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QUASI-INTERPOLANTS SPLINES : EXEMPLES ET APPLICATIONS

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(1)

HAL Id: hal-00015983

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00015983

Submitted on 15 Dec 2005

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QUASI-INTERPOLANTS SPLINES : EXEMPLES ET APPLICATIONS

Paul Sablonnière

To cite this version:

Paul Sablonnière. QUASI-INTERPOLANTS SPLINES : EXEMPLES ET APPLICATIONS. ESAIM:

Proceedings, EDP Sciences, 2007, 20, pp.195-207. �hal-00015983�

(2)

QUASI-INTERPOLANTS SPLINES : EXEMPLES ET APPLICATIONS Paul Sablonni`ere, INSA de Rennes.

CONGR`ES RFMAO, RABAT 19-21 septembre 2005

esum´e : Unquasi-interpolant spline(abr´eviation QI) est un op´erateur d’approximation obtenu comme combinaison lin´eaire de fonctions `a support born´e (B-splines) :

Qf = X

αA

µα(f)Bα

Le coefficient µα(f) de la B-spline Bα est une forme lin´eaire agissant sur la fonction f `a approcherdans un voisinage du support deBα. Le grand avantage de cette approche est que le calcul d’un QI est direct et ne n´ecessite pas la r´esolution d’un syst`eme d’´equations, contrairement `a ce qui se passe pour un interpolant. C’est particuli`erement int´eressant en dimension 2 ou 3, o`u le nombre de B-splines peut ˆetre relativement grand.

Dans cet article, je d´ecrisquelques exemples de QIsde diff´erents types sur des espaces de splines `a une ou deux variables. Puis je pr´esente quelques applications en approxi- mation et en analyse num´erique.

AMS classification : 65D (analyse num´erique et CAGD).

1 Introduction, d´ efinitions et notations

SoitF un espace de fonctions,Sun espace de splines polynˆomiales d’une ou plusieurs vari- ables etPnl’espace des polynˆomes dedegr´e totalau plus ´egal `an. On suppose quePn Set PnF. On suppose aussi queS est engendr´e par la famille de B-splinesB={Bα, αA}.

Pour toutαA,Bα est une fonction `a support born´e d´esign´e parsupp(Bα). La familleA des indices est finie ou infinie suivant que l’on travaille sur un domaine born´e ou sur l’espace entier. Unquasi-interpolant(abr. QI) est un op´erateur Q:FS de la forme

Qf = X

α∈A

µα(f)Bα

ayant les propri´et´es suivantes:

(i)Qest un op´erateurexact sur Pn: Qp=p,∀pPn

(ii)Qest un op´erateur local: le coefficient µα(f) est une forme lin´eaire qui ne d´epend que des valeurs def dans un voisinage desupp(Bα).

Voici le plan de l’article : dans la premi`ere partie, je donne diff´erents exemples de quasi- interpolants splines en dimension 1 et 2. Je me limite ici aux QI quadratiques de classe C1 sur une partition uniforme de la droite ou du plan, afin de simplifier la pr´esentation.

Mais il est possible de d´efinir des QI de tous les degr´es sur une subdivision quelconque d’un intervalle arbitraire en dimension 1. En dimension 2, on peut aussi d´efinir des QI de tous degr´es sur certaines triangulations. Je renvoie aux r´ef´erences (section 8) pour de plus amples informations. Dans la deuxi`eme partie, je donne quelques applications des quasi-interpolants quadratiques, d’abord en dimension 2 `a l’approximation d’une fonction et de ses d´eriv´ees partielles et `a la recherche de ses points stationnaires, puis en dimension 1 `a l’int´egration et `a la d´erivation approch´ees d’une fonction, `a une m´ethode pseudo-spectrale pour la r´esolution approch´ee d’une ´equation diff´erentielle, et enfin `a l’approximation des z´eros d’une fonction.

(3)

2 Quasi-interpolant splines quadratiques sur R

Soit F = C2(R) et S = S12(R, τ) l’espace des splines quadratiques de classe C1 sur la subdivision uniformeτ=Z+12. Une fonction deSest dansC1(R) et sa restriction `a chaque intervalle [k12, k+12] est dansP2. D´esignons parB(x) laB-spline quadratiquede support [−32,32] centr´e en 0, et posons Bk(x) = B(xk): on a donc supp(Bk) = [k32, k+ 32].

Schoenberg [?] a d´emontr´e que toute spline quadratiquegSs’´ecrit sous la forme : g(x) =X

k∈Z

g(k)1 8D2g(k)

Bk(x). (1)

On a bien sˆurP2 S et les premiers monˆomes s’expriment de la mani`ere suivante dans la base des B-splines (lesmonˆomes sont not´eser(x) =xr,∀r0) :

e0(x) = 1 =X

k∈Z

Bk(x), e1(x) =x=X

k∈Z

kBk(x), e2(x) =x2=X

k∈Z

k21

4

Bk(x).

(2)

2.1 Quasi-interpolant discret

D’apr`es (1), on peut d´efinir un premier op´erateurQdeF=C2(R) dansS=S21(R, τ) par Qf(x) =X

k∈Z

f(k)1 8D2f(k)

Bk(x). (3)

C’est un QI car il est exact surP2 et la forme lin´eaireµk(f) =f(k)18D2f(k) n’utilise que les valeurs def et de D2f au point k, centre desupp(Bk). On l’appelle quasi-interpolant diff´erentiel(abr. DQI) et de plus c’est unprojecteursurScarQg=g pour toutgS. Unepremi`ere variante consiste `a remplacer D2f(k) par ladiff´erence seconde centr´ee

δ2f(k) =f(k1)2f(k) +f(k+ 1).

On obtient ainsi un second op´erateurQdeF=C(R) dansS=S21(R, τ):

Qf(x) =X

kZ

f(k)1 8δ2f(k)

Bk(x) =X

kZ

µk(f)Bk(x), (4) o`u

µk(f) =1

8(−f(k1) + 10f(k)f(k+ 1)).

CommeD2co¨ıncide avecδ2 surP2,Qest aussi exact surP2et c’est unop´erateur localcar µk(f) n’utilise que les valeurs def aux trois points entiers desupp(Bk), maisce n’est plus un projecteursurS. On l’appelle quasi-interpolant discret(abr. dQI).

On peut calculer exactement lanorme infiniedeQ. Il suffit d’´ecrireQf sous la forme:

Qf(x) =X

k∈Z

f(k) ˜Bk(x),

o`u ˜Bk d´esigne lafonction fondamentale B˜k= 1

8(−Bk−1+ 10BkBk+1).

(4)

On montre alors facilement quekQk est ´egale `a la norme de Tchebychev de lafonction de LebesgueΛde l’op´erateur :

kQk=|, o`u Λ=X

k∈Z

|B˜k|.

Par un calcul simple, on obtient

kQk=5

4 = 1.25.

Avec les notations suivantes:

|g|∞,k= max{|g(x)|, x[k1 2, k+1

2]} et dk(f,P2) = inf{|f p|∞,k : pP2}, on montre (voir par exemple [5]) que pour toutf C(R) et toutkZ:

|Qf f|∞,k(1 +kQk)dk(f,P2) = 2.25dk(f,P2).

Ceci montre queQf est tr`es proche de la meilleure approximation polynˆomiale def dans chaque intervalle. On en d´eduit que sur la subdivisionhZ, on a, pour une fonctionf C3(R),

|Qff|=O(h3).

2.2 Quasi-interpolant int´egral

On va d´efinir maintenant une 2`eme variante du quasi-interpolantQ. Pour cela, on utilise les trois premiersmoments[38] de la B-spline quadratiqueBk:

m(0)k = Z

R

Bk(x)dx= 1, m(1)k = Z

R

xBk(x)dx=k, m(2)k = Z

R

x2Bk(x)dx=k2+1 4. Soithf, gi=R

Rf(x)g(x)dxet soit ¯Qle QI int´egral suivant:

Qf¯ =X

k∈Z

hf,B¯kiBk,

o`u ¯Bk = 14(−Bk1+ 6BkBk+1). On v´erifie facilement que ¯Qer = er pour r = 0,1.

Commehe2,B¯ki= 14

−m(2)k1+ 6m(2)k m(2)k+1

=k214, d’apr`es (2) on obtient ´egalement Qe¯ 2=X

k∈Z

(k21

4)Bk=e2,

donc ¯Qestexact surP2 et c’est unop´erateur local. On l’appellequasi-interpolant int´egral (abr. iQI). On peut ´egalement ´ecrire ¯Qf sous la forme

Qf¯ =X

k∈Z

hf, BkiB¯k,

ce qui montre que l’information surf est obtenue au moyen desmoyennes locales pond´er´ees

¯

µk(f) =hf, Bki=

Z k+3/2 k3/2

f(x)Bk(x)dx.

En introduisant la fonction de Lebesgue ¯Λ =P

k∈Z|B¯k|, on peut montrer que kQk¯ =|Λ|¯ =11

8 = 1.375.

On peut aussi approcher ¯µk(f) par des formules de quadrature de type Gauss associ´ees `a la fonction de poidsBk(x) (cf [7][?][?]). Voir aussi [18]

(5)

3 Quasi-interpolants splines quadratiques sur une tri- angulation uniforme du plan

Soitτ latriangulation uniforme de type IIdu plan obtenue en tra¸cant les deux diagonales dans tous les carr´es de sommets les points de (Z+ 12)2. Les centres de ces carr´es sont donc les points de Z2. On note ε1 = (1,0) et ε2 = (0,1) les vecteurs unitaires, et l’on pose ε3 = ε1+ε2 = (1,1) et ε4 = −ε1 +ε2 = (−1,1). Comme les arˆetes du r´eseau sont parall`eles `a ces directions, on parle de r´eseau `a 4 directions (4-direction mesh). Soit S = S21(R2, τ) l’espace des splines quadratiques de classe C1 sur la triangulation τ. Il existe une box-spline B S dont le support est l’octogone centr´e `a l’origine de sommets 12(3ε1±ε2),±12(3ε2±ε1)}. L’espaceSest engendr´e par lestranslat´ees enti`eresdeB:

B={Bα(x) =B(xα) ; αZ2}.

On a ´evidemmentP2S. De plus,Best une partition de l’unit´e,P

α∈Z2Bα= 1, etR Bα= 1. En revanche, la familleBn’est pas lin´eairement ind´ependante: cette propri´et´e, qui s’av`ere assez gˆenante pour l’interpolation ou l’approximation au sens des moindres carr´es, ne joue aucun rˆole dans la construction des QI ci-dessous (voir par exemple [1][2][3][21][22][23][10]

citeSab2[55]).

3.1 Quasi-interpolant discret

Soit ∆f le laplacien def. UnpremierQIdiff´erentielQ([10], chapitre VI) est d´efini par Qf = X

α∈Z2

{f(α)1

8∆f(α)}Bα.

A partir des repr´esentations des monˆomesers(x) =xr1xs2 deP2 en fonction des B-splines:

e00= X

α∈Z2

Bα, e10= X

α∈Z2

α1Bα, e01= X

α∈Z2

α2Bα, (5)

e11= X

α∈Z2

α1α2, Bα, e20= X

α∈Z2

211

4)Bα, e02= X

α∈Z2

221

4)Bα, (6) on v´erifie queQestexact surP2, i.e. Qp=ppour toutpP2. A partir de ce QI diff´erentiel, on peut, comme dans le cas d’une variable, d´efinir un QIdiscretet un QI int´egralqui sont aussi exacts surP2.

Pour construire le QI discretQ, on remplace ∆f(α) par le sch´ema aux diff´erences classique

`a 5 points, centr´e au pointα:

f(α) =−4f(α) +1 8

2

X

i=1

[f+εi) +fεi)], qui v´erifie

p(α) = ∆p(α), ∀pP2. Le QIdiscret associ´es’´ecrit alors:

Qf = X

α∈Z2

{f(α)1

8f(α)}Bα= X

α∈Z2

µα(f)Bα (7)

(6)

dont les formes lin´eaires coefficients sont donn´ees par : µα(f) =3

2f(α)1 8

2

X

i=1

[f+εi) +fεi)].

On d´emontre quekQk= 32, par cons´equentl’ordre d’approximationd’une fonctionf, de classeC3par exemple, est ´egal `a 3. En effet on a, dans chaque triangleT de la triangulation:

|Qf f|∞,T (1 +kQk)dT(f,P2) =5

2dT(f,P2) avec

dT(f,P2) = inf{|fp|∞,T :pP2}.

Donc sidiam(T)hpour toutT τ et si f est de classeC3, on a

|Qff|=O(h3).

On remarque queQf est localement tr`es proche de la meilleure approximation de f dans P2. Voir la section 4 ci-dessous pour des r´esultats plus pr´ecis.

3.2 Quasi-interpolant int´egral

On peut ´egalement construire un QIint´egralQ¯ en utilisant les moments d’ordre2 de la splineBα (r´ef´erence Chui ??) :

m(0,0)α = Z

R2

Bα= 1, m(1,1)α = Z

R2

x1x2Bα=α1α2,

mεαr = Z

R2

xrBα=αr, mαr = Z

R2

x2rBα=αr2+1

4, r= 1,2.

On d´efinit alors le QI ¯Qpar

Qf= X

α∈Z2

hf,B¯αiBα, B¯α´etant la fonction d´efinie par

B¯α= 2Bα1

4{Bα−ε2+Bα−ε1+Bα+ε1+Bα+ε2}.

On v´erifie alors facilement, en utilisant les repr´esentations (5) et (6) des monˆomes, que ¯Q estexact surP2et quekQk¯ 3. De plus, ¯Qestlocalcar le coefficient deBαn’utilise que desmoyennes locales pond´er´eesdef dans la r´eunion des supports des 5 box-splines centr´es au pointαet en ses 4 voisins imm´ediats. Ces moyennes sont toutes du type

Z

R2

Bγ(x)f(x)dx

et peuvent ˆetre approch´ees par les formules de quadratures de Gauss associ´ees au poidsBγ. On obtient ainsi de nouvelles familles de QI discrets bas´es sur les points de Gauss.

(7)

4 Application : approximation d’une fonction de deux variables et de ses d´ eriv´ ees partielles

On va utiliser le QI quadratique discret (7) def surR2 vu dans la section 3.1 ci-dessus : Qf = X

αZ2

µα(f)Bα

µα(f) =3

2f(α)1 8

2

X

i=1

[f+εi) +fεi)].

On sait queQ est exact sur P2 et que kQk = 1.5, donc Qf est tr`es proche localement de la meilleure approximation uniforme def dansP2. C’est la raison pour laquelle on peut esp´erer obtenir de bonnes approximations def et de ses d´eriv´ees partielles `a partir de ce QI quadratiqueC1 (voir aussi [14] et le num´ero sp´ecial dans lequel est publi´e cet article).

La plupart des r´esultats de cette section proviennent de [28]. Dans ce qui suit, on utilise toujours la norme du max.

4.1 Estimations d’erreurs pour f et ses d´eriv´ees partielles

Si f C3(Ω), on d´emontre les estimations d’erreurs suivantes, avec la notation kD3fk = max{kDγfk, |γ|= 3}. Pour la fonction, on obtient :

kf Qfk ≤ 19

48h3kD3fk.

Pour les d´eriv´ees partielles premi`eres, avec les notations Dε1 = ∂x , Dε2 = ∂y , on a pour k= 1,2. :

kDεk(f Qf)k 17

4 h2kD3fk.

Enfin, pour les d´eriv´ees secondes, avec les notations D1 = 2

∂x2, D2 = 2

∂y2, Dε12 = 2

∂x∂y, on obtient :

kDk(fQf)k(k= 1,2), et kDε12(fQf)k ≤ 41

4 hkD3fk.

Les constantes indiqu´ees ne sont pas optimales, mais elles en donnent un ordre de grandeur.

4.2 Majorations des d´eriv´ees partielles d’ordres 1 et 2 de Qf

On sait d´ej`a quekQfk ≤ 32kfk. On utilise les notations suivantes pour les d´eriv´ees partielles def et de son approximantg=Qf :

p= ∂f

∂x, q= ∂f

∂y, r=2f

∂x2, s= 2f

∂x∂y, t= 2f

∂y2, π= ∂g

∂x, χ=∂g

∂y, ρ= 2g

∂x2, σ= 2g

∂x∂y, τ =2g

∂y2

Commeπetχsont affines par triangle, il suffit de les majorer aux sommets de ces triangles, c’est `a dire aux sommets et aux centres des carr´es du r´eseau. On obtient les majorations suivantes:

kπketkχk ≤2 max{kpk,kqk}.

(8)

De mˆeme, en calculant les d´eriv´ees partielles d’ordre 2 de Qf, constantes dans chaque triangle de la triangulation, on obtient les majorations suivantes:

kρk,kσk,k ≤ 25

8 max{krk,ksk,ktk}

On voit donc que l’approximation def parQfne dilate pas trop la fonction et ses premi`eres d´eriv´ees partielles. Pour ces calculs, on utilise les r´esultats de la pr´epublication [44].

4.3 Superconvergence en certains points

Supposons que la fonctionf ait des d.p. d’ordre 4 born´ees. Alors on observe que l’on a, au centre, auxsommetset auxmilieux des cˆot´esd’un carr´e:

f Qf =O(h4).

Comme l’erreur est en g´en´eral enO(h3), on a donc un ph´enom`ene de superconvergenceen ces points. En revanche, pour les d.p. premi`eres, on n’a pas ce ph´enom`ene aux mˆemes points, mais il est probable qu’il se produise en certains points int´erieurs du carr´e.

Pour les d.p. secondes, on a des r´esultats qui d´ependent de l’orientation des triangles. Par exemple, pour les d.p. ∂x22 sur les triangles Nord (N) et Sud (S), on a un ph´enom`ene de superconvergence:

(rρ)|N = (rρ)|S =h2

24D40f(0) +O(h4).

Sur les triangles Est(E) et Ouest (W), en posante20|E= (rρ)|E ete20|W = (rρ)|W, on obtient

e20|E= h

2[D30f(0)D12f(0)] +O(h2), e20|W = h

2[−D30f(0) +D12f(0)] +O(h2), d’o`u unesuperconvergencepour la moyenne

1

2(e20|E+e20|W) =O(h2).

On a des r´esultats analogues pour les autres d´eriv´ees partielles secondes ∂y22 et ∂x∂y2 . Exemple: erreur sur le gradient de f(x, y) =exp(x2+y2).

On donne des r´esultats sur l’erreur maximale |grad(f Qf)| respectivement au centre et aux sommets du carr´e [−0.5,0.5]2(on a icih= N1):

N erreur centre erreur sommets 8 2.6104 4.8403 16 1.6204 2.1503 32 7.2405 7.0904 64 2.4505 2.0404

4.4 Un algorithme pour la d´etermination des points stationnaires de g =Qf

Compte tenu des r´esultats ci-dessus sur l’approximation des d´eriv´ees def par celles deQf, on propose l’algorithme suivant pour larecherche des points stationnairesdeQf qui sont

(9)

`a priori voisins des points stationnaires def.

Calculer π = ∂g∂x et χ = ∂g∂y aux sommets de la triangulation T. Rappelons que ces deux fonctions sont continues etaffines par morceaux, par cons´equent elles sont enti`erement d´etermin´ees par ces valeurs.

S´electionner le sous-ensembleT ⊂ T des triangles dans lesquels la somme des signesde π(par exemple) est±1

S´electionner le sous-ensembleT′′⊂ T des triangles dans lesquels lasomme des signesde χest±1.

Dans chaque triangle deT′′,esoudre le syst`eme d’´equations lin´eairesπ=χ= 0.

On obtient ainsi lespoints stationnairesdu quasi-interpolantg=Qf.

On peut alors faire une´etude localeplus pr´ecise dans chaque triangle de la triangulation T′′o`u se trouve un point stationnaire. Rappelons que les d.p. secondesρ, σ et τ deg sont constantesdans chaque triangle.

Etudier le signe deH =σ2ρτ.

siH <0, et siρ >0 (doncτ >0), alorsga unminimum local.

siH <0, et siρ <0 (doncτ <0), alorsga unmaximum local.

siH 0, on a unpoint-selle ou unpoint d´eg´en´er´e.

Remarque: on peut ´evidemment permuter les rˆoles deπet χdans l’algorithme.

Voici quelques exemples d´etaill´es dans [28].

Exemple 1: f(x, y) =exp(x2+y2).

On d´etecte facilement l’unique minimumdef enM0= (0,0).

Exemple 2 : f(x, y) =34exp(−14((9x2)2+ (9y2)2)) +34exp(−(491(9x+ 1)2+101(9y+ 1)2)) +12exp(−14((9x−7)2+ (9y−3)2))−15exp(−((9x−4)2+ (9y7)2)) (fonction de Franke [29]).

On d´etecte bien les 5points stationnairesdef dans le carr´e [0,1]2:

le minimum local: M0= (0.461,0.783),

les maxima locaux: M1= (0.207,0.209) etM2= (0.752,0.327),

les points-selle ou d´eg´en´er´es: M3= (0.561,0.256) etM4= 0.621,0.871)

Exemple 3 : f(x, y) = 100((x+ 1)2(y+ 1))2+x2(fonction de Rosenbrock [8]).

On d´etecte assez difficilement (´evidemment, `a cause de la forme de la vall´ee) l’unique mini- mumdeg enM0= (0,0).

5 Application : formule de quadrature en dimension 1 associ´ ee ` a un QI quadratique discret

Supposons que I = [a, b] = [0, nh] et posons t−2 = t−1 = a, ti = ih pour 0 i n, tn+1 =tn+2 =b, puis θ0=a, θn+1 =b, et θi = 12(ti1+ti), pour 1i n. Dans ce cas il existen+ 2 B-splines{Bk,0kn+ 1}, de supportssupp(Bk) = [tk2, tk+1] formant

(10)

une base de l’espace des splines quadratiques sur la partition uniforme deI [1][5][12]. Les donn´eessont ici les valeursfi=fi),0in+ 1. Le QI discretQ s’´ecrit alors sous la forme:

Qf =f0B0+

n

X

k=1

µk(f)Bk+fn+1Bn+1

o`u les deux premi`eres et les deux derni`eres formes coefficients sont : µ0(f) =f0, µ1(f) =h

6(−2f0+ 9f1f2), µn(f) =h

6(−fn−1+ 9fn2fn+1), µn+1(f) =fn+1, et, pour 2kn1:

µk(f) =h

8(−fk1+ 10fkfk+1).

CommeQf est une excellente approximation def sur I, on peut esp´erer une bonne ap- proximation deI(f) = Rb

af parI2(f) =Rb

a Qf. En int´egrant Qf, on obtient la formule de quadrature suivante, pourn5:

I2(f) = Z b

a

Qf = h

9f0+7h

8 f1+73h 72 f2+h

n−2

X

i=3

fi+73h

72 fn−1+7h 8 fn+h

9fn+1. On d´emontre le r´esultat d’erreur suivant [47] : il existeC1>0 tel que, pour toutf C4(I) :

I(f)− I2(f) =C1h4f(4)1), γ1I.

Cette formule est ”compl´ementaire” de la formule de Simpson. Pour celle-ci, il existeC2>0 tel que, pour toutf C4(I) :

I(f)− I2(f) =−C2h4f(4)2), γ2I.

Bien queγ1 6=γ2 en g´en´eral, en pratique on observe que les erreurs sont presque toujours designes oppos´es. De plus, les constantes v´erifient 0< C1< C2=1801 .

Exemple [49][50] : Comparons les r´esultats num´eriques obtenus en approchant les deux int´egrales suivantes par les deux formules de quadratureI2 etI2 :

I(f1) = Z 1

−1

1

1 + 16x2dx et I(f2) = Z 1

−1

e−xsin(5πx)dx.

En posant respectivement E2(f) = I(f)− I2(f), E2(f) = I(f)− I2(f), on obtient les r´esultats suivants (la notation 0.73(−9) signifie 0.73×10−9) :

n E2(f1) E2(f1) E2(f2) E2(f2) 128 0.73(−9) −0.55(−9) 0.14(−6) −0.11(−6) 256 0.45(−10) −0.33(−10) 0.90(−8) −0.67(−8) 512 0.28(−11) −0.21(−11) 0.56(−9) −0.41(−9) 1024 0.18(−12) −0.13(−12) 0.73(−9) −0.52(−9)

On voit que les erreurs sont de signes oppos´es et ont des valeurs absolues du mˆeme ordre de grandeur.

(11)

6 Calculs de d´ eriv´ ees et m´ ethodes pseudo-spectrales

6.1 Matrice de d´erivation

En d´erivantg =Qf, et en posant gi = g(θi), 0 i n+ 1, on obtient les formules de d´erivation suivantes.

hg0 = 1

3(−8f0+9f1−f2), hg1 = 1

48(−56f0+33f1+26f2−3f3), hg2= 1

48(8f0−36f1+f2+30f3−3f4), et des formules antisym´etriques pourhgn−1 , hgn ethgn+1 . Pour 3in2, i.e. pour les

points int´erieurs, on a:

hgi= 1

16(fi−210fi−1+ 10fi+1fi+2).

Soitf Rn+2 et g Rn+2 les vecteurs de composantes respectivesfi et gi, pour 0i n+ 1. On peut ´ecrire l’´egalit´e matricielle :

g=Df, o`uD est lamatrice de d´erivation:

D= 1 h

−8/3 3 −1/3 0 0 0 . . . 0 0

−7/6 11/16 13/24 −1/16 0 0 . . . 0 0

1/6 −3/4 1/48 5/8 −1/16 0 . . . 0 0 0 1/16 −5/8 0 5/8 −1/16 . . . 0 0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

0 0 . . . 1/16 −5/8 0 5/8 −1/16 0

0 0 . . . 0 1/16 −5/8 −1/48 3/4 −1/6

0 0 . . . 0 0 1/16 −13/24 −11/16 7/6

0 0 . . . 0 0 0 1/3 −3 8/3

6.2 Erreur sur la d´eriv´ee

Si l’on supposef suffisamment d´erivable, on a les estimations d’erreur suivantes.

Pour 3in2, on obtient

gifi =h2

24fi(3)+O(h4).

A l’origine et au premier point int´erieur, on a respectivement : g0 f0 =h2

8 f0(3)+O(h3), et g1f1 =h2

32f1(3)+O(h3).

(et des r´esultats analogues `a la borne sup´erieure de l’intervalle).

Exemple[49] : consid´erons les deux fonctionsf1(x) = (1+16x2)−1 et f2(x) =e−x sin(5πx) sur l’intervalle I = [−1,1]. Pour p = 1,2, on pose εp = max|fpi)gpi)| et εp = max|fpi)δfpi)|, o`uδfpi) est la diff´erence centr´ee defp au pointθi (avec les modifi-

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