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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Informatique et éducation, « le défi informatique » de B. LUSSATO

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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INFORMATIQUE ET EDUCATION "LE DEFI

INFOR~'lATIQUE"

,

BRUNO LUSSATO

Nadine DELRUE

Laboratoire de Pédagogie des Sciences

Louvain-La-Neuve (C. cie Bueger-Van

der Borght)

Résumé Dans Le Défi Informatique, B. LUSSATO se préoccupe des implications dans l'enseignement, le langage et la culture. Je me propose de présenter ses idées dans ces trois domaines et d'ébaucher quelques pistes de réflexion.

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l - INFORMATIQUE ET EDUCATION - "LE DEFI INFORMATIQUE", BRPW LUSSATO

Le défi Informatigue est l'ouvrage J'un homme, Bruno LU5sato, qui est à la fois informaticien spécialiste et homme de culture (1).

Du vulgarisateur, il a les trois qualités principales: la compétence, la clarté et l'imagination. Ses objectifs: Présenter 11informatique au grand public, prendre parti pour le courant privatique contre le courant dominant de la télématique. B. LUSSATO se préoccupe des implications de l'ic.forma-tisation sans l'enseignement, la culture et le langage. ,Je me propose de présenter ses idées dans ces trois domaines, des recensions plus exhautives existant déjà (2).

1.1. Inf~rmatisationà l'école primaire, informatisation au lycée

A l'école p!imaire, l'informatique n'est plus une discipli~e séparée, elle fait désormais partie de la formation scolaire de départ, au même titre que la lecture, non seulement aux Etats-Unis et au Japon, mais aussi en Europe. L'auteur dénonce cette intrusion prématurée de l'infor-matique pendant les années de la première ouverture de l'intelligence. "Pour nous, l'ordinateur est connne un petit copain: on lui parle et il nous répond" (3). Même si les jeunes enfants donnent aux adultes l'im-pression de dominer l'ordinateur, c'est le contraire qui se passe en réalité la technique impose un modèle auquel on les conforme.

Al'enfallt qui manipule l'ordinateur dès l'âge de dix ans, !'auteur pré-fère celui qui ioue au piano. En effet, un enfant qui commence sa forma-tion par l'art et la musique pourra ensuite se former aux disciplines scientifiques, tandis que l'inverse n'est pas possible.

Dans l'enseignement secondaire, ItS aptitudes scientifiques et artisti-ques restent indissociables. En Hongrie} les adolescents de certains lycées ont pu choisir entre un prograrmne axé sur les sciences et un

(1) B. LUSSATO, ~__Défi_1nformatique. Paris, Fayard, 1981

(2) J.f. BOUSQUET, "Le Défi Informatigue" - Analyse du livre de B. LVSSATO. Dans la puce informatique. N°4, Janvier 1982, P. 44-46.

(3) Mot d'enfant cité par M. COUTTY, Enseignant-élève-ordinateur : un triangle explosif. Dans Informatique matin, midi ... et soir. Autrement, N°3?, Février 1982, p. 127. M. COUTTY que l'on connait par le Mon~~~

l'Education prépare un ouvrage sur l'informatique à l'école, à paraître dans la collection E~, Casterman.

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autre programme à dominante musicale. Les élèves qui ont choisi ce deu-xième type de formation sont devenus de bons musiciens, et de plus, ils sont devenus de meilleurs scientifiques que les premiers.

A tous les niveaux de l'enseignement, l'informatisation impose de nou-veaux choix éducatifs. Puisque l'ordinateur excelle dans le domaine de la rigueur, la qualification nécessaire des femmes et des hommes portera sur la réativité, l'imagination, le sens du beau, du juste, du bon, toutes qualités que seul un vrai maître peut communiquer, non la machine. L'enseignement assisté par ordinateur ne peut pas faire place à l'ordina-teur assisté par l'enseignant" (1).

1.2. Langage dur, langage mou

B. LUSSATO établit une échelle des langages.

Au bas de l'échelle, il situe le langage dur de l'ordinateur. Le langage binaire est le plus dur de tous: oui ou non, tout ou rien, l ou O. Le langage des chiffres lui est semblable : la traduction du système décimal au système binaire reste aisée. Les différents langages artifi-ciels - le Fortran, le Cobol - permettant de communiquer avec la machine en sont aussi très proches. Ces langages restent d'acier, indéformables mais pauvres, communicables mais étrangers au monde de l'intuition, du génie, des niveaux élevés de synthèse.

Au sommet de l'échelle des langages, il y a l e langage mou, toutes les subtilités de la langue des hommes qui vivent en permanence dans la pluralité des significations. Le langage mou est riche mais ambigu, il est synthétique mais intransmissible à la machine.

Demander à l'ordinateur de traduire un roman de Tolstoî du russe en anglais - les Américains du MIT ont fait ce programme voué à l'échec -c'est négliger ces considérations sur les différents types de langages, c'est oublier qu'une traduction dépasse les questions de syntaxe, en langage dur, et pose des problèmes sémantiques, en langage mou. Dans les domaines subtils, le langage de l'ordinateur est inévitablement

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réducteur. Il renvoie aux dangers d'une "civilisation du quantitatiflf,

se limitant au chiffre, à la rigueur mathématique, aux dùnnées que la machine peut digérer, éliminant les données qualitatives. impossibles à passer sur ordinateur (1).

La typologie des langages proposée par B. LUSSATO me semble des plus intéressantes, pour deux raisons.

D'une partI elle va à l'encontre de plusieurs définîtions des diction-naires d'informatique qui présentent les langages Fortran ou Pascal connne des "langages de haut niveau, très proches du langage humain" (2). D'autre part, sa classification ne néglige pas les critères d'ordre culturel, ce qui est précieux àans le domaine informatique.

1.3. Informatisation et culture

L'auteur situe les problèmes de langage dans la dimension culturelle,

à laquelle il est très sensible. Quand il s'interroge sur les mutations entraînées par la démarche informatique, il les juge imprévisibles. En son temps, Gutenberg aurait-il pu annoncer les conséquences de l'impri-merie ? Nais ces mutations sont certainement innnenses. En transmettant le son, l'image et l'écrit par un même support, l'informatique fusion-nera en un seul bloc des domaines aujourd'hui séparés. En effaçant ces frontières, elle bouleversera nos catégories mentales, elle transforme-ra les média, la recherche scientifique, voire la création artistique.

Chacun sait que l'ordinateur enregistre et traite l'information, mais

à quoi sert-elle cette information? "L'information est une catégorie différente de l'énergie, surtout lorsqu'il s'agit d'information signi-fiante", aussi l'analogie information-énergie représente, pour B. LUSSATO une des idées fausses ampl ifiées par le rapport Nora-Mie (1).

(1) B. LUS SATO , Le défi Informatique, p. 82

(2) C. HORVAN, Définitions du vocabulaire informatique et micro-électronique. Paris, Cedic/Fernand Nathan, 1980. Article Langage, P. 131+.

(3) B. LUSSATO, Le dossier de la micro-informatique. Paris, Les Editions d'Organisation, 1981 P. 169.

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Aux yeux de l'auteur, l'information est indispensable aux hommes pour créer. A condition de conserver le patrimoine des générations passées dans une mémoire - bibliothèque ou ordinateur - ils peuvent avancer, innover. Sinon, s'ils doivent tout enregistrer dans leur propre cer-veau, ils piétinent. L'information stockée dans les mémoires perfec-tionnées des ordinateurs favorisent la création et la culture, sans les remplacer.

Références

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