Réflexions sur le problème d’analise proposé à la page 131 du X.e volume des Annales
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 11 (1820-1821), p. 125-132
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mettant
donc,
pour les deux arbitraires m, n, dans cette der-nière ,
leurs valeursx z , y z
tirées deséquations
de lacorde ,
onobtiendra,
toutes réductionsfaites,
pourl’équation
de la surfacecherchée,
ce
qui
démontre laproposition
annoncée.Nous aurions pu
facilement ,
ausurplus ,
par desconsidérations purement géométriques ,
déduire le second théorème dupremier ;
mais nous ne
voyons
pastrop
cequ’on peut gagner à remplacer
quelques lignes
de calculpar
ungrand
nombre demots.
Réflexions
surle problème d’analise proposé à la page I3I du X.e volume des Annales;
Par
unABONNÉ.
GERGONNE.
Au Rédacteur des Annales;
MONSIEUR J
Dans la
quatrième
livraison du tome X.e de votreestimable
.recueil,
vous avezproposé
de déterminer la condition ou les conditionsde
rationnalité des racines del’équation
dutroisième degré
I26 QUESTIONS
et
j’avais
eu le dessein dem’occuper
de ceproblème ; mais,
en y
réfléchissant sérieusement,
il m’a sembléqu’il
n’étaitpas ré- soluble y
ou que dumoins ,
s’ill’était ,
ce nepourrait
être que d’une manière peu commode pour les besoins de l’analise.Or,
commelorsqu’un problème
estproposé,
c’estégalement remplir
le but qued’en
donner la solution ou de montrer qne cette solution nepeut
être
obtenue, j’ai pensé que -vous
nedédaigneriez
pas d’accueillirles
réflexionsauxquelles j’ai
été conduit par un examen- attentif de’ce
problème.
Lorsqu’on
cherche àquel
caractère onpeut
reconnaître quel’équation du
seconddegré
a ses deux racines
égales,
on arrive pour résultat àl’équation
Comme cette
équation existe uniquement
entre les coefficiens de laproposée, qu’elle établit une
relation nécessaire entre cescoefficiens et qu’en
un mottout
y estdéterminé ;
onpeut,
paranalogie, se
demander
aussi à quel caractère
on reconnaîtraque l’équation du
troisième
degré
a deux racines égales ; et cette seconde question conduit à l’équation
absolument de même nature que la
précédente.
Onconçoit
mêmeque la
question pourrait
êtreindéfiniment
étendue auxdegrés
su-périeurs,
etqu’elte conduirait , pour
chacund’eux , à
des résultatsanalogues.
Mais
lorsqu’on
dit que , pour que les racines deI’équatiôn
d.second
degré
soient
rationnelles ,
il faut que la fonctionb2-4ac
des coefficiens soit unquarré,
on n’établitpoint proprement
une relation entreces
coefficiens qui
demeurent encore indéterminés,
sous certainesrestrictions
seulement ;
en sorte que cette condition revient àpouvoir
résoudre rationnellement
l’équation
où t est un
nombre
rationneltout-à-fait indéterminé.
Lors donc
qu’on
propose la mêmequestion
pour le troisièmedegré
,l’analogie conduit
àprévoir
que , pour que les racines del’équation
soientrationnelles
, il n’est pas nécessairequ’il
existe entre ses coefficien& seulement une relation
qui puisse
dé-terminer l’un
quelconque
d’entre eux en fonction des .autres ; maisqu’il
suffit pour celaqu’une
certaine fonction de ses coefficiens soitd’une
formeparticulière ,
sans quepourtant
cette forme leur ôteleur
indétermination ,
c’est - à -dire , qu’il faut
que cettefonction soht
.de la même forme
qu’une fonction’
donnée d’une indéterminée t oupeut-être
même deplusieurs ;
maisquelle
est cettefonction ,
-etQUESTIONS
de
quelle forme doit - elle
être ? Ce n’estguère
encoreici qu’a l’analogie qu’on peut
avoir recours.Voyons
donc cequ’elle
nousapprend.
Si
dans l’équation
de condition’on
change t
en 2ay , cequi
estpermis ;
elledeviendra
or , cette
équation
n’est autre que celle àlaquelle
onparvient
enfaisant disparaître
le second terme de laproposée ;
dire donc que, pour que les racines de celle-ci soient rationnelles il faut queb220134ac
soit un
quarré,
c’estdire,
en d’autres termes,qu’il
faut que celles de l’autre le soientaussi;
cequ’on appelle
doncproprement
lacon-
dition de
rationnalité
des racines deséquations
du seconddegré
seréduit
seulement à dire que , pour que les racines d’uneéquation com- plète
du seconddegré soient rationnelles,
il estnécessaire
et il suffitque les racines de
l’équation privée
de son second termejouissent
’de la même
propriété ;
cequi
est d’ailleursévident, puisque
la relationentre
les
inconnues des deuxéquations n’est que
dupremier degré
seulement.
En
nous laissant doncguider
parl’analogie ,
nous serons conduit à dire que, pour que les racines d’uneéquation complète
du troisièmedegré
soientrationnelles,
il est nécessaire et il suffit que les racines del’équation privée
de son second terme soient elles-mêmes ration-nelles,ce qui
n’est pas moinsévident; mais,
tandis que, dans le seconddegré ,
cette conditionpermet
une vérificationfacile, il
n’enest
plus
de même dans letroisième ;
et c’est a telpoint qu’il est.
raisonnablement permis
de douter si lachose
vaut la-peine
d’exé-cuteu
129
cuter le calcul de la
transformation,
et s’il ne vaudrait pas au moinsautant faire immédiatement l’essai sur la
proposée
elle-même.Que
si l’oninsistait,
et si on demandait la condition de ration- nalité d’uneéquation
du troisièmedegré
sans second terme, celareviendrait à faire la même
question
pour celle dusecond ;
et demême que, pour que
l’équation
ait ses racines
rat’ionnelles , il
est nécessaire et il suffit de trouver pouri une valeur
qui
rende la fonction t2égale
à -p ;pour
queJ’équation
ait ses racines
rationnelles ,
il sera nécessaireet il
suffira de trouverpour t
deux valeurs au moinsqui
rendent la fonctiont(t2+p) égale
à -q. Voilàje
crois toute laréponse qu’on peut
raisonnable-ment faire à la
question proposée,
pour le troisièmedegré ;
etje
ne pense pas
qu’on
en ait deplus
satisfaisantes à sepromettre
pour lesdegrés plus
élevés. On pourrabien ,
à lavérité , indiquer
certainesrelations entre les coefficiens
qui
rendent les racinesrationnelles ,
et on aura ainsi des conditions
suffisantes;
maisje
doute que l’onparvienne jamais
à prouver que ces conditions sont nècessaires.(*) Voici ,
ausurplus,
dequelle
manièrepavois attaqué
laquestion
(*)
Quelqu’un
nous avait bien adressé une solution duproblème ;
mais, outreque les
principes
ne nous en ont pas paru assez solidement établis ; on n’a pas démontre que les conditions que ron assignait,suffisantes , à
la vérité , étaientégalement
nécessaires ; et il est même douteuxqu’elles
le soient.J. D. G.
Tom. XI. 18
QUESTIONS
et
quelle
aortede difficulté j’ai
rencontrêè.J’avais pris simplement J’équation
attendu qu’il est toujours
facilede passer
decelle-là à l’autre. On
sait que les racines de cette
équation
sont de laforme
03B1, 03B2 étant les racines
cubiques imaginaires-
de l’unité etA, B
les
racines del’équation
qui, dans le
casdont
ils’agit, doit,
comme l’on-sait, avoir ses
racines imaginaires,
cequi exige qu’on
aitL’équation
auxquarts
desdifférences, qui
estprouve
de plus que cette quantité
doit êtreégale
à unquarré négatif.
Représentant
doncpar I8t
la racine de cequarré, nous
auronsd’où
RÉSOLUES. I3I
ainsi
pour que
les racines de laproposée
soient toutes troisréelles , il
est
d’abord
nécessaire quesoit un
quarré parfait ;
maiscette
condition nesaurait suffire.
Au moyen
de cettetransformàtion
lesquantités A 1 B deviennent
ïnais doivent-elles être dès
cubes parfaits?
ilparait
bien queoui ;
mais ce n’est pas tout que de le soupçonner, et on
pourrait -fort
bien
objecter que peut-être,
endéveloppant
leurs racines enséries,
ce
qui
donneraitévidemment pour
lestrois
dateurs de x des termesrationnels,
tes sériesrésultantes pourraient bien
être de la classe de cellesqu’on
sait- sommerrationnellement, lors même que A et B
ne sont
pas
des cubesparfaits.
Admettons
pourtant ;
bienque
nous nél’ayons pas démontré,
que la condition de rationnalité des racines de la
proposée exige q.ue A
et B soient des cubesparfaits,
et’voyons
d6quoi déperld
cette nouvelle condition. On sait
pat
làthéorie
dé l’extraction des racines desquantités
enpartie
rationnelles et enpartie radicales,
flue,
pour qu’une
fonctionde
laforme G+H
soitexactement
le cube d’une autre fonction de la
forme g+h ,
il faut d’abordque G2-H soient un cube
parfait
conditionqui,
à lavérité,
est
toujours remplie pour A-
etB ; mars
on sait aussi que cetteI32 QUESTIONS
condition nécessaire
n’estpas suffisante,
etqu’il
faut en outrequ’une
certaineéquation
du troisièmedegré
admette tout aumoins
Me
racine rationnelle.
Nousvoilà donc ainsi entraînés,
en suivant la voie même laplus directe dans
unceitle
vicieuxinévitable
lequel
consiste a avoirbesoin ,
pour nous assurer de la rationnalitédes racine d’une équation
du troisièmedegré ;
derésoudre
le mêmeproblème
pour une autreéquation
du mêmedegré.
C’est la oùsont venus constamment aboutir les diverses sortes de tentatives que
rai faites
en assezgrand nombre ,
dans la vue d’amener leproblème
à une heureuseissue; et voilà aussi
cequi
m’a conduità le considérer comme un
problème
tout-à-faitdésespéré.
Agréez J
etc. Lyon,
le23 juillet
1820..QUESTIONS PROPOSÉES.
Théorèmes de Géometrie.
I. SI, considérant successivement deux,
à deuxtrots cercles
tracersur un
même plan,
ondétermine,
pourchaque système
de deuxcercles, les
centresde similitude,
tant internequ’externe ; et
quedans chaque systè- me :
on fasse de ladistance entre
ces deux centres lediamètre
d’unnouveau cercle ; les trois cercles obtenus
par cetteconstruction passeront
parles deux mêmes points ,
et auront ainsiune
corde commune.
Il.
8t , considérant successivement deux
à deuxquatre sphères
situées d’une manière
quelconque dans l’espace ,
ondétermine ,
pourchaque système
de deuxsphères , les
centres désimilitude ,
tantinterne
qu’externe ;
et que , danschaque système ,
on fasse dela distance entre
ces deux
centres le diamètre d’unenouvelle sphère ;
les six
sphères obtenues
par cette construction passerontparles
deuxmêmes