N ICOLAS T URENNE
Apprentissage d’un ensemble pré-structuré de concepts d’un domaine : l’outil GALEX
Mathématiques et sciences humaines, tome 148 (1999), p. 41-71
<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1999__148__41_0>
© Centre d’analyse et de mathématiques sociales de l’EHESS, 1999, tous droits réservés.
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APPRENTISSAGE D’UN ENSEMBLE
PRÉ-STRUCTURÉ
DE CONCEPTS D’UN DOMAINE : L’OUTIL GALEX Nicolas
TURENNE
1RÉSUMÉ - La quantité d’information textuelle augmente de façon exponentielle aussi bien
comme archives que documents de travail dans les organisations académiques, dans les administrations et
dans les entreprises. Une solution pour structurer cette montagne de données textuelles est de construire un
modèle de connaissances pour indexer cette information. L’acquisition de connaissances doit permettre d’extraire et classifier les données pour aboutir à une indexation conceptuelle. Traditionnellement, les méthodes de classification d’analyse de données étaient adaptées pour des tables classiques de données de la
forme objet/attribut/valeur. Nous présentons Galex (Graph Analyzer for LEXicometry) qui développe une
structuration de la connaissance grâce à une méthode de clustering de termes. Cette structuration a pour but de synthétiser le contenu d’information présentant un intérêt majeur dans des
applications
de filtrage d’information ou de navigation hypertextuelle sur des documents similaires. Galex prend en compte lanature des données sur lesquelles il s’applique : le langage naturel. La complexité du langage naturel est
bien connue : ambiguité de sens, constructions grammaticales multiples de la phrase, style, création de
termes... Nous montrons qu’à travers l’intégration de notions mal définies mais utiles telles que
«concept», «ontologie» et «corpus», le
clustering
peut être amélioré par adjonctions de connaissanceslinguistiques. Nous basons notre approche sur des phénomènes typiques tels que des relations graphe- statistiques entre termes, des relations de schéma dans un contexte et la réduction canonique de formes
variantes.
MOTS-CLÉS - Clustering de termes, acquisition de connaissances, ontologie, apprentissage de concepts, analyse de corpus, text-mining, fouille de texte, analyse de données.
SUMMARY - Learning of the pre-structured concept set of a domain: the Galex tool
The huge amount of electronic textual information increases exponentially just as easily as archives and
working documents in academic organizations, in administration and in firms. A solution for structuring
this mountain of textual database is to build a knowledge model to index this information. One way can be obtained by data extraction and classification producing conceptual indexing by knowledge acquisition.
Traditionally the classification methods of Data Analysis were
adapted
while used for the classical table ofdata under an object/characteristics/value format. We present Galex (Graph Analyzer for LEXicometry)
which develops structuration of knowledge by a term clustering method. This structuration synthetizes the
content of information providing the mapping data to information filtering or hypertextual navigation on
similar documents. Galex aims at taking into account the nature of the data to which it is applied :
natural language. The complexity of natural language is well known: sense
ambiguity,
multiplegrammatical
construction of sentence, style, term creation...We show through integration of poorly1 Laboratoire d’Informatique et d’Intelligence Artificielle (L.I.I.A.), ENSAIS, Université Louis-Pasteur, 24, boulevard de la Victoire, 67000
Strasbourg,
e-mail : [email protected], 1 http://www- ensais.u-strasbg.fr/LIIA/lüa.htmdefined, though useful as concept, ontology, term and corpus, notions that clustering can be
improved
by adding linguistic knowledge. We base our approach on typical phenomena such as graph-statisticalrelations between terms, scheme relations in a context and canonical reduction of variants.
KEYWORDS - Terms Clustering, Knowledge Acquisition, Ontology, Concept Learning, Corpus Analysis, Text-Mining, Statistical Data Analysis.
1. INTRODUCTION
Depuis
la naissance des méthodes de classificationautomatique,
le schéma standard de données variable/attribut/valeur a étébeaucoup exploité.
Les domaines étudiés étaient lazoologie
et labotanique
où les attributspouvaient
être extraits comme colonnes dedonnées
(voir
Tableau1).
Dans cetexemple,
nous pouvons extraire deux classes d’oiseaux :(autruche,
flamantrose)
et(poule, pigeon)
en fonction de leurscaractéristiques sémantiques.
Tableau 1.
Représentation classique d’objets
La
représentation
multivariée estparticulièrement bénéfique
enAnalyse
de Données.Plusieurs méthodes sont
capables
de réaliser des traitements efficaces : la classificationhiérarchique agglomérative, l’analyse
factorielle descorrespondances, l’analyse
relationnelle
(Lebart,
Salem &Berry, 1998)
et même des méthodes non-linéaires commeles réseaux de neurones
(Kohonen, 1989 ; Lingras, 1994 ; Memmi,
Gabi &Meunier, 1998).
Elles donnentapproximativement
les mêmes résultats(Meila
&Heckerman, 1998 ;
Schütze &Silverstein, 1997 ;
Messatfa &Zait, 1997 ;
Turenne &Rousselot, 1998).
Mais dans le traitement du
langage naturel,
la structure des données estimplicite
etn’est pas donnée par un ensemble d’attributs.
À
l’heureactuelle,
aucuneapproche linguistique
nepeut apporter
de théorie unifiée de lasémantique. Notamment,
une telle théoriepourrait,
eninformatique, prétendre
décrire tous les mots,expressions
etphrases
sans
ambiguïté
de sens. Des tentatives réussies ont été réalisées pour des domaines fermésspécifiques (avec
des centaines de motssimples),
laplupart
dutemps
concernant dessous-langages techniques : aéronautique, droit,
..., maisjamais
pour la totalité de la connaissanceexprimée
enlangage
naturel. Ce traitementpartiel
freinel’adaptation
desméthodes usuelles de classification à
n’importe quelle partie
de données textuelles ou de réseau de données textuelles enentreprise (internet,
groupware, étudestatistique qualitative,
noticesbibliographiques...).
D’un autrecôté,
les méthodesstatistiques
sontbasées sur des
métriques
assurant lacomparaison
entre éléments(Cutting
&Karlgren,
1996).
Cesmétriques
sont dans tous les cas établies parrapport
à une unité d’un espacealgébrique
et, dans le cas d’uneapplication
enlangage naturel,
cette unité n’a pasd’équivalent
en termes desémantique
dulangage. Aujourd’hui,
aucunedescription
d’uneunité de distance
sémantique
n’a étédéveloppée.
Enfait,
une unitémétrique dépend
dupoint
de vue del’espace sémantique.
Parexemple
dans une base de donnéescommerciale,
un client et
l’historique
d’un client sontproches
l’un de l’autre mais dansl’organisation
fonctionnelle de la société un client est associé aux
catégories
externes(comme
lacommande)
etl’historique
d’un client est associé auxcatégories
depilotage (comme
lesressources
humaines).
Les méthodes de classification utilisant unemétrique
montrent que lacomparaison
de la similarité parrapport
à unemétrique
aboutit à d’intéressantes«classes»2.
Nous pouvons déduire une corrélation d’un terme dans le contexte distributionnel d’autres termes. Nousexploitons
cette observation avec uneapproche développant
unclustering théorique
pargraphe.
Leclustering
est connu pour grouper desobjets
en ensembleshomogènes. L’interprétation
des groupes est trèsproche
de ce que l’on considère comme unecatégorie
ou unconcept,
c’estpourquoi
la classification estlargement
utilisée dans lacatégorisation
de documents(Bisson, 1996).
Maintenant nousallons discuter de
plusieurs
notions nécessaires à la construction d’un réseau final : unconcept/catégorie (i.e. classe),
un item cible d’unecatégorie (instances
etrelations),
lemedia d’une
catégorie (documents).
Dans la deuxièmepartie
del’article,
nousprésentons
toutes ces notions encore insuffisamment établies pour être formalisées et restant la cible de discussions animées dans les communautés de recherche. Dans la troisième
partie,
nous
présentons
l’extraction de termes ou unitéssémantiques supposées
que nous visons à regrouper encatégories.
Dans laquatrième partie,
nousprésentons
la méthode declustering. Enfin,
dans lacinquième partie,
nousprésentons
les tests et discussions aveccertains échantillons de données.
2. CADRE DE
L’ÉTUDE
Notre but est de
synthétiser
la connaissance de données textuelles dans un réseau liant des groupes de termes aussiproches
quepossible
decatégories.
Nous allons décrireplusieurs
notions utilisées pour atteindre notre
objectif
à travers leclustering.
Ces notions sont : laterminologie,
leconcept
et le corpus de texte.Premièrement,
nous devons noterquelques
lacunes dans la formalisation de ces notions dues à l’état de l’art des théories
linguistiques
et modèles
d’ingénierie
des connaissances. Les discussions nepermettent
pasd’imposer
un consensus sur la définition universelle de ces notions.
2.1. TERME ET SENS
Depuis
le début du siècle(Wüster, 1991 ; Frege, 1892),
laterminologie
ajustifié
son rôlepour définir la connaissance d’un domaine
grâce
à desexpressions linguistiques spécifiques
et des dénotations du monde réel associées à un formalismelogique
servant àdécrire les
concepts.
Un terme n’est passpécialement
un vecteur de sens par des connaissanceslinguistiques intrinsèques.
Nous pouvonsdistinguer
deux sortes devecteurs
sémantiques. Premièrement,
le motpointe
vers unobjet
du monde réel. Le sens est unebijection
entre deux espaces :l’espace linguistique
des mots etl’espace
du monderéel. Nous
appelons
cephénomène
la référence d’un mot(exemple :
«cartebleue»).
Deuxièmement le mot
prend
son sens àpartir
du contexte entourant le mot. Nousappelons
cephénomène
le sens d’un mot. Ces deux formes de sens révèlent lacomplexité
2 Que l’on nommera, dans la suite de l’article, par l’américanisme «clusters» - en français «cliques» ; de même, on dira «clustering» pour classification (N.d.l.R.).
de
l’expressivité
dulangage
naturel divisée en constructiondynamique
et constructionstatique
de sens. La construction du sens n’est pas seulement lexicale ousyntaxique,
carla
sémantique agglomère
des facteursnon-linguistiques
tels lesphénomènes visuels,
tactiles et
également
tous lesphénomènes pragmatiques. L’origine
de cesphénomènes pragmatiques
neprovient
pas del’espace linguistique.
Nous lesappelons phénomènes
«extrasémantiques».
Ces
phénomènes «extrasémantiques»
influent sur les facteurs decompréhension.
Ainsi le contexte est une forme fondamentale de la construction du sens mais ne se réduit pas aux sources
linguistiques
et textuelles. D’un autrecôté,
le texte est le mediad’archivage
leplus
accessible pourl’acquisition
des connaissancesdepuis
que la mémoire de notre connaissance est transformée en documentsélectroniques (Aussenac-Gilles, Bourigault
&Condamines, 1995 ;
Skuce &Meyer,1991).
Nous réunissons des unités desens dont ce que nous
espérons
être des termes du domaine. Pour nous, un terme est unsyntagme
nominalreprésentatif
d’un domaine. Un terme doit contenir uneinterprétation sémantique
nonambiguë
et contrainte par le domainequ’il
caractérise.Cependant
unterme
peut
être décliné en un certain nombre de formes designifications
très voisines(exemple :
«carte bleue» et «carte bleuevisa»).
Ces formes sontappelées
formes variantes dontl’origine provient
del’expressivité
dulangage
naturel. Dans lalangue, chaque
formereprésente toujours
un sensunique
dans un contexte donné. Dans ladescription
d’undomaine et pour une tâche
précise,
lagranularité
du sens autorise la réunion deplusieurs
formes sans
porter préjudice
à la tâchefixée ;
ce sera le cas de lacatégorisation,
dansl’exemple
traité ici. Nous allonsapprofondir
cettequestion
dessyntagmes
dans la suite.2.2. CORPUS DE TEXTES
Dans le traitement du
langage
naturel nous pouvons opposer les «méthodes faibles» aux«méthodes exhaustives». Les
premières
sont issues desstatistiques
et les secondesproviennent
de traitements locaux commel’analyse grammaticale. D’après
Teil &Latour, (1995),
le traitement de corpus estplus adapté
pour réaliser uneacquisition
deconnaissances. En effet le corpus est bien
adapté
à l’exécution de méthodesstatistiques (Basili,
Pazienza &Velardi, 1997 ; Oakes, 1998).
Lalinguistique
de corpus a étédéveloppée depuis
le début des années 1980. Comme les documentsélectroniques
sont deplus
enplus disponibles
dans lesinstitutions,
lesPME,
lesuniversités,
les centres de donnéesbibliographiques...
tout comme les interviewsd’expert,
les corpuspeuvent
être créés et utilisés comme données d’entrée. Pour créer un corpus, deuxproblèmes
sont àconsidérer :
l’homogénéité
et la taille. La taille est caractérisée par le nombre de mots. Un gros corpus doit avoir au moins 1 million de mots. Un corpushomogène
couvre undomaine
spécifique
dans toute sa diversité. Un corpus estgénéralement
écrit dans unelangue
bienqu’il puisse
êtremultilingue.
Certaines personnesprétendent
que les corpusproviennent uniquement
de collections de documentationtechnique
parce que laterminologie
y est bienétablie,
stable et nominalisée. Enfait,
comme les documents sontun vecteur de
communication,
s’ils reflètent unéchange
entre deux membres d’une communauté liés par unthème,
nous pouvons considérer que laterminologie
reflète aussi laterminologie
de cette communauté. Nous décidons de focaliser notre étude sur depetits
corpus
(autour
de 50 000mots)
enfrançais
concernant différentssujets (médecine, aéronautique, histoire... ).
2.3. CONCEPT
Nous avons basé notre définition du
concept
sur le sens et les relations(Tanguy
&Thlivitis, 1996) auxquels l’approche
par «frame» et lasémantique
distributionnellepeuvent
être associées. Nous nousplaçons
dans une définitionplus proche
del’acquisition
et de la formalisation de connaissance(Fisher, 1987 ; Michalski, 1980).
Unconcept se définit par des instances. Les instances
pouvant
être des termes ou desdocuments,
de cepoint
de vue, lalogique
desprédicats
est bienadaptée
pour caractériser l’extension d’unconcept (Kirsten, 1998).
Unprédicat
est unchamp
dont la valeur caractérise desobjets pointant
vers unconcept,
ilpeut
en être ainsi avec des documents structurés(message électronique). Quand
on veut lier les mots et lesconcepts,
leproblème
devientplus
difficile. Un motsimple pourrait
être unconcept
aussi bienqu’un
groupe de mots. L’influence du monde réel sur la combinaison
logique
dulangage
sematérialise dans les associations d’unités
sémantiques
de base(comme
lestermes).
Parexemple,
considérons les suites de termes : parc,fontaine,
ombrelle. Les mots ne sont pas de mêmeétymologie
ni de mêmemorphologie
mais ils semblentappartenir
au mêmechamp sémantique : le jardin. Supposons qu’un
homme des cavernesdébarque
dans notremonde
moderne,
il nepourrait
pas sereprésenter
le sens de ce groupe du fait de son manque de culture. Nous ne pouvons nier que ce groupereprésente
unconcept
réel denotre
représentation
mentale. Les formeslinguistiques
ne sont pas suffisantes pourinterpréter
un cluster comme unconcept.
Un espaceconceptuel
a une relation avecl’espace
des mots par des liens entrelacés avecl’espace pragmatique
du monde réel.Traditionnellement on suppose
qu’un concept
se caractérise par une extension et uneintension. L’intension est l’ensemble des
propriétés
d’unconcept
et l’extension estl’ensemble des instances matérialisant le
concept.
Dans leslangages
àobjets,
une classeest un ensemble
d’objets possédant
une structure, uncomportement
et des relations similaires. Nous baserons notre construction deconcept
àpartir
de cettedescription,
maisa contrario de la
plupart
des méthodes courantes conduisant à unedescription polythétique :
. Si
l’objet
x est décrit par les attributs(a, b), l’objet
y est décrit par les attributs(b, c)
etl’objet
z est décrit par les attributs(c, d),
alors un clusterpolythétique peut
être :
et
Nous proposons
d’adopter
unedescription monothétique
d’unconcept (voisine
d’uneclassification par
prototype),
c’est-à-direqu’un
cluster a ses élémentsproches
d’unélément commun.
Par
hypothèse,
on se donne :. 1 l’ensemble des
objets
à classer.. R =
R2, ... }
l’ensemble desrègles statistico-linguistiques qui
décriventl’usage
des
objets
à classer..
H = {Hl’ H2, ...}
l’ensemble desheuristiques graphe-statistiques qui
donnent lecadre du processus de «classification» et de
généralisation
des clusters par desétiquettes sémantiques.
On trouve une classification :
. Une suite
C1,
l’ ...,Cn
de sous-ensembles recouvrants etdisjoints d’objets.
Onappelle
cette suite l’ensemble K des clusters indicés par un entier i E N*.
avec et vérifient les
contraintes de R et
H } (espace
decliques agrégées
indicées par des entiers deJ) :
~ Une
description monothétique
de clusters.~ Extraction
dynamique.
En
effet,
on identifie deux sortes d’extraction deconcept :
~ Une extraction
statique,
C est défini par des attributs fixés avec des traitssémantiques
~ Une extraction
dynamique,
Cpossède
des termestypiques
l’entourant.Nous nous sommes
plus spécialement
focalisés sur le deuxièmetype d’extraction,
mais un
couplage
entre ces deux sortes d’extraction seraitpréférable.
2.4. ONTOLOGIE
Depuis
lescinq
dernièresannées,
descolloques, organisés
par la communautéd’acquisition
desconnaissances,
ont traité de la définition de cetype
de structurequi pourrait
contenir la connaissance d’un domaine. Nous observonsqu’aucune
structurestandard n’a été
développée
et que laplupart
de celles existantes sontspécifiques
à unchamp
donné. Plusieurs tentativesproches
du traitement dulangage
naturel ont conduit àdes réseaux
sémantiques
defaçon
à stocker la connaissance de toute «l’humanité».Quelques projets,
tels queCyc qui
a étédirigé
par D. Lenat(1987),
sontjuste
unetentative pour collecter et stocker l’information sans
propriétés linguistiques.
G. Miller(1986)
a initialiséWordnet,
un autreprojet typique
mais sa structure n’est pas suffisammentgénérique
poursupporter
lesparties
du discours et les relationssémantiques
d’un mot. Un
projet
similaire Semlex(Devin, 1998)
a pour but de construire une structure de noeudsgénérique
à deux couches :sémantique
et lexicale.Quelques
modèlesprennent
en
compte
la validation d’unexpert
àchaque étape
de la construction d’uneontologie (Assadi, 1997).
Unproblème
standard dans le traitement dulangage
naturel est lapolysémie.
Les méthodes declustering
ontprouvé
leur efficacité pour obtenir un réseau de relations entre groupes de termes(Carpineto
&Romano, 1996 ; Ibekwe-Sanjuan,
1996 ;
Teil &Latour, 1995).
Décrire un réseau par des relationsspécifiques
commel’hyperonymie peut
aussigénérer
du bruit. Considérons deux termesTl (avion)
etT2 (bateau), T,
a les traitssémantiques FI (air)
etF2 (moteur),
etT2
a les traitssémantiques F3 (mer)
etF2 (moteur).
Ils sont liés au mêmehyperonyme
H(véhicule)
décrit par
F1, F2
etF3. T3 (planeur) peut
être synonyme deT,
par le traitsémantique FI (air).
Une action utilisantT, pourrait
êtregénéralisée
en utilisant H mais comme Himplique TZ
et commeTZ
etT3
sontéquivalents
cequi signifie
queTl
etT3
seraientutilisés ensemble sans trait
sémantique
en commun. Une relationplus puissante
serait larelation
a-pour-partie
oul’holonymie.
Unholonyme pourrait
être une bonnegénéralisation non-polysémique
d’instances. Deux autres relations fondamentales utiles seraient lasynonymie
et la référence. Ces trois relationsappartiennent
auclustering
par convergence. Ainsi unalgorithme
declustering
efficaceproduirait
des instances liées lesunes aux autres par ces
types
de relations :holonymie, synonymie
etréférence,
mais sansles
qualifier
au sein du cluster. Le lienhyperonymique pourrait
n’être utilisé que par contrainte. Lapremière génération d’ontologie
a modélisél’ontologie
àpartir
derien,
etmaintenant
l’espace
d’information(textuel)
aide à construire uneontologie (Feng, Copeck, Szpakowicz
&Matwin, 1994 ; Maikevich, 1998). L’ontologie
se concevraitcomme un modèle
dirigé
parclustering,
ce dernier servant àqualifier quelques
liens. Leprocessus de
clustering
serait un outil pour leremplissage
del’ontologie.
En d’autrestermes, l’alimentation de
l’ontologie
serait lesystème
dereprésentation
des connaissances(SRC)
et les données clusteriséesrempliraient
le SRC en faisant des corrections pourqualifier
lesliens ;
lesystème
dans saglobalité
estl’ontologie
associée à la base dedonnées textuelles.
3. EXTRACTION DE TERMES 3.1. METHODES D’EXTRACTION
Un terme est construit par deux
composants :
une tête et uneexpansion. Quatre
méthodespeuvent
êtreimplémentées
pour extraire des termes d’un texte. Lapremière méthode, statistique,
estappelée
«méthode dessegments répétés».
Cette méthodeexploite
uncorpus ainsi que
l’espace
desfréquences
des mots pour collecter les têtes dans unpremier temps.
La deuxièmeétape
consiste à extrairel’expansion
des têtesprécédentes.
Leprocessus est itératif
jusqu’à
cequ’aucune expansion
ne soitplus
détectée. La secondeméthode est la méthode des bornes. On utilise un dictionnaire de bornes et le but consiste à extraire une
expression
entre deux bornes. Le dictionnairepeut
être un ensemble demots ou un ensemble
d’étiquettes grammaticales.
Le but est de détecter lesséquences
lesplus fréquentes
de mots dans un corpus. Des scores de collocabilité montrent la force de liaisonsyntaxique
entrepaires
ouséquences
de mots. La dernière méthode est uneméthode de reconnaissance de
patron appelée
«méthode depatron morphosyntaxique».
Cette méthode
peut
être divisée en deuxtypes : statistique
ou Chaîne de Markov Cachée(Hidden
Markov Model ouHMM),
et une méthode basée sur desrègles.
Nous utilisons laméthode HMM
pour
extraire les termes de corpus.Premièrement,
le texte estétiqueté
enutilisant un ensemble
d’étiquettes grammaticales prédéfinies. Ensuite,
le modèled’apprentissage
HMM aide à«désambiguïser»
lesphrases (i.e.
à leur donner un sensunivoque).
Finalement l’activation depatrons
de reconnaissancepermet
d’extraire dessyntagmes
nominaux ciblés(Schiller, 1996).
3.2. MODELE DE MARKOV CACHE
Dans les modèles de Markov
observables, chaque
état estéquivalent
à un état observable.L’état
présent dépend
seulement de l’étatprécédent.
Dans notre cas, uneétiquette grammaticale (verbe, adverbe, nom...) représente
un état. Un HMM aide àétiqueter
lesphrases
et résoudre lesambiguïtés.
Uneambiguïté
est modélisée par différents chemins dans ungraphe
ou une suite deséquences
d’états(Chanod
&Tapanainen, 1995).
Cependant,
pour unHMM,
la sortie n’est pas laséquence
d’étatinterne,
mais unefonction
probabiliste
de cetteséquence
interne.Quelques
personnes font dessymboles
desortie d’un modèle de Markov une fonction de
chaque
étatinterne,
tandis que d’autres font de la sortie une fonction des transitions.À chaque
étatdonné,
il y a un choix desymboles,
chacun avec une certaineprobabilité
d’être sélectionné. Une chaîne de Markovcachée est un processus doublement
stochastique.
Elle consiste en un processusstochastique qui
nepeut
pas êtreobservé,
décrit par lesprobabilités
de transition entrepaires
d’états et calculées àpartir
d’un corpusd’apprentissage. Deuxièmement,
unprocessus
stochastique gère
lessymboles
de sortiequi peuvent
être observés àpartir
desdonnées d’entrée au processus, et
représentés
par lesprobabilités
de sortie dusystème.
Les
principaux paramètres
du HMMpeuvent
être résumés par l’ensemble desprobabilités
de
transition,
l’ensemble desprobabilités
de sortie et l’état initial du modèle.L’utilisation de modèles de Markov cachés dans la résolution d’un
problème d’étiquetage implique
troisproblèmes algorithmiques : l’apprentissage, l’évaluation,
l’estimation. Pendant
l’apprentissage,
lesparamètres
initiaux du modèle sontajustés
etmaximisés afin d’observer une
séquence
desymboles.
Cela rendra le modèle actif pourprédire
de futuresséquences
desymboles. L’apprentissage implémente l’algorithme
de re-estimation de Baum-Welch
[http 1 ]. À
ce stade un corpusétiqueté
à la mainpermet
de calculer lesparamètres
du modèle(probabilité
de transition d’être dans l’état i à laposition
p et de suivre unétat j
à laposition p+1).
Leproblème
de l’évaluation est celui de calculer laprobabilité qu’une séquence
observée desymboles apparaisse
commerésultat d’un modèle donné. Il est résolu en utilisant un
algorithme
forward-backward[http 2].
Dans leproblème d’estimation,
nous observons uneséquence
desymboles produite
par une chaîne de Markov cachée. Ils’agit
d’estimer laséquence
d’états laplus probable
que le modèlepermet
d’obtenir pourproduire
cetteséquence
desymbole.
L’algorithme
de Viterbipermet
de calculer une telleséquence [http 3].
3.3. EXTRACTION DE PATRONS
Après
avoir obtenu un corpusproprement étiqueté
et«désambiguïsé», l’étape
suivanted’extraction des termes consiste en
quelques règles
degrammaire
pour extraire des groupes nominaux(GN).
Certaines études sur des corpusfrançais
montrent que les groupes nominauxfréquents apparaissant
dans les textes sont seulement au nombre de 4 :Nom-Adjectif, Adjectif-Nom, Nom-Préposition-Nom
et Nom-Nom. Cesséquences représentent plus
que 70 % dessyntagmes
nominaux dans les textes. Bien entendu il estpossible
d’enrichir lagrammaire
enajoutant
un adverbe ou unadjectif
dans un groupe nominal pour obtenir des formes variantes commeNom-Adjectif-Préposition-Nom
ouNom-Adverbe-Adjectif...
etc. Cette action étend la collecte des GN intéressants enréduisant des formes variantes à leur forme la
plus fréquente.
Cette réduction estparticulièrement importante
pour uneapproche
parclustering
que nous verrons auparagraphe
4. Lesrègles
degrammaire
sontspécifiées
en tantqu’expressions régulières
récursives. Le texte d’entrée est transformé en un texte de sortie
étiqueté
traité par uncompilateur d’expressions régulières.
Toutes lesétapes
du traitement(étiquetage
etextraction des
GN)
sontimplémentées grâce
à des automates à états finis. Celasignifie
que les chaînes de caractères sont converties en arbre avec des noeuds
simples
et desnoeuds finaux. Les automates à états finis sont
largement
utilisés par lescompilateurs
delangage.
Fortementoptimisés,
ilspermettent
d’accélérer lestemps
de traitement etpeuvent
aussi réduire lestockage
de données(dictionnaire... ).
4. LA
MÉTHODE
DE CLUSTERINGNotre module de classification
peut
être divisé en 5 sous-modules(Figure 1).
Uncompilateur
de corpus donne un fichierposition (1).
Ce fichier contientchaque
formelemmatisée avec toutes ses
positions
parrapport
aupremier
mot du corpus. L’extracteurde termes donne des fichiers de termes
(2)
comme fichier d’entrée au constructeur de matrice et à l’extracteur de termespôles.
Figure
1. Vuegénérale
du module de classificationLa sortie du constructeur de matrice est une matrice de co-occurrence
(3).
La sortiede l’extracteur de termes
pôles
est un fichier de termespôles (4).
Un extracteur declique
d’ordre 3 utilise les deux
précédents
fichiers comme entrée pour donner un fichier decliques
d’ordre 3(5).
Ce fichier est utilisé comme entrée par unagrégateur
decliques qui produit
un fichier de clusters(6).
Il est utilisé comme entrée par unanalyseur
deconservation
qui
lecomplète (7).
Finalement ce dernier fichier est utilisé par ungestionnaire
de thésaurus pour définir une structurehiérarchique
de clusters par thèmes.4.1. TABLE DE CONTINGENCE
Les tables de
contingence
ont été utiliséesdepuis longtemps
avec les bases de données relationnelles pour la découverte de taxinomies et derégularités (Zytkow
&Zembowicz, 1997)
montrent que cetype
de table est une structure de données idéale pour assurer unsupport
de découverte de connaissances et la corrélation entre événements conduisant à desrégularités.
Le format est même bienadapté
pourexploiter
les relations entre donnéessymboliques.
Nous basons notrepremière étape
de la méthode sur la création de cettetable. Dans notre
méthode,
la table est traitée comme une matrice Mreprésentée
par son coefficientgénéral m;~.
Contrairement à une table relationnelle standardvariable/attribut,
nous n’avons aucune
description
desobjets
selon leurspropriétés.
Nousremplissons
lamatrice avec les associations du terme i
(variable)
et duterme j
fixant le coefficientm;~.
Une fenêtre de mots caractérise l’association
syntaxique
valide.Quand
une association existe entre deux items nousl’appelons
co-occurrence(ou collocation) (Mikheev
&Finch, 1992 ; Smadja
&McKeown, 1990).
Une co-occurrence est évaluée en fonction du texte source initial et nond’après
la structuremorphologique
d’un terme comme nous pouvons le voir dans certains modèles de classification(Assadi, 1997).
Leshypothèses développées
tiennentcompte
de la structure d’un terme sous forme d’une tête et d’uneexpansion (par exemple
dans «châteaufort»,
«château» est la tête et «fort»l’expansion).
La démarche consiste à raisonner sur le nombre de têtes ou
d’expansions
communes pourcréer des classes distinctes. Nous considérons que le corpus n’est pas forcément riche seulement en termes de têtes et
expansions
communes.Deuxièmement,
cetype
decorrélation devrait concerner la structure
morphologique plus qu’une
force de liensémantique
entre items. Une co-occurrence est un état d’association utilisé dès la naissance del’informatique
pour accéder au contexte. Il en résulta une formeprimitive
desystème appelé
concordancier. Un concordancier est un outilpermettant
de rassembler les contextessyntaxiques
d’un terme dans un texte. Dans certains cas ilpeut
collecter tous lesbigrams
d’un texte.Smadja
& McKeown(1990)
montrent que les co-occurrencesproposent
une définition d’unconcept
n’étant passpécifié
dans un dictionnaire. Celacorrespond
assez bien avec notre définitiondynamique
duconcept grâce
au contexte. LeTableau 2 nous
présente
un cas correct de distribution de donnéespouvant
amener une méthode standard declustering
à un résultat convenable. On obtiendrait les clusters(1,2,3,4)
and(5,6,7)
sans recouvrement.Tableau 2. Cas idéal de matrice de co-occurrence.
(* corrélations présentes non bruitées)
Tableau 3. Cas réel de matrice de co-occurrence.
(* corrélations présentes non bruitées, # corrélations présentes bruitées,
... corrélations manquantes)
Malheureusement comme on
peut
le constater sur le tableau3, après
un traitementde classification
standard,
les données ont encore desirrégularités
accusant des valeursmanquantes
et des valeurs bruitées. Les résultats seraient(1,2), (3,4,5)
et(7,8,9).
Latransition d’un cas idéal vers un cas réel subdivise le
premier
cluster idéal et détruit le second cluster idéal. Nous voyons que les items 4 et 9 doivent être aussi associés aucluster
(1,2).
Grâce aux associationstransversales,
tellesqu’elles pourraient
être détectéesavec notre
approche
paranalyse
degraphe,
la corrélationprécédente
serait satisfaite.4.2. REDUCTION CANONIQUE DE TERMES
Comme le Tableau 2 le montre, nous devons trouver les valeurs
manquantes
pour aboutir à des blocshomogènes.
Une solutionpossible
consiste àsynthétiser
les formes en formescanoniques.
La consistance des co-occurrencespourrait
s’atténuer à cause de la variété des formes. Durant dessiècles,
leslangues
ont su créer des famillesmorphologiques
demots et
d’expressions
avecapproximativement
le même sens. Pour nous, lephénomène linguistique
n’est pasnégligeable.
Cephénomène linguistique
estpartiellement
traité dans lesproduits
du marché en recherche d’information et connu sous le nom destemming.
Pour
l’exploiter,
nous avons besoind’appliquer
deuxtypes
de connaissancelinguistique.
La
première
estl’équivalence
entre les formes usuelles et leur lemme associé. Nousappelons
l’action utilisant cettepremière
connaissance : lemmatisation. Cettepremière
connaissance doit être
appliquée
aux mots courants du fait de leur formeirrégulière.
Eneffet,
les mots utilisés dans ledialogue
et les documents écrits ont uncomportement
morphologique irrégulier particulièrement
enfrançais
paropposition
aux mots nouveauxqui
suivent desrègles
de construction restreintes. La seconde connaissance est une liste de suffixes standard. Elle sera utilisée pour les motsspécifiques provenant
d’un domainetechnique
oud’un jargon.
Nousappelons
l’action utilisant cette connaissance : troncature.Ainsi ces deux actions sont effectives sur les mots
simples :
lemmatisation et troncature.Mais ces deux processus concernent seulement les variations de monotermes et non de variation de multitermes. Un autre
phénomène linguistique complexe apparaît
avec lesformes variantes
composées (Polanco,
Grivel &Royauté, 1995).
Les groupes nominauxcomposés
ou multitermespeuvent
être déclinés en différentes structuresayant
des similitudessémantiques
tels que «accélération d’un électron libre» et «accélération d’un électron». Nousdistinguons
troisprincipales
variations :insertion, expansion
etpermutation.
Ces variationsprennent
leurorigine
dans despropriétés géométriques
maispour
certaines,
comme la variation parpermutation,
les facteurssémantiques
sontutiles ;
par
exemple
pour corréler «électron accéléré» et «accélération d’un électron» enrapprochant
le verbe «accélérer» et le nom «accélération» dans une même famillesémantique.
Une des variations lesplus simples
à traiter est l’insertion. Notrehypothèse
de base est la suivante : dans une
langue,
deux formes différentesexpriment
un sensdifférent,
même si la différence estfaible,
mais certainesexpressions
sontplus
fortementcorrélées par leur sens que les autres. Malheureusement les théories de la
linguistique
moderne ne nous
apportent
pas de formalisme pour différencierquantitativement
deuxtermes donnés par
rapport
à des traitssémantiques préalablement
fixés.4.3. ECHANTILLONS DE TERMES
Pour établir notre méthode de
clustering,
dans unpremier temps
nous sélectionnons les termes lesplus pertinents
du fichier de sortie donné par l’extracteur de groupes nominaux.L’extracteur de GN nous donne une liste non triée de groupes nominaux trouvés dans le corpus. Un tel résultat n’est pas directement
exploitable.
Nous soumettons deux contraintes pour obtenir une entréeadaptée
à notresystème.
Lapremière
contrainte est lefiltrage
defréquence.
Lesfréquences
sont le nombre d’occurrences d’un groupe nominal dans un corpus. Nous choisissons 2 comme seuil defiltrage.
Ainsi nous obtenons.l’équivalent
desegments répétés
sur la base desfréquences
des chaînes de caractères.Nous pensons que les
expressions fréquentes
sontplus représentatives
de laterminologie
du domaine que les