RAPPORT ENVIRONNEMENTAL 2017
RAPPORT ENVIRONNEMENTAL 2017
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Table des matières
Editorial
Stratégie environnementale Opérations et environnement Efficacité énergétique
Comportements éco-responsables
03 04 06 12 17
Highlights 2017
– 33,5 kT/a CO2
Contrôle d’approche étendu
+ 30 %
Efficacité énergétique depuis 2006
– 12 MWh/a
Consommation électrique des simulateurs de tour
« «
Chers lecteurs, chères lectrices
Bien que l’aviation ne produise que 2% des émissions de CO2 dues à l’homme, son impact environnemental est considéré comme majeur, en particulier en raison de l’augmentation rapide du nombre de mouvements aériens.
C’est pourquoi la protection de l’environnement fait partie intégrante de notre mission. De fait, nous déployons une politique environnementale rigoureuse dans trois domaines:
nos opérations, nos infrastructures et l’implication de nos collaborateurs et collaboratrices.
Nous avons adopté le plan de performance de la Commis- sion européenne pour l’introduction du Ciel unique euro- péen (Single European Sky), qui définit l’efficacité environne- mentale comme un objectif clé dans le secteur du trafic aérien. En tant que membre du bloc d’espace aérien fonc- tionnel d’Europe centrale (FABEC) et du programme de recherche pour le développement technologique du Ciel unique européen (SESAR), mais aussi en tant qu’entreprise proche de la Confédération, skyguide est particulièrement impliquée dans la mise en œuvre des stratégies environne- mentales de ces entités.
En 2013, le Conseil fédéral a approuvé la Stratégie énergétique 2050. Et à l’instar de l’administration fédérale, du Départe- ment fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, du Domaine des EPF et d’autres entreprises proches de la Confédération, skyguide s’est impliquée dès 2014 dans le programme «Exemplarité énergétique de la Confédération». Les pratiques respectueuses de l’environne- ment font désormais partie intégrante de notre stratégie commerciale. La promotion de la coexistence entre les parcs éoliens et la navigation aérienne, l’utilisation de drones pour certaines opérations de calibration, ou le recours à l’informa- tique verte et à d’autres techniques innovantes, nous per- mettent de rester à l’avant-garde du progrès.
Ce rapport explique les multiples efforts déployés par skyguide tant dans la navigation aérienne, son activité prin- cipale, que dans d’autres domaines comme les bâtiments et énergies renouvelables, la mobilité ou l’informatique verte.
Je suis fier de pouvoir affirmer que grâce à de substantielles améliorations, nous avons déjà atteint plusieurs de nos objectifs à long terme.
Alex Bristol CEO skyguide
La protection de l’environnement fait partie intégrante de notre mission
ÉDITORIAL
Maillon de la chaîne de valeur de l’aviation, skyguide s’efforce de réduire son empreinte environnementale et d’améliorer le bilan écologique du trafic aérien, en soutenant des initiatives nationales, européennes et mondiales. Thierry Brégou est res- ponsable des questions environnementales chez skyguide, fonction qui inclut la conduite de la Green Team, dont le but principal est d’instaurer des bonnes pratiques dans les domaines des bâtiments et énergies renouvelables, de la mobi- lité et de l’informatique verte.
La sécurité est la priorité absolue de la gestion du trafic aérien.
Comment skyguide concilie-t-elle les exigences de sécurité et les mesures environnementales?
La sécurité constitue l’ADN de skyguide et ne fait l’objet d’aucun compromis. Mais sécurité et environnement ne sont pas incom- patibles. Nos systèmes techniques et procédures opération- nelles sont continuellement améliorées afin d’offrir une sécu- rité et une capacité accrues aux usagers de l’espace aérien. Ces efforts contribuent aussi à raccourcir les trajectoires de vol et économiser du carburant, réduisant ainsi les émissions de CO2.
Skyguide est déterminée à réduire son impact environnemen- tal dans les domaines des opérations, des infrastructures et de la mobilité. Quels moyens permettent d’atteindre ces objectifs?
Au niveau opérationnel, l’efficacité des vols, autrement dit la réduction de la distance parcourue, est l’élément clé. L’espace aérien est partagé par des utilisateurs civils et militaires, ce qui peut se traduire par des kilomètres parcourus en plus. Une bonne collaboration entre toutes les parties prenantes est la clé pour améliorer le système. S’agissant des infrastructures, l’amé- lioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et des sys- tèmes a bien un impact positif.
Comment skyguide collabore-t-elle avec ses homologues?
La Suisse participe à l’initiative «Ciel unique européen» et, en tant que telle, reçoit des objectifs de performance. L’objectif envi- ronnemental, lié à la performance de vol, est fixé par la Commis- sion européenne et relève de la responsabilité du bloc d’espace
atteindre nos engagements communs, qui comprennent un objectif quantitatif en matière d’efficacité des vols sur le plan horizontal. Nous nous sommes notamment associés au déve- loppement d’un instrument de mesure de l’efficacité des vols qui devrait nous aider à identifier d’autres axes d’amélioration.
Mais le changement climatique doit être appréhendé à l’échelle mondiale. C’est pourquoi nous participons, via l’Organisation des services de la navigation aérienne civile, au Comité de la Pro- tection de l’Environnement en aviation (CAEP) de l’OACI.
Comment fonctionne cet instrument de mesure?
Baptisé CARPE DIEM, ce dispositif mesure la différence entre la trajectoire prévue ou volée et l’arc de grand cercle. Il permet d’identifier les facteurs d’inefficacité au sein d’un espace aérien spécifique ou à l’intersection de plusieurs espaces.
Dans son plan pour un ciel unique européen, la Commission européenne a qualifié l’efficacité environnementale d’objectif clé. De quelle manière êtes-vous engagés dans le programme de recherche SESAR?
Nous cherchons à développer des solutions pour réduire l’im- pact environnemental. SESAR est la plateforme d’innovation en matière de gestion du trafic aérien dans laquelle les parties prenantes de l’aviation européenne expérimentent de nouveaux concepts afin d’améliorer leurs performances.
Grâce à des exercices de validation, nous sommes parvenus,
La sécurité et l’environnement
ne sont pas incompatibles Thierry Brégou
STRATÉGIE ENVIRONNEMENTALE
« «
aussi à des recherches sur l’optimisation des profils de descente, sur la navigation assistée par satellite en région terminale et sur le développement de routes libres, autant de domaines pré- sentant un fort potentiel en matière d’économies de carburant et de réduction des émissions de CO2.
Skyguide s’efforce de proposer des routes directes à ses clients.
Avec quels avantages?
Un vol plus direct permet d’économiser du carburant, ce qui réduit les émissions de CO2 et aussi les coûts pour les utilisa- teurs de l’espace aérien. Ceux-ci peuvent planifier ces nouvelles trajectoires directes et ainsi limiter le carburant embarqué et la consommation. La prédictibilité du trafic est améliorée, permet- tant également d’optimiser la performance du réseau.
Dans le cadre de SESAR, skyguide travaille sur un projet d’amé- lioration des profils d’approche pour les aéroports. Avez-vous déjà obtenu des résultats?
Une première phase a été mise en œuvre à Zurich. Le principe initialement appliqué du «premier arrivé, premier servi» avait pour effet de mettre en circuit d’attente les avions arrivant juste avant la fin des restrictions des vols de nuit. En assignant un créneau à quatre dimensions à tous les appareils de Swiss avant la phase d’approche lors de la vague d’arrivées du matin, les émissions de CO2 ont pu être réduites de 2100 tonnes par an.
Skyguide, comme d’autres entreprises proches de la Confédéra- tion, participe au programme «Exemplarité énergétique» et s’est engagée à réaliser d’importantes économies d’énergie.
Quels sont les résultats de ces efforts?
En améliorant de plus de 30% notre efficacité énergétique depuis 2006, nous avons dépassé l’objectif des 25% d’améliora- tion d’ici à 2020. Le plan d’action fédéral a été l’occasion de pla- cer nos actions environnementales dans une structure. Pouvoir nous comparer à d’autres dans le domaine environnemental était une nouveauté et nous a aidé à prendre des mesures cor- rectives. Nous disposons d’un équipement spécifique, notam- ment dans le domaine Communication, Navigation et Surveil- lance (CNS), dans lequel nous pouvons innover. Nous sommes par exemple en train d’introduire l’utilisation d’un drone pour la calibration de nos systèmes d’atterrissage au lieu d’un avion
spécial. Ce procédé nous permet de réduire significativement les émissions et le bruit occasionnés.
Skyguide a créé une Green Team. Quelles sont ses attributions?
La Green Team est un groupe de travail associant l’ensemble des départements avec une participation représentative du mana- gement et du personnel. L’équipe utilise les structures et les compétences de skyguide, une organisation intégrée qui fonc- tionne plutôt bien. Sa mission principale est la mise en œuvre du plan d’action fédéral. Parmi les actions menées à bien par la Green Team figurent notamment l’optimisation des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation, le remplace- ment des éclairages par des LED, l’amélioration de l’architecture des systèmes et la virtualisation.
Et comment convainquez-vous les collaborateurs de la néces- sité d’un comportement écoresponsable?
Heureusement, il n’y a pas besoin de les convaincre. Je crains même que la Green Team ne soit pas à la hauteur de leurs attentes. Chez skyguide, les gens sont généralement passion- nés par ce qu’ils font et montrent un réel engagement pour la protection de l’environnement.
Pensez-vous que l’industrie aéronautique dans son ensemble pourra un jour se défaire de sa réputation vis-à-vis de l’environ- nement?
Les efforts consentis par notre branche au cours des quatre décennies écoulées pour réduire les émissions sonores et gazeuses doivent être reconnus. L’aviation est responsable de 12% des émissions de CO2 de l’ensemble du secteur des trans- ports. Certes, la croissance du trafic aérien est actuellement supérieure à celle des économies de carburant réalisées, mais ses acteurs se sont engagés à stabiliser les émissions de CO2 d’ici à 2020 et à les réduire de 50 % par rapport à 2005. L’aviation réalise des progrès substantiels dans cette direction, en parti- culier dans le domaine des bio-carburants. Avec la tarification du carbone, les nouvelles mesures globales fondées sur le marché, proposées par l’OACI à l’enseigne du Programme de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA), faciliteront la réduction des émis- sions de CO2 après 2020.
OPÉRATIONS ET ENVIRONNEMENT
« Skyguide œuvre activement à la réduction de son empreinte
environnementale avec le concours
d’organismes locaux
et internationaux. »
L’impact du trafic aérien sur l’environnement est un défi inter- national qui requiert des mesures mondiales. Notre politique environnementale et notre système de gestion se déploient toutefois déjà à l’échelon local. À cet égard, skyguide œuvre activement à la réduction de l’empreinte environnementale de l’aviation avec le concours d’organismes locaux et interna- tionaux.
Le transport aérien est un moteur de l’économie, en particu- lier pour les marchés émergents. Avec plus de 3,3 milliards de passagers par an, il constitue un maillon essentiel du monde moderne : un tiers du commerce mondial (en valeur) et la moitié des touristes en déplacement international transitent par les airs. L’industrie aéronautique représente quelque 60 millions d’emplois et 3,5% du PIB mondial, mais bien qu’elle ait été la première à s’imposer d’ambitieux objectifs environ- nementaux et ne soit responsable que de 2% des émissions de CO2 d’origine humaine, elle est régulièrement montrée du doigt pour ses effets néfastes sur l’environnement. C’est pourquoi toute la question est de savoir comment concilier l’augmentation du trafic aérien et l’obligation de réduire l’impact sur le climat.
Œuvrer à la fois localement et mondialement
Skyguide entend bien être à l’avant-garde du progrès et de l’innovation grâce à sa collaboration avec des organismes tels que le bloc d’espace aérien fonctionnel d’Europe centrale (FABEC) ou l’Organisation des services de la navigation aérienne civile (CANSO), mais aussi à sa participation à divers projets, notamment au programme de recherche SESAR pour le développement technologique du Ciel unique européen.
Avec ses partenaires, skyguide met au point des instruments et des procédures destinées à améliorer les performances de l’aviation tout en réduisant au minimum son impact envi- ronnemental.
Les efforts commencent au terminal: les pilotes des appareils au départ d’un aéroport suisse ne reçoivent l’autorisation de faire tourner leurs moteurs que peu avant le pushback (ou repoussage). Et lorsque les appareils roulent sur le tarmac
pour rejoindre la piste de décollage, certaines techniques déjà en pratique, comme l’utilisation d’un seul réacteur, ou en déve- loppement, comme les systèmes de roulage électriques, leur permettent de se déplacer sans déployer la pleine puissance de leurs moteurs.
Efficacité de la gestion des vols
De nouveaux réseaux de routes, de nouvelles procédures de vol et de nouveaux outils d’assistance devraient permettre de réduire la consommation de carburant et les émissions sonores. C’est le cas, par exemple, d’iStream, de XMAN, de l’amélioration des profils de vol sur le plan vertical et de l’intro- duction d’un réseau de routes libres permettant des trajec- toires plus directes (Free route airspace). Skyguide, avec le concours d’autres services de navigation aérienne, de compa- gnies aériennes, d’aéroports et d’Eurocontrol, a procédé à une évaluation des vols arrivant très tôt le matin à Zurich. Le prin- cipe du «premier arrivé, premier servi» appliqué précédem- ment par le contrôle aérien aux vols en approche à l’aéroport
Limiter l’impact d’un trafic en hausse
OPÉRATIONS ET ENVIRONNEMENT
de Zurich avait pour effet de mettre en circuit d’attente les avions arrivant juste avant la fin de l’interdiction des vols de nuit et de produire ainsi d’inutiles émissions sonores et pol- luantes. L’introduction d’un système de gestion de l’heure d’ar- rivée (target time management), visant à attribuer un créneau horaire précis à chaque appareil en approche, a permis d’amé- liorer la fluidité du trafic et de réduire de ce fait le bruit et la consommation de kérosène.
Ainsi que l’explique Eurocontrol, «l’objectif de XMAN (contrôle d’approche étendu) est d’optimiser le flux des arrivées en agis- sant sur la vitesse des appareils plus en amont, lorsque ceux-ci se situent encore dans l’espace aérien des centres de contrôle limitrophes. Le temps d’attente des aéronefs faisant route vers des aéroports surchargés est réduit en limitant leur vitesse de croisière durant la dernière phase de vol, à plusieurs centaines de kilomètres de l’aéroport de destination. Cette méthode per- met d’accroître l’efficacité de vol en réduisant la consomma- tion totale de carburant et les émissions de CO2». La déconges- tion du trafic aérien en région terminale contribue également à réduire le bruit et à améliorer la sécurité opérationnelle en allégeant la charge de travail des pilotes et des contrôleurs aériens. Plus de 75% du trafic à l’arrivée à Zurich bénéficie d’ores et déjà de cette mesure. Avec XMAN, la réduction des émis- sions de CO2 à l’horizon 2023 est évaluée à 33,5 kT par an.
Nouvelles techniques, nouvelles procédures
L’amélioration des profils de vol sur le plan vertical permet d’optimiser l’efficacité énergétique des aéronefs empruntant l’espace aérien suisse. Sachant que l’efficacité énergétique d’un avion en vol dépend de son altitude de croisière, des accords internationaux régissant le transfert de responsabi- lités entre les contrôleurs des différents centres ont été signés pour les périodes estivale et hivernale, afin d’adapter au mieux les profils de vol à la densité saisonnière du trafic.
Cette mesure permet de réaliser des économies d’énergie estimées à 7,8 GWh par an.
L’introduction progressive de trajectoires plus directes, enfin, se traduira également par de substantielles économies d’éner- gie. Des améliorations sont mises en œuvre chaque année dans le cadre du projet de réseau de routes directes (Direct Routing Airspace). Celui-ci vise à une meilleure planification des vols passant par la Suisse grâce à des trajectoires de vol plus courtes. Un modèle encore plus ambitieux de réseaux de routes libres (Free Route Airspace) devrait être mis en œuvre à l’horizon 2022.
Avec Swiss International Air Lines et l’aéroport de Zurich, skyguide a également participé au programme AIRE (Atlantic Interoperability Initiative to Reduce Emissions) qui contribue à améliorer l’efficacité des vols transatlantiques à destination de Zurich sous l’égide de SESAR, chargé de coordonner les acti- vités de recherche dans le domaine de la gestion du trafic aérien.
Lorsqu’ils sont en phase d’approche de l’aéroport, les pilotes doivent traditionnellement réaliser une descente en plusieurs paliers entre leur altitude de croisière et le sol ; pour ce faire, ils passent d’une altitude à l’autre, remettant les gaz à chaque palier pour stabiliser la trajectoire. Les nouvelles technologies permettent une surveillance beaucoup plus précise de la posi- tion de chaque aéronef dans l’espace aérien et offrent ainsi une vision bien meilleure de l’ensemble du trafic. Ce progrès a conduit à une nouvelle technique dite de descente continue par laquelle l’avion se laisse pour ainsi dire «glisser» vers l’aéro- port avec une puissance de réacteurs très réduite, ce qui lui permet de limiter sa consommation de carburant et ses émis- sions sonores. Lorsqu’elle sera mise en œuvre aux aéroports de Genève et de Zurich, la descente continue offrira des écono- mies d’énergie de 133 GWh par an.
-33,5 kT/a
Emissions de CO2 grâce au contrôle d’approche étendu (XMAN)
-133 GWh/a
Opérations en descente continue (CDO)
Bénéfices environnementaux et économiques des drones
De plus en plus d’aéronefs sans pilote, autrement dit de drones, utilisent l’espace aérien inférieur. La Commission européenne estime que d’ici à 2050, quelque 7 millions de drones de loisir prendront les airs, auxquels il faut encore ajouter 400 000 drones destinés à des missions commer- ciales et gouvernementales. Ce phénomène crée des risques supplémentaires, mais aussi de nouvelles opportunités tant en termes d’innovation que de protection de l’environne- ment.
Les systèmes d’atterrissage automatique en vigueur dans tous les aéroports de Suisse doivent être calibrés tous les six mois. Cette opération s’effectue au moyen de vols de calibra- tion réalisés à différentes altitudes et selon différents angles.
Un avion doté d’un équipement spécifique doit être affrété spécialement depuis l’Allemagne, une opération coûteuse qui produit des émissions de gaz à effet de serre et du bruit durant des périodes de faible trafic, généralement durant la nuit. En recourant à des drones pour vérifier les systèmes d’atterrissage aux instruments (ILS), skyguide prévoit dans un avenir proche de réduire de manière substantielle non seulement ses coûts, mais aussi l’impact sur l’environ- nement.
L’utilisation de drones équipés d’instruments de mesure doit permettre de réduire le nombre de vols de calibration et leur programme de mesure de moitié dès 2020 et de 70% à partir de 2023, ce qui se traduira par un abaissement des émis- sions de CO2 de 142 tonnes et de la consommation d’énergie de 541 MWh par année à partir de 2020. Skyguide estime qu’à l’horizon 2023, la réduction des émissions de CO2 devrait avoisiner les 199 tonnes, tandis que la consomma- tion d’énergie devrait avoir diminué de 757 MWh par année.
Un autre projet consiste à effectuer des vols de maintenance pour les lignes à haute tension et les voies de chemin de fer à l’aide de drones. Deux programmes – Skyopener et Via- Drone – visent par ailleurs à mettre en lumière les applica- tions commerciales de ce que l’on appelle des aéronefs pilotés à distance (RPAS). Skyopener est le projet financé par l’Union européenne, tandis que ViaDrone est alimenté par des fonds suisses. En faisant partie des deux consortiums, skyguide pourra abaisser considérablement ses frais de recherche et développement.
-142 T/a
Emissions de CO2 issues des vols de calibration dès 2020
-541 MWh/a
Consommation énergétique des vols de calibration dès 2020
Atterrissage 100 NM 200 NM
200 NM 100 NM
Contrôle d'approche / Réduction de la vitesse Situation actuelle
Adaptation de la vitesse
Adaptation de la vitesse
XMAN Project
11 kT/an 33.5 kT/an
AMIKI
MOSIT
MOSIT ZRH ZRH
AMIKI GIPOL
GIPOL
Situation précédente
iStream
Consommation de kérosène Emissions de CO2
700 T/an 2.1 kT/an
Situation précédente DCT - Routes directes
Consommation de kérosène Emissions de CO2
527 T/an* 1.7 kT/an*
63 routes directes ont été mises en place en 2017
* Economies réalisées pour le segment de route reliant la région de Pontarlier (Jura) et Chambéry (Savoie) en survolant la région de Genève.
DCT - Routes directes
XMAN
iStream
OPÉRATIONS ET ENVIRONNEMENT
Nous devons concilier
les mesures écologiques avec des procédures de sécurité
Manuela Berger Lochbrunner
Chez skyguide, Manuela Berger Lochbrunner, d’abord formée en tant que contrôleuse de la circulation aérienne, est responsable des procédures de gestion du trafic aérien visant à améliorer la sécurité. En sa qualité d’experte, elle supervise l’introduction de nouvelles procédures émanant du management, d’exigences des partenaires commerciaux, de normes et réglementations internationales ou d’autorités de régulation.
Quels types de mesures de gestion du trafic aérien peuvent influer sur l’impact écologique de la navigation aérienne?
Nous pouvons faire beaucoup de choses pour modifier l’impact environnemental de la navigation aérienne. Mais il ne faut pas oublier que nous devons concilier les mesures écologiques avec des procédures de sécurité, d’abord, et avec des intérêts poli- tiques, ensuite. Prenez l’aéroport de Zurich, par exemple. Nous sommes parvenus à gagner du temps, à économiser du carbu- rant et à renforcer la sécurité en introduisant les départs en tra- jectoire directe. Dans le cadre de SESAR, nous avons réalisé des essais d’opérations en descente continue, ce qui contribuera à abaisser la consommation de kérosène. Cette procédure est très prometteuse et nous sommes en train d’analyser les situations où elle pourra être mise en œuvre.
Quels sont les avantages pour les clients et partenaires de skyguide?
L’approche en descente continue, par exemple, devrait permettre à nos clients d’économiser du carburant et de gagner du temps.
Il existe d’autres procédures ayant un impact positif sur l’envi- ronnement et qui permettent aux compagnies aériennes de prévoir leurs horaires d’arrivée et de départ avec plus de facilité.
Quels sont les objectifs fondamentaux de telles mesures?
Permettez-moi d’être très claire: la sécurité prime toujours sur les questions d’environnement. Toutes les mesures environne- mentales doivent être testées du point de vue de leur impact sur la sécurité. Mais une fois qu’il a été établi qu’une nouvelle procé- dure permet de maintenir, voire d’améliorer la sécurité, il est évident que nous allons faire notre possible pour la mettre en œuvre afin de réduire notre empreinte carbone et nos émissions sonores.
Comme vous l’avez souligné, la sécurité est la raison d’être de skyguide. Comment les facteurs environnementaux intervien- nent-ils dans le processus de décision d’un contrôleur aérien?
Les trajectoires plus courtes semblent être bénéfiques pour l’en- vironnement, mais elles peuvent perturber des plans de vol entiers qui ont pour but de garantir, dans la mesure du possible, le profil le plus économique et le plus efficace pour le vol concerné. Eurocontrol et la Commission européenne soulignent très clairement que le pilote et le contrôleur aérien doivent s’en tenir au plan de vol. Il faut peser les conséquences: quelle procé- dure est la plus gourmande en carburant? Coller au plan de vol initial et atterrir immédiatement ou choisir la route la plus rapide et passer ensuite une demi-heure en circuit d’attente?
Que cela implique-t-il, pour un contrôleur aérien, d’intégrer de telles mesures dans son travail quotidien?
Si vous introduisez de nouvelles procédures, les personnes en charge de la gestion du trafic doivent être formées et évaluées du point de vue de la sécurité. Une procédure d’approche en descente continue ou de décollage en trajectoire directe implique un changement dans les méthodes de travail des contrôleurs.
De quelle manière les contrôleurs aériens, qui sont en bout de chaîne et appliquent les procédures de gestion du trafic, colla- borent-ils avec les personnes qui les conçoivent?
Les nouvelles procédures sont établies en collaboration avec ce que nous appelons des Domain Managers qui travaillent en par- tie en salle de contrôle comme contrôleurs aériens et en partie au bureau, où ils apportent leur concours aux projets et aux innovations. Ils ont une excellente vue d’ensemble de la situa- tion et représentent les contrôleurs aériens auprès du manage- ment. Ces nouvelles procédures sont ensuite évaluées du point de vue de la sécurité et en tenant compte du facteur humain, afin de vérifier qu’elles ne sont pas porteuses de risques impré- vus. La dernière phase est celle de la mise en œuvre, qui inclut une formation et une information adéquates des contrôleurs aériens. C’est le même processus quelle que soit la nature des changements, y compris pour l’adaptation des procédures à des fins écologiques.
« «
Atterrissage 100 NM 200 NM
200 NM 100 NM
Contrôle d'approche / Réduction de la vitesse Situation actuelle
Adaptation de la vitesse
Adaptation de la vitesse
XMAN Project
11 kT/an 33.5 kT/an
AMIKI
MOSIT
MOSIT ZRH ZRH
AMIKI GIPOL
GIPOL
Situation précédente
iStream
Consommation de kérosène Emissions de CO2
700 T/an 2.1 kT/an
Situation précédente DCT - Routes directes
Consommation de kérosène Emissions de CO2
527 T/an* 1.7 kT/an*
63 routes directes ont été mises en place en 2017
* Economies réalisées pour le segment de route reliant la région de Pontarlier (Jura) et Chambéry (Savoie) en survolant la région de Genève.
EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE
+ 30%
efficacité énergétique
Skyguide a déjà dépas- sé l’objectif fixé par la Confédération visant à améliorer son efficacité énergétique de 25%
d’ici 2020 par rapport
à 2006.
Dans ses efforts pour adopter de nouvelles mesures de protec- tion de l’environnement, skyguide va au-delà des activités directement liées au trafic aérien: l’entreprise réduit sa propre empreinte carbone en participant activement au plan d’action de la Confédération.
Les acteurs publics engagés dans le plan d’action fédéral sont l’administration fédérale civile, le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, le Domaine des EPF, Genève Aéroport, les Chemins de fer fédéraux, la Poste suisse, Swisscom et skyguide. Ces organisations se sont fixé pour objectif d’améliorer leur efficacité énergétique de 25%
d’ici à 2020 par rapport à 2006. À cet effet, 39 mesures com- munes ont été définies et devront être appliquées à hauteur de 80% à l’horizon 2020. Chaque acteur s’est en outre engagé à déployer individuellement une série de mesures spécifiques à son domaine d’activités.
Fin 2016, l’efficacité énergétique de l’ensemble du groupe avait déjà été améliorée de 27% et 72% des mesures définies avaient été appliquées. Skyguide affichait pour sa part une améliora- tion de plus de 30% et s’engageait à poursuivre ses efforts. La mise en œuvre du plan d’action est d’ores et déjà en bonne voie, puisque deux-tiers des mesures ont déjà été réalisées.
Optimisation énergétique des bâtiments
Ces dernières années, la technologie permettant d’optimiser la consommation d’énergie a connu de rapides progrès. Au moment de sa mise en service en 1998, le centre de contrôle de skyguide à Genève était équipé des dernières technologies énergétiques (pour l’époque), notamment d’installations de refroidissement naturel (free cooling). En 2011, l’entreprise a rem- placé le système de chauffage de ses locaux de Genève par une nouvelle solution tirant parti du réseau de chauffage à distance du fournisseur genevois.
Le centre de contrôle de Dübendorf (ANZ), qui a entamé ses acti- vités début 2009, figure parmi les bâtiments à optimisation énergétique de dernière génération. Outre les éléments de construction utilisés, il est équipé de détecteurs de mouvement
permettant des économies d’éclairage et de climatisation, d’un système intelligent de gestion technique des bâtiments, d’un dispositif de récupération de chaleur et de pompes à chaleur, autant de mesure destinées à réduire la consommation dans tous les domaines. L’ancien système d’éclairage dans différents locaux de l’ANZ (centres de données, simulateurs, couloirs, réception, locaux techniques, parking souterrain, etc.) a été rem- placé en 2016 par des LED. La consommation électrique de ces espaces a ainsi reculé de 395 à 118 MWh par an.
En 2012, skyguide a inauguré son nouveau simulateur de tour de contrôle 3D à Dübendorf. Baptisée «TOSIM green», cette installa- tion complète les infrastructures du skyguide training center, qui compte à ce jour trois simulateurs de tour à Dübendorf et un à Genève. Remplacé en 2016, son système de projection est désor- mais équipé de technologie LED, ce qui a fait passer la consom- mation énergétique annuelle de 11,9 à 7,1 MWh. Avec le rempla- cement des systèmes de projection des deux autres simulateurs de tour de Dübendorf en 2013 et 2014, l’économie d’énergie s’élève à 12 MWh par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’électricité de trois ménages en Suisse.
Pour la communication entre les contrôleurs aériens et les pilotes, skyguide utilise un système radio reposant sur 600 appareils de communication et 34 stations émettrices et réceptrices dans toute la Suisse. En 2012, l’entreprise a lancé le projet «Smart Radio» visant à renouveler l’ensemble de ce sys- tème. Harmonisé au plan national, le nouvel équipement apporte une flexibilité et une efficacité énergétique accrues.
Reposant sur une unité d’alimentation électrique externe et centralisée, la solution choisie consomme jusqu’à 30% d’énergie en moins. Skyguide économise de ce fait pratiquement 200 MWh par an. L’entretien du nouveau système pouvant s’effec- tuer à distance, les trajets à but de maintenance vers les sites externes ne sont plus nécessaires, ce qui représente une réduc- tion des déplacements de plus de 13 000 kilomètres. D’ici à 2020, les principales stations de radio de Suisse seront toutes équipées des nouveaux appareils.
Une étape majeure dans les mesures énergétiques concerne la station radio et radar de La Dôle, dans le Jura vaudois, à
La mise en œuvre du plan d’action
de la Confédération en bonne voie
1677 mètres d’altitude. Tirant parti des conditions climatiques à La Dôle, skyguide a rénové les installations de chauffage, venti- lation et climatisation (CVC) de sa station en 2016. Les nouvelles installations comprennent un aéro-refroidisseur basé sur le free cooling, des machines frigorifiques et une régulation électro- nique permettant d’optimiser le fonctionnement du système.
Ces mesures ont permis de réduire la consommation du système CVC de la station de 15%, soit environ 35 MWh par an.
L’introduction de l’informatique verte contribuera à réduire encore la consommation énergétique de skyguide.
Utilisation et préservation des sols
Skyguide est soit propriétaire, soit superficiaire des terrains où se dressent ses infrastructures. Dans la mesure du possible, skyguide s’efforce d’exploiter les sites en commun avec ses partenaires, comme les autorités aéroportuaires, Swisscom, Armasuisse, les Forces aériennes et les polices cantonales, afin d’unifier les voies d’approche et de concentrer les sites. Sou- mise à des procédures civiles d’autorisation de construction, skyguide collabore aussi étroitement avec des spécialistes régionaux et cantonaux de l’environnement, ainsi que, dans des cas parti culiers, avec des organismes privés de protection de l’environnement.
EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE
Consommation énergétique grâce à
-30%
une unité d’alimentation électrique externe et centralisée (Smart Radio)
-277 MWh/a
Consommation électrique au centre de contrôle de Dübendorf
Optimisation énergétique des systèmes informatiques
L’informatique verte, ou green IT, vise à limiter les émissions de CO2 des systèmes informatiques de l’entreprise. L’électricité consommée par les outils informatiques est relâchée sous forme de chaleur, un phénomène qui s’accentue lorsque les centres de calcul sont regroupés. Cette chaleur doit alors être évacuée pour éviter la surchauffe et le risque d’une panne des systèmes.
Chez skyguide, nous cherchons à réduire la consommation élec- trique des systèmes informatiques de deux manières. Première- ment, nous améliorons l’efficacité énergétique dans nos locaux techniques. Une solution consiste à séparer physiquement les couloirs chauds et froids: tous les appareils qui dégagent de la chaleur sont regroupés dans une allée ou d’un côté de l’armoire.
Les zones froides et les zones chaudes sont ainsi cloisonnées.
Grâce à cette mesure, nous évitons de mélanger l’air chaud et l’air froid, avec à la clé une réfrigération plus efficace. La dissipation de la chaleur est ainsi optimisée et le besoin en refroidissement réduit, tout comme le temps de fonctionnement des systèmes de refroidissement, dont la durée de vie s’en trouve allongée. La récente rénovation des installations techniques du centre de
Grâce à ses efforts, skyguide a atteint l’objectif de la Confédéra- tion dans ce domaine avec quatre ans d’avance sur le calendrier.
Fin 2015 déjà, quelque 43% des mesures relatives à l’informa- tique verte avaient été mises en œuvre et de nouvelles améliora- tions ont encore été apportées.
Deuxièmement, sur le front de l’informatique de bureau, la vir- tualisation, qui vise à réduire l’usage de serveurs physiques, est en bonne voie et produit déjà de substantielles économies. La même approche devrait maintenant être adoptée par skyguide
Favoriser la coexistence de l’énergie éolienne et de l’aviation
Avec l’entrée en vigueur de la Stratégie énergétique 2050 en 2018, la Confédération s’est fixé comme objectif politique de faire passer la production d’énergie éolienne à 4300 GWh par an, soit la production de 600 à 800 éoliennes en Suisse. À cet effet, skyguide s’efforce de favoriser la coexistence des éoliennes et de l’aviation en toute sécurité.
En raison de leur taille (jusqu’à 230 mètres), les éoliennes constituent un défi pour la navigation aérienne, car elles repré- sentent des obstacles physiques et sont susceptibles d’interfé- rer avec les systèmes de contrôle aérien. Ces interférences per- turbent le bon déroulement des services de navigation aérienne, leur efficacité et leur économicité. Skyguide évalue et propose donc des solutions aussi souvent que possible.
Il est dès lors essentiel que les chefs de projet tout comme les autorités concernées associent très tôt nos spécialistes afin de définir les besoins de chacun et d’accroître la probabilité de trouver des solutions satisfaisantes pour tous. De cette façon, le taux d’études d’impact favorables s’élève et le risque d’investir dans un projet éolien qui ne verra pas le jour diminue.
Skyguide garantit la gestion sûre des services de la navigation aérienne dans l’espace aérien helvétique et dans certaines par- ties de l’espace aérien des pays voisins. Pour remplir sa mission, elle s’assure qu’aucune influence externe ne risque de perturber le fonctionnement de ses installations techniques et déter- mine, au moyen d’études d’impact, si un projet de parc éolien sera compatible avec les installations de communication, navi- gation et surveillance ainsi qu’avec les procédures de vol aux instruments.
Skyguide est toutefois consciente de l’importance des installa- tions éoliennes sur le plan énergétique et environnemental.
C’est pourquoi l’entreprise a créé une plateforme de communi- cation entre les parties prenantes comme Suisse Eole, l’Office fédéral de l’aviation civile, l’Office fédéral de l’énergie, mais aussi les Forces aériennes suisses, afin de nourrir le dialogue sur la compatibilité de l’énergie éolienne et de l’aviation.
Skyguide a de plus investi dans des outils de mesure et simula- tion électromagnétiques afin d’optimiser sa méthode d’évalua- tion. Nous entretenons également des échanges soutenus avec des experts des milieux universitaires, des programmes de recherche et de l’industrie aéronautique en Europe et aux États- Unis, afin de veiller à l’application des normes industrielles les plus récentes. À l’occasion du remplacement de nos radars aux aéroports de Zurich et Genève, nous nous sommes assurés qu’ils étaient conçus de manière à mieux tenir compte des interférences provenant des parcs éoliens.
Consommation énergétique du système CVC de La Dôle
-15% -12 MWh/a
Consommation électrique des simulateurs de tour à Dübendorf
© Suisse Eole
EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE
Stefan Meyer, Head of Corporate Real Estate Management and Infrastructure chez skyguide, est responsable de l’ensemble des bâtiments et des infrastructures. Il est aussi le principal interlo- cuteur de la Confédération pour le plan d’action fédéral. Il fait partie de la Green Team de skyguide, dont ce plan d’action est un élément moteur.
Skyguide a choisi 36 mesures parmi les 39 définies dans le plan d’action de la Confédération. Quelles sont celles qui ont le plus fort impact sur l’environnement?
Elles ont toutes un impact direct ou indirect. Mais la réduction la plus importante de la consommation d’énergie provient de l’amélioration de l’efficacité des systèmes de chauffage et de cli- matisation et de leur gestion intelligente. L’installation d’un nou- vel éclairage (LED) dans nos locaux arrive en deuxième position.
Et l’informatique verte est une troisième mesure de poids: il s’agit là pour commencer de promouvoir le confinement et le refroidissement naturel (free cooling) de nos centres de calcul, les étapes suivantes étant la récupération des rejets de chaleur, la virtualisation des serveurs et le regroupement des services.
Skyguide soutient activement le programme «Exemplarité énergétique de la Confédération» qui a prévu d’améliorer l’effi- cacité énergétique de 25% d’ici 2020 par rapport à 2006.
Skyguide a-t-elle atteint cet objectif et par quels moyens?
Nous nous employons à optimiser les concepts, les projets et les procédures. Outre notre participation au plan d’action fédéral, nous avons signé des conventions universelles d’objectifs avec les cantons de Zurich et de Genève, preuve de notre détermina- tion en la matière. Nous examinons également de nouvelles technologies, telles que l’utilisation de l’eau du lac pour refroidir nos centres de calcul et nos salles de contrôle de Genève.
Depuis 2006, nous avons déjà amélioré notre efficacité énergé- tique d’environ 30%. Aussi, nous devrions atteindre l’objectif consistant à mettre en œuvre 80% de l’ensemble des mesures choisies d’ici à 2020.
avons généralisé l’utilisation de la technologie LED à Dübendorf et à Genève. À La Dôle, nous avons rénové les installations de climatisation et de ventilation en optant pour des solutions énergétiquement efficaces. Nous sommes également en train d’installer un nouveau système radio reposant sur un concept d’alimentation beaucoup plus économe en énergie. Et dans le domaine de l’informatique verte, nous visons à optimiser l’effi- cacité énergétique de nos centres de calcul, notamment par le biais de systèmes de refroidissement passif, de la récupération des rejets de chaleur et de la réutilisation de certains appareils.
Comment l’idée de ce programme est-elle née et pourquoi skyguide y a-t-elle été associée?
Au départ, le Conseil fédéral a demandé à l’administration de définir un ensemble de comportements exemplaires dans le domaine de l’énergie et d’établir un programme dans ce sens. En 2012, des entreprises dites proches de la Confédération comme Swisscom, les CFF et skyguide ont été invitées à se joindre à ces efforts.
La mise en œuvre de l’actuel plan d’action devrait être achevée d’ici à 2020. Y a-t-il un autre plan pour les années qui suivront?
Oui, dans la perspective de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, nous discutons déjà de la suite. Toutes les parties prenantes se rencontrent régulièrement sous les auspices du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication. Au cours de 2018, nous pen-
Nous œuvrons à l’optimisation des concepts, des projets
et des procédures Stefan Meyer
« «
COMPORTEMENTS ÉCO-RESPONSABLES
En tant que prestataire de services fortement axé sur la sécurité et la ponctualité, skyguide compte sur l’engagement de ses employés. De leur côté, ceux-ci se voient proposer dans la mesure du possible des modes de travail flexibles, comme la possibilité de travailler à domicile de manière ponctuelle, dans le but d’éviter au maximum les trajets inutiles. L’entreprise encourage par ailleurs un comportement écoresponsable en incitant ses collaborateurs à utiliser les transports publics plutôt que privés. L’installation d’équipements de visioconférence modernes pour communiquer entre les sites permet elle aussi de limiter les déplacements physiques.
Skyguide prend continuellement des mesures non seulement pour réduire l’impact environnemental du trafic aérien, mais aussi pour apporter sa pierre à l’édifice de la protection de l’envi- ronnement. Dans cette optique, l’entreprise a développé son propre système de gestion environnementale et poursuit des objectifs d’amélioration concrets. Pour une efficacité maximale, une entité baptisée Green Team regroupant des employés des divers départements a été constituée. Elle veille à faire appliquer les principes d’un comportement respectueux de l’environne- ment et à faire passer le message de l’écoresponsabilité (cf. inter- view en page 19).
Au travers de toute une série d’actions et d’incitations, skyguide encourage son personnel à préférer les transports publics aux moyens de déplacement privés et à prendre le train plutôt que l’avion. Elle entend par ailleurs développer ses installations de visioconférence pour éviter tout trajet inutile. Mais ce ne sont de loin pas les seules mesures prises pour réaliser des économies d’énergie et réduire l’empreinte écologique de l’entreprise: le télétravail ainsi que les programmes «Dynamic Working Envi- ronment» et «FlexWorks» concourent également à améliorer l’efficience énergétique et la qualité du travail.
Gérer le temps et l’espace avec plus d’efficacité
Dans le cadre du programme «Dynamic Working Environment», skyguide applique plusieurs mesures visant à favoriser la mobi- lité du travail, notamment des surfaces de travail partagées à Genève et à Dübendorf qui facilitent la communication entre les
membres du personnel. Un environnement de travail flexible et dynamique profite aussi pleinement à l’entreprise, comme le révèlent les recherches en la matière. En effet, les collaborateurs au service d’un employeur proposant des conditions de travail souples sont davantage motivés et entretiennent de meilleures relations que ceux qui évoluent dans un environnement rigide.
Autre avantage: la productivité des heures de travail et de l’es- pace occupé s’en trouve augmentée.
Skyguide poursuit par ailleurs son programme «FlexWorks» qui favorise le travail mobile, c’est-à-dire à domicile ou ailleurs. Ce modèle a été étendu à l’ensemble du personnel administratif, opérationnel et technique en 2016. Les technologies de commu- nication d’aujourd’hui, gages d’une plus grande liberté et auto- nomie au travail, permettent elles aussi d’éviter les trajets inu- tiles. Les deux programmes contribuent à réduire la surface de travail chauffée dans les locaux et, partant, à améliorer encore l’écobilan de skyguide. L’analyse des économies d’énergie que ces
Engagement continu
et efforts quotidiens
mesures ont permis de réaliser est en cours, mais les résultats intermédiaires sont très encourageants.
Toute une série d’autres mesures concourent également à faire baisser la note énergétique. Skyguide gère par exemple mieux sa consommation de papier grâce à la centralisation et au paramé- trage des imprimantes. Depuis 2015, skyguide a diminué sa consommation annuelle de papier de près d’une tonne par l’uti- lisation d’un papier d’impression plus fin. L’entreprise s’emploie à ramener cette consommation à 5 kg par an et par collaborateur.
Produits locaux et de saison
Skyguide a conclu un partenariat avec la société qui gère son res- taurant du personnel à Dübendorf, SV Suisse SA, afin d’établir un
plan de développement durable sur mesure visant à réduire au maximum les émissions de CO2 dans les domaines de la logis- tique, de l’exploitation, des achats et de l’offre de produits. Le groupe SV privilégie des menus composés de produits locaux et de saison tout en veillant à réduire la proportion de plats à base de viande dans son offre. Ces mesures se sont traduites par une baisse considérable des émissions de CO2 occasionnées par le restaurant du personnel de Dübendorf.
La mise en œuvre de divers programmes ambitieux ne serait toutefois guère possible sans l’engagement et les efforts quoti- diens déployés par les collaborateurs de skyguide. Le personnel réserve le plus souvent un accueil très favorable aux mesures proposées et skyguide peut, à juste titre, se considérer comme une entreprise à la pointe de la protection de l’environnement.
COMPORTEMENTS ÉCO-RESPONSABLES
Efforts à plusieurs niveaux pour promouvoir l’écomobilité
La consommation énergétique due aux voyages d’affaires et aux trajets quotidiens du personnel pour se rendre au travail est supérieure à celle de l’ensemble des infrastructures de l’entreprise. Sur un total de 15 GWh relevant de la mobilité, pas moins de 83% sont imputables aux trajets quotidiens des collaborateurs. C’est pourquoi skyguide encourage ses employés à emprunter les transports publics en leur offrant l’abonnement demi-tarif des CFF ou en participant aux coûts des abonnements des transports locaux et régionaux.
En 2015, les émissions de CO2 occasionnées par les voyages et les déplacements ont atteint près de 390 tonnes. Ce résultat a toutefois pu être amélioré, notamment en ce qui concerne les deux sites principaux de Genève et de Dübendorf, par le développement d’installations de visioconférence, un système étendu ensuite aux locaux de Berne-Belp. Et lorsqu’un dépla- cement est indispensable, le service de skyguide s’occupant des voyages d’affaires propose de le superviser.
véhicules utilisés principalement pour les travaux de main te- nance effectués sur les installations externes. En 2016, l’entreprise a adopté de nouvelles directives faisant de l’efficacité énergétique un critère clé dans l’acquisition de nouveaux véhicules. Elle a en outre acheté son premier véhicule électrique basé à Genève. Et pour encourager l’écomobilité, elle a installé à Dübendorf six
« La mise en œuvre de programmes ambitieux
ne serait toutefois pas possible sans l’engagement et
les efforts quotidiens des collaborateurs de skyguide. »
Kerstin Knopf
Dans ses activités au sein du Facility Manage- ment, Kerstin Knopf est membre de la Green Team et responsable de la mise en œuvre du plan d’action fédéral dans le domaine de la mobilité. Elle gère également le programme skyguide:hro visant à promouvoir les principes d’une High Reliability Organisation.
Quel est l’impact du travail de la Green Team sur l’organisation de skyguide?
L’influence de la Green Team passe notamment par des recom- mandations adressées aux cadres de l’entreprise. S’agissant de la mobilité, le télétravail, par exemple, peut avoir un impact envi- ronnemental significatif et nous devons en faire un sujet central.
Nous entendons également guider nos collaborateurs dans le choix de leur mode de transport. Nous favorisons en outre l’ac- quisition de véhicules plus écologiques pour notre flotte.
Quel est, à ce jour, le succès le plus probant de la Green Team en termes de mobilité?
Je retiendrai la promotion des transports publics par une participa- tion aux frais des collaborateurs. L’an dernier, nous avons également acheté notre premier véhicule électrique qui contribue à réduire la consommation de carburant, le bruit et les émissions de CO2.
Daniel Vauthey
Daniel Vauthey est chargé de la gestion de projets complexes de skyguide en matière de chauffage, de climatisation et d’approvision- nement énergétique. Au sein de la Green Team, Daniel Vauthey est responsable de toutes les questions liées aux bâtiments et aux énergies renouvelables.
Quel impact le travail de la Green Team a-t-il sur l’organisation de skyguide?
La Green Team n’a pas une influence directe sur les opérations de contrôle aérien. Mais elle concentre ses efforts sur la prise en compte des propositions élaborées en son sein par les différents départements de l’entreprise.
Quelle est à ce jour la réussite la plus probante de la Green Team pour ce qui est des infrastructures?
L’intégration des évaluations énergétiques dans le processus d’innovation et d’évolution en 2015 a constitué une avancée capi-
Et quels sont les principaux obstacles auxquels vous devez faire face?
Les besoins de mobilité découlent de l’organisation géogra- phique de notre entreprise. Nous avons des groupes de travail composés de collaborateurs de différents sites. Bien que nous favorisions la collaboration virtuelle, les rencontres sont souvent nécessaires et requièrent des déplacements.
Est-il aisé pour vous de faire germer vos idées au sein de la Green Team?
Développer des idées ne pose pas de problème, mais nous devrions permettre à un plus grand nombre de collaborateurs d’apporter leurs connaissances et expériences, pour autant que les idées soumises s’inscrivent dans les priorités de l’entreprise.
Comment les membres de la Green Team peuvent-ils contribuer à réduire l’empreinte écologique de skyguide?
Notre tâche consiste à identifier les axes d’amélioration. Grâce à l’enquête sur la mobilité réalisée en 2017, je dispose d’une base de données fiable qui fait ressortir des possibilités concrètes. A moi maintenant de développer des propositions pour réaliser nos objectifs.
Et quels sont les principaux obstacles?
Skyguide concentre son attention sur des objectifs opération- nels. Dans le domaine des bâtiments, par exemple, nous devons donc concilier nos projets avec les priorités et les ressources de l’entreprise.
Est-il aisé pour vous de développer vos idées au sein de la Green Team?
La Green Team est une entité interdépartementale de skyguide visant à superviser la mise en œuvre du plan d’action de la Confédération ainsi que des conventions d’objectifs passées avec les cantons de Zurich et de Genève. Elle est par conséquent la plateforme idéale à partir de laquelle lancer les actions qui s’im- posent.
Comment les membres de la Green Team peuvent-ils contribuer à réduire l’empreinte écologique de skyguide?
Nous devons faire preuve d’un comportement exemplaire. Mais notre impact est beaucoup plus grand lorsque nous nous acquit-
La Green Team – une plateforme d’actions concrètes
COMPORTEMENTS ÉCO-RESPONSABLES
Impressum
Media Relations +41 22 417 40 08 [email protected]
Le rapport original qui fait foi est publié en anglais.
Ce rapport est également disponible en allemand.
© 2018
Skyguide, swiss air navigation services ltd.
Rapport environnemental 2017/fr/3.2018
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