Repenser les programm
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ORMER L’
INDIVIDU ET LE CITOYENL’École a le devoir de préparer les jeunes à l’entrée dans la vie professionnelle mais elle a avant tout la mission de leur apporter les outils de leur autonomie : une véritable culture commune construite sur des connaissances, des compétences, des méthodes, des pratiques culturelles qui aident à grandir, à se construire et à exercer sa liberté.
enseignants, de leurs consignes et se concentrent sur de micro- tâches qui les empêchent souvent d’entrer dans les démarches intellectuelles indispensables à l’appropriation des savoirs ensei- gnés.L’échec scolaire se nourrit de ces malentendus cognitifs, qu’entretiennent dès l’école primaire les implicites scolaires.
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MÉLIORER L’
ÉVALUATION DES ÉLÈVESL’évaluation des élèves doit pouvoir s’inscrire dans la démarche de formationtout en donnant des informations pour l’orientation.
Certains rejettent par nature l’évaluation chiffrée en l’opposant à l’évaluation par compétences. Or, l’évaluation des élèves est un processus complexe. Une large réflexion pour une évaluation des élèves moins stigmatisante et plus transparente, permettant aux élèves de progresser, doit être menée.
Il est nécessaire de relancer la réflexion sur les savoirs et savoir-faire nécessaires aux collégiens et lycéens d’aujourd’hui, citoyens et professionnels de demain. Le SNES a toujours travaillé sur les contenus et les pratiques d’enseignement. Il promeut, avec la FSU, l’objectif d’acquisition par tous d’une culture commune permettant la compréhension du monde et donnant les clés pour y agir.
Construire une culture commune vivante...
Les besoins en formation et en qualification de la société sont très importants. Même les emplois moins qualifiés nécessitent une maîtrise de
connaissances plus importantes que par le passé.
Il faut donc élever le niveau de qualification de tous.
ZOOM
Les enseignants doivent être mieux formés d’un point de vue disciplinaire, pédagogique et didactique, aussi bien dans le cadre de la formation initiale que dans celui de la formation continue.
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➜ D
ONNER SENS AUX APPRENTISSAGES ET LUTTER CONTRE L’
ÉCHEC SCOLAIRELa question du rapport aux savoirs est centrale. Les jeunes les plus éloignés de la culture scolaire adoptent trop souvent des postures de conformité à ce qu’ils croient avoir compris des attentes des
mes : un enjeu de société
➜ L
E SOCLE COMMUN:
UNE IMPOSTURE…
Considérant la culture et l’épanouissement personnel comme des supplé- ments d’âme qui ne relèvent pas vraiment de l’École, le socle margina- lise certaines disciplines(EPS, enseignements artistiques, techno- logie…), réduit les savoirs à une somme fragmentée de compétences déclinées en tâches à accomplir, écrase des pans entiers de la culture et vise à la mémorisation de repères et à des comportements normés.
…
QUI NE LUTTE PAS CONTRE LES DIFFICULTÉS SCOLAIRES Le socle, qualifié « d’objectif cible » pour l’Éducation prioritaire conduit de fait à viser des exigences minimales pour certains élèves, avec le risque qu’ils se fixent encore davantage sur la tâche à accomplir au lieu d’entrer dans l’activité cognitive attendue.Les PPRE (Programmes personnalisés de réussite éducative) risquent de cantonner les élèves en difficulté à des exercices de répétition sur quelques « fondamentaux » sans donner sens aux apprentissages.
…
QUI AUGMENTE LA DIFFICULTÉ D’
ENSEIGNER ET ALOURDIT INUTILEMENT LA CHARGE DE TRAVAILL’approche par compétence et la mise en place du Livret personnel de compétences (LPC) posent de redoutables problèmes pédago-
giques : véritable usine à gaz, le livret n’est pas forcément en lien avec les savoirs et compétences travaillés dans les disciplines. Il risque de conduire à un travail supplémentaire considérable pour les enseignants au détriment des autres tâches nécessaires à la réus- site des élèves.
➜ U
NE RÉFORME DU LYCÉE QUI N’
EST PAS UNE RÉFORME PÉDAGOGIQUELa réforme du lycée n’a pas été pensée pédagogiquement : aucune réflexion et aucun débat sur la culture commune nécessaire aux lycéens, sur les choix à faire...
♦Les équilibres entre séries et entre disciplines n’ont pas été pensés.Les programmes n’ont pas été conçus globalement de la Seconde à la Terminale et le tronc commun ne permet pas de s’appuyer sur les spécificités des séries qui construisent la réussite.
♦Les programmes sont gouvernés par des choix idéologiques : vision rétrograde des contenus enseignés pour certains, volonté de « vendre » la discipline pour d’autres, ils seront inapplicables au regard des horaires impartis ou de leur manque d’intérêt pour les élèves.
Socle commun, livret de compétences, éducation prioritaire, réforme des voies du lycée et de l’orientation… Au lieu de répondre aux enjeux d’avenir, les transformations du système éducatif imposées depuis 2005 tournent le dos à l’objectif de la réussite de tous les élèves, nient les problématiques pédagogiques, institutionnalisent les inégalités et dénaturent nos métiers.
… pour redonner du sens à l’École
Repenser les programmes : un enjeu de société
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EPENSER LA CULTURE COMMUNE SCOLAIRECette question doit être au cœur de toute réforme du système : quelle culture scolaire, suffisamment ouverte pour s’adresser à des jeunes en construction, pour la formation de la personne, pour que l’indi- vidu puisse se construire et s’insérer dans la société ? Quels savoirs enseigner à tous ? Quelle diversification ? Quelle traduction en terme d’objectifs disciplinaires ?
Une nouvelle Loi d’orientation pour l’École est indispensable, aux antipodes du socle commun et de la Loi d’orientation de 2005 qui l’a installé.
➜ R
ÉHABILITER LES DISCIPLINESOrganiser les savoirs pour les structurer en disciplines constituées est essentiel, contrairement à certaines idées reçues véhiculées notamment par le socle commun. Accéder à de véritables compé- tences suppose de s’appuyer sur des savoirs.
Les disciplines ne doivent pas être figées. Il faut penser leurs évolu- tions en fonction de celles de la société, des champs de savoir et des liens entre elles. Des mises à jour régulières des programmes doivent être engagées, en collaboration avec les enseignants.
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ERMETTRE L’
INTERDISCIPLINARITÉDonner plus de cohérence à la formation globale des jeunes en permet- tant de construire l’interdisciplinarité suppose des réécritures de programmes et des conditions d’enseignement totalement différentes.
Des concertations entre groupes d’experts chargés de l’élaboration des programmes sont indispensables afin de prévoir dans les programmes des objets d’étude communs qui pourraient donner lieu à des travaux interdisciplinaires. Du temps de concertation, de travail commun doit être prévu dans les services.
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EPRENDRE LA MAIN SUR NOS MÉTIERSPlus que jamais les enseignants ont besoin de débattre et travailler ensemble, car ils ont aujourd’hui le sentiment d’un travail empêché qui les éloigne du sens profond de leur métier d’enseignant-concep- teur. La formation initiale et continue des enseignants doit permettre de débattre des pratiques pédagogiques, du métier, à l’opposé de sa restriction actuelle à la transmission de « bonnes pratiques ».
L’Université Syndicaliste, supplément à L’USno709 du 11 juin2011, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (FSU): 46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13 – Directeur de la publication: Roland Hubert (roland.hubert@snes.edu) Compogravure: C.A.G., Paris – Imprimerie: SIEP, Bois-Le-Roi (77) – NoCP0113 S 06386– ISSN no0751-5839
Les propositions du SNES
pour construire des programmes pour l’avenir
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A CONSTRUCTION DES PROGRAMMESCertains programmes scolaires sont mal construits, pléthoriques, permettent peu la mise en activité réelle des élèves et la mobilisation sur des savoirs et compétences relevant de chaque discipline ou de plusieurs d’entre elles.
À l’opposé de l’actuelle confiscation par quelques « experts », les programmes devraient être élaborés par des commissions plurielles composées d’inspecteurs, d’experts, de chercheurs, et d’enseignants qui portent l’expertise des praticiens.