Ministère des affaires sociales,
du travail et de la solidarité
D
OCUMENT D’ÉTUDES
DARES
Direction de l’animation de la recherche,
des études et des statistiques
Les documents d'études sont des documents de travail ;
à ce titre, ils n'engagent que leurs auteurs
et ne représentent pas la position de la DARES.
MODALITÉS
DE PASSAGE
À 35 HEURES
DES TPE
par
Victor DE OLIVEIRA
N° 94
Février 2005
Sommaire
Pages
Introduction ... 5
Les 35 heures dans les très petites entreprises par Hien PHAM ... 7
Liste des tableaux hors texte ... 15
Résultats globaux ...17
Résultats par années de passage...23
Résultats par tailles d’entreprise ...27
Résultats par secteurs d’activité regroupés (NAF4)...31
Résultats par secteurs d’activité détaillés (NAF16) ...39
Résultats par types de stratégies face à la RTT ...51
La réduction négociée du temps de travail Bilan au 31/12/2003... 61
Méthodologie de l’enquête... 67
Introduction
Dès la première loi Aubry, il est apparu que le passage à 35 heures allait poser des problèmes spécifiques
aux entreprises de 20 salariés ou moins
(TPE), si bien qu’une application décalée de deux ans de la
nouvelle durée légale fut décidée.
Trois raisons appuyaient ce constat.
La première résidait dans la difficulté à réduire d’un coup la durée du travail à 35 heures au sein
de très
petites structures (près de 70% des TPE emploient au plus cinq salariés), où la durée effective du
travail est fréquemment plus importante que dans les plus grandes entreprises.
La deuxième reposait sur le fait que les TPE éprouveraient plus de difficultés que les autres entreprises à se
réorganiser. Les différents postes y seraient peu substituables et il s’avèrerait plus compliqué d’y
développer des compétences polyvalentes, de redéfinir les tâches ou encore de modifier les horaires de
façon à maintenir la durée d’utilisation des équipements.
La dernière raison insistait sur les difficultés qu’elles auraient à s’engager sur l’emploi. La loi Aubry I, par
exemple, conditionnait les aides incitatives à une réduction du temps de travail de 10% et une obligation
d’embauche à hauteur de 6%. Or dans les TPE, le nombre d’embauches nécessaires au respect minimum de
cette contrainte était souvent inférieur à un emploi à temps complet voire à un temps partiel de très courte
durée. Elles pouvaient donc se retrouver face à un dilemme : embaucher plus que nécessaire au risque de
surenchérir le coût de la RTT ou embaucher moins, comme l’a permis la seconde loi Aubry, au risque de
créer des tensions (nombre élevé d’heures supplémentaires…).
Par conséquent, le passage à 35 heures était susceptible d’entraîner un surcoût spécifique aux TPE, propre à
mettre en péril la réalisation de l’équilibre financier visant justement à neutraliser le coût de la RTT.
Contrairement aux plus grandes entreprises, les TPE ne pourraient compenser ce coût ni par des gains de
productivité, ni par la modération salariale plus difficile à mettre en place au sein d’entreprises qui
emploient une majorité de salariés au voisinage du SMIC.
Par contre, les allègements de charges au bénéfice des entreprises ayant négocié un accord d’entreprise ou
appliquant par défaut un accord de branche semblaient à même de compenser une partie de ce coût. En
effet, le système dégressif favorise les entreprises ayant une forte proportion de salariés rémunérés au
niveau du Smic, ce qui est le cas de nombreuses TPE. Cet allégement pouvait en outre se cumuler à l’aide
incitative en cas d’anticipation du passage à 35 heures c’est-à-dire avant le 1
erjanvier 2002.
De fait, un certain nombre de TPE ont anticipé l’abaissement de la durée légale (près de 46% de celles qui
ont réduit leur durée du travail). Pour les autres, dès fin 2001 de nouvelles mesures d’assouplissement ont
été mises en place par le biais d’une augmentation du contingent annuel d’heures supplémentaires de 130 à
180 heures. Les entreprises de 10 salariés ou moins qui n’avaient ni délégué syndical, ni délégué du
personnel, ni salarié mandaté avaient en outre déjà la possibilité de passer à 35 heures par décision
unilatérale de l’employeur.
En définitive, seulement 18% des TPE concernées ont réduit leur durée du travail contre 55% des
entreprises de plus de 20, avant que la loi Fillon ne mette un coup d’arrêt au processus en détachant le
nouveau système d’allégement de charges de toute condition de création d’emplois et de réduction du
temps de travail.
L’enquête « Modalités de passage à 35 heures des TPE » a confirmé que du fait de leur taille, les
entreprises de 20 salariés ou moins ont été confrontées à des difficultés liées à la mise en œuvre des 35
heures, plus importantes que les plus grandes entreprises. Ceci explique probablement pourquoi plus de la
moitié des TPE passées à 35 heures a attendu l’échéance de 2002 pour réduire la durée du travail et ce,
malgré un niveau d’aides plus élevé pour les entreprises anticipatrices. Autre fait intéressant, interrogées
sur les raisons qui les ont incitées à réduire leur durée du travail, neuf TPE sur dix ont déclaré l’avoir fait
afin de se mettre en conformité avec la durée légale.
6
Au-delà de ces chiffres, l’objectif majeur de l’enquête « Modalités de passage à 35 heures des TPE », a été
de recueillir un maximum de données concernant les différentes modalités de la réduction du temps de
travail des entreprises de 20 salariés ou moins. Elle a montré qu’en plus des divergences avec les grandes
entreprises, l’hétérogénéité structurelle des TPE a entraîné des attitudes divergentes vis à vis de la mise en
œuvre de la RTT.
Une analyse plus fine des effets croisés de différents facteurs a mis en évidence l’existence de deux
groupes de stratégies différentes permettant d’établir une typologie de passage à 35 heures des TPE.
Le premier groupe à stratégie dite de type « passive » est constitué essentiellement d’entreprises de taille
modeste qui ont attendu 2002 pour passer à 35 heures. Parmi ces entreprises, une partie semble s’être
simplement mise en conformité avec la durée légale dans la mesure où il n’y a eu ni réorganisations ni
embauches. L’autre partie, est composée de TPE dont l’activité est en déclin et pour lesquelles la RTT a
représenté en quelque sorte une solution de « sauvetage ».
Le second groupe est constitué de TPE de plus grande taille qui ont adopté une stratégie « active » face à la
RTT. Elles ont anticipé le passage à 35 heures et ont pour la plupart d’entre elles modifié leurs méthodes de
travail.
Il se divise en quatre classes. La première d’entre-elles regroupe les TPE qui ont mis en place la
« modulation » du temps de travail ; la seconde, celles qui concilient au mieux performances économiques
et RTT; la troisième, celles qui ont mis en place des horaires décalés ; et la quatrième, celles qui ont eu un
comportement qualifié d’« opportuniste » dans la mesure ou elles sont surtout passées à 35 heures afin
d’embaucher en s’appuyant sur les aides publiques.
L’un des principaux objectifs des lois sur la RTT, en plus de l’amélioration des conditions de travail via la
baisse de la durée du travail et la hausse de la compétitivité par le biais d’une augmentation de la
productivité, était la lutte contre le chômage. L’enquête « Modalités de passage aux 35 heures dans les
TPE » a tenté d’estimer l’impact de la RTT sur l’emploi dans les entreprises de 20 salariés ou moins. Les
TPE auraient ainsi crée un nombre d’emplois « bruts » égal à 7% de leur effectif. Une part de ces
embauches résulterait d’une transformation d’emplois précaires en emplois pérennes. Une autre part serait
constituée d’emplois qui ont bénéficié d’un effet d’aubaine notamment dans les entreprises en croissance
qui auraient recruté avec ou sans les aides. Déduction faite des transformations d’emplois et des effets
d’aubaine, quatre embauches sur dix dans les TPE seraient donc dues à la RTT, soit l’équivalent de près de
3% de leur effectif.
Enfin, interrogées sur l’évolution de la durée collective du temps de travail au sein de leurs établissements
suite aux mesures d’assouplissement, presque trois TPE sur quatre déclarent souhaiter que la durée du
travail reste inchangée.
LES 35 HEURES
DANS LES TRÈS PETITES ENTREPRISES
Novembre 2003 - N° 46.1
16 % des entreprises de 20 salariés ou moins étaient à 35 heures
à la fin de l’année 2002. Parmi ces très petites entreprises (TPE),
près d'une sur deux avait réduit sa durée du travail avant
l'échéance légale. Cette anticipation est plutôt le fait d’unités en
croissance sur un marché peu concurrentiel, passées à 35 heures
afin de bénéficier de l'aide incitative. Celles qui ont attendu 2002
se distinguent par une attitude plus passive à l’égard de la
réduc-tion du temps de travail (RTT) ou par une activité en baisse.
Dans leur cas, la RTT entraîne le plus souvent une diminution
des horaires d'ouverture, alors que celles qui ont anticipé
l'échéance légale ont été nombreuses à se réorganiser et à
embau-cher.
Globalement, ces embauches représentent 7 % d'emplois. Mais
ce sont surtout les plus grandes, les plus dynamiques et les plus
anticipatrices des TPE qui ont recruté, et nombreuses sont celles
qui l'auraient fait même sans RTT. De ce fait, selon les
employeurs, seulement quatre embauches sur dix seraient dues à
la RTT. Embauches et compensation salariale sont d'ailleurs à
l'origine de la principale difficulté rencontrée par ces TPE lors
du passage à 35 heures : l'augmentation des coûts.
PREMIÈRES SYNTHÈSES
2
Novembre 2003 - N° 46.1Graphique 1
Flux mensuels cumulés des TPE passées à 35 heures
Bien qu'employant moins d'un
salarié sur trois, les entreprises de
20 salariés ou moins (TPE)
regroupent 94 % des entreprises
du secteur privé. Pour elles, la
durée légale du travail a été
abais-sée à 35 heures au 1
erjanvier
2002. Même si seules 16 %
d'en-tre elles avaient réduit leur durée
du travail à la fin 2002
(enca-dré 1), cela représente près de
245 000 entreprises, qui emploient
plus de 1,1 million de salariés,
soit 22 % des effectifs des TPE
(graphique 1). Une sur deux a
réduit sa durée du travail avant
l'échéance légale, dont beaucoup
en 2001, dernière année qui
permettait de prétendre au
béné-fice de l'aide incitative
(enca-dré 2). Aussi, plus des deux tiers
des TPE qui ont procédé à une
RTT anticipée bénéficient-elles de
cette aide.
Les entreprises de 5 salariés ou
moins composent la plus grande
part des TPE passées à 35 heures
(69 %) mais seules 14 % d'entre
elles ont réduit leur durée
collec-tive du travail, contre 25 % des
entreprises de 6 à 10 salariés et
28 % de celles de 10 à 20 salariés.
À partir de 2000, avec
l'accélé-ration des signatures d'accords de
branche, une très large majorité
(80 %) des TPE ayant réduit leur
durée du travail a privilégié «
l'ac-cès direct » par application d'un
accord de branche étendu pour
passer à 35 heures (encadré 2).
Lorsqu'il y a eu accord
d'entre-prise, il a trois fois sur quatre été
négocié avec un salarié mandaté.
L’obtention des aides
publiques : un motif
important de passage
à 35 heures
La RTT ne s'est pas effectuée
au même rythme dans chaque
secteur. Certains l'ont appliquée
plus tôt, comme celui des
auxiliai-res d'assurance, où 14 % des TPE
ont réduit le temps de travail en
2001 contre 9 % en 2002
(graphique 2) ; un constat
iden-tique peut être fait dans les
commerces. Mais dans la plupart
des autres secteurs le plus gros
des passages à 35 heures a eu lieu
en 2002. C'est particulièrement le
cas des entreprises des services
aux particuliers, qui n'ont
vrai-ment réduit leur durée du travail
qu'après 2001.
Interrogées sur les raisons qui
les ont incitées à réduire la durée
du travail, 9 TPE sur 10 déclarent
être passées à 35 heures afin de se
mettre en conformité avec la
durée légale. Toutefois, d'autres
raisons y concourent. Ainsi,
2 entreprises sur 5 ont déclaré
l'avoir fait afin de bénéficier des
aides publiques (graphique 3). Cet
effet incitatif joue d'autant plus
que le niveau de l'aide est élevé,
comme pour les TPE passées à
35 heures en 2001, qui pouvaient
encore bénéficier de l'aide
incita-tive, ou encore pour celles qui
employaient une forte proportion
de salariés rémunérés au SMIC.
Les entreprises qui ont créé des
emplois disent aussi, plus souvent
que les autres, l'avoir fait pour
bénéficier des allégements de
cotisations, souvent sur le conseil
de leur comptable : les aides
accordées seraient donc en partie
Encadré 1
LES SOURCES STATISTIQUES
SUR LE PASSAGE À 35 HEURES
La Dares utilise deux sources pour mesurer les passages aux 35 heures. La première
(Dares-Urssaf), spécifiquement utilisée pour le suivi de la RTT négociée, est la base
de données essentiellement constituée à partir des demandes d'allégement de
cotisa-tions sociales instaurée par la seconde loi de RTT de janvier 2000. Elle permet de
repé-rer toutes les entreprises qui ont sollicité l'allégement, et a été étendue à l'ensemble de
celles qui ont procédé à une réduction négociée de leur durée du travail. Ainsi, les
entreprises qui, bien qu'ayant passé un accord de réduction du temps de travail, n'ont
pu (les entreprises non éligibles aux aides, par exemple) ou n'ont pas voulu solliciter
d'aides publiques sont recensées au même titre que les autres.
La seconde est l'enquête trimestrielle Acemo qui suit l'évolution des salaires, de
l'emploi et de la durée du travail auprès d'un échantillon d'entreprises de 10 salariés et
plus. Elle permet d'estimer la proportion de salariés à temps complet ayant une durée
hebdomadaire du travail inférieure à 36 heures.
Les chiffres issus de ces deux sources peuvent présenter des écarts pour plusieurs
raisons :
- la première, et la plus importante, est que la source Dares-Urssaf recense
l'ensemble des passages négociés à 35 heures. L'enquête Acemo mesure, elle,
l'ensemble des passages y compris ceux qui ne sont pas l'aboutissement d'un
proces-sus de négociation, par exemple lors d'une décision unilatérale de l'employeur ;
- les deux séries utilisent des unités de mesure différentes (salariés à temps complet
des entreprises pour la première, ensemble des salariés des entreprises à 35 heures
pour la seconde) ;
- enfin, les employeurs répondant à l'enquête Acemo confondent parfois durée
hebdomadaire habituelle et durée légale, ce qui peut amener à une surestimation des
passages à 35 heures.
244 000 124 000 33 000 14 5000
50 000
100 000
150 000
200 000
250 000
300 000
juin-98 sept-98 déc-98 mars-99 juin-99 sept-99 déc-99 mars-00 juin-00 sept-00 déc-00 mars-01 juin-01 sept-01 déc-01 mars-02 juin-02 sept-02 déc-02
Note : seules les entreprises ayant déclaré une date de passage à 35 heures sont recensées dans
ce graphique.
Lecture : fin 1999, 14 500 TPE étaient passées à 35 heures.
une aubaine pour celles qui
auraient recruté même sans la
baisse de la durée légale du
travail. Il en va de même des
entreprises qui ont prévu de
procéder à des réorganisations.
Les deux secteurs connaissant les
taux de passage à 35 heures les
plus élevés (graphique 2),
l'agri-culture et les activités financières
sont d'ailleurs ceux qui invoquent
le plus fréquemment l'attrait des
aides : respectivement 54 et 50 %
des TPE du secteur. Mais la
déci-sion de réduire le temps de travail
a répondu aussi dans plus du quart
des cas à l'attente des salariés
(29 %) ou au souci de recruter ou
de fidéliser les salariés en place
(27 %).
Croissance de l'activité,
faible pression
concurrentielle et aide
incitative expliquent le
passage anticipé à 35 heures
L'enquête « modalités de
passage aux 35 heures dans les
TPE » permet de comparer les
profils des entreprises selon
qu'elles sont passées à 35 heures
de façon anticipée en 2001 ou non
(encadré 3). Plusieurs facteurs
peuvent l'expliquer : le secteur
d'activité, l'intensité de la
concur-rence, la situation de
l'entre-prise… Pour analyser les
détermi-nants de ce choix il faut donc tenir
compte des effets croisés de ces
différents facteurs. Une analyse
qui isole ces différents effets
montre que les entreprises
antici-patrices appartiennent plus
souvent au commerce et aux
acti-vités financières. Comme pour les
plus grandes entreprises, le fait
d'avoir une activité en croissance
a favorisé chez les TPE
l'anticipa-tion de l'échéance légale : elles ont
une probabilité de passer à
35 heures en 2001 supérieure de
37 % à celles dont l'activité est en
déclin (tableau 1). Toutefois, le
fait de se situer sur un marché très
concurrentiel aurait plutôt incité
les entreprises à adopter une
posi-tion plus attentiste puisque la
probabilité d'anticiper la baisse de
la durée est supérieure de 23 %
pour les TPE situées sur un
marché peu ou pas concurrentiel.
D'autres motifs contribuent à
expliquer la décision d'anticiper
l'échéance légale, comme le
conseil d'un syndicat
profession-nel ou d'instances locales, ou des
considérations de gestion de la
main-d'œuvre. Mais c'est la
possi-bilité d'obtenir des aides
publiques qui l'emporte : les TPE
qui mettent en avant ce motif de
passage ont une probabilité près
de deux fois plus élevée que les
autres d'être passées à 35 heures
dès 2001, année où elles
pouvaient encore cumuler l'aide
structurelle et l'aide incitative.
Ces résultats semblent montrer
l'existence de stratégies
différen-ciées : une analyse plus poussée
permet alors d'établir une
typolo-gie faisant émerger deux groupes
de TPE aux comportements
marqués.
Graphique 2
Proportion des TPE passées à 35 heures par secteur d'activité,
selon l'année de passage
Lecture : 4 % des TPE dans le secteur agriculture, sylviculture et pêche sont passées à 35 heures
avant 2001, 12 % en 2001 et 24 % sont passées en 2002. Au total, depuis juin 1998, 40 % des
TPE du secteur sont passées à 35 heures.
Source : base des déclarations d'allégement de cotisations sociales, Dares-Urssaf.
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,0 40,0 45,0 EnsembleActivités immobilières Transports Activités associatives Services aux particuliers Industrie énergétique Industrie des biens de consommation Services aux entreprises Commerces Éducation et santé Construction Industrie des biens d'equipement Industrie agro-alimentaire Industrie automobile Industrie des biens intermédiaires Activités financières (auxiliaires d'assurance) Agriculture, sylviculture et pêche
TPE passées à 35H avant 2001 TPE passées à 35H en 2001 TPE passées à 35H en 2002
En pourcentage
Graphique 3
Répartition des TPE selon les raisons qui les ont incitées
à passer aux 35 heures
Lecture : 42,1 % des TPE interrogées sont passées à 35 heures afin de bénéficier des aides
publiques.
Note : les entreprises interrogées peuvent citer plusieurs raisons, la somme dépasse donc 100.
Source : enquête « modalités de passage aux 35 heures dans les TPE », Dares.
12 13,6 17,9 20,6 26,9 28,6 41,9 42,1 90,0 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Afin de procéder à des réorganisations ou des restructurations
Sur l'initiative de l'entreprise ou du groupe dont votre établissement dépend
Par conviction personnelle sur les bienfaits de la RTT Sur le conseil d'un syndicat professionnel ou d'instances
locales
Afin de faciliter les recrutements ou de garder les salariés de l'établissement
Afin de répondre aux souhaits exprimés par les salariés Sur le conseil d'un comptable Afin de bénéficier des aides publiques Afin de vous mettre en conformité avec la durée légale
PREMIÈRES SYNTHÈSES
4
Novembre 2003 - N° 46.1Deux groupes de stratégies
face à la RTT : les actives et
les passives
Deux groupes de TPE aux
stra-tégies bien différenciées
émer-gent. Le premier est constitué de
celles qui ont attendu 2002 pour
réduire leur durée du travail, le
plus souvent par accès direct.
Elles ne se sont pas réorganisées,
et rares sont celles qui ont
embau-ché, la RTT ayant eu pour seule
conséquence la diminution des
horaires d'ouverture. Les
entrepri-ses du second groupe sont d'une
taille plus importante et ont
souvent anticipé le passage aux
35 heures. Elles ont plus
fréquem-ment embauché, et défini de
nouvelles organisations du travail
ou des horaires après la RTT, mise
le plus souvent en place par un
accord d'entreprise ouvrant droit à
l'aide incitative (tableau 2).
Le premier groupe comporte
deux classes. La première (33 %)
regroupe des TPE qu'on qualifiera
de « conformistes », dans la
mesure où elles semblent s'être
simplement mises en conformité
avec la durée légale. Ce sont les
plus petites, et leur activité est
stable sur un marché où la
concur-rence est modérée. Elles sont
passées à 35 heures sans consulter
leurs salariés, sans embaucher ni
se réorganiser. Les salaires sont
intégralement compensés, sans
gel ni modération prévus. Elles ne
font état d'aucune réelle difficulté
dans la mise en œuvre. La RTT s'y
est toutefois souvent
accompa-gnée d'une diminution des
horai-res d'ouverture.
La deuxième classe (8 %) est
composée de TPE dont l'activité
est en déclin et le marché souvent
très concurrentiel, beaucoup
appartenant aux secteurs des
services aux particuliers ou aux
entreprises. Cette fois, la RTT a
été en quelque sorte une solution
de « sauvetage » de l'entreprise en
permettant d'adapter le volume de
travail à une activité en baisse.
Pour cela, la réduction du temps
de travail a pris une forme
quoti-dienne qui a permis de diminuer
l'amplitude des horaires
d'ouver-ture. La décision de passer à
35 heures a souvent été prise sur
le conseil d'un comptable afin
d'éviter des licenciements, bien
que la suppression de certains
postes ait été parfois nécessaire.
Certaines TPE de cette classe ont
également eu recours à
l'externali-sation ou la mutualil'externali-sation de
certaines tâches avec d'autres
entreprises. Par ailleurs
l'évolu-tion des salaires a souvent été
gelée sur plusieurs mois, ce qui,
allié à la baisse de l'activité, a
parfois provoqué une
détériora-tion du climat social ainsi que des
difficultés liées à l'évolution des
conditions de travail. Interrogées
Caractéristiques des TPE passées aux 35 heures
Odds Probabilité
Ratio
d'anticiper
TPE de 5 salariés ou moins ...
ref.
ref.
TPE de plus de 5 salariés ...
ns
ns
Passer aux 35 heures par accès direct...
ref.
ref.
Passer aux 35 heures par accord d'entreprise...
1,678
67,8 %
Industries des biens de consommation et d'équipement ...
ref.
ref.
Agriculture, sylviculture et pêche ...
0,577
-42,3 %
Industrie agro-alimentaire ...
0,647
-35,3 %
Industrie automobile...
ns
ns
Industrie des biens intermédiaires ...
ns
ns
Industrie énergétique ...
ns
ns
Construction ...
ns
ns
Commerces ...
1,557
55,7 %
Transports ...
ns
ns
Activités financières (auxiliaires d'assurance) ...
1,892
89,2 %
Activités immobilières ...
ns
ns
Services aux entreprises ...
ns
ns
Services aux particuliers...
0,451
-54,9 %
Éducation et santé...
ns
ns
Activités associatives ...
ns
ns
Passer aux 35 heures pour répondre aux souhaits des salariés
0,823
-17,7 %
Par conviction sur les bienfaits de la RTT ...
ns
ns
Pour faciliter les recrutements ou pour garder les salariés ...
ns
ns
Pour se mettre en conformité avec la durée légale ...
0,715
-28,5 %
Sur l'initiative du groupe ...
ns
ns
Pour procéder à des réorganisations...
0,829
-17,1 %
Pour bénéficier des aides publiques ...
2,641
164,1 %
Sur le conseil d'un comptable...
ns
ns
Sur le conseil d'un syndicat profess. ou d'instances locales ....
1,279
27,9 %
Activité décroissante ou fortement décroissante ...
ref.
ref.
Activité croissante ou fortement croissante ...
1,374
37,4 %
Activité stable...
1,228
22,8 %
Marché local...
ref.
ref.
Maché régional ...
ns
ns
Marché national ...
0,694
-30,6 %
Marché international...
0,651
-34,9 %
Marché pas du tout ou peu concurrentiel ...
ref.
ref.
Marché concurrentiel ou fortement concurrentiel ...
0,775
-22,5 %
Pas d'embauches ...
ref.
ref.
Embauches prévues mais non réalisées ...
1,579
57,9 %
Embauches ...
2,262
126,2 %
Ayant été confronté à des difficultés de recrutement...
ns
ns
Tableau 1
Déterminants de l'anticipation d'application de la nouvelle durée légale.
Lecture : l' « odds ratio » mesure l'influence d'une modalité d'une variable sur la probabilité
d'oc-currence d'un phénomène, ici le passage anticipé à 35 heures par rapport à une situation de
réfé-rence. La contribution de la variable explicative est positive si l'odd ratio est supérieur à 1, elle
est négative sinon. « Réf » désigne la modalité de référence. « ns » signifie que la contribution de
la variable explicative n'est pas significative.
Exemple : les TPE ayant négocié un accord d'entreprise ont une probabilité de passer à 35 heures
en 2001 supérieure de 67,8 % (1,678 - 1) à celles qui ont réduit leur durée du travail par accès
direct.
De même, les TPE du secteur de l'agriculture ont une probabilité de passer à 35 heures en 2001
inférieure de 42,3 % (0,577 - 1) à celles des industries des biens de consommation et des biens
d'équipement.
sur l'évolution probable de leur
durée collective du travail à la
suite des mesures
d'assouplisse-ment prévues par la loi Fillon, les
TPE de cette classe ont été les
plus nombreuses à affirmer
vouloir réduire encore davantage
leur durée du travail.
Quatre classes composent le
second groupe, les deux
premiè-res présentant de nombreuses
caractéristiques communes : elles
réunissent les TPE qui ont connu
des difficultés de recrutement et
sont passées à 35 heures afin de
faciliter leurs embauches et se
réorganiser. Elles ont donc adopté
les formes d'organisation ou les
moyens leur permettant d'atténuer
les problèmes liés au manque de
main-d'œuvre. Elles investissent
dans de nouveaux équipements,
développent la polyvalence de
leurs salariés et ont recours à
l'ex-ternalisation ou à la mutualisation
de certaines tâches avec d'autres
entreprises. Les jours de congés
supplémentaires sur l'année sont
la modalité de RTT qu'elles
privi-légient. Pour elles, les 35 heures
ont été source de nombreuses
difficultés tenant aux coûts, à
l'adaptation à la demande des
clients, à l'aménagement et au
suivi des horaires et de conditions
de travail. Ceci les conduit
souvent à affirmer vouloir mettre
à profit les mesures
d'assouplisse-ment décidées fin 2002 pour
augmenter leur durée collective
du travail.
La première de ces deux classes
(18 %) est plutôt constituée
d'en-treprises qui ont mis en place la
« modulation » du temps de
travail. Ce sont essentiellement
des TPE ayant une activité stable
et saisonnière comme on peut en
rencontrer dans les secteurs de la
construction, de l'agriculture et de
l'industrie alimentaire. Le compte
épargne temps y est plus fréquent
que dans les autres classes. Que ce
soit avant ou après la RTT,
nombreuses sont celles qui ont
recouru aux heures
supplémentai-res, mais de manière
occasion-nelle. Cependant la modulation du
temps de travail a permis d'en
diminuer le volume, en particulier
lorsque son amplitude est élevée.
La seconde (20 %) regroupe les
TPE se conformant, elles, au
modèle souvent qualifié de
« vertueux » car permettant de
concilier au mieux performances
économiques et RTT. Non
seule-ment elles ont recruté, mais rares
sont celles qui n'ont pas modifié
leur organisation du travail. Elles
ont une activité en croissance qui
les a conduites à effectuer
réguliè-rement des heures
supplémentai-res, donnant souvent lieu à
majo-ration de la rémunémajo-ration plutôt
Conformiste Sauvetage Modulation Modèle
Réorganisation Opportuniste
(33%)
(8%)
(18%)
« vertueux »
(20%)
horaire
(12%)
(9%)
Passer à 35 heures en 2001 ...
- -
- -
+
++
++
+++
Accord d'entreprise...
- -
-
++
++
-
+++
Aide incitative ...
- -
- -
++
+++
TPE de 5 salariés ou moins ...
++
- -
- -
-
- -
Activité croissante...
- -
- - -
+++
+
+++
Activité stable ...
++
- - -
+
-
+
-Activité décroissante ...
- - -
+++
- - -
- - -
- - -
-Marché fortement concurrentiel ...
-
+++
-
+
+
-Concurrentiel ...
+
- -
+
-
+
Peu concurrentiel...
+
- -
-
+
++
Pas du tout concurrentiel...
-
- - -
++
-Embauches ...
- - -
- - -
++
+
++
+++
Difficultés de recrutement ...
- - -
- -
++
++
+
+++
Jours de RTT ...
- -
++
++
-
++
Demi-jour par semaine ou jour par quinzaine
+
- -
-
+
++
Réduction quotidienne du temps de travail....
+
- - -
+
+++
-Compte épargne temps ...
- - -
+
+++
-
- -
++
Diminution des horaires d'ouverture ...
+
++
- - -
-
-
-Augmentation des horaires d'ouverture...
- -
++
+++
Mise en place d'horaires décalés ...
- - -
-
- -
+
+++
-Modulation du temps de travail ...
- - -
-
+++
- - -
- - -
-Investissements spécifiques...
- - -
- -
++
+++
-
-
Suppression de certains postes ...
- -
+++
+
+
- -
-Développement de certaines fonctions ...
- - -
+
+
+++
- -
-Redéfinition et formalisation des tâches ...
- - -
-
+
+++
- - -
-Développement de la polyvalence ...
- - -
-
+
+++
-Externalisation ou mutualisation...
- -
+++
++
++
- -
-Actions de formation...
- - -
- -
++
+++
+
+
Lecture : les variables apparaissant en gras et en italique sont les variables actives utilisées pour définir une typologie résultant d'une classification
ascendante hiérarchique. Cette méthode permet de regrouper les entreprises dont les caractéristiques et/ou les comportements sont proches au regard
des variables mises en œuvre.
Source : enquête « modalités de passage aux 35 heures dans les TPE », Dares.
Tableau 2
Typologie des stratégies des TPE face à la RTT
PREMIÈRES SYNTHÈSES
6
Novembre 2003 - N° 46.1Graphique 4
Répartition des TPE par domaine de difficulté rencontrée,
selon le degré de difficulté
ses, par une baisse équivalente des
salaires et la modération salariale.
Quatre embauches sur dix
seraient dues à la RTT
Près d'un quart des TPE passées
à 35 heures en 2001 ou 2002 ont
déclaré avoir embauché depuis la
RTT, pour recruter un nombre de
salariés estimé au total à 67 000,
correspondant à 60 200 emplois
en équivalents- temps plein, soit
7 % de leur effectif. Ces
embau-ches concernent majoritairement
des non cadres et s'effectuent pour
les trois quarts à temps complet.
Seules 4 % disent n'avoir pu
réali-ser les embauches prévues, du fait
notamment des difficultés de
recrutement.
Un tiers des embauches a
permis à des salariés
précédem-ment en CDD, stagiaires, en
contrat aidé ou, dans de plus rares
cas, à des travailleurs intérimaires
d'accéder à un CDI. C'est dans les
plus petites TPE que ce processus
de « dé-précarisation » est le plus
fréquent : il représente 34 % des
embauches dans les entreprises de
5 salariés ou moins, contre 31 %
dans les autres. Il est
particulière-ment net dans l'agriculture, où
près de trois embauches sur cinq
font suite à l'offre d'un CDI aux
salariés en situation précaire, ainsi
que dans les activités associatives
et dans la construction (40 % des
embauches).
Déduction faite de ces
transfor-mations d’emploi, plus de la
moitié des TPE qui ont embauché
déclarent l'avoir fait en raison de
la RTT : pour la totalité des
embauches dans 29 % des cas et
pour une partie dans 23 %. Au
total, selon les déclarations des
entreprises interrogées, 38 % de
ces embauches peuvent être
impu-tées à la RTT, ce qui ramène le
taux de création d’emplois net
des effets d’aubaine à 3 % de leur
effectif.
Des effets d'aubaine dans les
TPE en croissance
Sans surprise, plus les
entrepri-ses sont en croissance, et plus
elles déclarent avoir embauché
(11 % le font quand l'activité
décroît, 32 % quand elle est
crois-sante, et 37 % quand elle l'est
fortement). Mais plus la
crois-sance est forte et moins les
embauches sont imputables à la
RTT : elles atteignent 5,5 % quand
l'activité est fortement croissante,
mais 16 % lorsqu'elle est
forte-ment décroissante et que les
entre-prises ont malgré tout recruté. En
outre, la proportion des TPE qui
ont embauché en tout ou partie
27,6 30,1 34 44,8 41,4 11,9 17,9 28,5 26,5 30,5 23,9 28,7 31,3 22,9 29,5 17,1 15,1 14,6 10,8 5,5 Problèmes de mandatement Détérioration du climat social Évolution de la rémunération Conditions de travail Accès aux aides de l'État Problèmes d'adaptation à la demande Problèmes d'aménagement et suivi des horaires Difficile réorganisation du travail Complexité du texte juridique Augmentation des coûts
Peu Beaucoup
Lecture : 70,9 % des TPE ont rencontré des difficultés relatives à l'augmentation des coûts,
29,5 % ont rencontré peu de difficultés et 41,4 % en ont rencontré beaucoup.
Source : enquête « modalités de passage aux 35 heures dans les TPE », Dares.
qu'à un repos compensateur. Le
développement de la polyvalence
des salariés y est très souvent
associé à la redéfinition et à la
formalisation des tâches, comme
dans le secteur des auxiliaires
d'assurance, bien représentés dans
cette classe. Certaines ont
égale-ment développé de nouvelles
fonctions ou mis en place un plan
de formation pour les salariés.
La troisième classe (12 %)
réunit les TPE qui ont procédé à
une « réorganisation horaire » en
mettant en place des horaires
décalés. On les rencontre dans les
activités de service nécessitant un
contact permanent des salariés
avec la clientèle durant les heures
d'ouverture. C'est le cas des
commerces de détail, où figurent
de nombreuses pharmacies, et des
services aux particuliers
forte-ment représentés dans cette
classe. La RTT y a souvent pris la
forme d'une réduction quotidienne
du temps de travail mais, cette
fois, des embauches et la mise en
place d'horaires décalés ont
permis de maintenir, voire
d'aug-menter l'amplitude quotidienne
d'ouverture. En contrepartie, elles
rencontrent essentiellement des
difficultés liées à l'organisation de
leur activité et au suivi et à
l'amé-nagement des horaires.
Celles de la dernière classe
(9 %) peuvent être qualifiées
d'« opportunistes ». Elles se
rangent parmi les plus grandes et
sont le plus souvent passées à
35 heures en 2001 par un accord
d'entreprise ouvrant droit à l'aide
incitative. Leur caractéristique
principale est d'avoir embauché
sans se réorganiser. Également en
forte croissance, elles sont passées
à 35 heures pour recruter en
s'ap-puyant sur les aides publiques.
Celles-ci ont donc constitué une
aubaine pour des entreprises qui
auraient de toute façon embauché.
La durée du travail a été réduite
par demi-journée toutes les
semai-nes, par journée toutes les
quin-zaines ou par des jours de RTT, et
l'augmentation des coûts
conte-nue, plus que dans d'autres
grâce à la RTT décroît aussi quand
le volume d'activité progresse.
Les entreprises en forte croissance
n'ont embauché qu'après avoir
fortement recouru aux heures
supplémentaires avant la RTT, en
particulier aux heures
supplémen-taires structurelles, effectuées
régulièrement par une proportion
importante de salariés. Pour faire
face à la progression de la
demande, le recrutement de
nouveaux salariés s'accompagne
souvent d'une augmentation de la
durée du travail de ceux qui
travaillent à temps partiel.
L'em-bauche est également plus
fréquente lorsque les salariés sont
impliqués dans les modalités de
mise en œuvre des 35 heures, i.e.
lorsqu'un accord a été négocié
dans l'entreprise et/ou lorsqu'une
consultation des salariés a eu lieu.
C'est souvent le cas lorsque la
RTT a pour objectif de rendre plus
aisés les recrutements ou qu'une
réorganisation de l'entreprise est
planifiée. Les TPE qui se sont
effectivement réorganisées à la
suite de la RTT ont d'ailleurs été
plus nombreuses à embaucher :
28 % l'ont fait, contre 13 % de
celles qui ne se sont pas
réorgani-sées. C'est le cas en particulier
lorsqu'il y a introduction du
Encadré 2
LES LOIS « AUBRY » ET « FILLON »
Les lois « Aubry »
La loi du 13 juin 1998, dite loi « Aubry 1 », fixe la durée légale du travail à 35 heures hebdomadaires au 1
erjanvier 2002 pour les
entreprises de 20 salariés ou moins. Elle institue un système d'aide aux entreprises qui procèdent à une réduction collective du temps
de travail pour favoriser l'emploi avant l'échéance légale de l'application des 35 heures. La loi du 19 janvier 2000, dite loi « Aubry
2 », confirme l'abaissement de la durée légale du travail à 35 heures hebdomadaires ou à 1 600 heures annuelles. Une aide pérenne
et un allégement de cotisations sociales sur les bas et moyens salaires sont mis en place.
Le bénéfice des aides publiques est subordonné à la négociation d'un accord majoritaire d'entreprise ou, pour les entreprises de
moins de 50 salariés, à l'application directe d'un accord de branche étendu. En cas de négociation avec un salarié mandaté par une
organisation syndicale représentative ou un délégué du personnel, ou lorsque les syndicats signataires ne sont pas majoritaires dans
l'entreprise, une consultation des salariés doit être organisée.
Les entreprises de 20 salariés ou moins peuvent bénéficier de l'aide incitative instaurée par la loi « Aubry 1 », à condition
d'abais-ser leur durée de travail à 35 heures avant le 1
erjanvier 2002 et de s'engager à maintenir ou à créer 6 % d'emplois au moins. Elles
peuvent réduire leur durée de travail par palier et bénéficier des aides, structurelle et incitative, dès la première étape, à condition de
parvenir à 35 heures avant 2002. Elles ne sont pas tenues d'embaucher si l'application de la règle des 6 % conduit à créer moins d'un
mi-temps (entreprises de moins de 9 salariés). En revanche, l'aide structurelle instaurée par la loi « Aubry 2 » n'impose aucune
obli-gation en terme de volume d'emplois créés ou préservés.
La loi « Fillon »
Le décret du 15 octobre 2002 et la loi du 17 janvier 2003, qui ont introduit des mesures d'assouplissement de la RTT, ne
modi-fient pas la durée légale du travail, maintenue à 35 heures hebdomadaires ou à 1 600 heures sur l'année. Ils permettent toutefois aux
entreprises d'avoir recours aux heures supplémentaires à moindre coût. Le niveau du contingent des heures supplémentaires est
augmenté à 180 heures par an, ce qui permet d'effectuer en moyenne 4 heures supplémentaires par semaine. Jusqu'en 2006, le taux
de majoration de salaire des 4 premières heures supplémentaires est fixé à 10 % dans les TPE. Par ailleurs, il n'y a plus aucune
inci-tation financière pour maintenir la durée du travail à 35 heures puisque le nouvel allégement de cotisations sociales permet aux
entre-prises restées à 39 heures d'en bénéficier également.
travail en équipes, mise en place
d'horaires décalés, rajeunissement
de la pyramide des âges ou
déve-loppement de certaines fonctions.
Enfin, les entreprises qui ont
bénéficié de l'aide incitative en
plus de l'aide structurelle, et qui
ont dû satisfaire à la condition
posée par la loi (créer au moins
6 % d'emplois en contrepartie
d'une RTT d'au moins 10 %) sont
plus nombreuses à avoir
embau-ché que les entreprises passées à
35 heures dans le cadre général.
L'augmentation des coûts est
la principale difficulté
occasionnée par la RTT
Un tiers des TPE passées à
35 heures en 2001 ou 2002 n'a
rencontré que très peu de
difficul-tés lors de la mise en œuvre de la
RTT. À l'opposé, une TPE sur dix
déclare en avoir connues dans de
nombreux domaines. En premier
lieu est évoquée l'augmentation
des coûts (plus de sept TPE sur
dix, graphique 4), salariaux en
particulier. C'est souvent le cas
d'entreprises confrontées à la
concurrence, en particulier
lorsque leur activité est
décrois-sante, et de celles passées à
35 heures en 2001. En réponse,
elles recourent plus que les autres
au gel ou à la modération des
salaires, à la polyvalence de leurs
salariés ou à l'externalisation et la
mutualisation des tâches.
Les difficultés en matière de
réorganisation du travail sont, par
exemple, le fait des TPE qui ont
mis en place des horaires décalés
ou une modulation du temps de
travail et doivent de ce fait gérer
des plannings plus complexes. Ce
type de réorganisation du travail
est moins difficile quand il y a eu
des embauches ou des
investisse-ments, et conduit souvent les
entreprises à redéfinir et à
forma-liser l'ensemble de leurs tâches.
Ces difficultés sont également
plus aiguës lorsqu'il faut s'adapter
à la demande des clients, en
parti-culier dans les entreprises dont
l'activité se développe.
L'embau-che, le développement de la
poly-valence, l'externalisation et la
modulation du temps de travail
sont alors les réponses les plus
courantes. Les TPE qui ont des
difficultés pour recruter ou qui ont
diminué leurs horaires d'ouverture
ont évidemment plus de mal à
répondre aux demandes des
clients.
PREMIÈRES SYNTHÈSES
8
Novembre 2003 - N° 46.1PREMIÈRES INFORMATIONS et PREMIÈRES SYNTHÈSES sont éditées par le Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité, Direction de l’animation de la recherche des études et des statistiques (DARES) 39-43, quai André Citroën, 75902 Paris Cedex 15. Tél. : 01.44.38.23.11 ou 23.14. Télécopie : 01.44.38.24.43. www.travail.gouv.fr (Rubrique Études et Statistiques) - Directeur de la publication : Annie Fouquet.
Secrétariat de rédaction : Evelyn Ferreira et Francine Tabaton. Maquettistes : Daniel Lepesant, Guy Barbut, Thierry Duret. Conception graphique : Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité. Flashage : AMC, Paris. Reprographie : DARES.
Abonnements : La Documentation Française, 124 rue Henri Barbusse 93308 Aubervilliers Cedex. Tél. : 01.40.15.70.00. Télécopie : 01.40.15.68.00 - www.ladocumentationfrancaise.fr PREMIÈRES INFORMATIONS et PREMIÈRES SYNTHÈSES - Abonnement 1 an (52 n°) : France (TTC) 112 € , CEE (TTC) 118,10 €, hors CEE (TTC) 120,20 €. Publicité : Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité. Dépôt légal : à parution. Numéro de commission paritaire : 3124 AD. ISSN 1253 - 1545.
Encadré 3
ENQUÊTE « MODALITÉS DE PASSAGE
AUX 35 HEURES DANS LES TPE »
Champ de l'enquête
Le champ de l'enquête est celui des établissements des entreprises de 20 salariés ou moins ayant déclaré être passés aux
35 heures en 2001 ou au premier semestre 2002, via la déclaration en vue du bénéfice de l'allégement de cotisations sociales
adressée à leur organisme de recouvrement. Les établissements qui composent la population totale sont ceux qui bénéficient
de l'allégement de cotisations sociales accordé par la seconde loi Aubry, quels que soient leur activité économique et leur mode
d'accès aux aides. Les établissements non éligibles aux aides et ceux qui, bien qu'ayant réduit leur durée du travail, n'ont pas
effectué une demande d'allégement ne sont pas inclus dans le champ.
Méthodologie
L'enquête a été réalisée début 2003 auprès d'un échantillon de 12 000 établissements ayant déclaré être passés aux 35 heures
en 2001 ou en 2002. L'échantillon a été constitué en fonction de 5 critères de stratification : l'année de passage aux 35 heures,
la taille de l'entreprise, le secteur d'activité, le mode d'accès à l'aide structurelle (accord d'entreprise ou accès direct) et le
béné-fice de l'aide incitative.
L'enquête s'est déroulée par téléphone en deux temps. Un premier contact téléphonique a permis de s'assurer que
l'établis-sement avait bien reçu un exemplaire du questionnaire envoyé à titre d'information préalable et dans le but de préparer la
collecte des informations demandées. Ce premier contact permet également d'identifier l'interlocuteur habilité à répondre à
l'enquête. Il peut s'agir du chef d'établissement, d'un collaborateur ayant été suffisamment associé à la mise en place des
35 heures, ou du comptable qui a souvent tenu un rôle de conseiller. L'entretien téléphonique proprement dit s'est déroulé dans
un second temps pour une durée d'environ 15 minutes. Il a parfois été suivi d'un 3
èmevoire d'un 4
èmecontact téléphonique destiné
à recueillir des renseignements non disponibles lors du ou des premiers appels.
L'échantillon final sur lequel est basée l'étude est constitué de 6 670 questionnaires exploitables.
Pour en savoir plus :
Charpentier P. et B. Lepley (2003), « Développement et dialogue social - Les TPE face aux 35 heures »,
Documents d'études, n° 65, Dares.
Pham T.-H., « Les modalités de passage à 35 heures en 2000 », Premières Synthèses, février - n° 06.3,
Dares, 2002.
Bloch-London C., Pham T.-H. et Zilberman S., « La mise en œuvre des 35 heures », Données sociales,
Insee, 2002.
Liste des tableaux hors texte
pages
I. Résultats globaux………17
1A : Contexte général
1B : Négociation de la réduction du temps de travail
1C : Effectifs salariés
1D : Embauches
1E : Mise en application de la RTT
1F : Pratique d'heures supplémentaires par les salariés à temps complet
1G : Salaires et aide incitative
1H : Difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de la RTT
II. Résultats par années de passage………... 23
2A : Contexte général
2B : Négociation de la réduction du temps de travail
2C : Effectifs salariés
2D : Embauches
2E : Mise en application de la RTT
2F : Pratique d'heures supplémentaires par les salariés à temps complet
2G : Salaires et aide incitative
2H : Difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de la RTT
III. Résultats par tailles d’entreprise………..…. 27
3A : Contexte général
3B : Négociation de la réduction du temps de travail
3C : Effectifs salariés
3D : Embauches
3E : Mise en application de la RTT
3F : Pratique d'heures supplémentaires par les salariés à temps complet
3G : Salaires et aide incitative
3H : Difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de la RTT
IV. Résultats par secteurs d’activité regroupés (NAF4)………... 31
4A : Contexte général
4B : Négociation de la réduction du temps de travail
4C : Effectifs salariés
4D : Embauches
4E : Mise en application de la RTT
4F : Pratique d'heures supplémentaires par les salariés à temps complet
4G : Salaires et aide incitative
4H : Difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de la RTT
V. Résultats par secteurs d’activité détaillés (NAF16)………...……... 39
5A : Contexte général
5B : Négociation de la réduction du temps de travail
5C : Effectifs salariés
5D : Embauches
5E : Mise en application de la RTT
5F : Pratique d'heures supplémentaires par les salariés à temps complet
5G : Salaires et aide incitative
5H : Difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de la RTT
IV. Résultats par types de stratégies face à la RTT……… 51
6A : Contexte général
6B : Négociation de la réduction du temps de travail
6C : Effectifs salariés
6D : Embauches
6E : Mise en application de la RTT
6F : Pratique d'heures supplémentaires par les salariés à temps complet
6G : Salaires et aide incitative
Résultats globaux
Tableau 1A : outre le souci de se mettre en conformité avec la durée légale, deux entreprises
sur cinq ont déclaré être passées à 35 heures afin de bénéficier des aides publiques et souvent
sur le conseil de leur comptable.
Source : DARES – Enquête sur les modalités de passage à 35h dans les TPE
Tableau 1B : plus de la moitié des TPE ayant réduit leur durée du travail ont privilégié
l’application directe d’un accord de branche. Lorsqu’il y a eu accord d’entreprise, il a trois
fois sur quatre été négocié avec un salarié mandaté.
Source : DARES – Enquête sur les modalités de passage à 35h dans les TPE
2001
2002
répondre aux souhaits exprimés par les salariés
conviction personnelle sur les bienfaits de la RTT
faciliter les recrutements ou garder les salariés de l'établissement
mise en conformité avec la durée légale
initiative de l'entreprise ou du groupe dont dépend l'établissement
afin de procéder à des réorganisations
bénéficier des aides publiques
sur le conseil d'un comptable ou expert comptable
sur le conseil d'un syndicat ou d'instances professionnelles
fortement croissante
croissante
stable
décroissante
fortement décroissante
local
régional
national
international
fortement concurrentiel
concurrentiel
peu concurrentiel
pas du tout concurrentiel
exerce en franchise
est lié à un groupement
appartient à un groupe français
appartient à un groupe international
est totalement indépendant
1,0
69,1
48,4
85,8
42,1
L'établissement
Activité sur les 12 mois
précédant la RTT
Marché
Concurrence
13,6
90,0
26,9
17,9
28,6
Année du passage à 35h
en %
Contexte général
Motif du passage à 35h
(plusieurs réponses possibles)
41,9
4,4
34,7
52,9
7,0
2,3
3,3
1,3
12,0
17,3
9,9
3,7
31,9
54,1
45,9
14,5
5,2
7,3
20,6
accord entreprise ou établissement
application directe accord branche
directement, sans signer d'accord
un ou plusieurs délégués syndicaux
salarié mandaté
délégué du personnel
CGT
CFTC
CFDT
CFE-CGC
CGT-FO
autres
réunion ensemble du personnel
référendum
autre forme de consultation
pas de consultation du personnel
Mode d'accès à la RTT
Si signature par un
délégué syndical ou un
salarié mandaté
Mode de consultation du
personnel
52,7
5,8
11,5
23,5
47,2
2,6
35,8
12,3
Signature de l'accord par
12,0
75,7
2,3
38,5
15,8
Si accord d'entreprise ou d'établissement
en %
Négociation de la réduction du temps de travail
14,1
33,5
16,7
18
Tableau 1C : les entreprises de 5 salariés ou moins composent la plus grand part des TPE
passées à 35 heures
Source : DARES – Enquête sur les modalités de passage à 35h dans les TPE
de 0 à 5 salariés
plus de 5 salariés
effectif à temps complet
effectif à temps partiel
ouvriers
employés
professions intermédiaires
cadres
10h ou
-11h à 15h
16h à 18h
19h à 22h
23h à 26h
27h à 29h
30h à 32h
33h ou +
ouvriers
employés
professions intermédiaires
cadres
total concernés par rapport à l' effectif total
ouvriers
employés
professions intermédiaires
cadres
total non concernés par rapport à l'effectif total
Répartition des effectifs
des étab. selon la
catégorie
socio-professionnelle
6,8
11,8
Proportion des salariés
concernés par la RTT
30,8
10,1
1,9
46,1
23,3
38,9
44,2
7,0
25,3
12,4
Proportion des salariés
non concernés par la RTT
13,1
19,8
Durée de travail
hebdomadaire des
salariés à temps partiel
5,3
9,9
37,0
44,4
15,1
11,4
87,6
21,4
7,2
21,2
Répartition des effectifs
des étab. selon le temps
de travail
78,8
Effectif moyen des établissements en nombre de salariés en équivalent temps plein
4,8
Taille de l'entreprise
69,2
en %
Tableau 1D : près d’un quart des TPE passées à 35 heures en 2001 ou au cours du premier
semestre 2002
1ont déclaré avoir embauché depuis la RTT. Quatre embauches sur dix
seraient directement dues à la RTT.
Un tiers des embauches a permis à des salariés occupant des emplois précaires (CDD,
stagiaires, contrats aidés, intérimaires) d’accéder à un CDI.
*Le taux de création est le rapport entre le total des embauches en ETP et l'effectif total en ETP avant la RTT
**Le taux de création net des effets d'aubaine est le taux de création déduction faite des transformations d'emploi (contrats précaires transformés en CDI) et
des embauches non imputables à la RTT
Source : DARES – Enquête sur les modalités de passage à 35h dans les TPE
1 Tous les chiffres concernant l’année 2002 sont arrêtés au premier semestre 2002. En effet, le champs de l’enquête est celui des établissements des
entreprises de 20 salariés ou moins ayant déclaré être passés à 35 heures en 2001 ou au premier semestre 2002.
oui
non
prévues mais pas encore réalisées
ouvriers
employés
professions intermédiaires
cadres
10h ou
-11h à 15h
16h à 18h
19h à 22h
23h à 26h
27h à 29h
30h à 32h
33h ou +
oui, en totalité
oui, en partie
non
ne sais pas
oui
=> absence de candidat avec profil souhaité
=> image négative de l'activité
=> concurrence avec d'autres entreprises
=> salaires jugés peu attractifs
=> conditions de travail difficiles
=> limitation des perspectives de carrière
non
Auriez-vous embauché
sans la RTT?
Taux de création net des effets d'aubaine* *
Embauches imputables à la RTT (par rapport au total des embauches)
Difficultés de recrutement
(plusieurs réponses possibles)
19,1
Taux de création*
Répartition selon la
catégorie
socio-professionnelle
91,9
24,8
43,4
22,7
16,1
17,6
7,6
46,3
24,3
33,7
71,0
28,8
29,0
7,7
24,8
35,0
Part des salariés avec contrats précaires (CDD, intérimaires...) embauchés en CDI
Durée de travail
hebdomadaire des
salariés embauchés à
temps partiel
5,2
7,2
13,1
12,3
Part des salariés embauchés à temps partiel
32,3
1,7
Embauches
Si embauches
en %
Embauches
2,7
37,7
40,8
2,5
24,1
73,4
7,0
5,1
24,4
20
Tableau 1E : les salariés non cadres ont plutôt bénéficié d’une demi-journée supplémentaire
par semaine, d’un jour par quinzaine ou d’une réduction quotidienne du temps de travail
alors que pour les cadres, la RTT s’est traduite par des jours supplémentaires par an.
Pour deux salariés à temps partiel sur trois, le temps de travail a été maintenu.
Source : DARES – Enquête sur les modalités de passage à 35h dans les TPE
Tableau 1F : la structure du recours aux heures supplémentaires n’a pas été bouleversée par
la RTT. Pour plus de la moitié des établissements, le volume d’heures supplémentaires après
le passage à 35 heures s’est maintenu. Toutefois, celles-ci ont un caractère plus occasionnel
qu’avant la RTT.
Source : DARES – Enquête sur les modalités de passage à 35h dans les TPE
jours supplémentaires par an
1/2 journée par semaine ou 1 jour par quinzaine
réduction quotidienne du temps de travail
modulation
compte épargne temps
autres modalités
jours supplémentaires par an
1/2 journée par semaine ou 1 jour par quinzaine
réduction quotidienne du temps de travail
modulation
compte épargne temps
forfait en jours
autres modalités
un maintien de leur durée du travail
une réduction de leur durée du travail
une augmentation sans passer à temps complet
passage à temps complet
diminution des horaires d'ouverture de l'étab
augmentation des horaires d'ouverture de l'étab
travail en équipe ou augmentation du nb d'équipes
mise en place horaires décalés
modulation du temps de travail
investissements spécifiques
suppression de certains postes
développement de certaines fonctions
redéfinition et formalisation des tâches
développement de la polyvalence des salariés
externalisation ou mutualisation des tâches
embauches de jeunes
formations spécifiques dans le cadre de la RTT
durée minimale
durée maximale
Mise en application de la RTT
Salariés à temps partiel
avant la RTT concernés
par
Si modulation
Modalités de RTT pour les
salariés à temps complet
non cadres
(plusieurs réponses possibles)Modalités de RTT pour les
salariés à temps complet
cadres
(plusieurs réponses possibles)...transformation des
modes de gestion de la
main d'oeuvre
(plusieursréponses possibles)