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Texte intégral

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Géographie et cultures

64 | 2007

La géographie culturelle vue d’Italie

Lu de France

Louis Dupont

Édition électronique

URL : http://journals.openedition.org/gc/1443 DOI : 10.4000/gc.1443

ISSN : 2267-6759 Éditeur

L’Harmattan Édition imprimée

Date de publication : 1 décembre 2007 Pagination : 3-4

ISBN : 978-2-296-06028-9 ISSN : 1165-0354

Référence électronique

Louis Dupont, « Lu de France », Géographie et cultures [En ligne], 64 | 2007, mis en ligne le 27 décembre 2012, consulté le 06 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/gc/1443 ; DOI : 10.4000/gc.1443

Ce document a été généré automatiquement le 6 mai 2019.

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Lu de France

Louis Dupont

1 L’Europe, chacun le sait, est un défi permanent pour conjuguer l’unité avec ses diversités, qu’elles soient culturelles, nationales, politiques et, bien sûr, linguistiques. Les langues parlées en Europe ont un tel ancrage territorial et historique que l’abolition des frontières a pu être réalisée sans que les dynamiques nationales et régionales ne soient affectées outre mesure. Le défi de l’unité ne consiste pas à nier ces différences, mais à établir un dialogue à partir du fait avéré des cultures, des nations et des langues. C’est du moins dans cette perspective que se situe l’entreprise de traduire en français les textes de nos collègues italiens qui composent ce numéro spécial « Vu d’Italie ».

2 Les pressions sont de plus en plus grandes sur les chercheurs et les revues de sciences humaines et sociales pour qu’elles publient en anglais, la lingua franca de la science. Les sciences dures y sont rompues depuis longtemps. Dans ces sciences, là où les recherches peuvent avoir un impact direct sur le développement de la science et des technologies, là où les industries profitent des résultats des recherches, la publication en anglais a l’avantage d’éviter les pillages. Car on peut toujours croire que publier en anglais permet d’être reconnu internationalement, ce qui peut être vrai, il n’empêche que publier en anglais permet surtout de s’assurer que la paternité des résultats d’une recherche revient effectivement à ceux et celles qui l’ont effectuée.

3 En sciences humaines et sociales, à l’instar ce qui se fait en sciences, certains chercheurs adoptent une posture positiviste : chiffres, modèles, théories et formules mathématiques permettent de rendre compte de l’espace et des territoires. Leurs travaux peuvent avantageusement être publiés en anglais, d’autant que les modèles et formules utilisés sont généralement le fruit des travaux des chercheurs anglophones. L’imitation n’est pas en soi condamnable, la science exige qu’une hypothèse ou un modèle soit partout testé, suivant la même méthode afin de donner une portée générale aux découvertes. Tester ces modèles dans d’autres contextes, c’est aussi un moyen de participer au débat intellectuel et à l’échange d’idées, une activité qui n’échappe pas à la mondialisation. Le problème se pose quand il s’agit d’interpréter les résultats d’une analyse par rapport à la singularité du contexte, lorsqu’il s’agit de présenter une idée, d’avancer une hypothèse dont

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l’existence dépend autant des recherches effectuées que de l’insertion du chercheur dans un espace culturel, géographique et linguistique.

4 Géographie et Cultures publie exclusivement en français et ne publiera jamais un texte dans une autre langue que le français. Nous ne refusons pas pour autant d’ouvrir nos pages aux idées et aux travaux écrits dans d’autres langues, et pour cela nous relevons le défi de la traduction, en interne, sans l’aide d’aucune instance mais en misant sur nos propres moyens. C’est le cas de ce numéro « Vu d’Italie », comme ce fut le cas lors de la publication du numéro « Vu d’Allemagne » (n° 49), du numéro « Postmodernisme : visions anglophones et francophones » (n° 31), ou parfois avec un texte à l’intérieur des différents numéros thématiques. Ce faisant, Géographie et Cultures relève aussi le défi de la diversité linguistique et nationale européenne.

5 Pour le présent numéro, comme c’est du reste le cas à chaque fois que nous nous

« embarquons » dans une telle entreprise, nous n’avons pas demandé à nos collègues italiens de nous parler de l’Italie, même si les textes de ce numéro portent sur l’Italie, mais de nous proposer un échantillon de textes pouvant montrer les grandes tendances et orientations de l’analyse culturelle en Italie. Giuliana Andreotti de l’université de Trente s’est acquittée de cette tâche délicate et nous lui en sommes reconnaissant. Sept textes suffisent-ils ? Cet échantillon est-il représentatif ? Nous ne pouvons l’affirmer, car, à l’instar de la géographie française, la géographie italienne n’est pas exempte de débats idéologiques et épistémologiques qui peuvent ne pas se trouver dans ou entre les textes de ce numéro. C’est un risque qu’il nous faut assumer.

6 Les textes de ce numéro ont été soumis au même processus d’évaluation que tous les textes que nous recevons. Les évaluateurs ont dû cependant tenir compte de la différence de forme et parfois d’un différentiel épistémologique. Ne s’agit-il pas au demeurant d’une différence culturelle à laquelle l’analyse culturelle en géographie doit être sensible ? Entre les différentes versions d’un texte, un dialogue pas toujours facile, prend place, un dialogue qui révèle les limites de la traduction et oblige, au-delà des mots à traduire, à transposer le mieux possible les mots et le sens qu’ils ont d’un contexte « national » à l’autre, d’un contexte scientifique à l’autre.

7 Certains textes de ce numéro ont été écrits en français pas nos collègues italiens ; ils ont dû faire l’objet d’un exercice de réécriture. D’autres ont été traduits, soit par Madame Andreotti, soit par Géographie et Cultures et plus particulièrement par Paul Claval. Louis Dupont et Benoît Frelon ont aussi contribué à la traduction. Soulignons également le travail important de lecture et de relecture de notre secrétaire de rédaction, Myriam Gautron, ainsi que de nos deux correcteurs, Laurent Vermeesch et Madeleine Rouvillois.

Je laisse à Giuliana Andreotti le soin de présenter les auteurs et leur texte.

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AUTEUR

LOUIS DUPONT

Université Paris-Sorbonne – UMR Espaces, Nature et Culture [email protected]

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