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Progression du mycélium de Phomopsis so jae Lehm. à l’intérieur de la tige de soja

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Progression du mycélium de Phomopsis so jae Lehm. à

l’intérieur de la tige de soja

P. Bernaux

To cite this version:

P. Bernaux. Progression du mycélium de Phomopsis so jae Lehm. à l’intérieur de la tige de soja.

Agronomie, EDP Sciences, 1981, 1 (9), pp.783-786. �hal-02726208�

(2)

Progression

du

mycélium

de

Phomopsis

so jae

Lehm.

à

l’intérieur de

la

tige

de

soja

Paul BERNAUX

Germaine BERTI

l.N.R.A., Laboratoire de Biologie et Pathologie végétales, Ecole Nationale Supérieure Agronomique,

F 34060 Montpellier Cedex. RÉSUMÉ

Phomopsis sojac,

Glycine max, Latence, Sénescence.

Le

parasitisme

de Phomopsis sojae est caractérisé par le phénomène de latence. La

pénétration

s’effectue au

niveau des plantules et le champignon ne s’extériorise que sur la plante sénescente. Le mycélium progresse en même temps que le

point végétatif

tant que la plante n’a pas formé la 51 feuille. Au-delà, le processus floral

est déclenché et le mycélium est retardé dans son cheminement ; on le localise à environ deux entrenoeuds du

point

végétatif.

Lors de la sénescence de la plante tous les organes sont envahis. Parmi les variétés testées,

« Hodgson » présente un processus particulier : le mycélium reste localisé aux 3 entrenaeuds inférieurs ; ainsi

le nombre de graines contaminées est réduit.

SUMMARY

Phomopsis sojac,

Glycine max,

Latency,

Senescence.

Mycelium

progress

of Phomopsis sojae

inside the

soybean

stem.

Latent infection by Phomopsis sojae has been shown. Seedlings are infested, but it is only on the senescent

plant that the fungus gives symptoms and pycnidia. Mycelium progresses with the

vegetative point,

up to the

fifth node. Upward this stage, floral induction delays mycelium progress, at two internodes from the

vegetative point. On the senescent plant all parts are invaded. In one of the studied varieties, « Hodgson », the mycelium stays in the inferior internodes ; so, the number of contamined seeds is reduced.

I. INTRODUCTION

Phomopsis sojae

est un des

champignons

parasites

du

soja

qui

provoque le plus de

dégâts

et surtout dont

l’attaque

peut

avoir des

conséquences

importantes

pour les cultures sui-vantes, aussi bien par les débris de récolte que par les

graines qui

ont été contaminées sur

pied.

Ce

champignon

peut

pénétrer

les

plantes

de

soja

à

n’importe quel

stade de

végétation.

Dans les conditions

naturelles,

c’est

principale-ment au stade

plantule

que la contamination a

lieu,

mais elle ne s’extériorise

qu’en

fin de

végétation

sans

qu’il

y ait eu de

symptômes

remarquables

au cours du

développement

de la

plante.

A

l’approche

de la sénescence

qui

survient en

général

une

quinzaine

de

jours plus

tôt que chez les

plantes

saines,

on constate, chez les

plantes parasitées,

la chute des

feuilles,

le dessèchement des

tiges

et la formation des

pycnides

à leur surface. Toutes les

parties

de la

plante

sont

alors envahies par le

mycélium.

Souvent les

graines

ne sont

pas formées ou bien elles sont contaminées à différents

degrés.

Certaines sont

desséchées,

d’autres encore sont

d’apparence

saine et

parmi

elles,

certaines sont

porteuses

de

mycélium ;

elles

peuvent

germer et donnent alors des

plantes

contaminées.

Tous les auteurs

qui

ont étudié cette maladie sont

d’accord sur l’absence de

symptômes

en cours de

végétation

(A

TH

O

W

,

1973). Cependant,

LEHMAN

(1923)

considère que

les

plantes

contaminées sont

plus petites

et, de ce

fait,

passent souvent

inaperçues ;

cet auteur, comme d’ailleurs

Lu ’ rr

RELL

(1947), n’envisage,

en

fait,

qu’une

contamination

à un stade avancé de

végétation.

Il a observé la localisation

du

mycélium

dans les tissus à membrane mince de

l’écorce,

dans le

cylindre

central et la moelle. Les

pycnides

sont

localisées entre les îlots de

sclérenchyme.

Il a

également

observé des

pycnides plus

petites

sur les tissus foliaires.

Plus

récemment,

KntE’rz et al.

(1974,

1978)

confirment

cette absence de

symptômes,

alors que le

champignon

peut

être détecté par des

techniques

de laboratoire. Ces derniers

auteurs ont cherché à localiser le

champignon

à différents stades

végétatifs.

Pour eux, c’est

principalement

dans la

base de la

tige

que le

mycélium

est

abondant,

surtout

pendant

la

végétation

de la

plante.

Il reste latent et c’est lors de la sénescence que la

répartition

du

champignon

devient

comparable

à tous les niveaux. SAR

(1978)

considère que ce

champignon

est peu

agressif

et

qu’il

colonise les tissus

âgés

de

préférence

aux tissus

jeunes.

En raison de ce

phénomène

de latence

(incubation

de

longue

durée,

de la

plantule

à la

plante sénescente),

nous avons

entrepris

l’étude du cheminement du

mycélium

à

l’intérieur des tissus tout au

long

du

développement

de la

(3)

Nous avons cherché à

préciser

le mode de

pénétration,

la

localisation

anatomique

du

mycélium

et des

pycnides

et la

progression

du

mycélium

dans la

plante.

II.

MATÉRIEL

ET

MÉTHODES

A. Matériel

végétal

La

plante

Différentes variétés ou

lignées

de

soja

(fournies

par

A.

V

IDAL

,

de la Station d’Amélioration des

Plantes,

C.R.A.

Montpellier)

ont été utilisées :

« Altona » groupe 00.

«

Amsoy

71 » groupe II.

«

Chippewa

» groupe I.

«

Hodgson

» groupe I.

« Te Feni n° 10 » groupe III

(Origine :

Chine).

71558 1 groupe III

(Lignée

déterminée de l’Université de

l’Iowa

(USA),

à floraison

basipète).

Le

champignon

Phomopsis so jae

Lehm. est le stade asexué de

Diaporthe

phaseolorum

(Cke.

et

Ell.)

v.

sojae

(Lehm.)

Wehm. Ce

champignon présente

un

mycélium

blanchâtre,

parfois

ten-dant vers le

beige ;

les filaments sont

agglomérés

en

cordonnets ;

nous regroupons les souches que nous avons

isolées en 4

types

d’après

leur

aspect

sur milieu

gélosé

(PDA) :

1) mycélium

abondant

d’aspect

cotonneux et sans

pyc-nides ;

2) mycélium léger

avec

quelques

rares

pycnides ;

3) mycélium

rare avec formation à la surface de la

gélose

de rares stromas

(2

ou 3 par

tube)

de

0,3-0,5

cm de

diamètre, supportant

des

pycnides produisant

des spores a et des spores

f3 ;

4)

mycélium

localisé à la surface de la

gélose,

produisant

un

grand

nombre de

pycnides

dont les conidies sortent en

gouttelette

par le pore. Il

s’agit

de conidies a

(7,5

x

2-3

wm),

en massue. C’est cette souche que nous avons

utilisée en raison des

pycnides

nombreuses

qu’elle

produit.

B. Méthodes

Les contaminations sont effectuées sur des

plantules

arrivées au stade de la 1! feuille

(simple),

par

pulvérisation

de 1 ml par

plantule

d’une

suspension

de conidies a

obte-nues à

partir

de cultures sur milieu

gélosé (PDA).

La

suspension

de spores est

équilibrée

à environ 60 000 spores par ml. Cette concentration a été choisie en raison du

meilleur taux de

germination

en fonction des résultats

ci-dessous :

La croissance de la

plante correspond,

dans nos

condi-tions

expérimentales,

à un entrenoeud par semaine. En

conséquence

tous les 8

j,

afin de suivre la

progression

du

mycélium

à l’intérieur de la

tige,

sans sacrifier la

plante,

nous

prélevons,

d’une

part,

des lambeaux

tangentiels

au

niveau de

chaque

noeud

(écorce + périphérie

du

cylindre

central),

d’autre

part,

des

pastilles,

à

l’emporte-pièce,

sur

les limbes

foliaires ;

tous ces

prélèvements

sont

déposés

sur

gélose

nutritive

(PDA).

Ainsi,

le

mycélium typique

et les

pycnides

se

développent

en 8

j.

On

peut

également

mettre des lambeaux de feuille ou des

sections de

tige

en chambre

humide,

mais cette méthode est

longue

(1 mois),

car il faut attendre la destruction de la

chlorophylle

avant la formation des

pycnides.

III.

RÉSULTATS

A. Pénétration

La

technique

décrite ci-dessus pour les

plantules

peut

également

être

appliquée

sur des

plantes plus âgées,

en

augmentant

toutefois le volume de

suspension ;

ceci nous a

permis

de constater que la contamination des

plantes

peut

s’effectuer à tous les stades

végétatifs. Cependant,

sur les

plantes âgées,

c’est

principalement

au niveau des noeuds que

la

pénétration

a

lieu ;

en outre, les

plantes

inoculées

après

le stade de la 5e feuille sont arrêtées dans leur croissance. Par

contre,

lorsque

la contamination est réalisée sur les

plantu-les au stade de la 1°Cfeuille

(simple),

la

pénétration

a lieu au

niveau de

l’hypocotyle,

de

l’épicotyle,

des limbes foliaires et

des noeuds. La

plante réagit, plus

ou moins

rapidement

selon la

variété,

par une nécrose d’étendue

variable,

d’abord visible seulement en coupe

anatomique.

Ainsi à l’observation

microscopique,

la variété « Altona »

présente

sur

l’hypocotyle, 8 j après

la

contamination,

un

début de coloration brune

diffuse,

étendue sur 6-10 cellules

en

longueur

et 3-4 en

épaisseur (épiderme

+

parenchyme

cortical) ; 20 j plus

tard,

cette nécrose sera visible à

l’oeil,

extérieurement.

Cependant, malgré

la réaction

cellulaire,

le

mycélium

progresse au-delà et s’étend à l’intérieur des

autres tissus de l’écorce

puis

du

cylindre

central.

Chez la variété «

Hodgson

», la réaction est

plus rapide

et la nécrose est

plus

intense ;

cependant

le

mycélium

s’étend

également

en dehors de la zone brunie.

B. Premiers

symptômes

La

conséquence

de la contamination sur les

jeunes

plantes

se traduit par

l’aspect languissant

des feuilles

qui

conservent une certaine mollesse tout au

long

de leur vie.

Au cours du

développement

des

plantes

inoculées,

on

remarque que les dernières feuilles

développées présentent

toujours

cet

aspect

languissant,

au fur et à mesure

qu’elles

apparaissent ;

cet

aspect

s’atténue avec le vieillissement.

C. Localisation

anatomique

du

mycélium

et des

pycnides

Après

avoir

pénétré

à travers

l’épiderme

le

mycélium

colonise le

parenchyme

cortical,

le

liber,

le bois et la moelle.

Il est

fréquent

de l’observer à l’intérieur des vaisseaux de bois.

Cependant

la

plus

forte concentration se trouve dans le

liber,

en dessous des arcs

scléreux ;

c’est entre ces arcs

scléreux que se

développent

les

pycnides profondes

(180-252 x 126-180

p,m),

lors de la sénescence de la

plante.

Cette

localisation entraîne une

disposition

linéaire

typique

des

(4)

formation de

pycnides

sous

épidermiques (180

x 126-180

!Lm)

sans ordre dans le cas de contaminations tardives.

Les feuilles sont

également

envahies par

systémie ;

elles

jaunissent,

tombent et

portent

de très nombreuses

pycnides

(144

x 90-72

!tm)

avec des conidies a

généralement plus

petites (5

x

1,4-2,5

p,m)

que celles

produites

sur

tiges

(7-8,4

x 2-3

!,m).

D. Cheminement du

mycélium

à l’intérieur de la

plante

Les

prélèvements

que nous avons réalisés

régulièrement

sur les

plantes après

contamination,

pendant

toute leur

croissance,

nous ont

permis

d’observer la

progression

du

mycélium

en fonction de la variété et de son

développe-ment.

Chez la

plupart

des variétés testées

Altona »,

« Amsoy

»,

« Chippewa

», « 71558 1 » et « Te feni n° 10

»),

nous avons constaté que le

mycélium qui

a

pénétré

dans la

jeune plantule

se

développe

jusqu’au

niveau du

bourgeon

terminal tant que la

plante

n’a pas formé la 5e

feuille ;

au-delà, alors que la croissance de la

plante

continue et que les stades suivants coïncident avec le déclenchement du proces-sus

floral,

le

mycélium

est ralenti dans sa croissance et sa

présence

ne

peut

être mise en évidence

qu’à

2 entrenceuds en dessous du

point végétatif.

Sur la variété « 71558

I »,

à floraison

synchrone,

par

opposition

aux autres variétés utilisées ici

floraison

échelonnée),

nous avons pu voir combien le ralentissement

de la croissance du

mycélium

est lié aux

phénomènes

d’induction

florale ;

en

effet,

sur des

plantes

dont la

floraison s’est trouvé

retardée,

la croissance du

mycélium

a

suivi

régulièrement

le

point végétatif.

En ce

qui

concerne les

feuilles,

elles sont elles-mêmes envahies avec

cependant

un retard

qui pourrait

être en

liaison avec la durée du cheminement à travers le

pétiole ;

ce n’est que

lorsque

la sénescence est déclenchée

qu’il

y a

généralisation

de l’invasion

mycélienne

à tous les organes de

la

plante,

à condition que

l’hygrométrie

externe et interne soit favorable. Dans ces conditions les

pycnides

se

dévelop-pent

sur les 3/4 de la hauteur de la

tige.

Chez la variété

« Hodgson

», on observe un processus

différent :

après

avoir

pénétré

dans la

jeune tige,

le

mycé-lium reste localisé aux noeuds inférieurs de la

plante (1

er

,

2

e

,

3’).

Nous n’avons pu le mettre en évidence à des

étages

supérieurs.

Les

pycnides

restent localisées à la moitié

inférieure de la

plante

sèche.

Lorsque

l’inoculation a lieu

pendant

la

période

florale,

le

mycélium

et par suite les

pycnides

restent localisés au niveau des noeuds. La résis-tance

partielle

à l’extension du

mycélium paraît

être un

facteur

intéressant,

limitant la contamination des

graines

aux niveaux

supérieurs.

IV. DISCUSSION ET CONCLUSIONS

Le

phénomène

de latence de l’infection par le Phomopsis

sojae

est

longtemps passé inaperçu

et de nombreux auteurs

considéraient que le

champignon n’attaquait

que les

plantes

âgées.

Nous avons pu

préciser

la

pénétration

sur la

plantule

ainsi que la croissance du

mycélium qui

suit celle du

point

végétatif,

au moins

jusqu’au

stade V5. Au-delà de ce

stade,

dès que l’initiation florale est déclenchée il n’est pas

possible

de le mettre en évidence au niveau des 2 entrenoeuds

supérieurs

de la

plante ;

sa croissance est ralentie. Il existe

cependant

un autre facteur

qui

retarde la croissance du

mycélium

et que l’on rencontre chez la variété

« Hodgson »,

chez

laquelle

le

mycélium

reste localisé à la moitié inférieure de la

plante ;

c’est ce

qu’ont prouvé

nos

essais d’isolement d’une

part

et la localisation des

pycnides

à la base des

tiges

sèches d’autre

part,

au moins dans le cas de contamination sur

plantules.

En outre, l’extension vers les gousses

paraît

la

manifesta-tion la

plus probable

et la

plus dommageable lorsque

les

plantes

sont maintenues en

place

tard dans la

saison,

alors

que l’humidité est

importante.

Ce rôle des facteurs du milieu est

primordial

pour l’extériorisation du

champignon

sur les

tiges

sénescentes.

Les

possibilités épidémiques

de ce

champignon

à

pycnides

sont faibles en raison du

phénomène

de

latence ;

l’extension

pourrait

avoir lieu seulement dans le cas de

proximité

de

variétés

précoces

contaminées et de variétés tardives.

En

conséquence,

il semble

indispensable

d’effectuer des contrôles sanitaires des

plantes

au

champ

d’une

part,

des semences d’autre

part.

Enfin,

en raison de la faible extension du

mycélium

chez

la variété «

Hodgson

», ce

type

de résistance mérite d’être

amélioré.

Reçu le 30 janvier 1981.

Accepté le 17 juin 1981.

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doctorat 31

cycle,

n° 24, Institut National

polytechnique

Toulouse,

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