La grotte du Pas de Coulet nO 1 à Trèves (Gard)
G. Fages*
et A. Bonhaure **
La grottedu Pas de Joulié,célèbre gisement pa- léontologique et préhistorique, a éclipsé sa petite voi- sine du Pas deCoulet pourtantconnue des spéléolo- guesdepuis 1951.C'est en effet au 10septembre de cette année queremontel'envoi auservice du BRGM d'unefiche destinéeàalimenter le Répertoire spéléolo- gique.Sonrédacteur,M. Ch. Frayssignes,en donneun croquis de repérage, une brève description enrichie d'unplan et d'unecoupe(fig.1) et signaleàla rubrique observations "grotte ayant servi de nécropole, osse- mentshumains et débrisdepoteries".Surle plan il porte remplacement de 2 crânes humains (1).
De1951à1953,l'unde nous (A.B.)fouillelazone antérieuredelacavité etconsigneses observationssur , unprécieux camet duquelnoustirons leplandesitua- tionde l'essentieldesvestigesarchéologiquesrencon- trés,(fig.2).M.J.Rouquayrol intègre ceplanet ledes- sin d'une partie du mobilier dans son Mémoire de Maîtrisesur la Préhistoire du CausseBègonet de ses marges (2).
Jusque là, il est question de la grotte du Villaret, nomdu hameaubâtipresque au fond dela vallée du Trévezelà moinsde 500 màl'Est dubourgdeTrèves, ou, quelquefois souslaplumedufouilleur,dela grotte du Pasde JouliénO2.En 1980, suiteàladécouvertedu fabuleuxréseau souterrain deBaumeLayrou,leSpéléo- club des Caussesentreprend laprospection et l'inven- taire systématique des manifestations karstiques du massifsédimentairedeCanayère-Espruniers.Elle prend alors lenom du lieu-dit oral suivi du numéro d'ordre : grotte du Pas de Coulet n°1 (3).
..4,LoI. desBois, 48500 La canourgue.
"La Couronne des Pins. 13400 Aubagne.
Le2novembre 1982 est organiséesur place une séancedetravail afin de localiserle.siteavecprécision, compléter les relevés topographiques et éventuelle- ment, les donnéesstratigraphiques ou observations di- verses(4).Quoiquemodeste,le résultat n'estpasinin- téressant. Aussi, il nous a semblé utile de faire la synthèse de l'ensemble des éléments sous la forme d'unecontributionconcisemaislargementdiffusée évl- tant ainsi à la grotte du Pas deCoulet nO1 et à son contenu archéologique de sombrer dans l'oubli.
Situation du gisement.
Administrativementilestsituésurleterritoiredela communedeTrèvesqui occupelafrangenorddu dé- partementdu Gard,àfaible distancedesdépartements de l'Aveyron et de laLozère. Le chef-lieu de la com- mune,baignéparleTrévezel, estdominéàl'Estpar un majestueux placage calcaire ceinturé d'une imposanle falaisedontles teintes claires sedétachent sur lefond vertdes versants et du plateau livrésà laforêt.Ilfaut chercher rentréedela cavitéau pieddelafalaisebajo- ciennedansle secteurSud-Ouestdu massif au-dessus deshaleesde la minede plomb maintenant abandon- née(5).C'est la limite dela forêtdomanialedel'Ai\loual et la zone périphérique du Parc Nationaldes Ceven- nes.
Description.
Un porcherelativementspacieux, 5 m delongueur pour 1,7m de hauteur et autant de profondeur, et confortalble,ouvertauSud-Sud/Ouest, seprolonge par une galerie unique au sol en pente douce vers l'inté-
1.Nousremercions vivement M.D.Andrépour ce renseignement.
2.Mémoire publié dans lesTravauxde l'Institutd'Ar!Préhistorique.UniversitédeToulouse-Le Mirail, XIX·1977,p.241·274,plusparticulièrement p.156-157 el 208·209.
3.Bulletin duSpèléo-Clubdes Causses,n°
4 ,
1981,p.52.Ilnous paraitsouhaitable deretenir cettedénomination attribuée aprèsune enquête de terrainet la prise en compte de toutes les cavités actuellement connues.4.M.P.Bonnet, Chefdu Secteur au ParcNational des Cévennes,acc ompagnéd'unstagiaireetM.L. Mirmanont participéàl'opération conduite
parG.F.
5.Coordo nnéesLambert111,zone Suddel'entrée:685,150-3197,760-860.Lesxetysontdonnésavecunemarg e d'erreur de plus oumoins50m.
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unecouche marron-ocre, compactée,voire indurée, af- fectée sembie-t-il d'un pendage constant en direction du fond. Les remarques qui précèdent sont valables pourle.secteur porche-première salle.A l'approchedu rétrécissement,lanaturedu remplissage évolue rapide- ment vers unpierrierinstable composéde pierraille,do- lomie émoussée et taraudée, et de varves sablonneu- ses gris-clair. Il contient quelques restes humains dispersés jusqu'aux abords de l'étranglementterminal oùémerge leniveau marron stérile. Il estàcraindre que la poursuitedes recherchesdans ce gisement,mainte- nant trop perturbé par lesdivers sondages,les terriers et passagesdes animaux fouisseurs,lestassements et soutirages, etc, ne puisse plus apporter de réponses pertinentes aux problèmes en suspens.
8
Fig. 1- Plan etcoupe d'aprèsCh.Frayssignes(fiche du BRGM),Ré- pertoire spéléologique).
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Les données matérielles.
Ellescomprennent des vestiges ostèologiques is- susdesdépôts funéraires,quelquesdocuments faunis- tiques et des traces du travail de l'homme : industrie lithique, matière dure animale, céramique... (6).
Les restes humains.
Recueillis dans lamême couche que les déchets de débitage,ilssont peunombreux,mal conservés et appartiennent à plusieurs sujets. Il n'a pas été noté la moindrepossibilité deliaison anatomiqueetils sont in- demmes de toute marque de crémation, même acci- dentelle,qu'auraientpu provoquerlesdeux foyers(7).
Fig.3 -Grotte du Pas deCouletn" 1,Trèves (Gard) A:plan ; B: coupelongitudinale;C:coupeCD. 1: limitedu surplomb; 2: cailloutis grisâtre sur sédiment marron-rouge fortement com- pacté ;3. remplissage archéologique.
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Fig.2 Pland'aprèsA.Bonhaure.1;nappe de vestiges;2:foyer.
rieur.Lalongueurtotale dela partie pénétrable est de 8 m. Au milieu, lerétrécissement desparois incite,par commodité,à scinder l'espace en 2 salles. Si dans la premiérela hauteurmoyenne du plafond estde1,5m,il estseulement d'1m,etnettementmoins au fond, dans la seconde (fig. 3).
A l'aplomb dela falaise,des chutesdematériaux ontcrééunbourrelet avec un alignementde blocsdont certainsont pu être redisposés par l'homme. Cetalus pierreux,en forme de barrage,a retenuuneaccumula- tion sédimentairegrisâtre et pulvérulente riche en élé- ments fins. Elleconstituaitleniveau archéologiqueque les fouillesont peu à peu épuisé. Au-dessous affleure
6.Le matériel décritici a été remis au Dépôt Archéologique de la Canourgue le 22août 1982 parAB,
7.A l'énumération, ci-dessous,ilfaut rajouter les deux crânes signalés par M.Ch,Frayssigneset quelquesos prélevés lors de lavisite du Spéléo-Club des Causses,
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Fig.4 .Grotte duPasde Coulet n° 1. Céramique.
nO8:autre bord de vase souligné par un cordo n lisse reliantune (ouplusieurs) languettearrac hée.Le brillant des surfaces gris·beige est dû au polissage sommaire intervenu en cours de séchage.
Un tesson muni d'une languette en T, visible sur une photo prise en 1952, a été éga ré depuis. Enfin, 2tesso ns gris·noir, lissage ébauché,.pourraient être plus récents.
L'industrie en matière dure animale.
Elle serésumeil troisobjets, une extrémité distale de poinçon tiré vraisemblab lement d'un tibia d'avis (fig.5, 15) etdeux dents perc éesà larac ine (fig. 5,21 et 22).
L'industrie lithique.
L'in dustrie lithiq ue, pour beaucoup des éclats de débitag e de form e allongé e, est en matériaux locau x, chaillesde teintesdiverses(gris,qris-bleuté,beig e,bei- qe-ruoanè , violacé... par ordre décroissant de frè- quence) présentes en quantité considé rable en plu- sieurs points de la vallée.C'est le cas aux abords du pan de falaise qui signale l'entrée de la grotte desCa- banesauconfluent du Trévezel et d'un affluent tempo- raire de la rive gauche, il moins de 2 km au Nord (8).
Sur un total de 71artefacts, 47 entrent dans la classe des déch ets laminaires et lamellaires, quelque- fois d'assez belletenue.4 sont localement retouchés.
Le reste se compose d'éclats informes. La figur e5 donne le dessin d'une dizaine de ces piéces.
nO2:éclat triangulaire appointé selon la techniq ue du coup de burin. Si c'est un objet fini,sa fonct ion nous échappe. Ilesten chaille blanchâtremouchetédemar- ron clair.
n°3 :c'estungrattoi r enbout distal d'écla tlaminaireen chaille grise.Un deuxième éclat est sommairement re- touché, de la même manière, en grattoir.
n°4:partiemédianed'une lamelle brutede bonne tac- ture, quoique arqu ée, en chaille (bleutèeP) voilée de blanc.
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Parmi les27dents libres ,25 sont des dents pero manenteset2 desdentstemp oraires.Lesdentsrnatu- res se répartissent ainsi: 9molaires, 8prémolaires, 6canines dont une est cariée au colet et 2incisives. Pour les immatures, ily aunemolaireet uneprémolaire.
12dentssont toujours attachéesà5mandib ules partiel- les.Ils'agitd'unemandibuledejeuneadulte,l'érupt ion desdentsde sagessen'estpasintervenue, cassée en deux et inco mpléte, 2 hémimandibules droites d'adul- tes ,1petitfragmentdebranc he montantegauche et 1 éclat d'éminanc e mentonniére-. · : ::. .
On ne dénombre que8'morceaux de crânes dont une partie faciale. Les os long s sont représentés par 1humérus,1ulna incompl éte et un fragm ent d'une au·
tre, 1radius , 1 tête fémoral e et 1plateau tibial.Ilreste 6vertébres cervicales et thoraciques, 1 scapula d'ade- lescent et 1astragale auxquels il faut ajouter une quin- zaine d'esquillesdiaphysaires,costaleset plusieurspe- tits os du type phalange.
La Faune.
Les 11os ou dentsd'animauxconservésse ratta- chentpour beaucoup à desherb ivores,à uncarnivore (canine deblaireau) et
à
unsuidéprobable.Uneesquille diaphysaire d'un os ind éterminé et un débri debois de cervidé prése ntent des traces d'ustion superficielle.La céramique.
Les35tessons découverfscorrespondent à 8va·
ses au moins, tous modelés .Au dégraissant de base constitué de cristaux de calcite conc assés,
se
mêlent parfoisdesgrains ferrugineux issusdenodules pilésfin.La figure4 représenteles élémentsmorphologiquesou décoratifs les plus caractéristiques.
n° 1: bord devase dont 7morcea ux nous sont parve- nus. Le lissage soigné des 2faces met en valeur la teinte marron clair externe tandisqu'elle est d'un mar- ron plus fonc é à l'intérieur. Il s'agrémente d'uncordon lisse rapport é, dispo sé en guirlande. Il n'y a pas de moyen de préhension sur le panneau conservé.
n° 2:c'est un bord droit rehaussé d'une couronne de pastilles appliquées.Desnodul esdefersont inc orporés au dégraissant calcaire.Tandisque les2 facessont lis·
sées, la teinte varie du marron-rouge à "extérieur, au marron sombre il l'intérieur.
n? 3:fragm entde panse,marronsombreàl'extérieur et noir à l'intérieur, muni d'une languette de préhension horizontale. Les surfaces sont lissées.
nO4:ils'agit de 2 morceauxd'unborddepetitrécipient soigné à lèvre arrondie légérement éversée. L'un des tessonsest tréssombre ilnoir,lesec ond est plusclair surtout à l'extérieur.
n°5: ce panneau de vase hémisphérique présente, malgré le lissage des surfaces ,une paroibosselée.La face externe estde couleur marronsomb re, la face in·
terne est noire.
n° 6:fragment de bordparticul iérementérodé,pâte va- cuolaire.Ilestcassé selon la ligne d'attachedu colom- bin, peut-êt re à la naissance d'un cordo n horizontal.
n°7: c'estunpetitmorceaude bord droitàlévre èquar- rie.La couleur rnarron-beiqe ensurface passe au gris·
noir dans l'épaisseur.
8.Cesgisementsàrochescassantessontconnus depuislongtemps.Dansunowrage sur lesGorgesdu Tarn,èotéen1889.LouisdeMalafosse lesmentionnep.97:"Dans lavallée duTrévezel .dansleBajocienquel'ontraverse,ilyades bancsdesilex d'unegrande puissanceeld'me variété decoloris extrême".
Fig.5-Grottedu PasdeCouletnO1. Industrie lithique,poinçonen os et parure.
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Nous terminerons
par
3 morceaux de plaquettes deschiste ardoisier, 1 fragment de galet deschiste et un dernier en roche gris·noir indéterminée. Ces 5 élé- mentsont peut-être étérapportésparl'hommemais ils sont exempts de tout travail.Datation et interprétation. .-,
Deux élémentsdu mobilier,lepoignardetla perteà ailettes,'sont de bons repéres chronologiques.
Lespoignards àencocheslatéralessont courants dansles sépultures ethabitatsde la régiondesGrands Causses.Le polissage peut être partiel,monoface, bi- fage ou encore plus ou moins effacé par la taille fi- nale.
Pour comparaison nous donnons le dessin d'un poignard inédit découvert fortuitement à moins de 14 km delà en directiondu Nord parMD. etJ.André, spéléologues, présd'unelaisse d'eau dela grotte-aven du SerredeiCailar nO3 (Meyrueis,Lozére). Uneminus- cule entrée, située nonloin de la grottetouristiquede Dargilansurle CausseNoir,permet d'atteindreparun boyauétroit la côte-15_L'outil était posé sur un renfle-
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lamelle brute dépourvue de son extrémité dis- tale.nO6: partie proximale d'un éclat dechaillebeige clair aménagé en grattoir discoïdal par quelques enlève- ments.
n°7:petite lameenchaille beigede bonnequalitébor- dée definesretouchesdiscontinues:Latroncaturepa- rait intentionnelle.
n°8: produit de débitage irrégulierd'une chaille grise parcourue de veines blanchâtres.
n° 9:éclatsensiblement plus épais que leprécédenten chaille gris·bleu constellé de points sombres.
n?10: éclat brut, blanchâtre.
n°11:éclat assezépais, sectiontriangulaire,enchaille beige sombre. Son talon, comme d'autres, porte plu- sieurs traces de percussion.
Le silexestreprésenté parla partiemédianed'un éclat laminairebrutde débitagedontla couleurnaturelle ciretransparait sousle voile blancquil'envahit etparun poignard
à
facespoliesetencocheslatéralesproxima- lesd'emmanchement (passage des chevillestenant of- ficederivet)(fig.5,1).Ilest malheureusementbriséàla languette. La partie tranchante, ravivée par retouches bilatérales, continuessur uneface,posséde desbords convexes et une section biconvexe. Malgré l'impor- tanceduvoile blanc,lateinteciredumatériauàl'origine est perceptible au creuxdecertainsenlévements.D'au- trepart,quelquesgéodesaffectentJe côtébordéde re- touches.Lesélémentsdeparurefont intervenird'autresro- ches et coquillages.
n°16: perle à ailettes à base rectiligne marquée par unelégèreéchancruremédiane.En calciteblanche,elle correspond au type 3 isolé par MmoH. Barge-Mahieu.
C'est l'un desdeuxmodèles qui dominent dansla ré- gion des Grands-Causses (9).
n?17: perle annulàire en calcaire.
n°18:perteannulaireenrocheverte, grasseau toucher (serpentine?) parfaitement polie (10).
nO19:pertediscoïde en testàpetiteperforationbiconi- que.
n°20: perte discoidale en roche noire (stéatite?), lu- mière pratiquement cylindrique.
nO 12:pendeloque obtenuepar perforationmonofaciale d'un petit galet plat en schiste.
n°13:iln'aététrouvé quelamoitiédece disque dé- coupéparpercussiondans uneplaquette de schiste ar- doisier.
n°14:c'est plussûrementun morceaude schiste brut, vaguementtriangulaire,quia reçu uncoupporté parun outil moderne,qu'unependeloquecasséetrès ancien- nement au niveau de la perforation (11).
9.H. Barge.Lesparures duNéolithique ancien audébut del'Age des~taux enLanguedoc.Editions duCNRS 1982. 396 p.Avoirplus particulièrementp.45 et 128.
10.Lesdeuxélémentsde parure n° 17et 18,remisavecle restedu mobilier par A.B.,nefigurentpas dans letravail deM.J.Rouqayrol.Ilestdonc possiblequ'unmélangese soit produit.
11.Silacassure supposéealamêmepatinequelereste de lapierre,cen'estpasJecas,enrevanche.del'encochequiconserveunerelative frai- cheur.
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,
JCMFig. 6- Grottedu SerredeiCaylarn''3,Meyrueis (Lozère) Poignardà face polie.Les retouchessignaléespar un pointsont,sansdoute.
des ébréchurescontemporaires du brisde lapointe.
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Les déchets de tailie gisant à proximifé des 2foyers allumés à l'enfrée de lacavité, dans la zone ensoleiilée, n'ont cessè de nous interroger. Ils suggé- rentun tailleurdepierres siliceuses quiseserait arrêtélà un moment,peut-êtreavec safamillerassemblée autour dufoyerdanslequel finissaientles reliefsdurepas par- tagé,et se seraitmisà l'œuvreappuyéau reborddela niche offerte par la paroi du refuge (fig.3, plan A et coupe transversaleC). Aprés son départ, lestémoins se sont un peu répandus(nappeengrisédu plan)jus- qu'au jour ou d'autresont dècidéque la grottedevien- drait leur tombeau tribal.Cesdemiers ontcertainement disposé lesdépôtsfunérairesen retraitde l'aplomb de la falaise pour profiter au mieux de l'abri naturel de l'excavation
mentstalagmitiquesans autrecontextequelevoisinage du gourg,réservoird'eau limpide profond de1,5 m en- viron (12).
La figure6 montre le poignard dépourvu de sa pointe.Ilparait obtenu à partird'une grande lame ar- quée de section triangulaireen silexnoirvoilé de blanc.
La face convexe (face supérieure) caractérisée par l'arêteaxialeenétait entièrementpolie.Enretouchant la faceconcave(faceinférieure)très partiellementpolie, le tailleur a dégagé la partie tranchante de la lame puis ébauché lalanguetteet ses encoc hes latéralesqu'il a terminées par un aménagement bifacial.
Pour M.G. Costantinices poignards ont toutefois connu uneduréed'utilisation plutôt longue.Eneffet,si beaucoup proviennentd'ensembles attribuésaustade terminaldu Groupe des Treilles(2000à 1700av.J.-C.) quelques exemplaires, comme celui de la grotte des Embalses (Nant, Aveyron),associé àune pendeloque- poignarden os,leurs sont,sans doute, assez sensible- ment antérieurs (13).
Les perles à ailettes, très nombreuses sur les Grands Causses et plus particulièrement en Aveyron, ce quia amené le Dr Capitanàempioyerà leur égard l'expressionde'perles aveyronnaises",sont caractéristi- quesde laphaserécente duGroupedes Treilles (2300 à 2000 av. J.-C. (14)Elles sont présentes dans un ni- veau d'habitat du porche supérieur de la grotte de Baume Layrou (Trèves, Gard) (15).
Les autres éléments deparureet le fragment de poinçon en os,en usage,sans évolutionnotable,durant un laps de temps fort long, sont d'aucun secours.
Quant aux déchets de taille, résultat d'un débitage censé produirede petites lames, ils évoquent plus le Néolithiquefinal,ou plusancien,que le Chalcolithique.
Nous avanceronsavecprudence, quela grottedu Pas de Coulet nO1 fut fréquentée aux environs de 2000 av.J.-C.ensachant que la fourchettepeutallerde 3 sièclesavant à 3 siécles après. D'ailleurs, comme il s'agit au moins pour partie d'une sépulture collecfive, donf ilseraif tout à fartillusoire de vouloir proposer un chiffre minimumdessujetsdéposés,sa périoded'acti- vité peut s'étaler sur plusieurs centaines d'années.
12.Pour les circonstances de ladécouverteetlalocalisationdu sile sereporteràla publicationduSpêléo-Club des Causses:SpèlèoGausseNoif3 Millau, 1980,p.101. Le poignard a étéremispar M.D. AndréauDépôtArchéologiquede laCanourgue.
13.G.Costantini. Le Néolithiqueet leChalcolithique desGrands Causses.GamaPréhistoire,T.27,1984-1.p.121-210. Plus précisémentp.159- 160.
14.Mêmesréférencesquepour la note13. Se reporter plusprécisément p.168.
15.Gisement creusédanslemême placage sédimentairequelques 1570 m auNord.1alivré,sousun horizondelafinde l'Age duBronze,les vestigesen place d'unimportantatelierde débitageetde taiêedes chaëles locales.
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