État des lieux de la formation tout au long de la vie (FTLV) au Maroc et attentes

43  Download (0)

Texte intégral

(1)

RAPPORT DU SÉMINAIRE DE LANCEMENT DU PROJET

S

AMELioration de la Formation tout au long de la vie dans l’Enseignement Supérieur au Maroc

État des lieux de la formation tout au long de la vie (FTLV) au Maroc et attentes

I : Synthèse du cadre législatif de la FTLV au Maroc et recommandations

II : Bilan de la FTLV au sein des universités et des EES au Maroc, analyse et recommandations

III : La FTLV au sein des entreprises, les pratiques et les besoins

Cofinancé par le programme Erasmus+

de l’Union européenne

Mars 2020

(2)

Message de SM le Roi Mohammed VI

adressé aux participants du 33ème Congrès international portant sur l’Efficacité et l’Amélioration des Ecoles, organisé à Marrakech le 06 janvier 2020 :

« La reconnaissance de l’éducation, comme question universelle et droit humain fondamental, s’illustre par l’adhésion unanime de la communauté internationale autour du quatrième Objectif du Programme de Développement durable à l’horizon 2030, ainsi que par l’engagement subséquent des gouvernements à le concrétiser, en favorisant un accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et en promouvant les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie »

© Projet Erasmus+ Amel1

1« Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne. Cette publication n'engage que son auteur, et la Commission ne peut être tenue responsable de l'utilisation des informations qui y sont contenues. »

(3)

TABLE DES MATIÈRES

Remerciements ... 4 INTRODUCTION ... 5 PARTIE 1 : Synthèse du cadre législatif de la FTLV au Maroc ... 7

Législation et stratégies nationales marocaines 7

Cadre législatif ... 7 Financement ... 10 Critères qualité et évaluation ... 11

Théorie et pratiques en Europe 12

Cadre législatif dans une sélection de pays européens ... 12 Analyse ... 14

Recommandations 14

PARTIE 2 : Bilan de la FTLV au sein des universités et des EES au Maroc, analyse et recommandations ... 16

Méthodologie 16

Structure du questionnaire 17

Population cible 19

Analyse globale du questionnaire ES 20

Analyse détaillée par critère et par catégorie d’EES 24

Analyse du Critère 1 : L’adaptation des dispositifs d’accueil, d’information et d’accompagnement des apprenants ... 24

Analyse du Critère 2 : Ingénierie de formation et ingénierie pédagogique adaptées aux besoins des entreprises et des apprenants ... 25

Analyse du Critère 3 : Adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation ... 27

Analyse du Critère 4 : Prise en compte des appréciations rendues par les apprenants29 Analyse du Critère 5 : Respect des obligations réglementaires ... 30

Recommandations d’amélioration de la qualité de la FTLV 32

PARTIE 3 : Étude auprès du secteur socio-économique ... 33

Structure du questionnaire 33

Population cible 35

Analyse du Questionnaire Fédérations 36

Analyse du Critère 1 : Dispositifs d’accueil, d’information et d’accompagnement des

entreprises/salariés ... 36

(4)

Analyse du Critère 2 : Relations avec les EES ... 37 Analyse du Critère 3 : Identification des besoins ... 38 Analyse du Critère 4 : Démarche qualité & Amélioration Continue ... 39

Constats et Recommandations 40

CONCLUSION ... 42

(5)

Remerciements

L’état de la législation marocaine et européenne concernant la formation tout au long de la vie dans l’enseignement supérieur, et l’appréciation de la qualité de la formation tout au long de la vie dans les universités et les établissements publics et privés de l’enseignement supérieur au Maroc et auprès du secteur industriel, n’auraient pu voir le jour sans le précieux concours de nombreuses personnes et de plusieurs institutions.

Nos vifs remerciements vont notamment à Messieurs les Directeurs au ministère de l’enseignement supérieur de la recherche scientifique, Mohamed TAHIRI et Youssef LOULIDI, d’avoir mis à notre disposition toutes les données, les statistiques et les études concernant la formation continue dans l’enseignement supérieur au Maroc, et à Monsieur Mohamed SLASSI SENNOU, président du directoire de l'Observatoire des métiers et des compétences des branches professionnelles de la CGEM pour sa contribution à cette étude.

Nous remercions également les présidents et les vice-présidents des universités ainsi que les directeurs des établissements de l’enseignement supérieur et les présidents des Fédérations sectorielles pour leur collaboration et leur soutien pour renseigner les formulaires et les questionnaires mis à leur disposition.

Ainsi, nos vifs remerciements vont notamment à Monsieur Abdessalam EL KHANCHOUFI, Directeur du Centre de la Formation continue et de la certification à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah à Fès pour l’état de la législation relative à la FC et à la FTLV au Maroc, et à son Président de l’Université, Monsieur le Professeur Radouane MRABET, pour sa collaboration et son soutien. Pour la partie européenne, nos remerciements vont à Monsieur Patrick WERQUIN, professeur au Cnam-Inetop pour l’étude sur les pratiques de la FTLV en Europe présentée à travers la définition de la FTLV, le contexte et le cadre législatif, et à Monsieur Bertrand COMMELIN, Directeur du développement des relations européennes et internationales du Cnam, pour avoir mis à la disposition du projet les compétences du Cnam, sans oublier l’apport de Gilles BENSAID, Directeur des partenariats au Cnam.

Notre gratitude et nos remerciements les plus sincères s’adressent aussi aux personnes ayant mené les enquêtes sur l’état de la FTLV dans les établissements de l’Enseignement Supérieur au Maroc d’une part et dans le secteur industriel d’autre part, avec à leur tête Madame Ilham BERRADA, professeure à l’Université Mohammed V, responsable de l’activité, Omar HNICHE, Vice-président, Abderrahim OUABBOU, Chef de Division de la formation continue (MENFPESRS), Toufik CHERRADI, partenaire et membre de la CGEM, S. CHARIF D’OUAZZANE, professeur à l’Ecole des Mines de Rabat, MARTIN DE BEAUCE Paul de l’ENTPE Lyon pour sa contribution à l’analyse des résultats de l’enquête, et Madame Meryem BOUTKHIL, du Département des Systèmes d'Information (UM5), sans oublier tous les participants au Séminaire de restitution et aux Ateliers thématiques d’échanges de bonnes pratiques, organisés à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah à Fès du 25 au 27 novembre 2019, sous la supervision de la coordinatrice du projet, Madame Dijana MIRVIC-PIEDNOIR, qui ont partagé leur expérience ainsi que leur savoir-faire.

(6)

INTRODUCTION

La Formation Tout au Long de la Vie (FTLV) fait l’objet d’une préoccupation majeure des pouvoirs publics au Maroc. Elle est gérée par plusieurs départements (Enseignement Supérieur, Education Nationale, Formation Professionnelle, Ministères) ainsi que par le secteur privé, mais ne dispose pas de textes législatifs pour la cadrer.

Promue par des organisations internationales (Commission européenne, OCDE, Unesco), la FTLV est un complément pour faciliter, ou accompagner, l’émergence de la société du savoir, dans le but de faciliter tous les changements qui l’accompagnent (sociaux, économiques et éducationnels). Dès lors, les universités et les établissements de l’enseignement supérieur sont attendues dans leur rôle de production et de dissémination du savoir pour fournir des opportunités de FTLV et aussi repenser toute la FTLV.

En dépit des initiatives, la situation actuelle de la FTLV au Maroc fait apparaître encore un certain nombre de lacunes parmi lesquels le manque d’un véritable cadrage réglementaire pour le développement de la formation continue dans les établissements de l’enseignement supérieur publics et privés, et la validation des acquis non encore pratiquée dans l’enseignement supérieur et très peu développée par ailleurs.

L’objectif principal de ce travail de synthèse est d’accompagner l'évolution de la réglementation dans le domaine de la FTLV dans l’enseignement supérieur au Maroc et de contribuer à la mise en place d’un dispositif national encadrant la formation tout au long de la vie (FTLV) dans le but d’améliorer sa pratique et son accessibilité,

Afin de consolider certaines expériences nationales réussies et intégrer les initiatives singulières dans un modèle global, cohérent et intégré délimitant les contours de la FTLV au Maroc (dispositifs d’accueil et d’information, accompagnement des apprenants, l’ingénierie de formation et les l’identification des besoins des entreprises, l’adéquation des moyens pédagogiques et matériels, la prise en compte des appréciations des apprenants et le respect des obligations législatives), plusieurs études ont été menées auprès des institutions, des universités et des EES au Maroc d’une part, et des fédérations des entreprises affiliées à la CGEM d’autre part pour cerner l’état de la législation marocaine et évaluer la qualité actuelle de l’offre de formation tout au long de la vie au Maroc.

Dans un premier temps, la législation marocaine sera comparée à la législation européenne pour comprendre les enjeux, discuter des termes de la Formation Tout au long de la Vie et de la formation continue, ou même peut être de formation pour adultes (adult learning), pour cerner les manquements de la législation marocaine en comparaison avec les pratiques européennes et la manière d’aborder la FTLV.

D’autre part, l’enquête d’appréciation de la qualité de la formation tout au long de la vie dans les universités et les établissements de l’enseignement supérieur au Maroc aborde le volet qualitatif des actions de FTLV dans les Etablissements d’Enseignement Supérieur au Maroc en complément des précédentes enquêtes d’Evaluation et de contrôle de la gestion de la formation continue dispensée par les universités, réalisées en 2015 par la Cour des comptes, puis l’Etat des lieux et perspectives de développement de la formation continue dans l’enseignement supérieur public au Maroc mené en 2017-2018 par le MENFPESRS et dont les résultats ont été exposés lors du Séminaire de restitution et de concertation nationale organisé à l’USMBA à Fès.

(7)

Finalement, l’enquête sur les pratiques et les besoins du monde économique en matière de FTLV sont menées pour apprécier d’une part la qualité de la participation des fédérations d’entreprises dans la formation continue et la formation tout au long de la vie (FTLV), et d’autre part d’identifier les attentes des entreprises en niveaux d'études et en profils.

Les questionnaires des deux enquêtes ont été conçus et réalisés par une équipe mixte mettant à contribution le Ministère de tutelle, la CGEM, l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Rabat et l’Université Mohammed V de Rabat en charge de la mise en œuvre du WP2 du projet Erasmus+ Amel.

(8)

PARTIE 1 : Synthèse du cadre législatif de la FTLV au Maroc

Sous la responsabilité de l’USMBA2 à Fès et en collaboration avec le Cnam3 à Paris, les textes en vigueur ont été analysés et comparés avec la législation européenne en matière de FTLV. L'objectif est de faire un bilan, de déceler les manquements de la législation marocaine et de proposer des orientations pour la mise en œuvre de textes juridiques adéquats.

L’étude a été menée sous la responsabilité de Monsieur Abdessalam EL KHANCHOUFI, Directeur du Centre de la Formation continue et de la certification à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah à Fès pour l’état de la législation relative à la FC et à la FTLV au Maroc, et Monsieur Patrick WERQUIN, professeur au Cnam-Inetop pour l’étude sur les pratiques de la FTLV en Europe.

Législation et stratégies nationales marocaines

La FTLV a fait ainsi partie des objectifs du Plan d’Action 2017-2022 du MENFPESRS4 marocain et de la Vision Stratégique de la Réforme 2015-2030 élaboré par le Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique qui recommande la mise en œuvre d’un modèle intégré d’enseignement et de formation tout au long de la vie et l’adoption d’un système unifié de validation des acquis cognitifs et professionnels des individus.

Cadre législatif

L’article 31 de la Constitution marocaine de 2011 appelle à la mobilisation de tous les moyens à disposition pour faciliter l’égal accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir des droits :

- à une éducation moderne, accessible et de qualité ;

- à la formation professionnelle et à l’éducation physique et artistique.

Déjà la Charte Nationale de l’Education et de la Formation de 1999, en particulier les paragraphes 52 à 59 préconisent entre autres le droit et le devoir de la FTLV et la validation des qualifications et la reconnaissance des acquis par les bilans de compétences :

- Paragraphe 52 : la formation continue est un facteur essentiel pour répondre aux besoins en compétences des entreprises, et les accompagner dans le contexte de la globalisation des économies et de l'ouverture des frontières. En permettant l'adaptation et le développement des qualifications, suivant les évolutions technologiques et les nouveaux modes de production et d'organisation. Elle contribue à assurer la compétitivité du tissu productif, favorisant ainsi la préservation de l'emploi et l'accès à de nouveaux métiers et améliore, par voie de conséquence, les conditions économiques et sociales des apprenants.

2 Université Sidi Mohammed Ben Abdellah

3 Conservatoire National des Arts et Métiers

4 Ministère de l’Education Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur, et de la Recherche Scientifique

(9)

- Paragraphe 53 : Le système de formation continue doit concerner l'ensemble des populations en cours d'emploi ou menacées de perdre leur emploi (reconversion).

- Paragraphe 54 : La diversité des secteurs professionnels et les spécificités propres à chaque secteur en termes de développement des compétences liées à chaque métier exigent de mettre en place un système de formation continue contractualisé, adapté à chaque branche professionnelle, au niveau national et régional.

- Paragraphe 55 : Le système de formation continue s'appuiera sur des actions de différentes formes, basées sur : des bilans de compétences, permettant à chaque individu de faire valider ses acquis professionnels et de déterminer ses besoins en formation.

- Paragraphe 56 : Le système de formation continue sera articulé autour de la logique du marché, seule capable d'accompagner de manière dynamique les besoins en compétences des entreprises. Il encouragera une implication forte des établissements d'éducation formation en partenariat avec les entreprises et les administrations.

- Paragraphe 57 : La réforme du système de formation continue s'appuiera sur une loi venant compléter ou ajuster les dispositifs existants. Dans le sens de la mobilisation collective et de l'encouragement des individus à la formation continue un capital temps sera réservé à cette dernière.

- Paragraphe 58 : Des ressources stables, provenant de subventions de l'Etat et d'une partie de la taxe de la formation professionnelle seront allouées à l'encouragement des actions de formation continue. Ces ressources seront gérées par une commission tripartite (Etat, employeurs, employés) ;

- Paragraphe 59 : Les mécanismes de formation continue seront développés de manière à atteindre l'objectif de faire participer, chaque année, au moins 20% des travailleurs, employés et fonctionnaires à des actions de formation continue. Une attention particulière sera portée aux besoins spécifiques des petites et moyennes

C’est en 2000 que la loi n° 01-00 portant organisation de l’enseignement supérieur (B.O N° 4800 du 1er juin 2000) a investi les universités et les établissements de l’enseignement supérieur ne relevant pas des universités de la mission de la formation initiale et la formation continue :

- Article 3 : Parmi les missions principales des Universités : la formation initiale et la formation continue. Les universités organisent des formations continues au profit des personnes engagées ou non dans la vie active pour répondre à des besoins individuels ou collectifs.

- Article 7 : Dans le cadre des missions qui leurs sont dévolues par la présente loi, les universités peuvent assurer par voie de convention, des prestations de services à titre onéreux, créer des incubateurs d'entreprises innovantes, exploiter des brevets et licences et commercialiser les produits de leurs activités.

- Article 18 : Le budget de l'université comprend : En recettes : les subventions de l'Etat ; les droits perçus au titre de la formation continue ; ….

(10)

La Vision Stratégique de la Réforme 2015-2030 élaborée par le Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique, notamment, dans le levier 19, intitulé : « Apprendre tout au long de la vie », recommande l’adoption d’une stratégie globale pour l’ATLV.

Le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental insiste sur la mise en place d’un système de FTLV et préconise entre autres d’encourager les universités, les instituts et les grandes écoles à s’impliquer activement et à augmenter leur offre, en quantité et en qualité, dans le domaine des activités de FC ;

La récente loi-cadre n° 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique (BO N° 6805 du 19 08 2019) définit la VAE et la FTLV dans son article 2 et appelle dans l’article 3 à assurer les opportunités de FTLV et faciliter ses conditions, en vue de lever le défi d’une société du savoir, et du développement du capital humain ;

- Article 2 : VAP5 et VAE6 : un mécanisme d'évaluation et de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle et des qualifications personnelles permettant au candidat de poursuivre ses études ;

FTLV : chaque activité d’apprentissage à tout moment de la vie dans le but de développer des connaissances, des aptitudes, ou des compétences dans le cadre d'un projet personnel, professionnel ou communautaire

- Article 3 : Offrir des opportunités d'apprentissage et de FTLV et en faciliter les conditions, pour gagner le pari de la société de la connaissance et le développement et la valorisation du capital Cette nouvelle loi vise à renforcer les capacités des Etablissements de l’enseignement supérieur7 à proposer et à diversifier des formations d’apprentissage tout au long de la vie. Elle vise aussi la mise en cohérence entre les offres des EES avec les besoins du marché du travail.

La loi n° 60-17 (B.0 2-5-2019) traite de l'organisation de la formation continue au profit des salariés du secteur privé, de certaines catégories de personnels des établissements et entreprises publics et d'autres personnes non-salariées qui exercent une activité privée :

- Article 7 : définit la population cible ;

- Article 8 : définit le Crédit Temps de Formation (CTF), 3 jours au minimum ouvrables cumulable pendant 5 ans ;

- Article 9 : définit les opérateurs de formation :

§ les EES et les autres établissements publics qui œuvrent dans la formation et conseil;

§ les organismes et établissements privés qui œuvrent dans la formation et conseil;

§ les établissements et les organismes publics et privés qui fournissent à leurs salariés des prestations de formation ;

- Articles 10 et 11 : fixent les conditions des VAEP ;

5 Validation des Acquis Professionnelles

6 Validation des Acquis de l’Expérience

7 EES

(11)

- Article 12 : désigne l’OFPPT8 (dahir ° 1-12-183 du 21-05-1974) gestionnaire de la formation continue selon les articles 13, 14, 15, 17, 18

La stratégie nationale de la formation professionnelle 2021 (SNFP) déployée par l’OFPPT compte assurer et garantir «la formation partout, pour tous et tout au long de la vie ». Elle ouvre de nouvelles perspectives d’accès à la formation professionnelle à toutes les populations, notamment à celles du milieu rural et des quartiers défavorisés, aux anciens détenus, aux chômeurs non diplômés et aux travailleurs non-salariés.

Au niveau des Régions, la loi-cadre 111-14, au Titre des compétences de la Région, mentionne dans son article 80 que « l’amélioration des capacités de gestion des ressources humaines et leur formations », l’article 81, « la création de centres régionaux de formation ainsi que des centres d’emploi et de développement des compétences pour l’insertion dans le marché de l’emploi ».

Pour renforcer l’employabilité des jeunes, le développement de l’esprit entrepreneurial et la libre initiative référentiel, un Référentiel des Métiers et compétences (REM/REC) a été mis en place. Il est mis à jour régulièrement. Le référentiel des emplois et des compétences contribue à identifier les compétences qui sont nécessaires pour le bon exercice des fonctions confiées.

Financement

En réponse à une forte attente des entreprises - notamment des TPME - en matière de soutien à la formation en cours d’emploi, le Gouvernement a mis en place un dispositif d'assistance financière à la formation, désignés par les Groupements interprofessionnels d’aide au conseil (GIAC), les Contrats spéciaux de formation (CSF) et la VAEP (Validation des Acquis de l’Expérience Professionnelle).

Les GIAC sont des associations constituées et gérées par les organisations et fédérations professionnelles d’entreprises. Neuf GIAC spécialisés dans chaque secteur (BTP, tourisme, agroalimentaire, TIC…) ont été créés depuis 1995. Leur mission : apporter une assistance technique et financière aux entreprises dans le cadre de leur plan de formation et les aider notamment à identifier leurs besoins en compétences (les GIAC remboursent par exemple jusqu’à 70 % des frais engagés pour l’ingénierie de formation).

Le système des CSF repose sur une gestion tripartite entre l’État, les entreprises et les salariés et permet aux entreprises de récupérer une partie du montant des dépenses engagés dans des actions de formation au profit de leurs salariés (jusqu’à 100 % pour les actions de formation planifiées groupées).

La VAEP a été mise en place en parallèle afin de valoriser et de reconnaître l’expérience des personnes n’ayant reçu préalablement aucune formation professionnelle de base. À l’issue du processus, le salarié décroche une attestation de reconnaissance des compétences acquises, ce qui lui permet d’accéder plus facilement à la promotion interne. La VAEP vient ainsi compléter le système et s’intègre dans le cadre du concept de formation « tout au long de la vie ».

La formation professionnelle est financée par différentes sources : État, entreprises, ménages, bailleurs de fonds (Fonds Hassan II), investisseurs privés… La Taxe de Formation Professionnelle (TFP) a été créée en 1974, la même année que l’OFPPT. Elle représente 1,6 % de la masse salariale des entreprises affiliées à la CNSS. Depuis 2007, le produit de la TFP est employé à 70 % pour les activités

8 Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail

(12)

de l’OFPPT et 30 % pour le dispositif de formation continue. En raison de la complexité des procédures des GIAC et des CSF, une part importante de ces 30 % reste inutilisée.

D’autre part, l’Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences 9 (loi 51-99, BO du 15/06/2000) met en place des programmes d’adaptation professionnelle et de formation insertion dans la vie active en liaison avec les employeurs et les établissements de formation parmi lesquelles :

Programmes Activités

IDMAJ : Contrat d’insertion professionnelle (CDI) pour les lauréats Bac+3 des Universités

Formation intra-entreprise fiancé par l’Etat à hauteur de 25000 dh pour une période d’apprentissage de 6 à 9 mois

Taahil : Formation pour l’employabilité dans des secteurs porteurs et renforcement des

compétences des personnes en activité (automobile, aéronautique, électronique, offshoring, énergies renouvelables…)

Financement varie entre 22000 et 66000 dh en fonction du secteur et en fonction des prérequis (formation pour l’insertion année 1)

Renforcement de compétence Année 2 et 3)

Critères qualité et évaluation

Les critères qualité des formations sont définis par le décret (n°2015-790) du 30 juin 2015. Pour s’assurer de la qualité des formations, les financeurs de la formation professionnelle continue doivent examiner si le prestataire de la formation respecte les six critères du contrôle qualité de toute formation continue définis par l’article R.6316-1 du Code du travail :

1. L’identification précise des objectifs de la formation et son adaptation au public formé ; 2. L’adaptation des dispositifs d’accueil, de suivi pédagogique et d’évaluation aux publics de

stagiaires ;

3. L’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation ; 4. La qualification professionnelle et la formation continue des personnels chargés des

formations ;

5. Les conditions d’information du public sur l’offre de formation, ses délais d’accès et les résultats obtenus ;

6. La prise en compte des appréciations rendues par les stagiaires.

L’évaluation de la FTLV est inscrite dans la mission de l'Agence nationale d'évaluation et d’assurance qualité de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique créée dans le cadre de la loi n° 80- 12. Le décret n° 2-19-16 pour l'application de l'article 5 de la loi prend en considération l’intégration de la FTLV dans l’offre de formation.

9 ANAPEC

(13)

Théorie et pratiques en Europe

Il existe une rareté relative de textes législatifs qui lient explicitement la FTLV et l’université (par rapport à la VAE, aux cadres, ou à la formation professionnelle). En revanche, tous les pays ont une stratégie/politique de FTLV (Kompetenz, Skills, même parfois LLE10), la FTLV étant un des objectifs du processus de Sorbonne-Bologne.

Les travaux en Europe (Kehm, 2001) montrent en effet un écart important entre le discours et la pratique de la FTLV, du fait d’incohérences. La FTLV a des objectifs contradictoires : instrument de démocratisation, d’équité d’opportunités, et de cohésion sociale pour améliorer l’employabilité en réponse à la globalisation et aux besoins de compétitivité (pourtant équité et opportunité ne vont pas bien ensemble). En outre, la compétitivité va à l’encontre du rôle de l’université, considérée plutôt comme un endroit de savoir.

Cadre législatif dans une sélection de pays européens

Sur le contexte législatif en Europe, les données et les références clefs somme toutes assez anciennes.

Beaucoup de lois « récentes » font référence à la FTLV, mais ce sont en fait des lois sectorielles (formation professionnelle et validation des acquis de l’expérience principalement). Voici quelques pays dans le détail :

a) Irlande (IRL)

Pas de loi mais des stratégies :

- « Ireland skills strategy 2025 »

https://www.education.ie/en/Publications/PolicyReports/pub_national_skills_strategy_202 5.pdf

- « National Strategy for Higher Education to 2030 »

https://hea.ie/assets/uploads/2017/06/National-Strategyfor-Higher-Education-2030.pdf

b) Allemagne (DEU)

Il y a autant de lois que de Länder (toute l’éducation est du domaine des Länder, y compris l'université, par exemple Rhénanie-du-Nord Westphalie :

https://recht.nrw.de/lmi/owa/br_text_anzeigen?v_id=1 0000000000000000654

Les Länder sont notamment responsables du financement des universités, même si les bourses et les investissements d’infrastructure bénéficient d’une aide fédérale. La formation professionnelle est du domaine des Chambres de commerce et d’industrie, et des Chambres des métiers). Il y a une stratégie nationale sur la formation des adultes.

10 Lifewide Learning and Education

(14)

c) Norvège (NOR)

Les caractéristiques qui définissent la stratégie de la FTLV en Norvège sont :

- réforme de la compétence (1999, cadre très élaboré quant aux droits des individus : droits réels, opposables) ;

- égalité entre l’enseignement général et la formation professionnelle, et transition facilitée entre les différents niveaux d’éducation ;

- approche multiple (éducation, formation et politiques du marché du travail).

d) France (FRA)

Dans les années 70, mise en place de la formation professionnelle continue, largement réformée depuis dans sa forme actuelle. C’est un droit inscrit dans la loi du 4 mai 2004, renforcé par :

- Loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie ;

- Loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale ;

- Loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel (France compétences, le CPF revisité, contribution unique°…) ;

- Loi sur l’autonomie des universités (Libertés et responsabilités des universités, LRU ; 2007) ; - Loi de modernisation sociale (2002 ; validation des acquis de l’expérience, VAE ; Répertoire

national des certifications professionnelles, RNCP ; feu la Commission nationale de la certification professionnelle, CNCP, devenu France compétences).

e) Grèce (GRE)

La loi sur la FTLV évoque séparément les deux piliers de la FTLV : la formation professionnelle et la formation des adultes.

f) Royaume-Uni (UK)

La formation continue au Royaume-Uni procède davantage d’une approche volontaire des employeurs que d’une réglementation de l’Etat ou de négociations entre les partenaires sociaux. La décision de poursuivre des études ou une formation est à l’initiative de l’individu. Les pouvoirs publics en Angleterre, aux pays de Galles, en Ecosse et en Irlande du Nord ont défini des priorités, en particulier pour l’apprentissage tout au long de la vie et pour l’éducation des adultes.

Depuis la loi sur l’apprentissage et les compétences (Learning and skills Act) de 2000, le gouvernement a publié deux livres blancs sur l’éducation et la formation, l’objectif principal étant d’élever le niveau des compétences professionnelles.

Plusieurs mesures encouragent les individus à suivre une formation continue, notamment les ETP : employer training pilots (projets pilotes pour la formation émanant des employeurs) lancés en 2002, incitent les employeurs à former leurs salariés faiblement qualifiés.

(15)

g) A l’échelle européenne (UE)

L’UE a adopté en 2008 la Charte des universités européennes pour l’apprentissage tout au long de la vie :

https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2008/66/0/EUA_Charte_Fr_LY_39660.pdf Cette initiative sous forme d’engagements a été prise pour renforcer la formation continue en intégrant la FTLV dans la politique globale des universités, la reconnaissance des acquis de l’expérience, des services d’orientation adaptés, le tout dans une démarche qualité. La charte incite aussi les gouvernements à lever les obstacles juridiques qui empêchent un certain nombre d’apprenants potentiels de retourner dans l’enseignement supérieur.

Analyse

La FTLV n’existe nulle part, sauf peut-être en Norvège ou les lois sont en cohérence avec les faits (leur application, pour avoir la certification de l’enseignement secondaire supérieur par exemple).

Plus grave, la FTLV comme objectif, comme moteur, n’est plus trop en vogue, comme si le message était dépassé. Elle reste trop complexe pour les apprenant.es et apprenant.es potentiel.les (et les tentatives de réformes souvent compliquent la situation). Il y a notamment trop d’opérateurs, souvent de qualité inégale, et la lisibilité est faible (malgré des développements comme le RNCP en France). La cohérence des parcours et des cours, est faible (là encore, la centration sur la certification, et les répertoires/catalogues des certifications aident).

Il y a aussi une confrontation permanente de cultures différentes : - Entreprises et universités

- Individus et intermédiaires.

Les entreprises sont souvent absentes, et leur poser la question des compétences serait injuste. Seul un accompagnement des individus et des entreprises peut aider, avec une simplification de l’offre. Ce n’est pas une question de financement.

Recommandations

- Faire une comparaison pour comprendre les enjeux, pour avancer, pour discuter termes à termes avec les organisations internationales, pas pour reproduire sans adapter.

- Ne pas tenter d’imiter les pays nordiques de l’Europe (le consensus social est massif, la population très homogène, la distribution des revenus très resserrée, syndicalisme moderne et omniprésent, les entreprises impliquées dans la formation et le devenir des jeunes).

- Apprendre de la comparaison :

§ UK et FRA : reconnaissance des acquis d’apprentissages non formels et informels

§ DEU : le système dual, université pour adultes (senior)

§ GRE, UK : université à distance

§ SWE et NOR : qui font tout bien (y compris contracter avec les entreprises privées)

(16)

§ IRL, SCO : cadre des certifications

§ Union européenne : EQF (ECTS, ECVET, EEES)

- Faire la reconnaissance des acquis d’apprentissages non formels et informels (ou Validation des acquis de l’expérience, VAE), même si c’est compliqué :

§ maîtriser la langue, voire même l’écrit ;

§ documentation des acquis ;

§ éligibilité ;

§ reconnaissance sociétale des certifications ;

§ modularisation ;

§ la VAE a plus de détracteurs que de supporteurs (même et surtout à l’université).

- Rationaliser le vocabulaire : formation tout au long de la vie ou formation continue, ou même peut être formation pour adultes (adult learning) ;

- Passer à la certification comme résultat d’un processus d’apprentissage, pas d’un programme d’apprentissage ;

- Hiérarchiser des disciplines (primat des sciences) ; - L’orientation ;

- La ou les langue(s) d’apprentissage ;

- Financement de la formation des adultes, et de la formation continue professionnelle en particulier ;

- Créer un vrai système d’accumulation et de transfert de crédits (pas juste LMD), généralisé à toute la population ;

- L’université doit être motrice pour lutter contre les problèmes importés ; - Définir quelle formation continue : intensive ou extensive ;

- Travailler avec les entreprises pour une offre d’éducation et de formation pilotée par la demande

- Passer de l’enseignement à l’évaluation ;

- Passer du savoir à la compétence (qui renforce le lien entre curriculum et compétences ; et le lien entre analyse des situations de travail et référentiel d’évaluation)

Enfin, il semble que la certification est l’outil de gouvernance de demain ; mais certification comme miroir de la compétence (car observable). Ce qui revient à distinguer deux concepts bien distincts :

- la création de compétences ;

- la reconnaissance de ces compétences.

Dans les deux cas les parties prenantes sont multiples et c’est là que la FTLV prend tout son sens. Il y a nécessité d’une gouvernance quadripartie : régions, entreprises, partenaires sociaux, établissements publics et privés en charge de la formation.

(17)

PARTIE 2 : Bilan de la FTLV au sein des universités et des EES au Maroc, analyse et recommandations

Questionnaire d’appréciation de la qualité de FTLV dans les universités et les Etablissements de l’Enseignement Supérieur au Maroc

Etude menée sous la responsabilité de Madame Ilham BERRADA, professeure à l’Université Mohammed V de Rabat (UM5), et de Monsieur Abderrahim OUABBOU, Chef de Division de la formation continue, Direction de l’Enseignement Supérieur et du développement pédagogique, au MENFPESRS.

Méthodologie

L’état des lieux a été conduit selon une méthodologie participative qui a fait appel à tous les acteurs de la formation, publics et privés et aux organisations professionnelles afin d’obtenir la plus large représentativité des points de vue recueillis sur la qualité de formation tout le long de la vie.

Figure 1 : Planning d'exécution

Les principales phases de conception des questionnaires peuvent être résumées chronologiquement comme suit :

u Phase 1 : conception des questionnaires qui a été réalisée en quatre rencontres de l’équipe mixte du 2 au 24 Mai 1999 ;

u Phase 2 : Mise en ligne des questionnaires et validation des différentes étapes des questionnaires : questionnaire Enseignement Supérieur (ES), Questionnaire Fédération et Questionnaire Entreprise.

u Phase 3 : pré test des questionnaires

u Phase 4 : Diffusion du questionnaire ES par le Ministère de tutelle (courrier + lien) et des Diffusion des 2 questionnaires par CGEM (33 fédérations de la CGEM et à une dizaine d'entreprises)

u Phase 5 : Dépouillement des questionnaires et restitution en novembre 2019.

Déploiement du questionnaire : S2 de Juillet Restitution : Semaine 4 de Novembre 2019

(18)

Les questionnaires ont été conçus selon des critères qui ont été déclinés en affirmations/questions auxquelles il faut répondre par un taux de véracité :

u 100% VRAI : toutes les affirmations sont vérifiées

u 75% Plutôt VRAI : une grande part des affirmations est vérifiée u 50% Presque VRAI : la moitié des affirmations n’est pas vérifiée u 25% Plutôt FAUX : une grande part des affirmations n’est pas vérifiée u 0% FAUX : l’ensemble des affirmations n’est pas vérifié

Il est important de souligner, que par soucis d’uniformisation de la compréhension de la FTLV dans les questionnaires, une définition a été adoptée que nous rappelons comme suit :

La formation tout au long de la vie (FTLV) est un continuum entre la formation initiale, générale ou professionnelle, et l’ensemble des situations où s’acquièrent des compétences : actions de formation continue, activités professionnelles, implications associatives ou bénévoles. Elle inclut les démarches d’orientation, de bilan, d’accompagnement vers l’emploi, de formation et de validation des acquis de l’expérience.

Un lexique également a été rajouté définissant divers concepts VAE, VAP, etc. : FTLV : Formation Tout au Long de la Vie

FOAD : Formations Ouvertes à Distance VAE : Validation des Acquis de l’Expérience VAP : Validation des Acquis Professionnels VES : Validation des Etudes Supérieures

Structure du questionnaire

Le Questionnaire ES comporte 5 critères traduits en 37 questions visant à apprécier la qualité de la Formation Tout au Long de la Vie dans les universités et les établissements de l’enseignement supérieur au Maroc. Ce questionnaire vient compléter les études réalisées sur la FTLV au Maroc en abordant le volet qualitatif des actions de la FTLV dans les Etablissements d’Enseignement Supérieur et concerne :

u Critère 1 : L’adaptation des dispositifs d’accueil et d’information, et d’accompagnement des apprenants (8 Questions)

- Question 1.1 : Votre institution dispose d’un service dédié d’Accueil, d’Information, d’Orientation et d’Accompagnement des apprenants en FTLV

- Question 1.2 : Votre institution dispose d’un portail d’information dédié à la FTLV - Question 1.3 : Votre institution apporte aux apprenants toute information

susceptible de les aider dans leur connaissance de l’offre, des ressources mises à leur disposition et des services pouvant les accueillir

- Question 1.4 : Votre institution informe les apprenants de façon précise et détaillée, en toute neutralité :o du règlement intérieur en vigueur dans le cadre de la FTLV

(19)

- Question 1.4.1 : de l’action de formation proposée, ses prérequis (académique et professionnelle, positionnement par rapport à un bilan de compétences, etc.), ses objectifs pédagogiques …

- Question 1.4.2 : des modalités d’organisation et d’évaluation du parcours engagé - Question 1.4.3 : o des modalités tarifaires des formations

- Question 1.5 : Votre institution renseigne sur les démarches spécifiques permettant d’individualiser les parcours : modularisation, FOAD, VAP, VAE, VES

u Critère 2 : L’ingénierie de formation et pédagogique adaptée aux besoins des entreprises et des apprenants (7 Questions)

- Question 2.1 : Votre institution est dotée de moyens humains et matériels dédiés à la pédagogie et à l’ingénierie de formation

- Question 2.2 : Votre institution échange avec les opérateurs socio-économiques et établit des offres de formation adaptés à leurs besoins et exprimées en compétences professionnelles visées

- Question 2.3 : Votre institution produit des contenus répondant aux besoins des entreprises et/ou des apprenants et établis sur la base de référentiels métiers

- Question 2.4 : Votre institution établi un catalogue des programmes détaillés, pour l’ensemble de l’offre en FTLV (formation, VES, VAP, certification…)

- Question 2.5 : Votre institution établi les modalités d’accès à la formation, prend en compte les spécificités des individus via un bilan de compétences et vérifie les prérequis

- Question 2.6 : Votre institution établi les modalités de prises en compte des acquis (VES / VAP)

- Question 2.7 : Les enseignements sont conçus et assurés par des enseignants- chercheurs qualifiés et/ou des professionnels reconnus pour leurs compétences

u Critère 3 : L’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation et matériels (5 Questions)

- Question 3.1 : Votre institution met à la disposition des apprenants, dans des locaux adaptés, les équipements, les ressources pédagogiques et les moyens techniques permettant de garantir le bon déroulement des formations et l’atteinte des objectifs visés

- Question 3.2 : Votre institution dispose d’une base de CV (CV-thèque) mise à jour, attestant des expériences et qualifications des formateurs internes et externes - Question 3.3 : Votre institution met en œuvre des actions garantissant l’adéquation

qualitative et quantitative des formateurs aux objectifs pédagogiques à atteindre - Question 3.4 : Votre institution met en œuvre des actions garantissant le

développement des compétences professionnelles des formateurs

(20)

- Question 3.5 : Votre institution dispose de références clients attestant de la qualité de la formation

u Critère 4 : La prise en compte des appréciations rendues par les apprenants (4 Questions) - Question 4.1 : Votre institution recueille l’avis des apprenants, à l’aide d’un dispositif

adapté au cours et à l’issue de chaque formation

- Question 4.2 : Votre institution prend en compte l’avis des apprenants dans l’amélioration continue de la qualité des actions

- Question 4.3 : Votre institution produit des indicateurs de performance et des rendements internes et externes : taux de réussite aux examens, taux d’insertion, évolution de carrière, etc.

- Question 4.4 : Votre institution diffuse les résultats des évaluations aux parties prenantes (formateurs, apprenants, opérateurs socio-économiques, etc.) dans un processus d’amélioration continue

u Critère 5 : Le respect des obligations règlementaires (5 Questions)

- Question 5.1 : Votre institution respecte les obligations législatives et réglementaires des formateurs conformément aux dispositions de la loi

- Question 5.2 : Votre institution respecte les dispositions et les procédures établies par les organes de gouvernance

- Question 5.3 : Votre institution réalise toutes ses actions de formation selon un programme préétabli, remis en amont aux apprenants précisant les prérequis, les objectifs de chaque formation, les moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement mis en œuvre

- Question 5.4 : Votre institution délivre aux apprenants une attestation ou un diplôme rappelant l’intitulé de la formation suivie, la nature et la durée de l’action pour les formations courtes ou diplômantes, les résultats de l’évaluation des acquis pour les formations diplômantes

- Question 5.5 : Votre institution respecte les obligations en matière de traçabilité des heures suivies en présentiel et des productions/livrables réalisés par les apprenants dans le cadre des formations à distances.

Population cible

Le Questionnaire ES a été diffusé en juillet 2019 par le Ministère de tutelle à 74 universités et établissements de l’enseignement supérieur répartis comme suit :

§ 12 universités publiques ;

§ 10 universités privées ;

§ 33 établissements ne relevant pas des universités (ENRPU)

§ 18 établissements privés reconnus par l’Etat

(21)

Analyse globale du questionnaire ES

Pour la population cible du Questionnaire-ES, les établissements de l’enseignement supérieurs publics, privés ou en partenariats, issus d’un même groupe, ont été rassemblés pour une meilleure visibilité. Ainsi, l’échantillon représentatif d’analyse de l’EES est réduit à 59 groupes d’EES dont 61% publics et 39%

privés et répartis comme suit :

Figure 2 : Répartition des 59 groupes d’EES ciblés

Le Taux de réponses global au Questionnaire ES est 56% (soit 33 EES). Le taux-réponse le plus élevé est enregistré chez les universités publiques à 83,33%. Le taux-réponse des établissements publics ne relevant pas des universités est à 58,3%, celui des universités privées et/ou partenariats à 40% et celui des EES privés à 38,5% comme le montre le graphique ci-dessous.

Figure 3 : Répartition des taux-réponse

La répartition des réponses d’appréciation globale des 5 critères composant le Questionnaire ES est illustrée dans les figures suivantes :

Universités publiques; 12;

20%

Etablissement Ne Relevant Pas des Universités;

24; 41%

Universités privées reconnues par l’Etat; 10; 17%

Etablissements privés reconnus par l’Etat; 13;

22%

83,3%

58,3%

40,0% 38,5%

0,0%

10,0%

20,0%

30,0%

40,0%

50,0%

60,0%

70,0%

80,0%

90,0%

Universités

publiques Etablissement Ne Relevant Pas des

Universités

Universités privées ou partenariat reconnues par

l’Etat

Etablissements privés ou partenariat reconnus par l’Etat

Taux-réponse global : 56%

(22)

Figure 4 : Répartition de l’appréciation du critère 1

Figure 5 : Répartition des appréciations du critère 2

Figure 6 : Répartition des appréciations du critère 3 51%

17%

10%

6%

16%

Critère 1 : Adaptation des dispositifs d'accueil, d'information et d'Accompagnement des

apprenants

VRAI (100%) Plutôt VRAI (75%) Presque VRAI (50%) Plutôt FAUX (25%) FAUX (0%)

39%

35%

13%

7%6%

Critère 2 : Ingénierie de formation et ingénierie pédagogique adaptées aux besoins des entreprises

et des apprenants

VRAI (100%) Plutôt VRAI (75%) Presque VRAI (50%) Plutôt FAUX (25%) FAUX (0%)

32%

33%

19%

8%8%

Critère 3 : Adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation

VRAI (100%) Plutôt VRAI (75%) Presque VRAI (50%) Plutôt FAUX (25%) FAUX (0%)

65%

68%

74%

(23)

Figure 7 : Répartition des appréciations du critère 4

Figure 8 : Répartition des appréciations du critère 5

Globalement, les réponses d’appréciation des critères révèlent que les EES affirment à : v 92% : Respecter les obligations législatives (critère 5) ;

v 74% : Adapter l’ingénierie de formation et pédagogique aux besoins des entreprises et des apprenants (critère 2) ;

v 68% : Adopter des dispositifs d’accueil et d’information, et d’accompagnement des apprenants (critère 1) ;

v 65% : Disposer de moyens pédagogiques et matériels adéquats (critère 3) ; v 54% : Prendre en compte les appréciations rendues par les apprenants (critère 4).

Le classement des cinq critères retenus laisse apparaître que le critère 4 « Prise en compte des appréciations rendues par les apprenants » est le moins présent, suivi du critère 3 et du critère 1. Les critères les plus respectés sont le 5 « Respect des obligations réglementaires » et le 2 « Ingénierie de formation ».

32%

22%

20%

16%

10%

Critère 4 : Prise en compte des appréciations rendues par les apprenants

VRAI (100%) Plutôt VRAI (75%) Presque VRAI (50%) Plutôt FAUX (25%) FAUX (0%)

54%

77%

15%

4% 2%

2%

Critère 5 : Respect des obligations réglementaires

VRAI (100%) Plutôt VRAI (75%) Presque VRAI (50%) Plutôt FAUX (25%) FAUX (0%)

92%

(24)

Figure 9 : Classement des 5 critères de qualité selon l’appréciation Plutôt Vrai à Vrai

En comparant les 5 critères par catégories des Etablissements de l’Enseignement Supérieur, il ressort que les universités publiques ne prennent pas en compte les appréciations rendues par les apprenants à plus de 38% (critère 4) et que les établissements publics ne relevant pas des universités (ENRU) n’adoptent pas de dispositifs d’accueil et d’information, et d’accompagnement des apprenants à 63% (critère 1). Le détail est résumé pour l’ensemble des critères dans le tableau et le graphique ci-après.

Tableau 1 : Comparatif global des 5 critères par catégorie EES

Catégories de l’EES Critère 1 Critère 2 Critère 3 Critère 4 Critère 5

Universités publiques 71% 70% 52% 38% 96%

ENRU publics 63% 71% 65% 62% 87%

Universités Privée/partenariat 81% 89% 75% 88% 95%

ENRU Privé/public 66% 79% 85% 75% 100%

Figure 10 : Positionnement des affirmations "Plutôt Vrai à Vrai" des EES par critères

92%

74%

68%

65%

54%

CRITÈRE 5 CRITÈRE 2 CRITÈRE 1 CRITÈRE 3 CRITÈRE 4

Plutôt Vrai (75%) à Vrai

71%

70%

52% 38%

96%

66%

79% 85%

75%

100%

0%

20%

40%

60%

80%

100%

120%

C R I T È R E 1 C R I T È R E 2 C R I T È R E 3 C R I T È R E 4 C R I T È R E 5 Univ publique ENRU publics Univ Privée/partenariat ENRU Privé/public

Faiblesses

Forces

(25)

Analyse détaillée par critère et par catégorie d’EES

Analyse du Critère 1 : L’adaptation des dispositifs d’accueil, d’information et d’accompagnement des apprenants

Globalement :

v Plus de 67% des EES affirment adapter leurs dispositifs d’accueil, d’information et d’accompagnement aux apprenants

v Près de 55% des EES affirment ne pas disposer de portail d’information dédié à la FTLV v Près de 73% des EES ne renseignent pas sur les démarches spécifiques permettant

d’individualiser les parcours : modularisation, FOAD, VAP, VAE, VES.

Le détail est illustré dans le tableau ci-après par différentes questions du critère 1.

Tableau 2 : Appréciations globales des affirmations du Critère 1

Critère 1 : Adaptation des dispositifs d'accueil, d'information et

d'Accompagnement des apprenants (100%) VRAI

Plutôt VRAI (75%)

Presque VRAI (50%)

Plutôt FAUX (25%)

FAUX (0%)

Plutôt VRAI à Vrai

Faux à Presque

Vrai Q1.1 Dispose d’un service dédié d’Accueil, d’Information, d’Orientation et d’Accompagnement des apprenants en FTLV 17 6 4 1 5 23 (70%) 10 (30%) Q1.2 Dispose d’un portail d’information dédié à la FTLV 9 6 5 7 6 15 (45%) 18

(55%) Q1.3 Apporte aux apprenants toute information susceptible de les aider

dans leur connaissance de l’offre, des ressources mises à leur

disposition et des services pouvant les accueillir 18 10 3 1 1 28 (85%) 5 (15%) Q1.4 Informe les apprenants de façon précise et détaillée, en toute neutralité :

Q1.41 o du règlement intérieur en vigueur dans le cadre de la FTLV 20 5 2 3 3 25 (76%) 8 (24%) Q1.42 o de l’action de formation proposée, ses prérequis

(académique et 19 8 3 1 2 27 (82%) 6

(18%) Q1.43 o des modalités d’organisation et d’évaluation du parcours

engagé 23 3 4 3 26 (79%) 7

(21%) Q1.44 o des modalités tarifaires des formations 25 1 1 6 26 (79%) 7

(21%) Q1.5 Renseigne sur les démarches spécifiques permettant d’individualiser les parcours : modularisation, FOAD, VAP, VAE, VES 3 6 5 4 15 9 (27%) 24

(73%) 134 45 27 17 41 179 85 50% 17% 10% 6% 15% 67% 32%

Par ailleurs, les universités affirment adapter leurs dispositifs d’accueil, d’information et d’accompagnement aux apprenants à plus de 71%, les universités privées /partenariat à 81% alors que les ENRU (public ou privées) adaptent moins leurs dispositifs comparativement aux universités comme il ressort des graphiques comparatifs de l’appréciation du critère 1 ci-après :

(26)

Figure 11 : Critère 1 : EES publics vs privés

Bien que la taille de l’échantillon soit relativement faible pour les EES privés et les ENRU privés et partenariat, nous donnons à titre indicatif, les forces et faiblesses du Critère 1 des EES publics vs privés.

Figure 12 : Critère 1 par modalités. Positionnement des affirmations "Plutôt Vrai à Vrai" des EES Il ressort, que les universités publiques ne renseignent pas sur les démarches spécifiques pour individualiser les parcours et que plus de 60% des ENRU ne disposent pas de portail d’information dédié à la FTLV.

Analyse du Critère 2 : Ingénierie de formation et ingénierie pédagogique adaptées aux besoins des entreprises et des apprenants

L’analyse de l’adaptation de l’ingénierie de formation et pédagogique aux besoins des apprenants fait ressortir que globalement :

v Plus de 74% des EES affirment adapter leurs ingénieries de formation et pédagogique aux besoins des entreprises et des apprenants ;

v Seulement 33% des EES établissent les modalités de prises en compte des acquis (VES /VAP)

70% 60%

90%

80% 90% 80%

100%

0% 0%

20%

40%

60%

80%

100%

120%

Q1.1 Q1.2 Q1.3 Q1.4.1 Q1.4.2 Q1.4.3 Q1.4.4 Q1.5

Universités Publiques ENRU Publiques Universités Privées/partenariat ENRU Privés/partenariat

(27)

v Seulement 64% des EES établissent un catalogue des programmes détaillés, pour l’ensemble de l’offre en FTLV (formation, VES, VAP, certification…).

Le détail de ce critère par sous-question est explicité dans le tableau ci-après : Tableau 3 : Appréciations globales des affirmations du Critère 2

Critère 2 : Ingénieriede formation et ingénierie pédagogique adaptées aux besoins des entreprises et des apprenants (100%) VRAI

Plutôt VRAI (75%)

Presque VRAI (50%)

Plutôt FAUX (25%)

FAUX (0%)

Plutôt VRAI à Vrai

Faux à Presque

Vrai QUESTION

2.1

Est doté de moyens humains et matériels dédiés à la pédagogie

et à l’ingénierie de formation 18 11 4 - - 29 (88%) 4

(12%)

QUESTION 2.2

Echange avec les opérateurs socio-économiques et établit des offres de formation adaptés à leurs besoins et exprimées en

compétences professionnelles visées 13 13 5 2 - 26 (79%) 7 (21%)

QUESTION 2.3

Produit des contenus répondant aux besoins des entreprises

et/ou des apprenants et établis sur la base de référentiels métiers 13 15 2 2 1 28 (85%) 5 (15%)

QUESTION 2.4

Etabli un catalogue des programmes détaillés, pour l’ensemble de

l’offre en FTLV (formation, VES , VAP , certification…) 7 14 5 4 3 21 (64%) 12 (36%)

QUESTION 2.5

Etabli les modalités d’accès à la formation, prend en compte les spécificités des individus via un bilan de compétences et vérifie

les prérequis 11 14 5 1 2 25 (76%) 8

(24%)

QUESTION

2.6 Etabli les modalités de prises en compte des acquis (VES / VAP ) 3 8 7 6 9 11 (33%) 22 (66%)

QUESTION 2.7

Les enseignements sont conçus et assurés par des enseignants- chercheurs qualifiés et/ou des professionnels reconnus pour leurs

compétences 26 5 2 - - 31 (94%) 2

(6%) 91 80 30 15 15 171 60 39% 34% 13% 6% 6% 74% 26%

L’analyse comparative entre les différentes catégories des EES révèle que les universités publiques ainsi que les ENRU publics affirment à 70% adapter leurs ingénieries de formation et pédagogique aux besoins des entreprises et des apprenants. Parmi les forces d’adaptation aux besoins des apprenants, nous pouvons noter que ces universités et établissements publics se dotent de moyens humains et matériels dédiés à la pédagogie et à l’ingénierie de formation et établissent un catalogue des programmes détaillés, pour l’ensemble de l’offre en FTLV. De même, les enseignements sont conçus et assurés par des enseignants-chercheurs qualifiés et/ou des professionnels reconnus pour leurs compétences. Néanmoins, les modalités de prises en compte des acquis (VES /VAP) demeurent leur principale faiblesse comme il est illustré par le graphique ci-dessous :

(28)

Figure 13 : Critère 2 : EES publics vs privés

Figure 14 : Critère 2 par modalités. Positionnement des affirmations "Plutôt Vrai à Vrai" des EES

Analyse du Critère 3 : Adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation

Le critère 3 permet d’apprécier la qualité de l’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation des EES. Il ressort du questionnaire que globalement (Cf. tableau ci-dessous) :

v Plus de 65% des EES affirment disposer de moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement en adéquation avec l’offre de formation,

v Seul 48% des EES mettent en œuvre des actions de développement de compétences professionnelles des formateurs,

v Seul 42% des EES disposent de références clients attestant de la qualité de la formation.

90%

70% 70%

90%

70%

10%

90%

0%

20%

40%

60%

80%

100%

120%

1 2 3 4 5 6 7

Universités Publiques ENRU

Public Universités Privées/Partenariat ENRU

Privés/Partenariat

Q2.1 Q2.2 Q2.3 Q2.4 Q2.5 Q2.6 Q2.7

Figure

Updating...

Références

Sujets connexes :