MERCREDI 10 MARS 2021 - 26 RADJAB 1442 - N°9277 PRIX 30 DA - FAX : RÉDACTION : 021 67 06 76 - PUBLICITÉ : 021 67 06 75 - TÉL : 021 67 06 51 - 021 67 06 58
Photo : DR
Edition du Centr e - ISSN IIII - 0074
l COVID-19
l LE PREMIER SEMESTRE S’ACHÈVE SUR UNE FAUSSE NOTE
l MÉMOIRE
BILLET (PAS) DOUX
Ces obscures salles du vieux rêve...
Avec les départements dédiés à la transformation numérique, c'était la plus grande innovation. Nous rêvions... Nous rêvions à la réfection des anciennes salles de cinéma, à la construction de nouveaux complexes multisalles avec équipements numériques de la dernière génération, comme en... Arabie Saoudite ! Nous rêvions à la réalisation de grands studios de cinéma dans la région Biskra- Bou Saâda, pour attirer les
superproductions ! Nous rêvions et la désignation d'un ministre délégué au développement cinématographique donnait des ailes à nos rêves.
Basta, nous dit la vieille censure
algérienne des rêves culturels. C'est fini ! On rentre dans les rangs. Le cinéma ne mérite pas un département ministériel à
lui seul ! M. F.
PAGE 5
LES RÉSULTATS SCOLAIRES EN
NET RECUL
Macron déclassifie les archives sur la guerre d’Algérie
l MARCHÉ DE L’AUTOMOBILE D’OCCASION
PAGE 15
l Le groupe pharmaceutique public Saidal assurera exclusivement, sur son site de
Constantine, la production du vaccin anti-Covid-19 en partenariat avec le Fonds d'investissement direct russe (RDIF) qui exploite
la commercialisation de Spoutnik V développé par l'Institut de recherche d'épidémiologie et de
microbiologie (Gamaleya). Le conditionnement et le flaconnage des futures doses du vaccin
Spoutnik V se feront par l’unité Saidal de Constantine.
Les lobbys imposent leur diktat
lEn lieu et place d’un véhicule flambant neufcomme desiderata, le citoyen algérien est désormais contraint de se tourner vers le marché
de l’occasion avec sa grille tarifaire qui donne le tournis. Elle n’obéit, à l’évidence, à aucune règle
commerciale, d’éthique ou de bon sens.
l RÉCUPÉRATION DES BIENS MAL ACQUIS À L’ÉTRANGER
PAGE 5
Ce qui bloque le processus
lL’Algérie se heurte visiblement à d’importantes difficultés pour la récupération des biens
issus de la corruption se trouvant à
l’étranger.
PAGE 3
Tout sur
la production de Spoutnik V
en Algérie
P P
Le dessin de Karim
Mercredi 10 mars 2021 - Page 2
Les enseignantes de la Faculté des sciences de l’information et de la communication de l’université Alger 3 ont décidé de quitter la cérémonie organisée par leur faculté à l’occasion du 8 Mars.
Et pour cause, ces enseignantes ont été surprises de voir la doyenne y honorer des…
journalistes de l’ENTV, alors que beaucoup d’anciennes cadres, et même des retraitées de cette prestigieuse faculté n’ont pas eu droit à ce genre d’égards.
ERISCOOP ERISCOOP
Résultat sondage
Pensez-vous qu’il faut durcir davatange les peines sanctionnant les violences faites aux femmes ?
80,52%Oui Non
13,55% Sans opinion
5,82%
Pensez-vous que la décision de Macron portant déclassification des archives liées à la guerre d’Algérie va détendre l’atmosphère entre
les deux pays ?
NON Sans opinion
OUI
Un jour, un sondage
Enseignantes déçues
S O I T D I T E N PA S S A N T S O I T D I T E N PA S S A N T
Par Malika Boussouf [email protected]
Quand j’écoute Amel Hadjadj !
O
ui ! Quand je l’écoute parler, je me sens mieux ! Elle me fait du bien lors- qu’elle décrit, dans le détail, la condition des femmes et les raisons pour lesquelles celles qui dénoncent les discri- minations dont elles sont victimes, au quotidien et à tous les niveaux, ne négligent aucune oppor- tunité pour énumérer les droits bafoués. Pour interpeller le législateur sur le mauvais sort que leur fait le code de l’infa- mie. Quand j’écoute ces paroles de femmes qui pansent quelques-unes de mes blessures, j’ai le sentiment de nourrir mes raisons d’espérer en leur donnant le contenu qu’elles méritent.Comment ne pas se réjouir de l’engagement, forgé aux convictions, de toutes les femmes qui, en association ou de manière individuelle, ne désespèrent pas de rétablir leurs congé- nères dans leurs droits
et de contraindre le pouvoir législatif à revoir sa copie ? À reconnaître qu’il n’est nul besoin de jouer sur les inégalités hommes/femmes pour renforcer les alliances conclues avec le conservatisme ambiant.
Je parle, bien entendu, de celles qui consa- crent un temps pré- cieux à conscientiser les victimes d’abus et de violences en tous genres et qui pensent, à tort, que c’est leur condition même de femmes qui leur impose de subir sans se plaindre.
De garder le silence sur leurs blessures. Elles sont devenues ces sans- voix auxquelles les hommes de leur entoura- ge et l’indifférence du voisinage ont enseigné de se taire.
Voilà pourquoi on ne les aime pas, ces femmes ennemies, adversaires de l’ordre social, qui osent remettre
en cause la suprématie masculine ! Celle qui gère, d’autorité, la morale sociale et ne tolère pas d’être contredite par un genre qui refuse la sou- mission. Comment les femmes, conscientes des injustices avec les- quelles on les contraint de composer, pourraient- elles, un jour, pardonner à ce système ? À une autorité qui, en se sou- ciant de ses seuls inté- rêts, a abandonné ceux des femmes et livré la gestion de leur statut à un intégrisme allié qui allait creuser une tombe à leurs rêves.
En écoutant Amel Hadjadj, dans «LSA Direct», au micro de mon collègue Tarek Hafid, je ne doute plus que la relè- ve soit assurée et la reconquête inévitable.
M. B.
DIGOUTAGE
Par Arris Touffan Par Arris Touffan
Lula, l’ancien Président progressiste brésilien, a connu les affres de la justice trafiquée. Il a été condamné à plusieurs reprises pour «corruption» et a passé 580 jours en prison entre 2018 et 2019. Les procès qui lui étaient faits ont toujours senti le règlement de comptes politique. On savait que c’était pour l’empêcher de revenir, la justice l’ayant déchu de ses droits politiques.
Le leader historique de la gauche brésilienne a toujours crié au complot poli- tique. Un juge du Tribunal suprême fédéral vient de lui donner raison en annulant toutes ses condamnations et en le rétablissant dans ses droits politiques. Il peut être candidat à l’élection présidentielle de 2022 pour dégager Bolsonaro qui a mené son grand pays à la faillite.
A. T.
Le retour de Lula
Calendrier arrêté
Le calendrier électoral pour le renouvellement des membres du Conseil de l'Ordre des médecins est enfin arrêté. Le processus qui démarre en mars ne prendra fin qu'en août prochain, et sera couronné par l'élection de la section ordinale nationale. Auparavant, c'est au niveau régional que les élections se passeront, donnant lieu au renouvellement de la moitié
des membres des conseils régionaux.
Publicité
ÉMISSION ANIMÉE PAR TAREK
HAFID
Reçoit, ce jeudi 11 mars 2021, Chakib Belleili, président d'Air Express Algeria, ancien P-dg d'Air Algérie et expert en aviation civile.
EN DIRECT À 9H30 sur notre page Facebook
Le Soir d’Algérie
Le Soir d’Algérie
Mercredi 10 mars 2021 - PAGE
3
Actualité
Il fut un temps où les islamistes, les terroristes plus parti- culièrement, avaient trouvé, sans les cher- cher, des partenaires
pour sous-traiter leurs entreprises les plus encombrantes. Non seulement ils n’avaient jamais rien demandé à personne mais il leur arrivait même d’être embarrassés par des
« sympathies » qui, tellement en faisaient trop dans leur disculpa- tion, en arrivaient à faire douter sur des actions qu’ils… revendi- quaient à cor et à cri. À moins que ce ne soit juste une histoire de conjoncture qui s’apparente à une traversée du désert en matière de troupes et de logistique qui les laisse faire, les islamistes sem- blent avoir retenu la leçon depuis.
Alors, ils se laissent volontiers « aider », surtout que, manifeste- ment, il ne manqueront jamais de cadeaux… du ciel ! Mieux — c’est- à dire pire — c’est au moment où ils éprouvent les plus grosses dif- ficultés à réinvestir la scène poli- tique pour des raisons objectives et subjectives, exogène et endogè- ne qu’ils se rendent compte qu’ils… n’en ont finalement pas besoin ; ils n’ont plus rien à faire ! La conjoncture internationale et les mutations sociologiques dans le pays ne leur permettent plus de revendiquer publiquement leurs crimes. Ça ne peut pas mieux tom- ber, il faut les faire endosser à l’ar- mée qui n’a pas bonne cote en ce moment, du moins c’est ainsi sup- posé. Chez leurs anciens « avo- cats les moins enflammés, il s’agissait en l’occurrence de graves dépassements de l’armée dans la guerre faite au terrorisme, chez ceux qui ont repris le flam- beau », c’est l’entièreté de l’hor- rible et sinistre bilan de la décen- nie noire qu’il faut faire endosser aux forces de sécurité ! Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, l’appétit venant en mangeant, n’est-ce pas, il faut dans la foulée accabler l’ensemble des patriotes républicains qui ont résisté au ter- rorisme, ceux qui l’ont payé de leur vie compris ! La totale. Plus grave, c’est souvent sur les sen- tiers de la Révolution où dans ses périphéries médiatiques qu’on entend ça. Pour autant, la trajec- toire empruntée par le mouvement populaire est-elle si inquiétante ? Cela dépendra de ce qu’on tirera comme enseignements des der- niers indices qui laissent de moins en moins de place au doute. Pour l’instant, on a entendu des
attaques contre l’institution militai- re plutôt que contre ses officiers ripoux. Le mot d’ordre islamiste est la « règle » alors que « Algérie Libre et démocratique » devient…
source de division. Les femmes agressées le 8 mars, c’est une manipulation. Zitout est un oppo- sant et Saïd Sadi un homme du système. Et quand vous dites tout ça, vous savez d’emblée à qui vous aurez affaire. Plus que la totale, c’est qui, déjà ?
S. L.
Constances
Slimane Laouari [email protected]
L’Algérie a besoin de 40 mil- lions de doses de vaccin anti- Covid-19 pour atteindre les 70%
de la population, seuil indispen- sable à l’immunité collective voulue. En ces temps de crise mondiale, aucun laboratoire ne pourra assurer la fabrication des énormes quantités demandées, d’où le recours à la production locale sous licence.
Dans une première étape, le vaccin sera conditionné en Algérie selon les déclarations du directeur général de l’agence sanitaire, le PrKamel Senhadji, qui avait indiqué qu’«il est pos- sible dans une première phase d’acquérir le vaccin en vrac auprès du partenaire russe pour le mettre en flacons afin de cou- vrir les besoins du marché natio- nal».
Les autorités sanitaires qui font de la production du vaccin russe une priorité ont estimé que la production sera entamée dans un délai de deux mois, soit vers la fin du mois de mai 2021, selon le procédé suivant : la pro- duction locale à partir de la
matière première devant être fournie par la partie russe, ensuite la production de la matière première en Algérie, puis la production locale de ce vaccin dans sa totalité. Le ministre de l’Industrie pharma- ceutique Lotfi Benbahmed avait noté que «la production de la matière première grâce à la technique biotechnologie sera une première en Algérie et dans le continent africain».
Quant aux quantités de vac- cin à produire localement, aucun chiffre n’a été avancé pour le moment par les responsables sanitaires. Ils préfèrent à chaque fois préciser que «l'ob- jectif est de produire des quanti- tés suffisantes pour couvrir la demande nationale». Mais, par- tant des capacités de l’unité de Constantine, l’on pourra, d’ores et déjà, prétendre à pas moins de 5 millions d’unités dans une première étape, avant d’arriver au double une fois que le pro- cessus sera achevé et, dans une seconde phase, à une pro- duction selon la demande.
Il s’agit de la production du
vaccin dans ses 4 étapes de réalisation, le full processus, c’est-à-dire le procédé complet de A à Z qui nécessite des équi- pements spéciaux, une techno- logie particulière et une forma- tion spécifique pour le personnel de Saidal qui durera quelques mois.
Il est à préciser que le ministre de l’Industrie pharma- ceutique, Lotfi Benbahmed, avait détaillé déjà le processus de fabrication du vaccin russe.
Selon lui, il y a deux manières pour fabriquer le vaccin : la pre- mière, en amont, «est celle où on part de la lignée cellulaire, c’est de la réelle biotechnologie, c’est-à-dire qu’on va produire la matière première». La seconde est «celle où on reçoit la matière première. Il y a un système de filtration de dilution et de réparti- tion aseptique. C’est complexe, mais cela est déjà maîtrisé par plusieurs opérateurs privés et aussi par Saidal depuis une trentaine d’années». Cette der- nière option dépendra de la dis- ponibilité de la matière premiè- re.
Cependant, le choix du site de Saidal de Constantine a été validé, ainsi que le processus (espaces, équipements, fourni- ture de cuves, flacons, maté- riels…) Il reste la validation de l’assurance qualité du condition- nement qui devra se faire inces- samment en présence d’experts russes et de représentants du département de Lotfi Benbahmed.
Le site constantinois a été choisi également en raison de son expérience puisqu’il était destiné à fabriquer le vaccin contre l’hépatite B développé par le groupe cubain Heber Biotic. Un accord de partenariat a été signé en 2009 entre les deux parties et prévoyait, dans une première phase, un trans- fert de technologie, puis, dans une seconde phase, la construc- tion d’une usine mixte pour la fabrication de vaccins, d’une capacité de 5 millions de doses la première année.
En plus, « l’unité de Constantine possède les équi- pements nécessaires comme les espaces de stockage et de lyophilisation », selon les experts, donc la mise en place du processus sera facile, surtout que le partenaire russe procéde- ra au transfert de technologie et prendra en charge la formation des cadres algériens de Saidal en Russie en matière de formu- lation du vaccin, sa répartition, les analyses biologiques et les méthodes de contrôle et d’assu- rance qualité.
Selon des sources proches du dossier, une assistance tech- nique sur le site de Saidal sera garantie par des experts russes dans le processus de formula- tion et de répartition, ainsi que les méthodes de contrôle quali- té.
Ilhem Tir
COVID-19
Tout sur la production de Spoutnik V en Algérie
Le groupe pharmaceu- tique public Saidal assure- ra exclusivement, sur son site de Constantine, la pro- duction du vaccin anti- Covid-19 en partenariat avec le Fonds d'investisse- ment direct russe (RDIF) qui exploite la commerciali- sation de Spoutnik V déve- loppé par l'Institut de recherche d'épidémiologie et de microbiologie (Gamaleya). Le condition- nement et le flaconnage des futures doses du vac- cin Spoutnik V se feront par l’unité Saidal de Constantine.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Plus de doses de vac- cins anti-Covid-19 à distribuer, à l’exception d’un lot provenant de Chine. L’Algérie a consommé les doses acquises graduellement depuis janvier dernier. Le rythme de croisière souhaité par de nombreux acteurs du secteur de la santé est loin d’être atteint.
L’objectif de vacciner au moins 60% de la population risque de prendre plus de temps que prévu. Et pour cause, la vac- cination est dépendante d’un fac- teur totalement exogène, à savoir le rythme auquel l’Algérie reçoit les doses de vaccins com- mandées auprès de plusieurs laboratoires.
Le plus gros arrivage n’est prévu que pour le mois de juin. Il s’agira de la réception de 2,2 mil- lions de doses du vaccin AstraZeneca, dans le cadre du mécanisme Covax auquel l’Algérie avait souscrit pour aug- menter ses chances de se tailler une part de vaccins, au moment où la course pour son acquisition battait son plein. D’emblée, les autorités sanitaires affirmaient n’écarter aucune piste et ne « blacklister » aucun des vaccins, même pas ceux ayant suscité le plus de polémiques. C’est le cas du vaccin AstraZeneca qui aura, à lui seul, suscité plus de polé- miques que l’ensemble des autres vaccins réunis.
Son efficacité puis son inno- cuité ont fait l’objet de grands débats, forçant le laboratoire à se justifier plus d’une fois et à défendre le vaccin mis au point.
Avec l’apparition de nouveaux variants, la polémique n’a fait qu’enfler, encouragée par la décision de l’Afrique du Sud de suspendre tout simplement la vaccination avec ce vaccin. Les autorités sud-africaines ont moti- vé cette décision par la conclu- sion à laquelle sont arrivées cer- taines études, faisant état de l’in- efficacité de ce vaccin contre le variant sud-africain.
En France, les autorités sani- taires ont également été long- temps frileuses au sujet de l’AstraZeneca en raison d’effets secondaires avérés ou suppo- sés. L’Algérie est restée en retrait de ce débat, avec un discours constant sur les critères ayant mené les membres du comité scientifique à choisir les vaccins.
Le ministère de la Santé s’est fixé comme objectif de vacciner au moins 16 millions d’Algériens,
sans arrêter de date pour la fin de la campagne.
Cette dernière sera longue, et peut durer jusqu’à une année, selon plusieurs estimations.
Jusque-là, près de 16 000 per- sonnes désireuses de se faire vacciner se sont manifestées, en s’inscrivant sur la plateforme numérique mise en place par le ministère de la Santé.
11 684 parmi elles sont âgées de 50 ans et plus, soit 73%, et 8 613 ont des maladies chro- niques. Elles pourront se faire vacciner en fonction de la récep- tion des doses, après avoir été convoquées par ordre de priorité.
Les personnes qui s’étaient inscrites au niveau des struc- tures publiques de santé avant le lancement de la plateforme numérique seront, quant à elles, insérées sur la liste de la plate- forme numérique et seront, elles aussi, convoquées par SMS ou contactées au téléphone, dès que les doses de vaccins seront disponibles.
N. I.
VACCINATION CONTRE LE COVID-19
La cadence tributaire de la réception de nouvelles doses
Les islamistes se reposent, on travaille pour eux
Les premières quantités de vaccins anti-Covid-19 réceptionnées par l’Algérie sont quasiment épuisées. La cadence de la vaccination s’en trouve en toute logique ralentie en attendant la réception des commandes pas- sées auprès des différents laboratoires. Celle entrant dans le cadre du mécanisme Covax ne sera livrée qu’au mois de juin. Il s’agira de 2,2 millions de doses d’AstraZeneca, le vaccin qui aura suscité le plus de polé- miques dans de nombreux pays.
Photo : DR
La production du vaccin sera entamée dans 2 mois.
d’Algérie
Mercredi 10 mars 2021 - PAGE
4
Actualité
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Le premier semestre s’achève.
L’heure est à l’évaluation des résul- tats pour les élèves des trois paliers. Les premières estimations font état d’un net recul du niveau des élèves. Une grande majorité d’entre eux n’ont réussi à obtenir que des moyennes oscillant entre 9 et 11. Une situation qui n’étonne pas les pédagogues au regard des conditions dans lesquelles l’année scolaire avait démarré.
La situation sanitaire a, en effet, imposé de nouveaux schémas, avec un volume horaire divisé par deux, pour pouvoir respecter le pro- tocole sanitaire qui exige que les élèves ne soient pas plus de 20 dans une classe. Les enseignants se sont retrouvés pourtant face au
même programme à terminer, en disposant de moins de temps.
À cela s’ajoute une proportion d’élèves ayant accédé à des paliers supérieurs avec des moyennes de 9 sur 20, une disposition particulière prise en raison de la pandémie, mais qui n’aura pas été sans consé- quences sur leurs capacités à suivre.
Interrogé à ce sujet, Meziane Meriane, le coordonnateur national du Snapest, explique qu’il avait évo- qué la question lors de sa récente rencontre avec le ministre de l’Éducation nationale, affirmant que
« les résultats sont très mitigés : il y a des élèves qui ont eu de bonnes notes mais pour la majorité, c’est entre 9 et 11. Il y a des exceptions, mais ce n’est pas très appréciable».
Comment explique-t-il cela ? « Ce qui peut expliquer cela, c’est la cou- pure de huit mois avec une inactivi- té pédagogique qui a laissé des séquelles.
Les enfants ont perdu les méca- nismes d’apprentissage et les mécanismes de travail. Il a fallu du temps pour qu’ils retrouvent les réflexes et que la machine se remette en route. Il a fallu plus d’un mois pour récupérer les méca-
nismes .» Et d’enchaîner : « À cela s’ajoutent le climat général, la peur d’être contaminé qui a influé négati- vement sur le rendement des élèves .»
Pour Meziane Meriane, les conditions dans lesquelles ont été dispensés les cours ne sont pas étrangères aux résultats obtenus, affirmant que « les cours ont conti- nué à être dispensés de la même manière qu’avant, avec une course
contre la montre pour faire un maxi- mum de choses en peu de temps, ce qui ne peut que surmener les enfants. On n’a pas beaucoup avancé sur le programme. Le fait que les élèves aient travaillé en groupe, le volume horaire a été divi- sé par deux. On n’a pas beaucoup avancé. Il s’agit de corriger le tir pour le deuxième trimestre pour pouvoir avancer un peu plus dans le programme ».
Messaoud Boudiba, le porte- parole du Cnapeste, assure, quant à lui, que « pour le moment, pas d’estimations globales, mais des tendances puisque beaucoup d’éta- blissements n’ont pas encore tenu les conseils de classes. Mais on s'aperçoit déjà que les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qui était attendu. Beaucoup ont été surpris par les résultats. Il n’y a pas eu d’équilibre, et on constate un recul par rapport aux résultats des années précédentes. On avait dit d’avance qu’il fallait prendre en compte le côté psychologique, car la pression et la situation sanitaire n’ont pas été sans conséquences».
N. I.
LE PREMIER SEMESTRE S’ACHÈVE SUR UNE FAUSSE NOTE
Les résultats scolaires en net recul
La situation épidémiologique et les conditions dans lesquelles l’année scolaire a débuté n’auront pas été sans conséquences sur les résultats obtenus par les élèves.
Une grande majorité d’entre eux ont obtenu des résultats très moyens. Le niveau général est en recul. En cause, une «inactivité pédagogique » de huit mois, mais égale- ment une cadence imposée par des volumes horaires divi- sés par deux.
Foncier industriel non assaini, mauvais signaux que renvoie l’in- stabilité institutionnelle, exporta- tion hors hydrocarbures, la bureau- cratie et les lourdeurs administra- tives, système bancaire dépassé sont, entre autres, les thématiques sur lesquelles a été interrogé, hier, Mohamed Sami Agli, président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), qui a rendu le rapport annuel sur la sphère économique.
Ahmed Kessi- Alger (Le Soir) - Injecter des milliards aux entreprises publiques défaillantes à maintes reprises, pour qu’elles échouent une nouvelle fois n’est pas adéquat.
« Éponger le déficit des entreprises publiques défaillantes durant 20 ans, en puisant du Trésor public, n’est pas une solution », a indi- qué Mohamed Agli, président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), qui a animé une séance-débat à l’oc- casion du rapport annuel de la confédération.
«Il faut trouver la solution idoine pour chacune d’entre elles, entre autres le partenariat avec le privé. Il faut assister les comités de partici- pation de ces entreprises pour trouver les solutions appropriées. Dans tous les cas de figure, il faut éviter le statu quo », a-t-il précisé en notant au passage que la question de ces entreprises est directement liée au marché informel. D’ailleurs, « comment voulez-vous qu’une entreprise publique ne connaisse pas des difficultés dans un environnement écono- mique dominé par l’informel à 50% ? » s’inter- roge-t-il. Il a estimé, par ailleurs, qu’apporter des solutions aux entreprises en difficulté est
« une urgence vitale, voire une priorité de l’heure, étant donné qu’elles peuvent être génératrices de richesses et de devises. Sans toutefois négliger le volet des PME/PMI et l’économie numérique ».
Interrogé la relance du dossier de l’impor- tation de véhicules, qui est actuellement entouré de zones d’ombre, l’orateur a eu en guise d’éléments de réponse une série de questions, dont essentiellement : étant dans le besoin de construire des véhicules, a-t-on les capacités de le faire ? Et d’affirmer : « Pour certains pays, construire et exporter des véhi- cules relève d’une vision de 20, voire 30 ans .»
La question de l’heure, à ses yeux, est « la protection et la sauvegarde de l’économie nationale ». Comment récupérer le foncier
agricole qui est resté des années inexploité ? Saluant la décision prise par le gouvernement dans ce sens, le responsable de la CAPC s’est montré modéré et pragmatique. « La pandémie de Covid-19 a ouvert une parenthè- se qui laisse perplexe le législateur par la crise induite. Écouter, essayer de comprendre cas par cas le pourquoi du blocage nécessite un temps avant l’assainissement de la situation .»
Comment s’y prendre face aux objectifs escomptés (autosuffisance alimentaire, boos- ter les exportations hors hydrocarbures,…), l’obligation de résultat et la réalité du terrain qui fait perdre le nord au plus déterminant des opérateurs ; bureaucratie ambiante, blocages et lourdeurs administratifs, système bancaire dépassé, etc.
L’orateur a estimé que « la bonne volonté pour introduire des changements y est, certes, mais n’est pas suffisante. Il faut avoir une vision prioritaire pour l’exportation et une
méthode planifiée et assainie de toutes embûches ». Le fait que le constat ait été fait depuis de nombreuses années et que le rap- port qu’il présente n’apporte rien de nouveau,
« que doit-on faire ? Se taire, attendre ? On fait des propositions et on essaie d’apporter des solutions aux différentes problématiques qui entravent la relance de l’économie natio- nale », a-t-il rétorqué. Et d’enchaîner : « C’est la première fois, depuis l’indépendance, que le Président fait une réunion de travail avec la confédération. Symboliquement, cela prend tout son sens et traduit une volonté réelle, une vision économique claire. D’ailleurs, même certains responsables affichent les mêmes prédispositions au changement.
Abordant l’actuelle loi portant sur l’investis- sement qui, tranche-t-il, est « à renouveler », il estime que cela « recommande une stabilité et nécessite une vision à court, moyen et long terme ». Invité à donner son avis sur les mau-
vais signaux envoyés par l’instabilité des insti- tutions (à l’exportation, c’était un ministre délé- gué aujourd’hui c’est réduit à une direction au commerce extérieur. De même pour la pros- pective), Sami Agli a répliqué en disant : « Écoutez, on fait de notre mieux et on s’adapte.
Il faut plutôt poser la question aux politiques.
Ils sont à même habilités à répondre à la ques- tion .»
La CAPC a plaidé, dans le rapport rendu public hier, le long de la séance que son pré- sident a eue avec les représentants de la presse nationale, en faveur d’un nouveau modèle économique, à travers soixante-deux propositions, fruit d’un travail de plusieurs mois avec les chefs d’entreprises. Sami Agli a qualifié le plan en question de « plan de la der- nière chance ». Si ce plan échoue, dira-t-il, « plusieurs années seront compromises et ça sera le retour à la case départ ».
A. K.
Abdelhalim Benyelles - Alger (Le Soir) - Le bras de fer est monté d’un cran, hier, sur la ligne Ruisseau-Dergana et les tram- ways se retrouvent immobilisés, perturbant ainsi le programme des navettes. Les contrôleurs et les agents de sécurité témoignent qu’ils trouvent toutes les peines du monde à faire respecter l’ordre édicté par le protocole sanitaire à l’intérieur des rames de tramway.
Ces derniers temps, ceux-ci se limitent au contrôle du respect du port de masque puisque les usa- gers font fi de la distanciation phy- sique. « Au départ, la présence policière avait grandement contri-
bué à l’application des strictes mesures barrières », commente un chef de la sécurité de la Setram rencontré sur les quais de la sta- tion principale de Ruisseau. Mais la situation a vite changé, se lamente-t-il. Le même témoin explique que les policiers veillent au respect de la norme de remplis- sage des rames de tramway. Le tramway accueille en temps nor- mal 160 passagers, ce qui équi- vaut à sa capacité réelle, mais actuellement les rames « débor- dent » notamment aux heures de pointe pour accueillir jusqu’à 400 personnes, recueille-t-on auprès des agents de la société qui gère
le moyen populaire de transport public. Avec la reprise du service du tramway qui a coïncidé avec l’allègement des mesures de confinement en août dernier, un protocole sanitaire a été mis en place mais au fil du temps, un abandon quasi-total des mesures barrières est observé, laissant place à une anarchie puisque les usagers investissent en groupe les rames, rapporte-t-on.
Les contrôles se limitent au respect du port du masque. « Depuis hier, en application des dernières instructions de la direc- tion sur le port du masque obliga- toire, nous nous sommes confron- tés à une forte résistance des usa- gers », commente un agent.
Et de ce fait, l’immobilisation des rames s’imposait conformé- ment aux directives. Hier, les contrôleurs et agents ont subi les pires avanies. Des dépassements qui émanaient tant des récalci- trants que de la part des usagers irrités par les retards ont été remarqués. « Nous avons été vic- times d’agressions verbales »,
témoigne un préposé au guichet à Bordj-el-Kiffan.
Agacés par les retards exagé- rés en début de matinée en raison de l’immobilisation subite des trams, les plus pressés ont eu recours aux solutions de rechan- ge, à l’instar des taxis, bus ou taxis clandestins. Mais ce qui est obser- vé aussi, c’est que depuis ces der- niers mois, les bus sont à leur tour bondés de voyageurs.
Là, aucune règle de distancia- tion n’est prise au sérieux.
Questionné sur la situation, un chauffeur de bus de la ligne Tafoura-Aïn Taya s’attaque verte- ment aux passagers pour les accuser d’abandon quasi-total des mesures barrières puisqu’il consi- dère que la grande majorité juge inutile le port du masque, dit-il fer- mement.
Le virus est encore là, mais les habitudes ont vite changé, pour- suit le receveur de bus qui se dit incapable d’instaurer une discipli- ne sanitaire à l’intérieur du véhicu- le.
A. B.
LE CAPC DÉVOILE SON PROJET
Sami Agli : «C’est le plan de la dernière chance» !
TRAMWAY D’ALGER
Sérieuses perturbations hier
Le réseau de transport par tramway a été forte- ment perturbé hier à Alger. Et pour cause, les usa- gers ne veulent plus se conformer au port du masque conformément aux instructions de la Setram. La mesure barrière la plus élémentaire contre la propa- gation de la Covid-19 est bafouée depuis quelque temps, reconnaissent les agents qui se retrouvent confrontés à un bras de fer imposé par les plus récal- citrants, ceux pour qui la pandémie est déjà oubliée.
Les séquelles de l’inactivité pédagogique.
Photo : NewPress
Le Soir
d’Algérie Actualité
Mercredi 10 mars 2021 - PAGE5
MÉMOIRE
Macron déclassifie les archives sur la guerre d’Algérie
Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - C’est une autre décision qui va ouvrir certainement le débat sur des questions gardées secrètes depuis l’indépendance.
Le président de la République française, Emmanuel Macron, a décidé de faciliter l'accès, dès aujourd’hui, aux archives classi- fiées de plus de 50 ans, y compris celles relatives à la guerre de Libération nationale (1954-1962), comme le préconisait le rapport de l'historien Benjamin Stora.
«M. Macron a pris la décision de permettre aux services des archives de procéder dès demain (aujourd’hui mercredi) aux déclas- sifications des documents cou- verts par le secret de la Défense nationale (...) jusqu'aux dossiers de l'année 1970 incluse», a indi- qué l'Élysée dans un communi- qué, expliquant que «cette déci- sion sera de nature à écourter sensiblement les délais d'attente liés à la procédure de déclassifi- cation, s'agissant notamment des documents relatifs à la Guerre d’Algérie».
La décision de Macron qui intervient au lendemain de la
reconnaissance de l’assassinat d’Ali Boumendjel par la France coloniale «démontre que nous allons très vite», selon l’Élysée, relevant que sa portée dépasse le cadre de l'histoire de l'Algérie, et que le Président français a répon- du favorablement aux attentes de la communauté universitaire qui se plaignait notamment des «diffi- cultés d'accès aux archives classi- fiées de plus de 50 ans en raison de l'application scrupuleuse d'une circulaire sur la protection du secret de la Défense nationale».
Le même communiqué précise que le gouvernement français a engagé un travail législatif d’ajus- tement du point de cohérence entre le code du patrimoine et le code pénal afin de renforcer la communicabilité des pièces,
«sans compromettre la sécurité et la Défense nationales». L’objectif est, selon la même source, de parvenir à un nouveau dispositif avant l’été 2021.
Des questions se posent dès à présent sur les archives qui seront déclassifiées. Plusieurs associa- tions des deux rives de la Méditerranée réclament, depuis
des années, les archives relatives aux essais nucléaires opérés dans le désert algérien dans les années 1960.
Cette question a constitué un point de tension dans les relations entre les deux pays. Les archives concernant ces essais au nombre de 17, effectués entre le 13 février 1960 et le 16 février 1966, seront- elles enfin ouvertes ?
L’Observatoire des armements a affirmé que seuls 5% des archives relatives à ce dossier miné ont été déclassifiés par le ministère de la Défense français.
La décision de Macron pourrait mettre fin à cet embargo sur ces documents réclamés également par Alger, qui demande depuis
des années la restitution de la totalité des archives transférées par les Français après l’indépen- dance. On évoque environ 10 kilo- mètres linéaires d’archives conservées aux archives natio- nales d’outre-mer. Dans son rap- port, Benjamin Stora a plaidé pour la reprise des travaux du groupe de travail algéro-français conjoint sur les archives, constitué en 2013, mais qui a cessé ses réunions depuis 2016.
À souligner que la nouvelle décision de la France intervient une semaine après la reconnais- sance par le Président Macron,
«au nom de la France», que l'avo- cat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été « torturé et
assassiné » par l'armée coloniale en 1957. Mardi 2 mars, le Président français Emmanuel Macron, en application des recommandations du rapport de Benjamin Stora, a reconnu qu’Ali Boumendjel a bel et bien été «tor- turé et assassiné» par l’armée française en 1957.
Un assassinat maquillé en sui- cide reconnu finalement par la France à l’occasion de la récep- tion de quatre petits-enfants du martyr par le Président français.
«Au cœur de la bataille d’Alger, Ali Boumendjel fut arrêté par l’ar- mée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957», a affirmé l’Élysée dans un communiqué, rappelant que « Paul Aussaresses avoua lui- même avoir ordonné à l’un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide ».
L’Élysée a ajouté que «ce tra- vail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l’apaisement et la réconciliation».
Alors qu’en France, les autorités ont commencé l’exécution des recommandations du rapport de Benjamin Stora qui a multiplié les sorties publiques, et dont le conte- nu, qui fait débat depuis sa publi- cation en Algérie, le rapport d’Abdelmadjid Chikhi se fait tou- jours attendre.
K. A.
La France poursuit ses gestes dans le dossier de la mémoire et décide officiellement de déclassifier les archives relatives à la guerre d’Algérie, répondant ainsi à une vieille revendication portée par les historiens et des organisations de la société civile des deux pays. Elle est également recommandée par Benjamin Stora dans son rapport sur la mémoire remis au Président français.
Photo : DR
Emmanuel Macron.
RÉCUPÉRATION DES BIENS MAL ACQUIS À L’ÉTRANGER
Ce qui bloque le processus
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Il ne s’agit pas de soup- çons ou encore moins d’une interprétation née des faits qui se déroulent mais d’un aveu public fait par le ministre de la Justice lors d’une toute récente déclaration sur la sujet.
Ce lundi, lors d’une confé- rence internationale à laquelle il a pris part par visioconférence, Belkacem Zeghmati a évoqué l’existence de « barrières » empêchant la récupération des
« avoirs algériens ».
Un appel a été également lancé à tous les États signa- taires des conventions interna- tionales permettant cette récu- pération à appliquer « leurs engagements et intensifier leurs efforts pour faciliter le recouvrement des avoirs».
«L’Algérie, ajoute-t-il, affirme que l’administration, la gestion et l’utilisation des avoirs recou- vrés relèvent en premier lieu de la responsabil ité de l’État demandeur», avant de mettre l’accent sur l’importance de
«recouvrer les avoirs sans condition et dans le strict res- pect des droits souverains des États».
Zeghmati ne va pas plus en détail sur le sujet, mais ses pro- pos sont à même de résumer,
de situer toute la problématique à laquelle fait face le pays pour mener à bien l’une des mis- sions essentielles que s’étaient fixées les autorités depuis le déclenchement d’une opération inédite pour lutter contre la cor- ruption. Ses déclarations indi- quent on ne peut plus claire- ment que les États ayant été destinataires de demande visant la récupération des biens et de l’argent transféré illégale- ment tergiversent depuis un long moment maintenant puisque l’on sait que les pre- mières demandes adressées remontent à plus d’une année.
Des informations émanant de milieux bien informés sur le sujet font savoir que les pre- mières listes transmises concernent les hommes d’af- faires condamnés pour corrup- tion. Ils sont six pour l’instant à avoir été condamnés lors de procès en appel. La sentence définitive ne sera cependant prononcée qu’au terme d’une décision prise par la Cour suprême.
Des experts en matière juri- dique ont, cependant, fait savoir que le processus de récupération de l’argent issu de la corruption était dissocié de cette action car la sentence
devient exécutable au niveau de la partie civile dès l’existen- ce d’un arrêt de la cour d’Alger où se déroulent les procès en appel. Des sommes impor- tantes transférées illégalement à l’étranger ont été révélées durant des procès très suivis.
Pour les frères Kouninef, elles sont évaluées à pas moins de 500 000 dollars, pour l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, elles sont évaluées en euros et en dollars, 1 198 298 341,88 USD et 890 340,81 euros.
Mourad Eulmi a acquis plu- sieurs biens immobiliers dont plusieurs manoirs, avec une somme s’élevant à 24 185 112 euros. Son frère Khider a pu, lui, acquérir trois maisons de luxe à Paris et Monaco pour une valeur de 2 619 900, 00 euros. Le patron de l’ETRHB, Ali Haddad, vient en tête puis- qu’il a pu transférer pas moins d’un milliard et demi d’euros. Le montant global à récupérer est, lui, estimé à plus de trois mil- liards d’euros.
Cet argent est issu d’activi- tés de corruption et de pots-de- vin reçus en échange d’avan- tages offerts ou perçus. Ce qu’il faut savoir est qu’une partie de ces informations a été collectée au cours des enquêtes grâce aux commissions rogatoires dépêchées par l’Algérie à l’étranger. Elles ont été
envoyées dans des pays situés à travers les cinq continents. Le plus gros des avoirs de l’Algérie se trouve cependant dans des pays bien précis, apprend-on de bonne source. Il s’agit de la Suisse, l’Italie, l’Espagne, les États-Unis et les Émirats arabes unis. Sans les citer, Belkacem Zeghmati a rappelé que tous les États concernés par ces demandes sont signa- taires de deux conventions onusiennes portant sur le crime organisé transnational et la lutte contre la corruption rati- fiées en 2002 et 2006.
Des experts proches de ce dossier font, cependant, savoir que selon les informations récoltées durant les missions menées par les commissions rogatoires, les biens recher- chés par l’Algérie pourraient être supérieurs à ce qui a été découvert. Dans certains cas, ces commissions sont restées lettre morte. C’est ce qui a, par exemple, eu lieu avec l’ancien ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb.
Pour beaucoup, cet exemple illustre au mieux la connexion politique dans ce dossier. Sans doute la raison pour laquelle le ministre de la Justice a deman- dé à ce que le recouvrement des avoirs algériens à l’étran- ger se fasse « sans condition ».
A. C.
L’Algérie se heurte visiblement à d’importantes difficultés pour la récupération des biens issus de la corruption se trouvant à l’étranger.
L’AMBASSADEUR D’ITALIE :
«Nous suivons avec intérêt les
changements
‘’profonds’’ survenus en Algérie»
L'Italie suit «avec intérêt» les change- ments «profonds» survenus en Algérie à travers le processus électoral engagé depuis la présidentielle du 12 décembre 2019, a indiqué mardi l'ambassadeur d'Italie en Algérie, Giovanni Pugliese.
«L'Italie suit avec grand intérêt le pro- cessus électoral engagé en Algérie depuis la présidentielle du 12 décembre 2019», a déclaré le diplomate italien à l'issue d'une audience avec le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), Mohamed Charfi.
Il a ajouté que les prochaines échéances électorales s'inscrivent dans le cadre des «changements profonds»
survenus depuis l'élection du Président Abdelmadjid Tebboune.
«Nous avons longuement évoqué l'expérience de l'Anie dans l'organisation et la surveillance des élections en Algérie, ainsi que les préparatifs de celles à venir, notamment les législatives anticipées», a ajouté l'ambassadeur ita- lien.
Il a, à cette occasion, réitéré la volon- té de son pays d'«approfondir» la coopé- ration avec l'Algérie, «pays ami et voi- sin», a-t-il soutenu.
APS
d’Algérie Actualité
Mercredi 10 mars 2021 - PAGE7
Dans son allocution lors de la réunion, en visioconférence, du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) au niveau des chefs d’État et de gouvernement, le Président Tebboune a déclaré :
«L'occasion nous est donnée aujourd'hui d'examiner la situa- tion grave au Sahara Occidental, avec l'espoir de voir nos délibéra- tions aboutir à des mesures concrètes et efficaces pour cris- talliser une solution durable à ce conflit, qui n'a que trop duré mais qui ne saurait avoir de délais de
prescription.» Rappelant la posi- tion constante de l'Algérie vis-à- vis de la cause de décolonisation au Sahara Occidental, le prési- dent de la République a appelé à la coordination des efforts et à l'action pour mettre fin à la crise au Sahara Occidental, dernière colonie dans le continent.
Il a ajouté que «l'Afrique, qui a vaincu l'occupation européenne par sa lutte politique et armée parfois et qui est venue à bout de l'Apartheid, se doit aujourd'hui d'en finir avec le dernier foyer colonial».
«L'échec du cessez-le-feu suite à la violation d'un accord en vigueur depuis 1991 et l'escalade
dangereuse que connaît le conflit au Sahara Occidental ne sont que la résultante de décennies
de politique de blocage et de ralentissement systématiques des plans de règlement, de contournement du processus de négociations et de tentatives récurrentes d'imposer le fait accompli dans le territoire d'un État membre fondateur de l'UA», a fait observer le Président Tebboune dans son allocution.
La réunion a examiné deux points : les changements clima- tiques et leurs impacts sur la paix et la sécurité en Afrique et la cause du Sahara Occidental à la lumière des développements et dépassements survenus récem- ment dans les territoires sah- raouis occupés.
APS
Le président de la République, M. Abdelmadjid
Tebboune, a appelé mardi à la coordination des efforts africains en vue de cristalliser une solution durable au conflit au Sahara Occidental, dernière colonie en Afrique.
TEBBOUNE AU CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITÉ DE L’UA :
«L’Afrique se doit d’en finir
avec le dernier foyer colonial»
Abdelmadjid Tebboune.
Photos : DR.
Le ministre des Affaires étran- gères, Sabri Boukadoum, a pris part, ce lundi, à Lomé (Togo), à la deuxiè- me réunion ministérielle du groupe de l’Union africaine de soutien au Mali, indique un communiqué du ministère. Il souligne que la réunion a examiné «l’état de mise en œuvre des priorités contenues dans le plan d’actions adopté récemment par les autorités de transition du Mali» est-il écrit, notant également qu’«elle a permis de faire le bilan de l’applica- tion de l’accord sur la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger», a ajouté la même source.
Prenant la parole, Sabri Boukadoum a informé les partici- pants des progrès enregistrés par les parties maliennes dans ce cadre et a rappelé «le soutien multiforme fourni par notre pays pour permettre le retour de la stabilité dans ce pays frontalier», relève le communiqué, notant que les participants ont unani- mement salué le rôle de l’Algérie en tant que chef de file de la médiation internationale et de président du Comité de suivi de l’accord (CSA), se félicitant dans le même ordre d’idées de la tenue, récemment à Kidal, et pour la première fois depuis 2015, de la 5eréunion de haut niveau du CSA.
Enfin, le communiqué du MAE note qu’en marge de la réunion, le chef de la diplomatie algérienne a eu des entretiens avec plusieurs de ses homologues, «notamment du Mali, de la Gambie, du Burkina Faso, du Ghana ainsi qu’avec de hauts res- ponsables de l’Onu et de l’Union afri- caine et de la Cedeao», avec comme menu le renforcement des relations bilatérales et la promotion de la coopération au service de la paix et de la stabilité dans la région, est-il précisé.
B. T.
ASSIMILÉ À DES DROGUES DURES
Un haschich hybride envahit l’Algérie
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Des quantités «astro- nomiques» de résine de can- nabis (haschich) ont été sai- sies en Algérie durant les dix dernières années. Provenant du Maroc, ces quantités ont été estimées à plus de mille tonnes.
Selon le sous-directeur chargé de la toxicologie à l’Institut national de criminalis- tique et de criminologie (INCC) de la Gendarmerie nationale, le lieutenant-colonel Yacine Boumra h, une évolution ascendante des quantités sai- sies de résine de cannabis a été constatée entre 2010 et 2013, avec un pic enregistré en 2013. Cette tendance a été suivie d’une baisse entre 2013 et 2018, avant de renouer avec la hausse entre 2019 et 2020.
«Nous avons constaté une seconde fois, une évolution ascendante durant les deux dernières années, pour atteindre plus de 77 tonnes de résine de cannabis saisies en 2020», notait-il hier mardi, sur les ondes de la Radio nationa- le Chaîne 3.
Se référant aux rapports de l’Office des Nations-Unies contre les drogues et le crime (ONUDC), le lieutenant-colo- nel Boumrah précise qu’en 2005, la production de haschi- ch du Maroc a atteint 1 066 tonnes. «Le Maroc a toujours été un pays de production industrielle de cannabis.
Avec des quantités aussi
énormes, sa production est loin d’être une production de détail», dit-il. Il fait, d’ailleurs, remarquer que la culture de cannabis au Maroc a connu beaucoup de transformations à partir de 2010, où des varié- tés hybrides et à haut rende- ment ont été massivement introduites. Une démarche qui, explique-t-il, a permis juste- ment d’augmenter la produc- tion et, surtout, d’augmenter la puissance du haschich.
Le nouveau haschich maro- cain ou haschich hybride compte, aujourd’hui, une teneur en principe actif tétra- hydrocannabinol (THC) beau- coup plus élevée que celle du haschich traditionnel du Maroc. «Le haschich marocain avait, en 2010, une faible dose du principe actif THC qui avoisinait 1% , alors qu’en 2020, ce pourcentage a atteint plus de 20%.
L’Algérie a enregistré un record lors d’une saisie de résine de cannabis en 2020, avec un taux de THC de près de 50% contre un record de 39% en France. Ça donne une idée sur le haschich qui circule actuellement en Algérie. C’est énorme !», déplore-t-il.
L’invité de l’émission alerte ainsi sur le danger de la résine de cannabis «moderne» dont le pouvoir addictogène est très important.
«La dépendance à ce nou- veau haschich est plus impor- tante que celle du haschich classique. Il faut être vigilant,
car le haschich hybride n’est pas destiné à être une drogue douce. Il est facilement assimi- lé aux drogues dures, à savoir la cocaïne et l’héroïne», fait-il savoir.
Plus de 50% du haschich saisi est hybride
Le sous-directeur chargé de la toxicologie à l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) assure, en outre, que la lutte contre le trafic de cannabis est conti- nuelle. Il cite, à cet effet, le renforcement de cette lutte à nos frontières, contre l’achemi- nement du haschich marocain vers notre territoire.«Tous les moyens tech- niques et scientifiques ont été mis à la disposition des unités de l’Armée nationale populaire et des différents services de sécurité : la Gendarmerie nationale, la police nationale et les Douanes algériennes, pour lutter efficacement et sans merci contre les bandes spé- cialisées dans l’acheminement de ces produits toxiques vers
notre territoire, mais aussi de sa distribution à petite et à moyenne échelle dans notre pays», précise-t-il.
Il reconnaît, toutefois, que l’Algérie qui demeure un pays de transit de la résine de can- nabis est aujourd’hui, incon- testablement, un pays de consommation.
La preuve : toutes les wilayas du pays ont enregistré des saisies de ce type de haschich, alors qu’en 2018, seules les wilayas frontalières étaient concernées. Pis enco- re, l’étude menée par la Gendarmerie nationale révèle que le haschich puissant a fait son apparition en Algérie en 2012.
Il représentait, à cette époque, 1% de l’ensemble des saisies opérées au niveau national , avant que ce taux n’évolue pour atteindre 6% en 2016, 7% en 2018, et plus de 50% en 2019 et 2020.
«Actuellement, plus de la moitié du haschich saisi concerne ce haschich puissant et dangereux», conclut-il.
Ry. N.
La Gendarmerie nationale alerte sur les dangers du nouveau haschich marocain, assimilé aux drogues dures (cocaïne et héroïne). Introduit en Algérie en quantités de plus en plus importantes, ce haschich hybride qui compte un pouvoir addictogène très élevé, insiste le sous-directeur chargé de la toxicologie à l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) de la Gendarmerie nationale, est beaucoup plus dangereux que le haschich «classique».
RÉUNION DU GROUPE DE L’UNION AFRICAINE
DE SOUTIEN AU MALI
Le rôle de l’Algérie unanimement
souligné
Ainsi, en une semaine, pas moins de trois tentatives totalisant près d’une trentaine de candidats à la harga ont été avortées par les éléments des gardes-côtes de la station du groupement territorial de Annaba. La dernière en date, une embarcation de fortune ayant à son bord quelque 14 personnes originaires de Annaba et d’autres wilayas de l’Est, avait été interceptée dans la nuit de dimanche à lundi à une dizaine de milles marins au large de Ras- el-Hamra.
Emmenés au quartier général de la station maritime, les harragas ont été examinés par le médecin du Samu qui les a déclarés en bonne santé. Ils ont subi un interrogatoire par les poli- ciers de la mer avant d’être présentés devant
le procureur de la République qui aura à sta- tuer sur leur cas.
Au même moment, et à en croire des proches de harragas informés par ces der- niers, plusieurs embarcations seraient arrivées sur les côtes sardes (Italie) sans encombre.
Sauf que le rêve de ces jeunes d’une vie autre- ment meilleure s’est transformé en cauchemar.
Cueillis à leur débarquement par les carabi- niers italiens, ils ont été dirigés vers les centres de rétention, regroupant tous les immigrants clandestins (hommes, femmes et même enfants) de plusieurs nationalités d’Afrique et d’Asie. Après étude de leur cas, la majorité sera expulsée vers le pays d’origine. Les Algériens reviendront ainsi au point de départ
mais sans pouvoir récupérer la centaine de milliers de dinars, somme qu’ils avaient payée aux passeurs. Dans le meilleur des cas, une fois présentés à la justice, ils auront encore à
payer une amende de 20 000 dinars pour ten- tative d’émigration clandestine par mer, selon la loi en vigueur.
A. Bouacha
Le Soir
d’Algérie Régions
Mercredi 10 mars 2021 - PAGE8
ANNABA
Recrudescence des tentatives de harga
BLIDA
Arrestation de voleurs de pompes à eau dans les
cités de Ouled-Yaïch
Faisant suite à plusieurs plaintes de citoyens habitant l'une des cités de Ouled-Yaïch, lesquels ont fait l'objet de vols de leurs pompes à eau, une enquête a été ouverte par les éléments de la Sûreté de daïra de Ouled-Yaïch.
Ainsi, après quelques jours de surveillance, les policiers ont arrêté deux individus en flagrant délit.
Les deux malfaiteurs utilisaient une cisaille pour sectionner les conduites d'eau.
Présentés devant la justice, ces derniers ont été écroués au grand bonheur des citoyens.
M. B.
Protestation des surveillants MILA
de l’éducation
Ils étaient des dizaines à participer à cette action, répon- dant ainsi favorablement à l’ap- pel de leur syndicat national, le
Snace. L’amélioration du pou- voir d’achat via la revalorisation du point indiciaire, la révision de la classification catégorielle, le
droit au logement de fonction, ainsi que l’exclusivité de promo- tion au poste de directeur sont leurs principales doléances.
À ce propos, l’un d’eux préci- sera : «Nous sommes des admi- nistrateurs, on veut que la pro- motion au poste de directeur nous soit réservée exclusive- ment, comme c’est le cas pour nos collègues enseignants qui
ont l’exclusivité à la promotion au poste d’inspecteur de l’édu- cation.»
Nos interlocuteurs revendi- quent, par ailleurs, le droit à la retraite proportionnelle et la défi- nition, avec précision, des mis- sions et prérogatives des conseillers de l’éducation au sein de l’établissement scolaire.
K. Bouabdellah
Photos : DR
La base aéronautique militaire de Mécheria, relevant des Forces de la défense aérienne du ter- ritoire, a organisé des journées portes ouvertes sur l’aviation militaire.
Cette manifestation s’est déroulée à l'aérodrome de cette même base, où les autorités civiles et militaires y ont pris part.
Le grand public n’a pas, lui aussi, manqué cet évènement. Du matériel militaire de la défense aérienne a été exposé, à l’exemple des missiles, MiG, hélicoptères, voire, des équipements électroniques de contrôle aérien et des systèmes de radar.
Des informations ont été mises à la disposition de nombreux visiteurs, qui étaient invités à découvrir les hautes compétitivités et des moyens efficaces et modernes en technologie, réalisés par ce corps constitué, principalement, en matière de ressource humaine, mais aussi de matériel.
B. Henine
Les conseillers de l’éducation de la wilaya de Mila ont investi la rue, ce mardi. Ils ont organisé un sit-in de protestation devant le siège de la Direction de l’éducation pour faire valoir un ensemble de revendi- cations à caractère socioprofessionnel.
GUELMA
Des pluies bloquent les routes
Il a suffi de quelques minutes d'averses pour que la RN 102 reliant Guelma à Oum-el-Bouaghi soit complètement paralysée, lundi, aux environs de 19h. En peu de temps, 5 véhicules et 7 per- sonnes ont été bloqués par les eaux. C’est grâce à la solidarité citoyenne et l’intervention des élé- ments de la gendarmerie que ces personnes et les automobilistes pris au piège s’en sont sortis indemnes. Pendant plusieurs heures, les pom- piers et les gendarmes pompaient l’eau qui obs- truait le passage. Le bilan des dégâts occasion- nés par la catastrophe n’a pas encore été établi.
Les automobilistes attendaient, en prenant leur mal en patience. Les pompiers de Tamlouka aidés par ceux de Oued-Zenati, après des efforts soutenus, ont réussi à dégager la route.
Noureddine Guergour
Confinée en plein grand Erg oriental sur une surface de 8 835 km2, la nouvelle wilaya d’El- Meghaïer coiffe deux daïras du chef- lieu de la wilaya et de Djamaâ, ainsi que huit communes, El-Méthanier, Djamaâ, Oum-Tour, Sidi-Amrane, Setil, Sidi-Khelil, Tendla et El- Morrara, recensant une population de près de 207 000 âmes.
Cette région s’est vue attribuée
tout au long de son histoire trois toponymes, en l’occurrence «Riadh Nakhil», «Les Petits Zibans» et «la Perle d’Oued Righ», eu égard à son vaste foncier agricole ayant permis, à l’appui des mesures incitatives pré- conisées pour le développement de ce créneau, l’extension des surfaces agricoles, notamment phœnicicoles, constituant la force motrice de l’éco- nomie de cette nouvelle wilaya.
El-Meghaïer dispose, à la faveur des actions de développement de cette filière, d’un effectif phœnicicole de plus de 2,5 millions de palmiers productifs peuplant une superficie globale de 20 000 ha, dont la variété
«Deglet-Nour» détient 70% de cette richesse avec un patrimoine de 1,4 million de palmiers.
Les surfaces agricoles, notam- ment retenues pour la céréaliculture et les cultures maraîchères, ont gagné ces trois dernières années de plus en plus de terrain, notamment à travers les zones agricoles de Barkadjia, Oum-Tiour et Aïn-Cheikh, offrant les conditions nécessaires dont celles hydro-édaphiques.
L’on relève à titre illustratif, la cul- ture du quinoa, nouvellement intro- duite dans la région, qui a donné des
résultats «probants» vu la récolte engrangée et le rendement moyen estimé la saison écoulée à 35 qx/ha.
Offrant d’importantes potentialités naturelles qui font et feront l’objet d’efforts de valorisation, El-Meghaïer avance d’un pas sûr dans le déve- loppement de son tissu industriel par le montage des entités économiques de transformation et de conditionne- ment des dattes, et la production du sel à partir de Chott-Melghigh, activi- té l’ayant hissé à la tête des régions productrices de sel.
La RN 3 traversant 7 communes d’El-Meghaïer, sur une distance de 150 km, constitue ainsi le tronçon névralgique pour impulser le déve- loppement économique à la région.
Cette wilaya, un des anciens peuplements de la région, renferme
une panoplie d’atouts touristiques, uniques en leur genre, lui conférant l’image d’un modèle de propulsion du tourisme intérieur et extérieur, et une destination touristique saharien- ne privilégiée pour les touristes, en raison de ses richesses également artisanales, dont les produits des segments de la bijouterie tradition- nelle, la poterie, la tapisserie, le tis- sage et l’art culinaire traditionnel.
La région dispose, bien qu’elle soit étendue en plein désert marqué de rudes conditions climatiques, sécheresse et ensablement notam- ment, d’un couvert végétal endé- mique sur les berges des oueds et lisières des dunes de sable, consti- tuant de riches aires de pacage pour la richesse animale de la région.
APS