HAL Id: jpa-00244044
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Utilisation d’ions lithium pour l’analyse des surfaces et
des couches minces
J.-P. Thomas, A. Cachard, M. Fallavier, J. Tardy, S. Marsaud, J. Pivot
To cite this version:
UTILISATION D’IONS
LITHIUM
POUR L’ANALYSE DES SURFACES
ET
DES
COUCHES
MINCES
(*)
J. P. THOMAS
(**),
A. CACHARD(***),
M. FALLAVIER(**),
J. TARDY(***),
S. MARSAUD(**)
et J. PIVOT(***)
Université Claude-Bernard
Lyon-I,
43,
bd du11-Novembre-1918,
69621Villeurbanne,
FranceRésumé. 2014 Dans la tendance actuelle à
utiliser des ions plus lourds que les particules 03B1 en rétrodiffusion élastique (domaine d’énergie de l’ordre du MeV), l’emploi d’ions lithium apparaît
constituer une amélioration notable des
caractéristiques
essentielles de la méthode. Ceci estparti-culièrement vrai en ce qui concerne la résolution en profondeur, avec le maintien de la résolution des détecteurs, pour ce type d’ions. Nous présentons ici, en même temps qu’une étude comparative des performances analytiques des ions Li et d’autres particules, quelques applications en montrant l’intérêt dans l’étude des surfaces et des couches minces. Parmi les applications les plus caractéris-tiques, citons, pour des échantillons épais, l’étude simultanée de la composition des couches
d’oxy-dation anodique formées à la surface d’aluminium et du comportement de l’impureté majeure du bain de formation. Dans les études de couches minces, outre la détermination précise de la
stoechio-métrie des couches diélectriques AlN, SiO, Al2O3, des effets d’implantation pourront être étudiés, comme l’oxygène dans les couches SiO.
Abstract. 2014 In the actual trend to use ions heavier than
03B1-particles in backscattering (MeV
energy range) lithium ions appear as to lead to a noticeable improvement of the main characteris-tics of the method. This is especially pointed out with the depth resolution owing to the fact that detector resolution is maintained for this type of particle. We present here, together with a compa-rative study of the analytical performances of Li ions and other particles, some applications devoted
to surface and thin film studies. Among the most characteristic applications, for thick samples, anodic oxidation layers of aluminium can be characterized through the aluminium and the solution
main impurity distributions. For thin film studies, precise stoichiometry determination can be achieved for the dielectric layers AlN, SiO, Al2O3 and implantation effects can be followed like
for oxygen in SiO.
1. Introduction. - Parmi les méthodes de
micro-analyse
appliquées
aux études de surface et de couchesminces,
la rétrodiffusionélastique
apparaît
commetrès
largement
utilisée, compte
tenu de la relativesim-plicité
de la mise en oeuvre et del’interprétation
desspectres obtenus.
L’emploi
des protons[1]
maissur-tout des
particules
alpha,
est trèsrépandu,
comme entémoigne
le nombreimportant
de travauxpubliés
aucours des
cinq
dernières années[2].
Le recours à desparticules plus
lourdes peutcependant
apporter
uneamélioration notable aux
caractéristiques
essentielles de la méthode :sélectivité,
sensibilité et résolution enprofondeur.
Lesions 12C, 14N, 16O
ont ainsi été utilisés par divers auteurs[3], [4]
mais ont faitapparaître
une restriction
importante
au niveau de la résolutiondes détecteurs
(barrière
desurface)
classiquement
uti-lisés.L’emploi
d’ions lithium 6 ou 7 non seulement offre un boncompromis
en sensibilité entreparticules
alpha
et ionsplus
lourds,
maispermet
en outre ungain
de sélectivité
appréciable
pour les éléments de Z moyen. Deplus,
et c’est un des intérêtsmajeurs
de cetype
departicule,
l’excellente résolution maintenue dans le détecteur autorise des résolutions enprofon-deur
parmi
lesplus
performantes
de la méthode. Ces différentsaspects
sont illustrés ici dans l’étude de couchesd’oxydation anodique
formées à la surface d’échantillons massifs d’aluminium et dansl’analyse
de couches mincesdiélectriques d’oxyde
et nitrure d’aluminium ainsi qued’oxyde
de silicium.Avec,
dans certains cas, une confrontation des résultats obtenus àpartir
d’autresméthodes,
une discussion est faite des limitations et des améliorationsqu’on
peut apporter àune telle utilisation d’ions lourds
légers.
2.
Caractéristiques
de la rétrodiffusionélastique
d’ions lithium. - Les troiscaractéristiques
déjà
men-tionnées
dépendent
évidemment del’énergie,
mais aussi de la nature de l’ion incident. La sélectivité définiecomme
avec
ou
(* *) Institut de Physique Nucléaire.
(* * *) Département de Physique des Matériaux.
66
(r
et i se référant àl’énergie
rétrodiffusée etincidente,
1 et 2 au noyau incident et
cible)
caractérisel’aptitude
pour un ion donné à assurer une meilleure ou moinsbonne
séparation énergétique
pour deux masses adja-centes.On a ainsi
représenté
sur lafigure
1 la variation de ceparamètre
en nousrestreignant,
hormis les ions 6Li et’Li
auxparticules
a et aux ions12C
(pour
0 =
1600).
On observeainsi,
pour 18
M2
34,
FIG. 1. - Variation de la sélectivité
d(E’/E)/dM en fonction de la masse de l’élément analysé pour les particules a, 6Li, 7Li et
12C. Certains éléments intéressant plus particulièrement les
applications traitées sont repérés.
qu’il
est avantageux d’utiliser des ions lithium(6
ou 7suivant la
masse).
Le carbone devientplus
sélectif pourM2
>34,
lesparticules
a assurant, de loin la meilleuresélectivité pour les éléments
légers (M2
18).
Notons que c’est dans un domaine de massesélevées, où,
préci-sément la sélectivité est
déjà
très diminuéequel
que soit le type departicule
utilisé,
que les ions carbonedevien-nent
plus
avantageux que les lithium.Cependant
l’aptitude
àséparer
deux masses voisinesapparaît
déjà
comme limitée par la résolution dudétecteur,
suscep-tible d’évoluer avec
l’énergie
nominale du faisceau. De cepoint
de vue, on verraqu’à
plusieurs
titres lesparticules
alpha
conservent ungrand
intérêt.La sensibilité de la méthode liée au taux de
produc-tion d’informaproduc-tion
(ou
vitesse decomptage
pour untype
d’iondéterminé)
dépend
enpremier
lieu de lasec-tion efficace de rétrodiffusion. A cet
égard,
dans les domainesd’énergie
accessibles auxpetits
accélérateursdu type Van de Graaff
(de
0 à 5MeV)
la relation de Rutherfordapparaît
comme très bien vérifiée pour les ionslithium,
carbone et de masseplus
élevée. Il fautcependant
tenircompte du fait que
l’augmentation
de ceparamètre,
quand l’énergie décroît,
estresponsable
d’unrende-ment très
important
en cibleépaisse
avec lesrisques
d’empilement
que celaimplique.
On limite ces derniers parl’emploi
d’ions deplus
enplus
lourds. C’est là undes avantages
prépondérants
de leur utilisation[3].
On peut aller dans certains casjusqu’à
l’éliminationcomplète
de la contribution de la matrice ou dusubstrat
(12C
avec supportcarbone,
parexemple).
Cet aspect est alors très
important
dansl’analyse
d’éléments à l’état de traces mais n’a pasparticulière-ment été
développé
au cours de ce travail. Uneélectro-nique rapide (0,5
ps de constante detemps)
mais conventionnelle a été utilisée mais à des taux decomptage
relativementmodérés,
pourgarder
l’avan-tage d’une bonne résolution. Cet aspect demeure
parti-culièrement intéressant pour l’étude de couches minces
déposées
sur des substrats trèslégers
comme lecarbone,
ou autoportantes. Pour les détecteurs(barrière
desur-face)
des résolutions de l’ordre de 15keV,
pratique-ment
indépendantes
del’énergie
sont courammentobtenues en
particules
a. De tellesperformances
nepeuvent
être obtenues pour les ionsplus
lourds. Plusieurs auteurs ont noté l’évolution de cette résolu-tion avecl’énergie
pour différents types d’ions : Abelet al.
[3]
pour12C,
Petterson et al.[4]
pour160,
Bergstrôm et
al.[5]
pour12C, 2oNe,
@ 40Ar et 84Kr.Sans avoir
d’explication
définitive,
cephénomène
semble bien
provenir
d’une collectionincomplète
descharges
dans le détecteur etparaît
également
lié à la variation dupouvoir
d’arrêt du matériau détecteur. Cette évolutionsystématique
de la résolution avecl’énergie
des ions détectéss’accompagne
d’unedégrada-tion
irréversible,
fonction de la dose reçue par lajonction, probablement
corrélée à la création de défauts dans le cristal détecteur.L’emploi
d’ions lithiumapparaît
intéressant,
de ce doublepoint
de vuepuisque
pour la gammed’énergie
desparticules
détec-tées(250
keV-2,3
MeV)
cette résolution n’excède pas 30 keV suivant la courbeexpérimentale
représentée
(Fig. 2).
Lespoints
expérimentaux
ont été obtenus àFIG. 2. - Evolution de la résolution du détecteur en fonction
de l’énergie de l’ion lithium détecté.
partir
de couches minces comme SiOdéposé
surcar-bone vitreux
(60
À)
(Fig. 3)
et Auégalement
déposé
réso-FIG. 3. -
Spectre de rétrodiffusion 7Li à 1,9 MeV, 6 = 160°
sur une cible SiO 60 A déposée sur un support de carbone et
permettant une détermination de la résolution du détecteur.
lution sur faisceau
[5],
bien queplus
délicate, peut
conduire à de meilleursrésultats,
compte tenu de la difficulté à réaliser des cibles suffisamment minces et desrisques
de diffusion dans le substrat. Cesperformances
expérimentales,
prévisibles
d’après
les données deBergstrôm et
al.[5],
n’apparaissent
d’autre part que peu affectées par la dose reçuepuisque
la résolutionopti-male
(17
keV à 310keV)
est conservéeaprès plusieurs
jours
de fonctionnementininterrompu.
La résolution en
profondeur
de la méthode se déduitdirectement de la résolution
expérimentale
àpartir
duparamètre
de rétrodiffusionélastique [S] qui s’exprime
par
à
partir
despouvoirs
d’arrêt auxénergies
incidenteE;
et rétro diffuséeEr.
On en déduit les valeurs descourbes
a), b), c)
de lafigure
4 pour les éléments0,
Alet Au
représentatifs
desapplications
dont nousparlons
ici. On notera en
particulier
que,compte
tenu de la variation dupouvoir
d’arrêt en fonction del’énergie,
les ions6Li
conduisent aux meilleuresperformances,
larésolution en
profondeur
pour lesparticules
a restantmeilleure que pour les ions carbone
jusqu’à
2,5
MeV. Un autre avantage des ions lithium réside dans leurpouvoir
d’arrêt. Cedernier,
dans le domaineénergé-tique
accessible à nosmachines,
passe par un maximumà
partir duquel
il décroîtlentement,
pour laplupart
des éléments(particulièrement
pour leslourds).
On pourradonc,
comme l’illustre lafigure
4,
maintenir unerésolu-tion en
profondeur
optimale
et accroître la sélectivitéen travaillant à
l’énergie
laplus
hautepossible.
3.
Applications.
- 3. 1 DISPOSITIFS EXPÉRIMENTAUX. - Dessources solides de lithium 7 ou 6
(enrichisse-FIG. 4. - Evolution de la résolution en profondeur en fonction
de l’énergie : a) Au dans Au ; b) Al dans Al 20 3 ; c) 0 dans A1203. Les résolutions des détecteurs sont prises à 17 keV
pour les a, suivant la courbe de la figure 2 pour Li, d’après
[5]
pour 12C.ment à 99
%) équipent
l’accélérateur Van de Graaff de l’Institut dePhysique
Nucléaire deLyon,
permet-tant pour ces ions uneénergie
maximale de 2 MeV.L’extension du domaine
d’énergie
sur le Van de Graff4 MeV de l’I. P. N. est limitée par les
performances
de l’aimantd’analyse
à 900qui
nepermet
d’accéderrespec-tivement
qu’à
2,4 MeV’Li
ou2,6
MeV6Li.
Par contre cette machine dévie desparticules
ajusqu’à l’énergie
maximale de 4 MeV. Les détecteurs utilisés pour ces
études sont du type barrière de
surface,
25mm2,
100 pm, 100 nA de courant de fuite à 60 V depolarisa-tion et ont une résolution a de 14 keV
(source
d’améri-cium). L’électronique
associée est conventionnelle(Tennelec :
préampli
TC 163ampli
TC205),
la cons-tante detemps
étant fixée à0,5
ps. Le traitement desspectres
esteffectué, après analyse
dans unconver-tisseur
HP,
sur un calculateur HP 2116. Un telensemble de détection a
déjà
été décrit par ailleurs[7].
3.2 ETUDE DES COUCHES D’OXYDATION ANODIQUE
DE L’ALUMINIUM. - Dans la
technologie
de fabrica-tion des condensateursélectrolytiques,
la fabrication dudiélectrique
par unetechnique d’oxydation
ano-dique
dite deformation,
conduit à l’élaboration de couches barrière constituant l’anode du condensateur. Laqualité
de ce dernier vadépendre
de cette couche barrièreclassiquement
obtenue à l’issue d’un processusen trois
étapes : A)
Formation soustension ;
(incor-68
poration
d’ionsphosphore) ; C)
Post-formation(restructuration
de lacouche).
Les bains utilisés pour les stades A et C sont essentiellementphosphorique
etcarboxylique
pour des tensions inférieures à 300 V.L’analyse
par rétrodiffusionélastique
permet
d’obte-nir,
à chacune de cesétapes,
les informationsfonda-mentales que constituent
i)
la stoechiométrie etl’épais-seur de la couche ou la variation de
composition
de laphase oxydée, ii)
larépartition
del’impureté majeure
du bain de formation. Lafigure
5 illustre cettepossi-FIG. 5. -
Spectre de rétrodiffusion élastique à 160° d’ions 7Li sur une couche formée à 60 V en carboxylique
(A(b)).
On a différencié la contribution de l’oxygène de l’aluminium matriceet de l’aluminium de l’oxyde. On a également superposé le
spectre d’aluminium permettant le calcul des hauteurs de
plateaux.
bilité de détermination simultanée de ces
paramètres
fondamentaux avec le spectre de rétrodiffusion
élas-tique
à 160° d’ions 7 Li de1,9
MeV sur une couchefor-mée à 60 V en milieu
carboxylique. L’oxydation
de lacouche est traduite par la marche sur le front de montée de l’aluminium et la
superposition
sur le spectre caractéristique
de la matrice d’aluminium dupavé
corres-pondant
à la rétrodiffusion surl’oxygène.
De même unecontamination initiale en
phosphore
est traduite par unpic
fin àplus
hauteénergie.
La déconvolutionschéma-tique
représentée
sur lafigure
5 illustre lapossibilité
demesure de
l’épaisseur
de cette couched’oxyde,
la meil-leureprécision
étant évidemment obtenue àpartir
dupavé
d’aluminium dansA1203.
Lalargeur énergétique
dupalier
conduit à la détermination del’épaisseur
par l’intermédiaire des relationsénergie-profondeur
déduites despouvoirs
d’arrêt de Li dansA1203
déter-minés àpartir
de la loipondérale
deBragg
et des tables de Northcliffe etSchilling [6].
Pour des interfaces nettes, laprécision s’étage
de 10 à 3%
pour desépaisseurs
comprises
entre 400 et 1 000Á.
Au-delà deces
valeurs,
l’insuffisance de lalargeur
dupalier
etl’effet de
straggling
constituent une limitation. Dans un casexposé ci-après,
l’interfacemétal-oxyde
est trèsperturbée.
Les variations de densité du milieu n’auto-risent alorsqu’à
donner un ordre degrandeur.
La stoechiométrie de la couche peut être déterminée
par
simple comparaison
de la hauteur despaliers
ainsi quel’indique également
lafigure
5. Pour unestoechio-métrie
A1203
le rapport de ces hauteurss’exprime
par :à
l’énergie
maximale derétrodiffusion,
DE correspon-dant au contenu d’un canal soit à uneépaisseur
dx.Avec
défini au
chapitre
précédent,
on aurapour ’Li de
1,9
MeV et 0 = 160°.Avec une
précision
de l’ordre de 6%
l’écart à la stoechiométrie n’excèdejamais 3 %
pour une formationdu type A.
L’influence du traitement B
apparaît
alors sur lesfigures
6 et 7(spectres B)
avec une réductionprévisible
del’épaisseur
et un écartmarqué
à la stoechiométrie(sous-stoechiométrie
enAl).
Une forte concentration enphosphore apparaît
danschaque
casplus marquée
etplus superficielle
pour l’échantillon ayant subi uneformation
phosphorique.
Pour le traitement C(Fig.
6et
7,
spectresC),
on note pour le traitementphospho-rique
une restauration de la couche en stoechiométrie et enépaisseur
accompagnée
d’une diminutionimportante
de la concentration en
phosphore
par ailleursplus
uniforme. Par contre, le traitement
carboxylique
dété-riorecomplètement
la couche : l’interface est détruiteet la zone
perturbée
est de l’ordre de 3 000À.
Cette constatation peutégalement
être faite àpartir
de laFIG. 6. - Spectres de rétrodiffusion élastique à l d0° d’ions 7Li
sur les échantillons correspondant aux traitements B(a) et C(a)
FIG. 7. -
Spectres de rétrodiffusion élastique à 160° d’ions 7Li sur les échantillons correspondant aux traitements B(b) et C(b)
en carboxylique.
distribution de
l’oxygène.
L’ensemble de ces résultats estconsigné
dans le tableau I.A
1,9
MeVl’emploi
desions 7 Li
ne permetl’analyse
du
phosphore
que sur uneépaisseur
de l’ordre de 700Á,
inférieure à celle de la couched’oxyde,
maisavec une résolution en
profondeur
de 150A.
Cette zone peut être étendue à 1 700A
avec desparticules
ce de3,5
MeV au détriment de la résolution enprofondeur
alors
égale
à 350A.
Cettecomplémentarité
d’emploi
des deux types departicules
est illustrée par lafigure
8 pour le traitement C encarboxylique.
Ces résultats ont été confrontés à ceux d’autres
méthodes
physiques d’analyse
dontl’emploi
de laréaction 2’Al(p,
y).
La résonance très fine(F
100eV)
de cette réaction à 992 keV adéjà
été utilisée par AmselFIG. 8. -
Comparaison des spectres obtenus sur les échantillons
aux stades B(039403940394) et C(111) du traitement carboxylique
en rétrodiffusion élastique de particules a de 3,5 MeV (,x) et
d’ions lithium de 1,9 MeV (Li). On peut voir les variations
identiques de la répartition en oxygène 1, en aluminium 2 et
en phosphore 3.
et al.
[8]
pour déterminer la stoechiométrie de couchesd’oxydation anodique
d’aluminium. Avec unelargeur
expérimentale
de 1 keV pour cetterésonance,
la résolu-tion enprofondeur
est de 135A
en surface mais se70
détériore
rapidement
avec lestraggling.
De la mêmefaçon
la stoechiométrie se déduit du rapport deshau-teurs de
plateaux
du rendement de la réactionquand
onanalyse
pardéplacement
de la résonance(variation
del’énergie nominale),
l’aluminium de la coucheoxydée,
puis
l’aluminium de la matrice. De même, la zoneéner-gétique
pourlaquelle
le rendement de la réaction estconstant pour Al dans
AI,03
permet de mesurerl’épaisseur
de la couche.Cependant,
avecl’épaisseur
de la
couche,
l’intervention dustraggling
etl’apparition
de nouvelles résonances à
plus
hauteénergie
font décroître laprécision.
L’accord tant pour lastoechio-métrie que pour
l’épaisseur
demeurecependant
excel-lent pour les couches à interfacedéfinie,
comme lemontre le tableau I. Il faut noter que la mise en oeuvre
de cette dernière méthode nécessite un temps environ
dix fois
supérieur
à laprécédente.
Enfin deux méthodesspécifiques
pour l’aluminepermettent
également
d’accéder auxépaisseurs : l’ellipsométrie
qui
suppose lacouche
homogène
et d’indice de réfraction connu et lesmesures de
capacité
en contre-électrodeliquide
ousolide. On constate
(Tableau I)
que ces résultats sontpour la
plupart
cohérents avec ceux obtenus parrétro-diffusion
élastique
et réaction27 AI(p,
y)
encore quesystématiquement
supérieurs (ellipsométrie)
ou infé-rieurs(capacités).
Leplus
marquant restecependant
le désaccord surl’épaisseur
déterminée par mesure capa-citive en contre-électrodeliquide,
pour la couche ayantsubi le traitement C en
carboxylique qui
manifeste parailleurs un comportement
électrique
satisfaisant[9].
Il est incontestable que dans ce cas
typique,
larétro-diffusion
élastique
seule lève cette incertitude sur les mesuresélectriques
etcomplète
lesrésultats,
sujets
àcaution,
del’ellipsométrie.
3.3 ETUDE DE COUCHES MINCES. - On retrouve
pour l’étude des couches minces les mêmes avantages à utiliser la rétrodiffusion
élastique
des ions lithium. La meilleure résolution enprofondeur
permet la mesured’épaisseurs
de couches très minces(
500À)
soit parl’élargissement
dupic
caractéristique
d’un des éléments ducomposé
soit par le recul du front du substrat surlequel
estdéposée
la couche. Laprécision
de cettedétermination est meilleure que dans le cas
précédent
(couches
épaisses), puisqu’obtenue
àpartir
d’unpavé
massif et non d’une marche. Laprincipale
indétermina-tionréside,
là encore, dans la connaissance des pou-voirs d’arrêt desparticules
pour des milieuxplus
oumoins
complexes.
La loi deBragg
demande enparti-culier dans le cas de certains
composés,
à être vérifiéeexpérimentalement.
Ceci est d’autantplus
vrai pour lesoxydes
ou nitruresprésentés
ici avec l’utilisation d’unpouvoir
d’arrêt déterminé pour un élément à l’état gazeux[10]. L’épaisseur
maximaleanalysable dépend
évidemment des constituants de lacouche,
mais on a vuqu’en
seplaçant
à laplus
hauteénergie
possible,
onétendait ce domaine tout en
gardant
la résolution enprofondeur optimale.
Ces considérations sont illustrées par lafigure
9 où sont donnés les spectres obtenus àFiG. 9. -
Spectre caractéristique de la rétrodiffusion d’ions 7Li à E = 1,9 MeV, 0 = 160°. En points noirs : couche de A1203
2 000 A autoportante. En triangles : couche évaporée de 1200 A,
sur support de carbone.
1,9
MeV 7 Li sur des couches de 1 200 et 2 000Á
deA1203 respectivement
autoportante etdéposée
sur unsupport
de carbone. Pour les couchesSiO,
Si02
etA1203,
cetteépaisseur
est de l’ordre de 3 500 à 4 000Á
si l’on étudie la contribution de l’aluminium ou dusili-cium,
mais peut êtreplus
faible dans le cas où diversesimpuretés
majeures
sontprésentes.
Parexemple
pour le nitrure d’aluminium obtenu parpulvérisation
catho-dique
diode en milieu argon[11 ] la séparation
alumi-nium-argon
nécessite 2 300Á
auplus
et laséparation
azote-oxygène
1 250À.
Le
plus important
dans cetteanalyse
de couches minces restecependant
la mesure de stoechiométrieavec une
grande précision.
Etant donné la validité de la relation de Rutherford à moins de 1%,
cette détermi-nation àpartir
del’intégrale
despics
des éléments de la couche aura uneprécision
essentiellementdépen-dante de la
statistique
du comptage. On a ainsi puconfirmer les résultats obtenus en
(d, p)
sur SiO(écart
à la stoechiométrie
théorique
2%)
et surA1203
(
3%) [12], [13]
mais en sedispensant
d’étalons,
cequi
constituel’avantage prépondérant
de la méthode. Pour les mesures absolues du nombred’atomes/cm2
on peuttoujours
se ramener à un étalonsimple
d’épais-seurmassique parfaitement
déterminée par toute autreméthode et utiliser là aussi la relation de Rutherford. La détermination de
profils
derépartition
d’un élément ducomposé
ou d’uneimpureté
de ces couches minces estégalement
affinée parl’emploi
d’ionslithium,
etparticulièrement
pour les élémentslégers,
comme on l’a vu au niveau de la résolution enprofondeur.
On peutainsi accéder à
l’interprétation
de certaines croissances de couches comme dansl’exemple
de lafigure
10,
avec unspectre
de rétrodiffusion d’ions6Li
de1,9
MeV obtenu sur une cible de nitrure d’aluminium[11 ].
Cette dernière a été obtenue parpulvérisation
réactivediode,
sans
pré-pulvérisation
de la cathode avantdépôt,
et sur un substrat refroidi par une circulation d’eau. La contamination de la cathode estresponsable
d’undépôt
d’alumine en début depulvérisation,
le nitrure étantsynthétisé
dès que la cathode est propre.L’importante
FIG. 10. -
Spectre de rétrodiffusion élastique 6Li sur une couche en nitrure d’aluminium, montrant l’évolution de la
couche d’oxyde pendant la pulvérisation.
l’excès d’aluminium obtenu lors des
dépôts
sur unsubstrat refroidi.
Le dernier volet de cette revue
d’applications
de la rétrodiffusionélastique
d’ions lithium concerne ladétermination de la
profondeur d’implantation
d’ions dans les couchesminces,
etplus particulièrement
ici d’ions160+
d’énergie
comprise
entre 10 et 40keV,
dans 3 000Á
demonoxyde
de silicium SiO[14].
Lafigure
11 montre les spectresreprésentatifs
de la zone nonimplantée
etimplantée (40
keV16O+
dose de 6Jlgjcm2).
On peut noter pour la zoneimplantée
quel’excès
d’oxygène correspond
à un défaut de silicium.FIG. 11. - Spectre de rétrodiffusion élastique d’ions 7Li sur une couche de SiO 300 A non implantée (AAA) et implantée
en 160+ 40 keV (...). Les spectres superposés ne sont pas
normalisés pour permettre une meilleure différenciation. En
encadré, on a donné la répartition de l’oxygène implanté par
soustraction des pics correspondant à l’oxygène.
La modification de la
composition
du film inhérente àl’implantation
traduitl’élargissement
despics
repré-sentés par ailleurs pour deuxintégrations
du courant Li totallégèrement
différentes.Après
normalisation desspectres et soustraction de la contribution en
oxygène,
on donne(cf.
encadré de laFig.11)
la courbe derépar-tition en
profondeur
des ionsoxygène
implantés.
La surfaceintégrée
estproportionnelle
à la doseimplantée
et la
profondeur
depénétration
peut être mesurée. Un écart maximal de 20%
pour des ions de 10 keV à 40 keV avec la théorie de Lindhart pour descomposés
à deux corpsapparaît
satisfaisant étant donné que ni lamodification continue de stoechiométrie ni l’auto-diffusion
possible
des ions dans la couche ne sontpris
en compte.
L’intégration
despics
de silicium des couchesimplantée
et nonimplantée
permet par ailleurs de vérifierqu’il n’y
a pas desputtering
auxénergies
d’implantation
utilisées. Enfin la stoechiométrie de lazone
implantée
a pu être mesurée commeNo/Ns;
=1,31
à 40 keV pour une valeur
théorique
de1,30.
4. Conclusion. -L’emploi
d’ions lithium en rétro-diffusionélastique
semble constituer unapport
intéres-sant à unetechnique
actuellement trèsdéveloppée
pourl’analyse
des couches minces et des surfaces.Compte
tenu des limitations inhérentes aux ions de
plus
enplus
lourds au niveau de la résolution des
détecteurs,
cesions lourds
légers
semblent actuellement réaliser le meilleurcompromis
entresélectivité, sensibilité,
réso-lution enprofondeur
etprofondeur
d’analyse.
Comme pour lamajorité
des ionslourds,
une étudeexpérimen-tale
plus
fine reste nécessaire pour déterminer avec unemeilleure
précision
lespouvoirs
d’arrêt et parcours,surtout dans les milieux
complexes.
Al’exception
desmesures de stoechiométrie
globale,
laqualité
de toutesles informations en
dépend.
Demême,
l’évolution de larésolution des détecteurs à barrière de surface avec
l’énergie
de l’ion détecté doit être établie avec uneplus
grande précision.
Ces deux études fontl’objet
de tra-vaux en cours. Il est toutefois intéressant desouligner
ànouveau que pour ces ions
lithium,
le domained’éner-gie
de l’ordre duMeV,
c’est-à-direparmi
lesplus
accessibles auxpetits
accélérateurs,
conduit au meilleurcompromis
sur l’ensemble desperformances
attendues.De ce
point
de vue, l’extension du domained’énergie
del’accélérateur Van de Graaff de l’I. P. N.
Lyon
de2,6
MeV actuellement(limitation
au niveau de l’aimantà
900)
à 4 MeV constituerait ungain
appréciable.
Sanspréjuger
desperformances optimales
des détecteursactuels,
ilapparaîtrait
également
intéressantd’entre-prendre
uneinvestigation
des ions de massevoisine,
comme 9Be et surtout lOBou 11 B.
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