Miniprojet d'analyse numérique du cours MAP 431
Sur une conduite hydraulique déformable
Proposée par I. Fasiello (d'après une idée de Formaggia et al. [2]) [[email protected]]
I. Présentation du modèle
Le flux d'un fluide incompressible de densité ρ dans une conduite hydraulique avec parois élastiques est un intéressant phénomène de propagation.
On considère une conduite cylindrique de section au reposA0
( )
x , ou x est la coordonnée le long de l'axe de la conduite.A cause de la déformabilité de la conduite, la section se déforme selon les conditions du flux et donc son aire A
( )
x, varie à la fois en temps et en t espace.Cette conduite est parcourue par un fluide avec un débit volumiqueQ
( )
x, . t On suppose que la vitesse u est constante dans toute section axiale, donc( )
x t uA( )
x tQ , = , .
La différence entre la pression du fluide à l'intérieur de la conduite (sans tenir compte de la composante hydrostatique due à l'action de la force de gravité) et la pression externe est P
( )
x, , qui est responsable de la t déformation de la conduite, c.àd. du fait que A≠ A0en présence du fluide.On suppose en outre que le fluide est peu visqueux, donc les effets de viscosité sont présents seulement près des parois de la conduite et ils peuvent être formalisés comme un terme de résistance au mouvement (résistance de frottement).
On suppose que les parois de la conduite hydraulique sont élastiques et que les déformations sont petites. La loi de Poisson pour les tuyaux sous pression conduit à la relation suivante entre P et le diamètre d du tuyau:
d P d Esd− =
0
0 ,
où E est le module de Young du matériau dont la conduite est construite, et s est son épaisseur.
II. Formulation du modèle mathématique
Question 1 (facultative). Supposer que l'on puisse linéariser le problème dans un voisinage de A= A0et u=q, où q est la vitesse moyenne du fluide dans la conduite. Formuler un système d'équations différentielles des seules variables A et Q.
Remarque. P représente, au terme soustractif près de la pression externe Pe
(une valeur constante, souvent considéré nulle), la pression dans la conduite sans le terme hydrostatique, donc la valeur réelle de la pression dans la conduite estPc =Pe+ρgH, où g est l'accélération de gravité et H =H
( )
x est la position le long de la conduite.II. Analyse mathématique
Les équations différentielles qui régissent le mouvement du fluide dans la conduite sous les hypothèses précédentes sont:
0
∂ = +∂
∂
∂ x Q t A
2 0
=
∂ + + ∂
∂ + ∂
∂
∂ K Q
x P A A Q x t Q
ρ r
où Kr est le coefficient de frottement qui représente les effets visqueux (que l'on assume constant) et ρ est la densité du fluide (constante aussi).
Le problème que l'on veut examiner est caractéristique des conduites forcées quand on ferme la valve aval. L'inertie de la masse fluide dans la conduite provoque une augmentation de pression qui se transmet à partir de la valve aval et se propage le long de la conduite jusqu'à l'extrémité amont, où elle est en partie réfléchie sous forme d'onde de dépression qui se propage vers
l'aval pour être à nouveau réfléchie, etc. En réalité, même le flux Q subit des oscillations.
Pour l'analyse demandée, on peut considérer P comme inconnue et ignorer le terme hydrostatique, qui pourra être ajouté ensuite, si nécessaire.
Question 2. Ecrire le système dans la forme quasilinéaire suivante:
b w w
w + =
∂ + ∂
∂
∂ H K
x
t ,
où w est le vecteur des inconnues
[
A,Q]
T, H, K sont deux matrices de R2×2 de coefficients et b est un terme de forçace.Remarque. Dans le cas de conduites hydrauliques, l'erreur commise approximant u avec q est petite par rapport aux autres termes, donc on suppose que cette approximation est acceptable pour linéariser le terme d'inertie.
Question 3. Caractériser ce problème et indiquer des conditions de bord appropriées. En particulier:
(3.1) Spécifier s'il s'agit d'un problème elliptique, parabolique ou hyperbolique.
(3.2) Calculer les valeurs propres de la matrice H et en déduire les conditions de bord appropriées.
Question 4. Diagonaliser le problème dans le cas Kr =0 et b=0.
Remarque. Comme on connaît les vecteurs propres à une constante multiplicative près, on impose que l1 = l2 =1, où l1 et l2 sont les vecteurs propres à gauche de H: T i i
i l
l H=λ . Les conditions initiales seront alors
données par
=
0 0 0
, Q
wi lTi A (i=1 ,2), qui sont les variables caractéristiques
du problème.
Question 5. Etudier la stabilité du système sous des conditions au bord non réfléchissantes et b = 0. Introduire la norme ( ) =
∑
( )i i L L
L
L20, m 220,
M pour
une notation plus compacte et donner les conditions sur les données initiales et les conditions au bord sous lesquelles on peut vérifier la stabilité. On pourra supposer les variables régulières.
III. Approximation numérique
Question 6. Utiliser le schéma de LaxWendroff avec un maillage de N nœuds et un pas constant h sur l'intervalle [0, L], où L est la longueur de la conduite.
Question 7. Indiquer la condition CFL pour le schéma construit dans le cas où les valeurs propres sontλ1 >0et λ2 <0.
IV. Simulation numérique
Question 8. (Implémentation SCILAB) Résoudre le problème d'une conduite hydraulique de 100m avec des propriétés élastiques telles que
s m 2 =30
= ρ
c Es .
Quand la conduite est en régime normale, elle a un débit Q=8m3 s, la vitesse moyenne du fluide est q=8m set la section moyenne est de 1m2. Considérer deux cas:
1. la fermeture de l'extrémité aval est lente (10s);
2. la fermeture de l'extrémité aval est rapide (0.5s), en cas d'urgence.
Supposer que le débit de sortie Qs ait une variation linéaire en temps.
Remarque. On veut calculer P, c.àd. la différence par rapport à la pression en régime normal Pr, donc il faut d'abord estimer Pr (toujours sans la composante hydrostatique). La valeur de P pourra alors être approximée par
(
0)
2
* c A A
P = − (pour un calcul approximé de P, on pourrait linéariser la relation initiale issue de la loi de Poisson). Supposer que le coefficient de frottement soit Kr =0.1s−1et que dans la section amont il y ait un réservoir qui maintient P nul.
Références
[1] G. Alllaire, Analyse numérique et optimisation, Publications Ecole Polytechnique, 2005
[2] L. Formaggia, F. Saleri, A. Veneziani, Applicazioni ed esercizi di modellistica numerica per problemi differenziali, Springer, 2005