OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTRE-MER

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Texte intégral

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OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTRE-MER

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L’ORGANISATION ECONOMIQUE PRECOLONIALE DU MoR.oMXJ D*APRES LES TRADITIONS ORALES

a

Rapport de Stage Septembre 1979

P

CENTRE DE PETIT RASSbM - SCIENCES f-iU!lAINES 04 B.P. 293 ABIDJAN - COTE D’I’VOIRE

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L’ORGANISATION ECCNOMIQUE PRECOLONIALE DU t4OROMU D’APRES LES TRADITIONS ORALES

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k cadre géographique de cette %tkIe est le HXOKU, un cadre gui. n'est pas suffisamm-k connu de tous.

me présentation de ce pays s'avère plus que jamais nécessaire.

Le MXWXI se situe dans le Sud-Est de la C&e d'ivoire, mieux encore dans la troyenne Côte d'ivoire et reoou- vre les sous préfectures d'Arrah (à l'Est) de Bongouamu (au Cent.?e) et de M'batto (à 1'Guest). Cet ensmible régional d'une superficie d'environ 5 403 à 5 503 Ian2 s'étend du fleuve canr>é 3 l'Est jusqu'au N'Zi à l'Ouest.

Il est recomert par la forêt dite rkophile, prolongmaut de la for& emprise entre les esohyètes 1 700 et 1 2cO nm, région correspondant à l'aire d'extension du climat tropical hunide. Le P4IBXOU est limité au Sud par les pays A'ITIE etABE93, au Nord parle pays BAUIX. A l'Est le fleuve Ccxmé le sépare du NDDIYX, 3 l'Ouest le NZi le

sépare du pays BAUIE AGEA ou Alanguira.

La pkicde historique de l'enquête est la pkicde prkoloniale ce gui signifie pour le MXUYCU la *iode avant 1908 (1). La tâche n'est pas facile puisqu'on ne peut plus renoontr~ de ténw>ius directs de cette &que dans aucun village du %ronou. ba civilisation ANYI: étant une civilisation de l'oralité, chaque vieux quimurt est ccxtme le dit Himpiité Bâ, une bibliothèque gui briile. Afin d'éviter les lacunes qui pouxraient affecter le bon déroulement des travaux, nous avons préféré retenir la ericde de la pénétration française puisque l'organisation éconcmuque des villages n'a pas été im&diatment perturbé par celle-ci. Et puis, des survivants de cette époque dont la plupart ont entre 71et9Oanspewentse rencontrerencore.

Ce Gavai1 est une étude vue du dedans d'où. la nécessité de faire parler les acteurs eux-n&rw. Ainsi, il ne sera pas fait appel aux archives écrites mais le travail sera basé sur le recueil des traditions orales en les con- frontant entre elles. Les techniques d'erquête sont simples à décrire : la zone d'enguête étant tr&s étendue, 5 400 - 5 500 km2 pur une durée d'erquête de 21 jours ; il faut aussi tenir cmpte de la diqxmibilité des informateurs. Nous avons retenu des cantons de préférence à d'autres sans critères définis,en visitant un ou deux villages par canton.

Dans l'AHUA, les villages de Krégbé et d'Abongoua ont été visités. Dans le Rgatianou mus avons enqcêté à Boidikro ; dans le Saoua, M?z.atto et Assiè Akpassé ont été visités. Nous avons enquêt6 à ERUIKFOdanslatribuAMZWUENetAGXJA chez les SAKLE.

Nous avons adopté les deux types d'enquête : enquête collective et enquête irdividuelle. Les questions ont ét&posées directenen t en ANYI aux infomateurs et les réponses recueillies sur un carnet de notes afin d'éviter le travail supplémentaire de transcription qui allongerait le temps du dépouillement et de la rédaction du rapFort final.

En retenant le th&e de "l'organisation éconmique pr&oloniale du Moronou d'après les traditions orales", notre but est un essai de reconstitution de l'organisation écomnigue (2) du Nxmou à l'@que de la conquête de façon à pouvoir ia emparer à l'organisation actuelle afin de montrer s'il y a eu des bmïievers~ts.

Le plan du travail s'articule de la façon suivante :

- la première partie (la distribution de la population) a p3u~ but de décrire la'xtuse en place des moyens de production,

- la deuxième partie porte suc la production et la ~nsxxrnation,

- la troisièma partie basée essentiellermant sur les surplus &mmniques, cons~ence directe de la deuxi&ae partie, s'intitule Accumulation et héritage.

(1) 1908 est la date de la pénétration française dans le Moronou et l'arrestation de certains chefs politiques : Tanoh Kakou (alangwa) Aka Tewa (Ngatianou et Koffi Kpli (Ahua). La colonisation suivie immédiatement la pénétration.

(2) Une définition'de ce terme est contenue dans la communication de M. J.-M. CXSTELLU proposée pour le colloque AMIRA tenu à Paris en janvier 1979, pp. 2-3.

Afrique" ? "Mais où sont donc ces unités économiques que nos amis cherchent tant en

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P .R E M 1 ‘E. R E ” i A i ii E

Lu distribution _---^- de 2a population --

Cettepremièrepartievaporter surde~~~p~intsprincipaux : le mxle de r&klence ou la distribution dans l'espace et la distribution en cat+ories sociales ou les statuts sociaux.

CHAPITPBI: Le nnde de résidence

Deux questions n&ritent d'être posées :

- les MDRDFC) vivaient-ils dans des villages ou dans des caqments ? - les auZ0 ou c0urs existaient-ils ?

1) Les MOROFO vivaient-ils dans des vitZages et &ms des campements?

Au debut du XXe siècle, certains rapports des chefs de pûste de B~~KJOUEU'IOU faisaient état de la dispersion de la populkion suc le territoire. Ces populations vivaient,dans de petits c ampements au milieu de leurs chaqx. Dans le N'gatiamu, malgré les avertissements s&ères des chefs de poste, le regmupemntne soulevapasl'entbusiasme

@aire. .-

Les résultats de notre enquête réalisée dans l'AHUA, le SABIE,le NGATIXXXJ, le S?GUA et l'AVJW!ZN révèlent que la situation n'était pas identique partout : des villages exi.stz+eat avant la colonisation, d'autres furent crées par le regroupesent des multiples petits villages au début de la colonisation.

Aujourd'hui, le village et le campemnt (nam30) sont deux realites différentes. h était-il ainsi à l'épque préooloniale ? C'est ce que mus allons voir en précisant ces deux notions.

1) .ih notion _--_---_- de vilZage -

"Plusieurs cours séparées par une rue (guà) et n0n par les ruelles (awl0) forment un village (kiiL0)" écrit CmrS Krou Barthélémy (1). Le guà, précie-t-il, est nécessaiqe pour qu'une localité prenne le statut juridique et le nan de village. Ceci dit, sans guà, une agglcm&atian, si populeuse soit-elle est un nanmuo.

Cette définition correspxd-elle au village précolonial ? Ou doit repndre par la négative. BITIBN bX3W (2) indique en effet que l'alignement gue nous cmnaissons a été enseigné aux WDFc1 par les Blancs. Autrement dit, les villages précoloniaux ne correqqxknt pas à la description propos&. coîrué Krou décrit le village actuel. L

A l'épque précoloniale, le village-était le lieu de résidence permanente quels que soient la taille et l'alignemnt des cases.

Deux facteurs étaient a la base des alliances donc des regroupements ou encore de la création des villages.

Le facteur dcminant gui. présidait à la cm5ation des villages était l'affinité lignagère : les membres d'un I&re a!mswan (lignage) et leurs alliés (abuswan principal et abuswan secondaire) vivaient t0ujours enserble, ils créaient leur village dirigé par un rrmbre de l'akswan principal : c'était le ble ngbi. A sa rmrt, son h@.ritier était toujours choisi dans l'abuswm selon les règles que nous définirons en son tanps.

Le second facteur correspond à l'instinct de conservation. Bans ce cas précis il s'agissait d'une alliance entre abuswan ou entre plusieurs petits villages pour formar un rrü%e village, La nécessité de se regrouper pour être fort afin de faire face a un ennemi constituant un danger irm&iiat a favorise deux alliances dans le @n-m : lc cas dIAGIS-NOUA (Alxmgoua) et celui d'A%IB-AmES%.

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(I) COMOE KROU (B.) Le jeu dans La sociétb tra&tionmZZe Agni, thèse pour le Doctorat d'Etat es Lettres p. 64.

(2) ETTIEN MOLO, Ehuikro le 26-T-79.

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1 -3-

Au d&art il n'y avait pas un seul AG%-NCDUA : les Gbrm bi%& (abus~an royal d'Abongoua) avaient leur village, les MZanbosofwo avaient leur village, les Kouabosofwo ou Abradé avaient leur village ainsi que les W?SSAE0 et les Akparzhibosofwo. Au total il y avait donc cinq villages. A la suite d'une agression extérieure, les quatre derniers abuswan s'allièrent aux GbanbiZé, ils créèrent un village unique 3 EMDUNERO. Ce premier eprrplacement d'ACE0 NGCXJA futabandonné sousNananTIEMEIE.

TIEPRIE qui était consid&% ccnme un sorcier alla fonder son propre village dans son champ à 1'~lacement actuel d'Abongoua. Ce village s'appelait e.

"Cbacundisait : je vais habiter avec TIEMEIE ainsi, petit à petittous le rejoignirent 3 AWAFD. Le village prit 3 nouveau le ncm d'AG!X-NCDUA qui signifie en aval de L'AGBO" (1).

Au départ il n'y avait pas un seti ASSIE-XPESSE mais six villages distincts : EhomcnzkouZo - XinZinkouZo EbakonZo (le village du blé ngbi), AssèkZkouZo (2 l'emplacemen t actuel du village) GnoakouZo et Abolikoulo. La guerre ASSIE - AWWL'lEN favorisa leur unification (2) : les ASSIE se regroupèrent afin dl-cher l'ennemi de s'emparer de l'ES,SEGUIE qui ravitaillait la population en eau et en poisson. in sait que mauvais puisatiers, les ANYI du Wxonou préferaimt créer leurs villages tout près des points d'eau. Aujourd'hui certains marigots qui sauvèrent-ainsi la vie des populations sont sacrés et reçoivent une adoration.

-: . A l'épcque précoloniale, les villages existaient, nous venons de voir ACED-NGXXIA - ASSIE-AIPESSE, il y avait i... FXHUEGD,Aam et bien d'autres villages encore. Mais certains W3R3E0 vivaient dans des sous villages qu'on appelle in- justemnt canp>ements ou Mo. Il a fallu attendre la colonisation pour voir leur réunification, œ qui se fit non sans difficulté .-. car œs FIDEQ0 avaient acquis des habitudes d'indépendance de plus en plus grandes.

Juri&iqument le nmnuo n'est pas élément d'une structure politique. Mais le nanmuo précolonial est différent du naxmuo actuel défini ccnme simple résidenœ de culture donc une résidence tmraire du planteur dont la résidence même se trcxwe au village.

Le nanntuo précolonial était une résidenœ mente-ce qui lui valait son ncxn de KùZo ou village. Cri ren- contrait œ mode de résidence dans tout le .!43F0?CU mais dans le NGWXANOU la situation était plus nette.

Quels étaient les ordres de nécessités qui entrainaient la création de ces nanmtro-Kùlo ?

\Nous avons pu en déceler deux :

- La nécessité de se regrouper pour faire faœ à l'ennemi ou pxur vaincre la nature engendrait des alliances.

Mais-cette vie en ccxnwnauté provoquait toujours des problèmas relationnels : palabres, m&senWtes. Ces difficultés d'ordre social créaient le besoin de se retirer avec les siens. Cette prunière migration est suivie par d'autres, le petit mt grandissait, un village était ainsi né. L

- Quelquefois aussi, la création de ces nmunuo-liuZo obéissait à des nécessités éccncmiques : la nécessité de se trouver dans les champs, ou dans le cadre de la recherche de l'or ; on créait un petit c canpaat appelé asikaà- nanmuo. Si la région est riche en terrains aurifères, d'autres orpailleurs arrivent, créent leurs chcanps aux alentours et l'asikaà nnomuo devient une résidence ~rmanente ou Kulo.

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KOUA KOFFI, ABONGOUA le 18-7-79.

Assotiglo Ebi, chef d'ASSIE envoya trois hommes pour lui acheter un captif. Arrivés à Assalékoro, AHUA Nguessan leur arracha le captif et le baptisa, Ehola. Les Axaantiens pourchassèrent les trois hommes qui réussirent à atteindre leur village. Assonglo Ebi leur demanda de se retourner contre les Amantiens c'est ainsi qu'ils tuèrent un AMANTIEN, la guerre éclata. (ASSOUMOU AHOSSI, Assié Akpessé 25-7-79).

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On voit bien que ce qu'on appelle narm.io OU campmentn'étaiten faitpas uncampeman t au sens plein du terme mais plutôt des quartiers éloignes d'un village-mère. La différence entre kulo et namm~o était le chef politique ou blé n@i. Le namo étant une sous partie d'un village d'origine,il dépendait politiqemant de celui-ci;il était un él&ent de la structure politique : chaque nmmm avait un chef qui était le fondateur ou l'héritier du fondateur du nanmo. Ce chef était en quelquesorte le lieutenant du bZé ngbi dans son village qui portait le ncm du fondateur : DjédoukuZo

(village de Djédou), BoZoukouakùZo village de Bolou Koua etc.

A ce titre le teme de namo est impropre, celui de sous village ou quartier rend davantage ompte de la réalité.

Dans le Mxmou beaucoup de villages ont éclat6 de cette façon : exempleKo~uonouetKrégbé. Examinons le œs de Krégbé (1).

Au départ tout le mnde vivait 3 Krégb6 mais par la suite certaim chefs. de famille fond&ent leur propre village avec leurs gens (saso) , c'était au temps de Nanan ADmGPA (2).

Nanan ADINGPA créa Kodj'inan qui devint le village royal donc en quelque sorte la capitale politique.

AJW ?NOH créa T&drê et ANOKOUA cr&a Adjinningwa,. h définitive on obtint quatre villages. Cha- que village avait un chef quand il y avait des affaires graves, on se rendait à Ko&%mn.

La situation axrespondau sch&a suivant:

Le cas du futur NDolikro ne correspondait pas 3 ce schéma classique : tout le monde vivait dans le bloc

d’Etchienkpasso (31, il y avait les Denkyira, les Adjoa ngbandjo bosofwo, les Messoubosofwo, les Angamala, les

Kiissibosofwo etc...

Une épidanie de variole se déclencha, il y eut beaucoup de morts ; pour fur le danger une dislocation se produisit : Denkyira et Fi ssibosofwo se dirigèrent vers le Nord, les Anganmata au Sud. Messoubosofio et Adjoa-

ngbandjobosofwo se dirigèrent vers l'Ouest où. ils fondèrent plusieurs villages:BZoko ngo, Boloukouakoulo, Nzikoulo,

Ayébo, Etchetchekoulo. Les Messoubosofio avaient leur bia donc leurs saso (hmes), les Adjoa ngbancüobosofuo avaient

leur bia et leur saso. On voit clairement qu'il n'y avait pas un village-mère.

A l'époque coloniale lorsque se faisait l'unification qui se réalisa dans 1%~ des villages des Acljoangbandjo- bosofwo, on confia le pouvoir politique au chef gui était sur le bia de œt abuswan puisque après le décès de leur chsf,

les Messoubosofio n'avaient pas encore désigné son successeur.

Les villages et les sous-villages étaient de dirmansion variable : il y avait de petits villages ccxme il y en avait de grands. Il en Btait de m%e des sous villages : Djédoukrcu un sous-village de Koyouonou ccsnptait environ

11 familles élémentaires réparties en trois ~OUIS (11 chefs de familla, 12 femmes il y avait beaucoup d'enfants) si on cmpte tout le monde, le nanbre d'habitants de Djédoukro atteignait plus de cinquante.

Certains villages ont changé mnstmnt de site : AGOUA et le futur WIUIKRC.

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(1) Cette version rious a été donnée à Krégbé même Par Ehoman Ahissan 10 17.7.79.

(2) C'est sous son règne que se fit la.pénétration franqaise dans le Moronou d'après Ehoman Ahissan.

(3) L'Etchienpa est un marigo qui ravitaillait les habitants des futurs villages de NIAKDIAN, KINIEIOKRO, Essnkro et Nbolikro qui vivaient dans de nombreux petits villages aux alentours.

n'ont pas été tous conservés. Pour couper court,

Puisque c'était de petits villages, les noms nous parlons du bloc d'Etchienpasso.

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! -5- ACDJA changea'trois fois de site : le premier esplacement se situait derrière le Nsuctiman (une rivière), c'était au temps de Nanan KOFFI IXEWIESSCXJ. Le deuxième site se trouvait toujours derrière la @se rivière mis au s. ,Sud-Est, c'était au temps de.NANAV NDXJ KOUAJXO. Le troisi&me Emplacment fut AGXIA Djangobo c'est dans ce village

que les blancs arrivèrent (1). Ie premier chef de ce village fut Nanan KOUAME MANCDJA.

Interrogés sur les raisons de ces déplacements du village, notre infomateur reponditquequandles habitants du village maurent, le village se dépeuple et devient vieux. Pourredonnerlaviea cevillageoncbangeaitle site.

le cas d’EHVIKR0

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Le premier village qui fut fondé au bord du Moro au teme de la migration était Kassiandagotio qui est ' aujotid'hui un Kulofwan : Nanan WWXJI KPANYI partit de là pour aller fonder EXDUPO. Kassiandagouabo fut abandonne, on .x1 . créa alors KOFI~LURUYUJCTZOU ouDjBkah8. Ce site ffit abandonn6, le village fut transféx-6 à EIL'IN KOIWXXl. Nanan EHUI monte

SUT le trône, il va créer à 3 Jm du village actuel suc la route d'Assa.lékro son village d'EHUIKR0.

II) Les aulo (cou3sl existaient à l’époque précoloniale

L'au10 était l'unité de résidence de base, il y en avait au village ccpm~e au cmpemant ou Narmo KuZo.

A Agbo-ngoua il y avait vingt cinq aulo d'après KOUA KOFFI, à AGXJA il y en avait ciuq : Yeboa Koffi au20 - ,,. .: Kassi Kpa au10 Kouadou aulo, Ehui Nganza au10 et Ahola Kassi aulu. A EWJIKXC il y en avait trois Nguessan aulo, Konin

auto ou mlo nu (5 ruelles) Adou E&in aulo. ASSIX AKPESSE en axtptait cinq :

-E3mmnNdoufouaulo - Boka Assèk~ aulo -AssamaFhanmaulo

-Abl&ykxxofm ouFkraNgouan aulo

Djétbukro qui était un nanmo Xulo, le village de Djédou, coxptait trois aulo : . EkanzaEbxmouaulo

.Dj&douaulo

. Salet Anet aulo (c'était une cour d'étrangers, la cours des Essandané installés à Djédxkro pour chercher de l'or).

.&a auto porte toujours le nm de son fondateur ou auto Kpanhi. Ces aulo ngbanhi (2) pr&olonia~~~ étaient des b2andrid c'est à dire les vieux du village ou du nanmuo KuZo qui aidaient le.hZO ngbi dans sa tache, ils fomxaient le conseil du village.

Ainsi 1'mZo et l'aulu Kpanhi ne sont pas une création de 1'administration coloniale. Toutefois on doit dire cju'elle les a dotés d'un pouvoir politique plus grand : l'au10 devient l'unit2 politique de base, les aulongbanhi ai- daient les bZéngbi à récu$rer l'i@t de capitation ou à fournir les recrues pour le service militaire. La nouvelle du azsmandant arrive au bZéng6i qui la transmet aux auZo ngbanhi. Ceux-ci à leur tour la diffusent aupres de leurs au10 ma

(les hames de la cour). A ce titre ble ngbi et au10 Kpanhi étaient les interlocuteurs privilégiés de l'administration.

coloniale. La société Anyi était orgauisée selon deux rrodalités : la parenté et le statut.

., (1) Nguessan Taki, Agoua le 15-7-79.

(2) Le pluriel de aulo Kpanhi est au10 ngbanhi.

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cxAFITRE11: La distribution en cat&jories sociales (les statuts sociaux).

Ia soci&é anyi était une scxziét6 esclavagiste donc inégalitaire, elle était donc très hiérarchisée. Le statut social ou r&.e de descendance définissait la citoyennete : on distinguait d'un côté le monde des dihyê oîl se récrutient les lxcmes politiques, les Tchanmins Ou porte-canne, c'était en r&ne temps le rronde des hc.enras libres et des princes car tous les dihye n'étaient pas for&ment des princes.

Dr l'autre il y avait les hcxmes de condition servile ou hcxnres non libres, on les appelait Kanga.

L'introduction des captifs ou Krmga dans le Wm(Xl corsuença avec les guerres de SAEIDRI dans le nord. A~&S la rencontre de KOUASSI GEEKE GOSAN et de SZWXY à Eanfora, une alliance fut scellée entre les deux hcaxnas.

us sofa de SAWRY amxa&nt les captifs aux BAULE et ohtenaient en retour de la nourriture. Kotia-Xoffikrn, 2 l'emplacement des abattiirs actuels de BOUTu<E,était un florissant marché de captifs. Ce ccmrmarœ se déroula entre 1893 et 1897, il aurait pu se poursuivre s'il n'avait pas été interrompu par 1'arrivG.a des Français (1). Les MXJ?X) se procuraient les captifs chez les DAUIE, Un captif valait soit 1 ta (150 F or) soit Tiasuo (50 F or) OU si.r@ament, ils échangeaient le sel contre le captif. Les premiers qui furent. achetés étaient TAOOUANA, DJIMINI et DIAMAIA. Après la prise de Korhcgo il y eut des $SENOUPO ; après la prise de EXXDXJKOU, les captifs ABEION et NZOKO (anciens habitants de l%gho) furent achexninés à leur tour sur le marché de Kotia-Koffikro. Toutefois le nc&re de captifs par famille ne dépassait pas somnt deux : à Djédoukro.il y avait une seule captive :&FG mais les riches pouvaient en avoir plusieurs,

I,es'captifs étaient intégrés dans la famille du titre mais ils étaient traités en tentxe d'exclusion car ils n'appartenaient à aucun lignage. Les captifs désobéissants étaient revendus à des demandeurs pour être sacrifies lors d’un décès de'&%. D'autres sont sacrifiés a la msrt du mafltre ou des hoxres politiques pour continuer à les servir dans l'au-dela, on les appelait ahêZê.

Il n'y avait pas que les deux classes : dikyè et Kanga il y avait une classe intermediaire formée d'abluwa (2) d'av&, d'hcerres et fe%mnas en rupture avec leur ahusa d'origine et qu'on appelle au20 Snan puisqu'ils n'appartienne&

plus à un autre lignage. Leur statut différait de celui des Kanga puisqu'ils n'ont pas été vendus et achetés c'était des ATIBABOKLE.

La pyramide sociale se pr&entait conne suit :

- --A

~.

DIHYE . . _ _a-.- --.

.g.

ATIBABOKIE c- - --

mGA ----__

Kanga et ATIBABOKLE étaient appelés aulo SAan ou propriété de la aour (abuswan).

A part les Kanga y avait-il des étrangers et quel était leur statut ?

Le terme d'étranger est un terire dont l'interprétation est très large : l'étranger c'est celui gui vient d'un autre nionde:un ESSANDANE est un étranqer dans le NGATIANCU et inversen-ent un SAOUA est un étranger dans le aonde AMAI\ITIEN et inversement Salet Konin, Salet Anet, Salet Atta du village d'Ahorosso (Essandané) installés à D-jédoulcro (Ngatianou) etaient les asëtranfwo de Djédou,

1

(1) Salvestre Marmier, Etude régionale de BOUAKE, Ministère du Plan. Le Peuplement p. 51.

(2) L'abluwa etait un enfant né d'un père Kanpa et d'une mère de condition libre ou d'un père dikyè et d'une mère Kanea.

Ces manages étaient possibles. Par ce biais les enfants et les biens du Kanga restaient dans la famille de son maître après sa mort puisque le Kanga se ma-riait dans la famille de son maître généralement à une fille née hors mariage.

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Les NGIN qui imnigrèrent dans le NGAIIANOU étaient lea p asëtrmfwo des habitants de KOYOFONOU. A l'&cque pré- coloniale, il n'y avait pas d'étrangers nordistes car ceux-cl ' étaient considérés comme des Ka nga et ne pouvaient pas

s'aventurer en territoire Anyi, ils risquaient d'&xe réduits en captivité. Mais les territoires proches des autres peuples -cevaient des étrangers venus de ces autres rcnndes. Aussi on rencontxait dans le STXXJA des AEBEX. Les AGE.4

s'installèrent chez les NGA-T du NGATIANDJ pour chercher de l'or.

Ces étrangers n'avaient pas un statut partimlier c'était des hcmres libres, les plus 6lcquents pouvaient

&re faits tchmmins. Ils étaient régis par les règles et lois de leur village d'adoption et participaient à tous les travaux de œ village.

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D E U X ,I E'M E'"‘ P i R + i. @

Production _-_--me--- et consomation

c~~pm I : ti ccanpsition des Unités Ecormniques

II Unité de production et Unité d'accwnulation

‘L...

. , Dans le P0F0JOU précolonial, l'unité é concmique regromt à la fois unité de production et ommmauté d*ac-

!, '^ j :." cmmlation. La axnmnauti.de cmxmtma tien était une autre chose. Ceci dit, l'unité 6concmique était le groupa deper- sonnes qui contribuaient 3 la création et à la fourniture du produit et dont les membres mettaient en camnm le surplus obtenu ap&s la conscmmation.

L'mité éconcmique de base était la fznille Sin@e car il n'y avait pas d'éamcmie de lignage, 'chaque chef de famille pourvoyait seul à tous les besoius de ses feames et de ses enfants. Cette unité écontique ccpnprenaitl'époux- père, sa ou ses femmas et ses enfants. Cette unité pouvait être plus large. En effet, l'éx>ux-père et chef de la coma- . . . . .' _ -, . nauté familiale pouvait avoir selon son pouvoir économique un ou deux captifs qui participaient à tous ses travaux. Il-

pouvait 6galemant recueillir dans son foyer ses neveux qui n'avaient pas'été recomus par leur père.

KOU&KOF'F'I nous donne un exemple précis d'une unité éconcmique à AEx)NcoUA à l'époque précoloniale. Elle axa- _ :: prenaitdixpersonnes : le chef de cette unité éconcmi~que s'appelaitKCUA, sonepouse s'appelaitBIEOUTJ!NOA. Les eu-

fants étaientauncmbredehuitet~renaientsespropres enfants et des enfants reçus par héritage.

Toutefois l'entraide e.xistai.t : c'était le WILI, il y avait aussi des prestations de services obligatoires aux beaux-parents au rixütre pour les esclaves et un chef politique.

KDUA OI KOUA (1) nous apprend que tous les hms de Djédoukro pratiquaient l'entraide ou WILI pour les tra- vaux de défrichemut et de buttage. Il y avait au total onze chefs de famille. Il s'agissait d'un'roulemnt.

, Les prestations de services obligatoires aux beaux-parents avaient pur objectif de s'attirer leurs faveurs.

Le mariage demandant une dot eu poudre d'or, il n'était pas facile à tous de se mrier. Ceci dit lorsqu'on avait une fm on la ménageait afin qu'elle reste plus longtemps dans le foyer. La meilleure façon était de vivre en bons termes avec ses parents en particulier son père et sa mère. F!ais à y voir de très près , ces prestations obligatoires se pré- sentaient ccxmxs une certaine wnsation, la ferme mariée est rétirée de sa famille donc ne participe pas aux travaux de ses parents, le mari est obligé de faire œ travail à la place de son épmse. Il ne se rendait jamais seul à ces

travaux, il se faisait aider par des parents et des amis. .

Un captif mari6 devait une prestation obligatoire de trois jours dans la sermineàsonreaître:jeudi-

vendredi - Sarredi @Qrbnmn). AhTfBlTO (Saoua) et à EI%JIKW (Amantien) nos informateurs nous apprirent que le jeudi

?%ait réservé pour les travaux du chef plitique.

Dans le travail de l'or, l'entraide n'existait pas ,c'étaitdans ce cadrequela famille en tant qu'unité 6axicmique apparaissait le mieux. L'époux-père, ses fermes, ses enfants et Si possible ses captifs partaient à l'asikanu.

Dans certains cas, l'hcxme n'allait pas à l'asikanü, illaissaitlacharge à ses femes et à ses enfants : chaque femw et ses enfants travaillaient ensanble.

C'était cette ccmmmauté restreinte (la fa@lle él&antaire) qui constituait la cammauté d'acomulation puisque tous les produits &mnant de leur activité sont remis à l'époux-père qui en assure la gestion.

(1) Koua oi Koua:Boiakikro le 10-7-1979.

I

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! -9- III La corrmïunmté de consommation

Selon la défi.n..i.tion de tinsieur JEAN M?XC G~LSELLU, la amnmauté de consatmation est le groupa de personnes qui participent 2 la destruction d'une partie du pro%it en vue de la reconstitution de la forœ de travail.

Cette ammnauté pouvait être large ou restreinte selon les rapports des personnes vivant dans la cour : lorsqu'il y avait entente, on se réunissait pour manger ensemble par con+xe lorsque, les rapports 6taient pertwbés par les qwrelles intestines chaque chef de famille mangeait seul le repas de sa fatme.

Lorsqu'il y avait eut-ente, la amumauté de résidence ou la cour fomait en r&ne temps la ananmaute de con- samation : les hames mangeaient enserkle, tous les plats étaient réunis chez le plus âgé, en quelque sorte chaque chef de famille apportait son plat.

Les enfants mâles rrangeaient avec leurs pères.

Les fermesmangeaientsé~ t entre elles, chaque ferme rmngeait avec ses filles bien qu'il y ait des C+hanges de plats entre elles. La raison invtxluée est que les femtes ne s'entendaient pas toujours : il y avait des scènes de jalousies entre les co-épouses.

cJH?-Pm11: L'orqanisation de la production

Nous nous intéressons ici ? l'analyse des six prcductims principales : la production agricole; la production de l'or, la chasse, la pêche, le ramassage et la cueillette, le tissage des pagnes. Les échanges camerciaux seront évcqués dans la troisiirne partie du travail.

Il L 'organigation de la production

Nous insisterons sut‘ gmtre points principaux : - l'acquisition de la propriété

- la division sociale et sexuelle du travail - les techniques de productim

- les plantes cultivées

1) L'acquisition --- --- de Zaqtipriété __---

Dans certaines sociétés africaines il y avait un chef politique et un chef de la terre. Chez les ANYI, .le chef politique était en ai?rma tm chef de la terre car il est le descendant des premiers fondateurs du village. Chaque lignage avait un territoire bien défini. Mais en réalité cette seconde fonction était plus théorique que réelle. Le bZ6 ngbi n'exerçait aucun contrôle sur l'acquisition de la terre. Simplement lorsqu'un accidentnortelsurvemitdar~

la brousse, pour apaiser l'esprit de la terre (asyê) et les bZonidjd (génies), le bté ngbi r6clmai.t une amende : un poulet; un mouton ou un cabri selon la gravité de la faute, pour faire les sacrifices.

Le principe gui fondait la propriété était le travail personnel : lorsqu'un hatm abattaituneportionde fo- et pur en faire son champ de vivrier, œ rrrxœau deterrainlui appartenait. Il jouissaitlibrementdes fruits de son charmp sans en rendre compte au chef politique. Il lmm3i.t changer constament l'eapla cxmsntde son champ sans problème.

Le ch* laissé en jachère après la récolte devient son ngbision (réserve) donc sa propriété:

2) Ylavait-< ~~~~~_---__--_~----~~~-~--~~~~~ une division du travaiZ ?

La société traditionnelle ANYI étant une société inégalitaire , on peut pense.r à une division sociale et sexuelle du travail. Il apparait nécessaire d'éwquer la guestion.

Il n'y avait pas une division du travail au niveau des hcmtes libres et des hms non libres ou Kanga. Le captif ou K4iANGA particimt à tous les travaux de son maître, il travaillait aux cbtés de son rmitre qui est un hum

._ libre. 'c

(12)

- 10 - NananmI (1) indique cepardantque le captif avançait le premier au ChamppOUr allmrl~ feuenattendant l'arrivée de son titre.

La division du travail se situait au nive'au de l'hmmz et de la femne bien que les deux participnt aux tiavaux~agricoles..

L%cmw s'cccupait des grands travaux : défrichement du nouveau champ, abattage des grands arbres et buttage.

La feme s'occupait en principe des petits travaux : elle balaie la surface du champ pour pemettre aux hcnmes de faire les buttes, elle enlève les mauvatses herbes et plautes le taro et le bananier. L'apprêtage du chaw ou boicpaZê était réalisé par l'hame et la ferme.

Iln'existaitpas de tâches spécialewntréservées auxenfants. Ils participaient selon leur âge aux tâches des parents.

3) Moyens et techiques -- --- --- deproduction --- eteses --- de Zaqrwduction --- a) Les Moyens et techniques de production

Les instrusents de culture étaient rudimentaires car leur fabricationne demndaitqwpeud'opérations antérieures.

Au départ ces instnments étaient fabriqués artisanalement par les forgerons locaux ou !?OYEZ~~, par la suite on acheta ces outils aux européens. Il y avait :

- le couteau d'ahattis ou ala1.ê . La lma de fer était plantée dans une manche en bois plus ou moins long gui constituait la poignée. Il était utilisé dans les travaux de défrichement.

- Zcz-daba ou'tokpo était utilisée dans les travaux de buttage.

- La hache (tcheclan) était utilisée pour les travaux d'abattage. Le Tchéclan avait me lame de fer plus effilk par rapprt à la hache de fabrication européenne.

. Les techniques de culture n'ont guère changé : c'était la culture itinérante sur brîllis.

b) Les différentes phases de la production

Plus que le texte, le tableau rend mieux cmpte de la situation. Les phases suivent le rythma des saisons.

! saisons (êtCZ8) ! Activités agricoles !

! ! !

! ! WAWANCXJ (pendant la grande saison sèche) ! - Défrichement (bosonZê1 !

! Déc. - Janvier ou Février ! ! - abattage des grands arbres !bakaà bu lê) !

! ! - les femes mettent le feu sous les petits

! arbres i

! ! - on brîile le ckmp (boyralêl 1

! ! !

! ! !

env. Féwier-Mars I-

! apprètage du champ ou bo @aZê I

I ! !

-- !

! !

! NZUIYIBIE (grande saison des Pluies) ! !

! ! Premières pluies : abièZêiZê 1

! finMars -Avril ! on fait les buttes de certaines catégories !

! ! d'igname ex. le Klugb6 !

! ! Puis c'est le buttage !

! ! !

! Mai-Juin ! !

! ! On élève les tiges d'ignms vers les tuteurs !

! ! (activité des hcmes. Pendant œ temps les fem- !

! . . ! mes plantent le bananier et le taro 1

! ! !

! 'MCNCXN (Petite saison sèche) ! !

! Juillet - Août ! Désherbage du ch- par les fumas !

! ! !

1 ! !

! BOMIE (Petite saison de pluie) 1 1

1 Août - Septesnbre ! On récolte les premières ignames !

! ! ou etuo bêZê (km~s et fsmesj !

! i

! IWPXU (ici c'est la fin de l'année, Nav.Déc.) !

, ou le début de La saison sèche. ! FGcolte des igna*s OU etuo 'NI;E ! c'est une activite purement fkriuine. !

! !

(1) Nanan Apia Djébi, roi des bantien, Ehuikro le 26-i-79.

(13)

! - 11 - 41 Lesgroduits ___ ---.---- cultivSs

ces produits éta.ientlesnGmzs dans l'ensemble &IWFXXOU ; œ sont œs m&nes produits qui sont cultivés de rios jours à l'exception au café ét au cacao qui sont as cultures modernes et dont l'appa3%ion dans le M3RXQU se situe .à l'époquecoloniale.

Il s'agissait as plantes vivrières : igname, banane, tara, manioc et a~‘c0diments : phznts, -te, auber- m=, cl&.

Indiquons toutefois que le tara précolonial est différent au taru actuel. Les tzar0 cultivés à l'époque pré- a>loniale étaient le kooko kZékpé et le btênrïndad2 (1).

m tanate précoloniale était appelée DE NGUE, ses fruits étaient de petite dimension. Elle diffère donc de la lxx&33 actuelle. Les fms cultivaient l'arachide..

La culture du maïs n'a été m+ntionnée qu'à EHJIIGO (AMANTIXQJ), à MERFI et ASSIE-AKPESSE 6AOUA). Le problh?

consiste à savoir si lTabsence au maïs aas les traditions des autres sous groupes ethniques M3FXX0 : AHUA, NGATIAFW et SA!TIE est le signe gue cette plante n'était pas oxnue chez eux d l'époque précoloniale ou bien si nos infonrateurs AMWJ!IETJ et SAOUA ont projeté dans le passé œ qu'ils ont connu à‘llépque coloniale.

Théoriquexnt les i-s appartenaient a l'époux et le tara, la banane et le manioc 3 la femme. Mais en réa- lité chaque @use conservait les ignamzs et les autres plantes de son champ. C'est dans cette réserve de nourriture qu'elle puisait les produits pour la pr+aration du repas quotidien de la famille.

Le travail de l'or occupait une place de choix dans les activités éconcxR@ues des MX0F0, examhons à présent mrrrentétaitorganisé saprcduction.

II) L 'orqwisafion de la nroducfion de l'or et 'L'origine de l'abusan

Nous insisterons sur la découverte des placers aurifères et sur leur exploitation.

II Corment

-11----1---1-- aécouvraZt-On

lesqlacers

es-- am~fères

A y voir de très près, la découverte des terrains aurifères était, dans nanbre des cas, un fait du hasard. En effet, lorsqu'on d6c03xait des traœrs d'or dans les eaux et sable d'une rivière c'était l'indiœ que la région traver- s& est riche en métal précieux. Les chasseurs rencontraient dans la forêt un arbre déraciné avec de l'or dans les raci- nes. Enfin, les femmes qui allaient déterrer l'ignam? sawage (boZuo) découvraient de l'or dans l'eau de cuisson de l'igname. cn remarquait les lieux et on y allait pour chercher de l'or. Le placer aurifère portait le ncxn de la personne q@ l'avait découvert. Gn renaW.rait d.e l'or dans l'enserhle du XXDJOU, mais toutes les régions n'avaient pas la II&W richesse en m?tal précieux. Les régions d'ANILE (Sahié) à'AlXXiCXXA (Ahua) et le NGPLCIANOU étaient réput&s pour leur richesse en or. Par exemple des AWTXEN allaient &ercher de l'or dans le Ngatianou'(KQcüonnønuonu) et dans l'AI..WW

(ashankoulo). Des SAOUA allaient chercher de l'or dans le Ngatianou (à WWMOU actuel Anialiesso).

Il y a eu exploitation de l'or dans les villages visités :. à fiégbé les placers suivants étaient exploités : Affouanou (placer décowert par AF'EOUA qui était une fm). Ce placer se trouve a bonàsa

1'AssalébZanou se trouve Zr Atchintchinoz*.

Enfin il y avait Assanvoanou et Attafianou.

A AmUA il y avait Assowanou, Adjossou, Danguiarzou, Batrcmgmgannou qui était ozmxz l'indiq& son narr le placer des enfants. La région étant très riche en or, les trous étaient peu profonds puisque l'or se trowait à faible profon- deur. Les enfants bwaient donc l'exploiter.

Enfin, il y avait hmaiian nou.

(1) Ekanza EKOU, Boidikro le 12-7-79.

(14)

- 12 - A EHUIKW) xnéme il y avait Akamou. Le Kcdjonomoanou se trouve en territoire Ngatianou tout ccnrne Asseman- kouto se trouve en territoire Alsngwa.

A FlBAJ?IO il y avait les exploitations de TokoukouZo.Ccnmz les populations n'étaient pas satisfaites par son rendement, elles de rendaient a F&SGWCU dans le NGATIZWOU.

A SASSIE-AIQESSE on avait Akako ngoariou, Abolianou où. la profondeur des trous atteignait neuf fois la taille d'un hm et BtSnou.

Le territoire d'AXNGX4 C-tait riche en or si bien gue des habitants d'Arrah s'y établirent. 11 y avait les

exploitations suivantes : Afët&& dont l'emplacement se trouve dans le quartier Qula était très riche. L'or se trou- vait a faible distance d'où le ncm d'afëtëbêbo qui signifie que quand le trou vous atteignait les hanches, vous décou- vriez de l'or. En effet, dit, notre informateur d'AEDGXJA (Koua Koffi), lorsque vous creusiez un trou d'un titre de profondeur vous démmiez de l'or mais les eaux souterrties genaient considérablknsnt l'exploitation.

2) L’ezloitatioti --- ---

Les sondages géologiques effectués révèlent que la région aurifère du F4X0KXl est à contexte sédimentaire qu'en attribue Fi la présence de flychs en géosynclinaux. La couche exploitable est toujours récowerte par une épaisseur va- ribale de n~rts terrains, on allait la chercher au moyen de puits de fonns circulaire de profondeur variable. Certains trous powaient atteindre 6 mètres de profondeur et m%e plus. Le d.iam&re du trou était d'environ 0,8 titre. Lorsque le trou était profond on pratiquait à la partie inférieure des chanbres d'environ 1,80 mètres de dîametre puisque œs trous sont distants d'environ 2,50 mètres à 3 mètres d'axe en axe. Toutes les char~bres se trowent reliees par des galeries.

II

On aSnageait des marches dans les parois du puits pour poser les pieds afin de pouvoir descendre dans le trou.

et en ressortir.

Nous n'évoquerons pas les détails sur les sacrifices et le s interdits car ils sontlar~texposés dans l'article de Claude Hélène Perrot (1).

C&I rencontre trois couches de terrain, nous donnons ici leur appellation en ANYI : - la couche supkieure est 1'Zfafunan

- la seconde couche faite de pierres est le mgbabuo

- la couche utile ou la troisième couche est située dans certaines zones a envircn 6 nStres de profondeur.

Elle a une épaisseur d'environ 0,80 mètre, c'est l'êfà.

a) Les phases de l'exploitation

Avant d'obtenir la poudre d'or, on distingue quatre opCratkns : . le creusement du puits

. 'l'extraction de la terre aurifiée du puits

. le transport de cette terre l!êfà) des bords du puits au point d'eau aaSnag4 ou Kplohwnan . le lavage.

Mais lorsque le trou est peu profond (bantrangangannou et malanoa), la personne qui creuse enlève en nGne teïnps la terre. Dans ce cas, on peut mnclure qu'il y a trois phases.

En fait - ---- qui travaiZlnit~our --- --- chacune des&ases -_ ?

Quand la couche utile se trouve en profondeur ccxme dans le cas de l'exploitation des filons où l'extr&e

dure@ du matériel rocheux rendait le travail difficile, le travail de creusement était réservé aux hcmnes (ms libres et captifs). C'est œ qu'on appelait l BU nou.

(1) Claude Hélène Perrot, "Or, richesse et pouvoir chez les Ndenyé aux XVIIIe et XIXe siècles" Journal des Africanistes Tome 48 Fascicule 1. Paris' 3973.

(15)

- 13 - Par contre lorsque la couche utile se trouve à faible.profondeur le cre usement était effectué par les f-s ou par les jeunes gens.

L'extraction de l'e'fà du trou ètait effectuée soit par un jeune hm ou par une jeune fille ou une jeune fm. La personne se servait d'un seau en bois tiré au moyen d'une longue tige de rotin. Ce seau s'appelle le Kannangan

Les enfants transportaient

l'êfà

des bords du puits au @Zohunrnan à l'aide d'un récipient en bois appelé

alq>czngba. -

I,S fenmss s'occupaientexclusivese.ntdulavage. La terre aurif&e était lavée dans unlargebassin debois, l'asika ho20 d'environ'1 m&re de diamètre.

Le contenu de 1'asikahoZo était renversé dans le ndéhia de diam&re plus réduit, 0,40 titre environ.

Lorsqu'on arrivait au tro d'environ 0,2O mètre de diamètre le lavage était terminé. L'or recueilli était

>. .:,: d'une extr%e finesse : c'est la poudre d'or. Lorsque la ferne decouvrait une pépite d'or de taille appréciable, on dit qu'elle a découvert la fortune œ qui se dit en ANYI wa tu @20.

L'extraction de l'or demandait de l'eau a cause de l'opération de lavage c'est pourquoi elle avait lieu pen- dant la saism des pluies ou Nzutoblênu.

Le travail de l'or regroupait époux-père, fenues, enfants et captifs.

, L'accès aux terrains aurifères était largmt ouvert et le travail de l'or a entretenu une certaine robilit6 de la population d'un village à l'autre et d'un état b l'autre.

31 L’on’gine --- ---1--- de 7, ‘ahusm ._-

L'abusan existait-il à l'époque précoloniale ? Sur la questicn ies avis sont partagés :

. un premier groupe d'inEon&ateurs (1) indique qde cette pratique n'existait pas traditionnellement.

Pour œs informateurs, l'abur,an a vu le jour dans le -i3Ia3NOU à l'époque coloniale 3 cause de la culture du café et du cacao. Il débuta d'abord dans le NUENYE.

Le propriétaire de la plantation reçoit deux parts de la récolte et le manceuvre une part.

. le deuxième groupe d'informate& (2) avanœquel'abusan existaitavantlaculturedu café etdu cacao écoutons la version que nous donne KOUA KOFFI :

"L'abusan existait avant;r>ar exemple lorsqu'on allait chercher de l'or dans un autre village & il y avait '/ beaucoup d'or crame à Andé, on se mettait d'accord avec les propriétaires des placers. A la fin de l'exploitation on se

rendait tous chez le propriétaire avec le produit du travail on pesait la balance du propriétaire (Sika&Gs5Zê). Le .., propriétaire prenait une part et l'orpailleur deux parts. On jurait, aucun orpailleur ne pouvait cacher une partie de

son or sincn il mourrait".

C'est la même version qui a 6% donnée à Y'batto. Nous pensons que la version du deuxième groupe d'informateurs . est plus vraiseablable. L'abusan qui a été pratiqué Eï l'époque coloniale et.qui se pratique encore de nos jours est . . . .une reprise d'une ancienne pratique avec une inversion car cette fois le propriétaire de la plantation reçoit deux parts

au lieu d'une part.

III1 C%asse et pêche

1) Ii2 chasse -e----e

La chasse était une activité subsidiaire pu+qu'un homns ne pouvait pas se,livrer exclusivement à la chasse.

Le chasseur était à la fois agriculteur et orpailleur. Il y avait deux foms de chasse : la chasse individuelle pra- tiq&e par chaque chef de famille et qui visait à rapporter de la viande aux épouses pour le repas familial.

(1) Koua oi Koua, Nguessan Taki, les informateurs d'Ehinkro représentés par Nanan Apia Djébi.

(2) Koua Koffi (Abongoua) et AHONDJON Kouamé Fi?liu (Mbatto).

(16)

\ - 14 - La chasse collective était pratigu& par des professionnels appel& bofwo ou konian. Il s'agissait de tuer beaucoup de gibier (le gros gibier et le petit gibier) pour la vente et paur la consmtion familiale. Ils se cou- chaient dans la forêt pendant plusieurs jours afin de faire la provision c'est ce qu'on appelle bona.

Les chasseurs étaient armés de fusil à pierre ou TckoZibouo , ,fusil de traite et des fusils de fabrication traditionnelle venus du Djimini. Le Ko ngo était utilisé pour chasse l'éléphant.

A 1'Epcque précoloniale, le FIcIIaRJoU 6tai.t une région très-giboyeuse. On y renaxtrait toutes les vari&& de singe : kakuo, fwo, tahié, êlëlê, asibé etc, toutes les variétés de biche :kEtébuo, &a, dabuo, djanin, wazanin kabi ztc, des phaccch&es (êholo), des pangolins (@aZO) et le gros gibier, llélephant, les variétés de buffle : êhuo, Djamgba et Djuku.

A ~33% de la chasse, les.pièqes pemcattaient d'attrapr des rats, des aqoutis, bref de petits animaux pour le repas quotidien.

2) La pêche

La pêche était très peu pratiquée ou pas du tout pratiquée car le M3R.XXJ est trEs pauvre en réseau hydre- graphique le N'Zi et le C!or& sont des frontières naturelles. A l'intérieur on a de petites rivières (des ndi ti) sai- sonnières de mindre ~rtance. L'AGXI gui cmïi.e du nord au sud, 1'ESEGUIE dans la région d'ASSlE-AKPESSE, P'êzëmin et l'éhoZi& chez les ASSIS le Yapo et le Yaàf8 dans la région d'AE0JGCUA étaient les rivières les plus mrtantes.

Toutes ces rivières étaient poissonneuses. pendant la saison sèche, lorsque les eaux avaient baissé, les populations e&ironnantes s'y rendaient,vidaient l'eau a l'aide des récipients. Lorsque les poissons étaient visibles, elles les tuaient 3 coups de machette c'est ce qu'on appelle NzuoZiZê. C'est ce qui se passait sur l'asiho ngo et le Xpoukpa-qoukpa, pièces d'eau I)oissonneuses aux environs du NZI appartenant aux Akohia et aux AJBEY de KOYOWOU. C'est œ qui se passait dans l'AGF93, dans le Yap et le Yaàfo à ABXXXJA, dans le Nzuotimnan à AWJA, dans l'éslguié, le kiikiiL$~o, le ndintikpoulohun et l'&uat5fü dans le SAOUA (Mbatto).

C'est seulemsnt à ASSIE AKPESSE qu'on nous parla de la pêche dans l'AQ33 et l'éséguil.

Les genres de p%ssons étaient l'atcho le sênin et le folo, l'akpatra, l'edjobofucm, le dadin et de botuaklé.

IV) Cueillette et ramassage 1) La cueiZZette ---m-w

Les régines de palmiste, la cola, activité.

l'êflm, l'adêdêwa et tous les fruits canestibles entraient dans cette k colatier était une plante sauvage, la cola entrait dans la médecine traditionnelle, il ne faisait pas objet de ammsrce.

Lesnoixdepalmistes servaient-3 pr+arer.la,sauce ou a fabriquer de l'huile qui entrait dans la fabrication de savon (Ko ndul. Elle servait de carburant pour allumer la lanpe (Gazo).

La cueillette n'était pas réservée exclusivemat aux hcmmas , aux femasouauxenfants. Celui qui découvrait au hasard d'une promenade un fruit ou un réqim de palmiste le cueillait. ._

21 Les~oduits de ramassage - l---____--- -

Les prmltits de rarmssaqe sont les m%es gu'on ramasse de nos jours. Il s'agissait des escargots (ébihiél et des divers champiqons omrestibles : le kpuù (pendant la petite saison de pluie), le ngZo (pendant la grade saison de pluie) les domo qu'on trouve sur les troncs de baobab rmxt et suc les palmiers mxts et les nirébiZé.

Nos informateurs (Assi.6, Kréqbé, Koyomnou) affiment qu'il S'agiss<ait d'une adiviM f&inine mais gue si l'hm au cours de ses rendonnées dans la forêt découvrxit ces produits , ils les ramassait pour ses épouses.

EJ%XAN AHISSAX (Kréqhé) et AWIIE (Assié &Ixssé) estiment toutefois que le rarmssage des escargots était pratiqué pzr les hcmmas et par les femnes.

-

(17)

V) Le tissage des pagnes

-,15 -

!

sur cette industrie, les '%X&)IXJ sont unanimes p3uc dire qu'autrefois les ANYI (entendez les WIFD) ne savaient pas tisser. Ieur pagne traditionnel était le bofucn, le pagne de coton venait du pays baulé (bahu20 tan-in) pagne baulé.

Les WR~IXJ se rendaient dans le baulé pour les acheter ou les BAUIE venaient les vendre dans le MXCTJOU.

Nécessité aidant, les WR3~ *rirent 3 tisser les pagnes. EHCMAN AITLSSm indique que cela se passa en 1922.

KCUA OI KOUA (Ngatianou) indique de son c6te qu'avant de s'étendre à l'ensemble du NGATIANOU, cette activité débuta chez les XW dont le territoire est contigu à celui des ?&XL Après les NG?!N, œ sont les habitants de Koyononou qui apprirent à tisser. Donc de proche en proche, le tissage des pagnes atteignit l'e.ns&le des NGXMAFW. La date de 1922 parait trop réculée, les WXX?Y ont dû apprendre à tisser dans le courant du XIXe siècle.

AEHUIKF0,les tisserands étaientKCUAMEANZAN,NananMIIIX) etAM3NKOFTI. Les tisserands étaientpeuncmbrew par village et le tissage des pagnes dtait une activité subsidiaire qui occupait les rrr.mxts libres du cultivatelur et orpailleur TXX0.

Selcm EXANZA EKOU (Eoidikro) (1) le tissaqe des pagnes n'était pas rémunéré. Le client fournis&it lui-r&&? les fils et nourrissait l'artisan durent le travail. Il précise cependant que si le client en avait les rmyeus, il Ipuvait recxmpenser le tissérand en lui offrant m peu de poudre d'or.

La culture du coton était réservée aux femes qui se chargeaient aussi du filage. Le tissage était uniquement une activité nmxüiine. Vais si le tissérand fournissait lui-Sme les fils, il vendait le produit fini c'est à dire sonpagne.

r-

CHAPm III : L'Organisation de la conscmation

1) Les produit-s servant ri la prdparation de la nourriture m+Cfienne

Le repas des M3oFo était constitué par le foutou : foutou d'ignam, foutou de banane et foutou de manioc mais le manioc servait aussi à préparer le mgbaou qui est le gateau de mnioc. Il va de soit que les produits qui ser-

vaient à préparer le foutou étaient : l'ignams, la banane et le manioc. Les deux typas de tara (&olco KZékpQ et bZe mindodiê) étaient mangés bouillis.

Il y avait plusieurs variétés de sauce :

- la scuce graine préparée avec des graines de pal.mist.e

- la sauce aubergine (ndrowa tro).

s- sauce gombo (nglurvnâ trol - le makü nzuo (sauce claire) - le ngatidtro(sauce crachidel - WCEwêlê 7sauce courge)

On y ajoutait le piment, de la viande des escargots ou des char&nons.

III Pour qui prépardt-on le repas quotidien

Le repas était préparé pxr la cmmunauté familiale, les amis et les proches parents. C'est œ qui expliquait l'envoi de plats à l'extérieur et la réception de plats.

Nous avons vu que dans certains cas la axmmauté de consmtion était la ammmauté .de 6sidence. Le plat

de chaque ferme était mangé par tous les hcmnes de la cour. En outre la feme donnait la nourriture aux autres femes de la cour : ses c+xmses et les femes des autre s hcmes de la cour et recevait itiversénmt des plats de ces dernières.

Mais tout œla dépendait de l'entente qui existait &tre elles.

La fenm envoyait des plats à l'extgrieur : 3 ses soeurs, 3 sa mère, à son-père, aux frères et sceurs de l'époux ainsi qu'ii la rr&e de l'époux, à une de. En retour elle recevait des plats des femes de son frère, de ses .soeurs ou de sa mi-re. Tout œla n'était pssible que si tout le made habitait le &ms village. D'autre part tout etait subordonné

à l'entente. -.--

(1) EKM7J. EKOU Bodikro le 12-7-79.

-. - -

(18)

L - 16 -

T-ROISIiME PARTIE

Accumulation _-_---___-___l---- et Hdtitap -

Il y avait plusieurs secteurs d'activité éconcmique à l'épque précoloniale (voir deuxi&ss partie). Mais par quel biais se formait un surplus éoxmnigue et cxxment se tran~ttait-il ?

CHAPITPEI: La fomationd'un surplus éconcxnigue

Les produits agricoles, les produits de la cueillette et de la p&he ne faisaient pas l'objet de transaction amserciale donc n'entraient pas dans la formation du swplus Bconcnnique.

Il n'y avait pas de vente de produits agricoles, le procédé Btait l'akodd. Il s'agissait d'aller travailler chez un individu pendant une journée et recevoir en ccqensation une certaine quantité de nourriture. Gn peut donc dire que ce procédé relevait de la notion du droit de propriété par le travail.

. Le cmnerœ de la cola u'a pas existé entre les ANYI eux--&!rrs. Ceci dit, tous les produits ci-dessus cités servaient 3 la amsamation familiale.

Par contre, on vendait les produits de la chasse (les produits de la grande chasse) et le vin de palma.

Toutefois les deux principales activités qui participaient effectivement a la formation de ce. surplus t-cono- migue étaient le travail de l'or et les échanges omnerciaux mais surtout le travail de l'or.

l-1 L'or

L'exploitation de l'or procurait des ressources aussi bien aux chefs politiques qu'aux chefs de famille à deuxtitres:

- par exploitation directe d'une part dont.l'iqortance est proportionnelle au nombre de ceux qui travaillent.

A la fin de l'exploitation, les femes, les enfants et les captifs renettaient tout le produit à l'époux-père en sa qualité de chef de la ccmnunauté familiale. Si la campagne.était fructueuse, pour récmpense r les efforts de ses fenmes

et de ses enfants, il offrait à chacun;me œrtaine quantité de poudre d'or on dit alors en ANYI Okpê b@zonsin.

' Indirectement par la rédevanœ due par les orpailleurs (abusan et cadeaux offerts au chef politique).

Sur le plan éconcmique, la poudre d'or était la seule n-mnaie utilisée mais l'or servait aussi 3 réhausser l'éclat d'une.cour royale : bijoux d'or nassifs (taliê, kplu, kpotia (bague)), chaine ou ndjuaba. Les insignes du pou- voir étaient faits d'une ke de bois sculpté recouverte d'une feuille d'or (êhoto et canne Ikpoman).

Cependant, malgré la richesse d'un individu, l'or n'était pas exposé au regard. Il était conservé dans le dya, dans des boîtes de tital ou dans de p&.i.ts paquets de tissus ou boto.

II) Les éChanges'convn&rciaux

L'activité ommerciale ne revêtait pas la r&ne importame pour tous les ?4XCXXJ. Las facteurs de œ desinté- ressement étaient la richesse en or du pays et l'inskurité sur les pistes due à la prise d'otage ou N~O, Par exemple, les NGATIAFW dont le territoire était particulit3rement riche en m%tal précieux selon les rappsrts des administrateurs s'intéressaient soins au mrce gue les SACNA proches des ABBEX et des AITIE et les habitants d'Arrab dont le terri- toire était-mins riche en or.

D'autre part, la situation du territoire 3 proximité d'un peuple mtme.rçant jouaitpourbeaucoupdans cette activité.

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! - 17 - 1) Les_Eartenaires -- __I---~-~-~~~~~ d'échw-qe -

D'apr& les traditions orales, les IQF0m entretenaient des relations aXmkerciales avec les peuples environ- nants : ABPEY et ATI'IE au sud, Paix au nord et à l'ouest, Ndenyé 3. l'est.

ABBTY et ATITIS ainsi que les NZIW liaient le WRXOU à la côte.

Les. PAULE liaient le TRXOU à la côte (puisqu'ils contrôlaient l'axe Grand Lahou-Sakassou) et aux pays du nord : pays SENOUED et pays DJWI.

Mais les MXCXTJ seravitaillaientsoit directenwkàlac&e soitdansles centresde rupturede charge cam-cst TIILS.ATE.

2) l&es --- d'.&hanges ---- etzoduits --- dchangés a) Types d'échanqes

Les enqudtes sur le terrain révèlent que le troc direct entre marchandises n'avait pas existé entre les bXXCE0 eux-n&ws à plus forte raison entre eux et leurs partenaires d'échanges. Les produits d'khanges étaient consti- tués en grande partie par les marchandises européennes or celles-ci proviennent de reoyens modernes de production fai- santintervenir trois facteurs :

-.l'allongwent du processus de production (extraction de la natière première, son transport et sa transfor- mation. Achacun des stades il faut des entreprises d'ofi une IMSCR de plus en plus grande d'hommes)

- cet, allongeinent du processus de production provoque à son tour une division du travail : chaque usine produit une partie de la production. C~~LE ouvrir a une tâche bien définie

- d'ail l'éconanie d'échange.

Ceci dit, le troc était impossible dans cette éconde diversifiée. Pournr?surerlavaleur des biens et services produits par d'autres hcrmes on a créé la monnaie. Cette maie étant le lubrifiant qui perrwt aux divers rouages de la vie économique de s'engrener les uns les autres sans se bloquer. La rrcnnaie était utilisée sur les mar-

&és du nord : cauris ou barre de fer.

Dans le M3FWOU, d'après les traditions, la mnnaie utilisée traditionnellement était la poudre d'or. Son utilisation se poursuivit d'ailleurs jusqu'au cours des premières années de la colonisation française.

Les marchands se déplaçaient avec leur balance et leurs poids métalliques à valeur fixe. On pesait une ter- taire quantité de poudre d'or, 1'6quivalent de la valeur de la marchandise.

La poudre d'or selon nos informateurs fut remplacée par la monnaie européenne (monnaie anglaise à Arrah et rmmaie française) le ojêtê. KOUA OI KGUA(EOIDIKPO) indique que c'était les ETRiE qui se rendaient dans le N@TIANOU pour faire l'échange : ils offraient les pièces européennes en 6change de la poudre d'or. Cette pratique se déroula au début de la colonisation.

AHCINDJCN KOUAME FELIX (1) indique que les EXOC) achetaient les raarchandises aveclarrnnnaie européenne à TIATiAlX. Le problèine est de savoir si cela se passa au XIXe ou au début du XXe siècle.

Il y avait deux possibilités dans ces échanges :

-AE33EY,AITlE etJ?AULEvenaientvendre dans le MXCBTOU

- Les M3PCMJ se rendaient chez œs peuples pour acquérir les marchandises dont ils avaient besoin.

Ie pro&é reposait sur les relations d'amitié car l'insécurité faisait que le déplacenront en territoire étranger était sujet à beaucoup de risques : risque d'être pris en otage et risque d'être tué. Les ABBE~?, les A'ITIE et les E?AULE avaient des amis dans le WXWOU, ils venaient en leur noan et leur laissaient les marchandises. Ces amis se chargaient de les revendre. Ils étaient en qwlque sorte des agents crrmerciaw ou des représentants. Le marchand reve- nait pour rkupérer l'argent de la vente et en profitait pour laisser d'autres marchandises.

(1) Ahondjon KouanC Félix, Mbatto le 24-7-79.

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- 18.-

Lorsque les IQROFC) se renrlaient chez ces peuples ils suivaient le rm%ra procédé. Les centres de ravitaillement des WE3Fc) dépendaient de la situation gécgraphigue du pays : les SAOUA proches des ABBEY et des AITIE se ravitail- laient chez ces peuples. TFEINCU 5 3 km de Criéchi et AEFERY étaient leurs points principaux de ravitaillemnt. Les

MUA se ravitaillaient à AKOUPE et à BAKON chez les ATl'IE de la tribu DEITE. Mais il y avait aussi TIASSD pour les AMPN TIfm, ABALI SWUA, PLANGm etNGATIAFTnX1. EHCHQN MISSAN, KOUA KOFFI et NQJESSAN KOUWS -X indiquent aussi que les ANYI se ravitaillaient à GWA (Caps Coast). Ils se ravitaillaient directemut à la côte.

b) Lesprcduits é&mgBs

-

A TREINCYJ, les MSROFCI achetaient le sel, les barres de fer, le tabac, la poudre, les machettes. C'était les . IR%ES produitsqu'on achetait à AKCWE ou 3BAXON. C'étaitaussices produits gu'ATTlE etABB!ZYvenaientvendreaux

MXOFO. A TIASSALE on achetait les pagnes européens, le fer, les machettes, les couteaux, les seaux, le tabac, la poudre, le GIN etc... A GHA, on achetait les fusils, la poudre, les machettes, les barres de fer, les pagnes et les ,.. perles d'aigri (afilé). Les BAUIE vendaient les pagnes traditionnels (pagnes baulé) : kpokou Djasin de amleur bleue

et noire le yamnélé fouj%o' (blanc), l'êt&Zé (bleu), c'était le pagne des riches. L'unité de mssure était le pas.

Une bande mesurait sept pas et un pagne sept bandes ou (z'm mo nao). Le pagne valait bu nz5 ou 7 F or.

Les BAUIE vendaient également le savon traditionnel de couleur noire appelé Ko nu!u ainsi que des barres de fer. Les EiWLE faisaient un ccmrterce actif de fer avec les Goura et les sénoufo. Les Agba gui sont les voisins i.a&diats des Morof6 se rendaient chez les Ahari pour acquérir ce fer et revenaient le revendre chez les mrofo.Dc la ti façon,

ils diffusèrent dans le %ronou les fusils fabriqués par les Tonzuo (forgerons) Djimini et la poudre de fabrication tra- ditionnelle.

Vers la fin du XIXe siecle, les captifs entrèrent dans le circuit. Ces captifs provenaient des pays du Nord (Tagouana, Diamla, Sénoufo, Nzoko).

.-

Les MxofO offraient três pu de choses en retour. KOUA KOFFI indique que les M3EE3Fc) vendaient aux BWIE de l'huile de palm et du sel. En outre les BA- venaient chercher l&oJ%mn dans le Wxonou. Aux P!ITIE, ils vendaient des escargots. Sinon le marchand rvbrof0 se transformait en marchand mbclant. Il se rendait de village en village pour ven- dre ses rixirchandises : EHOMAN ABISSA"J fait savoir qu'un marchand de KREGBE pouvait aller vendre dans les villages d'alen- tour : Brou-Ak~ousso;Uohmesso, Findimanou Andé, Kotobi. Las ESSANDANE étant reputés pour leur prise d'otage, ce mrchand ne pouvait pas traverser leur tirritoire pour se rendre par exemple dans le NGATIZQJOU.

C'est au cowx d'un de cas déplacements qu'un marchand de M'baoussesso fut pillé par les A%IE et provoquant

~' la guerre Ngatiafwo-Assié (1). Au besoin,poursuit EBOMM ABISSAN. Le marchand M%0FY achetaient les marchandises euro- p-éemnes chez les AITIE, allait les vendre dans le BAULE, achetait les rmrchandises baule qu'il venait vendre dans le 2: MIIICNOU. Dans l'état actuel de nos mnnaissanœs, il nous est pratiqumsnt impassible de mntrer le velum de œ cmm&-

ce et l'intérêt qu'il suscita auprès des pcpulations MorofO.

Quelques ncms aemarchands nous ontété donnés :NanmASSOlPKUBAKAA,NananKINI etun œrtainKADJOdu SAOUA s'illustrèrent dans le cmmerœ avec CWA (2). Il en était de r&ns avec GWABA ASSAIE et sa fm Fu3 m4AN du village d'AGW-Nm (Abongoua) (3). Ce couple faisait le cmmerœ de peau de singe avec GWA (Cape Coast) et en retour rapprtait des marcl-mdises européennes (pagne, GIN, machettes etc... ). D'après le même i.nfomateurNGUBSSAN KOUAME du NGATIANOU fr&e de Nanan WI& fondateur de MZ)WKF0 (S/P de Tiassalé) s'illustra dans le camnerœavecTIASSAT.E.Tous ces déplacements posent un autre problèrcir important : le problèms des routes.

31 Les routes comner&aZes ou les dtopes importantes ---~-~---.---~---- -_---

Assié Akpassé a donné deux routes importantes : la route .Assié-Afféry et la route Assié-mriè (Abbey).

a) Assié Akpessé --- Kabikoa ---- Mgbouosso ---- Andjunamuonou --- Agbo - Affery.

b) Assié Akpessé ---- Ahongnanfoutou ---- Tchékou --- Assékro -- K.&djékoulo --- Assokossou (la frontière avec les Abbey) --- ?4DRIE.

(1) Ebrin Assalé, N'Dolikro, 25 février 1979.

(2) Ahondjqn Kouamé Félix, Mbatto le 24-7-79.

(3) Koua 0; Roua, Boidikro. .- _. - '_ --- .

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Références

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