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Reflets du Va/aisl e année N o 11 N o v e m b re 19731 Le numéro 3 rrs & . f e V; >?

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« L’arole tou t là-haut... »

La gra nde a v en tu re des barrages, chez nous, se term in e . Elle f u t h é ro ïq u e . Elle a p p o r ta à des familles et à des c o m m u n a u ­ tés l’aisance m atérielle. O n la juge a u jo u r­ d ’h u i g lo b alem en t c o m m e u n acte de p r o ­ grès e t de p ro m o tio n , en to u ris te e t en économ iste.

Mais il y a eu, là-h a u t, des ho m m e s qui o n t trava illé d u r e m e n t e t peiné souvent. Le ch an o in e G ab riel P o n t se s o u v ie n t d ’eux et le u r dédie u n livre fra te rn e l, « L ’arole t o u t là-haut... »

C ’est le tém oignage du p rê tre , de celui p o u r qu i la mission essentielle est accueil, solidarité, f r a te rn ité , e t qu i l’acc o m p lit au n o m d u C h rist. Mais ces h o m m e s v e u le n t- ils d u p r ê tr e ? C o m m e n t p r a tiq u e r u n e brè che dans cette écorce revêche, c o m m e n t p a rle r de D ieu et de l’é te rn ité à des h o m ­ mes d o n t la vie se déro u le essentiellem ent « ici e t m a in te n a n t » ? Le p r ê tr e se sent d ’a b o rd isolé, p e r d u c o m m e u n a v e n tu rie r en s o u tan e « su r un chem in de so litude » et de refus. E t puis il a p p re n d que la parole l à -h a u t c o m p te peu. Il fa u t p a rta g e r, c o m ­ p re n d re ; la pasto rale se fa it p a r la p r é ­ sence e t la p rière. Les ou v riers ne v ie n n e n t pas à la messe, c’est le p r ê tr e qu i d o it aller vers eux... et il re n c o n tr e plus des destins que des h om m es, car la vie dévoile parfois b r u ta le m e n t ce que c h ac u n cache au fo n d de soi.

G ab riel P o n t nous a p p o rte son expé­ rience avec u n p e u de nostalgie e t u n se n tim e n t de g ran d e f r a te rn ité . Son livre est u n « d o c u m e n t h u m a in » établi en q u e l­ ques récits d ’u n e rare sobriété ; ils so n t si concis et si dépouillés de procédés q u ’ils nous a tte ig n e n t com m e u n e m o rs u re : le sang, les sanglots, les refus, les rudesses... c’est la vie d ’Ismaël, de N ab al, d ’Espédito, de F austo e t des autres. L à -h a u t les destins v ib ren t... « c’est u n e v ib r a tio n de vie », « u n gémissem ent de colère ». La te rre « c h an te et p leu re » ; l’arole p o rte la m a r ­ que du feu, et aussi « d eux n o m s que l’a­ m o u r réu n it... » gravés su r l’écorce du tro n c.

L à-h a u t, c’est le pays d u c o m b a t où pousse l’arole dans la p ie rre e t le v e n t ; cet « a rb re n o n aligné », aux r a m u re s dé­ form ées, « déchiré dans sa rudesse » d evient le sym bole de tous ces ho m m e s solitaires et oubliés.

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« L ’a r o l e t o u t l à - h a u t . . . », d e G a b r i e l P o n t , E d i ­ t i o n C h â t e a u R a v i r e .

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Z e r m a tt : Die R e su lta te d e r le tz te n Sai­ son w u r d e n e rre ic h t ; d a m it w a r m a n z u ­ frieden. A u ch w e n n die L o g iern äch te da u n d d o r t z u rü ck g eg an g en w a ren — h a u p t ­ sächlich auf die sich r a r e r m ac h e n d en A m ericanos z u r ü c k z u f ü h r e n — k o n n te d er U m sa tz ge h alten w erden. Die schwache Lira liess au ch Italien e r zau d ern . D e r K o n k u r ­ r e n z k a m p f u n te r den K u r o r te n ist so heis- ser gew orden, was sich v o r allem an der P re isfro n t, u n d n ic h t z u u n g u n s te n des Gastes, abspielt.

Saas-Fee : A u ch h ier be k am m an das A bsacken d er W ä h ru n g e n zu spüren. L e h ­ ren, die m a n daraus gezogen h a t ? V e r­ m e h rte P ro p a g a n d a f ü r die S o m m erm o n a te , au sg erich tet h au p ts ä c h lic h n a ch S k a n d in a ­ v ien u n d , wie k ö n n te es anders sein, D e u tsch la n d . Leise beschleicht die Saaser das G efühl, in d en le tz te n J a h re n vielleicht d o c h etw as zuviel g ebaut z u haben.

L eu k e rb ad : Besser als im V o rja h r. D e r S onderfall erg ib t sich daraus, dass diese S ta tio n n ic h t n u r L an d s ch a ft u n d U n t e r ­ h a ltu n g , s o n d e rn G esu n d u n g zu bieten hat. D e r R u f dieser B ä d erstatio n w ä c h st u n d w ächst. Die Erschliessung des T o r r e n t h o r n - gebietes m ag ein a n d ere r g ew in n b rin g e n d e r F a k t o r sein. Eine V erschnaufpause auf dem B ausektor, v o r allem auf dem d e r P a r a ­ hotellerie, k o m m t den B a d n ern gerade recht.

G rä c h e n : Eine Station, die sehr stark m it Schw eizer K u n d s ch a ft arb eitet, h a tte d a h er diesen S o m m er w eniger Pro b lem e als m o n d än e re O rte . A u c h b e m ü h t sich G rä ch en , den G ästen an Anlässen u n d V e r­ a n sta ltu n g en etw as zu bieten. F e rn e r k o n n ­ te h ier in den le tz te n J a h re n d er S om m er entschieden v e rlä n g e rt u n d eine regelrechte H erb stsaiso n aufgezogen w erd en . Leute, die ihre S o m m erferien a n B adestränden v e r b r a c h t h a tte n , k o m m e n im H e rb s t, u m sich d a v o n zu e rh o le n u n d f ü r den W in te r zu tan k e n .

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Avant la raclette, buvez un

AUX PLANTES DES ALPES

Après la raclette,

dégustez nos griottes au vieux kirsch

du pays

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E D

R e fl ets

P a r a ît à M a rtig n y le 20 de chaque mois E d ite u r responsable : Georges Pillet, M artigny F o n d a teu r et président de la commission de rédaction : M e E d m o n d G ay R é d ac teu r en chef : Félix C a rru zz o Secrétaire de rédaction : A m a n d Bochatay Collaborateurs-photographes : O sw ald R uppen, René R itler A dm inistration, impression, expédition : Im prim erie P illet S. A., avenue de la G are 19, 1920 M a rtig n y 1 / Suisse Abonnem ents : Suisse Fr. 30.— ; étranger Fr. 35.— ; le num éro Fr. 3.— Chèques postaux 19-4320, Sion Service des annonces : Publicitas S. A., 1951 Sion, téléphone 027 / 3 71 11

23e année, N ° 11

N o v e m b r e 1973

Sommaire

Le livre du mois U nsere K u r o r t e m elden Naissons ! Naissance Bébé am phibie A m o u r e t m a te r n ité La lam pe à huile Le c ad ra n solaire N o v e m b e r, w h e n Valaisans are... Valaisans

M aïatosca K ein b lu tig Eisen N i fer n i sang T re n te lettres de R ilk e Le tem ps à la g rande h orloge de Sion Le vieil a rb re et l’h iv e r Le plaid des seigneurs de Q u a r t à B ourg -S a in t-P ie rre

P o tin s valaisans M o ts croisés Bridge L e ttr e du Lém an P a ra ch u tism e re la tif Enclave valaisanne dans l’O b e rla n d U n mois en Valais Sons de cloches La v ig n ero n n e N o t r e c o u v e r t u r e : E t u d e p o u r < L a M o r t », p a r R e n é R i t l e r D e s s in s d e G e o r g e s K o r a c , Y v o n n e P o r c h e r e t J e a n c l a u d e R o u i l l e r L e t t r e s d e R a i n e r - M a r i a R i l k e o b l i g e a m m e n t p r ê té e s p a r la M u n i c i p a l i t é d e S ie r r e P h o t o s L a n d e n b e r g , L a u r e n t , O p p l i g e r , R i t l e r , R u p p e n , T b u r r e , V a i p r e s s e , W i l l i e n

(16)

Nouvelliste

et Feuille d’Avis

du Valais

le quotidien

valaisan

atteint le

65

%

des ménages

du

Valais romand

Naissons !

Poussons le premier cri, empoignons le premier

sein.

Abolir tout le chemin parcouru, toutes les faus­

setés, les grisailles, les brouillards, aussi les

soleils maigres et les bouffées de vertu.

Naissons !

Comm e si rien n était encore, mais toute la vie

devant nous à boire comme une voie lactée,

avec des étoiles à croquer.

Couper le cordon pour que seule une blessure

au ventre rappelle que nous venons d'avant et

de loin. Mais devant nous: rien, jusqu'à ce

point noir tout au bout, si loin.

Traçons tous nos anniversaires.

Tirage

32773 ex

c o n tr ô l e F. R. P. du 9. 3. 73

à l’avant-garde

de la technique

offset-couleur

(17)

P h o t o L a n d e n b e r g

(18)

Naissance

T exte Gilberte Favre

Photos Oswald Ruppen

C ’est le jour le plus im portant

dans la vie d ’un être. Le jour

sans lequel la joie, les soucis, la

passion et la sérénité d ’un

homme — ou d ’une femme —

n ’existeraient pas.

Après neuf mois passés à

attendre dans le noir et le

chaud que la porte de ce nou­

veau monde veuille bien s’ou-

vrir, un enfant est propulsé

sur notre étrange planète. U n

humain de plus qui sera peut-

être bon et généreux et génial !

L ’air de la salle d ’accouche­

ment lui a fouetté le visage, il

a crié. Ce fu t son premier con­

tact, brutal et inattendu, avec

le monde des hommes.

— C ’est un garçon ! a dit

la sage-femme ou le médecin.

O u bien :

— C ’est une fille !

Les parents ont pleuré de

joie et se sont embrassés. Pen­

sez ! Cet être venu d ’eux, tan t

de fois compromis, est là, de­

v a n t leurs yeux, vivant, et si

beau.

Il est âgé d ’une minute, sa

peau est encore rouge et fripée

mais son regard est touchant.

Et puis, le médecin a coupé

le cordon. L ’enfant, qui ne fai­

sait qu ’un avec sa mère, s’est

retrouvé seul, indépendant, li­

béré. Il a encore crié. Pas si

facile que ça à assumer

(19)

l’indé-pendance... Oui, il lui faudra

bien quelques mois, à ce nou­

veau-né, p o u r q u ’il s’habitue

à la liberté, au froid, au bruit,

aux choses qui bougent. Et aux

autres.

Délicatement, d ’un air mys­

térieux, la nurse a emmené l’en­

fant. Elle le lavera et l’habil­

lera a v an t de le coucher au mi­

lieu d ’une rangée de berceaux,

loin de sa mère. (Cruelle cou­

tume !)

Le médecin et la sage-femme

ne cachent pas leur satisfac­

tion. Chaque naissance repré­

sente une victoire.

Ils sont exténués. L ’accou­

chement fut long et difficile.

Ils vont aller manger. Pour

(20)

quelques heures, peut-être, le

suspense est terminé. Ju sq u ’à

la prochaine naissance...

Le nouveau père se précipite

au téléphone pour annoncer la

merveilleuse nouvelle. A ujour­

d ’hui, la m am an va dormir,

dorm ir et encore dormir. Elle

est si heureuse, c’est vrai, mais

si fatiguée. Les mots q u ’elle

v o u d rait formuler ne sortent

pas de sa bouche. Les superla­

tifs sont pour demain.

Elle sourit devant le premier

bouquet de fleurs : les plus bel­

les, celles offertes p a r son mari.

Et puis, elle pleure... Pen­

dant des jours, elle passera du

fou rire aux larmes. Ses nerfs

auront de la peine à supporter

un tel bonheur.

U n enfant est né ! A l’étage

de la maternité, tout le monde

est euphorique : les nouvelles

mamans, celles qui attendent,

les infirmières, les nurses, les

femmes de chambre, les papas...

U n enfant est né ! chantent

les oiseaux du parc. Bientôt, il

sourira, il rampera, il marchera

et il vo u d ra déchirer les livres.

U n enfant est né qui n ’a pas

demandé à naître mais qu ’un

couple a désiré, espérons-le,

ardemment.

U n être que l’on devra

aimer, guider et respecter avec

intelligence et tolérance.

Demain, il en n a îtra un au­

tre, beaucoup d ’autres, dans

tous les pays du monde. Eux

tous ont droit au même respect

et au même bonheur. Le leur.

Pas nécessairement celui des

parents. C ar comme l’a écrit

Khalil G ibran, dans « Le P ro ­

phète » :

Vos enfants ne sont point

vos enfants

ils sont les fils et les fils

de l'appel de la vie à elle-même

ils viennent par vous

et non pas de vous

et bien qu'ils soient avec vous,

ils ne vous appartiennent pas.

(21)

, ■ - • ' M ; % x z Ì 1B Ì Ì 1Ì * X ; , * * f '& - r x f •. w K i l i i t r * " i “ ri 'j '- :i * B U ß * t f ^h

(22)

Une aventure pour les yeux. Un bébé, qui n ’a pas cinq mois, flotte calmement

sur les eaux d ’une piscine. C om m e s’il y était né. C ’est sa première leçon de nata­

tion. Lorsque le professeur lui plongera la tête sous l’eau, le bébé gardera ses yeux

grand ouverts mais fermera instinctivem ent sa bouche. Une aventure pour un

enfant. A l’image de ces bébés de Polynésie et d ’Am azonie, il ne connaîtra jamais

l’angoisse de l’eau et de la noyade. A cinq mois, il flo tte aussi naturellement qu’il

Le p rofesseur m e p longe la tête sous l’eau. In stin c tiv e ­ m e n t, je ferm e la b o u ch e p o u r b lo q u e r la re spiration, mais je garde les y e u x o u v erts . E t si je re n co n trais des poissons e x tra o rd in a ire s o u u n tré s o r ? dites, ce serait t o u t de m êm e d o m m ag e de ne pas les voir...

(23)

marchera quelques mois plus tard. Un professeur de natation, M. Jean Fouace,

établi à Villars, explique que ce cours de natation pour nourrissons est une opéra­

tion survie. « Chaque année, dit-il, plusieurs milliers d'enfants de moins de quatre

ans se noient. Le principe du cours est basé sur la très faible densité du bébé, sur

sa méconnaissance de la position horizontale et sur son instinct de conservation. »

Regardez ces photos qui parlent et lisez les impressions du bébé amphibie... G. F.

M. Fouace précise q u ’il ne s’agit pas de m ’a p p ren d re à nager mais de m ’a p p re n d re à m e d éb ro u iller, c’est- à-dire à m e sauver. Il so u tie n t m a tête. L ’eau est plus fro id e que celle de la baignoire familiale. E t puis, j’ai faim... ( P h o t o s O p p l i g e r )

(24)

mes mains te découvrent

au-delà de ton corps

mes yeux se voilent

sous le poids de tes lèvres

et mon oreille se ferme

à la pointe de ton sein

Pierre Nicolas.

Amour et maternité

T rop d ’am our trop de peine

T ro p de pleurs trop de joie

T a n t de matins dorés

Vers des sources vivantes

Et tan t de soirs ombreux

Au ras des fleuves lents

Et ce cri dans ta chair une nuit

Cette attente sans fin ce long déchirement

De tout ton être

Ju sq u ’au m atin nouveau

Q u a n d Biaise doucement s’endort contre ton sein

Mille émois mille pleurs

Mille espoirs mille joies

Te font pour ce premier matin

Ce regard éperdu

Cette bouche trop grave

Ce fro n t si vaste

O ù se tissent tes rêves.

E t le rythm e en oblique

Jacques D arbellay.

détend le ventre plein

et non encore à la vie

explose sur le sexe

éclate sous les seins

et le rythm e

et la vie

et le ventre s’efforcent

Ces trois poèm es et le dessin ci-contre sont extraits de l'album « A m o u r et m a tern ité» (épuisé), paru à l’occasion de l’exposition D aniel G ay. du pein tre Jeanclaude Rouiller au M anoir de M artigny.

(25)
(26)

La lampe à huile

November, when Vaiai s an s are... Vaiai s ans

Sur le brouillard qui rampe,

Le vent hurle dehors

Et son souffle détrempe

N os sombres corridors.

Tu nous éclaires, lampe,

Comme l’âme le corps :

Une veilleuse campe

V ivante chez les morts.

Et sa flamme fidèle,

Pas à pas me révèle

Que je sors de prison

Ainsi q u ’une voleuse

Pour aller, radieuse,

Père, vers ta Maison.

Marcel Micheler.

Le cadran solaire

Main ouverte,

Aile déployée,

Eventail des lourdes heures,

Ame éveillée,

Douce alerte

Au flanc de nos demeures !

En ton cœur une épée,

La lame découverte,

D ’une ombre déliée

Tranche le temps qui pleure

Et fait de chaque perte

Le signal insonore

D ’une éternelle aurore.

Marcel Michelet.

B e t w i x t a n d b e tw e e n the b e a u tifu l m o n th o f O c to b e r, w i t h its brisk air, sp a rk lin g blue s k y , th e ga y g rape h a rv e s t a n d rich ly coloured d y i n g leaves, o v e r w h ic h the sun p o u rs a g o ld e n d u st, a n d D ec e m b e r w i t h C h ristm a s a n d the N e w Y e a r fe stiv itie s in p e rsp ective, lies th e m e la n c h o ly m o n t h o f N o v e m b e r .

M e la n c h o ly are the bare trees, th e fr e s h ly p lo u g h e d fie ld s u n d e r creeping w isp s o f c la m m y fog. In n u m e r a b le legends a n d custom s h a n d e d d o w n fr o m p agan tim es g iv e e vid en ce t h a t the p eoples liv in g in the n o r th e rn hem isphere fe a red th e a p p ro a c h o f w in te r , a fr a id th a t the sun w o u l d n e v e r again appear. A n d are n o t the C h ristia n celebrations o f A l l S a in ts a n d A l l Souls D a y s, the fir s t tw o d a y s o f N o v e m b e r , a sign o f d e a th a n d m o u r n in g ?

T h e Valaisans, n o m a d s w h o , f r o m early spring to the en d o f O c to b e r, have been m o v in g w i t h the ir w h o le fa m ilies a n d cattle u p a n d d o w n the m o u n ta in s to d if fe r e n t pastures, or h a v e gone d o w n to the R h o n e V a lle y to w o r k in their v in e y a r d s , are a t last settling d o w n in the ir villages. I n o lden times, it w a s th e c u sto m t h a t fa m ilies to o k turns in bu tc h erin g a pig, a sheep or a c o w in N o v e m b e r a n d sharing w i t h relatives a n d neighbours such delicacies as b la c k - p u d d in g a n d o th e r m eats w h ic h c o u ld n o t be salted d o w n or d ried f o r th e w in te r. A n d th e beneficiaries r e tu rn e d this f a v o u r w h e n th e y b u tc h ered som e tim e later. N o w , m o s t o f th e m o u n ta in fa r m e r s sell th e ir a n im a ls to the butchers in t o w n s a n d , w i t h m o d e rn freezers, th e y s to c k b o u g h t m e a t supplies f o r th e w i n t e r w i t h o u t th e risk o f losses. H o w e w e r , each y e a r at the b e g in n in g o f D ecem b er, a « Foire au la rd »B acon Fair is h e ld in M a r tig n y - B ourg, w h e r e p e o p le f r o m near a n d f a r com e to b u y ham s, saussages a n d w h o le sides o f bacon to last th r o u g h o u t the w in te r. For the c o u n tr y f o l k , this is a sort o f fe s tiv a l, f o r th e y m e e t a t this fa i r relatives a n d acquaintances w h ic h th e y do n o t see d u rin g th e w h o le year. A n w h e n the supplies are c a refu lly chosen a n d p a id , all o f th e m go to th e nearest restaurant to chat o v e r a glass o f f e n d a n t, a snack o f d ried b eef or even a raclette.

B u t a n o th e r lo v e ly c u sto m has d isappeared since m o to r roads lead to the high villages a n d all o f th e m h a v e electric lig h tneighbours no lon g e r gather in one house to e c o n o m ize on la m p oil a n d fuel. D u rin g these gatherings, w o m e n used to spin, an o ld person to ld legends a n d the m e n g a th e red a r o u n d th e soap-stone sto v e to crack n u ts on its to p plate. T h e n u ts w e re la ter g ro u n d a n d pressed in a m ill f o r salade or la m p oil, a n d th e ir residue, a so rt o f d r y cake called « to u rtea u » (edible crab) w a s relished b y the child ren w h o , in those tim es, w e re n o t sp o iled w i t h sweets.

In the c a n to n a l H isto ric a l M u s e u m o f Valeire in S io n is an o ld liv in g ro o m w i t h a soap-stone stove. A t th e f o u r corners o f its to p pla te, there are sh a llo w cups g r o u n d in to the s o ft stone b y generations o f n u t crackers.

People o f f i f t y y e a rd s a n d m ore, w il l rem e m b e r these cu sto m s w i t h a p a n g o f regret, f o r a lth o u g h the m o u n ta in fa r m e r s w e re p o o r a n d the q uestion o f f o o d fo r th e ir big fa m ilies w as a co n sta n t w o r r y in w in te r , the p e o p le o f a v illa g e f o r m e d a c o m m u n i ty w h e r e all c o u ld c o u n t on the neighbours in case o f n eed a n d w h e r e joy s, sorrow s a n d f o o d w e re m o re easily shared th a n n o w .

B u t w h a t do the m o d e r n V alaisans do in N o v e m b e r ? M a n y o f th e m o u n ­ tain d w ellers go to w o r k in th e R h o n e V a lle y . I n villages catering to tourists, m o s t o f th e hotels are n o w closed to a llo w th e o w n ers a n d th e ir s t a f f to clean the house a n d th e n ta k e a w e lc o m e rest befo re the w in t e r season begins a r o u n d C hristm as. M e a n w h ile , th e ski runs are being p rep a red , ski lifts are reinstalled a n d th e m a c h in e ry a n d cables o f chair a n d cabin lifts are inspected.

A n d d u rin g the sh o rt w e e k s b e tw e e n tw o seasons, w h e n n o tourists are a r o u n d to w a tc h or d is tu rb th e m , th e Valaisans h a ve once m o re tim e to be th em selves. Brass b ands a n d choral societies resum e th e ir practice a n d each o f th e m h olds a y e a r ly social e v e n in g w i t h m usical p ro d u c tio n s, lotteries a n d balls. B u t the fi n e arts h a v e d e v e lo p e d in the V alais to an e x t e n t th a t m a n y to w n s h a v e a theatrical tr o u p o f a m a teu rs su p p o r te d b y som e professional actors. V isp , f o r e x a m p le , has sta rted its season o f m usical com edies in O c to b e r a lrea d y, w i t h the « G ip s y B aron » , w h ile in o th e r to w n s c h a m b er orchestras, local sections o f th e «• Jeunesse M usicale » a n d ballet tro u p s w i l l resum e their artistic hobbies. A l l this is p a r t l y du e to the even in g courses f o r teenagers a n d a d u lts in tr o d u c e d a f e w years ago b y th e M ig ro s chain stores.

M e a n w h ile , it has begun to s n o w in th e m o u n ta in s a n d e v e r y b o d y looks f o r w a r d to p ra cticin g the ir fa v o r it e w in t e r sport. T h u s, th e d rea r y m o n t h o f N o v e m b e r passes q u ic k ly a n d because o f a ll these a c tivitie s is a lm o st too sh o rt to be p re p a r e d f o r th e h o lid a y s o f D ecem ber.

(27)

Maïatosca

J e l ’a v a is s u r n o m m é M a ïa to s c a , p a r c e q u ’il p o r t a i t les

c o u le u rs d e la te rre . E t q u ’il s ig n ifia it t a n t à lui seul.

Q u a t r e sons q u i se su c cé d a ie n t, e n v e lo p p é s d u b u r n o u s

de le u r o rig in e. Q u a t r e sons d o n t c h a c u n c h a n t a i t à

lui seul son a rc h é o lo g ie . Les p sa u m e s des d é b u ts. U n e

m o n o d ie a u x failles im p e rc e p tib le s . U n in fin i e n tre

d e u x p ie rre s m é g a lith iq u e s . U n m o t q u i c h a n t a i t t o u t

seul a u p i e d d ’u n m u r o ù l ’o n ne se l a m e n t a i t p lu s.

U n m o t q u i c h a n t a i t c o m m e u n m o n o c o r d e blessé p a r

le v e n t. Q u i ne h u r l a i t q u e d a n s les p la in e s désertes

et m o rte s , à la su rfa c e c ra q u e lé e des terre s q u i se d é ­

c o m p o s e n t et dessèch en t sous u n solstice p e r m a n e n t .

M a ï a t o s c a c ’é ta it cela. E t c ’é ta it aussi le rev e rs d u

j o u r q u i ne laisse a u c u n son p o u r s u i v r e sa tr a je c to ir e

sous la v a ste ten te . C ’é ta ie n t les v e n ts de C a r t h a g e

a u s o m m e t de d é c e m b re , les p lu ies d ’u n été q u i c o u ­

r a i e n t su r les côtes d u L e v a n t, u n cri à la p o u r s u ite

d ’u n e ro c h e en p a r o i , u n in fin i qui, assis a u f o n d d ’u n

p u its , se s o u v ie n t d ’u n ciel p lu s g r a n d q u e ce b a llo n

d ’e n f a n t q u ’il c o n te m p le d u bas. C ’é ta it aussi u n e

ligne sans fin q u i ja m a is ne r e v i e n d r a su r elle-m êm e,

m ais q u i se s o u v ie n t d e ce q u ’elle fu t.

C ’é ta it u n e t e r r e a u m o in s aussi g r a n d e q u e l’u n iv e rs ,

a v e c des q u e stio n s q u i r é p o n d e n t p a r elles-m êm es sans

p o u r a u t a n t d e v e n ir ta u to lo g iq u e s . C ’é ta it le d é b u t

d ’u n s o u rire a n x ie u x , le r e g a r d q u i v e u t t a n t q u ’il

délaisse les fo rm u le s , p é ta le s de fleu rs im a g in a ire s .

E t c ’est aussi u n e l a r m e to m b é e en rosée su r u n e frise

a n tiq u e .

M a ï a t o s c a — il s’est é cro u lé d a n s la p é n o m b r e d ’o c t o ­

b re, il s’est e n fu i de cet a m a lg a m e de signes, et je n ’ai

t r o u v é d a n s les d é c o m b re s q u ’u n e p e tite p ie r r e c o m m e

b e a u c o u p d ’a u tre s. E t je n ’ai p a s d e n o m à lui d o n n e r.

M a ï a t o s c a — c ’é ta it u n n o m p o u r t o u t cela. V o ilà

p o u r q u o i ja m a is je ne s a u r a i ni son v r a i n o m ni ce

q u il f u t .

C.-F. Tayana.

(28)
(29)

Kein blutig Eisen...

Von grausem Panzer-E rl en tfü h rt Salvador A llende; N eru d a, astrales

Leichentuch über seinem toten K ra te rlan d ; die Sterntaleraugen der

A nna M agnani erloschen, hingehaucht sie, die ein einziger Kreuzzug

gegen den T od w ar, erlegt das schönste M uttertier, dem es nichts aus­

machte, die Sonne zu verfinstern, wenn es d rau fa n k a m ; Ingeborg

Bachmann, als brennende N ylonsäule gestürzt, der gestundeten Zeit

aus dem Buch gefallen ; statt R a m a d h an Apokalypse am Sinai, der

M ond, als w a r ’s ein blutig Eisen : das ist alles ein bisschen viel.

Zu schweigen von Viet-nam, von Kam bodscha nicht zu reden, auch

nicht von den überall täglich, stündlich hinter K erkerm auern gefol­

tert, gerädert, ausgeweidet Vergehenden : es ist dies alles ein bisschen

zuviel. Über dem Strich.

U n ter dem Strich : die mit H olzgew ehren spielenden K inder, Strassen

in Besitz nehmend, H interhöfe, Schulbänke stürmend, Leben. Les

enfants du paradis ? Das ist lange her. Ich kann bald keine K inder

mehr sehen, ahnend, durch was für eine, von uns angerichtete, Hölle

sie zu gehen haben, ehe es hinter ihnen sein wird.

U n te r dem Strich : Das ist der Regen, der an mein Fenster klopft, die

Zeit, die enteilt, als w ä r ’s kein Stück von mir.

K a d av e r sind nichts, Allerseelen ist W ind, T od ist papel de chocolate,

aber die M inuten gehen hin, die Stunden, die Jah re im täglich k o m ­

promisslerischem K ram .

T o d ist kein wüster Geselle, dem Vogelscheuchen nahekämen, Ge­

spenster haben indirekt mit ihm zu tun, Tod, das sind T undren

ausgeflippter Augen, am N ächsten zerbrochen, am D u, am Es, am

M an ; das sind Taigen verlorener H ä n d e, die, sich selber frem d

geworden, keine Zärtlichkeit mehr in den G riff bekommen, zum

Anderen nicht hin mehr finden wollen ; Tod, das ist E n d p u n k t der

Erosion, ist ausgeleerte Wüste in uns selbst.

Kein Sand am Meer, aber das stille, das stumme, geschichtslose A b ­

schleifen unter der Last des U nverstands, unter Gletschern der E n t­

frem dung, die wachsen : mahlen, mahlen, m ahlt !

Dahinreden, plätschern, N am en geben, Ü bernam en, falsche N am en ;

taufen, firmen, konsekrieren ; differenzieren, analysieren, korrigie­

ren : was soil’s. W enn sich’s überhöht, ist’s schon zu spät.

Es h at dies blutig Messer eine D ialektik, um die müssen sich selbst

gefuchste M arxisten drumherumlügen.

D er Bart wächst weiter. U n a Spaghettata !

(Fotos René Rider)

Pierre Imhasly.

(30)
(31)
(32)

Ni fer ni sang...

Salvador Allende enlevé p a r des chars fantômes ; N eru d a, linceul

astral, couvrant son pays m ort et ses cratères ; éteints les yeux large-

ouverts d ’A nna M agnani, éteinte celle qui était tout entière contre

la m ort ; achevée la plus belle femelle, qui p ouvait éclipser le soleil

q uand il le fallait ; Ingeborg Bachmann tombée comme une torche

de nylon, comme une feuille arrachée au livre des sursis ; l’apocalypse

rem plaçant le ram ad an au Sinaï ; la lune comme un fer sanglant ;

tout ça c’est un peu beaucoup.

Sans parler du Viêt-nam et du C ambodge et de ces pauvres types

enfermés dans des prisons un peu p a rto u t et qui s’effacent, torturés,

roués, étripés. T o u t ça c’est un peu trop. Et voilà p o u r l’évident.

Mais en dessous ; les gosses jouant avec les fusils de bois, conquérant

les rues, p ren a n t d ’assaut les arrière-cours, les bancs d ’école, la vie.

Les enfants de paradis ? Fini depuis longtemps. Je n ’ose plus regarder

les enfants, car je devine l’enfer qu ’ils auront à traverser a v an t que

tout soit passé, enfer que nous leur avons préparé.

Mais en dessous : c’est la pluie qui frappe à ma fenêtre, le temps qui

fuit comme si c’était un peu de moi.

Les cadavres n ’ont pas d ’im portance ; la Toussaint c’est du vent, la

m o rt du papier de chocolat, mais les minutes courent, les heures et

les années dans leur train-train, leurs compromis quotidiens.

La m ort n ’est pas le mauvais garçon semblable aux épouvantails, les

fantômes n ’y touchent q u ’accidentellement ; la m ort c’est la to u n d ra

des yeux vidés, cassés contre le prochain, l’autre, le neutre, l’im per­

sonnel.

La m ort ce sont des jungles de mains perdues, devenues é tran ­

gères à elles-mêmes, insensibles à la caresse, qui n ’arrivent plus à

trouver l’autre. C ’est le bout de l’érosion, le désert vide en nous-

même.

Pas le sable de la plage mais l’abrasion sans bruit, sans visage sous le

poids de l’incompréhension, sous les glaciers de la frustration qui

avancent : meulez, meulez, meulez bien.

Bavarder, papoter, dénommer, surnommer, pseudonym er ; baptiser,

confirmer, consacrer ; différencier, analyser, corriger : à quoi bon !

O n commence à comprendre et c’est déjà trop tard.

Ce couteau ensanglanté a sa p ro p re dialectique qui oblige même les

plus rusés marxistes à tricher.

Et la barbe continue à pousser. Une spaghettata !

(33)
(34)

TRENTE LETTRES

DE RILKE

— Je les avais là, dans le tiroir

de cette commode, depuis des

années. Je crois q u ’elles seront

mieux au Bellevue.

Mme

Antoinette

Vallotton,

non sans quelque regret peut-

être, a remis ainsi à la

Munici-O F F E R T E S A S I E R R E

palité de Sierre les trente lettres

que Rainer-M aria Rilke, le

poète de M uzot, avait adres­

sées à sa mère, Mme H e n ry

Vallotton, l’épouse de l’écri­

vain et ambassadeur bien con­

nu, au temps où elle se nom ­

mait encore Mme Yvonne de

Watteville.

Ces lettres qui peuvent être lues

au jo u rd ’hui p a r chacun en la

salle Rilke à Sierre nous p e r­

m ettent de mieux connaître le

D e u x a t t i t u d e s d e R a i n e r - M a r i a R i l k e . A g a u c h e , d e v a n t la t o u r d e M u z o t .

poète en nous donnant surtout

d ’intéressants détails sur ses

divers séjours en Suisse. C ’est

d ’ailleurs en partie grâce à

Mme H e n ry V allotton que

Rilke vint s’établir en Valais.

Cette correspondance, écrite

ta n tô t en français, tan tô t en

allemand, demeure le signe ta n ­

gible enfin d ’une merveilleuse

(35)

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Références

Documents relatifs