RECREATIONS
MATHEMATIQUES
RECREATIONS
MATHEMATIQUES
^> / .>PAR
M. EDOUARD LUCAS,
Les mathcmaticienssontcommclesamants...; accordez aun mathematician lemoindre prin- cipe, il va vous en tirer une consequence quil faudra que vousluiaccordiezaussi, etde cette consequence uneautre;et,malgre vous-meme,il vousporteapertedevue, a peinelepouvez-vous croire. Ces deuxsortes de gens,les mathemati- cienset lesamants, prennenttoujoursplusqu on neleurdonne.
FONTENELLE.
LeCalendrierpcrpetuel.
L A
rithmetique enboules.L A
rithmetique enbatons. LeszMerelles anXIIIcsiecle. LesCarres magiquesdeFermat.LescR^eseauxet les Dominos. LesRegions
et lesquatre Couleurs. La <Machine a marcher.
PARIS,
GAUTHIRR-VTT-LARS ET
FTLS.TMPRIMEURS-LIBRATRES, QUAI
DESGRANDS-AUGUSTINS.
55.1894
(Tousdroitsreserves.)
:
Vt
.* .C*
v *./f
AVERTISSEMENT
Nous
donnons
aujourdhui le quatrieme et dernierVo lume
desRecreationsmathematiques
dEdouard
Lucas.Lesdedicaces placees en tete de cinq des Recreations contenuesdans ce
Volume
figurentsurle manuscrit, tout entier de lamain
deLucas. Lestroisautres Recreations ne portent pas de dedicaces;nous
n avons pas cru devoir y suppleer, pour les motifs indiques dans 1Avertissementdu Tome
III.II existait, dans les papiers de Lucas, trois cahiers intitules : Arithmetiqne amusante, et divisesen quatre Chapitres :
GHAPITRK I. Calculs clementaires.
GHAPITRE II.
Le
calcul rapide.CHAIMTRE III.
Les
progressions arithmetiques.CHAPITRE IV.
Les
progressionsgeometriques
.Ce
manuscrit represente enquelque
sorteune
Introduction09850
aux
Recreations mathematiques, auxquelles il sert de prepa ration.L
accueil fait a ces dernieres par le public scientifiquenous
permettra de livrer a 1impression ce dernier travail de Lucas, qui a etecommence
en 1888 etterminepeu
detemps
avant sa mort.Nous
esperonsque
la publication de V Arithmetiqueamusante
pourra avoir lieudansun
assezcourtdelai.H. DELANNOY, C.-A.
LAISANT, E. LEMOINE, MembresdelaSocieteMathematiquede France.Paris, Jmllet 1894.
PREMIERE RECREATION.
LE CALENDRIER PERPETUEL
ET
LE CALCUL AUTOMATIQUE DES RESIDUS.
A Son Excellence
lePrince Balthazar Boncompagni.
Jaime!voila lemotquelanature entiere Crie auvent qui 1emporte,a 1oiseau quile suit Sombreetdernier soupirque pousserala Terrc, Quandelletombera dans1eternelle nuit.
Oh!vous lemurmurezdansvosspheressacrees, Etoilesdumatin, cemottriste etcharmant!
Laplus faibledevous,quand Dieu vousacreees,
A
voulu traverserlesplaines ethe rees Pourchercherle Soleil,sonimmortel amant.Ellesestelauceeauseindes nuits profondes.
Mais uneautre1aimait elle-meme; etles mondes Sesontmisenvoyageautourdufirmament.
(MUSSET. Poesiesnou-velks.)
E. LUCAS. Recreations mathem., IV.
PREMIERE RECREATION.
LE CALENDRIER PERPETUEL
ET LE CALCUL AUTOMATIQUE DES RESIDUS.
LE CALENDRIER JULIEN ET GREGORIEN.
Nous
n avons1idee de la succession des instants
que
par lemouvement.
Les divisionsdu temps
nepeuvent
etremarquees que
pardes espacesparcourus. Mais,pour que
la
mesure
soit exacte, il fautque
lemouvement
soit constantet uniforme. IIn
en est pointde tel sur la terre.L ame
qui souffre et1ame
quijouit necomptent
pas dememe;
et letemps, qui se traine envieillarddanslesjoursde la douleur, a lacourserapidedu
jeunehomme
pendant les courts instants dune
jouissance agreable et vive.Le
seuimouvement
constant etuniforme
est celui des corps celestes. Ges corpsmarchent
dun
pas egal et tranquilledans Tespace dei univers avecune
Constance quia ete refusee 1homme,
avecune
duree, peut-etre sans limites, qui nestpasdanssa nature. IIemprunta
de 1Astronomie
lamesure
du
temps.L
intervalledun
leverdu
soleil a Tautre estune me-
sure qui fut appeleeyoMr.
Mais
la societe a besoin demesurer
de plus longs espaces;on
fitdone
usage desmouvements du
soleil et de la lune.
En
effet,le retour desmemes
phases delalune
ou
desmemes
saisonsdonnait des intervalles sensiblement egaux. Les peuples sy reunirent; les uns compterent par lunesou
par mois; les autres, par les revolutionsdu
soleilou
par annees; dautrescompterent parmois
etannees.(BAILLY,Histoire deV
Astronomic.)La combinaison
de cesmouvements
et de leurs revolutionsnous
adonne
lamesure du
temps, par le Galendrier, qui devait servirbeaucoup
plus tard a formulerles loisdu mouvement
des corpscelestes par1attraction universelle!DE
ROMULUS
A JULES CESAR.Depuis Numa
jusqua Jules Cesar,le Calendrierromain,d
o\ilenotrederive, navait
aucune
regie precise.La
correspondancedel annee
lunairede 12 lunaisonsformant 355 jours, avec Tan- nee solairequi regieles saisons, avaitlieuau moyen
dintercala-tions fixeesarbitrairement.
La
derniereannee
dece Calendrier,que Ton
a appelee Iannee
de confusion (46 avantJ.-C.), fut de455
jours.Le Calendrierperpetuel.
LA REFORME JULIENNE.
Le
Calendrier julien estdu
aJulesCe
sar, assistedeSosigene, celebre astronome et mathematicien dAlexandrie.L
annee ju lienne estcommunement
de 365 jours; tous lesquatre ans,on
ajouteun
jour intercalaireapres le 28 fevrier, a la datedu
29.On
forme ainsi 1annee
bissextilede366
jours;lesanneesbissex tilesdu
Galendrier julien sont toutes cellesdont
1ensemble desdeux
derniers chiffresdu
millesime secompose
dedeux
zeros,ou forme un nombre
exactement divisible par quatre.La
dureemoyenne
estdone
de 365 \ jours solairesmoyens. Mais
cette duree est
un peu
tropgrande, puisque 1annee
tropique,intervalle de
deux
equinoxes de printemps, secompose
de 365 jours,2422042;
cette difference fait a peu pres7 jours en neufsiecles. Aussi, des1annee
1414,on commensa
asapercevoirque
les equinoxesdu
printemps etde 1automne
devancaient de plus en plus les epoquesdu
21mars
etdu
21 septembre, aux- quelles ils se rapportaient primitivement.La
reformedu
Calen drier fut des lorsconstamment
reclamee. Gette reforme cut lieu enfin sous le pontificat de Gregoire XIII, qui enordonna
1execution par
une
bulledu 24
fevrier i582. Elle fut adoptee aussitotdans tousles payscatholiques, et successivement,mais
beaucoup
plus tard, chezles nations protestantes.La
Russie et la Grecesontmaintenant
lesseules contreesde 1Europe
qui ont conservelevieux style (Galendrierjulien); depuis 1800, la diffe rencedesdeux
Calendriersest de 12 jours, elle sera de i3 jours au mois demars
de1annee
1900.LA REFORMS GREGORIENNE.
Gettereformeconsiste dans V omission
nominate
desdix jours qui suivirentle4
octobre 1682, lejour suivantayantetccompte
pourle i5au
lieudu
5, et dans lasuppressiondu
jour interca- laire dans troisannees seculaires sur quatre.Dans
le Calendrier gregorien, 1annee seculaire, terminee pardeux
zeros, est bis sextilelorsque le millesime est divisible par quatre, apresla sup pression desdeux
zeros. Ainsi 1600 et2000
sont des annees bissextiles; 1700, 1800, 1900,2100
ne le sontpas.
Pour
voir 1approximation de la regie gregorienne, cherchonsle
nombre
de jours contenusdans cent siecles gregoriens; de i a 10000, ily a25oo nombres
divisibles par quatre;pour
les an nees seculaires, de i a 100. il y a 25nombres
divisibles par quatre, et y5 qui nele sont pas; par suite, dans 100 siecles gre goriens,ilya 2425
annees bissextileset8652425
jours;la dureemoyenne
de 1annee
gregorienne estdone
de 365 jours,2425, valeurencoreun peu
trop forte,dormant moins
dun
jour sur3ooo
ans.BUT DU CALENDRIER.
Notre Calendrierperpetuel(Jig. i
)a
pour
objetdedonner
liremethode pour
trouverrapidement
lenom du
jour dela sernaine qui correspondaune
datedonnee du
Calendrierjulienou
grego-rien.
L
applicationen est simple, puisquil suftit de savoiraddi- tionner quatrenombres
ne depassant pas six, dont le total neLeCalendrierperpetuel.
depassejamaisvingt-quatre.
Quant
alaformationdu
Galendrier,on
lacomprendra
facilement.Unedatequelconquese compose
de quatre donnees: leQuantieme, ou numero du
jourdans lemois;le
nomdu Mois;
lenumero
de VAnnee
dansle siecle, etlenu mero du
Siecle (julienou
gregorien). Verifionsd abordTun ou
1autre des
deux
Calendrierspour une
datequelconque, celledu
jour present, par exemple.
Cela pose,
on
conceitque
lasomme
des quatrenombres
Q,M, G ou
J, et A,augmente
d une, de deux, de trois, ... unites,quand
leQuantieme augmente,
etque Ton
peutsupprimer
touslesmultiplesde sept. Aussi la colonne
Q
contient le reste de la divisiondu Quantieme
parsept, etTon
peutsepasserdu
premiertableau des
Quantiemes. De meme,
en passantdeMars
a Avril,le
nombre M augmente
de 3; ilestdevenu
6; cela tientaceque Mars
a3i jours,cest-a-dire quatre semaines plustrcis jours; en passant d Avril a Mai,on
doitaugmenter M
de 2 unites, puis-qu
Avril a 3ojours,ou
quatre semaines etdeux
joursen plus;M
devient
done
8,ou
ensupprimant
sept jours,M
devient i, etainsi de suite.On
observera dailleursque nous avons
repotteala findu
tableau des Mois, lesmois
de Janvieret deFevrier,parceque
lejour intercalatede1
annee
bissextilese trouveapresle 28Fe
vrier, et ainsi
pour
trouverun
jour de Janvierou
de FevrierdeFannee
1800, parexemple,on
doitsereporter a1annee 1799.L Annee commune
secompose
decinquante-deux semaines et dun
jouren plus;1Annee
bissextile,dedeux
joursenplus;aussi lesnombres
A, en passant dune annee
a 1autre,augmentent
trois fois d un, et
une
foisde deux, ensupprimant
les multiples desept.Enh
n,pour
les Siecles juliens, eny
reportant 1Annee
bissextile seculaire,
un
Siecle secompose
dun nombre
exact deOn
suppose queIanneeREGLE POUR LE CALENDRIER
JULIEN.Ajouter les quatre nombres Q,
M,
J, A, qui correspondent a la date donnee; chercherletotaldansletableau des Quantiemes etprendrelejour correspondant.EXEMPLE. Determinerlejourqui correspond au 12 Octobre 1492 (de- couverte du Nouveau-Monde).
Q =
5M
J
=
5A
3 Quantieme 12Mois Octobre
Siecle 14
Annee.... 92
Reponse.. Vendredi Total
=
13CeCalendrier, encore en usageen Russieeten Grece etchezlesChretiens dOrient, estvalable a partir du ier
Janvier 45 avant notre ere.
JULIEN ET GREGORIEN
icommence qu au ief
mars.
REGLE POUR LE CALENDRIER GREGORIEN.
Ajouter les quatre nombres Q,
M,
G, A, qui correspondent a la date donnee;chercherletotaldans letableau des Quantiemesetprendre lenom
dujour correspondant.EXEMPLE. Determiner le jour qui correspond au i5 Octobre 1682 (origine de la reformegregorienne).
Quantieme i5
Q
lMois Octobre
M
OSiecle i5
G
1Annee 82
A 4
Reponse.. Vendredi Total
=
6Ce Calendrierest indefiniment valablea partirdu i5Octobre1682. Pour
1Angleterre, il commenceen 1752.
semaines
augmente
de 100jours, plus 25pour
lesAnnees
bis sextiles; cequi faitun nombre
exactde semainesdiminue
dun
jour; aussilesnombres
Jdecroissent-ilssuccessivement de1unite, dun
Siecleau
suivant, tandisque
lesnombres G
decroissent de deux, a partirde 7ou
o, et de 1 unite seulement en passant dei5oo a
1600 ou
de1900
a 2000.Ainsi,dansnotreCalendrier perpetuel,
on
supposeque
1Annee
necommence qu au
ier Mars.En
la faisantcommencer au
ier
Janvier,
on
eut obtenuune
contexturebeaucoup moins
simple. Afin de nepas laisseroubliercette dispositionau
lecteur,nous
luidonnerons
cette jolie description poetiquedu mois
de Mars, avec lequelcommence
ceCalendrier.Du
pauvre mois deMars il ne faut pas medire, Bienque le laboureurlecraigne justement:L
univers yrenait;il est vrai quelevent,Lapiuieet le soleilsy disputent 1empire.
Qu
yfaire?Au
tempsdesfleurs, lemonde
estun enfant,G
estsa premierelarmeetson premiersourire.(MUSSET. PoesiesnouveHes.)
CALCUL MENTAL DES DATES.
Nous donnerons maintenant un moyen
de calculer tres rapi- dement, sans le secours de laplume ou du
crayon, et parun
petiteffortdecalcul mental, les
nombres
de notre Tableau.Calcul
mental du nombre
Q des Qiiantiemes.Ce nombre
est egal
au
restede ladivision par septdu nombre
quiexprime
le
Quantieme.
LeCalendrier perpetueL
Calcul
mental du nombre M
desMois. On
supposeque
Tannee
necommence que
le icrMars;
ainsiMars
est le premier
mois, Avril le second,Septembrele
septieme,Octobre,No-
vembre,Decembre,
leshuitieme,neuvieme
etdixieme mois, Jan vier le onzieme, etFevrier ledouzieme.On
prendle double plusdeux du numero du
moisaugmente
dedeux
unites,on
ajoute a cenombre
le triplede son dixieme,lereste de ladivision par sept de Ierjtier de ce total
donne
lenombre
M.Calcul mental
du ncmbre
J des Siecles juliens.On
ajoutedeux
unites aunumero du
siecle,on
divise le total par sept etTon
relranche le restede sept.Calcul mental
du nombre G
des Siecles gregoriens.Ce nombre
estzero, si le restede ladivisiondu numero du
siecle par quatre estzero; dans lecas contraire,on
retranchede septledoublede cereste.
Calcul
mental du nombre A
des Annees.Au numero
de1
annee
dansle siecle,on
ajoute 1entierde son quartetTon
prendle reste de la division parsept.
UTILITE DU CALENDRIER PERPETUEL.
L
utilite de ce Calendrier secomprend
delle-meme pour
les recherches historiques,etnous
1expliquerons parlescirconstancesmemes
quilui ontdonne
naissance.Dans
notre voyage aRome,
pour la publication des (Euvres de Fermat, nous avonspu
obtenir de la generosite et
du
desinteressementdu
princeBoncompagni
lacommunication
dedeux volumes
contenant des lettres inedites de Fermat, de Mersenne, et de plusieurs autres savants.Quelques-unes
de ces lettres ne portent pas la date de 1annee,mais
seulementle mois,lequantieme
et lejour de la semaine; il fallait lesclasser;nous
avonsdu
faireun
pre mier travail pour retrouver le chiffre de 1annee, a sixou
septanne
es pres, ce qui suffitamplement,
avec ie contenu,pour
retrouver la dateprecise. Telleestlorigine de ceCalendrier.Gregoire
XIII mourut peu
detemps
apresla reformedu
Calen drier,le roavril i585; ce futun
pape eclaire, car il confirma Tetablissement de lacongregation de1Oratoire;ilfutcharitable, carsesaumones
monterent adeux
millions decus dor.Avant
sonelevationau
pontiricat,le i3mai
i5y2, il e taitmarieet pere defamille.G
estdonc avecune emotion
respectueuseque nous
dedionscemodestetravail,comme un
faibletemoignage
denotre reconnaissance, aFun
de ses plus illustres descendants, eclaire et genereuxcomme
lui, aSon
Excellence le prince BalthazarBoncompagni.
LE GALCUL AUTOMATIQUE DES RESIDUS.
Nous
avons public en i885 (Mun
Galendrier qui ne differedu
precedentque
par 1adjonction dune
roulette mobile autour de son axe. Cette roulette porte lesnoms
successifs des jours de( )Calendrier perpetitel a roulette. Paris, chez Belin, ruede Vaugi- rard, 52.
Le Calendrierpervetuel. i3
Fig. 2.
RESTES parsept.
lasemaine surles sept divisions egales formees pardes secteurs.
On
fait apparaitresuccessivement les jours parune
lucarne, et 1addition desnombres
Q,M,
G,A
est remplacee, danslemouve- ment
de la roulette, par lepassagedun nombre
egaldecrans.Le
reste de la division par sept sobtient sans caicul, de telle sorte que, dans ce Galendrier, il ne reste dautre trace doperation arithmetique
que
lalecturetneme
desTableaux.Nous donnerons
encoreune
autre dispositiondu
Galendrier,beaucoup
plus simple dans sonapplicationque
la precedente et qui peut sadapter,non
seulement atous lesGalendriers des dif- ferents peuples,mais
qui constitueun
precedetressimple
pour
lecaiculdesresidus,cest-a-direpour
trouverautomatiquement
lesrestesdeladi vision dun nombre quelconque
parun nombre
qui ne depasse pas soixante.Nous
expliquerons ce precede sur lecaicul des restesdela division parseptdun nombre
ecritdans lesystemedeci mal; 1appareil se modifie legerementpour un
systeme denumeration
dont la base est quel conque, et, par exemple,pour
le systemeduo
decimal.Une
premiere tablette fixe(Jig".2)contientles
nombres
pluspetitsque
le diviseur, a savoir : o, i, 2, 3,4,5,6, sur des lignes horizontalesequi- distantes.En
general,pour un
diviseur quel conque, lenombre
des lignesde la tablette fixe est egalau nombre
des unitesdu
diviseur,quelque
soitle systeme
denumeration
employe.La
fig. 3 represente leTableau
des unites;on
peut le sup- oo
3
UMJ_ ,|
5 6
poser
imprime
desdeux
cotes etcolle sur des feuilletsde carton reunis par de petites bandes detoile, de maniere a pouvoir les plierselonleslignesdedivisionverticales.On
peutaussidecouperle
Tableau
en sept reglettes collees sur carton;on
peut aussi leFig 3.
Tableau des unites.
coller sur
un
rouleau de manierean
apercevoirparune
lucarneque Tune
des colonnes do ce Tableau.Pour
plus decommodite
dans 1explication et dans la construction, nous supposerons leTableau
des unitesdecoupe
en septreglettes. SiTon
placeTune
delles en avant de la tablette de lafig. 2, etsiTon
suit le trait le plus elevea lagauche, sonextremite a droite indiqueimme-
diatementle restede la divisionpar7.La
disposition des lignesdu Tableau
des unites sexplique delle-memeet serait identiquepour un
systeme quelconque deLeCalendrierperpetuel. l5
numeration. II suffirair,
pour
le systemeduodecimal
, dajouterles chiffresqui representeddix etonze, dans leurs colonnes res- pectives, en haut
du
Tableau, ainsique nous
1avonsfait; mais,pour
lesTableaux
qui^correspondentaux
unites des ordressupe-Kig. 4.
Tableau des dizaines.
rieurs, ilsuffit de
permuter
lescolonnesdu Tableau
desunites.Pour
lesdizaines,nous
observonsque
lesrestes de la divisiondeoo ou
70, 10ou
80, 2uon
90, 3o, 40, 5o, 60 parseptsont respectivement"v
o, 3, 6, 2, 5, i, 4.
II nous suffitdone dedisposerdans 1ordre o, 3, 6, 2, 5, 1,4, a partir delagauche, les colonnes
du Tableau
des unites portant les chiffrescorrespondents (fig. 4).Pour
obtenir leTableau
des reglettespour
les centaines,nous
observonsque
lesrestes de ladivisiondeooo, 100, 200, 3oo, 400, 5oo, 600, parseptsont respect!
vement
o, 2, 4, 6, i, 3, 5;
cest 1ordre des tablettes des unites a partir dela gauche, en y remplacant les chiffresdela ligneprecedentepar ceux delaligne au-dessus.
Etainside suite.
Celapose, supposons
que Ton
ait construit leTableau
desre- Fig. 5.Le reste dela division de 24125y par 7 est 2.
glettes
ou
desrouleaux jusquaux
centainesdemille;on
obtiendraimmediatement,
sansaucun
calcul, le reste de la division dun
Le Calendrierperpetnel.
nombre
desix chiffresau
plus, par lenombre
7. Considerons, par exemple, lenombre
2412 57, en pla$antles re glettes corres- pondantes dans1ordre convenable(fig. 5), et,en suivantle traitsuperieur de gauche,
on
trouve iereste 2.CALENDRIER PERPETUEL A REGLETTES.
IIest facile de former
un
calendrierautomatique au moyen
deFig. 6.
Le rouleau des Mois.
reglettes analogues a celles qui outservi
pour
le calcul des re-sidus.
Une
premierereglette porte1indication des quantiemes.Un
second groupe de sept reglettes (fig. 6)donne
les mois.E. LUCAS. Recreations
ma
them, IV. 2Un
troisieme groupe desept reglettes (fig. 7)comprend
lessiecles juliens.
Un
quatrieme groupe de quatre reglettes (fig. 8)comprend
lessiecles gregoriens jusqu
au
trentieme siecle. Les sieclesmar-
SIECLE JULIEN 7 1* 21
SIECLE JULIEN
1 8
15_-22
SIECLE JULIEN
2 9
16 23
SIECLE JULIEN
3 10
17 2k
SIECLE JULIEN
^ 11
18 25
SIECLE JULIEN
5 12
19 26
SIECLE JULIEN
6 13
20 27
Le rouleau des Siecles julien>.
ques d unasterisque sontceuxdont lemillesimeestdivisiblepar quatre.
Un cinquieme
groupe de sept reglettes (Jig. 9) renferme les annees.L
asterisquedesignelesanneesbissextiles.Enfin sur
une
derniere reglette se troiivent inscrits lesnoms
des sept jours dela semaine.
Si
Ton demande
aquel jourcorrespond ladatedu lomai
1889,ilsuftit dedisposerlesreglettes
comme
Tindique lafig. 10.A
cotedela reglettedesquantiemes,on met
la reglettedu
moisLe Calendrierperpetuel.
SIECLE GREGORIEN
16* 20*
*_
28*SIECLE GREGORIEN
17 21
25 29 SIECLE
GREGORIEN
15 19
23_27
Fig. 8. Le rouleau des Siecles gregoriens.
Fig. 9. Le rouleau des Annees.
de mai, puiscelle
du
siecle gregorien r8. ensuitela reglette cor- Fig. 10.Calendrier du mois de mai 1889 et de Janvier 1890,
respondant a 1
annee
89, et enfin celle des jours de la semaine.En
partantdela ligneou
est inscritlequantieme
10 eten sui- vant le trace jusqu a la colonne des jours,on
voit immediate-ment que
le 10mai
1889 etaitun
vendredi.DEUXIEME RCRATION.
L ARITHMETIQUE EN BOULES.
A Monsieur Paul Mansion,
professeur a I Universite deGand.
Jeformeuntriangle,6 merveille!
Lepeupledesloisendormi Sagite avec Icnteur,seveille Etsederoulea1infini.
Avectroislignes surlesable, Jeconnais,jene doute plus!
Untriangleestdonepreferable Auxmotssonoresquejailus?
SULLYPRUDHOMME.
DEUXIEME RECREATION.
L ARITHMETIQUE EN BOULES.
CETTE
recreation a
pour
but Imposition de quelques principes de Calcul, etmeme
dArithmetique
supe- rieure, par des precedes de demonstration qui ne sup- posentau
lecteur dautres connaissances mathematiqu.esque
les quatre premieresregies et lesdefinitions delaGeometric elemen-taire.
C
est encoreun
essai de restauration desmethodes
dont se servaient peut-etre les ancetres de la Science, dans laChine
et dans 1 Inde, pourarriver ala decouverte des proprietes etdes lois
du nombre
et de 1etendue.Nous
n ignorons pasque
les savants qui soccupent des origines. derArithmelique
et de laGeometric
sontdivisessur la question desavoir si les solutions des problemes relatifs a lamesure
des surfaceset desvolumes
ontou
n ont pas precede celles des problemes dememe
ordre dansle calculdesnombres polygonaux
et desnombres
figuresque nous
definissons plus loin;nous
devons direque
cetteRe
creation et la suivante viennent apporter
un
nouvel appoint a ceux qui pretendentque
ietude de1 Arithmetiquea precedecelle de laGeometric; mais nous n y reviendronsque
plus tard,pour
demeurer
fidele a notremethode
denseignement
etde vulgari sationquiconsiste toujours a passerdu
simpleau compose
;nous commencerons
par les questions les plus elementaires.L ADDITION.
Avec
des boules, des billes, des noix.ou mieux
encore aveclespions d
un ou
de plusieurs jeuxde dames,nous pouvons
suc-Fig. ii.
Un Deux Trcis
Quatre Cinq
Les cinq premiers nombres.
cessivement representer les
nombres
entiers1,2,
3, 4, 5, ..., ainsique nous
indiquons ci-dessus (fig. 11 ).L
Arithmetique et, par suite, toutes lesMathematiques
repo-Fig. 12.
----
5II
^eb2 3et3
et5 Laddition.
sent sur cet axiome,
que
lenombre
est toujours egal alasomme
L
Arithmetique en bonles.deses unites,quelle
que
soit lamaniere
deles assemblerou
delesgrouper. Ainsi, en partageant le
nombre
6 endeux
parties,on
peutobtenir lesdispositions representees surlaJig. 12.Done
lenombre
6 est lasomme
de 5 et de i, par definition,mais
ausside4
et 2, de3 et 3, de 2 et4, etenfin de i et 5.Par
suite, la
somme
dedeux nombres
nechange
pas lorsqueTon
intervertit1ordredes
nombres
ajoutes; ilenest dememe
pour lasomme
d autant denombres que
1on
voudra.LA MULTIPLICATION.
La
multiplication de4
par 6 est 1addition de sixnombres egaux
a 4;nous Tavons
represented (fig. 13);leresultatsappelleig. Fig. 14.
Le produit.
4x6
Le produit renverse.6X4
le produit dela multiplication
ou
lenombre
rectangulaire de cotes4
et 6. SiTon
fait tournerla figure dun
quart de tour, lenombre
des unites nechange
pas;on
obtient alors le rectangle (fig. 14) provenant dela multiplication de6 par4.La comparaison
des fig. i3 et 14demontre
cetteproposition,
que
le produitdedeux nombres
nechange
paslorsqueTon
inter- vertit 1ordre des facteurs, ainsiqu on
peut leconstater sur la Table de multiplication. Cette demonstration estclassique.LES NOMBRES TRIANGULAIRES.
Supposons
toujours lesnombres
represented par des boules juxtaposees en ligne droite etplacons successivement (fig. 15)leA
13 Les triangulaircs.
premier
nombre
surlesecond,lesdeux
premiers surletroisie:ne, les trois premiers sur le quatrieme, les quatre premiers sur le cinquieme. etainsi de suite.Nous
formons ainsi successivem^nt ceque Ton
appelle lesnombres
triangulAires.Si
Ton
veutconstruirelaTable
desnombres
triangulaires, etla conduireaussi loinqu on
voudra,on
ecritsurune premiereligne les unites r, i, r, ...;surune
secondelignelesnombres
successifsUArithmetiqueen boules.
i, 2, 3, ..., detelle sorte
que chaque nombre
de cettelignesoil lasomme
de celuiqui leprecede dans laligne etde 1 unitei quiest au-dessus de lui; c est la loimeme
de formationdesnombres
en- tiers.Unites i i i i i i i i i i
Entiers t 2 3 4 5 (> 7 8 Q io Triangulaires. i 3 6 10 i5 21 28 36 43 i>5
Sur
une
troisiemeligne,on
forme la suite desnombres
trian- gulaires en ajoutantau
derniernombre
obtenu celui qui se trouve au-dessus dans la colonne suivante; ainsi, parexemple,28=
21 -hy, etdememe pour
tous les autres.Pour
avoir les centpremierstriangulaires,on
adone
a faire cent additions suc- cessivesdedeux
nombres.LA. PILE D OBUS,
Mais
ilvient se placerici tout naturellementune
question im- portante.Comment
peut-on determiner directementlecentieme triangulaire,ou
plusgeneralement,comment
peut-on calculerun
triangulairede rangdonne?
On
sait que, dans les arsenaux. lesprojectiles
emmagasines
sont dedeux
especes : lesuns
sont des boulets destinesaux
pieceslisses; les autres, qui serventa lachargedespieces rayees, ontune
forme cylindro-conique.Nous
nenous
occuperons pour 1instantque
de ces derniers.Une
premiere tranche ver- ticale representeun nombre
triangulaire dont le profil est re- presente fig. 16.Pour donner
plus de solidite a la pile,on
place plusieurs rangees verticales semblables; et le
nombre
total desobus
est le produitdu nombre
destranches par le triangu- lairecorrespondantqu
ilsagitdonc
decalculer.Pour
cela, considerons, par exemple. lecinquieme
triangu- Fig. 16.La piled obus.
laire etplacons a cote, en sens inverse (jig. 17), le
meme
trian-gulaire represente pardes boules blanches;
nous
formons ainsi Fig. 18.un
parallelogramme;chaque
ligne contient (5-f- i) boules et, puisquil ya cinq lignes, lenombre
totaldes boules qui repre senteledoubledu cinquieme
triangulaire estle produitde5 par 5 -h iou
6; ainsi lecinquieme
triangulaire est la moitiedu
pro duit de 5 par6.L
Anthmetiqiie en boules. 29CALCUL DIRECT DES TRIANGULAIRES.
Parcettedemonstration
absolument
pareille a cellequiprouve
(fig. 18)
que
1airedu
triangle est la moitie de 1airedu
paralle-logramme
dememe
base et dememe
hauteur,on
voitque:
Le
doubledun nombre
triangulairede rang
quelconque estle
produit du nombre
qui indique sonrang par
lenombre
suivant.
Le
rang est d ailleursegalau nombre
de boulessurle cote, etnous
consideronscesdeux
expressionscomme
equivalentes.Ainsi, en resume,
on
peutcalculer lesnombres
triangulaires par additions successives, demaniere
a les obtenir tous; mais aussion
peut lescalculerisolement par uneseulemultiplication, ainsique nous
venons de levoir.Le
second precede sert de ve rificationau
premier en calculant directement les triangulaires dedix endix..Le
Tableau
precedent peut etre allongeindefinimentdans
le sens de la longueur, en ajoutant autant de colonnesque Fon
veut; maison
peutaussi1allonger dans le sensdela largeuren ajoutant deslignes. IIexistedeux
precedes d extension absolument
differents : le premierdonne
la theorie desnombres poly- gonaux
; c est,pour
ainsi dire,YArithmetique
deDiophante;
nous
1exposerons dans cetteRecreation.Le
second precededonne
la theorie des
nombres
figures; cest plus specialement YArith metique deFermat; nous
1exposerons dans la Recreation suivante intitulee : VArithmetiqueen
batons.LES NOMBRES CARRES.
Placons des boules
aux sommets
d.e carresegaux
distribuescomme
ceuxdes cases dun
echiquier.Nous avons
represente dans \&fig. 19 le carre de 5; ce carre est
un nombre
rectangu-laire dont les cotes sont egaux; par consequent, le
nombre
des unitesqu
il renferme est 5x
5ou
25.Nous
savons done cal-Le carre de cinq.
culer, par multiplications successives, tous les carres ainsi le
nombre
des cases de 1 echiquier de 8 cases de cote est 64; lenombre
des casesdu damier
de 10 cases de cote est TOO; mais, pour lenombre
dessommets
de toutes les cases,on
doitaug- menter
lecote dune
unite. Ainsi, dans \&fig. 19, ily
a 16caseset25
sommets;
dememe,
lenombre
dessommets
de1echiquier est 81, et lenombre
dessommets du damier
est 121.Contrairement a
ceque nous
avonsfaitpour
lesnombres
trian- gulaires,nous
trouvonsL-itoutdabordle procede decalculpour
chaque
carrepris isolement;nous
alienschercher leprocede par lequelon
peut les obtenir par additions successives.Dans
ce but,nous
determinerons cequ
il faut ajouter aun
carrepour
obtenir le carre suivant;nous
avons represente par des boulesL
Arithmetique en boules.blanches, dansla Jig. 20, le
nombre qu
il faut ajouter achacun
descarrespour
obtenir le carresuivant.Ce nombre, que Ton
ap- pelle accroissement, excesou
difference, est forme duneligne
brisee aangle droit etrenferme successivement 3, 5, 7,9 unites,
c est-a-dire continuellement 2 en plus; il en sera toujours de
oooo-o
Les accroissements des carres.
meme, comme
il est facile de sen convaincre. Ainsi les accrois sements des carres sont representes parlesnombres
impairs, etTon
voit alors d une maniere evidenteque
le second carre est lasomme
desdeux
premiers impairs i et 3;que
le troisieme carre est lasomme
des trois premiers impairs;que
le quatrieme carre est lasomme
Jesquatre premiers impairs, etainside suite.On
adone
cetteproposition:La somme
despremiers
impairs a partir de i est egaleau
carre de leurnombre. On
la trouve dansTArithmetique
deNicomaque,
de Gerase, qui vivait vers la findu
icrsieclede 1ere chretienne.
LA TABLE DES CARRES.
222222222
2Impairs i 3 5 7 9 11 i3 i5 17 19
Carres i 4 9 16 25 36 49 6\ 8x 100
Nous
profiteronsdu
theoreme precedent pourconstruire rapi-dementla Table
descarres.Sur une
premiereligne,on
ecritcon-stamment
lenombre
2; surune deuxieme
ligne,on
formesucces- sivementlesimpairs en ajoutant 2au
dernierimpair obtenu;surune
troisieme ligne,on
forme lescarres en ajoutantau
dernier carreobtenu lenombre
place au-dessusdanslacolonnesuivante;ainsi, par exemple,
49
36 -+- i3.On
verifie dailleurs le cal- cul en placant a 1avance les carres desnombres
termines par deszeros, etlon
doit lesrelrouverdans le courant deToperation.La
Tabledes carresestdune
extreme importancepour
1Arith- metique theoriqueet pratique, etnous
pensonsque
son emploi estbeaucoup
plusutile etplus etenduque
celui de laTable
des logarithmes.Nous y
reviendronsplus dune
fois dans lecourant de cetOuvrage. Nous
supposeronsdone que Ton
possedeune
telle Table,
que Fon
peutrapidement
construiresoi-meme
dapreslesindications precedentes. IInest pas
douteux que
c estpar son secoursque Fermat
aobtenu etdemontre
laplupartdesesinven tions arithmetiques.Nous nous
servirons de cetteTable pour
rdsotfdre diverses questions.On
reconnaitratoutd abordsiun nombre
est carreeh
le cherchant dans la Table, puisque les carressont ranges par ordrede grandeur, et
nous
supposerons dailleursque
cenombre
ne depasse pas leslimites de cette Table, et, par exemple, cent millions,siTon
a calcule la Table desdix mille premierscarres.L
Arithmetique en boules.Comment
reconnaitremaintenant, aveclaTable
descarres,siun nombre donne
est triangulaire;on
se servirapour
celadu
theoreme
suivantque Ton
trouvedans
1Arithmetique deDiophante
:L
octuple dun
triangulaireaugmente de I
uniteesttoujoursFig. 21.
Theoreme de Diophante.
un
carre.La
demonstration de cetheoreme
resulte immediate-ment
de lavue
de lafig. 21 ci-dessus.Inversement, tout carre
impair diminue de
Iunite est roc- tupledhm
triangulaire.Par consequent,
pour
savoir si 55 estun
triangulaire,on
Ic multipliepar8 etTon
ajoute i. cequi fait441ou
lecarrede21;done
55 estun
triangulaire;pour
avoir son cote7on
prend lamoitie
du
cotede carrediminue
prealablementde i etTon
trouve 10. Ainsi 55 estle dixiemetriangulaire.E. LUCAS. Recreations mathcm., IV.