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13 étoiles : reflets du Valais = Wallis im Bild = Treize étoiles : reflets du Valais = Wallis im Bild

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Reflets du Valais

e année N o 9 Septembre 1973\ Le numéro 3 Irsi

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1973

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1973

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D e r Nufenen-Pass ist n o ch a t t r a k ­ tiv er gew orden ! Die Tessiner, die bis­ lang die engeren Verhältnisse hatten, haben sich ans W e rk gemacht. De facto ist die Strasse heute, auf allen Teilstücken, v o m Pass bis nach Airolo neu u n d u m g e h t die D örfer. Die Gas­ leitung w ird auch dem K a n to n Wallis den nötigen A uftrie b geben, das V er­ säumte zwischen dem ersten Ulriche- n e r Teilstück u n d dem Altstafel n ac h ­ zuholen.

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Eine weitere E h ru n g h a t der O b e r­ walliser V erkehrspionier u n d ehem a­ lige Präsident des VOV, Paul G u n tern , anlässlich der Generalversam m lung des Walliser V erkehrsverbandes erhal­ ten : er w u rd e Ehrenm itglied, was ihm beileibe zusteht, w ar er doch einer, der sich u m den Walliser Tourism us vor allem in unseren Bergtälern stark m achte, als dies n o ch keinesfalls selbst­ verständlich war. H e u te noch ist Paul G u n te rn m it allen touristischen Belan­ gen v erb u n d e n u n d steht m it R a t und T a t z u r V erfügung, w o er gebraucht wird. Das e h rt ihn ü b e r alle E h runge n hinaus !

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La le ttre d ’o u tre -m e r

N o u s avons pu b lié dans le n u m é r o de fé v rie r d e rn ie r u n a rticle de n o tr e colla­ b o r a te u r R a p h y R a p p a z in titu lé « Postes et diligences en Valais ».

L ’in te rv e rs io n de deux chiffres dans une d ate nous a v alu u n e a m u s an te re m a rq u e d u ré v ére n d Père F. C o u p p y , m issionnaire à C h a m p -B o rn e (île de la R é u n io n ) et fidèle abo n n é de « T reize Etoiles » :

Sombres prédictions

M onsieur R a p p a z se p re n d sans doute pour N ostradam us. C o m m e M adam e Soleil à Paris, il p réd it l’année où les com pa­ triotes d ’A stér ix v o n t envahir le Valais !...

Ces lignes marginales, tracées au stylo rouge su r une d é co u p u re du passage in c r i­ m iné, éta ien t adressées (oh ! b ien g e n ti­ m e n t) à M. R a p p a z — q u i n ’en p o u v a it mais, son m a n u s c rit é ta n t co rrect.

Voici du reste, ce passage: « ...C ette c o n ­ cession f u t rég u lièrem en t renouvelée jus­ q u 'à l’o c c u p a tio n de la Suisse et d u Valais p a r les tro u p es françaises en 1978. N o t r e c a n to n d e v in t alors m em b re de la R é p u ­ blique helvétique... etc. »

La ré d a c tio n endosse la responsabilité de l’e r r e u r comm ise e t décelée t r o p ta r d p o u r être corrigée. Elle p rie M. R a p p az de la lui p a r d o n n e r, co m m e le lec te u r a u ra rétabli l ’o rd re des chiffres et lu 1798.

B ridg e !

Messieurs,

Je v o u d rais vous féliciter p o u r v o tre rev u e et s u r t o u t d ’av o ir réservé u n e place au bridge. Je pense que vous êtes les seuls en Suisse, b ra v o !

Avec mes c om plim ents.

M me G. H u g u e n in Loèche-les-Bains.

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M" E d m o n d G ay R é d acteu r en chef : Félix C a rru zz o Secrétaire de ré d actio n : A m a n d Bochatay C o llab o ra teu rs-p h o to g rap h es : O sw ald R uppen, R ené R itler A d m in istratio n , impression, ex pédition : Im prim erie P illet S. A., avenue de la G are 19, 1920 M a rtig n y 1 / Suisse A bonnem ents : Suisse Fr. 30.— ; étran g er Fr. 35.— ; le n um éro Fr. 3.— Chèques p o stau x 1 9 -4 3 2 0 , Sion Service des annonces : Publicitas S. A., 1951 Sion, téléphone 027 / 3 71 11

23e année, N ° 9 Septem bre 1973

Sommaire

U n s ere K u r o r t e m eld en Sons de cloches Le m u r e t L ’adieu aux barrages T h e Valais - S w itz erla n d ’s c o rn u co p ia M ots croisés P o tin s valaisans L ’a n te n n e de Babel Le d în e r de vendanges D e rb o re n c e E d z a rd Schaper « Z ig e u n e rb a ro n » in Visp - « Le b a r o n tzigane » à Viège La m o n ta g n e in sp iratrice C e r v in Bridge L e ttr e d u L ém an Le G r a n d C a p u cin La jeunesse au C o m p to ir de M a rtig n y U n m ois en Valais Le liv re du mois P e tite c h ro n iq u e de l’U V T P e tit « p iq u eto n ... »

N o tr e co u vertu re : C ollines et vig n o b le de S io n , vus depuis Vem bouchure de la Borgne ( P h o to G . M étrailler-B orlat)

Dessins de Jeanclaude R o u ille r P hotos C le rc, O. et M . D a rb ella y, G risel, R itle r , R u p p e n , Schlegel, T h u rr e , Valpresse

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C ’est peut-être le dernier grand m ur de béton qui coupera une de nos vallées. A construire ces im­ menses barrages le Valais s’est donné un esprit nouveau d ’initiative. Il a compris que l’impossible n’existait pas. Il a vu grandiose. Une race de conducteurs d ’hommes est née sur les chantiers d ’altitude, une levée de jeunes ambitieux a fleuri autour des galeries et des tunnels. M aintenant ils ont déserté les hauteurs et s’activent à d’autres tâches avec, toujours, l’ardeur et la confiance en eux qui leur viennent de la participation à la construction de Dixence, M attm ark, Mauvoisin... Un Valais nouveau ? Attendons un peu. Pour le m om ent le petit muret qui sépare deux parchets de vigne est une barrière plus infranchissable que la masse de béton d’Emosson. Il y a des m onta­ gnes en nous et entre nous.

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L'ADIEU

l’ampleur exaltante de ces en­J ’ai été saisi de nouveau p a r treprises, le côté ailes déployées, toutes voiles dehors de ces grands chantiers d ’altitude.

Mais il s’agit de correspon­ dre (et non pas se vendre) au grand large que nous portons en nous, que le Valais porte.

U ne nouvelle géographie

naît. U ne montagne est sciée et basculée dans une gorge. Des

routes noyées disparaissent

dans un lac, d ’autres aux lacets répétés comme des brouillons

d ’écriture sont abandonnées

mais à leur place des tunnels s’enfoncent et débouchent sur un autre lac aux longues plages ardoisées et dont la digue sera engloutie. La première ten ta ­ tive est rayée, dépassée. L an­ çons-nous sur le boulevard actuel, on frôle une carrière. U n chantier m ort est sinistre. Ici le mauvais silence, là le gai tintam arre. Superposées au vide les baraques de planches s’ali­ gnent sous les tours à l’envers, les immenses silos à béton qui gouvernent le barrage sembla­ ble à un p o n t de navire. Les planches, le ciel bleu, les tôles rouges, les rochers nus, un flanc d ’herbes rases: je me crois dans un p o rt de Norvège.

Je sens cet accord étonnant de la laideur et de la beauté. L ’essor d ’une fête foraine : les grues, les téléfériques, les blon- dins, mouvements de câbles, de roues et de chariots aériens dans lesquels sont pris les nuages balay an t leurs cris de choucas avec la calligraphie de l’ombre sur le grand mur, l’instant de peintre chinois de la benne ; les explosions, les fumées, les gerbes d ’eau ; les charpentiers suspendus aux échafaudages et

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l’un d ’eux s’accrochant p ar les mains à deux m ontants de bois saute sur une barre de fer qui sert de boulon, saute sur cent quatre-vingts mètres de vide, d ’un coup de rein, d ’un coup de pied il dévisse son propre appui, quel geste ! tout à fait celui du carillonneur de C han- dolin dans le clocher quand il s’élance, suspendu lui aussi et on voit son gilet qui remonte le long des côtes sur la chemise blanche, q u and il se détend des quatre membres pour chasser la grosse cloche, les charpentiers, les monteurs, les serruriers, les soudeurs avec leurs masques et leurs étincelles bleues, les m i­ neurs de plein air encordés à une falaise. Une sorte de fête envoûte le travail, la peine (terrible aussi) est cachée.

Mais c’est vrai qu ’il y a un vent salubre, les cimes blanches, et on les respire. Le paysage grandiose des glaciers nous h a ­ bite peu à peu. La joue du M ont-Blanc contre le mur. « Et c’est le plus beau m ur de b a r­ rage, le plus élégant profil que j’aie vu » ai-je dit à l’ingénieur « incurvé comme un pétale de lys gris mouillé p a r la pluie ». — « Il y a un surplomb, une crête de dix mètres. » — « Et que fait donc cet homme dans cette baraque isolée, face au mur, qui sort de temps en temps au soleil, je vois la bouffée de sa cigarette ? » — « Il contrôle des échanges d ’eau. Plus bas vous avez une station de p o m ­ page. » U n ermitage p o u r moi, un loisir utile ! Le soir j ’aurais gagné p a r la longue échelle de bois, les escaliers du rocher, le

vaste réfectoire, (bourdonne­

ment, rapidité, boulimie) et j’aurais été un parm i deux cents

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visages avec une bière devant moi. La solitude puis la can­ tine. J ’aime le choc brutal du groupe et le corps qui s’y en­ fonce.

U n barrage est une œuvre épique.

C hacun le sent et à la fin d ’une grande œ uvre on peut éprouver presque une panique. D e vieux ouvriers refusent de changer de chantier a v an t la fin. « Ç a sent le silence » répète un contrem aître. « La nostalgie me serre la gorge » m ’avoue un géomètre. Les formidables euclides baillent contre leur falaise. O n démonte les béton- neuses sur un terre-plein, assis dedans on les gratte, on les

nettoie. E t je vais trouver le concasseur, l’obus qui broyait mille tonnes à l’heure. — « O ù ira-t-il ? » — « En Afrique peut-être, celui de la G rande Dixence travaille au C anada. » L ’aventure des barrages con­ tinue hors des Alpes, dans les jungles, les steppes, les Colo­ rados.

« O n reçoit le choc en plein été » reprend le géomètre « la fin du barrage coupe la saison. A la Dixence, cela a fini en septembre, c’était plus doux. » Ils parlent du m ur comme d ’une maîtresse qui vous quitte.

Plaisir de rom pre ! U n rêve de fraternité devient tangible au m oment où les équipes se

séparent, où la destinée se dis­ sout. Mais les soucis se m atéria­ lisent. Dans le bureau du direc­ teur on a traqué une souris morte. Les chiens, les chats puis les haches ont fouillé le p la n ­ cher.

Est-ce un symbole ? ce point noir introuvable et nauséabond tout à la fois.

Nous parlons amicalement et je note cette remarque sur la notion de progrès : « Les ou­ vriers diminuent volontaire­ m ent la dose d ’effort physique mais leur attention et leur ha­ bileté augmentent, le rendement s’est accru. »

La sécurité a été bonne : un unique m ort au barrage même,

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sept ailleurs. Mais le progrès a été net si je pense aux dizaines et dizaines et dizaines d ’acci­ dents mortels survenus sur d ’autres chantiers.

J ’inscris aussi ces chiffres sur mon calepin : salariés à l’heure, trois cents Italiens, quarante Espagnols et Portugais, quinze Suisses... Je dis adieu à une partie de ma vie, à des amis, à un certain Valais fragile et puissant puisque j ’ai été égale­ ment p en d an t deux ans sur les feuilles dé paie d ’un chantier qui bousculait les fleuves — que j ’aimais sauvages plutôt qu ’emprisonnés !

Las ! le Valais dit adieu à lui-même.

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Le lac d ’Em osso n ; au fo n d , le b ar rag e de B arberin e q u i sera b ie n tô t noy é

Les ea ux d ’E m oss on, à gauch e, m o n t e n t à l’assaut d u m u r de B ar b erin e

Je préfère malgré tout, je souligne malgré tout, le Valais des barrages (si ta n t est que les barrages lui appartiennent...) à celui des spéculateurs du to u ­ risme.

Je ne puis adm ettre que les autorités disent p a r exemple : « Personne ne se plaint, ne plai­ gnons personne. » Cela peut

justifier toutes les pressions, toutes les ignorances.

Les ombres doivent être dites sinon ceux qui ont intérêt aux ombres nous obscurciront.

Le Valais dit adieu aux b a r­ rages.

Moiry, Emosson, Gebiden, Cleuson, Mauvoisin, R aw yl, M attm ark , G rande Dixence.

Il y a eu de la grandeur dans ces entreprises.

Je cite ce chiffre, ce prix qui n ’a jamais été révélé :

Le Valais a connu depuis le début de « la conquête » trente mille cas de silicose.

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m

'

, V

-Tèe Valais

Switzerland’s cornucopia

F ew people lo o kin g d o w n on the p a tc h w o r k o f orchards

a n d vegetable gardens w h ic h cover the R h o n e V a lley fr o m M a rtig n y to Sion, realize th a t th e y are the result o f the foresight o f a f e w Valaisans a n d f i f t y years o f exp erim en ta tio n a n d hard w o rk .

A f t e r the R h o n e R iv e r w as d a m m e d b etw een 1862 a n d 1874, the fa rm ers w h o settled on the va lle y b o tto m d id n o t k n o w h o w to ex p lo it the rich allu via l soil fo r ­ m e rly deposited there b y the fr e q u e n tly flo o d in g river. T h e m o n k s o f the G reat Saint B ernhard w h o , in 1881, h a d fo u n d e d a sm all agricultural school a t Ecône near Sion, w ere unable to shake the farm ers o u t o f their a n ­ cestral w o rk in g m ethods. These farm ers stoically accep­ ted the fa te o f h a vin g their entire crop d estroyed b y late frosts or b y insects, such as the red spider or the p la n t louse o f C alifornia.

I t w a s a m a n fr o m the V a l de Bagnes, M aurice T roil- let (1880-1961), w h o m o v e d heaven a n d earth to shake his people out o f their fata listic lethargy. D u rin g W o rld W a r I, it appeared th a t the Valais could s u p p ly the co u n try w ith im p o r ta n t quantities o f fr u it a n d vege­ tables. H o w e v e r , these w ere o f p oor q u a lity com pared w ith those im p o rte d fr o m France, Spain a n d I ta ly im m e ­ d ia tely a fte r the war.

I n 1923, the m odern agricultural school o f C hâteau- n e u f near Sion replaced th a t o f Ecône, a n d things began to im p ro ve. This school ta u g h t y o u n g farm ers to regroup their scattered fields a n d to c u ltiva te th em rationally w ith m achines th e y could rent or b u y a fte r h a vin g fo u n d e d cooperative societies w ith neighbours. The school’s exp erim en ta l sector ad vised th em w h ic h plants w ere best a d a p ted to the clim ate a n d w a rn ed th em o f praticing m on o cu ltu re to p r e v e n t their w h o le crop fr o m being destro yed b y late fro st or some other natural catastrophy. T h u s one sees in the Valais orchards altern a tive groves o f apricot, pear a n d apple trees, w here im p r o v e d m eth o d s o f pru n in g , fe rtilizin g a n d treating the trees against insects are n o w p r o d u ­ cing excellent fru it. A p a r t fr o m this scientific d e v e lo p ­ m en t, the su n n y h o t climate, tem p ered b y cool night air descending fr o m the A lp s, greatly influences the taste and q u a lity o f the fru it. I t is rare in S w itz e r la n d to see cherries g ro w a t 1000 m eters a bove sea level, b u t in the Valais th e y g ro w even higher in som e areas. V e r y sm all cherries, sw eet as h o ney, ripen there in A u g u st. A n d w here else b u t in the Valais can one get apricots w hose d a rk golden flesh is so p e r fu m e dp r o v id e d th e y are

le ft to ripen on the trees, th a t is.

B u t g ro w in g fr u it is n o t all, one also has to sell it. A n d here the Valaisans m e t w ith a great handicap.

W h e n the orchards are in fu ll bloom in the R h o n e V alleeya sight w o r th a trip to Sionstrawberries

a n d apricots im p o rte d alm ost green fr o m Spain, Ita ly or France, appear on the m a rkets o f the big Sw iss cities a n d people b u y this unripe fru it. B y the tim e the Valais fr u it is ripe, the customers are either fe d up and w a n t some n e w exotic fr u it, or else Sw iss hom em akers are on h o lid a y on some foreign seashore.

A f t e r the end o f the second W o r ld W a r, the Valais e x p o rte d y e a rly some three h u n d red ra ilw a y trucks o f C anada R einettes to Paris a n d Berlin. B u t n o w the C o m m o n M a rk e t countries h ave closed their frontiers a nd, as the Sw iss do n o t like this particular apple, seve­ ral hundreds o f thousands o f trees h a d to be felle d and replaced b y G olden Delicious, a n e w a pple fa v o r e d b y Swiss. C onsidering th a t it takes 15 years fo r an apple tree to bear enough f r u it to p a y fo r its care, chances are th a t the fic k le consumers w ill h ave d r o p p e d their fa d fo r the G olden Delicious a n d w a n t a n e w k in d o f apple b y th a t time.

For all these reasons, the growers fo u n d e d cooper­ ativ e societies to rationalize their w o r k , a n d organized the U nion valaisanne p o u r la v e n te des fru its et légumes to sell their crops. T h e O ffic e de propagande p o u r les p ro d u its de l ’agriculture valaisanne (O P A V ) advertises them in S w itz e r la n d a n d abroad. B u t even so, the g ro w ­ ers o fte n m eet w ith difficu lties. A lth o u g h the num ber o f to m a to p lants, fo r exam ple, has been reduced in recent years, th e y seem to a lw a ys bear more fru it. A n d i f this happeens in a yea r w h e n the canton o f Tessin has had a cold spring, ripening their tom atoes a t the same tim e as those o f the Valais instead o f some w eeks earlier, there is one m ore danger th a t tons o f tom atoes w ill spoil a n d h a ve to be destroyed.

I t is therefore n o t surprising th a t ever fe w e r V alai- san y o u th w a n t to sta y on the fa rm . For one thing, the earth is m ig h ty lo w d o w n to p ic k strawberries or aspara­ gus, o f w ich the la tter are h a rd ly cu ltiv a te d anym ore. N o w th a t fa rm in g is no longer a fa m ily business a n d the fa th e r has to e m p lo y foreign w o rkers a t increasing wages, the price o f asparagus can no longer com pete w ith th a t o f those im p o rte d fr o m France.

H o w e v e r , a fte r f i f t y years o f e ffo r ts a n d success, w e sim p ly cannot let the fertile soil o f the Valais go to w aste once more. I f producers, interm ediaries a n d custo­ mers all p u t their heads together, a w a y to p re v e n t this can surely be fo u n d .

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p ar R a p liy R appaz 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 H o r iz o n ta le m e n t

1. Il y a celui de Sion et celui de C o n - th ey . 2. Il s’en c o n s tr u it de plus en plus en Valais. - R êche. 3. G r a n d baillif de la R é p u b liq u e in d ép e n d a n te du Valais. 4. En Mex. - Ville d ’Italie qu i a d o n n é son n o m à u n e c ertain e vaisselle. 5. Sigle d ’une ad­ m in is tr a tio n fédérale. - Frisé. 6. A f f ir m a ­ t io n étran g ère. - Il d o n n e le to n . - C o n ­ j o n ctio n . 7. C élèbre c o u r e u r australien. - C o u leu r. 8. Sans lui, pas de gu erre possible. - T erm in aiso n de participe. - Exhalaison. 9. Cachés. - Sigle d ’u n c a n to n suisse. - P r é ­ cédé de La, c’est u n c h a r m a n t h am eau du val d ’H é ren s . 10. Presque sot. - E ducatif. 11. Réalise dans le m auvais sens. - Bond.

Verticalem ent

1. D e n t o u alpage de C h am o s o n . 2. T o u ­ jo u rs v e rt, mais pas en a m o n t de M a rti- gny. - Tas de chiens ou tas de gens. 3. Dans u n gâteau. - F ra c tio n . 4. C ’est ainsi q u ’on appelait les prem ières m o to cy clettes. - P h o ­ n é tiq u e m e n t : a b an d o n n e r. 5. P r é n o m fé­ m in in . - A rticle. 6. F le u r des Alpes valai- sannes. - P ré fe ctu re d u V ieux-C hablais. 7. E n Valais, désigne u n e certaine m o n té e plus im p o r t a n te autrefois que de nos jours. - En tel. 8. Il n ’y a ni village, ni h a m e a u dans c ette vallée valaisanne. - S’éreinta. 9. G u e t ­ ta. - N o n loin de Loèche. 10. Ville b ib li­ que. - Se jette dans la M orge. 11. N o m d ’u n e vallée valaisanne e t valdotaine. - A r ­ d eur. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

E

8 °

IV

,

jams

I/MAISIXNS

Mon cher, L e ttre à m o n a m i F a b ie n , V a laisan ém igré J ’ai lu quelque p a r t que dans une de nos stations valaisannes, on com ptait environ sept mille « âmes » à la m i-août alors que les domiciliés et votants sont en fait au nombre d ’un millier. Cela te donne l’image de ce pays, en été, car cette proportion se retrouve évidemment ailleurs.

Mais fort heureusement l ’invasion est sympathique, bienvenue pour beau­ coup, et s’il y a parfois des exceptions, car on ne peut dem ander à une foule aussi dense qu ’elle ne soit composée que de gens polis, on doit bien reconnaître que les « recevants » ne sont pas toujours d ’un empressement affolant et d ’une distinction hors de pair.

D ans le secteur « touristique », comme disent les économistes, il est m ain­ tenant plus facile de trouver des clients que du personnel et je n ’ai personnelle­ ment pas pu toujours éviter q u ’une serveuse, pour me rendre la monnaie, me la jette sur la table en regardant p a r la fenêtre.

M a philosophie, ici comme ailleurs, et cela fait quelques années que je l’ai mise au point, consiste à adm ettre qu ’il faut prendre les gens comme ils sont et non comme on vo u d rait qu ’ils soient. Q u an d tu as compris cela, tu cesses de passer ta vie à vouloir faire que les autres agissent ou pensent comme toi ou à te gâter le caractère parce que tu n ’y arrives pas.

Evidemment, ce laisser-faire a des limites, et tu as certainement entendu parler cet été de cette colonie de vacances où p a r définition l ’on ne colonisait rien du tout, car on voulait voir — 'les dirigeants — jusqu’où on peut aller trop loin dans l ’absence d ’éducation de jeunes enfants.

La pédagogie du néant, cela peut nous mener fort loin, d ’ailleurs. Ainsi, p a r exemple, on peut très bien imaginer qu ’un jour on ferme les écoles de manière à perm ettre à nos enfants de se « réaliser » eux-mêmes comme disent les nouveaux pédagogues.

En attendant, à propos d ’écoles, celles-ci ont recommencé et des milliers d ’enfants sont retournés à leurs bancs ou y sont allés pour la première fois.

D onc, l’instruction publique tient le coup. E t même q u ’on leur enseigne les maths modernes, à ces enfants, de sorte qu ’il ne leur sera plus nécessaire de mémoriser prosaïquem ent que dix fois dix font cent. Ça leur viendra p a r intuition. E t l’allemand on va l’introduire en classes primaires p a r des moyens «audio-visuels». Ce sera, para ît-il distrayant, mais mon ami N o rb e rt au ra it dit certainement que « l’audio-visuel » a cet avantage q u ’il y a toujours une oreille et un œil pour oublier ce que l ’autre a enregistré. Il ne croyait qu ’à la vertu du vieux moyen classique qui consiste à fournir un effort de compréhension. Bref ! O n souhaite que nos enfants p arle n t plus ta rd « indistinctement » les deux langues, mais pas trop to u t de même.

E t p ourtant, après cent ans d ’instruction obligatoire en Valais, on a dû introduire l a traduction simultanée au G ra n d Conseil parce q u ’au niveau des députés il ne se trouve q u ’une minorité pour avoir fait l’effort de com prendre leurs collègues de l’autre langue et ce ne sont pas ceux d ’en bas qui donnent ici le meilleur exemple. Et p ourtant, ce sont les élites !

E t je suis certain q u ’après dix ans d ’audio-visuel on en sera au même point. La démocratie suisse tient par la merveilleuse juxtaposition de gens qui ne se com prennent pas. Si c’était le contraire elle serait déjà p a r terre assurément.

... Ceci dit, apprête-toi à venir vendanger, car la récolte sera si forte q u ’il faudra des bras complémentaires pour en venir à bout. Je dis bien des « bras » et non des « têtes », car au mom ent des vendanges les gens du tertiaire sont absolument inutiles.

E t le vin sera bon aussi. Tu côtoieras notre monde vigneron qui a son allure et son comportement. O n le retrouve sous tous les cieux. M ’étan t rendu à la foire des vins de la vallée d ’Aoste avec mon épouse, nous nous sommes amusés à m ettre des noms de gens de Fully, de Saillon et de V étroz sur les figures de ces paysans qui constituaient la m ajorité des participants.

Les ressemblances étaient frappantes et l’on se rendait compte que ces visages étaient façonnés p a r les mêmes gestes, les mêmes soucis, les mêmes réflexions et, soyons francs, le même goût du vin donnant au bout d ’un certain nombre d ’années, à la peau, ce coloris caractéristique.

Le vin se vendra cette année, dit-on, car il en manque. O n souhaiterait cependant, dans de nombreux milieux, q u ’il restât, sur un litre, a u ta n t d ’argent au vigneron qui a transpiré sur ses coteaux q u ’à la personne qui l’a servi, parfois en oubliant de sourire et de saluer.

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Brcntjong (du côté de Loèche)

L'OREILLE

DU SATELLITE

T exte Pascal T h u rre

Photos C y rille C le rc

Brentjong ! A tlantique nord ou Asie du Sud ? N e cherchez plus. C ’est en Valais. Quelque p a rt du côté de Loèche !

C ’est ici que se construit la première station terrienne de notre pays.

La Suisse branchée sur satellite ! La Suisse p a rla n t avec le reste du monde non plus p a r câbles sous-marins ou p a r fils, mais directement p a r la voie du ciel via « Intelsat », lequel se ballade autour de l’axe terrestre à plus de 36 000 kilomètres de nous.

Le regard espiègle, la technique fourm illant au bout des doigts, une volée de Japonais dirigés p a r Masao O m u ra est venue renforcer les tech­ niciens valaisans, allemands ou français qui construisent dans un décor de roc et de raccards cette oreille géante de 30 mètres de diamètre.

Cette antenne captera, grâce au relais inter­ spatial, les mille signaux que la terre lui enverra à l’intention des Suisses : communications télé­ phoniques, télégrammes et demain, si nécessaire, les programm es de radio et de télévision.

M êlant dans cette station de Babel gestes, sourires et fendant, dans l’enchevêtrement des langues et des patois, l’équipe travaille en fait à la compréhension des hommes.

A la tê te de l ’éq ui pe e t le ce rv eau de la s ta t io n t e r r ie n n e : Masao O m u r a , de la « N i p p o n E l ectr ic C o m p a n y », q u i g r o u p e plus de 10 000 em ployé s au J a p o n

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La nouvelle antenne sera mise en service cette année encore. Elle nous reliera directement tout d ’abord avec les Etats-Unis, le C anada, le Brésil et Israël. D ’autres circuits suivront. Ils triple­ ront de 1974 à 1980.

Si la Suisse a choisi Brentjong, c’est p o u r des raisons multiples. Il fallait un prom ontoire dé­ gagé, dirigé sans encombre sur le satellite : il fallait des conditions climatiques perm ettan t des liaisons sans bavure, l’absence de tout bruit p ertu rb ateu r et la possibilité tout de même d ’acquérir 2 0 0 0 0 0 mètres carrés de terrains sans trop d ’ennuis.

L ’antenne parabolique, qui devra résister s’il le fa u t à des ouragans d ’une vitesse de 200 km ./ heure, pèse près de 2000 tonnes.

— Incroyable, la précision q u ’il fa u t ! La

partie mobile de l ’antenne pointée vers le fir­ m am ent pèse à elle seule 400 tonnes, et l’on exige d ’elle à toute heure, p a r tous les temps, une précision d ’un centième de degré.

Q u a ran te millions de francs ont été investis dans cette réalisation, quarante millions dont le tiers ira à des entreprises valaisannes... presque a u tan t qu ’aux Japonais !

D e Brentjong, un câble coaxial p a rtira sur Sion, reliant du même coup le satellite au

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Ja p o n ais, Valaisans, A ll e m an d s .. . c ’es t l’O N U des t é lé c o m m u n i c a t io n s

réseau national. En janvier déjà, C apharnaiim p o u rra parler à Epinassey et la Maison-Blanche être reliée à la cabine publique de la P la n ta ! T out cela passait jusqu’ici p a r des câbles sous- marins.

— De ce fait les communications seront plus

rapides, plus sûres et beaucoup plus propres. Mais cela n ’a rien à voir avec la pollution des mers... comme essayait de nous le faire croire un ingénieur de la N ip p o n Com pagny, l’œil bridé

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LE DINER

DE VENDANGES

T exte Pascal T h u rre P hotos O sw ald R up pe n

N o n ! Nous ne dresserons pas sur le coteau valaisan de m onum ent à la gloire de Charles Benz, ni même à celle du Sédunois Isaac de Rivaz. Le m oteur qu ’ils ont inventé a tué le dîner des vendanges !

Jadis, ce repas patriarcal pris en commun au pied de la vigne, sur un talus d ’herbes sèches

ou sous l’a v an t-to it d ’une guérite, faisait partie du rite des vendanges.

Tandis que les retardataires finissaient leurs lignes et qu ’au loin sur la muraille l’on voyait revenir les « brantards », la mère de famille déballait le contenu de son grand panier d ’osier recouvert d ’un linge blanc. Le barillet, ou parfois

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même le tonnelet, entam ait la ronde des hommes encore debout près des échalas. O n entendait les femmes dire : « Allez ! venez à présent. Faites- vous pas prier ! »

O n se faisait de grands signes d ’un tab lard à l’autre où la p lu p a rt des dîners se ressemblaient. Il y avait invariablement au menu : pommes de terre en robe des champs et sérac, que précédait parfois une soupe aux légumes que l’on versait dans les couvercles ou les assiettes, directement du bidon, chacun tiran t à lui « l’épais » en s’aidant de la cuiller.

Parfois c’était ces m orceaux de lard au liseré jaunâtre q u ’accompagnait la soupe à l’orge.

Les hommes aux moustaches garnies de fils blancs n ’en finissaient plus de tailler des copeaux de from age dans leur soupe. Ils disaient en rian t : « Il fau t que ça tienne, car le raisin ça creuse ! » Et le vin donc ?

Il était de coutume, à cette époque où le cercle des grandes familles ne s’était pas encore effrité, de voir toute une parenté participer à la même vendange et p artag er ainsi le même repas. O n allait tous ensemble, « aujourd’hui p o u r l’un, demain, p o u r l’autre... », et l’on sympathisait ainsi autour d u même pain, sans

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p o u r cela attendre les repas d ’enterrem ent ! Le dîner des vendanges n ’a p o u rta n t pas com­ plètement disparu du Valais. Mais il est devenu un brin folklorique. Il se déroule encore, lorsque le temps s’y prête, à l’heure de la dernière bos- sette et que l’on vendange tout un parchet a p p a r­ tenant au même encaveur, à une hoirie ou aux chanoines du Chapitre.

La raclette est alors de mise. O n se passe les pommes de terre de main à main, comme des braises. Les assiettes en carton volent d ’un groupe à l’autre. Les rires fusent.

Maîtres du coteau, les vendangeurs contem­ plent la plaine où s’a tta rd e n t les premières b ru ­ mes d ’automne.

O n oublie pour un instant le tracteur et l’auto qui vous obligent à galoper, comme dans la vie de tous les jours, d ’une vigne à l’autre.

Il arrive même que l’on prenne le temps de s’allonger un instant dans l’herbe rousse. O n savoure l’heure de la récompense dans l’odeur enivrante des grappes où les guêpes se taq u i­ nent.

O n sent déjà respirer l’hiver, tout proche. E t octobre a p p a ra ît alors comme une action

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Tous les Valaisans o n t en m ém oire ce beau rom an de R a m u z qui chante D er- borence a vec une poésie fo rte, naturelle et qui, par-delà les m ots, vo u s touche si p ro fo n d é m e n t, au p o in t que vo u s en gardez les échos co m m e des souvenirs. R a m u z éta it m o n té là-haut, im pressionné p a r le décor de cette vallée abrupte, a u x dépressions vertigineuses, puis séduit par cette cu v e tte rom antique où les eaux d ’un lac m iro ita n t lui faisaient, à l ’en croire, m ie u x v o ir le paysage. Il éta it descendu dans l’auberge qui, au n o rd du lac, s’accroche à la colline a n n o n ­ çant les pâturages. Son regard se p o r ta it ta n tô t sur la belle fo r ê t de sapins et de mélèzes qui, au sud des eaux, s’étage progressivem ent jusqu’à m o u to n n er l’alpe d ’évanescences verdâtres. D ’un v e r t qui, d ’abord très v i f , s’a tténue avec l’été, puis ja u n it et, fin a le m e n t, se fro n ce jusqu’à épouser les ocres et les rouilles de l’a u to m n e venu.

D ’un côté, R a m u z v o y a it la m on ta g n e, dure, couturée de couloirs d ’avalanches, pleine d ’estafilades, ridée, burinée, et ne p o u v a it ainsi s’em pêcher d ’évoquer les bergers qui la bra va ien t d ’année en année et qui, face à face, se fo rtifia ie n t du co m b a t incessant q u ’ils livra ien t a u x hum eurs de ces géants capricieux cra­ chant leur colère en des orages dantesques. Beauté d ’un p a ys d o n t la rigueur détei­ gnait sur les hom m es ! C e tte beauté-là, m êm e dans ce qu’elle recélait de tragique, R a m u z la m esurait a vec la précision de son talent et cette sensibilité propre à l’artiste, capable de créer des vies au sein des choses !

Derborence dem eure un site privilégié p o u r qui sait encore regarder a vec son c œ u r et sentir a vec ses y e u x , p o u r reprendre la m étaphore de R a m u z . I l y a d ’abord cette vallée encaissée, sauvage, a u x coulées im p ito ya b les, jalonnée d ’arbres arrachés, torturés, ou de racines rapiécées, q u ’une route sinueuse, m oulurée dans le fla n c de la fo rêt, serpente, ta n tô t a vec l’audace de la découverte, ta n tô t avec la nostalgie de la prom enade, jo u a n t a vec les tunnels, avec les rochers, creusant un ourlet, traçant un fe sto n ou d é c riv a n t une sorte de ja b o t de verdure. La route va , tourne, descend, rem onte, se hérisse, se calme, s’assagit ou s’ém eut m êm e, selon que la vallée tem père sa détresse ou adoucit sa sévérité.

A n d r é G ide, la re m o n ta n t un jour, disait : « C ’est le chem in d ’une autre vie... » E t Pierre B enoît, lui qui s’y connaissait en « terres m erveilleuses », depuis « L ’A tla n tid e », de s’écrier : « O n y rem onte le cours du tem ps ! »

C ’est que, p o u r qui sait adm irer, la vallée de D erborence, com m e le n o m du lieu, p a r t a vec une rigueur quelque p eu rébarbative, puis la nguit a v a n t de s’o u vrir dans la lumière.

Si le v a llo n possède une verdure luxuriante, le plateau de D erborence, lui, expose une vég éta tio n particulière : des forêts, bien sûr, mais aussi des pierriers q uasim ent rabotés ou alors tru ffé s d ’herbages fleuris, d ’arbrisseaux emmêlés, d ’arbustes disparates qui sem b len t a vo ir été oubliés là au hasard d ’une fantaisie poétique.

Les rochers et les arbres y jo u en t à cache-cache. D ’un m o n ticu le à l ’autre, les fleurs, m odestes ou hautaines, s’enchaînent, co m m e les constructions agrestes qui ensem encent l’alpe tranquille qui v a m o u rir au p ie d de la m ontagne.

Le lac, dans le fo n d , est reposant, m agique et in v ite à la rêverie. Il reproduit le paysage a vec d ’autres form es, d ’autres nuances, une géom étrie inversée qui séduit jusqu’à l’e n vo û tem en t. O n ne sait plus dès lors laquelle des images est la plus belle : de celle que révèlent les eaux ou de l’autre, que couronne le ciel ! A u to u r d u lac, ce sont les chem ins qui s’allongent avec nonchalance tissant dans la fo r ê t ce réseau de rides enchevêtrées qui « irriguent » un visage. Le silence, ici, dispense la paix. E t je ne connais rien de plus réco n fo rta n t q u ’une m é d ita tio n , dans le soir qui to m b e ou le m a tin qui n a ît, en ce bois de Derborence. U n regret cependant : tous ces touristes qui y d ébarquent p o u r savourer une broche e t qui s’en v o n t en laissant sur place les reliefs de leur repas, a u ta n t d ’injures à une nature id y lliq u e ! Il est é v id e n t que le site gagnerait à être am énagé dans le sens où l ’on interd ira it a u x gens à s’installer n ’im p o rte où et à faire n ’im p o rte quoi ! Protéger le p a y s est une chose, le soigner en est une autre !

I l fa u d ra it e n fin que l’on a p prenne a u x touristes, p ar le texte et l’image, à regarder, d ’où l’ém erveillem en t incessant d o n t parle Jules R e n a rd à propos des paysages qui s’em p riso n n en t eux-m êm es dans le regard... q u a n d ils so n t bien compris... O ui, il v a u t la peine de m o n te r là -h a u t en août, en septem bre et en octobre, su rto u t lorsqu’in te rv ie n n e n t la poésie des teintes et la douceur de la tem pérature. O n p re n d conscience alors de la richesse d ’un p a y s qui of f re to u t

au cœur... M aurice M étrai.

N im m

T exte M a u rice M é tra i P h o to Oscar D a rb e lla y

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Distanz und Absenz von tiefinnen

Edzard Schaper

zum fünfundsechzigsten Geburtstag

N och h a t er nicht resigniert ob der illiteraten Oberflächlichkeit um ihn her ; noch h at er sich nicht dankend verabschiedet von der arroganten Zerstörungsw ut analphabetischen Walliser All­ tages ; noch ist er heiligen Zornes m ächtig über den von mediokren Bibliographen inszenierten Selbstmord der Kirche durch Neue Liturgie (die G o tt der M acht des Wortes unfreiwillig entle­ digte) ; noch gibt es das weite Feld der Ge­ schichte, darin Westen und Osten ungeteilt er­ scheinen, und die Heiligen Bücher, die Luther und unsere Sprache werden Hessen ; noch tut sich Verlorenes auf, Menschen und Räume, und

w ird in der Absenz eigentlich ; es grünen noch unbestechliche Bäume, Vögel kommen zurück, auch wenn m an es ihnen schwer m acht ; noch schweift Faselhans Fuchs nachts um sein H au s : wie lange ?

E d zard Schaper fräg t sich nicht mehr. Ihm ist die Zeit des Wissens gekommen. H a t er A n t­ w orten ? Gewiss. Ein ganzes Lebenswerk voll A ntw orten. H a t er die A n tw o rt ? K aum . D a ist er zu lange A u to r und ein zu guter, als dass er nicht sähe, wie die Fragen den A n tw o rten da- vonlaufen.

Dies ist sein Them a — und h at wohl zu vielen Missverständnissen geführt, die aus dem Bekenner Schaper gern einen klerikalen A utor gemacht hätten, eine A rt höheren Katecheten, ein katholisches Gegengift zu den Sartre, Camus, Brecht oder Benn, ein von den Industriellen der Fröm m igkeit zensuriertes schreibendes Brevier für höhere Töchter, höhere Prälaten, höhere Frauenvereine und M ännerkongregationen.

Was er zuletzt ist, nicht sein will und nicht sein k ann : dazu ist er als D ichter zu differen­ ziert und zu komplex. So fällt denn nicht gerade ein W erm utstropfen in seinen R uhm , m an könnte auch nicht Resignation nennen, was leise aus ihm spricht, es ist eher ein m ännlicher Galgenhum or, der sich dam it abfindet, von falschen Verehrern umgeben zu sein. Was ja schon Rilke passierte, un d der w a r auch nicht ohne...

E r kam von weit her, liess ein bewegtes Leben zurück, als er sich bei uns einrichtete, und vieles ist tot nun um ihn : Kassner, dessen G rab in Siders er hütet ; H egner, der grosse V er­ leger, G ottseidank musste er den Ruin seiner Epigonen nicht mehr erleben. G ottseidank ! Eine Lieblingsvokabel Schapers, die in etwa seine elegische Gefühlslage bezeichnet, wenn er vom Gestern und vom H eu te spricht.

Sein Balkan ist auch tot, und Schaper rü h rt ihm eine verhaltene Trommel, klagend, doch m it viel afición.

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Bon anniversaire !

« T reize Etoiles » a rendu visite au g rand écrivain alle­ m a n d E d za rd Schaper qui fê te son soixante-cinquièm e anniversaire.

E d z a r d Schaper, d o n t la v ie f u t f o r t m o u vem en tée, v i t depuis p lu s de v in g t ans à Brigue et à M ünstér.

N o u s lui souhaitons de p o u v o ir continuer longtem ps encore son œ u v r e de poète.

Was heilig w a r am Wallis, ist vorbei.

D a ru m vielleicht k ann dieses verrucht­ unschuldige Land einem Dichter wie E dzard Schaper als Freiheitsraum dienen, von dem aus er, letzter, entlegener Zeuge, seine entschwun­ dene H e im a t sucht und erforscht.

D istanz und Absenz : wenn m an dam it leben kann, ist es nicht nur ein Thema, sondern p r ä ­ destiniert geradezu zum Schreiben. Schaper, als Wissender, h a t jeglichen T a n d hinter sich ; nichts hält ihn ab von seiner « recherche du temps p erd u et du temps à venir ».

Ich kenne einen, der die Absenz dermassen in den Knochen hatte. M an h at ihn füsiliert 1936, bei G ran ad a, w o er zuhause w a r und daheim. Schaper w a rd zweim al zu Tode v eru r­ teilt. So kommen, über Zeiten und Räume, der von Posen und der von G ra n ad a zusammen. A uf jener Ebene, die nur ihnen gehört.

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A n fa n g einer Festspiel­ tra d itio n :

« Zigeunerbaron »

in Visp

Ic h erinnere m ic h vergangener Z e i­ ten, als m eine Schwester und ich, siebzehn M e te r über dem E rd bo de n, auf dem D ach des alten Schulhauses damals, den kle in e n H u n d e in h o lte n und, ausser einer älteren Frau, die v o n oben ganz o p e re tte n h a ft aussah, niem and uns davon abhalten k o n n ­ te, w e il unsere E lte rn , w ie ganz V isp u n d die umgebenden T äle r, zum , glaube ich, dre ize hn te n oder v ie r­ zehnten M a l in der O p e re tte w aren. M a n k a n n sich inzw ische n über vieles streiten.

M anches ist anders gew orden in ­ zwischen.

D ie beinahe k u ltis c h zu nennende A ffe k t io n der V is p e r z u r O p erette is t geblieben.

N u n haben sie alles : In Eugen M e ie r einen m usikalischen L e ite r, der quasi U n m ö g lich e s le is te t ; in Franziskus A b g o tts p o n n ic h t n u r einen einheim ischen P ro fi, der die Regie blendend zu leisten verm ag, sondern auch noch einen M a n n , der d a fü r besorgt ist, dass ausserordent­ liche K rä fte an diesem G em ein­ schaftsw erk einer ganzen R egion spontan und m it Freude m itm a ­ chen.

D arüb e rh in a u s einen G em einde­ präsidenten, der etwas f ü r K u ltu r ü b rig h a t und sich d a fü r einsetzt. C hö re , O rchester, ein bisschen Geld. Plus ein D o r f, das ganz u nd gar da­ h in te r steht.

M it anderen W o rte n : V isp ist festspielreif.

D e r « Z ig e u n e rb a ro n » bewies, dass es m ö g lic h ist. U n d w ie !

W ir w ünschen den V isp e rn den selben Einsatz b e im nächsten M al.

U n d die gleich gute Besetzung. D e n n dass es, bei diesen Vorausset­ zungen w e ite r gehen w ir d , scheint uns ausser Frage.

Was diesesmal geleistet w urde, muss A n s p o rn sein. Z u gleichem .

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D é b u t d ’u n e tra d itio n th éâtrale :

«Le baron tzigane»

à Viège

Je m e rappelle. M a sœ u r e t m o i à dix-sept m ètres au-dessus d u sol, su r le to it de l ’ancienne m aison d ’école, nous étions allés c h e rc h e r le p e ti t chien et, à p a r t une vieille fem m e, p erso n n e n ’avait p u nous re te n ir parce que nos p a r e n ts et t o u t Viège e t to u te s les vallées d ’a le n to u r, é ta ien t allés p o u r la treizièm e o u la q u a to rz ièm e fois, je crois, à l’o p é rette.

O n p e u t d iscu ter de b e au c o u p de choses. Beaucoup de choses o n t changé e n tr e ­ tem ps. P a r c o n tr e l’a ffection presque c u l­ tuelle des Viégeois p o u r l ’o p é re tte est de­ meurée.

C ’est q u ’ils o n t t o u t : E ugène M eier, un d ire c te u r m usical q u i o b t ie n t p resq u e l’i m ­ possible ; F ranziskus A b g o tts p o n , p ro fe s ­ sionnel de l’e n d r o it qu i n o n seulem ent assure b rilla m m e n t la régie, mais aussi se p ré o cc u p e de faire p a rtic ip e r s p o n ta n é ­ m e n t e t avec joie des forces e x tra o rd in aires à cette réalisation collective de to u te une région.

E t en o u tr e u n p ré s id e n t de c o m m u n e qu i a le sens de la c u ltu re et qu i s’engage p o u r elle. Des choeurs, u n o rc h es tre et un peu d ’a rg e n t ; plus u n e cité q u i collabore to ta le m e n t.

E n d ’au tres term es : Viège est m û re p o u r le th éâ tre. Le « B aro n tzigane » a d é m o n tré que c ’éta it possible. E t c o m m e n t !

N o u s so u h aito n s aux Viégeois le m êm e enthousiasm e p o u r la p ro c h a in e fois. Ce qu i a été réalisé c ette année d o it être u n e n c o u ra g em e n t à reco m m en cer.

P ierre Im hasly.

Des r é p é tit io n s sous la plu ie, mais ni l'e n t h o u s i a s m e ni le m o ra l ne f u r e n t en tam é s

Références

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