SUR LES OBJECTIFS ET FINALITES DE L'EDUCATION SCIENTIFIQUE EN 1982
Intervention du S.N.E.S. Philippe THORIGNY
-385-Résumé Démarche passéfi présente et à venir du S.N.E s. et contri-bution syndicale à un débat public à ouvrir, concernant l'é-ducation scientifique.
- }8h
-Représentant les enseignants du second degré, le S.N.E.S. a contribué par ses actions diverses au changement poli-tique intervenu le 10 mai.
Il a, au cours de la période précédente, intégré dans la réflexion, dans l'action, toutes les préoccup3tions des ensei-gnants, et en particulier celles d'ordre pédagogique liées aux contenus, méthodes et démalches. Non pas pour prendre place dans un débat entre différentes écoles scientifiques ou pédagogiques, mais pour que soient développés tous les potentiels du système éducatif correspondants aux besoins en formation individuelle, en cohérence avec un développement de la société conforme aux aspira-tions de la majorité des citoyens. Pour illustrer ce propos, je rappellerai les actions menées par le S.N.E.S., souvent en coordi-nation avec d'autres organisations pour le développement de l'in-formatique dans l'enseignement, pour le développement puis la dé-fense des I.R.E.M., contre la réforme HABY. En 197B, nous avons mené une campagne offensive autour de notre projet d'école progres-sive avec pour support un film réalisé par Laurent HEYNE~~NN : "Pour leur avenir". Pour nous, l'école progressive prend en charge la formation initiale des jeunes dans toute sa diversité académi-que et professionnelle dans le cadre de la majorité actuelle à 18 ans, débouchant en cycle terminal, sur des formations diversifiées, non ségrégatives, qualifiantes et ouvertes ~ une formation continue.
Si un changement politique est intervenu en FRANCE le 10 mai 1981, les rapports sociaux et économiques ne s'en sont pas pour autant trouvés immédiatement modifiés en profondeur et dans la perspective nouvelle, nous voulons nous situer, en tant aue force de proposition responsable et représentative. Aussi, nous sommes ouverts à l'émergence d'idées permettant d'enrichir notre réflexion syndicale et c'est dans ce sens que nous comprenons notre participation à vos débats. Car en effet, si les lignes directrices et nos positions sur les grands princioes sont élaborés au cours de nos congrès successifs avec les contributions de nos mandants, nous sommes toujours prêts à prendre en comote, voire susciter, des évo-lutions et des apports nouveaux.
Si nous affirmons la nécessité des enseignements scien-tifiques pour les individus à tous les niveaux de formation, afin d'assumer leur vie d'adulte, nous estimons qu'un large débat public doit être ouvert sur les implications diverses d'une politique en éducation et des choix de société qu'elle sous-tend. ~1ais nous ne pouvons pas attendre que des conditions idéales soient réunies pour engager ce débat. En effet, au cours ~e~ ô~;fétentes réformes suc-cessives, l'une des causes essentiell~~d~a~gU~b~~oir en gommer bien d'autres, fut le manque de clarification des finalités.
Aujourd'hui, dans des conditions jnstitutionne11es diverses, des réflexions sont menées sur le premier cycle dans le cadre des commissions Legrand,sur le second cycle, sur les ensei-gnements supérieurs (commission Jeantet), sur la formation des maîtres (commission ~e Péretti). Elles ont pour mission d'éclairer
-387-ou de proposer des lignes directrices dans ces différents domaines. Il est en tout cas clair qu'elles déboucheront sur des orientations engageant l'avenir, dès le printemps, afin de préparer le prochain budget, ou d'ici la fin de l'année. Les décisions prises engageront encore une fois des élèves dans des cursus, quels qu'ils soient, dont les finalités n'auront pas été clarifiées. Il faut donc dès naintenant intervenir pour qu'au moins la politique définie pour les prochaines années permette des ouvertures et intègre cette réflexion sur les finalités.
A cet égard, le choix de la premlere scientifique et les difficultés en découlant sont révélateurs de certains dis fonctionne-ments. Au-delà d'une crispation conjoncturelle, n'y a-t-il pas une réflexion à mener sur la diversification des formations scientifiques, secondaires et universitaires et des adaptations successives à entre-prendre conjointement?
En tout état de cause, nous sommes prêts à participer
à un débat public le plus ouvert possible et demandons que les dé-cisions soient élaborées en concertation, par la négociation, dans le cadre de structures paritaires où le S.N.E.S. doit être partie prenante conformément à se représentativité.