C OMPOSITIO M ATHEMATICA
G EORGES G RAS
Plongements kummériens dans les Z
p-extensions
Compositio Mathematica, tome 55, n
o3 (1985), p. 383-396
<http://www.numdam.org/item?id=CM_1985__55_3_383_0>
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383
PLONGEMENTS KUMMERIENS DANS LES
ZP-EXTENSIONS
Georges
Gras© 1985 Martinus Nijhoff Publishers, Dordrecht. Printed in The Netherlands.
Introduction
Soit
k
lecomposé des Zp-extensions
d’un corps de nombres k contenant le groupe03BCpe
des racinespe-ièmes
del’unité;
onpeut
alorsengendrer
lasous-extension maximale
N
dek, d’exposant pe,
defaçon
kummérienne(i.e.
en écrivant7V = k(p), où Ê
est un sous-groupe convenable dek"
contenant
kXpe).
La déterminationexplicite
deR
est unproblème qui
aété abordé dans des cas
particuliers
parplusieurs
auteurs:(i)
par F. Bertrandias et J.-J.Payan [1],
d’unpoint
de vuethéorique,
dans
l’optique
de vérifier laconjecture
deLeopoldt
par le calcul de laFp-dimension
de/k p;
(ii)
par J.E. Carroll[3],
par J.E. Carroll et H.Kisilevsky [4],
dans lecadre de la
p-ramification abélienne;
(iii)
par J.E. Carroll[2],
K. Kramer et A. Candiotti[8],
R.Greenberg [7],
dans le but d’étudier des liensremarquables qui
existent entre leK2
du corps k et les
problèmes
deplongements
kummériens dans lesZp-extensions (notamment
en cequi
concerne(lorsque e = 1)
la com-paraison
des groupesR/k "p
et{a ~ k , {a, exp(2i03C0/p)} = 1
dansK2k}/k p,
dont lesFp-dimensions
sontégales
sous laconjecture
deLeopoldt, d’après
un résultat de J. Tate[10]).
Nous donnons dans cet article la méthode
qui permet
de trouverA
entoute
généralité,
dès que les classes et les unités du corps k sont connues;de
façon précise,
le calcul effectifde R
que nous obtenonsprovient
dufait que
nous
avons donné dans[5]
une solution detype
corps de classesau
problème
duplongement
dans lesZp-extensions (en
déterminant le groupe d’Artin de toute extension de la forme N ~k,
N étant unep-extension
abéliennep-ramifiée
dek ).
Après
l’étude du casgénéral,
Théorème1.1,
nous illustronscomplète-
ment le cas
quadratique imaginaire, pour p e
=2,
ceci pour deux raisons:(i)
c’est lepremier
cas non trivialqui peut permettre
une étudeapprofondie
desproblèmes
de 2-ramification et deK2;
(ii)
les calculsexplicites peuvent
être conduits à leur terme, et illustrésnumériquement
par de nombreuxexemples (cf. §11, 6).
1 Cas
general
Soit k un corps de nombres contenant le groupe
Jlpe
des racinespe-ièmes
de l’unité
( p premier, e 1).
On
appelle S
l’ensemble des idéauxpremiers
de k au-dessus de p,k
la
p-extension
abéliennep-ramifiée
maximale de k(i.e.
non ramifiée endehors de
S ) et k c k
lecomposé
desZp-extensions
dek;
on note G legroupe Gal
(/k)
etG
le groupe Gal( k/k ).
On définit alors N
(resp. 7V)
comme la sous-extension maximalede k (resp. k) d’exposant pe;
on a doncÑ = N ~ .
Il y a deuxfaçons
decaractériser N et
7V:
(i)
par le corps declasses,
en trouvant A(resp. Ã),
le groupe d’Artin de N(resp. 7V);
(ii)
par la théorie deKummer,
en trouvant R(resp. ),
le radical de N(resp. 7V).
1) Groupe
d’Artin deÑ.
Soit P le groupe des idéaux
principaux
de kengendrés
par un élémentu ~ k
congru à 1 modulo03A0p ~ S
p; soit I le groupe des idéaux fractionnaires de k dont unep-puissance
est dans P. Alors le groupe d’Artin de N estA =
Ipepf,
où f est
le conducteur de N(ou
unmultiple)
etPf
le rayon modulof.
Ladétermination du groupe d’Artin de
7V
résulte alors du corollaire authéorème 2.1 de
[5]
utilisant la fonctionLog
définie sur G et à valeursdans
C/A,
où C =Op Eskp (produit
descomplétés
de k en PE S),
où Aest le
sous-Q p-espace
vectoriel de Cengendré
par leslogarithmes
p-adiques
des unités dek; rappelons
ce résultat:PROPOSITION 1.1: Le groupe d’Artin
Â
de la sous-extension maximaleÑ d’exposant pe
ducomposé
des ZP-extensions
de k estégal à(
a E1, Log
a~
peLog I},
oùLog 1
=Log
G est l’adhérence deLog
1 dansC/A (on rappelle
que si a E1, Log
a estl’image
dansC/A
de1/n log
a, pourn’importe quel
n E N * tel que a n =(a)
EP, log désignant
lelogarithme p-adique usuel;
cecidéfinit Log
pour(k/k) E
G carLog
est triviale surle
groupe d’Artin de k/k; enfin Log
seprolonge
àG).
COROLLAIRE:
L’application Log
induit la suite exacte suivante:En
effet,
si a: I - Gdésigne l’application d’Artin,
l’adhérence dea(A)
=03B1(IpePf)
dans G estégale
à Gal(/N) qui,
par définition deN,
est
égal
àG pe;
doncl’application Log applique
bienIpekPf dans pe Log
G= pe Log I.
D’où la recherche
pratique
deÃ:
(i)
on détermineLog
I(ce qui
suppose la connaissancenumérique
du p-groupe des classes Cl et du groupe des unités de
k);
(ii)
on détermine leconducteur f
de N(ou
unmultiple);
(iii)
dans le groupe finiI/IpePf,
on recherche les éléments dont lelogarithme
est danspe Log
I.EXEMPLE: Soit k =
Q(-3, -586)
etpe = 3;
on a Cl =Cil
~Cl2
oùCil
etCl2
sont les3-groupes
des classes dek1 = Q(-586)
et dek2 = Q(1758).
Notons a et T lesgénérateurs respectifs
de Gal(k/k1)
etde
Gai(k / k 2)’
et pour un nombrepremier q
notons1 q
un idéalpremier
de k au-dessus de q. On a alors
Cl = cl25, cl1+43> ~ Z/9Z Z/3Z
(l’idéal 5
est inerte dansk / k l’
et la classe de l’idéal25,
dansk 1 , engendre Cil qui
est d’ordre9;
le nombrepremier
43 est totalementdécomposé
dansk,
la classe d’un idéalpremier
au-dessus de43,
dansk2, engendre Cl2 qui
est d’ordre3;
d’où ladescription
deCl).
On ar18
=(1891621
+20088-586), 3(1+)43
=(407
+71758).
On a ici C =Q3 ~ -586 Q3
~R 03
~1758 Q3 et
039B =1758 Q3 (L’unité
fonda-mentale de k
provient
de celle dek2,
et sonlogarithme 3-adique
définitun élément non nul de trace nulle
qui
se trouve dans le sous-espaceQ3
~ 1758 Q3);
d’oùC/039B ~ Q3 ~ -586 Q3 ~ -3 Q3.
On adonc,
ennotant U =
f u E C,
u ~ 1mod-3}, Log I
=(1 18 log(1891621
+20088-586), 1 3 log(407
+71758)> + log
U +039B)/039B;
on vérifie facile-ment que
log
U =3Z
~3-586 Z3
~3N lL 3 ~ 1758 Z3,
que-ls log(1891621
+20088-586) ~ log U,
etque 1 3 log(407
+71758) ~ - 2 31758
modulolog
U. Il en résulte alorsLog
1 =3Z 3
~3-586 ll 3
~ 33Z3.
REMARQUE:
Le corollaire au théorème 2.1 de[5]
montrequ’ici, k
estlinéairement
disjoint
du3-corps
de classes absolu de Hilbert de k(car Log
I =Log U),
et on en déduit aussi que l’ordre de Gal(/)
estégal
à27.
On vérifie ensuite que
I/I3
Ppeut
êtrereprésenté
par le grouped’idéaux ( 1 ) , 1+43, (2), (3 - -586), (1
+3-3)>
ou encore(1 1+43, 2, 51+03C3717, 1+03C37> = 2, r 1+43, 1+03C37, 1+03C3717>.
Le cal-cul des
logarithmes 3-adiques
de ces idéaux montre alors que le sous- groupe deI/I3 Pf
formé des éléments dont lelogarithme
est dans 3Log
Ipeut
êtrereprésenté
par legroupe (1215, -121+43>.
2)
Radical de N.Soit
le radical de N. Soit
k (S)
le groupe des S-unités de k. SoitI(S)
lesous-groupe du groupe des idéaux fractionnaires de k
engendré
par les éléments deS;
soient Cl le p-groupe des classes dek, Cl(S)
le sous-groupe
engendré
par les classes des éléments deI(S),
etCls
lequotient Cl/Cl(S);
on notepeCls
le sous-groupe deCls
formé des éléments annulés parpe.
Il est bien connu
que a E
R si et seulement si l’idéal( a )
de k est de laforme
(a) = mape,
où a est un idéalquelconque
de k etm ~ I(S).
L’application qui
à a E R associel’image
de la classe de a dansClS
induit la suite exactequi permet
de trouver R dès que le groupe des classes de k et celui des unités sont connus.EXEMPLE: Poursuivons l’illustration du cas k =
Q(-3 , -586);
on adonc ici R
= (j, R,
Eo, al,a2)kX3, où j = (-1
+-3)/2, Eo = 587
+
141758
est l’unité fondamentale dek,
al et a2 sont lesgénérateurs
des idéaux
185
et3(1+)43.
3) Symbole de
restede puissance pe-ième.
Rappelons
brièvement la définition de cesymbole:
Soit a Ek"
et soit bun idéal de k
étranger
à( a )
etS;
lesymbole (a b)
estl’unique
élément de03BCpe défini,
via l’action dusymbole d’Artin,
par:il est bien connu aussi que
si b
= 1 est un idéalpremier,
alors( a )
1 estcaractérisé par la congruence
(a ) ~ a(q-1)/pe moduler
où q
est le cardinal du corps résiduel de k en 1.Nous avons maintenant tous les éléments pour déterminer le radical de
Ñ.
4)
Radical deÑ.
Soit {b1,..., bt}
un ensemble fini d’idéaux de kétrangers
à S tel queconsidérons
l’application
~ suivante:déduite de
l’application qui
à a E R(a
choisiétranger à b1,..., bt,
cequi
est
toujours possible
modulokxpe, puisque (a)
= m ape,
rrtI(S»
asso-cie la famille
( a ))
i=1,..., t. Soit a ER,
aétranger
à b 1,.., bt;
alorsa E
R
si et seulement sik(pea)
cÑ,
donc si et seulement sipea
est fixepar Gal
(N/Ñ),
soitpea
fixe par tout élément de la forme(N/k b),
b ~ Ã;
mais comme = b1,..., bt>A,
où A est le groupe d’Artin deN,
on en déduit que a E
R
si et seulement sipI;;
est fixe par tout élément( N/k b),
i =1,
... , t, donc S1 et seulement S1(a b) = 1,
pour tout i =1,...,
t;autrement
dit, R/kxpl’
est le noyau de ~.Résumons ce
qui précède
dans l’énoncé suivant:THÉORÈME 1.1: Soit k un corps de nombres contenant les racines
pe-ièmes
de l’unité. Soit R le radical de l’extension kummérienne maximale p-
ramifiée
dek, d’exposant pe,
etsoit f
le conducteur de cette extension.Soit 1 le groupe des idéaux de k
étrangers
à p, soitPf
elle rayon modulof,
etsoient b,
t des idéaux de 1 telsque b1,..., bt>IpePf = {a
E1, Log
a Epe Log Il .
Alorsl’application
de R dans03BCtpe qui
à a E Rassocie
(( a i»
-1,..., t a pour noyau le radicalR
de la sous-extension maximaled’exposant pe
ducomposé
des llP-extensions
de k.EXEMPLE: Terminons l’illustration du cas k =
Q( F3, ,¡ - 586 );
il nereste
plus qu’à
calculer le tableau dessymboles
de laforme (a b),
a E{j, -3,
E aa2} 1 et
E{25, -121+43}:
Le calcul des
symboles
ci-dessus s’effectue àpartir
des congruences suivantes(où -3
=2j
+1):
On obtient donc
II Cas des corps
quadratiques imaginaires (et
p =2)
Soit k
= Q(-m), m
> 0 sans facteurcarré;
on suppose ici p =2, e
= 1.Les
problèmes
locaux à résoudre vontdépendre
essentiellement de C =03A0p~Skp qui prend
les huit valeurshabituelles: Q2(-1), Q2(-2),
Nous définissons aussi l’invariant p = 0 ou
1,
enposant
p = 1 si et seulement si tout diviseurpremier impair
de m est congru à + 1 modulo 8.1)
Casparticuliers
immédiats.Il
s’agit
descorps k
pourlesquels
le groupe Gal(/)
esttrivial;
nousavons caractérisé une telle situation dans
[5],
corollaire au théorème5.2;
ce résultat s’énonce ici de la
façon
suivante:THÉORÈME 2.1: Si k est l’un des corps
Q(-1), Q(F2), Q(-l)
ouQ( 21 ),
1premier,
1~ 3,
5 mod8,
alors l’extensionbiquadratique
de kcontenue dans le
composé
des7L 2-extensions
de k estk(Vl
+-1, Vv -1 )
pour
k = Q(-1), k( 2 ’ 1 )
pourk = Q(-2), k(2, -1)
dans les deux autres cas.
Ce résultat est
élémentaire,
mais leproblème
devient bienplus
difficiledès que Gal
(/)
est non trivial(cf. Exemple
du§1);
nous allonsreprendre
etpréciser
lesétapes générales évoquées
dansle §1,
afind’aboutir à une méthode de calcul
systématique
deR,
pour tout corpsquadratique imaginaire.
Les résultats seront donnés defaçon
immédiate-ment utilisable par le
lecteur,
pour tout calculnumérique;
lesjustifica-
tions élémentaires seront omises.
2)
Calcul du radical de N.On suppose ici k distinct de
Q(-1)
et deQ(-2).
Onpeut
doncposer
m = ll ... ln
ou2l1...ln, ll, ... , ln
nombrespremiers impairs
dis-tincts,
n1;
on noteII
l’idéalpremier
au-dessus de1,,
i =1,
..., n, et on note p un idéalpremier
de k au-dessus de 2.On a les résultats
classiques
suivants:LEMME 1: Une
F2-base
de2CI
est donnée par les ensembles de classes suivants:LEMME 2:
Supposons
2 non inerte dans k. Alors il existe a EkX
tel que(a) = pa2
dansk,
si et seulement si p = 1. Si c’est le cas, et si l’on écrit- m = x2 - 2y2
dansZ,
alors(x
+-m) = pa20
dansk,
pour un choixconvenable du
signe
de xlorsque
2 estdécomposé.
LEMME 3: Si 2 est
décomposé
dans k et si p =0,
alors la classe de p est d’ordrepair.
Ces lemmes
préliminaires
nouspermettent
de déterminer R àpartir
dela suite exacte
(cf. §1, 2)
où l’on
rappelle
quek (S)
est le groupe des S-unités de k etCls
le2-groupe
des classes en dehors deS;
le résultat est le suivant:PROPOSITION 2.1: Le radical de N est R =
2, -1, l1,..., ln-l)kX2
sip = 0, R = 2, -1, 11,...,ln-l,x+v-m)kX2 si p = 1 ( où
x est donnépar une solution dans Z de
l ’ équation -
m =x2 - 2y2).
REMARQUE :
On atoujours k(2) ~ k;
on pourra donc"ignorer"
2 dansle calcul de
R.
Cesgénérateurs
de R sontindépendants
modulokX2.
3)
Calcul du conducteur de N.C’est le
plus petit
communmultiple
des conducteurs des sous-extensionsquadratiques
deN/k;
il suffit donc de calculer les conducteurs des extensions K =k(-1), k(2), k(±l),
1premier impair,
± l ~ 1 mod4,
et enfink ( x
+m ) lorsque
p = 1(en supposant toujours k ~
Q(-1), Q(-2)).
Il suffit de déterminer une uniformisante de K et de calculer la différente relative dans
K/k (puis
le discriminantrelatif)
par la méthodetions 4 et
5); ici,
le conducteur deK/k
estégal
à sondiscriminant;
on obtient:PROPOSITION 2.2: Le conducteur
f
de N a la valeur suivante:4)
Détermination du groupe d’Artin deÑ.
On
rappelle
que le groupe d’ArtinÂ
deÑ
est défini par la suite exacte(cf. §I, 1)
dans le cas
quadratique imaginaire,
la fonctionLog
s’identifie auloga-
rithme
2-adique usuel, log,
étendu àÎ,
car A = 0. Comme enpratique
Clest décrit sous la forme
on considère la suite exacte
où
I2P/I2Pf ~ P/Pf(P
rlJ2); ainsi,
si l’on écrit P =«Ul)’..’ ,(us)
Pf(P ~ I2),
alorsNous allons déterminer
P/Pf(P
~J2);
pourcela,
soientet soit
LEMME 4: Le groupe 0
a l’expression
suivante:ou - m = -1 mod 16 et p = 1,
et p =
1,
l’entier n’étantégal à
n si - m = - 2 mod4,
n - 1 sinon.Soit
u ~ k S
tel que(u) = (uf)a2, uf ~ k f,
a ~ I:(i)
cas - m = -2, -
3 mod 4. Comme2Cl = cl1,..., cln’>,
onpeut
écrirea = (v)03A0n’i=1xii, 71 v ~ k S,
d’où u =± ufv203A0n’i=1lxii;
d’où Hdans ce cas.
(ii)
cas - m ~ -1 mod 4. Dans ce cas2Cl = cl1,..., cln’, clp>,
eton
peut
écrire a =(a)px003A0n’i=1xii,
xo,xi ~ Z, a ~ k .
Soit b E I tel quepb = (b), b ~ k ;
on aalors b2 = (b2/2) = (v), v ~ k S.
Si - m ~ -5 mod
8,
la démonstration de laproposition
2.1 de[6]
montre que l’on a v = 2 ±
-m
modulo4,
doncmodulo f d’après
laproposition 2.2;
il vient alorsa2
=(a2b2x0v-x003A0n’i=1lxii),
soit u =± uf (abx0)2v-x003A0n’i=1lxii.
On a2 ± -m = vu’f, u’f ~ k f,
donc(2
+ - m )(2 - -m) ~ k fk 2S puisque Nk OV
=Nb 2
est un carré dansQ ;
onpeut
doncremplacer v
par 2+ -m
modulok fk 2S.
D’où lelemme dans ce cas.
Si - m ~ -1 mod
8,
la démonstration du lemme 1 du théorème 2.3 de[6]
montre que l’on a v =-m
+4(m - 1)/8
mod4p.
Si p =0, (-m) E I2Pf’ car f = (4)
dans ce cas;si 03C1 = 1 et - m ~ -1
mod16,
on a aussi(-m) ~ I2Pf;
enfin si p = 1 et - m = - 9 mod16,
on a v ~-m
+ 4~ -3-m mod f,
et(3-m) ~ I2Pf.
D’où le lemme dans ce cas, defaçon analogue.
Il reste à trouver un
système
dereprésentants
dek S/03A9.
Si U
(resp. Uf ) désigne
l’adhérence dans C deks (resp. k f),
on avo
étant,
selon le cas, l’un des nombres1,
2 +-m, m ou 3 m
dulemme 4. On considère alors la suite exacte suivante induite par
l’applica-
tion
log (où
tordésigne
la2-torsion):
l’expression
delog
U est donnée par le tableau 1 de[6],
et onpeut
de même déterminerlog Uf facilement, puis
log V = (log ll , ... , log ln,, log v0> + log Uf +
2log
U.Ensuite,
pour trouver desreprésentants
u1,..., us tels queU = u1,..., uS>V,
on utilise la suite exacte
précédente compte
tenu du fait que torU/tor V
est trivial sauf si 2 est
décomposé
dansk/Q, auquel
cas ce groupe estd’ordre
2;
les résultatscorrespondants
constituent le tableau A ci-dessus(dans
cetableau,
les groupes delogarithmes, log U, log V,
sont caractérisés par uneZ 2-base
à deuxéléments).
5)
Calcul dessymboles
Ayant
déterminéÂ
comme noyau del’application c1,
... , cr,(u1),..., (us)>I2Pf/I2Pf ~ log J 12 log I,
et écrità = b1,..., bt>I2Pf,
il reste à calculer les
symboles
suivants:(-1 b). 7),
pour l EREMARQUE:
Si a est un nombre rationnelimpair étranger
à b eI,
alorsb N b),
où Nbdésigne
la norme absolue de b et( )
lesymbole
deJacobi
usuel;
d’où lesrègles
que nousrappelons:
(i)
On a(-1 b) = (-i)(Nb-1)/2.
(ii)
parréciprocité quadratique,
on a(l b) = (-1)(l-1)(Nb-1)/4(Nb l);
(iii)
le calcul de( x+
s’effectue defaçon analogue après
avoirtrouvé
13 E
Z tel quem 13
mod b : on est ramené à calculerSi un
symbole (a b)
nepeut
se calculer parce que a n’est pasétranger
àb,
onpeut
modifier a modulok 2
pour le rendreétranger
à b.Les éléments universels ul, ... , u, du tableau A
peuvent
être modifiés modulof,
notamment pour faire en sorte que lessymboles (a b)
soienttous définis sans avoir à modifier les éléments a.
6)
Conclusion etexemples.
L’ensemble des résultats obtenus
peut
s’énoncerglobalement
de lafaçon
suivante:
THÉORÈME 2.2: Soit k =
Q(-m),
où m est de laforme l1 .. ln
ou211...1n’
n1, ll, ... , ln premiers impairs
distincts. Soient c,..., c r des idéauximpairs représentant
le2-groupe
des classesI/P
dek,
et soient(u1),..., (us)
des idéauxprincipaux impairs représentant P/Pf(P
nI2).
Soient
alors b1, b,
t des idéauximpairs
telsque (b
1,..., bt> = {b ~ c1,...,
Cp(u1),..., (us», log b
E 2log il. Enfin
soitR’ = - 1, l1,..., ln-1>
si p =0, R’ = - 1, ll , ... , ln -1’
X+ -m> (OÙ- m
=x2 - 2y2
dansZ )
si p = 1.Alors,
un élément a 0’ tel quek(2, a° )
soit la sous-extension bi-quadratique
sur k contenue dans lecomposé
desZ2-extensions
dek,
estdonné par
1 ’uniqul’
élément non trivial a o de R’qui vérifie ( Ú 0) 1
=1,
pourtout i =
1,
..., t.NOTE: Pour l’utilisation
pratique
de cethéorème, rappelons
que p = 0 ou1 est
égal
à 1 si et seulement siII
~ + 1 mod 8 pour tout i =1,
..., n, que les éléments Ul,... , us sontdonnés,
une fois pour toutes, dans le tableauA,
ainsi que leurslogarithmes.
EXEMPLE 1: Soit k
= Q(-1155) = Q(-3.5.7.11 ),
dont le groupe des classes estcl3, cl5, cl7> ~ (Z/2Z)3.
On a immédiatementlog I
=1 2 log 3, 1 2 log 5, ! log 7)
+log
U =log
U =(2)
~(2-m)
dans C =O2(0);
d’où 2log I
=(4)
~(4-m).
Le tableau Aindique qu’il
fautconsidérer le groupe
d’idéaux (13, 1 s, 7, (-m), (2
+-m)> =
(13, 5, 7, 35711, 1961) = (13,15, 7, 11, 1961>;
on calcule leslogarithmes
de ces idéaux modulo(4)
~(4-m):
ce
qui
fait que l’ontrouve b1
=1315, b2 = 7, b3
=311. Ici, R’ = -
1, 3, 5, 7),
d’où le tableau dessymboles (a b):
D’où ao = 35 et
7V == k(2, 35).
EXEMPLE 2 :
Soit k = Q(-161) = Q(-7.23);
on vérifie que Cl =cl3, cl7>
=Z/8Z
XZ/2Z, cl3
étant d’ordre 8 etcl7
d’ordre 2. Onvérifie que
log 13 = 1 8 log(80
+-161)
etlog l7 = 1 2 log
7 sont danslog
U =(4)
~(2
+2-161),
d’où 2log 1
=(8)
~(4
+4-161).
On estdans le cas -m ~ -1 mod 16 et
03C1 = 1
du tableauA;
on a donc à considérer le grouped’idéaux 3, 7, (2
+-161 ), (2 - -161)> = 3, 7, 3511, !3l5Ïn).
ce
qui donne b1 = 7511 et b2 = 33511.
On a iciR’ = -1, 7, 1
+
-161>;
d’où le tableau dessymboles (a b):
EXEMPLE 3: Soit k ---
Q(-l),
1premier, - l = - 7
mod 8. On a Cl =(1),
et 2
log I
= 2log
U =(8)
~(4
+4H);
comme p =1,
le tableau A con-duit à considérer le groupe
d’idéaux (1
=(-l), (2
+-l), (2 - -l),
et on obtient
facilement b 1(4
+l)
si - l ~ -7 mod16, b
= 1 si-l ~ -15 mod 16. On a
R’ 1, x + -l> (où -l=x2-2y2,
ximpair,
ypair):
D’où
(x + -l (4 + l) = (x l)
dans ce cas.Si x +
-l
et 2 ±R
ne sont pasétrangers,
on vérifiequ’il
suffit demodifier 2 ±
-l
modulo 8 et les calculs sontidentiques.
(ii) cas -l ~ -15
mod 16. On a(-1 ) = (-1 i) = -1
et on aEn
conclusion,
si k =Q(-l),
1premier,
l ~ 7 mod8,
on aBibliographie
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(Oblatum 19-VIII 1983) Georges Gras
Université de Franche-Comté-Besançon
Faculté des Sciences, Mathématiques
E.R.A. au C.N.R.S. N°070654 F-25030 BESANÇON Cedex
France