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PHILIPPE VÉZINA
Vf 97
L’influence de la rétroaction positive sur l’estime de soi social, la
perception de l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et
l’anxiété sociale dans un contexte de communication verbale
Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures de P Université Laval
pour P obtention
du grade de maître en psychologie (M.Ps.)
École de Psychologie Faculté des Sciences Sociales
UNIVERSITÉ LAVAL
Décembre 2001 (c) Philippe Vézina, 2001
RÉSUMÉ
Ce mémoire a pour objet d’évaluer, d’une part, les relations entre la perception d’efficacité personnelle sociale, l’estime de soi social, le dialogue interne et l’anxiété sociale et d’autre part, de tenter de modifier ces variables par une intervention basée sur la rétroaction. Un groupe à scores élevés, un groupe à scores moyens et un groupe à scores faibles sont formés d’après les résultats obtenus à un inventaire d’estime de soi social. Un autre groupe sert de témoin. Les résultats démontrent des corrélations significatives entre l’estime de soi social, l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et l’anxiété sociale. Suite à la rétroaction, aucun changement n’est constaté pour l’estime de soi social et l’efficacité personnelle sociale. Des améliorations significatives sont observées pour l’anxiété sociale et le dialogue interne. Toutefois, ces améliorations ne sont pas dues à la rétroaction car elles ne se différencient pas de celles qu’on retrouve aussi dans le groupe témoin.
Candidat à la maîtrise
Janel Gauthier, Ph.D. Directeur de recherche
AVANT-PROPOS
La réalisation de ce mémoire fot pour moi une expérience très enrichissante, tant au point de vue académique que personnel. C’est pourquoi je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui m’ont aidé à poursuivre et à atteindre mes buts. La première personne à qui je dois reconnaissance est bien entendu mon directeur de recherche, le Dr Janel Gauthier. Grâce à sa direction, ses conseils, son esprit critique et sa grande expérience, j’ai été en mesure d’orienter ma recherche dans une
direction très intéressante et pertinente pour ma carrière future. Ma gratitude va également à Karine Lapointe. Bien que nous ne nous soyons rencontrés qu’une fois, Karine a été d’une grande aide pour moi. Avec ses renseignements et ses conseils précieux, elle m’a épargné plusieurs embûches et soucis. Je tiens également à remercier les gens qui ont partagé cette aventure avec moi au quotidien et qui ont su m’encourager et susciter en moi des réflexions pertinentes. Particulièrement, je souligne le support de ma conjointe Damie qui m’a aidé, non seulement pour la correction et l’entrée des données, mais aussi à garder une humeur positive à tout moment. Aussi, je voudrais souligner le grand apport de mes parents Annette et Jacques. L’intérêt qu’ils portent à ce queje fais et la confiance qu’ils ont en moi me procurent de grandes satisfactions. Je ne pourrais pas remettre ce mémoire sans remercier sincèrement les participants de cette étude qui ont bien voulu m’accorder de leur temps à une période où celui-ci était si précieux.
TABLE DES MATIÈRES
Page
RÉSUMÉ... ii
AVANT-PROPOS...iii
TABLE DES MATIÈRES...iv
INTRODUCTION GÉNÉRALE... vi
ARTICLE... 1
Résumé...2
Introduction... 3
L’estime de soi social...3
L’efficacité personnelle sociale... 4
Le dialogue interne...4
L’anxiété sociale... 5
Modèle de causalité bidirectionnelle triadique... 6
La rétroaction... 6 But de l'étude... 7 Méthode... 8 Participants... 8 Recrutement... 8 Échantillon... 8 Instruments de mesure...9 Procédure...12 14 Résultats
Discussion... 19
Références... 25
Note des auteurs... 30
Tableau 1... ....31 Tableau 2... 31 Tableau 3... 32 Tableau 4... ....33 CONCLUSION GÉNÉRALE... 34 BIBLIOGRAPHIE...37
APPENDICE A : Formulaire de consentement... 42
APPENDICE B : Inventaire d’estime de soi social... 44
APPENDICE C : Formulaire de consentement à 1 ’ expérimentation... 47
APPENDICE D : Échelle de perception de l’efficacité personnelle sociale... 49
APPENDICE E : Inventaire d’anxiété situationnelle et de trait d’anxiété (section état)...52
APPENDICE F : Formulaire de consentement post-expérimental...54
INTRODUCTION GÉNÉRALE
A T université et au collège, comme à tous les autres niveaux académiques, les étudiants ont souvent à faire des présentations orales en classe. Face à ces exigences, plusieurs d’entre eux ressentent une grande anxiété sociale, malgré des compétences satisfaisantes et peuvent aller jusqu’à éviter catégoriquement ces situations. Bien sûr, l’inhabileté à faire des présentations orales peut entraîner des conséquences fâcheuses sur la performance académique et l’avancement
professionnel (Beidel, Turner & Dancu, 1985). Quels sont les facteurs qui
différencient ces anxieux sociaux de ceux qui le sont moins ? Aussi, il est rare que les étudiants reçoivent des rétroactions positives sur leurs performances publiques. Le plus souvent, les performances ne sont évaluées par les professeurs qu’à l’aide d’une note quantitative globale. Est-ce suffisant ? Les étudiants ne profiteraient-ils pas d’un bref compte rendu positif, spécifique et détaillé au sujet de leurs habiletés de communication ?
Objectifs
Dans ce mémoire, nous avons tenté de répondre à diverses questions
concernant certains facteurs reliés à l’anxiété sociale. Le présent travail a pour objet, plus précisément, d’étudier les liens entre la perception de l’efficacité personnelle sociale, l’estime de soi social, le dialogue interne, la rétroaction et l’anxiété sociale de jeunes adultes face à une tâche de communication verbale. Pour débuter, nous avons cru pertinent, dans l’état actuel des connaissances, d’évaluer le dialogue
interne, l’estime de soi social et la perception d’efficacité personnelle sociale de personnes qui anticipent une situation de performance publique. Les deux dernières variables ciblent précisément le domaine social, ce qui est, il va sans dire, très pertinent dans l’étude de l’anxiété sociale. Ces mesures sont moins globales et ne s’attardent pas à d’autres sphères du fonctionnement humain (professionnel par exemple). Suite à 1 ’ accomplissement de la tâche de communication orale, les participants ont reçu une rétroaction concernant les aspects positifs de leur performance. Suivant cette rétroaction positive, les participants ont été invités à présenter leur exposé de nouveau pour permettre d’évaluer l’impact de cette intervention sur leur perception d’efficacité personnelle sociale, leur estime de soi social, leur dialogue interne et leur anxiété sociale.
De plus, les résultats de cette étude peuvent aider à identifier des pistes d’interventions pour modifier les variables reliées à l’anxiété sociale, que ce soit en classe ou en clinique. En effet, nous avons évalué le rôle de trois variables
cognitives (estime de soi social, efficacité personnelle sociale et dialogue interne) et d’une stratégie d’intervention (rétroaction) ayant possiblement toutes un rôle à jouer dans une situation sociale très répandue et source d’inconfort: la communication publique. Une plus grande compréhension de ces variables augmenterait
probablement le pouvoir explicatif, prédictif et thérapeutique de nos modèles de l’anxiété sociale.
L’estime de soi social
L’estime de soi est une variable cognitive qui influence le comportement humain. Selon Branden (1969), il n’existe aucun jugement de valeur plus important
que celui qu’un individu porte sur lui-même. L’estime de soi serait impliquée dans chaque réponse émotionnelle et trouverait sa source dans les processus cognitifs. Branden (1969) affirme que l’anxiété pathologique est une crise de l’estime de soi. Nous pouvons définir l’estime de soi comme étant une appréciation personnelle de
soi, de sa valeur, de ses attributs. Le résultat le plus représenté et le plus reproduit
dans la littérature sur l’anxiété sociale est sans doute sa relation négative avec l’estime de soi. Les personnes hautement anxieuses socialement manifestent leur faible estime de soi en rapportant plus d’auto-verbalisations dévalorisantes sur elles- mêmes que ne le font les personnes faiblement anxieuses socialement (Cacioppo, Glass & Merluzzi, 1979). Des chercheurs ont constaté récemment que les phobiques sociaux démontrent une estime de soi social (voir Appendice B) significativement plus faible que des individus souffrant d’un trouble panique ou ne présentant aucun diagnostique sur l’axe I (Turcotte, Gauthier, Simard & !vers, 1998). McCroskey (1977) rapporte des corrélations entre l’appréhension de la communication orale et l’estime de soi allant de -.52 à -.72. Les individus qui ont une faible estime de soi croient que les gens ne les évaluent pas positivement et ressentent ainsi de l’anxiété sociale. Le raisonnement implicite suivant pourrait les caractériser : « Pourquoi est- ce que les gens m’évalueraient positivement? Je ne suis pas valable.» (Leary, 1983, traduction libre).
L’efficacité personnelle sociale
Selon Bandura (1986, 1988, 1997), les croyances (personnelles) en sa propre efficacité contribuent à la qualité du fonctionnement psychosocial. Bandura
motivation, de l’émotion, de la pensée et de l’action. Il affirme que des gens qui possèdent les mêmes habiletés, sociales par exemple, vont effectuer une performance différente en fonction de leurs croyances d’efficacité. Le fonctionnement social adéquat d’un individu requiert donc à la fois des habiletés sociales et la croyance de pouvoir les utiliser effectivement dans diverses circonstances. Toujours selon cet auteur, l’efficacité perçue agit comme régulateur cognitif de l’activation de l’anxiété. La perception de !’efficacité personnelle sociale (voir Appendice D) représente un facteur clé dans les jugements de risques situationnels et de vulnérabilité personnelle aux menaces sociales. Les individus phobiques démontrent un effondrement complet de leur efficacité perçue à faire face à l’objet phobique (Bandura, 1997). Ceci s’est révélé être le cas des phobiques sociaux face à certaines situations sociales (Turcotte, Gauthier et al., 1998).
Le dialogue interne
Lorsque Ton porte attention au dialogue interne d’un individu (voir
Appendice G), nous observons qu’une séquence de pensées est intervenue entre un événement externe et une réaction émotive (Beck, 1976; Meichenbaum, 1977). Les pensées qui occupent la conscience d’un individu proviennent du système de traitement de T information propre à chaque individu. Ces pensées sont presque toujours présentes mais il est d’autant plus pertinent de les observer lorsqu’un individu éprouve une émotion significative. Les différentes émotions reflètent les différences des contenus cognitifs ou des thèmes de la pensée (Beck, 1976, 1985). Il est difficile et controversé de postuler un lien de causalité entre les émotions et les pensées mais nous pouvons affirmer un lien corrélationnel. Par exemple, les
pas capable de parler. Je vais avoir l’air gauche». La personne appréhende d’apparaître faible, stupide, incompétente, laide, déficiente, imparfaite, etc. (Beck,
1976, traduction libre). Ce type de pensées générera de l’anxiété chez celui qui désire être objet d’inclusion sociale. Selon leurs réactions sociales et leurs
apparences, les individus peuvent craindre de perdre leur affiliation sociale qui est tant désirée. Il peuvent craindre d’être rejetés. Kendall et Hollon (1981), ont avancé le concept du pouvoir de la pensée non négative qu’ils appellent power of non
negative thinking. Selon eux, l’ajustement ou l’adaptation de l’individu (coping) se
refléterait plus par l’absence de pensées négatives que par la présence de pensées positives ou neutres. Pour être adapté aux différents environnements (internes et externes), il serait donc primordial de ne pas entretenir une trop grande quantité de pensées négatives.
L’anxiété sociale
Dans la littérature, la terminologie concernant les sentiments d’appréhension et de nervosité dans les situations sociales est très diverse (e.g., timidité, réticence, trac, anxiété interpersonnelle, appréhension de communication, anxiété hétérosociale, anxiété sociale, phobie sociale). Sans être des synonymes, ces termes réfèrent tous à l’anxiété dans les situations sociales (Kelly, 1982; Leary, 1983; Rapee, 1995). Leary (1983) rapporte que la presque totalité des individus ressentent de l’anxiété sociale de temps à autre. Le degré de peur et d’anxiété (voir Appendice E) générées par une
situation sociale comme, par exemple, les présentations orales, diffère en fonction de certaines variables telles que la composition du groupe qui observe, sa taille, le sexe et le statut social de l’auditoire ainsi que le degré de formalité de la situation (Rapee,
1995). La configuration bio-psychologique de l’être humain lui permet de vivre cette émotion intense et déplaisante face à la perception de danger. Selon Beck (1985), l’anxiété est un mécanisme primitif qui incite l’organisme à réduire le danger perçu. La fonction de l’anxiété sociale est d’avertir l’individu qu’il est vulnérable aux sanctions sociales et du danger de perdre son affiliation sociale. L’aliénation des gens pourrait produire le rejet et la désapprobation de la part du groupe de pairs. De plus, comme l’inclusion sociale est un intérêt vital de l’organisme, la mise à l’écart (réelle ou perçue) est une source importante d’anxiété et de détresse. Donc, pour éviter cette détresse, l’individu est hautement motivé à obtenir !’approbation d’autrui; s’il se comporte de façon à perdre son affiliation sociale, il ressent un signal (anxiété) qui l’incite à modifier ses comportements.
La rétroaction
Comme il a été mentionné, plusieurs auteurs ont souligné que l’anxiété sociale est produite et maintenue en grande partie par des variables cognitives. Rapee (1995) affirme que les phobiques sociaux ont une forte tendance à percevoir leur performance comme étant inadéquate et ce, sans fondement objectif. Il a été démontré que les anxieux sociaux minimisent les aspects positifs de leur performance sociale et en exagèrent les aspects négatifs comparativement à l’évaluation de juges indépendants (Clark & Arkowitz, 1975). Ils ont également tendance à percevoir l’évaluation d’autrui de façon moins favorable que ne le font les
non anxieux sociaux (Smith & Sarason, 1975). Ils croient que les autres pensent négativement à leur égard. C’est pour cela que notre rétroaction ne comporte que des aspects positifs, pour éviter ce biais perceptif. Bref, l’anxiété sociale est déterminée en grande partie par un traitement particulier de !’information. Il est donc raisonnable de penser que la modification des variables cognitives, par une intervention informationnelle, puisse avoir un impact sur les individus. Un des moyens pouvant être utilisé dans ce but est la rétroaction.
L’intervention basée sur la rétroaction peut se définir comme «les actions prises par un (des) agent(s) exteme(s) pour fournir de !’information concernant un (des) aspect(s) de la performance d’un individu» (Kluger & DeNisi, 1996, traduction libre). De nombreuses recherches ont été effectuées pour vérifier les effets de la rétroaction. Entre autres, une procédure de rétroaction télévisuelle à été démontrée comme étant un moyen utile pour modifier les habiletés de communication d’étudiants lors de situations anxiogènes (Hays & Waddell, 1976). Également, des chercheurs ont mis en évidence qu’une rétroaction comportant des informations fausses concernant la fréquence cardiaque d’individus anxieux lors des communications publiques avait comme effet de modifier leur anxiété subjective, les signes externes d’anxiété et leur aisance au cours d’une performance subséquente (Borkovec, Wall & Stone, 1974). De plus, McQuillen et Storey (1993) ont démontré qu’une rétroaction motivationnelle (renforcements positifs, éloges et empathie) augmentait la confiance des sujets faiblement et hautement appréhensifs face à la communication. Ces auteurs ont également indiqué que les individus très appréhensifs répondaient plus fortement à ce type de rétroaction que ceux qui sont
moins appréhensifs.
Les gens utilisent régulièrement Γévaluation que les autres font de leur performance. Les réactions d’autrui sont une source importante d’information à propos de soi et déterminent en bonne partie les croyances, le concept de soi, l’estime de soi et l’efficacité personnelle (Bandura, 1997 ; Leary, 1983; Wylie, 1974). Une évaluation adéquate de ses aptitudes et performances est d’une valeur considérable pour favoriser un fonctionnement adapté. Par conséquent, un individu qui juge négativement ses capacités pourrait profiter de l’obtention d’une évaluation plus réaliste et positive. Sans égard au moyen utilisé, le changement psychologique s’opère par des processus cognitifs (Bandura, 1997). Par conséquent, pour altérer l’anxiété sociale des gens, les moyens utilisés doivent modifier ces processus cognitifs et ces processus peuvent être modifiés par la rétroaction. Pour avoir un effet significatif, la rétroaction doit être faite en respectant certains aspects. Par exemple, une rétroaction qui est trop brève risque de ne pas avoir un impact aussi important qu’une rétroaction plus élaborée. Aussi, la personne qui émet la rétroaction peut influencer son effet (sa crédibilité, son habileté à être persuasive, etc). Kluger & DeNisi (1996) mentionnent plusieurs variables qui altèrent l’influence d’une rétroaction.
L’influence de la rétroaction positive sur l’estime de soi social, la perception de l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et l’anxiété sociale dans un
contexte de communication verbale
Philippe Vézina et Janel Gauthier École de psychologie
Résumé
Cette recherche a pour objectifs d’une part, d’évaluer les relations entre la perception d’efficacité personnelle sociale, l’estime de soi social, le dialogue interne et l’anxiété sociale et, d’autre part, de tenter de modifier ces variables par une intervention basée sur la rétroaction positive. Un groupe à scores élevés, un groupe à scores moyens et un groupe à scores faibles sont formés d’après les résultats à l’Inventaire d’estime de soi social. Un autre groupe sert de témoin. Les résultats démontrent des corrélations significatives entre les variables. Suite à la rétroaction, aucun changement n’est constaté pour l’estime de soi social et l’efficacité personnelle sociale. Des améliorations significatives sont observées pour l’anxiété sociale et le dialogue interne. Toutefois, ces améliorations ne sont pas dues à la rétroaction car elles ne se différencient pas de celles qu’on retrouve aussi dans le groupe témoin.
L’influence de la rétroaction positive sur l’estime de soi social, la perception de l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et l’anxiété sociale dans un
contexte de communication verbale
L’inhabileté à faire des présentations orales, due à une anxiété sociale handicapante, peut entraîner de sérieuses conséquences sur la performance
académique et l’avancement professionnel (Beidel, Turner & Dancu, 1985). Quelles sont les particularités cognitives qui différencient ces anxieux sociaux de ceux qui le sont moins ? Aussi, pour altérer l’anxiété sociale et les facteurs cognitifs associés, un bref compte rendu positif spécifique et détaillé au sujet des habiletés de
communication de l’individu ne profiterait-il pas aux personnes socialement
anxieuses ? Cet article fait état d’une étude qui avait pour but de vérifier l’influence de la rétroaction positive sur l’estime de soi social, l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et l’anxiété. Au préalable, nous avons vérifié le degré de relation qui existe entre ces variables et ce, avant et après la rétroaction.
L’estime de soi social
La nature positive ou négative de l’auto-évaluation d’une personne a des effets profonds sur ses processus de pensée et ses émotions (Branden, 1969). Les gens qui ont une faible estime de soi sont plus susceptibles de souffrir d’anxiété sociale que ceux qui ont une estime de soi plus élevé (Leary, 1983). Des auteurs ont rapporté des corrélations négatives entre l’estime de soi et des construits tels que l’anxiété sociale, l’appréhension de la communication, l’évitement social et la détresse (Clark
& Arkowitz, 1975; McCroskey, 1977; Riggio, Throckmorton & De Paola, 1990). Beck (1985) mentionne que les anxieux sociaux, lorsqu’observés par autrui, ont très peur de révéler une quelconque faiblesse de leur personnalité. Ceci ne pourrait conduire qu’à !’humiliation, à l’embarras et au rejet. Dans le contexte social, la variable d’estime de soi social peut être définie comme étant «...Tauto-évaluation dérivée d’un sentiment positif à propos du soi social d’un individu» (Riggio,
Throckmorton & De Paola, 1990, traduction libre). Des chercheurs ont constaté que les phobiques sociaux ont une estime de soi social plus faible que des individus souffrant d’un trouble panique ou ne présentant aucun diagnostique sur Taxe I (Turcotte, Gauthier, Simard & !vers, 1998).
L’efficacité personnelle sociale
Bandura définit l’efficacité personnelle comme étant «les croyances d’un individu en ses capacités d’organiser et d’exécuter les actions nécessaires pour produire une performance» (1997, p.3, traduction libre). Bandura (1986, 1988, 1997) a démontré que l’anxiété est largement le produit de l’inefficacité perçue à exercer du contrôle face à des événements potentiellement dangereux. Les individus phobiques démontrent un effondrement complet de leur efficacité perçue à faire face à l’objet phobique (Bandura, 1997). Ceci s’est révélé être le cas des phobiques sociaux face à certaines situations sociales (Turcotte, Gauthier et al., 1998). L’efficacité
personnelle sociale est constituée des croyances d’un individu à l’égard de ses habiletés à maîtriser différentes situations sociales (Connoly, 1989).
Le dialogue interne
!’information ont un pouvoir d’auto-activation important (Bandura, 1997; Beck, 1976; Kendall & Hollon, 1981; Meichenbaum, 1977). Selon Beck (1976), les émotions sont générées par des pensées qui apparaissent sous formes verbales ou picturales. Des cognitions négatives erronées jouent un rôle majeur dans l’anxiété sociale (Beck & Emery2 1985; Beidel, Turner & Dänen, 1985; Clark & Arkowitz, 1975; Smith & Sarason, 1975). Par exemple, les individus socialement anxieux présentent un nombre plus élevé de cognitions négatives et moins élevé de cognitions positives que des non anxieux (Cacioppo, Glass & Merluzzi, 1979; Stopa & Clark,
1993; Turner, Beidel & Larkin, 1986). Les auto-verbalisations négatives sont reliées aux mesures d’anxiété (Dodge, Hope, Heimberg et Becker, 1988).
L’anxiété sociale
Selon Spielberger (1972, 1993b), l’anxiété se caractérise par des sentiments déplaisants de tension, de nervosité et d’inquiétude qui sont perçus par la conscience et par l’activation du système nerveux autonome. Bandura (1988, 1997) affirme que l’anxiété est un état d’appréhension anticipatoire concernant des événements
possiblement dommageables. Elle implique une activation affective anticipatoire cognitivement étiquetée comme un état de peur. L’anxiété est un mécanisme primitif qui incite l’organisme à réduire le danger perçu. La fonction de l’anxiété sociale est d’avertir l’individu qu’il est vulnérable aux sanctions sociales (Beck, 1985). En communication orale, une certaine appréhension est une réponse courante et même normale à une situation relativement stressante et menaçante (McCroskey, 1977). Toutefois, 20% de la population démontre une peur excessive de parler en public qui a un caractère pathologique chez 2% des gens (DSM-IV, 1996). Parler en public est
la peur sociale la plus fréquente et la situation la plus anxiogène chez les anxieux sociaux (Barlow, 1988; Beidel, Turner & Dancu, 1985; Holt, Heimberg & Hope,
1992).
Modèle de causalité bidirectionnelle triadique
Ce modèle bio-psycho-social est supporté par de nombreuses recherches dans plusieurs domaines. Le choix de ce modèle repose sur le postulat qu’une compréhension complète de l’humain requière une perspective intégrée dans laquelle les influences sociales opèrent à travers des processus de l’organisme pour produire des actions (Bandura, 1997). Ce modèle inclut trois déterminants interdépendants majeurs (Bandura, 1986, 1988, 1997). Selon ce modèle, les facteurs internes personnels, sous la forme d’événements cognitifs, affectifs et biologiques; les facteurs comportementaux; et les facteurs environnementaux s’influencent de façon bidirectionnelle. L’anxiété sociale est déterminée en partie par les facteurs internes cognitifs d’un individu, tels que l’efficacité personnelle, l’estime de soi et le dialogue interne. Les situations sociales ou de performance dans lesquelles l’individu est en contact avec des gens non familiers ou exposé à l’éventuelle observation attentive d’autrui sont des déterminants environnementaux de la phobie sociale (DSM-IV, 1996). De plus, les comportements d’évitement et de retrait amèneront les gens de l’entourage à percevoir l’anxieux d’une façon moins positive (Boisvert, Bertrand & Morier, 1999). Ces comportements l’empêcheront de restructurer ses croyances négatives.
La rétroaction
de Γinformation. Il est donc raisonnable de penser que la modification des variables cognitives, par une intervention informationnelle, puisse avoir un impact sur les individus. L’intervention basée sur la rétroaction peut se définir comme «les actions prises par un (des) agent(s) exteme(s) pour fournir de !’information concernant un (des) aspect(s) de la performance d’un individu» (Kluger & DeNisi, 1996, traduction libre). Les réactions d’autrui sont une source importante d’information à propos de soi et.déterminent en bonne partie les croyances, le concept de soi, l’estime de soi et l’efficacité personnelle (variables personnelles internes) (Bandura, 1997 ; Leary, 1983; Wylie, 1974). Une évaluation adéquate de ses aptitudes et performances est d’une valeur considérable pour favoriser un fonctionnement adapté. De nombreuses recherches, avec des conclusions parfois contradictoires, ont été effectuées pour vérifier les effets de la rétroaction (Baron, 1988 ; Borkovec, Wall & Stone, 1974 ; Brockner, Derr et Laing, 1987 ; Hays & Waddell, 1976 ; McQuillen et Storey, 1993 ; O’Banion et Arkowitz, 1977). Par exemple, dans leur méta-analyse, Kluger et DeNisi (1996) rapportent les grandeurs d’effets extraits de 131 études. La moyenne de leur distribution est de 0.41, suggérant un effet positif modéré de la rétroaction sur la performance. Toutefois, plus de 38% des effets étaient négatifs.
But de l'étude
Cette étude a pour but de vérifier l’influence d’une rétroaction positive sur les variables suivantes : L’estime de soi social, l’efficacité personnelle sociale, le
dialogue interne et l’anxiété. Préalablement, nous avons vérifié les relations qui existent entre ces variables. Nous posons l’hypothèse qu’en donnant une rétroaction positive et réaliste, en attirant !’attention de l’individu sur ses aptitudes et sur ce qu’il
réussit bien, nous augmenterons la perception de l’efficacité personnelle sociale, augmenterons l’estime de soi social, améliorerons le dialogue interne et réduirons l’anxiété. De plus, nous nous attendons à observer des relations significatives entre l’anxiété sociale et la perception de l’efficacité personnelle sociale, l’estime de soi social et le dialogue interne.
Méthode Participants
Recrutement Des étudiants d’une population collégiale ont été sollicités dans les établissements d’enseignement de la région de Québec. Les individus devaient avoir 18 ans et plus, avoir rempli le formulaire de consentement et répondre à l’Inventaire d’estime de soi social (Gauthier, Samson, Turbide et Lawson, 1981). Sur les 490 étudiants rencontrés dans différentes classes collégiales, 256 se sont portés volontaires pour l’étude en répondant initialement à cet inventaire, soit un taux de participation de 52%. Ces 256 participants ne font que répondre à l’inventaire et nous leur mentionnons que 80 d’entre eux seront contactés par téléphone pour poursuivre l’étude. Les participants ont ensuite été sélectionnés sur la base de leur résultat pour former les groupes à l’étude. Donc, les résultats de notre étude se basent sur ces 80 participants sélectionnés.
Échantillon L’échantillon est composé de 80 individus regroupés en groupes de 20 participants. Les participants du groupe témoin ont été choisi aléatoirement parmi les 256 volontaires ayant répondus à l’Inventaire d’estime de soi social. Ensuite, un groupe expérimental a été formé en choisissant les 20 participants ayant obtenu les scores les plus élevés à l’Inventaire d’estime de soi social; un autre en
choisissant les 20 participants ayant obtenu les scores les plus bas ; et un autre avec les 20 participants ayant obtenu les scores les plus près de la moyenne de notre échantillon. Cette façon de répartir les participants en 4 groupes (1 témoin et 3 expérimentaux) avait pour but de vérifier si l’effet de la rétroaction se fait de façon différentielle selon le niveau d’estime de soi social.
Instruments de mesure
L’Inventaire d’estime de soi social (Social Self-Esteem Inventory ; Lawson, Marshall & McGrath, 1979)
Cet instrument est composé de 30 items descriptifs dont la moitié est sous forme d’affirmations positives et l’autre moitié sous forme d’affirmations négatives. Les participants doivent répondre aux questions en se référant à une échelle de type «Likert» en six points qui va de complètement différent de moi (1) à exactement
comme moi (6). L’inventaire a été traduit et adapté en français par Gauthier,
Samson, Turbide et Lawson (1981). Cette version fait preuve d’une bonne
consistance interne (alpha = .93) et d’une fidélité test-retest élevée pour une période de cinq semaines (r= 0.95; p< .001).
L’Échelle de perception de l’efficacité personnelle sociale (Adolescent Social Self- Efficacy Scale ; Connolly, 1989)
Cette échelle contient 25 items qui décrivent des événements sociaux communs qui peuvent être problématiques. Les participants doivent évaluer leur capacité à faire face à ces situations à l’aide d’une échelle de type «Likert» en 6 points allant de très difficile à faire (1) à très facile à faire (6). En ce qui concerne la consistance interne, les coefficients «alpha» sont de .90 et .92 pour deux populations
différentes d’étudiants. La fidélité test-retest est élevée pour une période de deux semaines (r = 0.84 ; p < .001). L’échelle de Connoly (1989), qui s’appliquait initialement à une population adolescente, a été traduite et adaptée pour une population francophone plus générale (Turcotte et al., 1998).
La Procédure de listage des pensées (Thought-Listing Technique. Brock, 1967 ; Greenwald, 1968 ; Cacioppo & Petty, 1981)
Cette technique consiste à demander aux participants de lister les pensées qu’ils ont eues pendant un intervalle de temps donné. Suite à ce listage, les sujets et/ou les juges évaluent les pensées selon certaines dimensions. Dans l’anxiété sociale, il est habituel d’évaluer la valence des pensées (positive, négative et neutre). Cacioppo, Glass et Merluzzi (1979) rapportent une corrélation de .95 entre les évaluations de deux juges. Pour les analyses, les pensées étaient cotées par 2 juges (Cacioppo et al., 1979). Pour mesurer l’effet du dialogue interne sur l’anxiété, les pensées ont été séparées en trois catégories selon leur valence : Dialogue positif, dialogue négatif et dialogue neutre. La somme des pensées pour chaque catégorie a été divisée par la somme totale des pensées pour donner trois proportions de dialogue interne. La somme des trois proportions étant égale à 1,1a régression ne peut
contenir que 2 des 3 proportions, soit le dialogue positif et le dialogue négatif, pour éviter de répéter la même information. Nous avons exclus le dialogue interne neutre de nos analyses car celui-ci est moins pertinent. Selon Cacioppo et Petty (1981), une pensée cotée «positive» est favorable à l’individu, mentionne des attributs désirables, des associations positives, des émotions plaisantes ou supporte la validité de la situation expérimentale et inversement pour une pensée cotée «négative». Les
pensées restantes sont cotées «neutre» car elles ne présentent pas d’émotion en regard du participant ou de la situation ou sont hors propos. Les pensées neutres, contrairement aux positives et négatives, sont donc moins pertinentes comme cibles d’intervention.
L’Inventaire d’anxiété situationnelle et de trait d’anxiété HASTA-Y1 (State-Trait Anxiety Inventory (STAI-Y) ; Spielberger, 1993a et b)
Pour cette étude, seule la forme d’anxiété-état (anxiété situationnelle) de l’inventaire est utilisée car le but premier est de vérifier la condition d’anxiété temporaire (état) des participants dans une situation spécifique. Cette mesure n’est pas une mesure d’anxiété sociale. Cependant, en mesurant l’anxiété ressentie dans une situation sociale, nous mesurons l’anxiété sociale. Cette échelle est composée de 20 affirmations évaluant la réponse émotionnelle actuelle du sujet face à la situation. Les réponses sont donc spécifiques à notre situation expérimentale. L’inventaire d’anxiété est présenté par les auteurs sous la bannière «évaluation personnelle» pour ne pas influencer les réponses des participants. Les participants évaluent leur
sentiment à l’aide d’une échelle de type «Likert» à quatre points allant de pas du tout (1) à beaucoup (4). L’échelle indique des coefficients alpha chez des étudiants de sexe masculin de .91 et de sexe féminin de .93. L’inventaire de Spielberger a été traduit et adapté par Gauthier et Bouchard (1993). Ces auteurs ont administré la version originale et sa traduction à des sujets bilingues (dans un ordre contrebalancé) pour vérifier empiriquement !’équivalence de la version originale et de la traduction. Les analyses portant sur la fidélité et la validité de construit révèlent que les qualités psychométriques de la version française sont comparables à la version anglaise. En
effet, les deux versions sont corrélées à .46 (g < .05) en ce qui concerne l’échelle d’anxiété situationnelle. Pour la consistance interne, les coefficients «alpha» sont de .94 et de .86 pour les échantillons masculin et féminin respectivement.
Procédure
Suite à la passation de l’Inventaire d’estime de soi social. 80 participants ont été sélectionné de la façon décrite plus haut. Ils ont ensuite été contactés par téléphone pour poursuivre l’étude en se rendant au laboratoire. Une fois sur place, ils ont été invité à signer un 2e formulaire de consentement pour débuter 1 ’expérimentation. Dès le départ, tous les participants ont répondu à l’Échelle de perception d’efficacité personnelle sociale. On leur a ensuite dit qu’ils devraient faire une présentation orale d’environ 5 minutes en leur soulignant que leur performance et leurs habiletés de communication seraient évaluées par 1 ’expérimentateur et par 5 observateurs par le biais d’une caméra vidéo. En réalité, il n’y avait aucun observateur et la performance n’était évaluée que par 1 ’ expérimentateur. Le participant était debout, seul avec 1 ’expérimentateur et la caméra, dans un local de taille moyenne. Après avoir informé le participant de sa tâche, 1 ’ expérimentateur est sorti de la pièce pendant 3 minutes pour laisser le temps aux participants de générer des auto-verbalisations. L’expérimentateur disait qu’il allait terminer les derniers préparatifs techniques et informer les observateurs de l’imminence de la présentation. Dès le retour de 1 ’expérimentateur, le participant devait noter et coter ses pensées (selon leur valence). Ensuite, les gens disposaient de 3 minutes pour préparer un sujet de présentation orale de leur choix. Les sujets choisis étaient très variés (intérêts personnels, cheminement scolaire, actualité, etc.).
Immédiatement avant de faire leur présentation, les participants ont répondu à la section «état» de LInventaire d’anxiété état-trait, forme Y. Le participant a ensuite présenté son exposé devant 1 ’expérimentateur, et la caméra était mise en fonction. Suite à cet exposé, 1 ’ expérimentateur éteignait la caméra et sortait quelques instants pour aller consulter les observateurs factices. Une fois de retour, pour les 3 groupes expérimentaux, 1 ’expérimentateur donnait une rétroaction de succès au participant qui provenait supposément d’un consensus entre les évaluateurs. Le groupe contrôle ne recevait qu’un commentaire général («C’est bien, merci») au lieu d’une rétroaction détaillée. La rétroaction consistait à identifier les 6, 7 ou 8 habiletés (comme les gestes, l’intérêt, la clarté et la prononciation) les plus saillantes et les plus réalistes chez chacun des participants. Nous avons décrit l’habileté en termes objectifs et généraux et si possible, nous avons souligné !’application particulière et spécifique que fait l’individu de cette habileté avec les avantages qu’en retire l’individu et l’auditoire. La rétroaction durait un peu moins de 5 minutes. Suite à cette rétroaction réaliste et positive, le participant a été invité à répéter le même exposé. Nous disions que ceci nous donnait la chance de mieux observer leurs habiletés. La procédure employée alors était identique à la première fois avec sortie de !’expérimentateur pour générer des auto-verbalisations, listage de ces pensées, questionnaire d’anxiété et présentation de l’exposé devant la caméra et 1 ’expérimentateur. La seule différence réside dans l’absence de rétroaction pour le second exposé. Pour terminer l’expérimentation, le participant répondait à l’Inventaire d’estime de soi social et à l’Échelle de perception de l’efficacité personnelle sociale. Une fois 1 ’ expérimentation terminée, le participant recevait un
«debriefing» complet oralement et par le biais d’un 3e formulaire de consentement. Les participants étaient alors informés de la procédure réelle de la recherche. Nous les avons questionné à propos de leurs réactions pour vérifier l’impact de la méthode utilisée. Comme il s’agissait d’étudiants en sciences humaines, la majorité d’entre eux étaient intéressés par les méthodes expérimentales de ce domaine. Aucune réactions négatives majeures n’a été constaté. Des coordonnées d’aide psychologique étaient disponibles pour orienter les individus qui pouvaient avoir besoin de traiter leur difficultés d’anxiété sociale présentes avant l’étude. Certains d’entre eux ont aussi bénéficiés de conseils.
Résultats Description de !’échantillon
Notre bassin de 256 volontaires est composé de 24.6 % d’hommes (n = 63) et de 75.4% de femmes (n = 193), tous célibataires. Pour les 80 individus participant à
1 ’expérimentation, il y a 27.5% d’hommes (n = 22) et 72.5% de femmes (n = 58). L’âge moyen est de 18.8 ans avec un écart-type de 1.03 et une médiane de 18.5. Leur estime de soi social comporte les caractéristiques suivantes: moyenne =141 (centile 57), écart-type = 23.81, médiane = 145, valeur minimale = 73 (centile 1) et valeur maximale =177 (centile 100). Le tableau 1 décrit les caractéristiques de chacun des 4 groupes de participants lors de leur formation à partir des résultats obtenus à l’Inventaire d’estime de soi social.
Relations observées avant !’intervention
Afin de connaître les relations entre les variables à l’étude, nous avons effectué des analyses corrélationnelles. Le tableau 2 présente les résultats de ces analyses.
Insérer le Tableau 2 approximativement ici
Ce tableau révèle que la corrélation de Spearman est significative pour
l’efficacité personnelle sociale (EPS) et l’estime de soi social (ESS) (r = 0.72 ; p <0.0001) ; !’EPS et le dialogue négatif (r = -0.40 ; p < 0.0002); l’ESS et le dialogue négatif (r = -0.42 ; p < 0.0001). Toutefois, les résultats du dialogue interne positif en relation avec l’EPS (r = 0.11 ; p < 0.3), le dialogue négatif (r = -0.13 ; p < 0.24) et LESS (r = 0.05 ; p = 0.6) ne sont pas significatifs. Étant donné ces résultats, et pour éviter les problèmes de multi-colinéarité, les régressions sont effectuées séparément. En ce qui concerne les liens entre les premières mesures d’ESS et d’anxiété, la corrélation de Spearman révèle un coefficient significatif (r = — 0.65 ; p <0.0001). Il y a donc une relation linéaire négative entre LESS et l’anxiété sociale. Pour déterminer la forme de liaison existant entre les deux variables, une régression de Poisson a été appliquée (modèle log linéaire généralisé). Les résultats sont
significatifs pour LESS |־χ2(1) = 5.83, p<0.016], La régression appliquée s’ajuste bien.
La relation entre les mesures initiales d’EPS et d’anxiété est examinée à l’aide de la corrélation de Spearman qui révèle un coefficient significatif
(l= -0.54 ; p <0.0001). Par la suite, la régression s’ajuste assez bien et démontre
également une relation significative entre les variables [¿ (1) = 4.32, p <0.037]. La corrélation de Spearman appliquée sur les premières mesures du dialogue positif et l’anxiété révèle un coefficient non significatif (r = -0.12 ; p <0.3).
Cependant, la régression effectuée met à jour des résultats significatifs [¿ (1) =4.38,
P <0.04]. Le dialogue positif est donc négativement mais faiblement relié à l’anxiété sociale. En ce qui a trait au dialogue négatif,־ la corrélation de Spearman en arrive à
un coefficient significatif (r = 0.28 ; p< 0.007). Le modèle appliqué démontre une relation significative entre le dialogue négatif et l’anxiété sociale [¿ (1) =3.23, p
<0.047].
Effets de la rétroaction sur les variables
Pour connaître l’effet de !’intervention de rétroaction sur les différentes mesures, nous avons formé deux groupes. Un groupe est constitué des 60
participants ayant reçu !’intervention de rétroaction et un autre groupe est formé par les 20 participants du groupe témoin. Les moyennes et écarts-types des deux groupes se retrouvent au tableau 3. Ces 2 groupes servent à mesurer les effets de !’intervention pour répondre à notre questionnement initial sur l’effet de la rétroaction sur nos variables. L’analyse de variance avec mesures répétées est utilisée.
Insérer le Tableau 3 approximativement ici
dans le temps [F (3,71) = 0.27, p <0.6] qu’entre les deux groupes [F (3,71) = 0.01, p <0.9], ne sont pas significatifs. Il n’y a aucun effet d’interaction temps x groupes [F (3,71) = 0.12, p <0.73]. L’intervention et la répétition de la tâche n’agissent pas sur !’EPS.
De même pour LESS, les résultats indiquent que le groupe avec rétroaction n’est pas significativement différent du groupe témoin [F (3,71) = 0.09, p <0.78] et que LESS ne change pas d’un temps à l’autre [F (3,71) = 0.02, p <0.88]. Aucun effet d’interaction n’est significatif [F (3,71) = 1.53, p <0.22].
En ce qui concerne l’effet de !’intervention sur l’anxiété, les résultats indiquent une baisse significative de l’anxiété dans le temps [F (3,71) = 80.36, p <0.0001], Comme l’indique le tableau 4, l’anxiété passe d’une moyenne de 41.98 à 34.88 chez le groupe expérimental après la rétroaction et de 43.4 à 35.95 chez le groupe témoin. Toutefois, ces deux groupes ne sont pas significativement différents [F (3,71) = 0.71, p <0.46]. De plus, on n’observe pas d’effet d’interaction significatif
g (3,71) = 0.12, p <0.72].
La présence de dialogue interne positif est significativerhent plus grande à la deuxième série de mesures qu’à la première [F (3,71) = 31.43, p <0.0001],
Toutefois, les deux groupes (expérimental et témoin) ne sont pas significativement différents [F (3,71) = 1.83, p <0.26]. De plus, il n’y a aucun effet d’interaction significatif [F (3,71) = 1.2, p <0.27].
Pour le dialogue interne négatif, le groupe expérimental et le groupe témoin démontrent des baisses significatives dans le temps [F (3,71) = 8.3, p <0.005] mais qui ne sont pas différentes d’un groupe à l’autre [F (3,71) = 0.0, p<0.95]. Aucun
Relations observées après !’intervention
Les relations entre les variables sont de nouveau vérifiées avec la série de mesures prises après !’intervention (voir Tableau 4). En plus des corrélations de Spearman, des régressions sont effectuées pour les relations avec l’anxiété. effet d’interaction n’est constaté [F (3,71) = 0.65, g <0.42].
Insérer le Tableau 4 approximativement ici
Les coefficients pour l’EPS en relation avec LESS (r = .75 ; g <0001) et le dialogue négatif (r = -0.23 ; g <.04) sont significatifs. Toutefois, sa relation avec le dialogue positif (r = 0.07 ; g <.53) n’est pas significative. Ces résultats sont
comparables aux relations avant !’intervention.
L’ESS et le dialogue négatif sont encore corrélés mais de façon
marginalement significatives (r = -0.20 ; g <08). L’ESS et le dialogue positif (r = 0.09 ; g <39) ne sont toujours pas corrélés.
Le dialogue positif et le dialogue négatif sont, cette fois, significativement corrélés (r = -0.39 ; g <0001). Ceci contraste avec les résultats non significatifs observés avant !’intervention.
La corrélation de Spearman démontre toujours une relation entre LESS et l’anxiété sociale (r = -0.63 ; g <0.0001). La régression appliquée s’ajuste toujours bien et révèle une relation significative entre LESS et l’anxiété sociale [¿ (1) =13.15, g <0.0003],
avec Γanxiété pour notre deuxième série de mesures. En effet, la corrélation de Spearman révèle un coefficient significatif (r = -0.44 ; p <0.0001). Toutefois, la régression ne donne plus de relation significative lorsque les 4 groupes d’ESS sont confondus \¿ (1) =0.96, p <0.33], probablement parce que le modèle s’ajuste difficilement (valeur/dl =1.41).
En ce qui concerne l’anxiété et le dialogue négatif, les relations démontrées par la régression de Poisson (1) =9.86, p <0.002] et la corrélation de Spearman (r = .28 ; p <009) sont encore significativement présentes. Pour le dialogue positif, la régression est significative (1)=4.16, p <0.04], contrairement au coefficient de Spearman (r = -0.02 ; p <87). Ces résultats du dialogue interne sont tous
comparables à ceux d’avant !’intervention. Discussion
L’étude présente avait pour objectif de vérifier !’influence d’une brève rétroaction positive sur l’estime de soi social, l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et l’anxiété de jeunes adultes dans un contexte de communication publique. Nous avons préalablement vérifié le degré de relation qui existe entre ces variables. Pour atteindre ces objectifs, des étudiants de niveau collégial ont été recrutés. Par la suite, trois groupes ont été formés d’après les résultats obtenus à un inventaire d’ESS, soit un groupe à scores faibles, un groupe à scores moyens et un groupe à scores élevés. De plus, un groupe témoin aléatoirement sélectionné servait à contrôler l’effet de répétition de la tâche.
Les hypothèses de cette recherche ont été confirmées en partie seulement. Tout d’abord, cette étude démontre qu’il existe une relation linéaire négative entre
LESS et l’anxiété sociale et ce, peu importe le moment de la mesure. Donc, moins un individu évalue ses attributs sociaux de façon positive, plus il sera enclin à ressentir de l’anxiété en situation sociale ou de performance.
De plus, cette étude ajoute une autre démonstration empirique au travail de Bandura (1997) en démontrant que globalement, les mesures d’anxiété sociale et d’EPS sont significativement corrélées et ce, avant et après !’intervention. Donc, l’anxiété sociale diminue lorsqu’un individu a de fortes croyances en ses habiletés à maîtriser les situations sociales et inversement. Par contre, bien que les mesures soient toujours corrélées, suite à !’intervention, la régression ne donne plus de relation significative lorsque les 4 groupes sont confondus. Ceci peut être attribuable à un mauvais ajustement du modèle suite à !’intervention (valeur de 1.41) ou à une variance plus petite.
En ce qui concerne le dialogue interne, notre étude permet d’observer que, tant avec les mesures prises avant qu’après !’intervention, un niveau élevé d’anxiété est associé à des pensées négatives alors qu’un faible niveau d’anxiété est relié à des pensées positives. Plus un individu est anxieux en situation sociale ou de
performance, plus il sera possible de constater qu’il entretient des pensées négatives. Cette observation concorde avec les affirmations de Beck (1976, 1985). Aussi, un individu qui se parle intérieurement en termes positifs présente une stratégie d’adaptation efficace contre l’activation de l’anxiété. L’utilisation du concept du pouvoir de la pensée non négative (traduction libre de power of non negative
thinking) de Kendall et Hollon (1981) trouve sa pertinence ici.
sur les différentes variables à l’étude, nos résultats démontrent que la rétroaction, lorsque mesurée globalement, n’ajoute pas significativement à l’effet de la répétition de la tâche de communication orale. L’effet de la rétroaction ne s’est pas distingué de celui de la répétition de la tâche. La répétition de la tâche apporte de
!’information à l’individu. Il est possible que cette information aie eu un effet significatif et elle est venue obscurcir l’effet possible de la rétroaction verbale. Il est aussi possible que la répétition de la tâche déclenche un phénomène d’habituation ou d’extinction de réponses, ce qui pourrait expliquer nos résultats. Kluger et DeNisi (1996) affirment que les interventions basées sur la rétroaction obtiennent des résultats souvent contradictoires et ceci peut être causé par de nombreuses variables modérant l’effet de la rétroaction. Nous pouvons aussi penser que, dans notre étude, la rétroaction n’est pas donnée de façon à ajouter aux effets d’exposition à la tâche, qui sont déjà significatifs dans le cas de l’anxiété et du dialogue interne positif et négatif.
Premièrement, la rétroaction n’augmente pas significativement l’EPS des participants. L’EPS ne change pas selon le temps ni selon le groupe. Ceci peut s’expliquer en partie par la mesure utilisée. L’échelle est spécifique à la sphère sociale mais concerne plusieurs situations sociales et pas seulement des items spécifiques
aux
présentations orales. La rétroaction concernant les habiletés de présentation orales peut difficilement se généraliser aussi rapidement à des situations comme !’organisation d’activités sociales ou se faire des amis. Ceci va dans le sens des propos de Bandura (1997) concernant l’importance d’utiliser des mesures très spécifiques à ce qui est étudié. Il est aussi possible qu’une seule répétition de latâche et la rétroaction ne soient pas suffisantes pour changer des croyances fondamentales d’efficacité personnelle. Plusieurs répétitions positives seraient probablement plus efficaces.
Deuxièmement, de la même façon que pour l’EPS, !’intervention de
rétroaction et la répétition de la tâche n’agissent pas sur l’ESS des individus. Encore une fois, la mesure utilisée concerne d’autres situations que les présentations orales. Le simple fait de répéter la tâche et d’obtenir une rétroaction sur ses habiletés de communication ne change pas les croyances des individus en leur popularité par exemple.
Troisièmement, nous observons une baisse significative de l’anxiété des participants à la seconde prise de mesure. Toutefois, la rétroaction n’est pas responsable de la diminution observée car celle-ci est également constatée chez le groupe témoin. Cette diminution chez le groupe témoin ne se différencie pas de celle observée dans le groupe qui a reçu une rétroaction verbale. Par conséquent, on se doit de considérer que c’est le fait de répéter la tâche de présentation qui explique la baisse significative de l’anxiété. La rétroaction n’a pas eu d’effet spécifique. Des résultats significatifs ont été obtenus ici parce que la mesure utilisée est plus sensible aux variations qu’une mesure reliée à plusieurs situations, comme dans le cas de nos mesures d’ESS et d’EPS. En effet, cet instrument décrit des sentiments d’état d’anxiété présents, face à la tâche, et peut être appliqué précisément à la situation en cours.
Quatrièmement, des améliorations quantitative du dialogue interne sont constatés. Nos résultats vont dans le même sens que les affirmations de Beck (1976,
1985) qui démontre que le dialogue interne des individus peut être modifié. La façon de mesurer le dialogue interne est, cette fois-ci, plus situationnelle. Donc, le listage des pensées est une mesure sensible aux changements observés dans notre étude. Cette méthode aurait pu servir pour analyser la qualité du dialogue interne en plus de la quantité des différents types de dialogues internes. Ceci serait une piste de
recherche future. En ce qui concerne le dialogue interne positif, les participants expérimentaux l’ont augmenté .à la seconde série de mesure dans la même mesure que le groupe témoin. Donc, !’intervention de rétroaction ne s’est pas avérée significativement utile pour augmenter le dialogue positif. L’expérience de la communication publique y arrive seule. Pour ce qui est du dialogue interne négatif, il est constaté que celui-ci diminue significativement à la deuxième prise de mesure. Cependant, !’intervention de rétroaction n’explique pas ce changement car il est aussi constaté dans le groupe témoin et ces diminutions ne se différencient pas l’une de l’autre. L’exposition répétée à la communication orale est efficace pour diminuer le dialogue interne négatif des participants. La rétroaction ne vient pas augmenter ces effets.
A la lumière de nos résultats, nous pouvons affirmer que l’anxiété sociale, état qui apporte un inconfort significatif à plusieurs personnes, est accompagnée de caractéristiques psychologiques particulières. En effet, l’étude présente indique que les anxieux sociaux ont une estime de soi social et une perception d’efficacité
personnelle sociale inférieure et qu’ils ont également un dialogue interne plus négatif et moins positif que les gens moins anxieux en situation sociale ou de performance. Par conséquent, les thérapeutes qui rencontrent des gens anxieux socialement
devraient tenter de bien cerner les diverses composantes cognitives de ce phénomène. Cette étude présente quatre instruments d’évaluation valides. Cependant, ces mesures doivent être bien appariées au phénomène à l’étude, que celui-ci soit situationnel ou plus général. Dans le domaine de l’éducation, les pratiques des enseignants pourraient se modifier favorablement. Nos
recommandations ne concernent pas le fait d’offrir une rétroaction aux étudiants suite à leurs présentations orales. Toutefois, nous constatons que la répétition d’une tâche de communication orale modifie le dialogue interne et l’anxiété des étudiants. Les enseignants pourraient donc offrir plusieurs opportunités de présentation orale à leurs étudiants. Les présentations orales sont déjà présentes en classe et ce, à tous les niveaux scolaires. Par conséquent, les enseignants y sont habitués et ne devraient qu’investir plus de temps à cette tâche. Ces expériences répétées aideraient à diminuer le malaise de plusieurs étudiants devant les présentations orales en classe. La répétition est d’ailleurs une stratégie préparatoire pour plusieurs personnes avant de faire une présentation. Cette étude présente toutefois certaines limites. Entre autres, il est impossible de conclure que la rétroaction n’a pas d’effet sur nos différentes variables car on ne peut jamais prouver l’hypothèse nulle. Il se pourrait que la rétroaction ait des effets et que la répétition de la tâche (et celle des autres mesures) ait rendu difficile la détection de ses effets. Dans une étude ultérieure, il faudrait utiliser un schéma expérimental dans lequel on répète les mesures au moins deux fois avant d’introduire la rétroaction pour éliminer de l’étude les personnes qui sont les plus réactives à la répétition des mesures. Les personnes restantes feraient preuve de plus de stabilité au niveau des variables dépendantes et permettraient de
mieux voir l’influence de la rétroaction, si elle existe vraiment. Les recherches futures devraient s’attarder à mieux comprendre le rôle des variables cognitives (leur importance relative, comment elles interagissent entre elles et d’autres variables déterminantes) dans l’activation de l’anxiété en situations sociales ou en situations de performance. Une façon innovatrice d’y parvenir serait de sélectionner les variables ayant le plus d’appuis empiriques et de les modéliser avec une analyse de trajectoire (traduction libre de «path analysis»). De plus, l’importance relative des différentes . variables modulant les effets de la rétroaction reste encore à être examinée. Avant d’étudier la rétroaction, nous devrions expérimenter différentes façon de transmettre la rétroaction, tant dans sa forme que dans son contenu, pour éliminer les variables qui en atténuent les effets. De plus, comme le listage des pensées est une mesure sensible aux changements, cette méthode aurait pu servir pour analyser la qualité du dialogue interne en plus de la quantité des différents types de dialogues internes. Ceci serait une piste de recherche future intéressante.
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Note des auteurs
Cet article s’inscrit dans le cadre du mémoire de maîtrise du premier auteur. Celui-ci tient à remercier le second auteur et directeur de ce mémoire, le Dr. Janel Gauthier. Il tient également à remercier les évaluateurs de ce mémoire, Dr. Jean- Marie Boisvert et Dre. Marguerite Lavallée.
Adresser vos demandes de tirés-à-part au Dr. Janel Gauthier, Pavillon Félix-Antoine-Savard, École de psychologie, Université Laval, Sainte-Foy, Québec, Canada, G1K 7P4 ([email protected]).
Tableau 1
Description des quatre groupes de T échantillon
Variables initiales Groupe 1 (ESS faible) Groupe 2 (ESS moyen) Groupe 3 (ESS élevé) Groupe 4 (Témoin) Nombre 20 20 20 20 Âge moyen 18.75 18.4 19.05 18.95 Femmes (proportion) 80% 75% 65% 70% ESS moyenne 107 143 168 144 Écart-type 14.81 2.37 3.75 9.54 Médiane 113 143 168 144
Légende. ESS : Estime de soi social.
Tableau 2
Corrélations de Spearman entre les variables à l’étude avant la rétroaction
Estime de soi Efficacité per s. Dial. Pos. Dial. Nég. Anxiété
Estime 1.0 Efficacité 72 *** 1.0 Dial. Pos. .5 .11 1.0 Dial. Nég. . 42 *** -.40 ** -.13 1.0 Anxiété -.65 *** -.12 .28* 1.0 * P < .01 ** P < .001 *** p < .0001
Tableau 3
Moyennes et écarts-types des deux groupes avant et après la rétroaction
Avant Après 142.05 (25) 143.3 (13.9) 116.83(21.8) 116.05 (13.2) 34.88 (8.95) 35.95 (7.41) 0.42 (0.29) 0.298 (0.29) 0.23 (0.23) 0.25 (0.25) 139.93 (26.9) 144.85 (9.55) 115.27 (19.18) 115.8 (14.33)
Estime de soi social
Groupe expérimental Groupe témoin
Efficacité personnelle sociale Groupe expérimental Groupe témoin Anxiété 41.98 (11.54) 43.4 (8.84) 0.169 (0.2) 0.137(0.17) 0.37 (0.26) 0.33 (0.22) Groupe expérimental Groupe témoin
Dialogue interne positif (proportion) Groupe expérimental
Groupe témoin
Dialogue interne négatif (proportion) Groupe expérimental
Tableau 4
Corrélations de Spearman entre les variables à l’étude après T intervention
Estime de soi Efficacité pers. Dial. Pos. Dial. Nég. Anxiété Estime 1.0 Efficacité ***** 1.0 Dial. Pos. .09 .07 1.0 Dial. Nég. -.20* -.23 ** _ 29 ***** 1.0 Anxiété - 63 ***** _ 44 ***** -.02 .28 *** 1.0 * P < .08 ** p < .05 ***_p < .01 ****pc.001 ***** p < .0001
CONCLUSION GÉNÉRALE
L’étude présente avait pour objectif de vérifier l’influence de la rétroaction sur l’estime de soi social, l’efficacité personnelle sociale, le dialogue interne et l’anxiété. Nous avons vérifié les relations entre ces variables chez de jeunes adultes dans un contexte de communication verbale. Rappelons que les principales
questions de départ étaient les suivantes : Quelles sont les particularités des variables cognitives jouant un rôle dans l’anxiété sociale ? De plus, connaissant les cognitions négatives et handicapantes dans l’anxiété sociale, est-il possible de modifier ces cognitions et de diminuer l’anxiété subjective des participants à l’aide d’une rétroaction? Pour atteindre ces objectifs, des étudiants de niveau collégial ont été recrutés (voir Appendice A, C et F). Par la suite, trois groupes ont été formés d’après les résultats obtenus à un inventaire d’estime de soi social, soit un groupe à scores faibles, un groupe à scores moyens et un groupe à scores élevés. De plus, un groupe témoin aléatoirement sélectionné servait à contrôler pour l’effet de la répétition des mesures.
En guise de conclusion, nous pouvons affirmer que l’anxiété sociale, état qui apporte un inconfort significatif à plusieurs personnes, est accompagnée de
caractéristiques psychologiques particulières. En effet, l’étude présente indique que les anxieux sociaux ont une estime de soi social et une perception d’efficacité
personnelle sociale inférieure et qu’ils ont également un dialogue interne plus négatif et moins positif que les gens moins anxieux en situation sociale ou de performance. Cependant, notre recherche ne permet pas d’affirmer que l’anxiété est causée