Corrigé du devoir à la maison n◦3 Partie A. — Exemple et généralités
1. On a
P(A) =A2−5A+ 4I3 =
6 5 5 5 6 5 5 5 6
−
10 5 5 5 10 5 5 5 10
+
4 0 0 0 4 0 0 0 4
=O3
donc P(x) = x2−5x+ 4 est bien un trinôme annulateur de A.
2. a. Supposons que P(0) 6= 0. Remarquons que P(0) = 02+u×0 +v = v donc v 6= 0.
Comme P est annulateur de M, M2 +uM +vIm donc M2+uM = −vIm et donc, comme v 6= 0, −1vM(M +uIm) = Im soit encore M −1vM − uvIm
= Im. Ainsi, la matrice M est inversible M−1 =−v1M −uvIm .
b. La réciproque de l’implication précédente est « si M est inversible alors P(0)6= 0».
Ceci est faux. Par exemple, P(x) =x2−xest clairement un trinôme annulateur de Im puisque Im2 =Im. Or, Im est inversible et P(0) = 0.
3. a. Par théorème,P(x) = (x−r1)(x−r2) =x2−xr2−xr1+r1r2 donc, pour tout réel x, x2+ux+v =x2−(r1+r2)x+r1r2. En particulier, pourx= 0, il vient v =r1r2 et, pour tout x= 1, 1 +u+v = 1−(r1+r2) +r1r2 donc u+v =−(r1+r2) +r1r2 et donc, comme v =r1r2, u=−(r1+r2). Ainsi, u=−(r1+r2) et que v =r1r2 . b. Considérons la proposition P[n): « Mn=snM +tnIm » pour tout n ∈N.
D’une part,M0 = Im et d’autre part, s0 = 0 et t0 = rr1−r2
1−r2 = 1 donc s0M +t0Im =Im et ainsi P(0) est vraie.
Supposons que P(k)soit vraie pour un certain k ∈N. Alors, comme P(M) =Om, M2 =−uM −vIm donc
Mk+1 =MkM = (skM+tkIm)M =skM2+tkM =sk(−uM−vIm)+tkM = (−usk+tk)M−vskIm. Or,
−usk+tk = (r1+r2)r1k−r2k
r1−r2 + r1rk2 −r2rk1 r1−r2
= rk+11 −r1r2k+r2rk1 −rk+12 +r1rk2 −r2rk1 r1−r2
= rk+11 −r2k+1 r1−r2
=sk+1
et
−vsk =−r1r2rk1 −rk2
r1−r2 = −r2r1k+1+r1r2k+1
r1−r2 =tk+1 donc Mk+1 =sk+1M+tk+1Im et ainsiP(k+ 1) est vraie.
On a donc démontré par récurrence que, pour tout n∈N, Mn=snM +tnIm .
c. On a vu en question 1 que P(x) =x2−5x+ 4est un trinôme annulateur de A. Or, le discriminant de P(x) est∆ = (−5)2−4×1×4 = 9>0 donc ce trinôme a deux racines réelles distinctes qui sont :
r1 = −(−5)−√ 9
2 = 1 et r2 = −(−5) +√ 9
2 = 4
donc, d’après la question b, pour tout n∈N, An=snA+tnI3 où
sn = 1n−4n
1−4 = 1−4n
−3 = 4n−1
3 et tn= 1×4n−4×1n
1−4 = 4n−4
−3 =−4n−4 3 . Ainsi,
∀n ∈N, An = 4n−1
3 A− 4n−4 3 I3 .
Partie B. — Le théorème de Cayley-Hamilton pour les matrices carrées d’ordre 2 1. a. Soit x∈R. Alors,
PM(x) = det
x−a −b
−c x−d
= (x−a)(x−d)−bc=x2−ax−dx+ad−bc
=x2−(a+d)x+ad−bc.
Ainsi, PM(x) est un trinôme du second degré unitaire . b. On a
PM(M) =M2−(a+d)M + (ad−bc)I2
=
a2+bc ab+bd ac+cd bc+d2
−
a(a+d) b(a+d) c(a+d) d(a+d)
+
ad−bc 0 0 ad−bc
=
a2+bc−a2−ad+ad−bc ab+bd−ba−bd ac+cd−ca−cd bc+d2−da−d2+ad−bc
=O2
Ainsi, PM(x) est bien un trinôme annulateur de M . 2. D’après la question 1.a,
PB(x) = x2−(5−1)x+ 5×(−1)−4×(−2) =x2−4x+ 3.
Le discriminant de ce trinôme est ∆ = (−4)2 −4×1×3 = 4>0 donc celui-ci admet deux racines réelles distinctes qui sont :
r1 = −(−4)−√ 4
2 = 1 et r2 = −(−4) +√ 2
2 = 3
donc, d’après la question 3.b. de la partie A, pour tout n∈N, Bn=snB+tnI2 où
sn= 1n−3n
1−3 = 1−3n
−2 = 3n−1
2 et tn = 1×3n−3×1n
1−3 = 3n−3
−2 =−3n−3 2 . Ainsi,
∀n ∈N, Bn = 3n−1
2 B− 3n−3 2 I2 .
Partie C (facultative)
1. Supposons qu’un trinôme annulateur P(x) = x2+ux+v d’une matrice M admette une racine double r.
Alors,P(x) = (x−r)2 =x2−2rx+r2 donc, pour tout réelx,x2−2rx+r2 =x2+ux+v.
En particulier, pour x= 0,v = r2 et, pour x= 1,1−2r+r2 = 1 +u+v donc u= −2r.
Soitn ∈N. Les valeurs sn= rrn1−r2n
1−r2 et tn= r1rrn2−r2r1n
1−r2 ne sont évidemment plus valable si r1 =r2. On peut cependant examiner leur limite quand r1 tend vers r2.
Pour cela, considérons la fonction f :t7→tn. Alors, sn est le taux de variation de f entre r1 etr2. Comme f est dérivable enr1, on en déduit que lim
r1→r2
rn1−rn2
r1−r2 =f0(r2) =nr2n−1. De plus, t0 = 1 et, pour n > 1, tn = −r1r2sn−1 donc lim
r1→r2
tn = −r22(n− 1)r2n−2 =
−(n−1)r2n
Posons, pour tout n∈N, s0n=nrn−1 et t0n =−(n−1)rn.
Considérons la propositionQ(n) : «Mn=s0nM+t0nIm» pour tout n ∈N.
D’une part, M0 =Im et d’autre part, s00 = 0 et t00 = 1 donc s00M +t00Im = Im et ainsi Q(0) est vraie.
Supposons que Q(k) soit vraie pour un certain k∈N. Alors, comme P(M) = Om, M2 =−uM −vIm donc
Mk+1 =MkM = (s0kM+t0kIm)M =s0kM2+t0kM =s0k(−uM−vIm)+t0kM = (−us0k+t0k)M−vs0kIm.
Or,
−us0k+t0k= 2r(krk−1) + (1−k)rk = 2krk+ (1−k)rk = (k+ 1)rk =sk+1 et
−vs0k =−r2(krk−1) =−krk+1 =t0k+1 donc Mk+1 =s0k+1M +t0k+1Im et ainsiQ(k+ 1) est vraie.
On a donc démontré par récurrence que, pour toutn ∈N,Mn =s0nM +t0nIm .
2. D’après le théorème de Cayley-Hamilton, le trinôme PC(x) = x2 −4x+ 4 = (x−2)2 est annulateur deC. Ce trinôme admet une unique racine réelle r= 2donc, d’après la question a, pour tout n∈N, Cn =s0nC+t0nI2 où s0n=n2n−1 ett0n= (1−n)2n Ainsi,
∀n ∈N, Cn=n2n−1C+ (1−n)2nI2 .