ASSEMBLÉE DE CORSE
ANDÀ PER DUMANE
27 Janvier 2021 Communiqué de presse
Notre groupe a pris connaissance avec étonnement et consternation des propos du Conseil exécutif de Corse sur une supposée volonté de l’Etat d’entraver l’action de la majorité.
Si le refrain de la responsabilité étatique était connu voire dépassé, le recours à peine voilé à des voies non démocratiques est nouveau depuis 2015 et suscite notre profonde inquiétude. Le ton martial et le discours aux relents trumpistes ne sauraient néanmoins cacher l’échec patent des nationalistes au pouvoir sur quasiment tous les sujets avancés hier.
Après l’appel à la désobéissance civile du Président de l’Assemblée de Corse dont on emboîte systématiquement le pas, nous avons donc eu droit hier aux menaces du retour des années de plomb de la part d’hommes et de femmes démocratiquement élus.
Faut-il que le désarroi soit si grand pour en arriver à tant d’irresponsabilité et de cynisme dans un climat mondial et national de crise sanitaire et économique ?
Notre groupe réaffirme solennellement son attachement indéfectible à la démocratie et au dialogue. Il conseille également à tous ceux qui s’égarent et auraient la volonté de s’en écarter de réfléchir aux conséquences politiques et sociétales de leurs propos.
Pour revenir à ce qui relève exclusivement de la compétence du Conseil exécutif de Corse, notre groupe a pris connaissance de l’ordre du jour de la première session extraordinaire de notre Assemblée pour l’année 2021, les 28 et 29 Janvier prochains.
Nous avions saisi par courrier le 23 Novembre dernier le Président de l’Assemblée de Corse pour lui demander de bien vouloir y inscrire l’avis de l’autorité de la concurrence dans les meilleurs délais.
Malgré l’engagement du Président du Conseil exécutif pris lors de la séance publique de Novembre, l’examen de l’avis sur les conclusions de l’Autorité de la Concurrence sur l’économie de la Corse n’y figure malheureusement pas et nous le regrettons.
Cet avis portait notamment sur la concentration économique existante dans quatre secteurs : la desserte maritime de la Corse, la distribution de carburants, la distribution alimentaire en grandes et moyennes surfaces et la gestion des déchets.
Groupe Andà Per Dumane Jean-Charles Orsucci
Maire de Bonifacio Président du Groupe
ASSEMBLÉE DE CORSE
ANDÀ PER DUMANE
Tous relèvent indirectement ou exclusivement de la compétence de la Collectivité de Corse.
Tous concernent des dossiers qui intéressent au premier chef les Corses et leur pouvoir d’achat.
Ce rapport de l’Autorité de la Concurrence ouvre des solutions et propose des pistes d’amélioration qui doivent être absolument étudiées, débattues et discutées par notre Assemblée.
En lieu et place d’un tel débat, nous devrions examiner un rapport demandant l’abrogation de décrets gouvernementaux sur les fichages (par ailleurs récemment validés par le Conseil d’Etat) et autorisant le Président du Conseil exécutif à les contester en justice. Nous pouvons, individuellement et légitimement, nous demander quel devrait être le juste périmètre des champs de fichiers de renseignement. Cependant, nous pouvons aussi nous interroger sur la pertinence, l’efficacité et la compétence de notre Collectivité pour engager une procédure en justice concernant un sujet déjà purgé par l’Assemblée nationale et juridiquement conforté par le Conseil d’Etat.
Dans le même esprit, nous regrettons vivement l’absence d’inscription à l’ordre du jour des rapports sur le énième plan déchets et sur le plan Rilanciu. Le premier avait causé des troubles dans les rangs de la majorité où le débat n’est visiblement pas encore tranché malgré l’urgence (notre groupe posera d’ailleurs une question orale à ce sujet). Quant au deuxième, rappelons qu’à l’heure où des régions contractualisent, notre collectivité débuterait à peine les discussions avec l’Etat qui demeure le principal financeur.
Sur les eaux d’Orezza, un des rares fleurons industriels de l’économie rurale de notre ile et à 48 heures de l’ouverture de nos travaux, nous attendons toujours des éléments pour nous déterminer sur la voie finalement choisie par le Conseil exécutif. Quelle que soit la proposition de celui-ci, notre groupe considère qu’il faut absolument pérenniser cet outil de production qui doit davantage profiter au territoire et préserver les emplois menacés.
Mais au-delà de ces éléments factuels, c’est une fois de plus la méthode de travail, toujours dans l’urgence, sans anticipation, ni vision stratégique ou prospective, qui interroge. Cette stratégie de l’évitement et cette politique du symbole ne parviendra pas résoudre les problèmes des Corses.
Notre groupe demande donc solennellement au Président du Conseil exécutif de bien vouloir inscrire ces rapports à la prochaine session de février.
Notre groupe demande également au Conseil exécutif de Corse de se mettre sérieusement au travail sur tous les dossiers en attente qui pourrissent le quotidien de nos concitoyens depuis des années.
Avant de prétendre faire Nation, il faut savoir faire gestion.