Suites numériques
Ce hapitre proposeune étuderigoureusedessuitesde nombresréels. Sonobjetif prinipal
est d'aquérir une bonne maîtrise des tehniques de base de l'analyse réelle à savoir :aluler,
majorer, minorer, approher.On introduira lanotion de"onvergene" quiest unonept fon-
damental en analyseet on insistera surson utilisation omme moyen d'approher par exemple
ertains nombresirrationnels par desnombres rationnels (par exempledes déimaux).Ondon-
neraennquelquesexemplessimplesdesuitesréurrentespourillustrerlaméthodedesitérations
suessivesen montrant omment les suites onvergentes peuvent être utilisées pour approher
les nombres réels solutions de ertaines équations non linéaires fournissant ainsiun algorithme
quipeutêtreutiliséonrètementdanslapratique(voirparexemplel'approximationdelaraine
arrée).
La notion de onvergene n'est pas faile à appréhender. Prenons un exemple pour om-
mener :haun sait quelenombre
1/3
,enériture déimale,est0, 3333 . . .
.Qu'est-e queelasigniepréisément?
Sion érit
n
déimales, lenombre0, 3333 . . . 3
est pardénition33 . . . 3/10 n (nousyrevien-
drons).Maintenant, lorsqu'on augmentele nombrede déimalesdans l'ériture,par exemple si
l'on passe de 100 à
1000
déimales, le nombre qu'on érit se "rapprohe" de plus en plus de1/3
.End'autretermes,lorsque lenombrededéimalesaugmenteinniment(ondira"tendversl'inni"), lenombre érit serapprohe "inniment" de
1/3
.C'est assez faileàomprendre suretexemple :e nombre
x n des éritures ave n
déimalesvaut enfait
x n = 1
10 n 3 + 10 × 3 + . . . + 10 n − 1 × 3
= 3
10 n 1 + 10 + . . . + 10 n − 1 .
Maintenant, grâeà laformule (3.1) page43, eiest égalà
x n = 3 10 n
10 n − 1
9 = 1
3 (1 − 1 10 n ) = 1
3 − 1 3 × 10 n .
Le nombre
1
3 × 10 n
est de plus en plus petit lorsquen
est de plus en plus grand, eton voit bienquelerésultatserapprohe deplus enplusde
1/3
.Ondiraque1/3
estlalimitedelasuitex n.
Notre butdans ehapitre est dedénir orretement e qu'on entend par là.
Exerie 131. Enutilisant lemême raisonnement quepour
1/3
,justiez l'ériturede1/7 1
7 = 0, 142857142857142857 . . . .
L'érituredéimale est iile nombre
142857
répété uneinnité defois.On rappelle qu'une suite de nombres réels est une appliation
u : N −→ R
qui à haqueentier
n ∈ N
assoie unnombre réelu(n)
enore notéu n.On parlealors de lasuite (u n ) n ≥ 0 de
terme général
u n,appeléaussileterme derangn
delasuite (u n ) n ≥ 0 .
Ilarrivequel'appliation
u
soit dénie surune partie innieI ⊂ N,
on parle danse as de lasuite(u n ) n ∈ I indexéepar
I
.
5.1.1 Suites et sous-suites
Une suite n'estpasnéessairement unesuite denombres.Elle peutprendreses valeursdans
n'importe quoi. Mais 'est pour les suites à valeurs dans
R
, ou dansC
,que nousparlerons deonvergene.
Dénition (Suite). Soit
E
un ensemble. Une suite à valeurs dansE
est une appliationx = N 7→ E
. On note en généralx n pour x(n)
. La suite elle même sera notés (x n ) n ≥ 0, ou plus
simplement
(x n )
.Lorsque
E = R
,on parlede suite réelle, et lorsqueE = C
,on parlede suite omplexe. Maison peut bien sûr envisager des suites à valeurs dans bien d'autres ensembles, omme des suites
de fontions.
Dans e qui suit, nous nous intéresserons essentiellement aux suites réelles. Nous en avons
déjàvuplusieursexemples,omme
x n = n!
oubienx n = 1/n
.Dansedernieras,lasuiten'estdénieque pour
n ≥ 1
.De façon générale, il se peut que la suite ne soit dénie que pour
n ≥ n 0. On peut alors
onsidérer la suite
y n = x n+n 0, qui est elle dénie pour tout n ≥ 0
. Pour les problèmes de
onvergenequivont nousouperdanslasuite,elanefaitauunediérene.Danseas,
(y n )
estequel'onappelleune suite extraite de
(x n )
.Commeettenotiondesuite extraiteseratrèsutiliséedanse ours,nousen donnonsune dénitionpréise.
Dénition (Suite extraite, ou sous-suite). Soit
(x n )
une suite, et soitp : N 7→ N
une suitestritement roissante('est à dire, pour tout
n
,p(n + 1) > p(n)
).Alors la suitey n = x p(n) est
appelée suite extraite de
x n. Onla note souvent x p n. Ondit aussi que x p n est une sous-suite de
x p n est une sous-suite de
la suite
x n.
Les valeurs prisespar une suite extraite sont don hoisies parmi elles de lasuite
x n,dans
l'ordre roissant. Par exemple, la suite
2 − n est extraite de la suite 1/n
, mais lasuite n2 − n ne
l'estpas.
Nousexigeons quelasuite
p
soitstritementroissantepour éviterpar exemple quelasuite(x 1 , x 1 , x 1 , . . . , x 1 , . . .)
soit onsidérée ommeune suite extraitedex n.
Remarque 8. Danstoutelasuite,nousnousintéresseronsessentiellementauxsuitesréelles.C'esten
esensquenousutiliseronslemotsuitedansetexte.
5.1.2 Convergene d'une suite réelle
Dénition (Convergene). On dit que la suite réelle
(u n ) n ≥ 0 onverge vers ℓ ∈ R
si quelque
soit
ε > 0,
ilexiste un rangN ∈ N
tel que pour toutn ≥ N,
on ait| u n − ℓ | ≤ ε.
Onnotera danse as
x n → n →∞ ℓ
, ou enorex n → ℓ
.En d'autres termes :x n → n →∞ ℓ ⇐⇒ ∀ ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ≥ N, | u n − ℓ | ≤ ε.
Nousdironsque lasuite
(x n )
onverge lorsqu'ilexisteunréelℓ
pourlequelx n → ℓ
.Sila suiteest dénie seulement pour
n ≥ n 0, on adaptela dénition enremplaçantN ∈ N
parN ≥ n 0 (et
N ∈ N
que l'onsous-entend souvent pour ne pas alourdir les notations).Ce qu'il faut omprendre dansette dénition, 'estque quel quesoit
ε
aussi petit que l'onveut, à partird'un ertain rang
N
(qui peutêtre très grand), on peut armer quela distanede
x n à ℓ
estinférieure à ε
.
Exemple. Lasuite
x n = 1/n
,déniepourn ≥ 1
onvergevers0
.Eneet,étantdonnéε > 0
,ilexiste
N
telqueN ε ≥ 1
(ein'est riend'autre quelefaitqueR
soitarhimédien). Alors,pour toutn ≥ N
,onanε ≥ 1
,soitx n ≤ ε
.Maisx n = | x n | = | x n − 0 |
arx n ≥ 0
,et donlim n x n = 0
.La dénitiondelanotion delimiteestassez ompliquée. Danslapratique,nousne l'utilise-
ronsquedansdesaspartiuliers.Ensuite,on sedonneradesrèglesquipermettent deramener
l'étude de la onvergene de suites ompliquées à des suites plus simples, pour lesquelles la
onvergene neposerapasde problème.Il yaplusieurs remarquesimportantesà faireàpropos
de ette dénition.Commençons par vérierl'uniitéde lalimite.
Proposition5.1.1. Soit
(u n ) n ≥ 0unesuitedenombresréels quionvergeversℓ
.Alorslenombre
réel
ℓ
est unique. Cei justie la notationlim n →∞ u n pour la limite de la suite (u n )
.
Démonstration. En eet, supposons que la suite vérie à la fois
u n → ℓ 1 et u n → ℓ 2.Nous
voulons montrer que
ℓ 1 = ℓ 2.
Soit
ε > 0
un nombreréelarbitraire.En appliquant ladénitiondelaonvergeneà haun aveε/2
àhaunedeslimites, onaboutitàl'existened'unentierN 1 ≥ 1
etd'unentierN 2 ≥ 1
telsquepourtout
n ≥ N 1onaieonait| u n − ℓ 1 | ≤ ε/2
etpourtoutn ≥ N 2,onaie| u n − ℓ 2 | ≤ ε/2
.
| u n − ℓ 2 | ≤ ε/2
.Posons
N := max { N 1 , N 2 }
et érivonsℓ 1 − ℓ 2 = (ℓ 1 − u N ) + (u N − ℓ 2 )
. En appliquantl'inégalité triangulaire, onobtient
| ℓ 1 − ℓ 2 | ≤ | ℓ 1 − u N | + | u N − ℓ 2 |
.Il en résulte grâeau hoixde
N
que| ℓ 1 − ℓ 2 | ≤ ε/2 + ε/2 = ε
.Nous pouvons alors appliquer la remarque 5, page 74, pour en onlure que
| ℓ 1 − ℓ 2 | = 0
,d'où
ℓ 1 = ℓ 2.
L'énoné suivant sedéduitimmédiatement de ladénition.
Proposition 19. Soit
(x n )
une suite réelle etℓ ∈ R
. Alorsx n → ℓ ⇐⇒ x n − ℓ → 0 ⇐⇒ | x n − ℓ | → 0.
En pratique onutilisera souvent etautre énoné
Proposition 20. Soient
(x n )
,(y n )
deux suites réellesk ∈ N
etM ∈ R +. Si ∀ n ≥ k, | x n | ≤ M | y n |
et lim n y n = 0
alors lim n x n = 0
.
Démonstration. Remarquons pour
ε > 0
donné, il existe un entierN
(que l'on peuthoisirplusgrandque
k
) telquepourn ≥ N
,| y n | ≤ ε/M
,etdon, toujourspourn ≥ N
,| x n | ≤ ε
.Remarque 9. Pourappliquerladénition delaonvergened'unesuite,enorefaut-ilonnaîtrepar
avanelenombre
ℓ
.Nousverronsbienttdesritèresoùnouspourronsarmerquelasuite(x n )
onvergesansonnaître
ℓ
.Dans lesappliations, lorsqu'une suite
(u n ) n≥0
onverge, il arrivesouvent qu'elle donne naissaneà un nouveaunombre réel
ℓ
que l'on ne onnait pas à priori. Lorsqueε > 0
est donné, l'entierN
àpartirduquel onal'inégalité
| u n − ℓ | ≤ ε
, est alorsimportant d'un pointde vue "qualitatif",puisqueu N − ε ≤ ℓ ≤ u N + ε
. Ondiraqueu N
estune valeur approhée (ouunapproximant)deℓ
àε −
près.Lenombreréel
ε
doitêtre assezpetit et représente l'erreurmaximaleommise dansl'approximationdeℓ
par
u N
.Ilest danse asimportantdetrouverlepluspetit entierN
(qui dépend deε
)vériantettepropriété. Il représente lenombre minimum d'opérations permettant de aluler
ℓ
ave une erreur aupluségaleà
ε
.Cependantd'unpointdevuequalitatif,pourdémontrerqu'unesuiteonverge,iln'estpasnéessaire
de trouver le plus petit entier
N
satisfaisant aux exigenes de la dénition, e qui peut être assez ompliqué.Ilsutd'entrouverun.mentprès(i.e.à
ε
près,ε
étantarbitraire)autourd'unmêmenombreréelàsavoirsalimite,àl'exeption d'auplusunnombrenid'entreeuxN.
Il en résulte que la nature d'une suite (onvergene ou non) ainsi que sa limite, lorsqu'elle existe, ne
hange passi l'on modie ousupprime unnombreni determes deette suite.Parexemple,si
p ≥ 1
estunentierxé,lasuite
(u n+p ) n≥0
,ditetronquéeaurangp
,estdemême naturequelasuite(u n ) n≥0
etalamême limitelorsqueelle-iexiste(àvérier!).
Suites omplexes
Il peut arriver que nous ayons aaire à une suite à valeurs dans le orps
C
des nombresomplexes. La dénition de la onvergene est alors la même, à ei près que nous devons
remplaerlafontionvaleurabsolue
| x |
parlemodule| z |
dunombreomplexe,'estàdire,pourz = x + iy
,| z | = p
x 2 + y 2.
Dénition. Unesuite
(z n )
à valeurs dansC
onverge vers une limiteℓ ∈ C
si∀ ε > 0, ∃ N, ∀ n ≥ N, | z n − ℓ | ≤ ε.
Si
z n = x n + iy n etℓ = ℓ 1 + iℓ 2, (où x n , y n , ℓ 1 , ℓ 2 sont réels), alors z n onverge vers ℓ
si et
x n , y n , ℓ 1 , ℓ 2 sont réels), alors z n onverge vers ℓ
si et
ℓ
si etseulementsi
x nonvergeversℓ 1ety nonvergeversℓ 2.Pourlevoir,ilsutderemarquerdansun
y nonvergeversℓ 2.Pourlevoir,ilsutderemarquerdansun
sensque
| x n − ℓ 1 | ≤ | z n − ℓ |
,| y n − ℓ 2 | ≤ | z n − ℓ |
,etdansl'autreque| z n − ℓ | ≤ 2( | x n − ℓ 1 | + | y n − ℓ 2 | )
.Onapplique ensuitelaremarque 20 de lapage 85,puis lefaitque lasommede deuxsuites qui
onvergent vers
0
onverge vers0
(proposition 5.2.4,page 90).Donnons quelquesexemplessimplespour illustrer etmanipuleres dénitions.
Exemples.
(i) Une suite
(u n ) n ≥ 0 est dite onstante s'ilexiste c ∈ R
tel que u n = c
pour tout n ≥ 0.
La
suite
(u n ) n ≥ 0 est dite stationnaire s'il existe un rang p ≥ 0
etun nombre réel c ∈ R
tels
que
u n = c
pour toutn ≥ p.
Danse aslasuite onvergeversc
(àdémontrer enutilisantladénition).
(ii) Si
p ≥ 1
est unentier xé, lasuite(1/n p ) n ≥ 0 onvergevers 0.
Eneet,en posant
N = ⌊ 1/ε 1/p ⌋ + 1
,onobtient pour toutn ≥ N, 1/n p ≤ 1/N p ≤ ε.
(iii) Posons
u n := n+ 2n √
n
pourn ≥ 1
etmontrons quelim n → + ∞ u n = 2.
En eetpourn ≥ 1,
ona:
u n = 2n
n + √ n = 2(n + √
n) − 2 √ n
n + √ n = 2 − 2 √ n n + √ n .
D'où
u n − 2 = − n+ 2 √ √ n n etdon | u n − 2 | ≤ √ 2 n ,
pourtout n ≥ 1
.
Soit
ε > 0,
pour avoirl'inégalité| u n − 2 | ≤ ε
,ilsut d'avoir l'inégalité√ 2 n ≤ ε,
i.e.
n > 4/ε 2.Pour ela il sutde poserN = ⌊ 4/ε 2 ⌋ + 1.
Alorspour n ≥ N,
on a √ 2 n ≤ ε
etdonpour
n ≥ N,
ona| u n − 2 | ≤ ε
.Cequiprouvenotreassertion.Observerquel'entierN
trouvéii n'est pasleplus petit possible,maiselasut à prouverla onvergene!Remarque 11. Dansladénitiondelalimite,il estimportantquelapropriétésoitvraiepourtout
ε > 0
. Sionavaitdemandéqu'ellesoitvraiepourε ≥ 0
,'estàdire∀ ε ≥ 0, ∃ N, ∀ n ≥ N, | x n − ℓ | ≤ ε,
alorsonpourraitl'appliquer ave
ε = 0
,et ela signieraitquepoun
assezgrand,x n = ℓ
, equi n'estpaslamêmehose.
titred'exerie.Parexemple
∀ ε > 0, ∃ N, ∀ n ≥ N, | x n − ℓ | < ε,
ouenore
∀ ε > 0, ∃ N, ∀ n > N, | x n − ℓ | < ε,
oubienenore
∀ ε > 0, ε ∈ Q, ∃ N, ∀ n ≥ N, | x n − ℓ | ≤ ε,
etmême
∀ p ∈ N ∗ , ∃ N, ∀ n ≥ N, | x n − ℓ | < 1 p ,
etbien d'autresenore.Remarquonsqueladénitionpeutaussisériresouslaformeéquivalente:
∀ ε > 0, ∃ N, n ≥ N = ⇒ | x n − ℓ | ≤ ε.
5.1.3 Sous-suites et limites
La première remarque àfaire est qu'unesous suite d'unesuite onvergente estonvergente.
Proposition 21. Si
y n est une suite extraite de la suite x n, silim n x n = ℓ
,alors lim n y n = ℓ
.
lim n x n = ℓ
,alorslim n y n = ℓ
.Démonstration.Direque
y nestextraitedex nrevientàdirequ'ilexisteunefontionp : N → N
p : N → N
stritement roissante telle que que
y n = x p n. La fontion p
étant stritement roissante et à
valeursdans
N
,onvérie failement par réurreneque pour toutn
,on ap(n) ≥ n
.Soit don
ε > 0
: il existeN
tel que, sin ≥ N
,| x n − ℓ | ≤ ε
. Mais alors, sin ≥ N
,p(n) ≥ n ≥ N
,etdon| y n − ℓ | = | x p(n) − ℓ | ≤ ε,
etpar onséquent,
y n onvergevers ℓ
.
Ainsi, dans l'exemple (ii) de la page 86, la suite
x n = 1/n p est extraite de la suite 1/n
,et
don onvergevers
0
.Remarque 12. Danslapratique,erésultatesttrèsutilepourmontrerqu'unesuiteneonvergepas.
Ilsutdetrouverdeuxsous-suitesquionvergentversdeslimitesdiérentes.Ainsi,lasuite
u n = ( − 1) n
neonvergepas,ar
u 2n = 1
etdononvergevers1
,tandisqueu 2n+1 = − 1
etdononvergevers− 1
.A titred'exemple d'appliationde laproposition 21,nousavons
Corollaire 2. Soit
(x n )
une suite qui onverge versℓ
etsoitp ∈ N
unentier. Alors :-la suite
(x n+p ) n∈ N onverge aussi vers ℓ
,
-les suites
(x 2n )
et(x 2n+1 )
onvergent versℓ
.(Voir l'exerie 139 pour une réiproque dee dernierpoint).
5.1.4 Limites innies
Lorsqu'une suite
(u n ) n ≥ 0 ne onverge pas, on dira par dénition qu'elle diverge. En fait
lorsqu'une suite diverge, elle peut avoir des omportements très variés. Nous allons dérire un
type deomportement quiest étroitement lié àlanotion de onvergene (voir exerie 134).
Dénition 5.1.2.
(1) On dit qu'une suite
(u n ) n ≥ 0 de nombres réels a pour limite + ∞
si pour tout nombre réel
A > 0
il existe un rang N ≥ 0
tel que pour tout n ≥ N,
on ait u n ≥ A.
On dira aussi
que la suite
(u n ) n ∈ N tend vers + ∞
et on érira dans e as lim n → + ∞ u n = + ∞
ou enore
lim n x n = + ∞
.
(2) On dit que la suite
(u n ) n ≥ 0 a pour limite −∞
si pour tout nombre réel A > 0
il existe un
rang
N ≥ 0
tel que pour toutn ≥ N,
on aitu n ≤ − A.
On dira aussi que la suite(u n ) n ∈ N
tend vers
−∞
et on érira dans e aslim n → + ∞ u n = −∞
, ou enorelim n x n = −∞
.Onpeutfaire lesmêmesremarquesà proposdeettedénition queellesfaitesàproposde
laonvergene. Ellesuivent les mêmesrèglesen e quionerne les sous-suites.
Observonsquelasuite
(u n ) n ≥ 0 tendvers−∞
sietseulement silasuite ( − u n ) n ≥ 0 tendvers
+ ∞
.
+ ∞
.Une suite tend vers
+ ∞
lorsque ses termes deviennent arbitrairement grands à partir d'un ertainrang.Cette propriété ne hange pas si on modie ou supprime un nombre ni de termes de la
suite. Lelien entreles deuxnotions de limites(nies etinnies) seraétabli plusloin.
Donnons quelquesexemplespour illustrerette dénition.
Exemples.
(i) Pour
x n = n
:lim n →∞ n = + ∞
(heureusement!) (ii) Soitp ≥ 1
unentier xé. Alorsona :n → lim + ∞ n p = + ∞ .
C'esten eet unesuite extraitede lapréédente.
(iii) Soit
a > 1
unnombreréel.Alorslim n a n = + ∞
.Eneet, posons
b := a − 1
de sorte queb > 0
eta = 1 + b
etvérionspar réurrene quepour tout
n ∈ N,
ona :(5.1)
(1 + b) n ≥ 1 + n · b.
En eet ette inégalité est évidente pour
n = 0.
Supposons qu'elle soit vériée pour unentier
n ≥ 0.
Alorsonen déduitque(1 + b) n+1 = (1 + b) · (1 + b) n ≥ (1 + b) · (1 + n · b) = 1 + b + n · b + n · b 2 ≥ 1 + (n + 1) · b.
Cequi prouve don l'inégalité (5.1) au rangn + 1
.(Nous aurions pu voir diretement ette propriété en utilisant la formule du binme, en
remarquant que
n 1
= n
.)Pourdémontrer (iii),xons
A > 0
arbitraire:ilexisteuneonstanteN
tellequeN · b > A
.Alorspour tout
n ≥ N,
on an · b ≥ N · b > A.
Par suite d'après (5.1), on en déduit quepour tout
n ≥ N,
ona(1 + b) n > A,
e qui prouve (iii).(iv) Soit
0 < q < 1.
Il résultede l'exemple préédent (à démontrer!) quen → lim + ∞ q n = 0.
Onposepour
n ≥ 1
,S n := P n
k=0 q k = 1 + q + . . . + q n .La formulefondamentale (3.1) de lapage43 nousdonne
∀ n ≥ 1, (1 − q)S n = 1 − q n+1 .
n → lim + ∞ S n = 1 1 − q .
Depluson al'inégalité fondamentale suivante
∀ n ≥ 1, 1 + q + . . . + q n < 1 1 − q .
5.2 Propriétés élémentaires des suites et règles de alul
Lespropriétés énonées danse paragraphesont élémentairesmaissontfondamentalespour
simplier l'étudede laonvergene dessuites.
5.2.1 Suites bornées
Toutd'abord,nousétablissonsquelquespropriétésgénéralesdessuitesonvergentesquinous
serontutiles pourlasuite.
Commençons par rappeler quelquesdénitionsdéja vues pourles partiesde
R
.Dénition 5.2.1.
(i) On dit que la suite
(u n ) n ≥ 0 est majorée dans R
s'il existe un nombre réel B
tel que
∀ n ∈ N, u n ≤ B
. On dit alors queB
est un majorant de la suite(u n ) n ≥ 0 dans R
ou
que elle-i est majorée par
B
.(ii) On dit que la suite
(u n ) n ≥ 0 est minorée dans R
s'il existe un nombre A
tel que ∀ n ∈ N, u n ≥ A
.
(iii) Ondit que la suite
(u n ) n ≥ 0 est bornée sila suite est à la fois majorée etminorée.
Remarque 13. Observonsqu'unesuite
(u n ) n
est bornée dansR
si et seulementsi il existeun réelM > 0
tel que| u n | ≤ M
pour toutn ∈ N
: pour le voir, observonsque si∀ n ∈ N, A ≤ u n ≤ B
, lapropriétéestvraieave
M := max {| A | , | B |}
.On aalors les propriétés élémentairessuivantes.
Proposition 5.2.2.
(i) Toute suite denombres réels qui onverge dans
R
est une suite bornée dansR
.(ii) Toute suite de nombres réels qui a pour limite
+ ∞
(resp.−∞
) est une suite non majorée(resp. nonminorée) dans
R
.(iii) Si une suite
u n onverge vers b 6 = 0
, alors il existe un entier N
tel que, pour tout n ≥ N
,
u n 6 = 0
.
Démonstration. En eet, supposons d'abord que
ℓ := lim n → + ∞ u n ∈ R
et xonsε = 1
.Il existe alors par dénition un entier
N ≥ 1
tel que∀ n ≥ N, | u n − ℓ | ≤ 1
. Par l'inégalité triangulaire, on adon| u n | ≤ | ℓ | + 1
pourn ≥ N
.En posantM := max {| ℓ | + 1, | u 0 | , . . . , | u N − 1 |} ,
∀ n ∈ N , | u n | ≤ M,
etlasuite(u n )
estdon bornée.Supposonsmaintenantque
lim n → + ∞ u n = + ∞
.AlorspardénitionpourtoutA > 0
,ilexisteN ∈ N
tel que∀ n ≥ N, u n > A
. Il en résulte en partiulier qu'auun nombre réelA > 0
n'estun majorant de lasuite
(u n )
etdon elle-in'est pasmajorée dansR
.Le même raisonnement montre quesilim n → + ∞ u n = −∞
,lasuite(u n )
n'est pasminorée dansR
.Pour ledernierpoint, appliquonsladénition delalimiteave
ε = | b | /2
:ilexisteun entierN
tel que, pourn ≥ N | u n − b | ≤ | b | /2
,d'où| u n | ≥ | b | − | b | /2 = | b | /2 > 0
.Remarque 14. La réiproque de ette proposition est fausse : il ne sut pas que la suite
u n
soitbornée pour qu'elle onverge, et il nesut pasnon plus qu'elle soit non majorée pour onvergervers
+ ∞
.Onlevoitsurlesexemplessuivants(1) Lasuitedéniepar
u n := ( − 1) n
pourn ≥ 0
estbornéemaisellen'apasdelimite(voirexerie1).(2) Lasuitedéniepar
u n := ( − 1) n · n
pourn ≥ 0
n'estni majoréeniminoréeetn'apasdelimite.(3) Lasuite
n(1 + ( − 1) n )
estminorée,maisneonvergepasvers+ ∞
(Lasous-suiteu 2n
onvergevers+ ∞
tandisquelasous-suiteu 2n+1
vautidentiquement0
,etdononvergevers0
.Le résulat suivant estutiledanslapratique.
Proposition 5.2.3. Soient
(a n ) n ∈ N une suite qui onverge vers 0
et(u n ) n ∈ N une suite bornée.
Alorsla suite
(a n u n ) n ∈ N onverge vers 0
.
Démonstration. Il sutd'appliquer laremarque 20 delapage 85
Exemple. Ainsi, la suite
u n = ( − 1) n
n
onverge vers0
. En eet,a n = 1/n
onverge vers0
,etu n = ( − 1) n estbornée.
5.2.2 Opérations algébriques sur les limites
Dans lapratique, on n'apas besoin de revenir à la dénition pour démontrer qu'une suite
donnéeonvergeversunelimite
ℓ
.Onpartdesuitesdontononnaîtbienlalimite,etononstruitave ellesde nouvelles suitesplusompliquées dont onpeut identier lalimite.
Proposition5.2.4. Soient
(u n ) n ∈ N et(v n ) n ∈ N deuxsuitesdenombresréels quionvergent vers
les nombres réels
a
etb
respetivement. Alorson a les propriétés suivantes : (i) (Additiondes limites)La suite(u n + v n ) n ∈ N onverge vers a + b
i.e.:
n → lim + ∞ (u n + v n ) = lim
n → + ∞ u n + lim
n → + ∞ v n .
(ii) (Multipliation des limites) La suite
(u n · v n ) n ∈ N onverge vers a · b
i.e.:
n → lim + ∞ (u n · v n ) = ( lim
n → + ∞ u n ) · ( lim
n → + ∞ v n ).
(iii) (Quotient de limites)Si
b 6 = 0,
il existe un rangp ≥ 0
tel quev n 6 = 0
pour toutn ≥ p
etlala suite
(u n /v n ) n ≥ p onverge vers a/b
i.e. :
n → lim + ∞ (u n /v n ) = ( lim
n → + ∞ u n )/( lim
n → + ∞ v n ).
Démonstration.
Commençons par le point (i) :
ε > 0
étant donné, il existeN 1 tel que, pour n ≥ N 1,
| x n − ℓ 1 | ≤ ε/2
. De même, il existeN 2 tel que, pour n ≥ N 2, | y n − ℓ 2 | ≤ ε/2
. Alors, pour
n ≥ max(N 1 , N 2 )
,on a
| y n − ℓ 2 | ≤ ε/2
. Alors, pourn ≥ max(N 1 , N 2 )
,on a| x n + y n − ℓ 1 − ℓ 2 | ≤ | x n − ℓ 1 | + | y n − ℓ 2 | ≤ ε/2 + ε/2 = ε.
Pour la point (ii), 'est un peu plus ompliqué. Tout d'abord, les suites
(u n )
et(v n )
sontonvergentes, etdon bornées.
Ensuite, on érit
u n v n − ab = u n (v n − b) + b(u n − a).
Les suites
(v n − b)
et(u n − a)
onvergent vers0
. Par la proposition 5.2.3 de la page 90, on en déduit queu n (v n − b)
etv n (u n − a)
onvergent vers0
, et don par le point (i) , la sommeonverge:
u n v n − ab
onvergedon vers0
etpar suiteu n v n onvergevers ab
.
Pourlepoint(iii) .Onommeneparserameneraubas
b = 1
enhangeantv nenv n /b
.Grâe
àlapropriété(ii) ,onseramèneensuiteauas
u n = 1
pourtoutn
.Lapremière assertion adéjàétévuedanslaproposition5.2.2. Enfait,dansladémonstrationdee point,nouspouvonsvoir
qu'ilexiste unentier
N 0 telque, pour toutn ≥ N 0,| v n ] ≥ 1/2
(ii,| b | = 1
!)Fixonsn ≥ N 0 :on
| v n ] ≥ 1/2
(ii,| b | = 1
!)Fixonsn ≥ N 0 :on
a alors
1 v n − 1
= | 1 − v n |
| v n | ≤ 2 | 1 − v n | .
Alors
2 | v n − 1 |
onvergevers0
,| v 1 n − 1 |
onvergevers0
,grâeà laremarque 20de lapage85.Lestroisformulesfondamentalesénonéespourleslimitesniessontenorevalablessil'une
oulesdeuxlimitessontinniesàonditionquel'opérationorrespondantesurleslimitesaitun
sens ommelemontrent les résultatssuivants.
Proposition 5.2.5 (Mélange delimites nieset innies).
(i) Soit
(u n ) n ∈ N une suitebornée de nombres réels et(v n ) n ∈ N unesuite denombresréels qui
a pourlimite
+ ∞
(resp.−∞
).Alorsla suite(u n + v n ) n ∈ N a pour limite+ ∞
(resp. −∞
);
Cei s'applique en partiulier lorsque la suite
(u n )
onverge vers un réelℓ
.(ii) Si
lim n u n = a
,a ∈ R
,a 6 = 0
, et silim n v n = + ∞
, alors la suitelim n (u n · v n ) = + ∞
sia > 0
etlim n (u n · v n ) = −∞
sia < 0
.Lorsque
a = 0
, il s'agit d'une forme indéterminée : tous les as sontpossibles : une limite nulle,unelimiteniepositiveounégative,unelimiteinnie,pasdelimitesdutout.L'étudedans e asdoit se faire defaçon préise auas par as.
(iii) Si les suites
(u n )
et(v n )
ontdes limitesinniesde même signe,alors la suite(u n + v n )
aune limite innie demême signe.
(iv) Si
(u n )
et(v n )
ont des limites innie, alors(u n · v n )
a pour limite+ ∞
si les deux suites(u n )
et(v n )
ontdeslimitesdemême signe,etpourlimite−∞
sileslimitesde(u n )
et(v n )
sontde signeopposé.
Remarque 15. Les résultats préédents montrent que les règles de alul pour les limites nies
s'étendent au as des limites innies sous ertaines onditions qui peuvent être résumées suivant un
tableau.Dans etableau,
a ∈ R
(donni) et onnote? quandlaréponse estindéterminée('estàdire dépenddesas).u n v n u n + v n u n · v n u n /v n v n /u n
a > 0 + ∞ + ∞ + ∞ 0 + ∞
a < 0 + ∞ + ∞ −∞ 0 −∞
a > 0 −∞ −∞ −∞ 0 −∞
a < 0 −∞ −∞ + ∞ 0 + ∞
0 + ∞ + ∞ ? 0 ?
0 −∞ −∞ ? 0 ?
Cependant,enequionernelesdeuxdernièresasesdelaolonnededroitedutableau,si
u n > 0
avelim n u n = 0
, et silim n v n = + ∞
, alorslim n (v n /u n ) = + ∞
,ave les règlesévidentes siles signessonthangés).Maisilsepeutqu'onaie unesuite
u n
qui onvergevers0
,etv n
quionvergevers+ ∞
,etquev n /u n
n'aiepasdelimite:onsidérerparexempleleasoùu n = ( − 1) n /n
etv n = n
.Voii maintenant des propriétés d'enadrement très utiles dans les aluls de limites. Ces
propositions résultent failement desdénitions.
On notera
R := R ∪ {−∞ , + ∞} ,
où−∞
et+ ∞
sont deux nouveaux élémentsreprésentant les limitesinniesave larelation d'ordre suivante :pour toutx ∈ R
,−∞ < x < + ∞
.Proposition 5.2.6 (Prinipe deonservationdesinégalités larges). Soient
(u n ) n ∈ N et(v n ) n ∈ N
deux suitesave
lim n u n = a
etlim n v n = b
,Supposons qu'il existe un rang
p ∈ N
tel queu n ≤ v n pour toutn ≥ p.
Alors on a a ≤ b.
Démonstration. Supposons queles limites
a
etb
sont nies(les autres assont similaires etlaissésauxleteurs à titred'exerie).
Commençons par leasoù
u n = 0
pour toutn
.Danse asa = 0
etilnousfaut démontrerque
b ≥ 0
.Supposons
b < 0
,ethoisissonsdansladénitiondelaonvergene deb n ε = − b/2
.Il existedon
N
telquesin ≥ N
,onaie| v n − b | ≤ − b/2
,etpour unteln
,onav n ≤ b − b/2 = b/2 < 0
.Ceiest impossible par hypothèse si
n ≥ p
.Le asgénéral seramène àelui-ien onsidérant lasuite
v n − u n.
AttentionUneerreurfréquenteonsisteàarmerque,si
u n < v netlim u n = a
etlim v n = b
,alors a < b
.C'est évident faux:prendreu n = 0
etv n = 1/n
.Danse as, onpeut seulement
onlure que
a ≤ b
. Le prinipe de passage à la limite dans les inégalités n'est pasvalable pourles inégalités strites.
Proposition 5.2.7(Prinipe desgendarmes). Soient
(u n )
unesuite de nombresréels etℓ ∈ R
.Onsuppose qu'ilexiste deuxsuitesdenombresréels
(a n )
et(b n )
etun entierp > 1
telsque pourtout
n ≥ p
on aita n ≤ u n ≤ b n. Alors
(i) Si
lim n a n = ℓ = lim n b n alors lim n u n = ℓ
(ii) Si
lim n a n = + ∞
, alorslim n u n = + ∞
. (Dans e as, la suiteb n ne sert à rien : on peut
hoisir
b n = u n).
(iii) Si
lim n b n = −∞
, alorslim n u n = −∞ .
(Ave la même remarque : la suitea n ne sert à
rien)
Démonstration. Nous ne traitons que le as où
ℓ
est nie. Les autres as sont laissés auxleteurs àtitred'exerie.
La suite
b n − a n onverge vers0
.Mais
| u n − a n | = u n − a n ≤ b n − a n = | b n − a n | .
Don,
u n − a nonvergevers0
(voirremarque 20page85).Oru n − ℓ = u n − a n + a n − ℓ
,et'est
don lasomme de deux suites qui onverge vers
0
. Elle onverge don vers0
, e qui veut direque
u nonverge vers ℓ
.
Attention, en général, on ne peut passer à la limite dans une inégalité que si on sait que
haque membre de ette inégalité a une limite. Dans le as du théorème des suites enadrées,
'estlefait quelesdeux "suitesextrêmes" tendent verslamême limitequi impliquel'existene
de lalimitede lasuite enadrée.
Exemple. Posons pour
n ≥ 1
:u n :=
n
X
k=1
n
k + n 2 = n
1 + n 2 + . . . + n n + n 2 .
Ainsi
u n est lasomme de n
termes dont le plus petit est n+n n 2
etle plus grand est n
1+n 2 .Il en
résulte que:
∀ n ≥ 2, n · n
n + n 2 < u n < n · n 1 + n 2 .
Posons
a n = n+n n 2 2 et b n := 1+n n 2 2 .
On montre failement (exerie!) que lim n a n = 1 = lim n b n .
Comme
a n < u n < b n pour tout n ≥ 1,
on en déduit grâe au prinipe des gendarmes que
lim n u n = 1.
5.3 Suites monotones
Dans lesexemplesde suites onvergentesque nousavons renontrés jusqu'àprésent, ilétait
failede devineràpriorilalimite de lasuite onsidérée.Pour lejustier, ilsusait d'appliquer
ladénitionen utilisant quelquesrèglesélémentaires de aluldeslimites.
L'utilisation de la dénition pour démontrer qu'une suite onverge suppose que l'on en
onnaisse lalimite àl'avane,e qui n'est pastoujours leas.
Ilestdonfortsouhaitabledetrouverdesonditionssusantes(appelés"ritèresdeonver-
gene") permettant dedéider qu'une suite onverge sansen onnaitrea priorilalimite.
Le ritère le plus simple onerne les suites monotones. Pour énoner e ritère, donnons
quelquesdénitions.
Dénition. Soit
(x n )
une suite denombre réels.(i) Onditque lasuite
(x n ) n ∈ Nest roissante(resp. stritement roissante) sipourtout entier
n ∈ N,
on ax n ≤ x n+1 (resp. x n < x n+1 ).
(ii) On dit que la suite
(x n ) n ∈ N est déroissante (resp. stritement déroissante) si pour tout
entier n ∈ N ,
on a x n ≥ x n+1 (resp. x n > x n+1 ).
x n > x n+1 ).
(iii) On dit que la suite
(x n ) n ∈ N est monotone (resp. stritement monotone) si elle est soit
roissante(resp.stritementroissante),soit déroissante(resp. stritementdéroissante).
Remarque 16. Siunesuiteestroissante,alorspourtous
n ≤ p
,x n ≤ x p
.Celasevoitimmédiatement parréurrenesurp
.Ilyabiensûrunepropriétéidentiquepourlessuitesdéroissantes.Rappelons que nous avons déjà déni e que veut dire suite majorée ou minorée (déni-
tion5.2.1 page 89).
Dire qu'une suite
x = (x n )
est majorée revient à dire que l'ensemblex(N) = { x n , n ∈ N }
('estàdirel'ensembledesvaleursprisesparlasuite,oubienl'ensembleimage
x(N)
parlasuitesil'on serappelle qu'une suite
x
estune appliation deN
dansR
)est unensemble majoré.Onpeutmaintenanténoner lerésultat fondamentalsuivantquiestuneonséquene simple
de lapropriétéde labornesupérieurede
R
.Théorème 5.3.1(Critère de onvergene dessuitesmonotones).
(i) Si
(x n )
est une suite roissante majorée, elleonverge (ave unelimite nie).(ii) Si
(x n )
est une suite roissante nonmajorée, alorslim n x n = + ∞
.(iii) Demême, une suite déroissante et minorée onverge dans
R
.(iv) Unesuite déroissante et non minorée onverge vers
−∞
.Démonstration.
Nous ne traitons queles deux premiers points, les deuxautres s'endéduisant en hangeant
x n et− x n.
Commençonspar leasoùlasuite
x = (x n )
estroissantemajorée.Noussavonsquel'imagex( N )
de la suite est un ensemble non vide et majoré. Il admet une borne supérieureM
. Nousallonsmontrer que
lim n x n = M
.Tout d'abord,par dénition, noussavons quepour tout
n ∈ N
,x n ≤ M
.Ensuite,par lapropriétédelabornesupérieuredelaproposition13delapage 72,pourtout
ε > 0
, il existe un entierN
tel quex N ≥ M − ε
. Alors, pourn ≥ N
, nous avons, puisque lasuite
(x n )
estroissante,M − ε ≤ x N ≤ x n ≤ M,
etdon
| x n − M | = M − x n ≤ ε
.La suite onvergedon bienversM
.Passonsauasoù
x
estnonmajorée.elaveutdirequepourtoutA ∈ R
,ilexisteunélémentx N de lasuite telquex N ≥ A
.Alors, pour n ≥ N
,nous avons
x n ≥ x N ≥ A,
etnousavonsbienmontré quelasuite
(x n )
onvergevers+ ∞
Remarque 17. Ladémonstrationduthéorèmenousenapprendunpeuplus:siunesuiteestroissante
etmajorée,salimiteest sabornesupérieure.
Donnons desexemplesqui illustrent e théorème.
Exemples.
(I) (Unasde onvergene).
Soit
(x n ) n ≥ 1 lasuite dénie pour n ≥ 1
par :
x n := 1 + 1
1! + · · · + 1 n! ·
(i) Il est lair que la suite
(x n ) n ≥ 1 est stritement roissante puisque x n+1 − x n =
1
(n+1)! > 0,pour toutn ≥ 1.
(ii) Montronsqu'elleestmajorée.Eneetonvériefailementparréurrenel'inégalité
suivante :
∀ n ≥ 1, n! ≥ 2 n − 1 .
Il enrésulte quepourtout
n ≥ 1,
on ax n ≤ 1 + 1 1 + · · · 2 n 1 −1 < 1 + 2 = 3.
Ilenrésultequelasuite
(x n ) n ≥ 1 onvergeetquesalimitenotéee
vérielesinégalités
2, 5 < e ≤ 3.
(II) (Unasde divergene).
Soit
(u n )
lasuite déniepourn ≥ 1
par laformule suivante:u n :=
n
X
k=1
1
k = 1 + 1
2 + · · · + 1 n .
Nousallons montrer quelasuite
(u n )
tendvers+ ∞
.(i) Lasuite
(u n ) n est(stritement)roissantepuisqueu n+1 − u n = 1/(n + 1) > 0
pour
tout
n ≥ 1.
(ii) Montrons qu'elle n'est pas majorée. En eet, observons d'abord que si
n ≥ 1
etp ≥ 1,
alorsu n+p − u n = 1
n + 1 + · · · + 1
n + p ≥ p n + p ,
puisqueette expression est lasomme de
p
termesdont le pluspetit est1/(n + p).
Par suite
u 2n − u n ≥ 1/2
pour toutn ≥ 1
eten partiulieron a:∀ k ≥ 1, u 2 k − u 2 k −1 ≥ 1 2 .
En xant un entier
p ≥ 2
et en additionnant membre à membre lesp
inégalitésobtenuespour
k = 1, 2, · · · , p
onobtient :∀ p ≥ 2, (u 2 − u 1 ) + · · · + (u 2 p − u 2 p − 1 ) ≥ p 2 .
Lestermessesimplientdeuxàdeuxpar"télésopage"etl'onobtient
u 2 p − u 1 ≥ p/2
pour tout
p ≥ 2
etdonu 2 p ≥ 1 + p/2
pour toutp ≥ 2,
e qui prouve que lasuite(u n )
n'est pasmajorée. Par onséquentd'aprèslethéorèmepréédent,elletendvers+ ∞
i.e.n → lim + ∞
1 + 1
2 + · · · + 1 n
= + ∞ .
5.4 Suites adjaentes
Le théorèmesuivantesttrès intuitifetreposesurleritèrede onvergene dessuitesmono-
tones.
Théorème 5.4.1 (Théorème des suites adjaentes). Soient
(a n ) n ∈ N et (b n )
deux suites de
nombres réels telles que
(5.2)
∀ n ∈ N, a n ≤ a n+1 ≤ b n+1 ≤ b n .
Alorslesdeuxsuites
(a n ) n ∈ N et(b n ) n ∈ Nonvergent vers desnombres réels α
etβ
respetivement
qui vérient les inégalités suivantes:
α
etβ
respetivement qui vérient les inégalités suivantes:∀ n ∈ N, a n ≤ α ≤ β ≤ b n .
Si de plus
lim n → + ∞ (b n − a n ) = 0,
alorsα = β.
Démonstration. C'est une onséquene immédiate du ritère des suites monotones.
(a n )
estroissantepar dénition, etmajorée par
b 1.De même, (b n )
est déroissante etminorée par a 1.
Elles onvergent don toutes les deux, etle prinipe de onservation des inégalités nous donne
α ≤ β
.Silesdeuxsuites
(a n ) n ∈ N et(b n ) n ∈ Nvérientlesinégalités(5.2)etsilim n → + ∞ (b n − a n ) = 0,
lim n → + ∞ (b n − a n ) = 0,
on dira que e sont des suites adjaentes. Le théorème arme en partiulier que deux suites
adjaentes onvergent vers une même limite, donnant ainsi naissane à un nombre réel