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Des pistes pour améliorer les compétences en lecture des élèves

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Academic year: 2021

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langueS

oLIVIEr dEzuTTEr professeur titulaire – pédagogie Vice-doyen à la recherche et au développement international faculté d'éducation

université de sherbrooke [email protected] juLIE myrE-bIsaILLon professeure agrégée

adaptation scolaire et sociale université de sherbrooke

[email protected]

l

adernièreenquêtepancanadienne sur les compétences en lecture des élèvesdusecondairedresseunportrait peu flatteur des élèves québécois par comparaisonavecleurspairsdel’On- tario,del’AlbertaoudelaColombie-Britannique.Profitantdeladiffusion decesrésultatsaccablants,laministre del’Éducation,duLoisiretduSporta annoncéuncertainnombredemesures visantàrectifierletirenmatièred’en-seignement de la lecture, répondant ainsi en partie à des revendications portéesdepuisquelquetempsparles instances syndicales. Les mesures annoncéesconcernentlarévisiondes orientationsduprogrammeduprésco-laireetduprimairepourlespremiers apprentissages, l’ajout d’une épreuve d’évaluation à la fin du deuxième cycle du primaire ainsi qu’un enga-gement à débloquer des fonds non négligeablespourdesrecherchesrela-tivesàlaquestiondel’acquisitiondela compétenceenlecture.

Entantquepersonnesengagéesdans la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage de la lecture et de l’écriture aux différents paliers de la scolarité,noussouhaitonsprofiterde ce nouveau coup de projecteur sur l’importancedescompétencesenlec-turepoursouligneruncertainnombre deconditionsàprendreencompteen vue d’assurer le meilleur développe-ment des compétences en lecture de touslesélèvesauseindenotresociété enperpétuellemutation.

DeS PiSteS Pour

améliorer leS comPétenceS

en lecture DeS élÈVeS

La première de ces

conditions amène à

reconnaitre qu’on n’a

jamaisfinid’apprendreàlireetàécrire. Au-delà de l’importance capitale des premiers apprentissages, ces compé- tencessedéveloppentdemanièreconti-nue.Selonlacomplexitéetlaspécificité dessituationsdelectureetladiversité destextesàlire,unenseignementspéci- fiquedoitêtreassurésouslaresponsabi-litépartagéedesenseignantsdefrançais etdesautresdisciplinesscolaires,dela maternelleàl’université.

La deuxième condition consiste à prendrelajustemesuredelacomplexité del’actedelire,quisupposeàlafoisle décodagedesmotsetdesphrasesmais aussidesstratégiesliéesàl’anticipation et à la compréhension fine des textes

ainsiqu’àleurinterprétation.Lacom-pétence en lecture est composée d’un dosage entre un ensemble de savoirs, desavoir-faireetd’attitudes.Danscette perspective, il n’est pas pertinent de considérer comme en opposition le développement du gout de lire et de l’accèsauxlivres–axesfondamentaux dupland’actionpourlalecturemisen œuvreparleMinistèredepuis2005–et lacentrationsurlemécanismededéco-dageousurl’acquisitiond’unebasede vocabulairepréconisésàprésentparla ministre de l’Éducation. Des actions doiventcontinueràêtremenéescomplé- mentairementsurcesdeuxplansenpre-nantgardedenepassefocalisersurune seuledescomposantesdelacompétence.

La première de ces conditions amène à reconnaitre

qu’on n’a jamais fini d’apprendre à lire et à écrire.

La deuxième condition consiste à prendre

la juste mesure de la complexité de l’acte de lire [...]

AQEP VIVRE LE PRIMAIRE , VOLUME 25, NUMÉRO 2, PR iN tEMP s 2012

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La troisième condition touche précisément les différents acteursimpliquésdansledéve-loppementd’unrapportpositif et constructif à l’écrit. Cela concerne aupremiercheflesparentsetlacom-munautéd’appartenancequijouentun rôlecrucialdanslesoutienauxenfants àl’étapefondamentaledel’entréedans l’écrit.Untoutjeuneenfantquiapar exemple bénéficié de séances régu-lièresdelectured’albumsetdelivresà voixhauteentamerasonapprentissage formeldelalectureavecunelongueur d’avance.L’importancereconnuedela lecturedanslasociétépasseaussipar desactessymboliquesainsiquel’ont bien compris certains pays du nord del’Europe,championshorscatégorie detouteslesenquêtesinternationales sur les compétences des élèves, où, parexemple,lamairieoffreencadeau demariageauxjeunesépouxdequoi garnir leur bibliothèque. Sur le plan scolaire, en Finlande, le ministère a choisi de n’imposer qu’un minimum d’examens centralisés pour évaluer lescompétencesenlecturedesélèves duprimaireafindemettredavantage l’accentsurl’apprentissageplutôtque surl’évaluation.

La quatrième condition concerne le repérage et l’accompagnement des

élèves en difficulté de lecture. Cela supposeàlafoislerecoursauxspécia-listes,dontlenombreaheureusement étérécemmentaugmentéauseindes établissementsscolaires,etledévelop- pementdelacollaborationinterprofes-sionnellepermettantauxenseignants desdifférentsniveauxdelascolaritéde coordonnerleursinterventionsàcelles desspécialistesetd’ajusterleurspra-tiquesenfonctiondeladiversitédes profilsdesélèvesendifficulté.

La cinquième condition conduit à prendreactedufaitquelespratiquesde lectureetd’écrituredesjeunesetpar-foisdestoutjeunesconnaissentdepuis peu des transformations profondes sous l’impact énorme des technolo- giesdel’informationetdelacommu-nication,etàmesurerlesimpactsde ces transformations sur les appren-tissagesscolaires.Lesadolescentsqui fréquentent l’école secondaire appar-tiennentdésormais,pourlaplupart,à lagénérationquelephilosophefrançais Michel Serres a joliment qualifiée de «PoucetsetPoucettes»,enréférence audoigtquileursertàécriredestextes sur leur téléphone portable. De tout jeunesenfantsapprennentaujourd’hui àlireetàtracerlespremièreslettres de l’alphabet sur une tablette tactile. À côté de la nécessité d’intégrer ces

nouveaux modes de communication, l’écoleaaussipourmissiondeformer lesjeunesàdescompétencesdelecture qu’ilsnedévelopperontpasdansleurs pratiquesextrascolairesliéesauxnou-veauxmédias,dontlalecturedetextes longs,parexemple. Danslaréflexionactuellementmenée au ministère de l’Éducation, les cinq conditions ici rapidement énoncées mériteraient d’être prises en compte pourélargirlavisionduproblèmeet orienterlesinvestissementsannoncés enrecherche,demêmequelenéces-saire renouvèlement des pratiques de formation initiale et continue des enseignants de français et de toutes les disciplines aux différents ordres d’enseignement.Pluslargement,c’est l’ensemble des acteurs de la société, partenairesdesintervenantsscolaires, quisontappelésàréfléchiràleurrôle dementorsenlectureetdesoutienàla réussitedesélèvesdetousâges.

La première de ces conditions amène à reconnaitre

qu’on n’a jamais fini d’apprendre à lire et à écrire.

La troisième condition touche précisément les différents acteurs impliqués

dans le développement d’un rapport positif et constructif à l’écrit.

La quatrième condition concerne

le repérage et l’accompagnement

des élèves en difficulté de lecture.

La cinquième condition conduit à

prendre acte du fait que les pratiques

de lecture et d’écriture des jeunes [...]

connaissent depuis peu des transformations

profondes sous l’impact énorme

des technologies de l’information

et de la communication [...]

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un partenariat inédit entre les milieux de la recherche et de l’éducation en estrie

LeCollectifderecherchesurlacontinuitédesapprentissagesenlecture et écriture est fondé sur un partenariat entre le milieu de la recherche (UniversitédeSherbrooke,UniversitéBishop’setleCégepdeSherbrooke) etlemilieudelapratique(quatrecommissionsscolairesdel’Estrie,l’Asso-ciationdesécolesprivéesdel’EstrieetlaTableestriennedeconcertation interordresenéducation),etviseàrassemblerlesexpertisesetcroiserles regardspourfaireavancerlesconnaissancessurlacontinuitédesappren-tissagesenlecture-écriture. — Lestravauxdececollectiffontpartiedesinitiativesestriennesquivisentà mieuxsoutenirlaréussitedetouslesélèvesdanslesactivitésdelectureet d’écritureàtouslesordresd’enseignement:préscolaire,primaire,secon-daireetpostsecondaire,quellesquesoientleslanguesdescolarisation.Les activitésduCollectifs’organiserontautourdequatreaxes:lacontinuitéà traverslesdifférentesétapesducurriculumscolaire(«Onn’ajamaisfini d’apprendreàlireetàécrire»);lacontinuitéàtraversl’ensembledesdis-ciplinesscolaires(«L’apprentissagedelalectureetdel’écriturenes’arrête pasàlaportedelaclassedefrançaisoud’anglais»);lacontinuitéentreles apprentissagesscolairesetextrascolaires(«Onapprendàlireetàécrire aussiendehorsdel’école»);etlacontinuitédansl’accompagnementdes élèvesendifficulté(«L’accompagnementdesélèvesendifficultédelecture etd’écritureestuneresponsabilitépartagée»). — Afindefavoriserletransfertdeconnaissancesauprèsdesdifférentspro-fessionnelsdesmilieuxdepratique,leCollectiforganiseradesjournées d’étudeetdesséminairesorientéssurdesthèmesprécisetdestinésaux intervenantsdetouslesordres.LeCollectifs’engageégalementàrépondre àdesdemandesparticulièresd’étudescibléesetdeformation,formulées parlesmilieuxdepratique. — composition LeCollectifcompte16professeurs-chercheursprovenantdel’Universitéde Sherbrooke,l’UniversitéLaval,l’UniversitéBishop’s,l’UniversitéduQué-becàMontréal,leDartmouthCollege(États-Unis)etl’UniversitéSimon Fraser(Colombie-Britannique).Troiscollaborateurs-coordonnateursdes milieuxdepratiqueettroisenseignantsduCégepdeSherbrookeontaussi adhéréauCollectif,quiregroupeparailleursunetrentained’étudiantsdes cyclessupérieurs. — LadirectionconjointeduCollectifestassuréeparlesprofesseursOlivier DezutteretJulieMyre-Bisaillon,tousdeuxspécialistesdeladidactiquedu françaisàl’UniversitédeSherbrooke.LeCollectifestaffiliéàl’Institutde recherchesurlespratiqueséducativesdel’UniversitédeSherbrooke. — Pour nous joindre

Jan-SébastienDion–Professionnelderecherche Courriel:[email protected] Téléphone:819821-8000,poste66446

ce texte a aussi été signé par les membres suivants du collectif : CHRISTIANEBLASER Professeureadjointe–Pédagogie UniversitédeSherbrooke [email protected] CAROLEBOUDREAU Professeureadjointe–Adaptationscolaireetsociale UniversitédeSherbrooke [email protected] ISABELLECARIGNAN Professeureadjointe–Enseignementaupréscolaire etprimaire UniversitédeSherbrooke [email protected] GODELIEVEDEBEURME Professeuretitulaire–Enseignementaupréscolaire etprimaire UniversitédeSherbrooke [email protected] MARTINLÉPINE Professeursuppléantdedidactiquedufrançais–Pédagogie UniversitédeSherbrooke [email protected] MARIE-FRANCEMORIN Professeuretitulaire–Adaptationscolaireetsociale Titulairedelachairederecherchesurl’apprentissagedela lectureetdel’écriturechezlejeuneenfant UniversitédeSherbrooke [email protected] VÉRONIQUEPARENT Professeurechargéed’enseignement–Psychologie UniversitédeSherbrooke [email protected] LyNNTHOMAS Professeureagrégée–Pédagogie UniversitédeSherbrooke [email protected] JEAN-PHILIPPEBOUDREAU Conseillerpédagogiqueresponsabledelavalorisation dufrançais CégepdeSherbrooke [email protected] LOUISDESMEULES Enseignantenphilosophie CégepdeSherbrooke [email protected] CORINNEHAIGH Professeureagrégée–SchoolofEducation UniversitéBishop’s [email protected] SUNNyMANCHULAU Professeureadjointe–SchoolofEducation UniversitéBishop’s [email protected] ÉRICKFALARDEAU Professeuragrégé–Étudessurl’enseignement etl’apprentissage UniversitéLaval,Québec [email protected] MARIE-CHRISTINEBEAUDRy Professeure–Didactiquedeslangues UniversitéduQuébecàMontréal [email protected] CÉCILESABATIER Professeureadjointe–Education (EducationalSociolinguistics) UniversitéSimonFraser,Vancouver [email protected] CHRISTIANEDONAHUE Professeureagrégée–InstituteforWritingandRhetoric DirectriceduInstituteforWritingandRhetoric DartmouthCollege Hanover,NH aq Ep VIVRE LE PRIMAIRE , V o Lum E 25, numéro 2, pr In TE mps 2012

Références

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