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N°575 - 14 SEPTEMBRE 2002 - L’HEBDOMADAIRE DU SYNDICAT NATIONAL DES ENSEIGNEMENTS DE SECOND DEGRE

SOMMAIRE : Page 2 Plan d’action décidé par le conseil national du SNES • Page 3 Lettre des fédérations de l’éducation au Premier ministre • Page 4 Débat : la démocratisation • Page 5 EAF • Evaluation des capacités expérimentales • Page 6 Langues vivantes • Audience à la DESCO • Page 7 Précarité • Page 8 Pratique : TOM et étranger.

L’Etat veut larguer ses missions

Le 24 septembre, le Premier ministre lancera, devant les recteurs et les inspecteurs d’académie, le chan- tier de la décentralisation de l’Education nationale.

Les ministres en charge de l’éducation, tout en annonçant la sup- pression de 5 600 emplois de surveillant et la mise en extinction progressive des aides-éducateurs, ont déjà dit leur souhait de transférer rapidement ces personnels aux collectivités territo- riales. Ils ont également désigné les services d’orientation et certaines missions de vie scolaire. Ils ont beau jurer que l’Educa- tion restera nationale, qui peut croire qu’on s’arrêtera là ? On nous dit également qu’un statut de droit privé n’est pas exclu pour ces personnels.

Et quand on sait quels sont les modes de recrutement des collecti- vités territoriales, on ne peut que s’inquiéter pour l’existence même du service public et de l’institution éducative.

Nous disons aux élus des conseils régionaux, généraux, et aux maires : si vous voulez contribuer à l’éducation des jeunes, com- mencez par mieux remplir vos missions sans vous substituer à l’Etat.

Aidez-nous à briser les ghettos sociaux par une politique intelli- gente du logement ; proposez aux jeunes défavorisés un véritable accès aux loisirs et à la culture ; améliorez l’aide sociale aux familles nombreuses et aux parents dépassés par les soucis de la vie quotidienne ; facilitez l’accès au numérique pour combler ce que l’on appelle la « fracture numérique » ; contribuez à la mise en place d’aides aux devoirs ; recherchez des complémentarités avec les établissements ; construisez des établissements agréables et à taille humaine ; aidez au logement étudiant…

L’opération que le gouvernement veut initier n’a rien à voir avec tout cela. Elle a pour seul but d’alléger les finances de l’Etat, de le délester des missions de service public, d’en accélérer la prise en charge par d’autres opérateurs qui seront tentés de faire payer leurs services.

Une nouvelle fois ce sont les jeunes qui vont faire les frais de l’opération. Les 48 000 étudiants-surveillants qui n’auront plus cette ressource pour faire des études, les 30 000 emplois-jeunes, la plupart de milieu modeste, qui travaillent dans nos établisse- ments ; nos élèves qui seront beaucoup moins encadrés au moment où le gouvernement prétend faire respecter les personnels et lutter contre les incivilités.

Ne laissons pas faire. Le 24 septembre, appelons les MI-SE et les aides-éducateurs du second degré à la grève. Le 25, exprimons les besoins des établissements et préparons un grand mouvement pour la mi-octobre avant qu’il ne soit trop tard.

Denis Paget, cosecrétaire général

En bref…

L e conseil national du SNES a d’abord procédé à un premier bilan de la rentrée : effectifs chargés, options et horaires d’en- seignement réduits, structures res- serrées, réformes imposées malgré l’opposition fondée des personnels, emplois du temps inacceptables ; les personnels connaissent aussi des situations inacceptables : précaires au chômage, TZR mal nommés, heures supplémentaires imposées, remplacements non assurés.

L’essentiel des discussions a porté sur la politique du nouveau gouver- nement et plus particulièrement sur les annonces concernant le projet de budget 2003 et la relance de la décentralisation. Non seulement l’Education n’est plus une priorité, mais le second

Grave incident à Asnières

Le dramatique incident (1) survenu au collège André Malraux d’Asnières le 11 septembre ne peut que susciter l’émotion la plus vive. Il implique en même temps que l’on

s’interroge sur les circonstances qui ont entouré un tel acte. Ce collège cumule depuis des années les caractéristiques des

établissements les plus difficiles : une taille inadaptée (1 200 élèves), un encadrement insuffisant (2), une rotation importante des personnels. (…)

Le SNES souhaite une prise de conscience de la nécessité de donner aux établissements les plus difficules les moyens, notamment l’encadrement éducatif des jeunes qui leur permettent d’assurer

véritablement la sécurité de tous (…) Extrait du communiqué de presse du SNES

(1) Un élève du collège a blessé 14 élèves par projection d’acide. Les inquiétudes fortes sur l’état de santé des victimes semblent être

aujourd’hui levées.

(2) Trois surveillants toujours non nommés, un seul surveillant présent au collège ce matin là.).

La FSU par elle-même

Les Editions de l’Archipel lancent une collection de poche présentant les grandes

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Sans-papiers

Le samedi 7 septembre, le SNES était présent lors de la manifestation parisienne des sans- papiers. Présents par milliers dans la rue, ces derniers ont une nouvelle fois montre les limites des procédures au cas par cas. Seule une mesure de régularisation massive permettra aux sans- papiers de trouver droits et dignité de sortir d’une clandestinité trop souvent synonyme d’exploitation.

Marseille : soutien aux trois collègues (1)

Le Conseil national du SNES réuni les 10 et 11 septembre, informé des conditions dans lesquelles deux enseignants se retrouvent aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Marseille apporte son soutien aux collègues.

Particulièrement soucieux de la défense des libertés publiques, le SNES cotinuera de suivre avec attention la situation de nos collègues.

Motion votée à l’unanimité.

(1) Voir l’US n° 573 du 24 août.

Grève des surveillants et

des aides-éducateurs le 24 septembre Journée d’expression des précaires et des établissements le 25 septembre

Vers la grève des lycées et collèges à la mi-octobre

V ous trouverez avec cette US le deuxième fascicule résumant les positions et propositions du SNES. Il est consacré à notre conception d’un service public assumant mieux ses missions, mieux piloté, plus soucieux de démocratie interne, plus ouvert à ceux qu’il accueille.

Ce document arrive également en nombre dans les établissements.

Il doit être le support de réunions- débats que les responsables du SNES sont prêts à animer. Il est particulièrement d’actualité au moment où le gouvernement s’ap- prête à mettre en cause le finance- ment et le caractère national du système éducatif.

C’est un point de départ pour enri- chir nos propositions et donc pré- parer notre prochain congrès.

N’hésitez pas à nous transmettre

vos réactions en vous adressant à Daniel Robin, Anne Feray, Daniel Rallet, principaux rédacteurs de ce document. ■

L’école en tête

Pour le service public

Education en Guadeloupe

Totalement paralysée

D ès janvier 2002, les organisa- tions syndicales de manière unanime refusaient de siéger en CTPA (comité technique pari- taire académique).

Notre unique revendication : 527 moyens indispensables au fonc- tionnement correct du service public d’éducation en Guadeloupe.

Ces moyens représentent le solde de la mission ministérielle Gasol de 1997/1998 qui prévoyait un plan quadriennal de rattrapage, après une importante grève des person- nels, soit 145 postes et les 382 postes destinés à assurer la rentrée 2002.

En effet, si les effectifs sont en chute dans le second degré dans l’Hexagone, c’est loin d’être le cas en Guadeloupe où les effectifs sont en hausse constante.

Malgré les boycotts répétés des CTPA pour faciliter l’ouverture des

négociations, le recteur a fait la sourde oreille et son silence mépri- sant a donc provoqué la réponse qui s’imposait : le blocage total de la rentrée (maternelle, primaire, second degré, post-bac…) par l’in- tersyndicale des personnels soute- nue par les deux fédérations de parents d’élèves FAPEG (Fédéra- tion des parents d’élèves de la Gua- deloupe) et la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), depuis le mercredi 4 septembre 2002.

En dépit de la dotation ministé- rielle de 133 postes et des 30 postes obtenus après une mobilisation importante, des manifestations à Pointe-à-Pitre et à Basse-Terre, nous sommes loin du compte.

La mobilisation continue et se ren- force. ■

Pour le S3 Guadeloupe, Henriette Brival-Pottam

LE CONSEIL NATIONAL DÉCIDE D’UN PLAN D’ACTION CONTINU

Suite p. 2

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2 - L’US N

O

575 - 14 SEPTEMBRE 2002

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Lycée Jean-Jaurès de Montreuil : en grève reconductible

Nous sommes en grève reconductible depuis la rentrée pour obtenir une baisse des effectifs en Seconde, en STT et en ES et la construction d’un nouveau lycée

d’enseignement général et technologique sur le secteur.

Nous portons ces revendications, avec les parents d’élèves, depuis plusieurs années et avions obtenu l’an dernier, après trois jours de grève, des engagements de

l’administration rectorale et du conseil régional qui n’ont pas été tenus.

La seule réponse pour l’instant est la création d’une Terminale STT pré- remplie

à 26/27 élèves, sans bahut, considérant que répondre favorablement à nos revendications serait contraire à l’équité à l’égard des autres lycées de la Seine-Saint-Denis.

Devant cette situation de blocage, les parents d’élèves ont lancé un ultimatum

au recteur et appellent les parent à une journée lycée désert avec occupation des locaux, le samedi 14 septembre.

Les élèves pour leur part font signer une pétition.

Enfin, parce que nous savons que les établissements de la Seine-Saint-Denis vivent la même situation (sureffectifs et manque de locaux) et qu’ ensemble on a plus de chance d’aboutir, nous appelons avec les sections

départementales SNES et FO à un rassemblement devant le ministère (Métro Solferino) mercredi 18 septembre à 15 heures.

Dominique Balducci, Fabienne Ducrot, Cosecrétaires du S1 du SNES A C T I O N

DERNIÈRE MINUTE Le décret n° 2002-1134 du 5/9/2002 relatif à la mise en extinction du corps des CE a été publié le 8/9/2002 au JO. Les reclassements dans le corps des CPE seront établis par le minis- tère pour les détachés, par le rectorat pour les col- lègues en activité et par le centre de La Baule pour les CE actuellement retraités.

Au 1

er

septembre 2002, il n'y aura donc plus de CE.

ENTRER DANS LE MÉTIER Conférence-débat avec Samuel Johsua, didacticien.

IUFM Rangueil, Toulouse : mercredi 16 octobre 2002, 16 heures-19 h 30.

degré est manifestement dans la ligne de mire puisque les 5 000 postes prévus au titre du plan de programmation ne seront pas créés ce qui remet en cause d’une part les possibilités d’améliorer les condi- tions d’enseignement, notamment dans les zones difficiles, et d’autre part la plus grande partie des titula- risations qui étaient prévues à la ren- trée 2003. Il faut y ajouter les 5 600 suppressions d’emploi de MI-SE et le non-renouvellement des contrats de près de 10 000 aides-éducateurs.

Les premières informations se rap- portant à la décentralisation sont tout aussi préoccupantes (cf. édito).

Le conseil national a considéré que

ces projets appelaient une action de très grande ampleur des personnels du second degré. Il a considéré en même temps qu’il fallait se donner les conditions maxima de réussite de cette action, ce qui implique un gros effort de conviction de l’opinion et de mobilisation des personnels autour des points de notre plate- forme :

1. Moyens de lutter réellement contre la « fracture scolaire ».

2. Moyens de lutter contre la pré- carité, d’obtenir tous les recrute- ments nécessaires et de garantir tous les remplacements, ces problèmes étant étroitement liés.

3. Préservation du cadre national de l’Education, notamment en ce qu’il

permet de lutter contre les inégalités.

4. Règlement des contentieux caté- goriels dont le ministère a été saisi à diverses reprises par le SNES.

C’est pourquoi il a choisi un dispo- sitif en 2 temps qui braque les feux sur 2 journées particulières : le 24 septembre, qui verra Jean-Pierre Raf- farin réunir les recteurs et les ins- pecteurs d’académie pour leur expli- quer son projet et sa méthode pour la décentralisation, et le 25 septembre, date retenue pour l’examen du projet de budget en conseil des ministres. Il appelle les personnels des catégo- ries les plus visées par les projets gouvernementaux à se mobiliser dès ce moment là : appel à la grève des MI-SE et des aides-éducateurs le 24,

journée d’expression des personnels précaires et des établissements le 25 (cf. p. 3). En même temps le conseil national a annoncé que si le gouver- nement n’avait pas revu ses projets d’ici le 25, le SNES appellerait les personnels des lycées et collèges à la grève à la mi-octobre. En même temps, le SNES est pleinement par- tie prenante avec la Fsu des démarches unitaires (cf. p. 3) dont la prochaine étape est prévue le 25 au soir. Il appartiendra au bureau natio- nal, convoqué le 26, d’arrêter les décisions définitives en tenant compte des évolutions des décisions gouvernementales, de la mobilisa- tion et du contexte unitaire. ■

Bernard Boisseau Suite de la page 1

(3)

L ’ A C T U A L I T E L ’ A C T U A L I T E

ARTT et CPE

Mise en place

sous surveillance

CO-Psy

Décentralisation,

projets inquiétants !

COLLOQUE FSU L’école et les inégalités :

les comprendre pour mieux agir

• Mercredi 18 septembre 2002, 9 h 30 à 17 heures, FIAP Jean Mon- net, 30, rue Cabanis, Paris XIV

e

, Mé- tro : Glacière.

• Table ronde 1 (9 h 30 à 12 heures) Les inégalités dans l’école Trois intervenants : Françoise Oeu- vrard, sociologue, spécialiste des questions de l’école. Quelles inégali- tés ? Pierre Merle, sociologue de l’éducation, auteur d’un récent ou- vrage sur la démocratisation, traite- ra de la redistribution négative pro- duite par les dépenses d’éducation.

Jacques Bernardin, formateur en IUFM, s’intéressera à la question des apprentissages et des ZEP.

• Table ronde 2 (14 h à 17 h) Les inégalités hors de l’école, lesquelles ?

Comment évoluent-elles ? Louis Chauvel, sociologue à l’OFCE s’intéressera à la fois aux inégalités liées à l’existence de classes sociales et à de nouvelles inégalités entre gé- nérations.

Eric Maurin, chercheur en économie à l’INSEE, auteur de l’Egalité des pos- sibles, montrera les liens entre in- égalités de revenus, de logement et l’école.

Les fédérations de parents d’élèves, l’INRP participeront aux débats.

S’inscrire auprès de la FSU : Tél. : 01 44 79 90 30

Fax : 01 48 01 02 52 Mél : [email protected]

EDUSCOPE

Nous avions fortement dénoncé à la fin de la précédente année scolaire l’absence de débat public sur les questions éducatives et c’est pour cette raison notamment que la FSU avait décidé en juin de renouveler une campagne de questionnement et de débats avec l’opinion lancée une première fois en 1996, l’Edu- scope.

A un moment où le ministre de l’Edu- cation tente de justifier des choix budgétaires par une critique du sys- tème éducatif, où il avance l’idée d’une « nouvelle gouvernance », où il n’affiche aucune ambition pour la for- mation des jeunes, ces initiatives prennent une importance nouvelle. Il est décisif pour mobiliser en faveur de l’éducation de mener un vaste dé- bat avec l’opinion, sans complaisan- ce avec la réalité mais aussi sans défaitisme sur la possibilité de la fai- re évoluer.

Trois questionnaires ont été élabo- rés avec la SOFRES, l’un pour les personnels, un pour les parents, un pour les élèves. Pour contient le ques- tionnaire « personnels » mais en outre chacun des questionnaires a été tiré à 100 000 exemplaires. Ils vont être routés par paquets à chaque section départementale de la FSU à charge pour elle d’en assurer la diffusion en relation avec les syndicats nationaux.

Il ne s’agit pas d’un sondage mais d’une campagne où les militante syn- dicaux diffusent et recueillent les questionnaires ; il s’agit par la même occasion de se donner l’occasion de conduire des débats multiples. Le but est de pouvoir fournir à la SOFRES plusieurs dizaines de milliers de ré- ponses afin d’assurer la crédibilité de l’opération ; il importe aussi que les quantités de réponses soit relati- vement équilibrées entre les trois types de questionnaires. Ceux-ci doi- vent être retournés à la FSU avant les vacances de Toussaint.

Le dessin de la semaine

A l’occasion de la rentrée, les deux ministres et le chef du gouvernement se sont large- ment exprimés sur leurs projets pour l’éducation. La décentralisa- tion est un chantier prioritaire dont la mise en œuvre devrait se faire très rapidement sous la forme d’ex- périmentation.

D’ores et déjà, avec la bénédiction du ministère, la région Rhône-Alpes s’est portée volontaire sur le terrain de l’orientation. A partir du plan PRAO (Projet Rhône-Alpes Orien- tation) des propositions de regrou- pement de toutes les structures s’oc- cupant de l’orientation et de l’insertion des jeunes, et des diffé- rentes catégories de personnels vont être mises en œuvre. Les CIO sont donc dans le collimateur et les CO-

Psy pourraient se voir imposer de nouvelles modalités de fonctionne- ment dans des « guichets uniques ».

Les conséquences sur les missions sont évidentes. Ces propositions sont bien entendu conformes aux orientations européennes, que nous avons dénoncées, mais elles sont également à mettre en liaison avec les nouvelles dispositions sur la for- mation des jeunes (contrats Fillon, alternance…).

Aujourd’hui, le MEN ne parle plus d’obligation de qualification et de diplôme, mais d’obligation de for- mation. C’est peu dire que de souli- gner le manque d’ambition pour les jeunes et l’absence de mesures contre l’échec, pour la prévention et le suivi.

Dans cette perspective, les CIO ris- queraient bien de devenir des centres d’aiguillage et de gestion des flux en fonction des besoins d’emploi à court terme !

C’est l’avenir des services et de la profession qui sont en question.

Ce sont les garanties statutaires et les missions qui seraient dans ce cadre, mises à mal. Il faut dès maintenant affirmer très clairement notre opposition à toute tentative de régionalisation des CIO, de réduc- tion des missions à l’information et à l’insertion, de retour en arrière par rapport au titre de psychologue.

Deux journées d’action sont pré- vues les 24 et 25 septembre. Il faut nous exprimer largement en direc- tion des rectorats, du ministère et des médias. Nous proposons de faire du 25 septembre un temps fort pour manifester notre opposi- tion à ces projets dangereux.

RTT : avertissez-nous de toute interprétation erronée de la circu- laire : [email protected]. ■

Catherine Remermier, Jean-Marc Châtelet

L a grève catégorielle très volon- tariste a été inégalement suivie dans les académies par les col- lègues des lycées et collèges. En cette période délicate de l'année scolaire, cette journée pour dénon- cer la circulaire sur les 35 heures et demander des créations de postes, a été cependant un succès.

Dans la plupart des académies, des r a s s e m b l e - ments, des assemblées générales et des confé- rences de presse ont eu lieu et des a u d i e n c e s ont été obtenues. Ces audiences ont été l'occasion de dire à l'admi- nistration que la nouvelle circu- laire non négociée comportait des zones d'ombre, qu'elle pouvait être interprétée différemment par les autorités locales et générer des conflits inutiles dans les établis- sements.

Les recteurs ont déjà pris connais- sance de la circulaire d'applica- tion, des décret et arrêtés (publiés au JO du 11/9/2002) relatifs à l'ARTT et des disparités apparais- sent déjà dans la lecture qu'ils en font.

Les réponses que nous avons obte- nues de la part du ministère lors de l'audience du 5 septembre sont claires : aucune interprétation pos- sible de la circulaire, les CPE assu- rent 35 heures toutes tâches com- prises dès cette rentrée.

Cette mise en place des 35 heures nous la gagnerons sur le terrain, à nous de les faire respecter. Le SNES aux niveaux national et académique collectera toutes les anomalies ren- contrées par les collègues, alertera

aussitôt et systématiquement les rectorats et le ministère et assurera un suivi du dossier.

La décentralisation du service « vie scolaire » des établissements qui devrait d'après le ministère et la presse se faire en tout ou partie rapidement, doit nous interroger, nous inquiéter et nous préparer à une riposte rapide.

Le conseil national des 10 et 11 septembre a décidé d'une action pour tous les personnels, d'une grève pour les surveillants et les aides-éducateurs le 24 septembre (jour des choix budgétaires). Les CPE s'associent à cette action par l'envoi de télégrammes au premier ministre et au ministre de l'Édu- cation nationale. ■

Evelyne Salé

Actions des 24 et 25 septembre : mode d’emploi

M

Ma arrd dii 2 24 4 s se ep ptte em mb brre e

Le Premier ministre s’adresse aux recteurs et inspecteurs d’aca- démie sur la décentralisation à la Sorbonne.

G

Grrè èvve e n na attiio on na alle e d de ess é éttu ud diia an nttss--ssu urrvve eiilllla an nttss e ett d de ess a aiid de ess--é éd du ucca atte eu urrss d

de ess lly yccé ée ess e ett cco ollllè èg ge ess..

Prendre contact avec les S2 et S3 qui organiseront dans la semaine du 16 septembre des réunions des personnels concernés.

Des 4 pages spéciaux MI-SE et aides-éducateurs sont adressés en nombre aux S1 qui se chargeront de diffuser ce matériel aux inté- ressés.

Rassemblements à l’initiative des S2 et S3 auprès des rectorats et des IA. Délégations auprès de l’administration et des repré- sentants des collectivités territoriales. Organisation de confé- rences de presse au niveau départemental ou régional.

M

Me errccrre ed dii 2 25 5 sse ep ptte em mb brre e

Le projet de budget 2003 est arrêté en conseil des ministres.

J

Jo ou urrn né ée e d d’’e exxp prre essssiio on n d de ess p pe errsso on nn ne ellss p prré écca aiirre ess e ett d de ess é étta ab blliisssse e-- m

me en nttss

Organiser, dès la semaine du 16, des réunions ou des prises d’heures d’info syndicales dans tous les établissements. Discuter des projets du gouvernement et des propositions du Snes. Recen- ser les besoins et les problèmes rencontrés dans les établissements tels qu’ils sont apparus à la rentrée. Adresses aux ministres leur demandant de revoir leurs projets. Cette initiative doit être aussi l’occasion de mettre en évidence la situation de certaines caté- gories : non-titulaires, CO-Psy, CPE, Documentalistess, Langues vivantes. En saisir les médias et les responsables administratifs des rectorats et des IA. Discuter dès maintenant des suites de l’action : grève de la mi-octobre et ses suites, conditions unitaires.

Certains S2 et S3 réuniront les S1 à cette occasion.

Des rassemblements de contractuels et vacataires sont aussi prévus.

Les fédérations de l’Education s’adressent au Premier ministre

Une rencontre avec la FAEN, la FERC-CGT, le SGEN-CFDT et l’UNSA Education, dont la FSU avait pris l’initiative, a eu lieu le 11 septembre à 17h00. Il s’agit de l’ensemble des organisations qui ont appelé à la grève l’an dernier avec la FSU.

La discussion a permis un accord rapide sur la démarche suivante : – envoi d’une lettre ouverte au Premier ministre (ci-dessous)

– décision d’une nouvelle rencontre le 25 septembre en fin d’après-midi. C’est à dire après le conseil des ministres, pour faire le point et prendre d’éventuelles décisions d’actions.

Paris, le 12 septembre 2002 Monsieur le Premier ministre,

Vous vous êtes engagé fortement à ce que votre gouvernement pratique le dia- logue social. Force est de constater que ce dialogue n’existe pas dans l’Education et la Recherche.

Les arbitrages budgétaires ont été rendus a priori sans qu’il ait pu y avoir la moindre discussion sur les missions et les besoins du système éducatif et de la recherche publique.

Les engagements de l’Etat ont été abandonnés, qu’il s’agisse des plans plurian- nuels de créations d’emplois ou de la résorption de la précarité.

Les choix budgétaires actuellement connus consacrent l’abandon de la priorité à l’éducation. Ils empêchent toute amélioration durable du système éducatif sont contradictoires avec le besoin largement exprimé d’une consolidation du et lien social et d’un meilleur encadrement des jeunes par l’ensemble des person- nels (MI-SE, personnels d’éducation, IA TOSS, aides-éducateurs…). Ils sont de nature à compromettre les recrutements nécessaires pour faire face aux départs en retraite prévisibles.

La baisse annoncée du budget de la recherche publique va à l’encontre même des engagements du président de la République.

Le processus de décentralisation que vous avez annoncé nous semble avancer sans que soit fait un bilan de l’existant, ni mené le débat sur ses conséquences pour le service public d’éducation, ses missions et ses personnels. Un processus d’une telle importance ne peut se mener ni en catimini ni à marche forcée.

Les fédérations soussignées en appellent solennellement à vous pour que d’autres choix budgétaires soient faits dans l’intérêt des jeunes et pour qu’enfin un véritable débat, dans la transparence, soit engagé pour améliorer

, transformer et démocratiser le système éducatif.

Nous espérons que le conseil des ministres du 25 septembre permettra d’apporter des premières réponses positives en matière budgétaire. Les fédérations se réuniront le jour même pour apprécier vos décisions et prendront leurs res- ponsabilités en conséquence.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de nos sen-

timents respectueux.

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L ’ É C O L E E N T Ê T E

4 - L’US N

O

575 - 14 SEPTEMBRE 2002

Partenariat Ecole et parents

Et les parents ? N’avons-nous pas trop tendance finalement à les répartir en deux grandes catégories ? D’un côté, les « trop » : trop consuméristes, trop arrivistes, trop ambitieux… De l’autre, les « pas assez » : pas assez présents, pas assez exigeants, pas assez autoritaires… A croire que le parent parfait n’existe pas. Qu’il reste à inventer, y compris dans notre propre représentation.

P arler des rapports école- parents, chercher à les amé- liorer, nécessite d’abord qu’on torde le cou à un certain nombre de préjugés qui concernent plus par- ticulièrement les parents des milieux défavorisés. Ainsi est-il faux d’évoquer un manque d’inté- rêt pour l’école des familles défa- vorisées. Comme le souligne Agnès Van Zanten : « les éléva- tions du marché de l’emploi et la massification de l’enseignement secondaire ont produit une éléva- tion générale des attentes paren- tales en matière de scolarisation, conduisant même à une revendi- cation implicite ou explicite d’un droit à la réussite pour leurs enfants dans toutes les catégories sociales ». La liste des idées reçues concernant l’attitude de certains parents pourrait être longue.

Il n’en reste pas moins que les relations parents-enseignants sont souvent difficiles et, comble de la difficulté, parfois inexistantes.

C’est bien connu dans certains quartiers, on ne voit jamais les parents, surtout ceux des élèves les plus en difficulté. Comment expliquer les réticences de la part de certains parents ? Une première

raison renvoie à un problème géné- ral. Lorsqu’ils connaissent l’ex- clusion sociale, les individus, par définition en quelque sorte, ren- contrent des difficultés dans toutes leurs relations sociales. Pour cer- tains parents, il est aussi difficile de revenir à l’école, de répondre à une « convocation » quand ils ont connu eux-mêmes l’échec ou quand leurs aînés ont aussi été en échec. Enfin, il existe des obs- tacles de nature sociale portant notamment sur le langage ou des différences de codes culturels : difficulté à comprendre ce qui est dit par l’enseignant, ce que les enfants appren-

nent à l’école, peur de mal par- ler, d’être jugé etc. S’il apparaît i n c o n t e s t a b l e qu’un meilleur dialogue parents- enseignants est facteur de réus- site scolaire, nous ne pouvons nous satisfaire de situations sou- vent plombées par des incom-

S i de fortes disparités existent entre les établissements, tous les personnels de collège ou de lycée sont confrontés aux dif- ficultés d’apprentissage d’une par- tie de leurs élèves avec toutes les conséquences induites par ces situations d’échec : perte de confiance en soi, passivité, senti- ment d’injustice, rejet de l’insti- tution, absentéisme, agressivité, violence... Trop d’élèves entrent en Sixième sans maîtriser les apprentissages fondamentaux (15 % ont de faibles compétences en lecture dont 4,1 % sont quasi illettrés) et le taux de redouble- ment ou de réorientation en fin de Seconde témoigne des difficultés persistantes d’une partie non négli- geable des « nouveaux lycéens ».

Faut-il pour autant remettre en cause l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au niveau baccalau- réat, ou évincer les collégiens les plus faibles de façon précoce vers l’enseignement professionnel, alors que toutes les études mon- trent que le taux d’accès à l’emploi

est fortement lié au degré de qua- lification (1) ? Nous ne le pensons pas, mais à condition que la société donne vraiment à son école les moyens de faire réussir tous les jeunes.

Notre congrès de Strasbourg a lar- gement analysé les multiples causes de l’échec scolaire, qu’elles soient exogènes ou endogènes (voir l’US n° 545 du 5/5/2001).

Il a travaillé essentiellement sur l’amélioration de l’existant (effec- tifs, travail en groupes, interdisci- plinarité, modules, passerelles, image des voies technologique et professionnelle, place des CO-Psy) et les conditions de mise en place des différents dispositifs en vigueur ; il a aussi démontré la nécessité de libérer du temps pour favoriser le travail en équipes péda- gogiques et interprofessionnelles.

Malgré leur pertinence et leur rela- tive efficacité pour les élèves qui ne sont pas en rupture avec le sys- tème éducatif, en dépit de l’insuf- fisance des moyens dégagés, nombre de ces solutions ne sont pas opérantes pour les élèves en grande difficulté.

Il n’y a pas de réponse unique, mais des réponses multiples, qui varient selon la nature et la gravité de l’échec, le niveau de scolarité, l’his- toire personnelle de l’élève...

Il y a, d’une part, les élèves qui relèvent d’un enseignement médi- calisé pour lesquels le nombre d’établissements spécialisés est lar- gement insuffisant pour couvrir tous les besoins, et les élèves affec- tés en SEGPA. Pour cette struc-

ture d’enseignement adapté du col- lège, les textes de 96 et 98 pré- voient l’intervention des PLC dans certaines disciplines. Quelles mesures pourraient favoriser leur volontariat dans le respect de leur statut, au-delà de la garantie d’une formation spécifique préalable : une indemnité spéciale ? une décharge de service ? autres pro- positions ?

Il y a, d’autre part, les élèves qui ne relèvent pas de ces structures et qui doivent être accueillis au col- lège puis au lycée, pour lesquels des solutions individualisées sont parfois nécessaires.

Au-delà des classes spécifiques destinées à remédier aux lacunes persistantes de certains collégiens, des classes relais se développent pour accueillir temporairement des jeunes en rupture avec l’école.

Mais comment réconcilier ces jeunes avec les apprentissages ? quelle formation exiger pour les équipes ?

De nombreuses autres pistes nous semblent devoir être explorées :

• Recourir à des professionnels de santé (orthophonistes, conseillers psychologues...) et en priorité dans les zones les plus défavorisées

• Repenser le travail de l’élève dans et hors de la classe et l’aide aux devoirs.

• Développer des internats éduca- tifs ouverts qui éloignent, sur la base d’un projet, certains jeunes, volontaires, de leur environnement tout en leur permettant de garder un lien avec leurs familles : avec quels types de personnels ? Comment éviter la formation de ghettos sco- laires ?

• Repenser le lien avec les familles des élèves en grande difficulté et les aider à mieux comprendre le système éducatif qu’elles mécon- naissent.

• Comment faire quand tant de lycéens exercent une activité sala- riée qui gêne leur scolarité ? Com- ment agir pour des bourses plus nombreuses et revalorisées ?

• Mettre en place de façon transi- toire, des modules nouvelles chances pour les élèves qui ne relè- vent pas des classes relais.

• Pour certains élèves en très grande difficulté en Sixième et Cin- quième, peut-on envisager une prise en charge spécifique par une équipe restreinte d’enseignants comprenant un enseignant spécia- lisé du premier degré ?

• Développer de vraies classes d’accueil pour élèves primo-arri- vants avec des enseignants formés en FLE.

Toutes ces questions sont évidem- ment à débattre dans la continuité de nos précédents mandats.

Quelles que soient les réponses qui sortiront de notre congrès de Tou- louse, elles supposent que l’on

s’écarte définitivement de l’actuelle logique de bricolage et de saupou- drage, que l’institution se décide enfin à accompagner ses personnels pour leur permettre de s’attaquer de façon durable aux racines des dif- ficultés. Cela nécessite des moyens importants et suppose de rompre avec la politique de régression bud- gétaire annoncée, d’obtenir une loi ambitieuse de programmation pour l’éducation..

Mais si l’école peut et doit jouer un rôle sur les causes endogènes de l’échec scolaire, elle ne peut tout régler si la société continue d’en- fermer une partie de sa jeunesse

dans des univers dégradés et d’ex- clure les plus défavorisés. La solu- tion passe aussi et en même temps par une politique sociale et éco- nomique plus soucieuse d’une répartition plus juste des richesses et une politique plus ambitieuse du territoire. ■

Monique Parra-Ponce, Roland Hubert (1) Une étude de la DPD précise qu’au 1

er

février 2001, trois diplômés d’un BTS ou d’un DECF sur quatre avaient un emploi non aidé 7 mois après avoir quitté le système éducatif, alors que c’est le cas seulement pour un déten- teur sur deux d’un CAP ou d’un BEP.

préhensions. Quelques pistes peu- vent être explorées.

Une meilleure connaissance des familles en difficulté et de leurs conditions de vie est sans doute un premier pas nécessaire. Cela peut concerner la formation ini- tiale des enseignants mais doit sur- tout être travaillé sur le terrain, dans le cadre d’un véritable tra- vail en équipe, reconnu dans le service des uns et des autres.

D’autre part, certaines expériences sont menées ici et là, soit exclusi- vement au sein des établissements, soit avec des par- tenariats divers, notamment des

associations. Une véritable mutua- lisation de ces expériences per- mettrait aux équipes éducatives de tirer profit des succès et des erreurs des uns et des autres. Enfin ne devrions nous pas clarifier ce que nous attendons exactement des parents ? Responsabiliser les parents est une chose, leur dire qu’ils sont comptables de l’assi- duité de leurs enfants, de la cor- rection de leur tenue ou de leur langage est juste. Il n’empêche que, pour certains, l’exercice de cette responsabilité est plus diffi- cile que pour d’autres. Mesure t-on par exemple combien la flexibi- lité accrue des horaires de travail laisse de plus en plus d’enfants seuls ? Face à ces difficultés, nos revendications ne doivent-elles pas pousser au déve- loppement de structures type

« Ecole des

parents » ou

« groupes de paroles » qui aident les parents

©CLÉMENT MARTIN ©DANIEL MAUNOURY

©CLÉMENT MARTIN

© THIERR

Y NECT OUX

à nouer ou à renouer le dialogue avec des jeunes souvent en manque de repères familiaux, avec les enseignants ? Qui doit s’en charger ? Avec quels moyens et quels liens ? Dernier point : il semble plus que jamais évident que l’école doit faire avec des parents dans l’incapacité d’aider leurs enfants dans leur travail per- sonnel, ce qui est de toute façon un exercice difficile, les collègues qui encadrent des études dirigées en font souvent l’expérience. Prendre acte d’une telle situation signifie que des formes d’aide au travail personnel doivent être proposées à tous les élèves. Le travail des asso- ciations montrant à bien des égards ses limites, ne faut-il pas réfléchir à un véritable service public d’aide au travail, s’appuyant sur l’Edu- cation nationale ou sur les collec- tivités territoriales ? Ne doit pas favoriser un développement signi- ficatif des internats, des foyers d’accueil, avec éventuellement une certaines souplesse dans les moda- lités d’accueil ? De toute urgence des solutions doivent être trouvées si on veut vraiment lutter contre la fracture scolaire. ■

Françoise Dumont

CONTRIBUTIONS. Les fascicules ne présentent pas des positions figées. Ils sont une invitation à débattre, à questionner les positions syndicales dans le cadre de la préparation du prochain congrès du SNES.

L’US commence aujourd’hui la publication des contributions sur le thème du premier fascicule : Pour une école plus juste, pour une société plus juste.

Echec scolaire

Comment faire avec les élèves en grande difficulté ?

(5)

BACCALAURÉAT 2002

Le tassement se confirme

Comme tous les ans, la DPD a publié les résultats provisoires du baccalauréat dans une note d’information de juillet 2002. Avec un taux global de réussite identique à celui de l’an dernier, la session de juin 2002 du baccalauréat voit une diminution sensible de réussite dans les séries technologiques (– 1,3 % par rapport à 2001) et professionnelles (– 0,7 %). La baisse la plus importante a lieu dans les séries STI (– 3 %). Elle s’accompagne d’une diminution du nombre de candidats dans ces séries et on dénombre 1 800 élèves de moins obtenant le baccalauréat STI.

Les augmentations du nombre de candidats en S et ES et des taux de réussite (+ 1 % en S et + 1,7 % en ES) ne compensent pas la chute du nombre de reçus en L (– 6 300 élèves admis dans cette série malgré un taux de réussite en augmentation et qui atteint cette année 82,1 %).

La situation dans les baccalauréats professionnels est un peu différente. L’augmentation du nombre de candidats

(1 900 candidats de plus) est en partie atténuée par la baisse du taux de réussite et le nombre d’admis n’a donc que très légère- ment progressé (environ + 900).

Les écarts dans les taux de réussite restent importants entre les académies, pouvant atteindre 17 points pour les séries technolo- giques et 14 points pour les séries générales.

Globalement la proportion d’une génération titulaire du bacca- lauréat continue à plafonner : 60,9 % cette année. C’est donc 32,4 % d’une génération qui obtient le baccalauréat général, 17,4

% le bac technologique et 11,1 % le bac professionnel. Au-delà des situations critiques de la L et inquiétantes de certaines séries STI, c’est bien le problème de la démocratisation de l’accès au baccalauréat qui est posé par ces résultats qui restent globalement à l’image des ceux des années précédentes. Roland Hubert

PHILOSOPHIE EN L

Paru au BO

Le rétablissement de la 8

e

heure hebdomadaire de philosophie pour les élèves de Terminale L, annoncé par le ministre au mois de juin, est paru au BO n° 23 du 12/9/2002. Il n’y a donc aucune raison pour qu’il ne soit pas effectif dès cette rentrée. R. H.

PROGRAMMES

BO n° 25 du 20 juin 2002 Programme des épreuves de littérature de la classe terminale de la série L, 2002- 2003. Note de service 2002-134 du 12/6/2002, p. 1712.

BO n° 31 du 29 août 2002 Baccalauréat. Épreuve de sciences physiques et chimiques du baccalauréat général, série S, session 2003, rectificatif du 2/8/2002 p. 2043.

BO n° 32 du 5 septembre 2002 Baccalauréat. Épreuve

d’anglais, langue de complément au baccalauréat, sessions 2003 et 2004. Attention, le texte redéfinit en partie les conditions de l’épreuve.

Au BO hors série n° 6, plusieurs programmes des lycées, republiés pour raisons administratives, et qui entreront en vigueur dès la rentrée 2002 :

• Education civique, juridique et sociale, éducation physique et sportive, enseignements artistiques, histoire-géographie, langues anciennes et sciences économiques et sociales en classe de Seconde générale et technologique ;

• Sciences de la vie et de la Terre en classe de Première de la série scientifique ;

• Mathématiques pour le cycle terminal des séries technologiques.

Ces textes entreront en vigueur dès la rentrée 2002 Au BO hors série n° 7, plusieurs programmes des lycées :

• des modifications des programmes de physique- chimie dans les séries technologiques tenant compte de l’application du nouveau programme

de physique-chimie de la classe de Seconde générale et technologique ;

• des précisions du nouveau programme de sciences

de la vie et de la Terre en classe terminale de la série scientifique.

Ces modifications ou précisions de programmes entreront en vigueur dès la rentrée 2002.

• Langues vivantes (allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, hébreu, italien, portugais, russe), en classe de Seconde générale et technologique ;

• Histoire et géographie, pour le cycle terminal des séries générales ;

• Sciences économiques et sociales, en classe terminale de la série économique et sociale.

Ces nouveaux programmes entreront en vigueur à partir de la rentrée 2003.

TECHNOLOGIE

Heure de labo

Une heure en décharge est attribuée pour la techno, au même titre que SVT et histoire-géographie. Elle apparaît comme telle dans la DHG. La revendication de la profession est qu’elle soit attribuée, compte tenu de la spécificité de notre discipline et l’absence de personnel de laboratoire attaché à notre discipline, à chaque professeur de technologie ! Gisèle Jean

METIER

Physique-chimie au bac S

Evaluation des capacités expérimentales

EAF Premier bilan

A l’issue de la première session des nouvelles épreuves, les enseignants écrivent leur mécontentement à travers la pétition et le questionnaire du SNES, à travers leurs courriers aux rectorats ou aux IPR. Réaction una- nime : après une rude année (réforme à marche forcée, information tardive et contradictoire, absence de concerta- tion...), le surcroît de travail est indéniable. Les raisons en sont multiples : nombre important de copies, trop de can- didats à l’oral par demi-journée, chevauchement fréquent des tâches de correction de l’écrit avec l’oral, surveillances, cours à assurer en collège, convocations pour d’autres exa- mens, pour le jury de Terminale... Les modalités de l’oral ont donné lieu à bien des dysfonctionnements : difficulté à gérer le temps, à avoir tous les textes inscrits dans les des- criptifs, lourdeur du travail administratif. Les enseignants ont passé beaucoup de temps à élaborer les questions qui portaient souvent sur trop de descriptifs (jusqu’à vingt et un parfois, en moyenne neuf). Mais l’excès inverse (un ou deux descriptifs) limite le questionnement et remet en cause les garanties de l’anonymat. Tout cela pour un résul- tat bien peu convaincant. Les collègues signalent, dans leur majorité, que les questions ont plutôt déstabilisé les élèves qui ont eu bien du mal à les intégrer dans leur étude.

Se pose avec acuité la nécessité de temps en effectifs res- treints pour préparer cette épreuve orale tout au long de l’an- née scolaire. Il est temps de rétablir les modules ! Beaucoup de descriptifs officialisent l’impossibilité de traiter également tout le programme qui s’avère difficile à boucler.

Concernant l’écrit, une large majorité dénonce l’indigence des copies sur le devoir d’invention. On peut regretter, par

ailleurs, le choix dans une série d’un corpus largement dif- fusé dans des annales... Les enseignants à qui l’on a imposé ces nouvelles modalités trouvent que la facture est lourde à payer en terme de surcharge de travail.

Ils ont assuré le déroulement de l’examen mais ils ont des revendications, des propositions à faire pour améliorer les épreuves de l’EAF.

Il faut les entendre. Une mise à plat de l’EAF est indis- pensable et il faut créer les conditions d’une véritable concertation. Afin d’appuyer ces exigences, continuez à nous transmettre vos réactions, vos propositions.

Faites signer la pétition (l’US n° 571 du 12 juin 2002). ■ Marylène Cahouet

L es enseignants de physique-chimie se trouvent maintenant au pied du mur, cette évaluation est obligatoire pour tous dès juin 2003 sous forme de contrôle local (BO n° 27 du 4 juillet 2002).

Au CSE du 6 juin, le SNES s’est prononcé contre ce disposi- tif. Cette évaluation, en plus de l’écrit réduit à trois exercices sur seize points, constitue une épreuve supplémentaire qui rompt les équilibres entre physique et chimie.

Depuis plus de quatre ans, nous avons largement interrogé les collègues, y compris ceux de collège qui voudraient bien sta- tutairement bénéficier de personnels de labo et d’effectifs réduits pour permettre aux élèves de manipuler.

Au départ, 75 % restaient hésitants, attentifs à l’évolution des modalités et à l’incidence sur le bac.

A l’issue de débats souvent riches, essayant de dégager les com- pétences expérimentales (d’habileté gestuelle à conception d’expérience en passant par, entre autres, compréhension du protocole) exigibles à un niveau donné, les collègues esti- maient, en majorité, qu’il y avait plus d’inconvénients que d’avantages à l’évaluer au bac, malgré la reconnaissance qui

A la commission spécialisée des lycées du 11 septembre et au Conseil supérieur de l’éducation du 19 septembre passent les programmes de Seconde (annula- tion du Conseil d’Etat pour vice de procédure).

Nous en profiterons pour demander l’évaluation des programmes de Seconde et de Première ainsi qu’une véritable concertation après bilan sérieux de l’EAF en vue d’une nouvelle définition des épreuves.

en résulterait. Encore, pour beaucoup, l’avaient-ils réalisée suivant des modalités beaucoup plus favorables que les pré- conisations nationales !

Dès lors que se profilait le contrôle local se dégageait une nette majorité de refus. Tout au plus restait-il, parmi eux, une petite majorité pour l’expérimenter et l’évaluer avec les seuls élèves de spécialité, malgré les difficultés de transposition à tous.

Notons que se contenter, comme le fit l’administration, de tes- ter la faisabilité matérielle du dispositif et de recueillir l’indice de satisfaction, même par généralisations successives, consti- tue un ersatz d’expérimentation-évaluation pour qui envisage- rait de répondre à l’indispensable interrogation : « Cette éva- luation est-elle pertinente, dans le cadre du bac, pour rendre notre enseignement plus efficace et/ou pour prendre véritablement en compte des qualités importantes, autrement négligées ? » La pétition proposée ne fait qu’entériner cet état de fait et redonner la parole aux collègues. ■

Gérard Hatab, responsable du groupe physique-chimie

PÉTITION SNES

I ntégrée, dès la session 2003, dans l’épreuve de physique- chimie pour 4 points sur 20, cette évaluation revêtira un caractère obligatoire pour tous les élèves, à l’exception des candidats libres et de ceux du privé hors contrat. Elle se déroulera dans leur établissement sous la forme d’un TP d’une heure. Le candidat tirera au sort un sujet parmi une liste établie par l’établissement et sera évalué par son professeur ou un enseignant de l’établissement.

Sans mettre en cause l’honnêteté des collègues, nous n’en

récusons pas moins, au niveau du secondaire, un tel dispositif qui risque d’introduire des tensions entre évaluateurs et évalués, et de générer des pressions multiples incompatibles avec l’équité du diplôme.

De plus la distinction entre les établissements privés hors contrat et les établissements publics introduit un biais dans la délivrance du baccalauréat.

Aussi appelons-nous tous les enseignants, l’introduction du contrôle local nous concernant tous, à signer cette pétition.

NOM, prénom Signature NOM, prénom Signature

Contre l’extension de toute forme de contrôle local dans les épreuves du baccalauréat Etablissement : ... Commune : ... Académie :...

Enseignements supérieurs

Développer des conventions lycée-université

L es décrets et arrêtés concernant l’harmonisation européenne des formations universitaires sont parus au Journal officiel, notam- ment l’arrêté sur les cursus licence (JO du 30 avril 2002). Bien que ces textes ne s’appliquent qu’aux universités, se pose la question de la place des formations post-bac des lycées dans la nouvelle architecture proposée. Celle-ci s’articule en effet autour des grades de licence, mas- ter et doctorat, et la validation des diplômes par les crédits européens.

Le premier niveau de qualification reconnu internationalement est donc la licence (180 crédits européens), qui peut être validée au bout de trois ans d’études après le bac. Les universités sont encouragées à élaborer des parcours pluridisciplinaires et, lors de la discussion du projet au CNE- SER, la FSU a obtenu que des parcours puissent intégrer les études sui- vies en sections de techniciens supérieurs ou en classes préparatoires

aux grandes écoles. Pour ce faire, les universités et les lycées disposant de formations post-bac sont invités à passer des conventions permettant la validation du BTS (sur la base de 120 crédits européens) ou des années d’études en CPGE (sur la base de 60 crédits par année), puis l’accès en troisième année de licence dans des poursuites d’études adaptées. Aux côtés du SNESup. et de l’UNEF, nous avons insisté pour que cette nouvelle architecture des études supérieures permette une élévation des quali- fications et accroisse la mobilité pour tous les étudiants. Notre pays a besoin d’une politique vigoureuse pour augmenter le taux d’accès et de réussite dans les études supérieures ; cela passe par le développement des aides sociales et des bourses d’études et l’amélioration des condi- tions d’encadrement dans les premiers cycles.

Jean-Hervé Cohen, Thierry Reygades

©DANIEL MAUNOURY

©D.MAUNOURY

(6)

6 - L’US N

O

575 - 14 SEPTEMBRE 2002

Pour dire non aux restrictions budgétaires soyons tous dans l’action le 25 septembre.

L’action langues vivantes peut prendre diverses formes.

I l faut informer les parents d’élèves et l’ensemble de la population via la presse sur les conditions réelles d’apprentissage et d’enseignement des langues vivantes, demander une audience à l’inspection aca- démique, au rectorat.

Les difficultés du métier semblent toucher particulièrement les professeurs de

langues. C’est ce que montrait l’étude publiée dans Education et formations n° 56, avril-juin 2000. « Au moment de leur interrogation, les linguistes,et singulièrement les anglicistes, se démarquaient clairement de la population enseignante.

Intéressés en priorité par leur discipline, semblant douter de leur capacité à faire progresser les élèves et à les motiver, ils présentaient le visage d’un groupe en proie, peut-être plus que d’autres, aux difficultés du métier. »

Nous reviendrons sur cette étude dans un prochain spécial langues vivantes (nous recueillons toute information sus- ceptible d’enrichir cette étude).

Les conditions de la rentrée ne vont certainement pas amé- liorer le moral des professeurs de langues. Les professeurs de langues dites rares comme le russe et de plus en plus de collègues d’allemand ont vu et voient leurs effectifs fondre (la moitié des effectifs en dix ans en allemand). Une jeune TZR d’allemand nous informe que le principal de son col- lège présente comme inévitable le regroupement d’élèves de Sixième LV1 et de Cinquième LV1. Nous constatons que l’administration fait la chasse aux effectifs faibles. Alors pourquoi évoquer une volonté de diversification des langues vivantes si, dans la réalité, il n’y aura plus que deux langues enseignées ? Les éléments dont nous disposons sur les

cartes de langues vivantes élaborées par les rectorats nous paraissent très inquiétants. Les professeurs d’anglais et d’espagnol sont eux aussi confrontés à de grandes difficultés liées aux effectifs ( des classes de 35 sont monnaie courante) et au nombre trop important de classes (7 classes pour de nombreux collègues d’espagnol).

Nous avons recueilli un nombre considérable de pétitions.

Continuez de nous les envoyer signées. Nous vous rappe- lons que la pétition a été publiée dans l’US n° 571 et qu’elle se trouve sur le site Observatoires. ■

Thérèse Jamet-Madec

Langues vivantes

La souffrance des professeurs

Quel accueil pour les assistants ?

Notre enquête a confirmé largement les difficultés rencontrées par beau- coup d’ assistants étrangers à leur arrivée : hébergement, rémunération, ins- cription à la Sécurité sociale, sont autant de courses d’obstacles, visas pour ceux qui ne viennent pas de l’espace Schengen. Leur intégration dans le tra- vail des classes est rendue complexe par les horaires trop faibles en LV et les demandes du premier degré. Nous avons transmis ce bilan au ministère en insis- tant sur l’intérêt de la présence de ces étudiants, en complément de l’ensei- gnement de LV. Nous attendons réponse et rendez-vous. Informez-nous des situa- tions rencontrées en cette rentrée.

ENSEIGNEMENTS ARTISTIQUES

Diversification et optionalisation ?

Le SNES a rencontré Christine Juppé-Leblond, inspectrice générale en cinéma et audiovisuel et Anne Chiffert, inspectrice générale des affaires culturelles, chargées par le ministère de l’Education et celui de la Culture d’une mission d’évaluation du plan de cinq ans pour les arts à l’école et de propositions en matière d’éducation artistique.

Nous avons rappelé que pour permettre de développer davantage les enseignements en collège et en lycée, l’impulsion ministérielle devait s’appuyer sur les enseignants. La question de l’accès à d’autres enseignements artistiques au collège nous a été posée ainsi que celle de l’optionalisation de l’éducation musicale et des arts plastiques en Quatrième et Troisième. Pour le SNES, les arts plastiques et

l’éducation musicale doivent rester deux enseignements obligatoires au moins jusqu’en Troisième en tant qu’éléments incontournables de la formation.

Nous allons rapidement demander à rencontrer Pierre Baqué, nouveau conseiller du ministre pour l’éducation artistique.

Sandrine Charrier

ITINÉRAIRES DE DÉCOUVERTE

Organisation et responsabilité des enseignants

La circulaire concernant l’organisation des itinéraires de découverte et les questions de responsabilité est parue au BO n° 31 du 29 août 2002.

Elle précise notamment l’obligation de surveillance des élèves, y compris en dehors de leur participation aux itinéraires (pendant le temps de concertation des professeurs) et le principe de gratuité des réalisations d’élèves. Concernant leur financement, le CA devra examiner les moyens à affecter.

Les demandes de subvention devront être faites cette année avant le 1

er

novembre.

Nous déplorons que les crédits d’Etat ne soient pas abondés pour la réalisation des productions et émettons de vives inquiétudes en matière d’encadrement des élèves lorsqu’ils n’auront pas d’itinéraires, inquiétudes que les déclarations de Luc Ferry concernant la suppression de plus de 5 000 postes de surveillants ne font qu’accentuer…

Nous avons obtenu la suppression d’un paragraphe qui indiquait le type d’activités à proposer aux élèves pendant la concertation des professeurs, activités dont certaines nécessitaient l’encadrement par des enseignants (préparation au B2I, éducation à la santé, à la

citoyenneté…), ce qui compromettait le temps de concertation.

Si cette circulaire clarifie certains aspects de

l’organisation des IDD notamment l’entière maîtrise par les équipes pédagogiques elles-mêmes, d’autres problèmes importants restent en suspens : le SNES demande notamment le respect du volontariat des collègues et la prise en compte dans les services des heures d’IDD (une heure = une heure et refus des HSE).

Nous reviendrons plus largement sur la question des itinéraires de découverte dans une prochaine US.

S. C.

HEURE DE VIE DE CLASSE

Refuser tout bénévolat

Depuis les arrêtés du 14 janvier 2002 (BO n° 8 du 21/2/2002), les horaires des élèves de Sixième et du cycle central comportent une « heure de vie de classe » (HVC) à hauteur de 10 heures annuelles. Comme c’était déjà le cas dans le texte d’orientation Le Collège des années 2000 (Supplément au BO n° 23 du 7/6/1999), aucune indication n’est donnée sur sa rémunération.

De trop nombreux chefs d’établissement considèrent, à tort, qu’elle entre dans le cadre de la part modulable de l’ISOE et en refusent la rétribution. Or, seule son organisation incombe au professeur principal, qui n’en est pas l’animateur exclusif puisque d’autres adultes (autres enseignants, CPE, CO-Psy, etc.) peuvent intervenir.

L’heure mensuelle d’information syndicale peut être l’occasion pour les personnels de réclamer

collectivement sa rémunération en HSE chaque fois qu’elle est prise en charge en dehors du service.

Bruno Mer

ERRATUM

Numéros de téléphone du SNES

TZR : Jean-Paul Gaetan, Isabelle Breil, 01 40 63 29 64.

Aides-éducateurs : Elizabeth Labaye, 01 40 63 29 12.

METIER

©CLÉMENT MARTIN

Entrevue à la DESCO

Le point sur les problèmes de rentrée : des questions au ministère

L e SNES a rencontré Monsieur Maccario à la DESCO mardi 10 sep- tembre pour faire le point : rappeler un certain nombre de demandes déjà formulées l’an passé et faire certains constats.

D’une manière générale, la mise en place des nouveaux dispositifs complique la confection des emplois du temps des élèves et des ensei- gnants. Cet effet pervers s’est amplifié à la rentrée avec la mise en place des IDD.

Sur le collège

Problèmes en cette rentrée : sup- pression de la 6

e

heure de français en Sixième, réductions horaires en Cin- quième, caractère obligatoire des IDD, IDD parfois prévus en HSE, heure de vie de classe non rémunérée, sur- charge de travail avec les évalua- tions de Sixième et Cinquième sans véritables moyens de remédiation ni temps de concertation pour tra- vailler en équipe. Nous avons demandé un état des lieux sur la mise en place effective des groupes de SVT et technologie et celle, à titre expérimental, de la langue vivante 2 en Sixième.

IDD : nous avons rappelé notre exi- gence de respect du volontariat des enseignants et insisté pour que les heures soient restituées en cas de refus collectif ou de projets alter- natifs.

Heure de vie de classe : nous avons demandé la rémunération systéma- tique en HSE et rappelé l’existence en décembre 2000 d’un courrier d’André Hussenet (directeur adjoint du cabinet de Jack Lang) la rendant possible.

Expérimentation des classes à projet professionnel : à notre demande de bilan, le ministère répond qu’une enquête est en cours et que toutes les aca- démies ont expérimenté ces classes, majoritairement implantées en LP.

Futurs horaires de la classe de Troisième : la DESCO attend les orientations plus précise du cabinet et rappelle la nomination de groupes d’experts, notamment sur la technologie. Nous avons fait part de nos inquiétudes à ce sujet.

Sur le lycée

Nous avons rappelé la situation en langues vivantes, catastrophique pour les LV2 qui sont souvent passées à 2 heures, les chefs d’établissement refusant les dédoublements inscrits dans les grilles horaires. Nous avons demandé un réel bilan de l’expérimentation de la globalisation des moyens en langues vivantes (circulaire du 30/8/2001).

Evaluation des capacités expéri- mentales en SVT : nous avons demandé l’organisation par la DESCO d’une rencontre avec l’Inspection générale qui met en place une banque de travaux pra- tiques et de situations d’évalua- tion.

EAF : nous avons fait part des remontées très critiques des col- lègues. La DESCO, consciente de la situation, organisera une rencontre bilan à notre demande avec l’Ins- pection générale.

TPE : nous avons protesté contre la semestrialisation des horaires (2 h de présence durant le temps des TPE pour une 1 h inscrite dans le VS). La DESCO rappelle que le temps sans élève doit être utilisé pour la concertation. Nous avons insisté sur l’impossibilité de réali- ser les TPE dans la situation impo- sée par le ministère : enseigne- ments obligatoires, mais facultatifs au bac.

Pour progresser dans la voie choi- sie de la généralisation, le minis- tère souhaite transformer les décrets sur le baccalauréat au CSE du 19 septembre. Il refuse de reconduire le dispositif de l’an passé et d’évaluer rigoureusement les objectifs de formation atteints par les TPE, questions sur lesquelles se penche le dernier rapport de l’IGEN et sur lequel nous revien- drons.

Nous pensons que les projets de décrets proposés transforment radi- calement le bac (modalités et jurys). Ils ouvrent la voie à des change- ments que nous refusons catégoriquement. ■

Gisèle Jean

©DANIEL MAUNOURY

Références

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