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Sport et genres

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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1-Introduction :

1.1-Les rapports hommes/femmes, des rapports de classes ?

« Vieux débat que celui de l’opposition entre nature et culture »

(R.Thomas, avant-propos à Le sport et la femme : du mythe à la réalité, Carole A.Oglesby et call, Vigot, 1982 (ed initiale aux USA en 1978))

«Il n’est pas exagéré de comparer la masculinité à une noblesse »

(P.Bourdieu, La domination masculine, Paris, Liber, 1998)

1.2-Sport et genres : actualité, intérêt et nécessité :

« S’interroger sur féminin/masculin et activités physiques et sportives relève, aujourd’hui comme hier, de l’actualité, de l’intérêt et de la nécessité »

(Geneviève Fraisse (déléguée

interministérielle au droit des femmes), préface de Sport, école, société : la différence des sexes, féminin, masculin et activités sportives, Annick Davisse et Catherine Louveau, L’Harmattan, Paris, 1998).

« Fréquemment communes aux hommes et aux femmes aujourd’hui, la pratique physique n’en demeure pas moins le lieu d’expression de leurs différences (…) Des disciplines choisies aux façons de s’y adonner, il y a des pratiques physiques « de femmes » (…) comme il y a des pratiques physiques et sportives « d’hommes ». De là à dire que les pratiques sont sexués…il n’y a qu’un pas…

que nous n’hésitons pas à franchir » (C.Louveau, in Sport, école, société, ibid)

Sociologie – Licence 3 Document de prise de note

Chapitre 3

Sport et genres

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« Tous les sociologues estiment que le changement dans les relations entre les sexes est l’une des questions les plus importantes de notre époque »

(E.Dunning, Le sport, fief de la virilité, in Sport et civilisation, E.Dunning et N.Ellias, Fayard, 1998)

2-Du sexe au genre :

« On ne naît pas femme, on le devient » (Simone de Beauvoir, le deuxième sexe, 1949).

« Le processus de socialisation reste un moyen par lequel la société communique à un individu ce qu’elle attend de lui »

(Susan L.Greendorfer, Sport et socialisation, in Sport et femme, C.Oglesby, ibid)

2.1-Les origines culturelles de la « nature » féminine :

« Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme » (Pythagore, cité in Le deuxième sexe, S. de Beauvoir, 1949)

« Les différences visibles entre les organes sexuels masculins et féminins sont une construction sociale qui trouve son principe dans les principes de la raison androcentrique, elle même fondée dans la division des statuts sociaux assignés à l’homme et à la femme »

(P.Bourdieu, La domination masculine, Liber, Paris, 1998)

« L’homme est à la tête de la femme, comme le christ est à la tête de l’Eglise »

(Pape Léon XIII, cité in G.Duby et M.Perrot, Histoire des femmes, 1991)

(3)

« La femme est destinée à plaire à l’homme.

Si on la prépare à séduire et à se soumettre, elle se rendra agréable à l’homme au lieu de provoquer sa colère ; sa force réside dans ses charmes »

(J.J.Rousseau, cité par Betty Spears, Le mythe, in Le sport et la femme, C.Oglesby, ibid)

« Si la femme est faible par sa constitution même, la nature a donc voulu la rendre soumise et dépendante dans l’union sexuelle ; elle est donc née pour la douceur, la tendresse, et même pour la patiente, la docilité ; elle doit donc supporter sans murmurer le joug de la contrainte, pour maintenir la concorde dans la famille par sa soumission et par son exemple »

(Dr Virey, Dictionnaire des sciences médicales, 1801, cité par Yvonne Knibiehler, Les médecins et la « nature féminine » au temps du code civil, annales ESC n°4, juillet- août 1976)

« La femme est à l’homme ce que l’Africain est à l’Européen et le singe à l’humain » (Paul Topinard, anthropologue, 1873),

« Etre féminine, c’est se montrer impotente, futile, passive, docile »

(S. de Beauvoir, Le deuxième sexe, 1949)

« L’identité masculine est associée au fait de posséder, prendre, pénétrer, dominer et s’affirmer, si nécessaire par la force.

L’identité féminine, au fait d’être possédée, docile, passive, soumise »

(E.Badinter, XY, de l’identité masculine, odile jacob, 1992)

« Le premier devoir pour un homme est : ne pas être une femme »

(R.Stoller, Masculin ou féminin, PUF, 1989)

« la force particulière de la sociodicée masculine lui vient de ce qu’elle cumule et condense deux opérations : elle légitime une relation de domination en l’inscrivant dans une nature biologique qui est elle-même une construction sociale naturalisée »

(P.Bourdieu, La domination masculine, Liber, Paris, 1998)

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3-Les deux âges du féminisme…et du sport féminin :

3.1-De la fin du 19

ème

aux années folles, premier âge du sport et du féminisme :

« De par son anatomie spéciale, la femme est incapable des efforts que comporte tout sport (…) Il semble oiseux d’insister sur ce point qu’un sport n’est point un jeu de femme »

(Dr Héricourt, La femme dans le sport moderne, in La revue des deux mondes, 1900)

-1903, mouvement des suffragettes en Angleterre

-1906, création à Lyon de la société féminine de natation

« l’ondine », avec comme devise « l’émancipation féminine »

-1917 : création de la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (FSFSF, pdt Raoul Baudet puis Alice Milliat en 1919)

-1924, alignement de la scolarité et des diplômes par E.Herriot.

-1922, premier jeux mondiaux féminins -1928, première participation officielle aux JO

« La femme n’est point construite pour lutter mais pour procréer »

(Dr Maurice Boigey, Manuel scientifique d’EP, 1922)

3.2-Des années 30 au début des années 60, mer calme ou creux de la vague ?

-1944, droit de vote et éligibilité.

« Le but de l’exercice physique chez la femme est de la mettre à même de franchir plus aisément l’épreuve de la maternité. Nous voulons former des femmes saines qui nous garantissent une postérité robuste »

(Dr Friedrich, Le corps et le sport : les bases biologiques de l’EP, Paris, 1954)

3.3-Des années 60 aux années 80 : deuxième âge du sport féminin et du féminisme :

-1959, Loi Berthoin qui autorise la mixité (elle sera rendue obligatoire en 69)

-1967, loi Neurwirth autorisant la contraception.

-1975, Loi Weil autorisant l’IVG

-1981, création du Ministère des droits de femmes (Yvette Roudy)

-1983, égalité professionnelle

-2000, parité des listes aux élections municipales

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3.4-Des « modèles féminins » successifs :

-« La femme classique » -« la femme émancipée » -« la femme entrepreneuriale » -« la femme santé »

(Y.Travaillot, Sociologie des pratiques d’entretien, PUF, 1998)

4-Féminisme, domination masculine et sport ; essai d’état des lieux :

4.1-Quelques aspects actuels de la domination masculine :

4.1.1-Dans la sphère privée :

-Enquête INSEE : En 1985, une femme salariée consacrait 42’ par jour au soin matériel des enfants, pour 6’ pour un homme salarié.

-Enquête CNRS :

-De 1985 à 1998, augmentation du temps quotidien passé par les hommes aux taches domestiques : 11mn

-Temps consacré par semaine à l’éducation des enfants : Femmes = 25h/ Hommes = 12h

-Temps moyen passé par jour aux travaux ménagers en 2000 (Enquête INSEE) : Célibataires

H : 2h13 F : 2h48

En couple

H : 2h09 F : 4h12

En couple avec enfant(s)

H : 1h30 F :6h40

4.1.2-Dans le monde du travail :

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-%age d’infériorité du salaire moyen féminin

par rapport au salaire moyen masculin dans l’Union Européenne : Danemark -11,9% France -23,4%

Belgique -16,1% Italie -23,5%

Finlande -18,4% Espagne -26,3%

Allemagne -23,1% Portugal -28,3%

(issus de S.Bosio-valici & M.Zancarini-Fournel, Femmes et fières de l’être, Larousse, 2001)

« A compétence, formation et expériences égales, une femme sera toujours sous- employées »

(Rapport du service des droits des femmes, 1999)

-%age de salariés à temps partiel en 2001

Hommes Femmes

5% 31%

4.1.3-Dans le monde politique :

-Pourcentage de femmes dans les parlements en janvier 2000 :

Suède 47% Espagne 21,6%

Danemark 37,4% Portugal 18,7%

Finlande 37% Royaume Unie 18,4%

Allemagne 30,9% Etats Unis 12%

Belgique 23,3% Italie 11,1%

Suisse 23% France 10,9%

4.1.4-Autres réflexions…

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-En 1997, en Espagne, plus de 50 femmes sont tuées par leurs compagnons par an.

-En 2000, près de 40% des femmes estiment en avoir été victimes d’harcèlement sexuel (60% dans l’Europe du sud)

-En 1995 : une enquête du magazine Cosmopolitan auprès de 106000 femmes anonymes montrait que 24% d’entre elles disent avoir été violées.

4.2-De la domination à la violence symbolique :

« Plus j’étais traité comme une femme, plus je devenais femme. Je m’adaptais bon gré mal gré.

Si j’étais censée être incapable de faire des marches arrière ou d’ouvrir des bouteilles, je sentais, étrangement, que je devenais incompétente. Si l’on pensait qu’une valise était trop lourde pour moi, inexplicablement, je la jugeais telle, moi aussi »

(J.Morris, Conundrum, New York, 1974)

-« Les mathématiques sont souvent entendues comme une mesure des qualités intellectuelles les plus pures et les plus abstraites, et comme le terrain de prédilection des intelligences supérieures. Il y aurait grand avantage, pour perpétuer la hiérarchie des sexes, à en faire un apanage masculin naturel. Et l’idée en est couramment répandue »

(C.Baudelot et R.Establet, Allez les filles ! Seuil, 1992)

« Les filles incorporent, sous forme de schèmes de perception et d’appréciation difficilement accessibles à la conscience, les principes de la

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vision dominante qui les portent à trouver normal, ou même naturel, l’ordre social tel qu’il est et à devancer en quelque sorte leur destin, refusant les filières ou les carrières d’où elles sont en tous cas exclues, s’empressant vers celles auxquelles elles sont en tout cas destinées. La constance de l’habitus qui en résulte est ainsi un des facteurs les plus importants de la constance relative de la structure de la division sociale du travail »

(P.Bourdieu, La domination… , ibid.)

« Elles sont condamnées à donner à chaque instant les apparences d’un fondement naturel à l’identité minorée qui leur est socialement assignée »

(P.Bourdieu, ibid.)

« Le bonheur d’être femme jusque dans la subordination a été chanté surtout par des femmes, éprises jusqu’à la mystique de leur propre quiétude »

(Michelle Perrot, Préface de Un siècle…, ibid)

« Le fait est que les hommes rencontrent chez leur compagne plus de complicité que l’oppresseur n’en trouve habituellement chez l’opprimé ; et ils s’en autorisent avec mauvaise foi pour déclarer qu’elle a voulu la destinée qu’ils lui ont imposée »

(S. de Beauvoir, Le deuxième sexe, 1949)

-« Où se sent-on plus en sécurité qu’au bout d’un laisse ? »

(Françoise Giroud, cité par C.Bard, Le triomphe du familialisme, in Un siècle, ibid)

-Michel Bozon, Les femmes et l’écart d’âge entre conjoints : une domination consentie, 1990

-Enquêtes des années 40 :

-De Havelock Hellis : 1 garçon sur 100 souhaiterait être une fille, alors que 75% des filles souhaiteraient être un garçon.

-De Karl Pipal : Sur 20 garçons, 18 disent qu’ils aimeraient « mieux tout au monde que d’être une fille », alors que sur 22 filles 10 souhaitaient être des garçons.

4.3-Un sport à l’image de la société :

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4.3.1-Sport et travail, la part des femmes :

Classement des fédérations sportives olympiques ayant le plus grand nombre de licences femmes

1963 1970 1980 1990

Nombre de fédérations olympiques 22 22 25 27

Ski 1- 110.219 1- 232.642 2- 237.123 2- 223.889

Sports équestres 2- 26.819 3- 42.640 4- 75.802 4- 111.925

Gymnastique 3- 21.907 4- 41.763 6- 66.126 6- 78.000

Basket-ball 4- 21.712 2- 46.382 3- 147.131 3- 157.594

Natation 5- 13.909 5- 27.867 8- 40.397 7- 68.150

Athlétisme 6- 7.185 6- 21.829 9- 32.951 10- 40.262

Voile 7- 3.863 8- 15.077 11-

Volley-ball 8- 3.350 9- 8.818 10- 25.765 9- 48.038

Judo 9- 3.000 7- 20.100 5- 66.339 5- 91.103

Hand-ball 10 -2.514 10- 8.555 7- 48.121 8- 60.933

Tennis N.O N.O 1- 304.158 1- 456.881

%age 10 premières fédé S.O/tot S.O 97,21 97,30 92,25 95,57

%age 5 premières fédé S.O/tot S.O 88,19 81,77 73,40 74,45

(Chiffres issus de P.Arnaud, Le genre ou le sexe ?, in Histoire du sport féminin,ibid)

-Sur 455 professions recensées…

167 comptent moins de

10% de femmes

20 comptent moins de

10% d’hommes

-Comparaison des sportifs et sportives les mieux payés en 1998 :

Au monde En France

Jordan = 4x Graff Alési = 6xPérec

4.3.2-La phallocratie sportive :

-Première femme admise au CIO en…

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1981.

-Première femme présidente d’une fédération en… 1981 (la FFEPGV)

-Première femme présidente d’une fédération olympique en… 1998 (Equitation)

-En 2000, sur 60 DTN, 3 sont des femmes.

4.3.3- Le rôle des médias :

Mixité des milieux journalistiques

Femmes Hommes

Journalistes en général 70% 30%

Journalistes sportifs 5% 95%

« Soumises par le regard des hommes, les sportives sont jaugées à l’aune de leur féminité autant qu’elles sont évaluées en fonction de leurs résultats »

(F.Baillette et P.Liotard, Construction de la domination sportive, in Sport et virilisme, Quasimodo et Fils, Montpellier, 1999)

4.3.4-Un milieu particulièrement sexiste :

4.3.5-Le sport, un refuge pour mâles en crise ?

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-1992, E.Badinter, XY, de l’identité masculine.

-« le sport, fief de la virilité », de E.Dunning, in N.Ellias et E.Dunning, Sport et civilisation, la violence maîtrisée, 1994.

-Anne Saouter, La maman et la putain. Les hommes, les femmes et le rugby, Terrain n°25, 1995.

« Le sport –pratiqué, regardé, discouru- est et demeure fondamentalement constitutif de l’identité virile »

(C.Louveau, ibid)

4.4-Le sport, élément de la violence symbolique subie par les femmes :

« Nous nommons virilisme cette idéologie de la virilité, entendue comme le caractère de ce qui –dans le masculin- établit, accrédite, propage et renforce l’idée d’une supériorité des hommes sur les femmes. Ce caractère se fonde sur la croyance en une différence de nature entre les deux sexes et sélectionne les éléments propres à alimenter la hiérarchie homme/femme »

(F.Baillette et P.Liotard, Sport et virilisme, ibid)

« le propre d’une idéologie dominante, c’est qu’elle n’est même plus identifiée. Elle s’impose dans sa lumineuse évidence » (Françoise Thébaud et C.Bard, Les effets antiféministes de la Grande Guerre, in Un

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siècle…, ibid)

« Les valeurs sur lesquelles repose ce sport (compétition) sont celles-là mêmes qui contribuent à perpétuer l’exploitation, l’oppression et l’aliénation de la femme : compétition, rendement, sélection, hiérarchie, sexisme, virilité exacerbée, culte du muscle et de la réussite, etc. Ce n’est pas par le sport de compétition que les femmes pourront s’émanciper, mais par la lutte pour un autre statut dans la société »

(Quel corps ? Quelques réflexions sur le sport féminin, in Quel corps ? n°12/13, janvier 1979)

5-Sports masculins et sports féminins ; quelques constats.

5.1-Des sports « féminins » et des sports « masculins » :

Sports largement féminisées et qui ont de longue date été investies

par les femmes

Sports moyennement

féminisés Sports peu féminisés dans lesquels les effectifs féminins ont progressés

Sports dits de « tradition masculine »

-Gymnastique sportive et d’entretien

-Danse -GRS

-Sports équestres -Aérobic

-Sports de glace -Ski

-Natation -Golf -Tennis -Basket ball -Volley ball -Hand ball -Athlétisme

-Aviron -Voile -Canoë-Kayak -Ski nautique -Tir à l’arc -Judo

-Pratiques à forte implantation régionale (pelote Basque, joutes…) -Football

-Rugby -Cyclisme -Boxe -Lutte -Haltérophilie -Sports mécaniques -Surf

5.2-La place des représentations :

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5.3-l’Effet de l’âge :

-Part des filles dans les fédérations sportives scolaires et universitaires :

USEP UNSS FNSU

48% 43% 23%

5.4-l’Effet de la classe :

-taux de pratique en fonction de la CSP :

Cadres et professions intellectuelles ouvrières Agricultrices

90% 57% 49%

-taux de pratique en fonction du capital économique :

Gagne plus de 10.000f/mois Gagne moins de 4.000f/mois

78% 52%

-taux de pratique en fonction du niveau d’étude :

Bac+2 et plus CAP et moins

90% 53%

-taux de pratique en fonction du lieu de vie :

Paris Agglomérations de moins de 2000 hab.

82% 65%

-taux de pratique en fonction du nombre d’enfants :

Pas d’enfant 4 enfants ou plus

79% 55%

(chiffres de 1996)

« Dès lors que l’on s’autorise à sortir de chez soi pour exercer un métier, il reste vraisemblablement moins de chemin à parcourir pour s’autoriser à sortir de chez soi pour les loisirs »

(14)

(C.Louveau, ibid)

6-Les logiques de différenciations hommes/femmes :

6.1-Intérieur/extérieur

-Sur la connotation sexuelle des espaces :

G.Durand, Les structures anthropologiques de l’imaginaire, 1969.

6.2-être/paraître

« La domination masculine, qui constitue les femmes en objets symboliques, dont l’être est un être-perçu, a pour effet de les placer dans un état permanent d’insécurité corporelle ou, mieux, de dépendance symbolique : elles existent d’abord par et pour le regard des autres » (P.Bourdieu, La domination…, ibid) « Une olympiade femelle est impensable : elle est impraticable, inesthétique et incorrecte »

« Si les femmes sont soigneusement dégagées de l’élément spectacle, il n’y a aucune raisons de les proscrire »

(P.De Coubertin, Pédagogie sportive, 1922)

« Mag Vincelot dit dans son livre « Sois belle » que la femme a le devoir d’être belle.

Laissez-moi y ajouter le message des auteurs : elle se doit en plus d’être sportive » (Prince Alexandre de Mérode, Vice président du CIO, préface de La femme et le sport en questions, Dr L.Broeckoert (comité olympique Belge) et Dr L.Baeyens, Acco, 1990)

« D’une façon plus générale, pour un homme,

« être en forme », c’est posséder des qualités

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organiques invisibles ou cachées qui le prédisposent à l’action, tandis que pour une femme, « être en forme », c’est au sens étymologique, (re)trouver la beauté corporelle telle qu’elle est définie par les canons en vigueur dans la classe dominante » (C.Louveau, La forme, pas les formes ! Simulacres et équivoques dans les pratiques physiques féminines, in Sport et société, C.Pociello, Vigot, 1981)

« C’est l’image qu’elle donne d’elle même qui fait la femme, comme c’est l’action qui fait l’homme »

(P.Bourdieu, La domination masculine, Liber, Paris, 1998)

6.3-L’axe fondamental : passivité/activité :

« Être un homme implique un travail, un effort qui ne semble pas être exigé de la femme. (…) Devoir, preuves, épreuves, ces mots disent qu’il y a une véritable tâche à accomplir pour devenir un homme »

(E.Badinter, XY de l’identité masculine, Odile Jacob, Paris, 1992)

« Imprégné de féminin durant toute sa vie intra-utérine, puis identifié à sa mère aussitôt né, le petit mâle ne peut se développer qu’en devenant le contraire de ce qu’il est à l’origine »

« L’homme viril incarne l’activité. (…) L’intériorisation des normes de la masculinité exige un surplus de répression des désirs passifs, notamment celui d’être materné » (E.Badinter, ibid.)

« Etre un homme est la bataille sans fin de toute une vie »

(N.Mailer, Prisonnier du sexe, Laffont, 1971)

« Ce n’est pas la mère qui engendre ce qu’on appelle son enfant : elle n’est que la nourrice du germe versé dans son sein ; celui qui

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engendre, c’est le père. La femme comme un dépositaire étranger reçoit le germe et s’il plaît aux dieux elle le conserve »

(Apollon, Les Euménides d’Eschyle, cité par S. de Beauvoir, ibid.)

« Elle ne fait pas vraiment l’enfant : il se fait en elle ; sa chair engendre seulement de la chair »

(S. de Beauvoir, Le deuxième sexe, 1949)

6.4-Des motricités symboliques :

-Nicole Dechavanne, La division sexuelle du travail gymnique. Un regard sur la gymnastique volontaire, in Pociello, Sport et société, ibid

6.5-Nature et culture toujours en débat :

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« la notion de conformité du jeu à un rôle sexuel est déjà intégré à 1 ans »

(Susan Greendorfer, ibid)

-Etude de C.A.Seavey, P.A.Katz, S.R.Zalk, Baby X : the effect of gender labels on adult responses to infants, in Sex Roles, 1975

-Etude de Zella Luria, Genre et étiquetage : l’effet Pirandello, 1991

« Dans les collèges ou lycées, tandis que des filles pratiquent le rugby ou la lutte, des garçons du même âge ou plus jeunes sont initiés et souvent perfectionnés à la danse classique. Cette situation peut, à l’évidence, provoquer certains troubles psychologiques chez de jeunes adolescents encore à la recherche de leur véritable identité

(Q° écrites aux parlementaires de Mr Eric Raoult, JO du 28 janvier 1991, cité par A.Davisse, ibid)

7-L’émancipation par le sport : mythe et réalité.

7.1-Le sport féminin comme expression de la situation de domination :

7.2-Etre sportive et féministe : une contradiction ?

(18)

« Le sport reste la seule occupation humaine où les femmes acceptent le principe qu’elles sont inférieures à l’homme et incapable de concourir avec lui »

(Jean Girodoux, Le sport, Grasset, 1928)

« l’EP et le sport dotent les fillettes et les jeunes filles d’une santé et d’une force qui, sans nuire à leur grâce naturelle, les rendent plus aptes à remplir dans l’avenir le devoir social qu’on attend d’elles »

(A.Milliat cité par P.Arnaud in Le militaire, l’écolier, le gymnaste, 1986)

« n’oublie jamais ta mission de femme. Tu aimes le stade, préfère-lui la maison » (M.T.Eyquem, reprenant les consignes des sportives catholiques, La femme et le sport, 1944)

« Soyez cyclotouristes tant que vous voudrez, mais ne devenez jamais cyclistes. On a vu en France, des femmes se pencher sur des vélos de course, casque en tête, et pédaler aveuglément contre la montre ou sur des distances trop longues. Les femmes sont résistantes, certes, mais le démon de la compétition en des épreuves de ce genre, leur fait outrepasser leurs forces. La bave à la bouche, à l’arrivée, elles s’effondraient. Folie ! »

(M.T.Eyquem, le femme et le sport, 1944)

« Si les revendications féministes couvrent un champ extrêmement vaste et diversifié, elles occultent totalement le sport ».

(P.Arnaud, Le genre ou le sexe ?…, ibid)

« Il y a peu de féministes militantes parmi les sportives ; de même n’y a-t-il guère d’allégations au sport dans les actions et mouvements féministes »

(C.Louveau, in C.Louveau et A.Davisse, ibid)

« La femme-athlète est une anomalie sociale (…) Pour accentuer sa féminité elle peut se vêtir de façon adéquate, ne pas prendre le sport au sérieux, rechercher ce qu’on appelle des disciplines sportives plus acceptables, ou encore réaffirmer les valeurs féminines de la société. De tous temps, la sportive s’est efforcée de se conformer aux caractéristiques féminines désirables »

(Patricia Del Rey, L’apologie de la sportive, in Sport et femme, C.Oglesby, ibid)

7.3-Etre performante et rester femme, l’impossible performance ?

« Les femmes ont sans doute prouvé qu’elles étaient à la hauteur de presque tous les exploits dont les hommes sont coutumiers, mais elles n’ont pas réussi à établir qu’en ce faisant, elles soient demeurées fidèles aux conditions nécessaires de leur existence et dociles aux prescriptions de la nature » (P.De Coubertin, l’Education des jeunes filles, in revue Olympique, 1902)

-JO de Tokyo en 1964 : 26,7% des médaillées

(19)

authentiques

-JO d’Albertville de 1992 : mise en place des tests de féminité.

7.4-Les obstacles dans l’accès à l’élite :

8-Conclusion :

-Pour en savoir plus :

-C.Louveau et A.Davisse, Sport, école, société : la différence des sexes, Paris, l’Harmattan, 1998.

-F.Baillette et P.Liotard, Sport et virilisme, Montpellier, Quasimodo et fils, 1998.

-P.Bourdieu, La domination masculine, Paris, Liber, 1998.

-S. de Beauvoir, Le deuxième sexe, 1949 (Ed Folio, 2001) -E.Badinter, XY, de l’identité masculine, Paris, Odile Jacob, 1992.

-C.Bard (dir), Un siècle d’antiféminisme, Paris, Fayard, 1999.

-P.Arnaud et T.Terret (dir), Histoire du sport féminin, Paris, l’Harmattan, 1996 (Tome 2 en priorité) -E.Dunning, Le sport, fief de la virilité, in Sport et civilisation, E.Dunning et N.Ellias, Fayard, Paris, 1998 -Quel corps ? Quelques réflexions sur le sport féminin, in Quel corps ? n°12/13, janvier 1979 (in J.P.Escriva et

H.Vaugrand, L’opium sportif, la critique radicale du sport de l’extrême gauche à Quel corps ? Paris, l’Harmattan, 1996.) C.Baudelot et R.Establet, Allez les filles ! Seuil, 1992

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