• . PA M. Jules Gfeller
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Troisième année. — N0 45.
Prix du numéro 10 centimes
Mercredi 5 juin 1889.
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PROCES-VERBAL
de rassemblée de délégués des syndicats pro- fessionnels et sociétés commerciales existant dans l'industrie horlogere, à Neuchâtel, le 31 mai 1889, à 11 h. V2 du matin, dans l'an-
cienne salle du Grand-Conseil.
Présidence de M. R. Comtesse, conseiller d'Etat, président de la Fédération hor- logere.
Secrétaires: MM. James Perrenoud et Fritz Huguenin.
Associations patronales représentées : Syndicat des fabriques d'ébauches et finis-
sages ;
Association industrielle et commerciale de Neuchâtel ;
Société suisse des patrons monteurs de boîtes ; Syndicat des patrons monteurs de boîtes ar-
gent;
Syndicat des patrons monteurs de boîtes or ; Société des fabricants d'horlogerie et chefs
d'atelier de Bienne et environs ;
Comité du Syndicat en formation des fabri- cants d'horlogerie ;
Société des fabricants d'horlogerie de la Chaux-de-Fonds ;
Société des patrons faiseurs de ressorts et lamineurs;
Patrons monteurs déboîtes, section du Locle ; Fédération des graveurs et guillocheurs ; Graveurs et guillocheurs VIIme arrondisse-
ment ;
Graveurs et guillocheurs de la Chaux-de- Fonds;
Monteurs de boîtes or de la Chaux-de-Fonds.
Associations ouvrières représentées : Fédération des ouvriers faiseurs de cadrans
d'émail ;
Remonteurs, section de la Chaux-de-Fonds ; Graveurs et guillocheurs, section de la Chaux-
de-Fonds ;
Fédération des ouvriers monteurs de boites ; Monteurs de boîtes, section Chaux-de-Fonds ; Graveurs et guillocheurs Locle ;
Fédération des ouvriers graveurs et guil- locheurs ;
Syndicat des faiseurs de ressorts;
Monteurs de boîtes, section du Locle ; Syndicat des emboîteurs ;
Repasseurs et remonteurs, section du Locle ;
Monteurs de boîtes, section de Bienne ; Monteurs de boîtes, section duVal-de-Travers.
Syndicat des repasseurs, démonteurs et re- monteurs ; '
Syndicat des ébauches finissages et pignons ; Ebauches, finissages et pignons, section de
Bienne ;
Repasseurs etTemonteurs, section de Saint- Imier ;
Repasseurs et remonteurs, section de Tra- melan ;
Syndicat des planteurs d'échappement ; Société ouvrière de Langendorf.
Associations politiques représentée*.
Grutli, Chaux-de-Fonds. t
Grutli, Locle.
Récapitulation.
Associations patronales 44
» ouvrières 20
» politiques 2 36 La Chambre de commerce de Genève écrit que le peu d'encouragement qu'a trouvé l'or- ganisation des syndicats libres dans l'horlo- gerie genevoise et plus spécialement parmi ses membres, ne lui permet pas d'exprimer une opinion sur les syndicats obligatoires.
Elle s'offre à organiser, à Genève, une as- semblée des intéressés, dans laquelle seraient entendus les promoteurs des syndicats obli- gatoires.
Un membre du Conseil d'Etat de Genève, M. H. Etienne, inspecteur fédéral des fabri- ques, et quelques représentants de la presse assistent à la séance.
Exposé de M. R. Comtesse. D'une manière générale, on paraît avoir compris que l'esprit de solidarité avait beaucoup trop fait défaut dans notre vie industrielle. La force des cho- ses établissant une solidarité passive entre les divers éléments constitutifs d'une in- dustrie, puisque les uns sont atteints et pré- judiciés par les erreurs et les fautes des autres, il y a lieu d'établir une solidarité active pour défendre et améliorer Ia position de tous et de chacun. Notre situation indus- trielle est devenue difficile et l'idée première des groupements en associations syndicales, est née de la constatation de cet état de cho- ses. La première manifestation de cette idée a été le concours industriel de Bienne, dont le programme était : « L'organisation horlo-
logère. » En suite de ce concours, la société Intercantonale délégua à St-GaIl son secré- taire pour étudier l'organisation syndicale des brodeurs de la Suisse orientale et du Vorarlberg. Une adaptation de cette organi- sation à l'horlogerie suisse parut possible et un projet de statuts, analogue aux statuts des brodeurs fut présenté à une assemblée générale des sections de l'Intercantonale, mais ne fut pas accepté par elle tel qu'il avait été élaboré. Des modifications furent faites à ces statuts généraux, et ceux-ci ré- gissent encore actuellement la Fédération horlogere.
La Fédération horlogere a été accueillie sans grand enthousiasme dans notre ménage industriel, elle n'eut jamais en fait les moyens de réaliser son programme, les ressources financières lui ont manqué de tous temps et elle a dû vivre et travailler dans des condi- tions imparfaites et peu propices à obtenir des résultats.
Une notion parait pourtant être acquise aujourd'hui d'une manière générale, c'est que, dans notre industrie, c'est avant tout aux patrons qu'il incombe de se grouper pour défendre la situation et les intérêts de l'industrie horlogere et, qu'en ce faisant, ils sauvegardent par cela même, les salaires et la position de leurs ouvriers. ^
Le caractère de cette formation tend aussi à changer : Les lenteurs de l'organisation libre, l'action paralysée dans les syndicats libres actuellement formés, tant du côté pa- tronal que du côté ouvrier, par les ouvriers et les patrons qui profitent de leur liberté individuelle pour rester en dehors du lien du syndicat et en entraver les effets, ont conduit à la notion des syndicats légalement obli- gatoire.
Ceci dit M. Comtesse donne la parole à M. le conseiller d'Etat Cornaz pour exposer le but spécial de la convocation qui est d'ob- tenir les renseignements les plus précis pos- sibles sur le mode d'organisation des syndi- dicats obligatoires, et les compétences qu'on entend leur donner.
M. Cornaz expose le mécanisme des préli- minaires pouvant conduire à obtenir un arrêté fédéral, autorisant les cantons à instituer, pour les besoins de certains industries, des syndicats obligatoires.
Il faut renseigner le Conseil fédéral sur la portée de la motion déposée, ceci afin de
228 LA FEDERATION HORLC3ERE SUISSE
résoudre la question de droit, puis, celte question acquise, on entrera dans la période d'organisation.
Les sociétés ouvrières, qui ont été réunies en assemblée préparatoire présentent par l'intermédiaire de M. J.-A. Robert, président du Syndicat des remonteurs, la résolution suivante :
« Considérant que les intérêts et la prospé- rité de l'industrie horlogère sont menacés par les actes d'une catégorie d'industriels patrons et ouvriers, actes contre lesquels les syndicats professionnels libres ne peuvent réagir efficacement; et que ceux qui les com- mettent abusent de la liberté de commerce et d'industrie et portent par là, préjudice au pays entier. Vu ces considérations :
L'assemblée de ce jour composée de délé- gués d'associations syndicales patronales et ouvrières, a l'avantage de soumettre aux hautes autorités fédérales la proposition sui- vante en complément de la motion déposée le 11 avril dernier sur le bureau du Conseil des Etats par M. le député Cornaz et consorts, députés des cantons horlogers.
Le Conseil fédéral est invité à examiner l'introduction dans la législation fédérale de dispositions additionnelles autorisant la Con- fédération a décréter des syndicats profes- sionnels obligatoires pour toutes les indus- tries dont les ouvriers et patrons en feraient la demande. Ces syndicats devraient avoir toutes les attributions de la personne juri- dique.
Permettez nous de vous faire remarquer qu'à notre point de vue, les articles 31 et 34 de la Constitution fédérale du 29 mai 1874 autorisent parfaitement la Confédération a prendre ces mesures.
Nous envisageons également que les Syn- dicats professionnels obligatoires n'entra- veront aucunement la liberté de commerce et d'industrie qui est garantie par la consti- tution fédérale et n'ont rien de contraire au Code fédéral des obligations puisqu'ils proté- geront les ouvriers contraints d'accepter des engagements envers leurs patrons ; engage- ments dont les articles 26 et 27 de ce Code traitent et qu'ils déclarent nuls si la partie qui est contrainte de les accepter ose les refuser. »
M Cornaz objecte, quant à la forme qui serait donnée à la motion si l'on admettait la résolution des sociétés ouvrières,que cette forme conduirait à l'échec de la motion qui serait déclarée incompatible avec les prin- cipes du droit fédéral, dès qu'elle contre- viendrait aux prescriptions de l'art. 31 de la constitution fédérale et ne saurait être mise au bénéfice de l'exception introduite par l'art. 34.
La motion, pour réussir, doit être déve- loppée dans le sens d'une extension de l'ex- ception prévue par la loi sur les fabriques;
mais avant tout, il faut connaître exacte- ment la portée de l'organisation qu'on veut créer et les compétences demandées poul- ies syndicats.
M. Eug. Lenz présente un travail qui con- clut au principe de conventions qui s'établi- ront entre membres patrons et ouvriers dans la même profession, de tarifs élaborés par l'accord entre ceux qui donnent le travail et ceux qui ont à l'exécuter : ces tarifs et en général ces conventions, étant soumises à la sanction d'une commission supérieure, or- gane régulateur et pondérateur, formée par
>/3 de membres patrons, de membres ouvriers et de représentants de l'Etat.
S'agissant des principes des syndicats obli- gatoires, M. Lenz fait remarquerque l'essence d'un syndicat étant de contenir dans son sein toutes les personnes appartenant à la même profession, tout syndicat qui veut exercer
une action utile et répondre à son but est obligé de prendre les mesures cœrcitives et attentatoires à la liberté individuelle. Il faut donc constater que, dans les syndicats, la liberté du travail ne peut exister et cela par plus dans les syndicats appelés libres que dans les syndicats obligatoires. L'obligation légale de faire partie d'un syndicat s'impose, à moins de modifier la teneur de la loi garan- tissant la liberté de travail et d'industrie, ou d'interdire les syndicats comme contrevenant à des garanties essentielles de la constitution fédérale.
M. H. Etienne, inspecteur fédéral des fa- briques est favorable à l'organisation des syn- dicats ; mais le caractère d'obligation qu'on voudrait leur donner soulève de grandes dif- ficultés. On a pu, concernant le loi sur la responsabilité civile des labricants, qui est une loi humanitaire, procéder par une ex- tension de la loi sur les fabriques ; mais si l'on veut une loi de police financière, il faudrait reviser la constitution fédérale. Les attribu- tions que l'on voudrait donner aux syndicats obligatoires, notamment en ce qui concerne la fixation detarifsminimade main d'ceuvre pour- raient faire courir un danger à notre industrie.
Il ne méconnaît pas l'importance de la question et reconnaît qu'il y a un puissant mouvement d'opinon en faveur des syndicats obligatoires ; mais l'expérimentation que nous pourrions faire dans ce domaine absolument neuf est périlleuse ; il craint que nous n'allions trop vite en besogne.
M. Comtesse passe en revue les associa- tions qui existent dans d'autres pays. En An- gleterre les ouvriers sont groupés dans les trades-union, qui comprennent des centaines de mille membres ayant à leur disposition des capitaux considérables ; les ouvriers anglais, chez lesquels le sentiment de la solidarité est développé, ne demandent pas le secours de l'Etat. En France, la loi apporte encore cer- taines entraves à la liberté d'association. Le courant est en faveur des organisations syn- dicales, mais le mot d'ordre des ouvriers pa- rait être ni obligation ni obstacles.
En Autriche-Hongrie, les syndicats obliga- toires onf été votés parle parlement en 1883.
Tous les patrons de tous les métiers doivent en faire partie sous peine d'encourir l'amende ou la prison. Il existe des commissions mix- tes qui fixent des salaires et desprix de vente.
En Allemagne, il existe des associations sanc- tionnées par la loi et desquelles les ouvriers sont tenus de faire partie.
M. Calame-Colin, au nom de la société des fabricants d'horlogerie de la Chaux-de-Fonds reconnaît que c'est seulen ent par l'applica- tion du principe de la solidarité, que nous arriverons à relever les salaires des ouvriers elles bénéfices des patrons. La société qu'il représente se préoccupe depuis longtemps des vreux émis par les ouvriers concernant les syndicats ; elle est d'accord pour que l'on fasse une étude sérieuse et sympathique de la question des syndicats obligatoires, en s'ins- pirant de nos véritables intérêts et en ayant l'œil ouvert sur la concurrence étrangère, pour laquelle nous pourrions travailler incons- ciemment, si nous n'agissons pas avec la plus grande prudence. Il est d'accord pour que l'on se mette immédiatement à l'étude, dans un esprit d'entente et de conciliation.
.)/. le docteur Coullery dit que l'on étudie depuis trois ans cette question ; les ouvriers savent ce qu'ils veulent et si les fabricants de la Chaux-de-Fonds en sont encore à se demander ce qu'il faut entendre par les syn- dicats, c'est qu'ils ont négligé de s'occuper de cette question importante. La période d'étude est finie et il taut entrer résolument dans la voie ouverte par les motionnaires
pour vaincre, grâce à l'obligation, les résis- tances que l'on a rencontrées de la part des dissidents, dans les syndicats libres.
M. Fritz Huguenin, au nom de la Société des fabricants d'horlogerie et chefs d'atelier de Bienne et de la Commission du syndicat des fabricants d'horlogerie, dépose le motion suivante :
Les délégués des associations .patronales et ouvrières de l'industrie horlogère, réunis à Neuchâtel, le 31 mai 1S89,
considérant :
1° qu'il est urgent de prendre des mesures d'ensemble pour ramener l'industrie et le commerce de l'horlogerie à des conditions d'exploitation plus normales, dans l'intérêt des patrons et des ouvriers ;
2° que ces mesures ne peuvent être prises que par l'organisation syndicale des diverses branches de l'horlogerie ;
3° qu'une organisation syndicale ne peut déployer tous ses effets et jouer un rôle utile, que si tous les intéressés en font partie.
4° que les syndicats libres, formés dans les trois dernières années n'ont pas réussi à grou- per tous les intéressés, et qu'il est resté, en dehors d'eux, des minorités assez fortes pour les empêcher de remplir le but pour lequel ils sont créés ;
5° que, dans ces conditions, l'obligation imposée aux intéressés, de faire partie des syndicats horlogers, s'impose comme le seul moyen de constituer l'organisation syndicale de l'industrie horlogère
décident
qu'ils appuient la motion présentée au conseil des Etat par M. Ie conseiller aux Etats Cornaz et cosignataires, tendant à ce qu'il soit ajouté à la loi fédérale sur le travail dans les fabri- ques, un article additionnel, autorisant les cantons à instituer, pour les besoins de cer- taines industries, les syndicats professionnels obligatoires.
En ce qui concerne l'organisation des syn- dicats obligatoires, leur compétence etlerùle qu'ils seront appelés à jouer dans notre orga- nisation horlogère, les délégués ratifient les réponses donnés aux questions posées par M. le conseiller d'Etat Cornaz, à l'assemblée du 14 mai, de la Chaux-de-Fonds.
M. Dubit-Glntz rappelle ce qui se fait dans les Gewerbe-Verein de la Suisse allemande, qui sont des institutions analogues à celles que nous travaillons à créer pour l'industrie horlogère, et qui ont donné de très bons ré- sultats. Il se rallie à la motion des fabricants biennois, comme moyen d'intraduire la ques tion sur la terrain fédéral.
M. F. Schlatter, délégué de la Société suisse des patrons monteurs de boites et du syndicat des patrons monteurs de boites ar- gent, se prononce en faveur d'une organi- sation syndicale de l'industrie horlogère. La preuve est faite que les syndicats libres ne peuvent se former complètement, il faut donc marcher résolument dans la voie de l'obliga- tion. Nous devons chercher des alliés dans les associations de la Suisse allemande, qui travailleront avec nous sur le terrain fédéral.
M. H. Benoit, délégué du syndicat des pa- trons monteurs de boîtes or et de l'associa- tion des patrons monteurs de boites or de la Chaux-de-Fonds, se prononce aussi en faveur des syndicats obligatoires et de la motion Cornaz.
Jl/. E. Humbert-Droz lit un long travail écrit, qui ne se rapporte qu'indirectement à la question pour laquelle l'assemblée a été spécialement convoquée.
LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE 221)'
Aucune votation n'intervient.
En ce qui concerne l'organisation et les compétences des syndicats obligatoires, les résolutions de l'assemblée du 14 mai, à la Chaux-de-Fonds, sont ratifiées.
Si l'on s'en tient aux opinions exprimées pas les délégués, t o u t e s l e s a s s o c i a t i o n s l i a t r o n a l e s d o n t l e s d é l é g u é s o n t p r i s Ια μη r ô l e , s e p r o n o n c e n t e n f a v e u r d e l ' i n s t i t u t i o n d e s s y n d i c a t » p r o f e s - s i o n n e l s h o r l o g e r s o b l i g a t o i r e s .
Fait exception la société des fabricants d'horlogerie de la Ghaux-de-Fonds, qui de- mande, avant de se prononcer, une étude sérieuse et sympathique de la question.
La chambre de commerce de Genève de- mande que la question soit discutée dans des assemblées spéciales, auxquelles elle convie
les promoteurs des syndicats obligatoires.
T o u t e s IfS a s s o c i a t i o n s o u v r i è r e s s e iM'oitocicent c o l l e c t i v e m e n t e n fa- v e u r d e l O l i l i : ; a t i o u .
Cliaux-de FondselBienne; le 1e r juin 1889.
Les' secrétaires de L'assemblée, James PERRENOUD. Fritz HUGUENIN.
Questions posées par M. Icconseiller d'Etat Cornrt:, à Vassemblée du 14 mai, à la Chaux- de-Fonds :
1" Comment comprenez-vousl'organisation des syndicats professionnels obligatoires et y a-l-il lieu d'établir entre eux et les tribu- naux de prud'hommes une certaine corré- lation '?
2° Quelle compétence entendez-vous leur donner'?
3° En quoi les syndicats obligatoires diffé- rent-ils des maîtrises et jurandes, qu'on ne veut pas rétablir ?
4° Une fois la question acquise sur le ter- rain fédéral, ne pensez-vous pas que l'orga- nisation doive être faite d'une manière géné- rale, dans tout le Jura horloger'?
Réponses :
lr e QUESTION. —L'organisation doit se faire sur la base de conventions :
A. Entre ouvriers et patrons d'une même branche de l'horlogerie, groupés en syndi- cats distincts.
B. Entre les syndicats des branches dis- tinctives de l'horlogerie.
2me QUESTION. — Ces conventions por- teraient essentiellement sur les points sui- vants :
/. Au point de vue industriel :
Apprentissages. — Mode de travail. — Tarification des salaires par l'établissement de tarifs minima. — Mode de payement des salaires.— Rapports entre patrons et ouvriers.
II. Au point de vue commercial :
Renseignements. — Question du crédit. — Maintien de la suprématie de l'horlogerie suisse sur les marchés étrangers. — Sur- veillance des transactions commerciales.
Il a été reconnu que les deux premières questions sont absolument connexes, et que, pour, assurer l'organisation des syndicats de même que pour déterminer leurs compétences et juger des conflits qui pourraient s'élever entre syndicats, il y aura lieu de constituer une commission supérieure, formée de repré- sentants de tous les syndicats patronaux et ouvriers. Cette commission, dans toutes les
décisions qu'elle sera appelée à prendre et spécialement en ce qui concerne les tarifs élaborés par les syndicats — lesquels tarifs seront soumis à sa sanction —, s'inspirera toujours des intérêts généraux et primordiaux de l'industrie hoiiogère.
En ce qui concerne le lien à établir entre les syndicats professionnels et les tribunaux de prud'hommes, ceux-ci constitueront le moyen de procuper l'appui de l'autorité et de donner la sanction légale aux décisions de la commission supérieure des syndicats
3m c QUESTION. — Les anciennes jurandes et maîtrises étaient des corporations fermées, les syndicats professionnels sont non seule- ment ouve ts à tous, mais encore obligatoires pour tous.
4mc QUESTION. — L'organisation ne peut être que générale, une organisation particu- lariste présenterait les mêmes inconvénients que les syndicats libres qui laissent en dehors d'eux des minorités toujours disposées à abuser de leur liberté d'action.
NOUVELLES DIVERSES
B u r e a u d e c o n t r ô l e . — Pendant le mois de mai il a été contrôlé au bureau de la Chaux-de-Fonds :
Boîtes d'or Boîtes d'argent Anneaux, et bijouterie
29,993 3,905 2,624 Total du mois 36,522
Le rédacteur responsable: Fritz HUGUENIN.
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