)

II-4 -6 ...

e) L*~ seuil de Boughriba : il stagit ici aussi de restes des glacis villclre..nchiens, recouverts par la cro'fttc moulouyenne, très à.écoupée p.~ uno série à.e vE'.l1ées, souvent étroites et profondes.

f) Lp cuvette de Boughriba a uno pente générale descendant assez douoament du Nord vers le Sud ; du coté des Béni Snassen se sont développés quelques cBnes de déjection. Cette cuvette stouvre sur la Moulouya par une série de vallées assez étroites orientéos Nord-Sud et par un couloir un peu plus Iprge orienté Est-Ouest (emprunté pox la route Berkane-Nador).

g) La plaine de Schouyahia descend de ItEst vers l'Ouest en pente assez forte près des

Bani

Snassen, plus douce près de la Moulouya. Elle est découpée pex 1IDe série de thalwegs, plus ou moins étroits. Vers le Sud, cette pbinc devient beaucouit plus compartimentée, les vallées se creusant davan.t~ge.

II.- LA PLAInE DU ZEBRA

A.- Les dépats du Quaternaire

Les dép8ts villafranchiens ont formé de vastes glaois adossés aux clla1nes bordant la plaine et venant so rejoinCl.re en son centre.

Noto!l.13 do su.i.to que, comme dans les Triffn, le r81c de ces dépôts en tant que rocho-mère est pratiquement négligeable ; en effet, ils sont également presqu.o tou.jours recouverts soit par des limons plus récents, soit par la cro'O.te moulouycmne. Vette cro'O.te est par contJ:'o ici extr~mement importantn car elle rond etes plus difficiles la mise en vd8ur de vastes surfaces de la plcine~

... / ...

(8)

II-4

- 7 -

$-

La fin du villafranchien fut n..:.:rquée par des mouve- ments tocton:'.qUElS qui ont donné Missmcs 2.1.1X gr~mdes lignes du relief actuel :

.... forTIk'1tion d'un synclinal effondré orit=mM Est-Ouest, au Centre Nord de la plaine, avec disparition de la c:ro~-te moulouyenne dans ce sec- teur snuf on bordure des Kebdana ;

.... formation ou accentuation de deux s~clinaux dans le secteur Ouest, oricm:l;és l'un Nord-O:rest Sud-Est, Ir autre Est-Û'~est ;

- plissements très serrés dans 10 CGntre Stm et ~~est (donnant actuellommt une topogI'l3phie très heurtée clans ces secteurs) ou très larges ondule.tions à l'Est, au Sud et a.u Sud-Est. D~s ces dernières zones, les glacis ont été égp~ement faillés dans l' r..xe GOS 8.nticlinaux, avec effondrement des bords. Les principaux oueds, et 10 Zebra en particulier, utilisent ces failles.

L.3. croo.te moulouyenne

s'est

cepende.nt largement main- tenue dens 1[, plaine du Zebra (Est, Sud. et Sud-Est) sous forme de pla- teaux légèrement ondulés, descendant assez faj.blement vers le Centre de la plaine, à bords plus ou moins profondément échancrés par l'érosion.

Les dépSts du pluvial salétien ne jouent pratiquement aucun rele ni comme roche-mère, ni comme olémant du rGlief ; ils existent cepencla.nt, en bordure immédiate des collines cern['..nt la plaine, sous for- me de cSuos très caillouteux, profond4ment on'cerrés.

Les apports amiriens on.t du c.vo:ir une t'orte épaisseur ils ont, semble-t-il, comblé toutes les d6prossions ouvertes à la fin du Moulouyon, encore que l'érosion en ait fort pro!Je.blement enlevé une grande pextie 1 en particulier, on ne trouve pes de terrasses nmiriennes le long des oueds.

•.K/•••

(9)

II-4 -9-

Par contre, les terrasses t~~1sj,tGionnes ~pparaissent

nettonoüt, bj.on q~e l'épaisseur des limons dSposJs n'ait gén6ralement pas été très forte ; en effet, i l s'est formé 0il :'::1,:1 c'te pluvial une crol1te qui, bien (~U'3 mohls puissr.nte a,ue la crol1te moulouyonno, ~ efficacement préservé les formation sous-jacentes; notons d'ailleUl's que cette crol1te s'est parfois développée direct8memt sur les limons pmirions, voire m~me sur la dalle ~oulou~renno, ce qui indique que les èlépMs tensiftiens sont loin d'avoir rocouvert toute la pl~ine ; ils ont sv~tout constitué des glacis adossés aux mont8~es, tout comme les dépets villafranchiens mais sur lme écheJ~e plus modeste. La pr'3sence de 12. cro'Ote tensiftienne a permis lme b01InB conservation de ces glacis qui consti'hlcnt un élément important du relief E'.etuol de la plaine.

Ces dép6ts du Quaternaire moyen (Amirien+Tensiftien) sont les roches-mères d,'me grande partie dos sols (lits "profonds" de la plaine J letTs caractéristiques physico-chf9ioues ont donc leur importance.

Les limons nmiriens de la pIEtine du Zebra se ce.ractérisent, outre leur coulour rougG, par une te:B:ture riche en argile et limons (50

%

d'argile et 80

;.6

cltm'gile+limons), presque d6pourvue de gre.viers et pratiquement non caillouteuse, et par une structure polyédrir!ue à cubique, fine, par- ticulièrement instable ; ajoutons qu'ils sont 111'''x eux-m~mes, c'est-à-dire

dans les zones non affectées par la pédogenèse, rclntivement peu calcaires (20 à

30 56}

géntralement fortement salés et fortement alèalisés.

Les limons tensiftiens sont de texture assez variable en fonction à.a leur lieu de dépet ; ils sont gGnérEl~ementplus fins au centre de le. plnine que sU!' la périphérie; ln tEmour en calcaire varie de 20 à 40 5& ; Us sont également fréquemment snlés (moins en bordure des KebdnIlL'..) et eJ.cclisés ; la structure, le plus souvent polyédrique, se rapproche po.rfois de celle des limons amiriens en restant toutefois un peu plus stable.

Le pluvial soltanien est le dernier à avoir donné lieu à des dépets gc)néralisés bien que sous une fcibl;) épaisseur (2 m sur les terl'8SSeS soltaniennes le long du Zebra, 20 8. 50 cm ailleurs, mis à part certcd.l1S fonds de vallons où l' épaisseur cl',~ Ùt~p6t est un peu plus forte). Ln jetmesse relative de ces limons et le fait ou'ils aient été, '.

dans h~ très gTcnde majorité des cas enti8ramont affectés par le

(10)

II-4

10 - pédog(·Snèse

(V1.1.

l<':ur faible épaisseur) entrc,~.nG une très grr..nde VRI'iété dans leur texture j on peut cepandant signaler t:.u'~~ls ne sont que moyenne- ment ric?J.0s en nrgile, mis à part ceux provenant de la décomposition des schistes et quartzites vert-olive de la na~pe qui en sont, au contraire;

largem:r.o.t pourvus.

Comme autres caractères, signalons que ces limons ont une teneur en cE'lceire très variable

(0 à

30/b), ne sont que rarement salés (q"L1.01Q.uos terrasses le long du Zebro?) mais fréquemment alcalisés (ce caractère est cependant loin d'~tre général).

Le pluvial soltanien nr8. que peu marqué la topographie générale de ln plaine du Zebra : on lui doit c,uolques terrasses le long de l'ouoo ZebrE.', et de ses principaux affluents, meis le plus souvent les dépets n'ont fcit que tapisser des reliefs prG-exist~ts.

Enfin, les dép$ts rharbiens sont des plus restreints à la fois en épaisseur et en superficie : ils :forment quelques canes au pied des cl1atI1es qui ceinturent la plaine, tapissent quelques fonds de vallées ou forment les basses terrasses du Zebra. Ces dép$ts généralement très ca.i110uteu.<"'C, sont de texture passablement r:I.che en sables et limons ; leur tenour en ca1caire vp..rie de 10

à 30 %;

ils ne sont que très faible- ment saJAs et très rarement alcalisés.

B.-

Topographie de la plaine du Zebra

Les secteurs Eat et Sud-Est de la plaine sont constitués essentiellement de vastes plateaux (correspondant

à

l'affleurement de la dalle moulouyenne), le plus souvent très disséqu's sur les bords par de nombreux petits oueds; ces plateaux, 11gèreill8nt ondul,]s, ont une pente gén8rele très f8.ible.

La partie de la plaine situae. au Nord et au Nord-Ouest de l'oued Zebra est constituée essentiellemont d'un vaste glacis encro~té

...1...

(11)

II-4

- 11 -

au Tensiftien. Co glacis, adossé aux Kobdane., vj.ont buter sur les restes de 1.'::. 0..,:,J.le I:loulouyenne le long du Zebra. LIensGl1bls, de pente moyenne, est sHlonn6 ::l.e poti ts lits d'oueds qui ont déJ.:I..rùité des oombements d'abord. assez .?JJlples, puis de plus en plus serros vers le centre de la plaine (particulièrement dans 1 e secteur C':::ntre Ouest).

Enfin, le seoteur Sud est constitué dlune alternance de glacis villdranchiens et de glacis tensifticms (qui remplissent les vides laiss 's par l'effondrement de certatnes parties des premiers).

Ces glacis tensiftiens sont g'8néralement plus courts et de pente plus forte que ceux C"u Quaternaire ancien ; là encore l'érosion a joué, don- nant une topogrephie "en lanières", nette surt01l'G vers le centre de la plaine.

La topographie de la plaine du Zebra est donc dans l'ensemble assez t~ent6e ; cela constitLlera U~lC forte ~ne pour la

nrhsê en :ta.J..OUT da la plupart des secteurs.

III... LA. PLAINE DU BOU-AREG

Or: retrouve dans le Bou-ÂXcg le, succession des apports des diffGrents pluviaux. Toutefois les phénomènes d1érosion et, dans une certm.no

mosux8,

de subsidence, ont eu pour résult~t de masquer leur éta- gement, pp.rt5.ctùièrement à l'Ouest de la pln:i...ll.e.

Dans le. périphérie de la pl~tno on peut, cependant, déceler trois terrasses correspondant

- Au Q;ugternaire ancien: c'est le tcrr:3sse sup.~rieure ; elle est consJc;Hu'30 pEtr la dalle moulou- yenne P8SSEU1.t vers le bas à un limon rubéfi:J, 10 Jcout reposant sur une dalle de cE'J.ccire lacustre.

(12)

II-4 .;.; 12 _ - Au Que,ternaire moyen c'est 1.::.. Jeer.!'t'.sse moyenne, groupant

les Rpports n;l';~i~ns et tensiftiens, encro'O.JGÔs à. le. fin du Tcnsiftien. En profondeur, on retrouve l",s limons du Vi11dr!1.Ilchion.

- Au Quaterncire récent (Soltaniel1

.

e'~ R-3Xbien) : le Soltanien a surtouJe don.'1o reissance à des dép5ts de pente, I~U épais, nk~is génére~isés; on llL1 &oit aussi quelques dép8ts de sur:fnco très rouges, très argileux (plus de 50

%),

peu calcaires, is- sus des roches dures qui bordent la pleine; on rencontre ce type d'apport particulièrement à l'Ouest de la plaine et sur n:olques taches de super- ficie réchti.te clans l'Est. Le Rharbien est par contre, nottement plus dé- veloPPG à Ir, fois en épaisseur et en superficie. i l formerait la majeure partie aes basses surfaces de la plaine. Ces limons sont de texture rela- tivem2nt pllw grossière, plus riches en cGlcairo et en sels.

La position du Bou-Areg, en bordure de mer, fait que l'on y retrouve quelques dép8ts eustatiques, ü~is ils restent relativement peu import2nts : il s'agit essentiellement des dunes consolidées du cor- don littoral et de la cSte Est du périmètre, plus quelques témoins des différentes Dllc5.ennes lignes de rivages. Les mouvements de cette ligne ont eu une très grosse influence sur la salure des dépôts, soit par action directe, soit j)1."..r l'intermédiaire des variations de la nappe phréatique qui st ensui.vaient.

1.::. topographie du Bou-kre"g est, êl.ans l'ensemble, peu accidcnt:le. DGS glacis encroc'ttis, adossés mlX collines qui limitent le péruùètro, descendent en pente assez forte

(1

à

5%)

vers la mer; ils se prolopgont p'r une vaste surface rharbiennc, '~:i:'ès développée à l'Ouest de la plainG, plus réduite à l'Est où le relief reste plus contrasté jusqu'à. pj.10ximité de la mer.

Signalons la présence de rav:i.ns profonds (jusqu'à 8 ID pour certains dlentre eux), dC,s à l'action de l'érosion, qui découpent les glacis en bandes allongées. Ces ravins élj.spQI'aj.ssent bien avant d' at- teindre lE'. mer~

... / ...

(13)

II··4 - 13-

IV.- LA PhUiJI: DU GAREB

La dépression occupée pe~ la plaine du Gareb a été remblny60 essontiellement par des dép~ts pliocènes, souvent riches en conglonérats, ct se terminant dans la moitié Est de la plaine, pp.r un calcaire lacustro blanc ou beige clair, très cl.ur et souvent très épais.

Les dépets villafranchiens ont également participé au remblcd.onont de m~ère importante, tout particulièrement dans la pp~

tie Ouest. ns s~ terminent par la croùtà moulouyenne dure, rose, COti- pacte, épüisse. A l'Est, gatte croate afflouxe en surface et repose di- rectement sur le calcaire lacustre; à l'Ouest, elle dispara1t sous plu- sieurs mètres ele limons plus récents mais 01113 e~ris'l;e toujours, semble-t-il (on 1:'. retrouve souvent au fond de puits forés (1.~ cette zone).

Sur ce soubassement sont venus se développer des gla- cis du ;!{L'l.q.tGrJ.12.ire moyen, souvent encro-ntés à L. fin du Tensiftien. ns sont p~-..rticulièrepentdéveloppés au Sud, au Su.d-O 'est et au Nord Ouest de la p18ine. I~ est assez difficile de faire le p[crte~e entre les apports amiriens et tensiftiens, tous deux étant très argileux, tout particulière- ment au centre de la plaine. Ces limons sont généralement assez calcaires

(30 %),

10 plus souvent non salés, mais pratiquement toujours fortement

alcalis8s~

Les dépSts soltaniens se sont étalés sur toute la superficiG de la plaine; ils sont particulièrenant 6pais au débouché des ve~lées, où se sont formés des canes plus ou moins importants et dans certaines dépressions localisées. Ces limop~ ont dans l'ensemble une texturG assez fine ; ce caractère est particulièxement affirmé au centre de 12. pl,,inc où certains dép6ts soltaniens attej.gnûnt 40 ~. d'argile.

L8ur tonoUl' en calcaire est très verieble

(0

à 30~)

;

ils ne sont pra- tiquement p~'.s salés, mais ils sont assez souvGn-G fortement alcalisés, comme c'est le cas pour la plupart des limons du Gexeb •

(14)

1I-4 - 14 - Enfin, signalons, au c1.ébouché c1.0 certaines vallées, la fOrJ~tiont1G cenes rharbiens d' importw.cc générclsment faible ; l'é- :;;>e.ïsscnr du cl··pet n'est jamais très forte (1 \ 2 ) et diminue rapidement quend on slGloi~le des collines. L~ tex~~e de ces apports est essentiel-

lemen·~ vn=d.able, mais resto le plus souvent assr,z grossière ; des niveaux caillou·l;aux, plus ou moins épais, plus ou moins grossiers, sont assez fré- quents dens cos dépets.

L.t topographie du Grreb ne semble pas devoir constituer une gtine pour l'irrigation, sauf dans la partie E,"l; où l'érosion a creus~

un réseau assez serré de petits thalwegs; il s'agit cepend~nt là d'une zone que, de toutes manières, l~ présence a très f2ible profondeur de la dalle moulouyenne reposant sur un banc de c,v_c~iro Incustre aurait suffi à écarter du projet de mise en valeur. Par cont-:rc dans la partie Ouest de la pl~~e, le seul élément venant anime~

10

rolizf est la présence des gr~nds glacis du Quatornairo moyan qui forillont autant de grands bombe- ments, très rumples, a pente moyenne

à

faible (sauf dans une zone de

piedmont, génér8~ement assez étroite). I l faut cependant signaler qu'il n'èxiste dQUS ce secteur aucune colature naturelle que l'on puisse faci- lement aménager pour évacuer les eaux de dxaj.nage.

v.-

L'EROSION

Comme dans toutes les r0gions du globe soumises ac- tuellemont au climat aride ou subaride caractérise par une alternance d'une p~riodehumide et d'une période sèche nettement merqu~es au cours de chB4ue cnnée, l'érosion est très sensible druls ce périmètre, dont la topographie est souvent mouvementée. Nos observF.',tions sont malheureusement encore trop récantes et en nombre insuffisant pou~ donner actuellement une vision exhaustive et quantitative des phénomènes d'érosion qui se manifestent dB11S notre région: elles n'ont porté que sur deux bassins

varsan'~s témoins : l'un est situé sur le flanc nord des Béni Snassen (bassin de l'oued Rogada) et l'autre est celui qui domine la cuvette du futur barrage ele compensation du Bou-Al"eg (Ûl'ed Sidi Ama.r~.

.. . / ...

(15)

1I-4

- 15 - De ces quelques observations, il est cependant possible de dégF_zer dès maintenant les facteurs

conè~tionn~t

ltérosion des sols du Périmètre.

A.- Influence du climat

.

Parmi les facteurs climB.tiguGS ce sont avant tout les précipitat:l.ons qui provoquent l'érosion. Cepend2Jlt c'est moins la hauteur absolue de ln

pl~ométrio

annuelle que

la

répartition et, en particulier, l'intensité des pluies qui en sont les éléments les plus importants.

Dans

le bessin versant dt

Ain

Regada, la moyenne annuelle de la pluviométrie est de l'ordre de 358 mm

è.

12. ferme Vic (altitude

220 m) au bord. Sud de la plaine des Triffa, et de 571 mm à

Ain

Almou (al.titv.ël.c

1300

m) dans les Béni Snassen (of.

2ème

part. 22 chap : cli- matologie).

Y~is

les variations d'une année

à

Itautre sont, dans ce see- teur, aussi m,-'.rquées que dans le reste du périmètre :

Ferme Vic 1956 280

::-:m

1957

1

508

"1I!l

1961 172 D.m1 1962 : 429

mm.

Ain

Almou 195' .

~1D.m1

1954

••

105'

mm

1961

1 258

D.m1 1962

:

711

mm

1963 : 1173

mm

En ce qui concerne la répe.rtition dans le temps, le faible nombre de jours de pluies

(~ à

50 dcms le. plaine des Triffa, un peu plus à

Ain

Almou) donne une idée de leur intensité. Malheureus?ment, il ntexiste pas d'enregistrements de

l'inte~~ité

des précipitations.

~s

les données suivantes mettent en évidence la violGnce des pluies •

(16)

II-4

- 16 -

A la ferme Vic (moyenne annuelle 358

_m.);

il est tomba : 514 mm en 1954, dont 255 ~n cn 16 ~ours au mois d'avril (50

%

du total), avec une pointe de 136 mm on 45 :-eures (26

%

du total).

280 rom en 1956, dont 115 ':1D, en

5

,~ours au mois de Février (40

%

du total),

509 mm en 1957, dont 175 "E en 4 :'ours au mois de Mars

(34 %

du total) et 173,5 mm en 8 ,;ours aU moj.s d'Avril

(34 %

du total) avec une pointe de 105 ;nm en 71eures,

301

mm

en 1958, dont 140 mm au mois de J-nvier (46

%

du total) nvec une pointe de 102 dm en 48 :'cures (33

1

0 du total)

172 mm en 1961, dont 87 :.m au mois de Janvier (50

%

du total) avec une pointe de 75.5 :ilID. en 72 Ileures (43

%

du total)

A Ain A1mou (moyenne annuelle 571

:-:m)

i l est tombé:

467 ?rm en 1947, dont 215 mil. en 3 .jours au mois de Mai (46

%

du -cotal) avec une pointe de 200 '-m an 48 heures (42

%

du total),

699 'fIIl en 1948, dont 140 en 4 .jours au mois de Février (20

%

du

total)

119 mm en 7 jours au mois dt avril (17 M du total) 155 mm en 9 jours eu mois de Mai (22

%

QU total)

665 mm en 1949, dont 205ë:'!IIl en 9 jours au mois de

.r

nvier

(30 %

du total) avec une pointe de 127 mm en 48 :'leures (15

%

du total),

578 mm en 1950, dont 272 mm en 9 jou:rs nu mois de Janvier (47

%

du total) avec une pointe de 115 mm en 24 heures (20 '/" du total), 1053 mm en 1954, dont 514 mm en 14 jours au mois d'Avril (45

%

du toJcal) avec une pointe de 212 _ln en 48 . ,eures (27

%

du total), 780 !!!ID. en 1955, dont V5 mm en 11 ,iours au mois de J ':'.nvier

(35

%

du total) avec une pointe de 212 mm en 48 -'aures (27

%

du total). • ••

1...

(17)

II-4 - 11 -

117'3 mm en I96~ dont 450 ;;;m en 6 jours au mois de N·d (38

%

du to-~al) avec une pointe de 142 ID en 24 -'leures (12

%

du total), et 328 -'m en 10 jours au mois do déc:;}mbro (28

%

du total).

DG

ceci il s'ensuit:

que la hauteur absolue est,

10

plus souvent, conditionnée par quelques pluies violentes tombant en quelques jours ou quelques heures (20 ~~. 50

%

du total),

qUG, souvent, les années à pluviom6trie supérieure à la moyenne sont en rée~itG, également des années sèches, car la végétation ne peut pas toujours en profiter,

qua la répartition des pluies peut etro meilleure dans les

an-

nées à pluviométrie inférieure à la moyenne que dans les années à pluvio- métrie supérieUJ.~eà la moyenne,

qu'en général, des pluies violentes se produisent en décembre- janvier et av.t'il-mai,

que la fréquence des pluies violentes exige que l'on évite absolument la destruction de la végétation naturelle.

En

ce qui concerne la pluviométrie du bassin versant du Bo~Areg nous ne disposons d'aucune mesure ql.tM.titative. Si la plaine du Bou-k'eg passe pour la plus humide de toutes les pleines du périmètre, le bassin versant par contre possède un cl:im..~t du type sarni aride sec

"

(cf. carJce phy-tosociologique, PERSOGLIO

1962).

O· peut donc supposer que la fréquence des pluies violentes est la. m&e cIua dans le reste du péri- mètre. Cependant la partie en amont est beaucoup moins arrosée (400 à 450

r1ll1)

que celle d'Ain R:;gada dans les B-?n1 S~!assen.

Vis-à-vis des prâcipitations les autres facteurs cli- matiques ne jouent qu'un raIe secondaire..

(18)

II-4

- 18 -

B~- JéKét[~tion

Etant donné ce climn.t dGfE'.vor~.ble, i l est indispensable qu'une couverture végétale permanente ou Jcemporrd.re protège le sol. Elle agi.t en d:i.mi.nunnt l'énergie cinétique des gouttes de pluie qui détruiraient mécp..niqueL1ent lp. structure du sol et en diminUE'ut le glaçage du sol dll à l'éclatement des agrégats. Donc la végétctlon fevorise l'infiltration et réduit le rèussellement superficiel.

D'une manière générale,

IR

végétation naturelle a dis- paru ou est fortement dégradée ~~ la culture et le surpaturage, surtout à p:oximiJcé des zones habitées.

P"r ailleurs dans le bassin versent d' Ai.n R~gada, sur les pentes du Dom~ien, le ruissellement superficiel est restreint par la présence d'un matolTal de l'étagé subhumide (BEUSCH I96O) d'une part, et par la présence d'un microrelief de lw.rst(l'autre part. M..is tout à fait en amont, sur e..rène granitique,

où s'est ins'~E'~lé, après destruction de la for~t, un me.torrnl peu dense à Cystï.LS Ladmù:ferus , l'érosion semble actuellement nctive.

D~,ns le bassin versant du B:.u-k:eg, le nord est occu~

pé pa.r ,me végétation da type semi-aride sec à Olea europaea, Ballota hirsuta etc•• Au Sud, ~ers les montagnes des Kebdana, la végétation est représentée pE'.r Stipa tenacissima et Artemisia herba alba (PERSOGLIO 1962)0

w.

végét.:-.tion neturelle est abondante et serait suffisante pour protéger le sol, mais elle disp.a..ra1t au cours de la saison sèche par suite de SUl:'-

paturage dont les conséquences sont particulièrement sensibles au bord des oueds et sur les sols formés sur marnes (lVlABLER 1962).

. ...1...

(19)

II-4

- 19 -

C.- ~trn.tumlithologigue et pédologi.gue

Les marnes (Miocènes et Pliocène), une fois mises à nu, s'altèrent vite et s'érodent facilement, forman·~ dans le bassin versant du B0u-Areg des badlands étendus. La finesse de leur textllre

(96.7 %

1-

0,02 mm dont

59,6 %

d'argile et 37,1

%

de limon) et leur teneur en selè·

(15

0/00)

sont responsa.bles de cette érosion rapide et des difficultés d'implantation de la végétation. Sur les pentes, sous l'influence du ruissellement superficiel, une Partie des éléments fins est entrainéq, car les agI"qgats n'ont pratiquement aucune stabilité (indice d' instabilité de HENIN supérieur à 100). Cependant la teneur cn sels reste élevée pro- bablement p~~ remontée capillaire. M~me les sola cultivés ~ant encore un horizon humifère gardent une très fp.ible stnbil5.té structurale (indice d'instabilité supérirur à

5)

malgré une teneur en IIleti.ère organique de 2,2

%

et sont sujets à l'érosion en nappe.

En dessous d'Ain Rcgada, sous végétation, se sont formés d.es rankers d'érosion sur arène granitique~ Le déboisement leur fait perdre rapidement l'horizon humifère par érosion et décomposition accélérée de la matière organique. L'horizon A une fois disparu, l'arène granitiqt...e représente un substratum bien perméable, meis, par manque d'éléments fins, très meuble qui s'érode et sur lequel ne B'installe que difficilement une végétation ; l'arène gre.nitique est un substmtum phy- siologiquement sec par suite d'une très faible capacité de rétention de l'eau.

Dans les montagnes, les rendzines sur dolbite sont plus s tables vis-à-vis de l'érosion, lIUlis aux environs des habitations

où ellas sont cultivées, elles se dégradent rapidement pl:lX perte de la ma'tièr'-, organique. C'est d'abord l'érosion en nappe qui entreine les éléments finss

puis l'érosion en rill qui fait appartdtre la dol~âtite sous-jacente qui s'altère alors en arène grossière.

Les limons, presque toujours cultivés, ont une texture qui favorise l'érosion. Par leU[" teneur en limon et sable fin ils ont d'unG part une faible cohésion, dr.autre part une faible perméabilité. C'est

(20)

II-4 -20-

égelement pe.r leur texture caractéristique qu1ils ont tendance à glacer.

C'est ainsi CJ.uC) sur une pente de 1 1~,la moiti6 èPune pluie était perdue par l'lussollf'.illont superficiel (cf. RUELLAN 1962). Do plus la présenc e d'un horizon imperméable à faible p rofondeu.r (dalle, cro'l1te, accumulation d' m-gile) est responsable de la rapide saturation en eau d'où augmentation du ruissellement superficiel.

D.- ~tfluence de l'homme

L'homme de son

eSté,

accélère l'~osionou m~me la met en route :

- par le labour des sols peu profonds et sur pentes dé- pD..::~sa.nt 20

ra,

parfois m~me

30 %

J

- par le labour dans le sens de le. pente et jusqu'au bord iHl.édiat de l'oued ;

- par la monoculture des céréales qui entraine une dégradation de ln structure par décomposition rapide de la. matière organique qui épu.~_se le sol en éléments fertilisants, surtout en acide

phosphorique également indispen.se.ble à la microflore, qui provoque enfin une accumulation des maladies z d!où abaissement constants des rendements. D'autre part la culture des céréales sur des pentes fortes est d'autant plus nocive qu'elle laisse, après la récolte, le sol nu, dépourvu.e du chaume, superficielle- ment glacé au moment des premières pluies qui suivent la sai-

son sèche. Des pistes, mal adaptées E'.U terrain, suiv2nt les pentes dans le sens le plus direct, sorvent elles-m&1es de collecteurs des eaux de ruissellement~ Souvent elles n'ont pas de fossés, ou sont mal entretenues. D'autre part, elles ent['.illeBt fréquemment des roches-mère qui s"érodent facilement (exène

gram

tique, marnes).

.. .1...

(21)

II-4

- ~1 - E) JToblèmes d'érosion loccl. isée

A c6té des facteurs dont i l a été question ci-dessus il nous faut signaler l'érosion particulière provoqué8 par les oueds, en particulier dans le bassin versant du Bou-Areg.

n

s'agit là d'une éro- sion linéaire et regressive. Les oueds coulent souvent entre des parois verticàles de

:3

à

5

m de hauteur : les marnes ct les limons de ces parois ,rennent en se desséchant une structure pr:LSIIW.tique et Cl est pourquoi elles s'offondrent au moindre choc. DIl'lUtre por'~, au niveau des méandres, la rive concave est creusée à la base, surJcout si elle est constituée de mE'rnos ct de limons, d'

0-0.

chutes en messG des couches susjacentes qui seront emportées lors de la prochaine crue et déposées dans la plaine.

Quant au problème soulevé par los risques de sédimen- tation dans la retenue du barrage de compensation (lu B:.:u-Areg, ne sachant ni la fréquence des crues ni la charge solide de ltoued Sidi Amar il nous est difficile dlen éva.luer la vitesse de l tenvasement. Cependant, dl après nos observations, nous ne croyons pas que los m~>sses entrainées représentent dans les conclitions actuelles des volumes ~ormesl susceptibles de com- bler rapidement la retenue en question. Cependant,pnr places,l'érosion n déjà atteint un stade accéléré qui fait crrindro une aggravation et une extension de le. situation actuelle car les nf'floUJ:'Gments des marnes fr~

quents dans ce petit bassin, !l'end cette région particulièrement sensible à 11éro sion.

*

* *

(22)
(23)
(24)

;- 1

~f~::~~'~

(25)

.'

i '" ,

.'

, \

",

- Depot de pente :( SoLtanien)

- Dalle caLcaire rose

è

plusieurs feuillets ( Moutou.yen)

- EncroûtementtuffeUX

- l,montrés rubefié,prismatique, à'poup~s calcaires , friables (\lillofranchie'n sU'P-efieur), ,

! ' • " ,

.'.•..

, '.

DoLLe calcaire grise

à

petits gtav'i.ers(ou çol.t:aire Locu~e)

- Limons.fDSE!S,mOrn'eux. poreux

f

,Villafranchien inférieur).

'

Fi

!S

GU RE N~lI-4-4

PLAiNE '.

.

DU BOU - AREG .

, ' ,

l

STRATiGRAPHIE DES HAUTES 'T'ER'RASSES

"

(26)

o 0

~ Dépôt de pente rouge (Soltanlcn)

- Croûte Lamellaire blanche, friable mi nce

- Encroûtement tuffeux ( Tensift ien)

~ Limon brun rouge.prismatico-poLye'driQue'

à

petits amas calcaires

i (Amiri en)

Il Il sans ornas calcaires

P.

() 0

D \J f)

1) (> {)

D () (J ~ limDn rubéfie',argileux,polye'drique OU prismatique t.r~s dur,

~ ~ .()

à

taches calcai res (Salétien ou Régrégu ien) ,

'() Q a

0

c:J 0

Q I? 0

.? ,tJ 0

1

... Limon villafranchien

FI GU RE N ~][-4-5

. PLAiNE DU SO.U -ARE G

STRATiGRAPH iE DE LA MOYENNE TERRASSE

:

(27)

{f~'fmW,~;~I. -

li

mon gris

clair.

limono -

sableux (Su

b -

actuel)

- - -

-,

-

- -

~

+ +

~

+

1-

i- + +

+ +

1-

-f-

+ +

+ +

T

t- 1-

+ +

of- +-

- Limon gris fonce', argilo-sableux

_ Limon beige ci pseudomyceliums

(Rharbien ancien)

FI GURE N ~lI-4-6

PLAi NE DU BOU- AREG

STRATiGRAPHie DES BASSES TERRASSES

(28)

..

'

fXXAl ..·.·· ..·· .

~.

LEGENDE

,Form~t.içms.

seconda; res

'.. l

.' . 0 .

FI GURE N=][-4-1-

BLOC DiAGRAMME SC~EMATjQUE

)"

..

,

';'jocène-. Pl iocèné

"".-.,

DE LA MORP~

t

o LOGÏ'EDE LAPlA:ÎNE

DU BOU-AREG

..

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'. II\,~...

li!. •.

Villafranchien

et iquoternairè "

î i

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Front'

m,ontognéU)(

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Glacis villafratfchiens

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G~(Jcisdu,~oternaire

'moyen .

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Crob!e Moulouyenne

Quaternaire moyen Croûte

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So/tanlen non calcaire

PLAINE RéptlrllJiJn du

du 6AREB

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(31)

II-4

BIBLIOGRAPHI:..E

GAUCHER

GEOFFROY J.L

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1963. 400 p. ronéo; cnrtes au 1/20.000

Q•

"Le rÔle des clilX'~ts ot clos roches dans les pé- dogénèses en :'Jasse Iïoulouya". Communication à la. Rl3un. de Berkcmo Cce le. Soc. des Sei. URt. et Phys. du I~iaroc, :iJov. 1963 - 28 p. ronno

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