A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
D AVID N UALART
Une formule d’Itô pour les martingales continues à deux indices et quelques applications
Annales de l’I. H. P., section B, tome 20, n
o3 (1984), p. 251-275
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Une formule d’Itô
pour les martingales continues à deux indices
et quelques applications
David NUALART
Departament d’Estadistica, Facultat de Matematiques,
Universitat de Barcelona, Gran Via 585, Barcelona 7, Spain
Ann. Inst. Henri Poincaré,
Vol. 20, n° 3, 1984, p. 251-275. Probabilites et Statistiques
RESUME. - On montre une formule de differentiation d’Itô pour les
martingales
continues arbitraires a deux indices. Commeapplication
ondeduit l’existence et continuite du
temps
local de cesmartingales
parrapport
a une certaine mesure aleatoire.Finalement,
on obtient une ine-galite
maximale pour desintégrales stochastiques
en une coordonhee.ABSTRACT. - An Ito differentiation formula is
proved
forarbitrary two-parameter
continuousmartingales.
As anapplication
we deduce theexistence and
continuity
of the local time of thesemartingales
withrespect
to a
particular
random measure.Finally
we obtain a maximalinequality
for stochastic
integrals
in one coordinate.0 INTRODUCTION
On a montre recemment
(cf. [9])
l’existence d’une version continue de la variationquadratique
d’unemartingale
continue a deux indices. SurCe travail a ete realise grace a une subvention de la « Comissio Interdepartamental de
Recerca i Innovacio Tecnologica » de la « Generalitat de Catalunya ».
. Annales de l’Institut Henri Poincaf-e - Probabilités et Statistiques - Vol. 20, 0246-0203 84/03/251/25/$ 4,50/~) Gauthier-Villars
la base de ce resultat on se propose de donner ici une demonstration d’une
« formule d’Ito » pour les
martingales
continues a deuxparametres.
Cetteformule a ete
deja presentee
par L. Chevalier dans[3 ],
sousl’hypothèse
que toute
martingale
de carreintégrable
relative a la filtration consideree admet une version continue. Notre methode de demonstration estlegere-
ment
différente,
etant donne que, dans le cas d’une filtrationquelconque,
on ne sait pas
approcher
unemartingale
continue bornee dansLP,
avecp >
2,
par desmartingales
continues et bornees. Commeapplication
de la formule
d’lto,
on obtient l’existence et la continuite d’untemps
local de cesmartingales,
défini comme la densited’occupation
par rap-port
a une certaine variationquadratique
de lamartingale.
Dans un der-nier
paragraphe
on etablit uneinegalite
maximale pour lesintegrales stochastiques
de la forme1 . NOTATION
L’espace
deparametres
sera lequadrant positif
duplan f~ + ,
muni dela relation d’ordre usuelle :
(s, t ) (s’, t’)
si et seulement si s s’ et t t’.On note
(s, t ) (s’, t’)
si s s’ et tt’,
et on ecrit[o, s ]
x[0, t ].
Etant
donnés z 1 z2, ondesigne
par(zi, z2 ] le rectangle {
z : z 1 zz2}.
L’accroissement d’une fonction
f : R§ - R
sur unrectangle (z l, z2 ],
Zl =
(sl, tl),
z2 =(s~, t2)
seraindique
parOn
écrit (s, t) - max { t |},
pour toutpoint (s, t)
de!R2.
On
appellera
subdivision d’unrectangle Rst
tout sous-ensemble fini Y deRst
de la forme F =P1
x ouP1 = { 0 = si
s2 ...[0, s)
...
tq}
c[0, t ). Pour tout point u = (si, tj) dans F
on posera
et
avec la convention sp + 1 = s et
tq + 1
= t. L’ensemble des subdivisions deRS~
est muni de l’ordre défini par l’inclusion. Si i7 est une subdivision de
Rst
et z
E Rst,
ondesignera
pari7~
laplus petite
subdivision contenant ~ et Annales de l’Institut Henri Poincaré - Pro babilités et Statistiques253
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
le
point
z. On ecrirai7~ == { z’
E!/z :
z’z }.
La norme d’une subdivi-sion ~ est le nombre
Soit
(Q, ~ P)
un espace deprobabilité complet,
surlequel
on se donneune famille
croissante {Fz,
z ER2+}
desous-03C3-algèbres
de F. On ecritFs~
=Fsy
etF~t
= On suppose que la familleFz
y>_ 0 x>o
vérifie les conditions habituelles de
[2] : (a) :#’00
contient les ensemblesnegligeables de F, (b) Fz
est continue adroite,
et(c)
etsont
condi- tionnellementindépendantes
parrapport
aFst,
pour toutOn dira
qu’un
processus M= { M~,
z E~ } intégrable
etest une
martingale
si pour tous z z’ on a( Gz)
=Mz.
Pourchaque
p >
1, representera
la classe desmartingales
continues nulles sur lesaxes et bornees dans
LP, c’est-a-dire,
telles que supE( p)
~.Etant
z
donnee une
martingale M,
ondesignera
parM.t
etMs.
lesmartingales
a un
paramètre { Mst,
s >0 } et {
> 0}, respectivement.
On dira
qu’une martingale
M estforte
siE(M((z, z’])/:#’soo
pour z
z’,
avec z =(s, t ).
Soit M unemartingale
de On dira que M est a accroissementsorthogonaux
dans le sens 1 si pour tous 0 ti - t2,on
a M~ 2014 M.ti, M’tl > ==
0. Lesmartingales
a accroissements ortho- gonaux dans le sens 2 ont une definitionanalogue
et, on dira que M est a accroissementsorthogonaux
si elle l’est dans les deux sens.Finalement,
ondira que M est i. d. c.
(a
variationindépendante
duchemin) si M.t >s == MS. >t
pour tout
(s, t) E
Toutemartingale
forte de est a accroissementsorthogonaux
et toutemartingale
a accroissementsorthogonaux
est i. d. c.Les
implications reciproques
ne sont pas valables engeneral (cf. [7]).
Les notions
qu’on
vient d’introduirepeuvent
etre localiseesmoyennant
la definition deregion
d’arret. Onappelle region
d’arrêt tout sous-ensemble aleatoireprogressif
ferme D x Q tel que siz E D,
alorsR~
c D.Soit G une classe de processus. On
designera
par la classe des pro-cessus X pour
lesquels
existent une suite Xn de processus de la classe F et une suite croissanteDn
deregions d’arret, vérifiant U Dn
=telles que, pour tout
entier n,
on aitXz
=XZ
si zappartient
aDn.
Par
exemple,
onpeut
considerer les espaces demartingales
localesChevalier a montre dans
[3 ] que
ces espaces coincident pour tout p >1,
sousFhypothese
que toutes lesmartingales
de carreintegrable
soient continues. On ne sait pas si ce resultat reste vrai en
general.
Vol. 20, n° 3-1984.
Si M est une martingale de m2c, on désignera par m>={m>z, z~R2+}
une version continue de la variation
quadratique
de M.(cf. [9 ]).
Le pro-cessus M )
estcroissant, c’est-a-dire,
il estadapte,
nul sur les axes etM > (A) >
0 pour toutrectangle
A =(z 1, z2 ].
Soit H== { H~
zeun processus
previsible
tel quep. s., pour tout
(s,t)
E Suivant la methodeproposee
par Cairoli dans[7] ]
on
peut
définir1’integrale stochastique
.
de
façon qu’elle
soit un processus de la classe Ces resultats ont uneextension immediate aux
martingales
M de la familleOn
designera
par C une constante universellequi peut
varier d’une for- mule a une autre.2. UNE FORMULE DE
DIFFERENTIATION D’ITÔ
Soit M une
martingale
de la classe~.
Nousrappelons
d’abord la versionsuivante du theoreme de
decomposition
deDoob-Meyer, qui
a ete etabliedans
[9 ] :
-ou M est une
martingale
continue et les variationsquadratiques ( Ms. B, ( et ~
M~st
ont aussi des versions continues. Commegeneralisation
de cette
decomposition
on a le resultat suivantqui
est une extension dela formule d’Itô
classique.
THEOREME 2.1. - [R une fonction de classe
~4,
nulle en0,
et soit M une
martingale
del’espace Alors,
pour tout(s, t )
E[R
on aAnnales de /’ Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES 255
Notons d’abord que par un
argument
de localisation onpourrait
montrerune extension de ce theoreme aux
martingales
de la classe Avant de donner la demonstration du theoreme nous allons etablirquelques
lemmespreliminaires.
LEMME 2 . 2. - Soit X
= ~ X(z),
z E~~ }
un processus continu etadapte
et M une
martingale
de~.
On fixe unrectangle
T =Rst
et une suite crois- sante [f/n de subdivisions deT,
dont le pas tend vers zero.Alors,
pour toutDémonstration. -- Pour tout entier
positif
k on écrit :Posons
Dk == {M : sup
Fixe un nombre s >0,
onpeut
zeT
choisir k de
façon
queP(Dck)
e.Alors,
en utilisant le caractère local de1’integrale stochastique,
on auraou
X~
est le processusprevisible
élémentairequi
vautXk(u)
dans tout_
rectangle Au
de lapartition
Lapropriete
de continuité du processusXk
entraine lim
(Xnk(M) 2014 Xk(u))2 - 0,
et on acheve la demonstration moyen- nant unargument
de convergence dominee. DLEMME 2.3. - Sous les
hypotheses
du lemmeprecedent,
si la martin-gale
Mappartient
a la classe on aVol. 20, n° 3-1984.
Démonstration. - En utilisant le lemme
2 . 2,
il suffit de montrer la limite suivante‘.c’ ‘~
Z
Avec les mêmes notations que dans la demonstration du lemme
2.2,
on obtientet on finit la demonstration en
appliquant
le lemme 3 . 2 de[9]. D
LEMME 2.4. - Sous leshypotheses
du lemme 2.2 on aau sens de la convergence en
probabilite.
Demonstration. - Par un
argument standard, qu’on
adéjà employé
dans la preuve des deux lemmes
precedents,
onpeut
supposer que le pro- cessus X est borne en valeur absolue par une constante k > 0. Pour toutpoint
U E Fn et pour m > n posons ym n[u, u).
En utilisantle
theo-reme 3 . 4 de
[9 ],
on obtientAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
257
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
Dans ces
expressions,
lerectangle 0394u
est défini relativement a la subdivi- sion tandis que lesrectangles LBu’
etLBu"
sont associes a la subdivi- sion Si u =(si, tj) représente
unpoint generique
de la subdivisionyn,
on
designera
par u’ = unpoint generique
de On ecriraAlors, (2.6)
est borne par11 faut montrer que chacun des
termes ai
tend vers zeroquand n -
oo,uniformement par
rapport
a m. Les deuxpremiers
termes contiennent des sommes des differences demartingale
et onpeut appliquer 1’inegalite
de Davis pour les
martingales
discretes a deux indices(cf. [5 ]) :
Alors,
on obtient lim sup a2 =0,
a l’aide du lemme 2 1 de[9 ].
Il nousn m>n
Vol. 20, n° 3-1984.
reste a etudier la convergence des termes a3 et a4
qui
font intervenir des 1 et2-martingales, respectivement.
Nous allons considerer seulement le terme a3, etant donne que les calculs pour leterme
a4 sont tout a fait ana-logues.
On a lesinegalites
suivantes :Le
premier
terme dans cette somme tend vers zeroquand n -
oo, unifor- mement parrapport
a cause du lemme 2 .1 de[9 ].
Le deuxieme termevérifie aussi cette
propriété
de convergence. Eneffet,
en utilisant le lemme 2.2 de[9 ],
on obtient lesmajorations
suivantes :LEMME 2. 5. - Sous les
hypotheses
du lemme 2. 3 on aAnnales de I’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
259
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
et
au sens de la convergence en
probabilite.
Démonstration. -
Rappelons
que leprocessus M,
est définicomme 1 2 ( ‘ M + M> - M> - M> ).
En consequence,
le lemme 2 . 4
entraine
et pour montrer
(2. 7)
il suffit de prouver la limitesuivante,
enprobabilite
On
peut
supposer que le processus X est borne et alors cette limite decoule du lemme 3 . 2 de[9 ] et
del’inégalité
suivante :De la même
facon, (2.8)
est uneconsequence
del’inégalité
Demonstration du théorème 2.1. - On
applique
d’abord la formule d’!tô à t fixe et on obtientIl
s’agit
alors d’étudierl’intégrale stochastique
Vol. 20, n° 3-1984.
On considere une suite croissante
~={0=~~~
...~}c=[0, s)
de subdivisions de l’intervalle
[0, s] dont
le pas tend vers zero.Alors,
ausens de la convergence en
probabilite
on aNous allons
analyser separement
chacun de ces termes. Soitune suite croissante de subdivisions de l’intervalle
[0, t ]
dont le pas tendvers zero.
Alors, compte
tenu des lemmes 2.2 et2. 3,
on aet
Le troisieme terme
peut
s’ecrire de lafaçon
suivanteAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
261
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
a cause du lemme 2.4.
Alors,
il nous reste a etudierl’expression
suivanteou
01 designe
un nombrecompris
entreM(si, t~)
etM(si+ 1,
La valeurde cette limite est
En
effet,
le deuxieme et le troisieme termeconvergent
vers cesintégrales
du au lemme 2. 5 et les autres termes tendent vers zero a cause des
majo-
rations suivantes
et
Dans les formules ci-dessus Ie
point
u varie dans la subdivision~
x~2 .
D
Vol. 20, n° 3-1984.
.
REMARQUE 1. - Il existe une version
multidimensionnelle
du theoremeprecedent.
SoientM.1,
... ,Md
desmartingales
dem4c (ou, plus generale-
ment
de m4c,loc)
et soitf : IRd
~ IR une fonction de classecø4
nulle en zero.On ecrira
MiMj
=1 2
[(Mi+Mj)-Mi-Mj], etM=(M1,
...,Md). Alors,
nous avons
On
pourrait
aussi ecrire une formule d’lto pour des processus de la forme M + V ou M est unemartingale
V est un processuscontinu, adapte,
a variation finie et nul sur les axes. Pour cela il faudrait donner un sens aux processusViVj(voir
la remarque3)
et Plusgéné- ralement,
onpeut ajouter
a M + V des termes dutype M
1 +M 2 qui
soientdes
i-martingales
propres(i
=1, 2)
au sens deWong
et Zakai(cf. [12]).
Nous n’allons pas
developper
ici ces extensions de la formule d’lto.REMARQUE
2. -Supposons
que M est unemartingale
a accroissementsorthogonaux
dans le sens 1(ou
dans le sens2)
de la classe La for- mule(2. 7)
avec X = 1 entrainealors ( M, M )>
= 0. Onpeut
montrerun resultat un peu
plus
fort dans le cas de la filtration~Z
associee a un pro-cessus de Wiener a deux indices W Plus
precisement,
dans cette
situation,
unemartingale
M i. d. c.(qui
n’est pas forcementAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES 263
a accroissements
orthogonaux) vérifie M, M )
= 0. Eneffet,
considerons larepresentation intégrale
de lamartingale
M :On
peut
aussi ecrireou
et
avec z =
(x, y). Alors,
on salt que M est i. d. c. si et seulement si les deuxequations
suivantes sont vérifiées :/*s
~), 5y)~x=0,
pour tous(s, t, y,
xQ,
p. p.,(2 .10)
0
-t
I~ 1 ((s, y). ~)~y=0,
pour tous(s, t,
x, xQ,
p. p..(2 .11 )
0
D’autre
part,
onpeut
montrer queou h est le processus défini par
et on voit que
(2 .10)
et(2 .11)
entrainent h = 0.REMARQUE
3. - Soit M unemartingale
i. d. c. de On aAlors,
la variationquadratique
M secalcule, trajectoire
partrajec- toire,
en fonction de la variationquadratique ~
M Eneffet,
onpeut
enoncer le resultatgeneral
suivant. Onrepresentera par G
la classe desVol. 20, n° 3-1984.
fonctions
f : R§ -
Rcontinues,
nulles sur les axes et croissantes(au
sensde la
mesure).
LEMME 2 . 6. -
Soient f,
g dans ~. 11 existe uneunique
fonction h= fg
dans G telle que pour tout
(s,
et pour toute suite croissante f/n de subdivisions deRst
dont le pas tend verszero,
on aEn
consequence,
onpeut écrire M)> = (M ) ( M >
si M est i. d. c.Demonstration. On fixe m > n.
Alors,
nous avonsavec les notations
qu’on
aemployees
dans la demonstration du lemme 2 . 4.Alors,
si on considere un des termes de cette somme, parexemple
le pre-mier,
on obtientuniformement par
rapport
a m. La croissance et la continuite de la fonction hsont immediates. D
3. TEMPS LOCAL
D’UNE MARTINGALE CONTINUE
A
DEUX INDICES Commeapplication
de la formuled’lto,
nous allons etablir l’existence d’untemps
local continu pour unemartingale
M de~, qui representera
la densite
d’occupation
parrapport
a la mesure associee a la variation qua-dratique M).
Ce resultat est unegeneralisation
du theoreme 6.4 de Cairoli-Walsh[2].
Annales de l’lnstitut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
265
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
THEOREME 3.1. - Soit M une
martingale
de Il existe un processus{ (s, t ) e ~~
x continu en(s, t, x),
tel que pour presque tout (D on apour tout
(s, t) E
et pour toute fonction mesurable etbornée f
Demonstration. Soit gEx une fonction à
support compact
et de classecø4
telleque gIV~~(.) ~ ~-11[x,x+~](.),
ou on a fixe 8 > 0 et x E R. Onpeut appli-
quer la formule d’Itô a cette fonction et on obtient
Maintenant,
si on fait ~ ~ 0 on alim g’’’~~( y)
= 1 (x, ~)( y), g"~~( y) _ (
y -x) +,
lim
y) - _ 1 [(
y _x) + ] 2
ety) _ - 1 [(
y -x) + ] 3.
Il est facile de2 Eo 6
voir que toutes les
integrales
du membre droit del’égalité (3 . 2) convergent
en
probabilité quand ~ ~
o. Enconsequence,
au sens de la convergence enprobabilite,
on peut ecrireOn
designe
cette limite parI~ t .
Pour tout x fixe ce processus est continuen
(s, t),
p. s. Nous allons montrerqu’il
a une version continue en(s,
t,x).
Vol. 20, n° 3-1984. 10
Compte
tenu de la continuité desprocessus (
M>st, MS. >t et M.t >s,
il suffit d’étudier la continuité des trois
intégrales
suivantes :i ) M,
La continuité en(s,
t,x)
de cetteintégrale
résulte de
l’inégalité
et du fait que
.
pour tout
(s, t, x).
Eneffet,
si onprend
une fonctionhex
de classe~~,
asupport compact
et telle queh~(.) ~ 1~.,~+,](.), moyennant
la formuled’Itô on montre aisement que
ii )
Fixé un entierpositif
n on considère larégion
Rst
d’arrêt
En utilisant
l’inégalité
maximale pour lesmartingales
a deux indices onobtient,
pour toutpoint
zo E et pour x, y e[ - a, a ]
Le critere de
Kolmogorov
nous dit alors que pour tout n le processusa une version continue en
(s, t, x),
cequi
entraine l’existence d’une version continue de1’integrale
-Annales de l’lnstitut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
267 UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
iii )
De la memefaçon
on démontrerait que1’integrale stochastique
a une version continue en
(s, t, x).
’
Finalement nous allons vérifier
Fegalite (3.1).
Pourcela,
soithex
unefonction de classe
~4,
asupport compact
et telle queSi on fait
0,
converge vers et les fonctionshEx
et
hEx
ont des limitesqu’on designera
parhx, hh, hi
ethx’, respectivement.
On
obtient, grace
a la formule d’ltoMais,
ou
et
aussi,
et
Alors,
on substitue cesexpressions
dans(3.3)
et onchange
l’ordre d’inte-Vol. 20, n° 3-1984.
gration
de chacune desintegrales.
Pour lesintegrales stochastiques
cechangement
est valable a l’aide d’un theoreme de Fubini facile a verifier.En
consequence,
on aDonc,
on a montre1’egalite (3.1) pour fey)
= II en découle que pour presque tout cv,(3.1)
est vraie pour toutes les fonctionsf
de la formeavec x 1 et x~ rationnels et un
argument
de classes monotones nouspermet
d’achever la demonstration du theoreme. DSupposons
que lamartingale
M dem4c vérifie M, M ~
=0.
Dans cecas, pour presque tout w, la fonction x - est Holderienne d’ordre a, pour tout a
1,
uniformement en(s, t ). C’est-a-dire,
si on fixe a1,
Zo E
(~ +
et a > 0 il existe une variable aleatoire H finie p. s. telle quepour tous x, ye
[ - a, a ].
Onpeut
ameliorerlegcrement
ce resultat sousdes conditions
plus
restrictives.PROPOSITION 3.2. - Soit M une
martingale
de avec p >4,
telleque ( M, M )
= 0.Alors,
la conditionest necessaire et suffisante pour
qu’il
existe une version dutemps
local derivable parrapport
à x avec une derivee continue en(s,
t,x).
Démonstration. On considère le processus défini par
Par
changement
de l’ordred’intégration
on obtient pour tous ab,
Annales de l’lnstitut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
269
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
En
consequence,
pour voir que(3.4)
est suffisante il suffit de montrer la continuité en(s,
t,x)
du processusi )
Lesintegrales stochastiques
ont des versions continues en
(s, t, x).
Cela decoule del’application
ducritere de
Kolmogorov,
comme dans la demonstration du théorèmepre-
cedent. Pour la deuxicme
intégrale,
on utiliseFhypothese M ~ mpc
avecp >
4,
et on obtient lesinegalites suivantes,
pour x y, x, ye[ - a, a] ]
Il est facile de
voir,
apartir
del’expression
dutemps
localIJ:t
quesup oo, pour tout
(s, t).
XE[ - a,a]
ii )
La derniereintegrale
de(3 . 5)
est continue en(s, t, x)
a cause dela condition
(3.4).
Il reste seulement a etudier lesintegrales simples.
Nousallons montrer, par
exemple,
la continuite en unpoint
fixe(s, t, x)
de 1’inte-grale
On écri t
Le
premier
terme tend vers zeroquand t’
- t parce que les mesuresd ( M.t, B convergent
faiblementvers d M_t B
et la fonction u - Vol. 20, n° 3-1984.est continue
saufdans { Mut == ~ }, qui
est un ensemble de mesurenulle. On fixe 03B4 >
0,
etpour - t |et| |x’-x| suffisamment petits
on aet cette
expression
tend vers zeroquand 03B4 ~
0.Enfin,
le dernier terme est borne parPour montrer que la condition
(3.4)
estnecessaire,
notons que si x ~a une derivee continue en
(s, t, x),
celle-la doit coincider avec le processusl t.
D’apres
lesarguments
ci-dessus la continuite en(s, t, x)
de ce processus entrainepour tout x E R. D
Les
hypotheses
de laproposition
3.2 sontremplies,
parexemple,
par lesmartingales
browniennes i. d. c., depuissance p integrables,
avec p > 4.On
peut conjecturer,
engeneral,
que toutemartingale
de~~
vérifie lapropriété (3.4),
cequi
serait vrai si ondisposait
d’untemps
local continu de lamartingale
Mpar rapport
a la variationquadratique ~ M ~.
Il nesemble pas convenable d’utiliser la formule d’Itô pour trouver ce
temps
local et nous n’avons aucun resultat sur son existence.Cependant,
ilpeut
exister etpresenter
dessingularites
comme dansl’exemple
suivant.Exemple.
-Soient {B1t,
t >0} et {B2t,
t >0}
deux mouvementsbrowniens
independants
et considerons lamartingale Mst
=B; B;
parrapport
a la filtrationproduit
usuelle. Ona (
M~St
= st et pour toute fonctionf
borélienne bornee onpeut
ecrireou
L 1
etL~ designent, respectivement,
lestemps
locaux deB 1
et deB~.
Annales de l’lnstitut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
271
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
,
Alors,
lamartingale
M a untemps
local parrapport
a la mesure deLebesgue
donne par
Ce
temps
local est une fonction continue de(s, t, x)
pour x # 0 et st ~0,
mais pour tout
(s, t ), 0,
on a limL:t
= 00.x~o
Dans le cas du
drap brownien {Wst, (s, t )
ER2+}
on connait des resultatssur l’existence et
regularite
de sontemps
local parrapport
a la mesured (
W~St
= dsdt(cf. [10 ]).
On obtient cetemps
local parintegration
destemps locaux des
martingales
a unparamètre W.t
ouWs..
Engeneral,
nous ne savons pas s’ils existent des versions continues en
(s, t, x)
destemps
locaux desmartingales
a unparametre M.t
etMs.,
avec M E~.
Onpeut
enoncer le resultatpartiel
suivantqui
decoule immediatement des travaux de M. Yor[13 ].
PROPOSITION 3.3. - Soit M une
martingale
de la classe2,
telle que
E( M(s,
avec~,p
>4,
pour tous s, ti, t2 E[0, T]. Alors,
il existe une versionL~(.s, t )
continue en(s, t, x)
des
temps
locaux desmartingales M.t .
Enplus,
pour tous T >0, a
> 0 ety E
o, - - -
t il existe une variable aleatoire finie telle que pour2
p. ,
tous ti ,
t2 E [0,T ]
et pour tous x, y E[ -
a,a] ]
ou 5 ==
(x - y)2
+(t 1 - t2)2 .
Les
hypotheses
de laproposition
3.3 sont satisfaites pour toute mar-tingale
M de~p
avec p > 8 telle que la variationquadratique M >z
a une densite mesurable
g(z,
parrapport
a la mesure deLebesgue,
vérifiant sup 00.
zE[O,T] 2
4. UNE
INEGALITE
MAXIMALEPOUR CERTAINES
INTEGRALES STOCHASTIQUES
On considere une
martingale
M de la classe~.
Pour toutefonction f :
R - R de classe
cøz
ou définitVol. 20, n° 3-1984.
ou T =
[0,
1]2.
Alors nous avons le resultat suivantPROPOSITION 4.1. - Pour tout A >
0,
ou C est une constante universelle.
Démonstration. On ecrit d’abord
On
prend
une suite croissante~1
de subdivisions de l’intervalle[0,1 ]
dontle pas tend vers zero.
Alors,
ladecomposition (2 . 9)
obtenue dans la demons-tration du théorème
2.1,
nouspermet
d’ecrireou la limite est au sens de la convergence en
probability.
Les
inegalites
maximales pour lesmartingales
a deux indicesimpliquent
et
D’autre
part,
on considere une sous-suite pourlaquelle
la limitepre-
Annales de l’lnstitut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques
273
UNE FORMULE D’ITO POUR LES MARTINGALES CONTINUES
cedente existe pour tout t E
Q
n[0,1 ],
presque surement.Alors,
onmajore
le supremum en t par la variation totale et on obtient
ou
~2 == { 0
= ti ...tq ~
m[0,1) represente
une suite crois-sante de subdivisions de
[0,1 ] dont
le pas tend verszero,
et pour touton a considéré aussi une suite croissante
Rn2,j = {tlj}
de subdivisions de[tj, tj+1],
aveclim I =
0. On a ecrit u =(si, tlj). Alors,
enutilisant
rinegalite
deBurkholder-Davis-Gundy,
on a lesmajorations
suivantes.
A cause du lemme
2.5,
cela converge versVol. 20, n° 3-1984.
quand
n’ -U
0et I !
0. De la mêmefaçon,
enappliquant
de nouveau
1’inegalite
deBurkholder-Davis-Gundy,
on deduitFinalement,
cette derniereexpression
converge versgrace
au lemme 2.4. DSi
f:
R - [R est une fonction continuementdifferentiable,
onpeut
montrer a l’aide de la formule d’Itô a un
indice, qu’il
existe une versioncontinue en
(s, t )
de1’integrale stochastique
La
proposition precedente
assure cette continuite pour les fonctionsf
del’adhérence de
cø2
par la normeBIBLIOGRAPHIE
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(Manuscrit reçu le 30 septembre 1983)
Vol. 20, n° 3-1984.