A r.\'(?ne Bour}! est decede Ie 16 j uillet 1982. Sa bonne humeur, sa serviabilite, son sens de I'amitie et sa vaste culture ont marque tous ceux qui ont eu la chance de Ie connaitre. II laisse un vide pro fond it I'Institut d'Astrophysique de I'Universite de Liege oil il etait Chef de Travaux et, depuis 1978. President du Conseil de Departement ainsi qu'it I'Universite Catholique de Louvain oil il assurait les cours d'astrophysique de- puis 1967.
Des la fin de ses etudes de sciences physiques it l'U niversite de Liege. en 1957, Arsene Boury se con sacra aux problemes de la structure interne et de la stabilite des etoiles avec une attention toute particuliere pour la nucleo- synthese. II obtint son doctorat en 1963.
II fit plusieurs sejours it l'etranger dont deux sejours d'un an aux Etats-Unis, au Michigan en 1957-1958 et au Californian
Institute of Technology en 1963-1964.
Par la suite, il manifesta un interet pro- fond et permanent pour les problemes du deficit des neutrinos solaires, des oscillations non radiales du Solei I ainsi que pour to utes les applications de la physique corpusculaire it I'astrophysi- que. fI prit aussi une part importante aux activites du Centre de Calcul de I'Universite de Liege. Tout au long de sa carriere. il sut garder une curiosite tres vive associee it un recl talent d'ora- teur et un souci constant de communi- quer ses connaissances. Les lecteurs de Ciel et Terre se souviendront de ses ar- ticles c1airs et didactiques consacres aux neutrinos solaires et tout recemment de son article detaille sur la structure interne du Solei!.
J. Demarel et A. Noels
L'Institut d' Aeronomie Spatiale de Belgique
Trois experiences de l'IASB ont ete se- lectionnees par I' Agence Spatia Ie Europeenne pour voler en septembre 1983, lors de la premiere mission Spa- celab it bord de la navette spatiale.
SPECTROMETRE A GRILLE
La premiere experience {{ Spectrometre
a
grille» (I ESO 13) realisee en colla bo- ration avec I'Office National d'Etudes et de Recherches Aerospatiales (Onera.France) a pour but de mesurer des constituants minoritaires entre 15 et 150 km d'altitude. Les observations simi- laires effectuees it partir d'avions, de ballons et de fusees sont limitees dans Ie temps et dans I'espace; celles effectuees
a
partir de satellites evoluant it tres haute altitude fournissent des donnees spectrales it faible resolution. A partir de Spacelab, il sera possible d'acquerir des donnees it tres haute resolution couvrant des lieux geographiques dif- ferents. Les mesures porteront plus specialement sur des gaz impliques dans les processus photochimiques atmospheriques. tels que Ie dioxydc de carbone (CO,), la vapeur d'eau (11,0), l'ozone (0,) etc ... En definitive, l'objec- tif general de l'experience est de contri- buera
une meilleure comprehension des effets des apports d'origine hu- maine de gaz susceptibles d'agir, soil directement sur Ie climat de la Terre comme Ie gaz carbonique, soit par l'in- termediaire de reactions chimiques sur12
Palette supportanl ies experiences scienlifiques
a
bard de Space lab, donI les trois de I'I.A.S.B. et celie de n.R.M.Scs dimension;, exlcrieures sont : largeur de 4.35 m: profondeuf de 2,9 m et hauteur (a vide) de 2,6 m.
Photo E.S.A.
I'equilibre de la couche d'ozone et, par la, sur la dose d'ultraviolet solaire qui parvient dans la biosphere.
L'instrument est constitue d'un miroir plan rectangulaire orientable avec une 'precision d'une minute d'arc. II est des-
tine a reflechir soit la lumiere du solei!
levant ou couchant traversant I'atmosphere soit la lumiere emise par l'atmosphere elle-meme. L'image du limbe terrestre ou du soleil est envoyee via un telescope de six metres de focale sur la grille d'un spectrometre infra- rouge qui produit la signature spectrale caracteristique de chaque constituant.
Le fonctionnement du spectrometre pourra etre contrc>ie et ajuste par les as trona utes a bord de Spacelab. Sa hauteur est de 1,8 m et son poids de 136 kg. Le contr61e des divers elements sera effectue par des microprocesseurs re- partis sur la palette et dans Ie module du Spacelab.
SPECTRE SOLAIRE
L'experience « Spectre Solaire» a pour but de mesurer la valeur absolue de l'energie associee au rayonnement so- laire depuis I'ultraviolet (170 nm) jusqu'au proche infrarouge (3000 nm).
Cette experience est realisee en coope- ration avec Ie Service d'Aeronomie du Centre National de Recherches Scienti- jiques (France), Ie Landesternwarte et Ie
Hamburger Sternwarte (RFA).
La mesure de l'eciairement energetique du Soleil et de ses variations a long terme dans ce large domaine de lon- gueur d'onde est fondamentale pour l'etude de la physique solaire, des atmosphere planetaires et de la clima- tologie. De plus, I'interpretation des mesures spectrales permettra de de- duire une valeur de la « constante so- laire» qui sera comparee avec celles obtenues au cours du meme vol a I'aide de deux radio metres differents.
L'instrument est un ensemble de trois doubles monochromateurs dont la structure mecanique a ete entierement realisee a I'IASB. II pese avec son electronique associee 36 kg. Oriente vers Ie soleil par la navette spatiale elle-meme, il enregistrera une serie de spectres solaires qui permettront de de- terminer avec precision l'energie asso- ciee au rayonnement du solei!. II com- porte une serie de sources lumineuses qui permettront de contr61er en orbite
Photo du haul.' Experience «Spectrometre it grille ». La hauteur totale est de 1,8 m.
Pholo du bas.' La troisieme experience de [,I.A.S.B. Le spectrophotometre a 0.68 m de long.
Photos LA.S.B.
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les etalonnages realises au laboratoire avant et apres la mission. Par la suite. it pourra ttre reutilise afin de determiner les variations du rayonnement solaire en fonction de son cycle d'activite de II ans.
SPECTROPHOTOM ETR E
La troisieme experience (I ESO 17) reali- see en collaboration avec Ie Service d'Aeronomie du Centre National de Recherches Scientifiques. est destinee
a
determiner l'abondance du deuterium et de l'hydrogene atomique dans ratmosphere terrestre
a
partir de leur emission Lyman-a::. Lyman-a:: designe une radiation d'une longueur d'onde particuliere (121.6 nm) qui interagit avec I'hydrogene atomique et Ie deute- rium dans l'atmosphere superieure.L'instrument, dont Ia partie mecanique a ete realisee
a
I'atelier de I'lASB, est un spectrophotometre avec deux celluies d'absorption, I'une remplie d'hydro- gene, l'autre de deuterium. L'emission Lyman-a:: du deuterium est legerement decalee par rapport it celie de l'hydro- gene atomique et est beaucoup plus faible. L'utilisation de deux cellules d'absorption permet d'eliminer remis- sion tres intense due it l'hydrogene ato- mique et ainsi d'observer celie due au deuterium. Cette mesure fournit une estimation de l'abondance du deute- rium, indicateur interessant de la turbulence atmospherique. Sa distribu- tion sera mesun!e au-dessus de 90 km.D'autre part, cette experience doit aider it mieux comprendre les processus d'enrichissement en isotopes dans les atmospheres planetaires. lesquels tien- nent une part importante dans les theories de l'origine du systeme solaire.
J. Vercheval.
Ph%: Experience" Spectre solaire ». L'ensemble des instruments a une hauteur de 0.93 m.
Photo C.N.R.S.