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Couples de variables al´ eatoires discr` etes

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2−2011-2012

D. Blotti`ere Math´ematiques

Chapitre XVIII

Couples de variables al´ eatoires discr` etes

Table des mati` eres

1 Couples, marginales et lois 2

2 Lois conditionnelles 3

3 Ind´ependance de variables al´eatoires 4

4 Formule de transfert pour les couples 4

5 Somme de variables al´eatoires 4

6 Covariance et coefficient de corr´elation lin´eaire 5

6.1 Covariance . . . 5 6.2 Coefficient de corr´elation lin´eaire . . . 6

(2)

Convention :Dans tout ce chapitre, on fixe un espace de probabilit´es (Ω,T, P). Toutes les variables al´eatoires (except´e celles des exemples) seront suppos´ees d´efinies sur (Ω,T, P).

1 Couples, marginales et lois

D´efinition (couple de variables al´eatoires discr`etes, premi`ere et deuxi`eme marginale, loi conjointe) 1. Un couple de variables al´eatoires discr`etes est une application :

Z: Ω→N2; ω7→(X(ω), Y(ω)) o`uX etY sont deux variables al´eatoires discr`etes (finies ou infinies).

2. Soit (X, Y) un couple de de variables al´eatoires discr`etes.

(a) La variableX est appel´ee premi`ere marginale du couple (X, Y).

(b) La variableY est appel´ee deuxi`eme marginale du couple (X, Y).

(c) La loi conjointe du couple (X, Y) est la donn´ee de :

P([X =x]∩[Y =y]) pour toutx∈X(Ω) et pour touty∈Y(Ω).

Exemple 1 :On dispose de deux d´es, un blanc et un rouge, tous deux non truqu´es, `a 4 faces num´erot´ees de 1

`

a 4. On lance ces deux d´es.

On noteB la variable al´eatoire ´egale au chiffre amen´e par le d´e blanc etRla variable al´eatoire ´egale au chiffre amen´e par le d´e rouge. On noteM = Max(B, R).

1. D´eterminerB(Ω) etM(Ω).

2. Calculer la loi du couple (B, M) et repr´esenter le r´esultat `a l’aide d’un tableau `a double entr´ee.

M\B 1 2 3 4

1

2

3

4

3. Comparer (B, M)(Ω) etB(Ω)×M(Ω).

Notation :SoitX une variable al´eatoire discr`ete et soitf:X(Ω)→Rune application.

Le symbole

X

x∈X(Ω)

f(x) repr´esente :

















n

X

i=1

f(xi) siX est finie etX(Ω) ={x1, x2, . . . , xn}

+∞

X

i=1

f(xi)

| {z }

si convergence

siX est infinie etX(Ω) ={x1, x2, . . . , xn, . . .}

(3)

Th´eor`eme 1 (propri´et´e de la loi conjointe) : Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes.

Alors les s´eries ´eventuelles qui apparaissant dans la formule suivante (dans le cas o`u X ouY est infinie) sont convergentes et on a :

X

y∈Y(Ω)

 X

x∈X(Ω)

P([X =x]∩[Y =y])

= X

x∈X(Ω)

 X

y∈Y(Ω)

P([X=x]∩[Y =y])

= 1.

Preuve du th´eor`eme 1 dans le cas o`uX etY sont finies

Exemple 1 (suite) :La somme de tous les nombres dans le tableau `a double entr´ee donnant la loi conjointe de (B, M) vaut 1. On v´erifie donc :

4

X

i=1

4

X

j=1

P([B=i]∩[M =j])

| {z }

somme de lai-i`eme colonne

=

4

X

j=1

4

X

i=1

P([B=i]∩[M =j])

| {z }

somme de laj-i`eme ligne

= 1.

Th´eor`eme 2 (de la loi conjointe aux lois des marginales) :Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes.

1. Loi de la 1`ere marginale `a partir de la loi conjointe

La s´erie qui apparaˆıt ´evetuellement dans la formule suivante (siY est infinie) est convergente et on a :

∀x∈X(Ω), P([X =x]) = X

y∈Y(Ω)

P([X =x]∩[Y =y]).

2. Loi de la 2`eme marginale `a partir de la loi conjointe

La s´erie qui apparaˆıt ´evetuellement dans la formule suivante (siX est infinie) est convergente et on a :

∀y∈Y(Ω), P([Y =y]) = X

x∈X(Ω)

P([X=x]∩[Y =y]).

Preuve du th´eor`eme 2 dans le cas o`uX est finie etY est infinie

Exemple 1 (suite)

1. D´eterminer la loi de la premi`ere marginale B du couple (B, M), `a l’aide de la loi conjointe de (B, M).

2. D´eterminer la loi de la deuxi`eme marginaleM du couple (B, M), `a l’aide de la loi conjointe de (B, M).

2 Lois conditionnelles

D´efinition (lois conditionnelles) :Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes.

1. Soity∈Y(Ω). La loi conditionnelle deX par rapport `a [Y =y], not´eeX /[Y =y], est la donn´ee de : P([X =x]/[Y =y])

pour toutx∈X(Ω).

2. Soitx∈X(Ω). La loi conditionnelle deY par rapport `a [X=x], not´eeY /[X =x], est la donn´ee de : P([Y =y]/[X=x])

pour touty∈Y(Ω).

Exemple 2 :SoientX etY deux variables al´eatoires discr`etes infinies telles que : (A) Y ∼ P(6)

(B) ∀m∈N, X /[Y =m]∼ B(m,13).

D´eterminer la loi deX.

(4)

3 Ind´ ependance de variables al´ eatoires

D´efinition (notions d’ind´ependances de variables al´eatoires) 1. Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes.

On dit queX etY sont ind´ependantes si :

∀x∈X(Ω), ∀y∈Y(Ω), P([X =x]∩[Y =y]) =P(X =x)×P(Y =y).

2. Soient X1, X2, . . . , Xn des variables al´eatoires discr`etes.

(a) Les variables al´eatoiresX1, X2, . . . , Xn sont dites deux `a deux ind´ependantes si :

∀(i, j)∈J1, nK

2 tel quei6=j, les variables al´eatoiresXi et Xj sont ind´ependantes.

(b) Les variables al´eatoires X1, X2, . . . , Xn sont dites mutuellement ind´ependantes si quels que soient x1∈X1(Ω),x2∈X2(Ω),. . .,xn∈Xn(Ω) :

P([X1=x1]∩[X2=x2]∩. . .∩[Xn=xn]) =P([X1=x1])×P([X2=x2])×. . .×P([Xn=xn]).

Exemple 1 (suite) : Montrer que les variablesB etM ne sont pas ind´ependantes.

Th´eor`eme 3 (transformation de variables al´eatoires ind´ependantes)

SoientX etY deux variables al´eatoires. Soientf:X(Ω)→Retg:Y(Ω)→Rdeux applications. Alors on a : X etY ind´ependantes =⇒ f(X) etg(Y) ind´ependantes.

4 Formule de transfert pour les couples

Th´eor`eme 4 (formule de transfert pour les couples)

Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes. Soit u:N2 → R une application. On suppose que la variable al´eatoireZ=u(X, Y) admet une esp´erance (hypoth`ese vide siZ est finie).

Alors les s´eries qui apparaissent ´eventuellement dans la formule suivante convergent et on a :

E(Z) = X

x∈X(Ω)

 X

y∈Y(Ω)

u(x, y)P([X =x]∩[Y =y])

.

Exemple 1 (suite) : SoitS=B+M. CalculerE(S), sans d´eterminer la loi deS.

5 Somme de variables al´ eatoires

Th´eor`eme 5 (loi de la somme de deux variables al´eatoires) :Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes.

1. S =X+Y est une variable al´eatoire discr`ete.

2. La loi deS est donn´ee par :

∀s∈N, P(S=s) = X

x+y=s

P([X =x]∩[Y =y]).

3. SiX etY admettent une esp´erance (hypoth`ese vide siX et Y sont finies), alorsS admet une esp´erance et on a :

E(S) =E(X) +E(Y).

Exemple 1 (suite) : Calculer la loi deS=B+M et retrouver E(S).

(5)

Th´eor`eme 6 (somme de nvariables al´eatoires de Bernoulli ind´ependantes et de mˆeme loi) Soitp∈]0,1[. SoientX1, X2, . . . , Xn des variables al´eatoiresmutuellement ind´ependanteset suivant toutes la loi B(p).

Alors on a :

X1+X2+. . .+Xn ∼ B(n, p).

Preuve du th´eor`eme 6

Th´eor`eme 7 (somme de variables al´eatoires binomiales ind´ependantes de mˆeme param`etrep) Soientm, n∈N. SoientX etY deux variables al´eatoires discr`etes telles que :

(A) X∼ B(m, p) (B) Y ∼ B(n, p)

(C) X et Y sontind´ependantes.

Alors on a :

X+Y ∼ B(m+n, p).

Preuve du th´eor`eme 7

Th´eor`eme 8 (somme de variables al´eatoires de Poisson ind´ependantes) Soientλ, µ∈R+∗. SoientX etY deux variables al´eatoires discr`etes telles que :

(A) X∼ P(λ) (B) Y ∼ P(µ)

(C) X et Y sontind´ependantes.

Alors on a :

X+Y ∼ P(λ+µ).

6 Covariance et coefficient de corr´ elation lin´ eaire

6.1 Covariance

Th´eor`eme 9 (esp´erance d’un produit dans le cas o`u il y a ind´ependance)

Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes. On suppose que X et Y admettent toutes deux un moment d’ordre 2 (hypoth`ese vide siX et Y sont finies). Alors on a :

X etY ind´ependantes =⇒

XY admet une esp´erance et

E(XY) =E(X)E(Y).

Exemple 1 (suite) : Calculer l’esp´erance de la variable al´eatoireBR.

D´efinition (covariance) : Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes. On suppose que X et Y admettent toutes deux un moment d’ordre 2 (hypoth`ese vide si X et Y sont finies). Alors la covariance deX etY est d´efinie par :

Cov(X, Y) =E((X−E(X))(Y −E(Y))) =E(XY)−E(X)E(Y).

♥ Remarque 1

1. On a, d’apr`es le th´eor`eme 9 :

X et Y ind´ependantes =⇒ Cov(X, Y) = 0 mais la r´eciproque est fausseen g´en´eral.

2. La covariance deX etY est un indicateur de la d´ependance entre les variablesX et Y. Exemple 1 (suite) : Calculer Cov(B, R) et Cov(B, M).

(6)

Th´eor`eme 10 (propri´et´es de la covariance)

1. Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes. On suppose queX etY admettent toutes deux un moment d’ordre 2 (hypoth`ese vide siX etY sont finies).

(a) Cov(X, Y) = Cov(Y, X) (b) Cov(X, X) =V(X)

(c) X+Y admet un moment d’ordre 2 et on a :

V(X+Y) =V(X) +V(Y) + 2 Cov(X, Y)

2. SoientX1, X2, . . . , Xn des variables al´eatoires admettant chacune un moment d’ordre 2. AlorsX1+X2+ . . .+Xn admet un moment d’ordre 2 et on a :

V(X1+X2+. . .+Xn) =V(X1) +V(X2) +. . .+V(Xn) + 2 X

1≤i<j≤n

Cov(Xi, Xj).

Preuve du th´eor`eme 10

Th´eor`eme 11 (variance d’une somme dans le cas o`u il y a ind´ependance)

1. Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes. On suppose queX etY admettent toutes deux un moment d’ordre 2 (hypoth`ese vide siX etY sont finies).

AlorsX+Y admet un moment d’ordre 2 et on a :

X et Y ind´ependantes =⇒ V(X+Y) =V(X) +V(Y).

2. Soient X1, X2, . . . , Xn des variables al´eatoires admettant chacune un moment d’ordre 2.

AlorsX1+X2+. . .+Xn admet un moment d’ordre 2 et on a :

X1, X2, . . . , Xn deux `a deux ind´ependantes =⇒ V(X1+X2+. . .+Xn) =V(X1)+V(X2)+. . .+V(Xn).

Preuve du th´eor`eme 11

Exemple 3 :Soient p∈]0,1[ et n∈N. Soit X une variable al´eatoire de loiB(n, p). Retrouver l’esp´erance et la variance deX `a l’aide des th´eor`emes 6 et 11.

6.2 Coefficient de corr´ elation lin´ eaire

D´efinition (coefficient de corr´elation lin´eaire) : Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes.

On suppose queX et Y admettent toutes deux un moment d’ordre 2 (hypoth`ese vide siX etY sont finies).

On suppose queσ(X)6= 0 etσ(Y)6= 0.

On d´efinit le coefficient de corr´elation lin´eaireρ(X, Y) du couple (X, Y) par : ρ(X, Y) = Cov(X, Y)

σ(X)σ(Y).

Th´eor`eme 12 (propri´et´es du coefficient de corr´elation lin´eaire) : Soit (X, Y) un couple de variables al´eatoires discr`etes. On suppose queX etY admettent toutes deux un moment d’ordre 2 (hypoth`ese vide siX etY sont finies).

1. −1≤ρ(X, Y)≤1

2. ρ(X, Y) =±1 si et seulement si il existe (a, b)∈Rtel queP(Y =aX+b) = 1

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