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Le bleu de la mer n’est pas le même que le bleu du lac sous les nuages
Fin de journée, ciel bleu clair, haut du nuage blanc, bas du nuage rose, montagnes bleues foncées, lac rose brillant.
Cet immense nuage, un cumulus, posé devant les montagnes semble plus « matière solide » qu’ « amas gazeux ». Il est si dense qu’il coupe la lumière du dernier soleil, comme une montagne. Chacune de ses volutes est nette, délimitée par son ombre projetée sur la volute suivante. Puis chacune est composée de volutes plus petites, et ainsi de suite, comme une fractale.
J’aimerais un mot pour décrire l’aspect de l’ensemble. « Chou-fleur » semble trop facile.
Je l’ai sur le bout de la langue.
On dirait que chaque mini volute est sortie des autres par ébullition, par
bourgeonnement. Je peux m’imaginer que tu es toujours en train de produire de
nouvelles volutes, toujours en train de grandir, grossir, t’épandre. Comme un pop-corn au ralenti. Sauf qu’à l’œil nu, depuis ici, tu ne bouges pas.
Avec les jeux de lumière, c’est comme si certaines parties du nuage avaient doré, avaient grillé, comme un immense pop-corn caramélisé.
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Sur mon balcon, avec un verre de vin et une tisane,
les martinets tournoient et remplissent le soir de leurs cris stridents.
Je regarde l’orage dans la nuit, de l’autre côté du lac.
Les nuages noirs, au-dessus des alpes, sont illuminés de temps à autre, sans régularité, par saccades.
Seuls certains éclairs se dessinent.
L’orage se déplace, avance vers le lac.
2 Le vin est lourd sur ma langue.
La chaleur de l’été impassible sur ma peau.
Les cris des martinets résonnent.
L’orage se rapproche.
Où ces éclairs tombent-ils ? Es-tu en train d’observer des arbres se faire calciner ?
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A l’aube et au crépuscule, il y a ces ciels enflammés
Ces ciels où le rouge et le violet combattent l’orange et le noir, sur fond de marine
Et puis il y a les nuages maquillés de rose et de lumière
Ce qui me fascine, c’est comment
un peu au-dessus de l’horizon
Le ciel vire du jaune au bleu sans passer par le vert
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Je ne comprends pas comment ce lac peut être aussi beau. Aussi différent à chaque fois.
Comment je ne me lasse pas de toi.
Ce soir des mouettes attendent sur tes rochers. Tes rochers noirs de venus blancs de leurs chiures, comme des montagnes enneigées.
Ton ciel est à peine orangé. Tes montagnes se découpent bleues, nettes, comme si tu les y avais collées. Un pan de nuage gris uniforme se déploie au-dessus.
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En plein après-midi, il y a une masse de nuages sombre avec la couche du fond illuminée.
Une de ces peintures apocalyptiques. Quelques tonnerres répondent à quelques éclairs.
Un groupe de martinets et leurs cris stridents, deux mouettes, deux corneilles.
Encore un éclair.
L’orage est devant mes yeux.
Vas-tu éclater en pluie ? Il n’y a pas de vent.
Es-tu un orage tant qu’il n’y a ni pluie ni vent ?
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Assise sur la plage de galet, en tailleur
Envie de plonger dans le lac pour me laisser envelopper, m’abandonner au calme et au lisse
Dans mon dos, la ville effuse des bruits agités. Devant moi, espace et silence, c’est tout ce qui compte.
Vagues régulières sur la plage de galets.
Rire des mouettes agroupées sur les rochers.
Une cane nettoie ses plumes. J’ai envie de glisser mes doigts dans son duvet pour y sentir la douceur.
Couleurs accordées, tons de gris et de bleus, pastels, doux, tendres.
La lumière caresse l’eau calme
Me fondre dans cet environnement paisible.
Me laisser aller au lac, l’eau lisse, prolonger le calme en moi.
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Remuée, je me dirige vers le lac. A peine je perçois les vagues depuis la place rouge, je sens le soulagement. C’est toujours la même chose après ne t’avoir pas vu pendant longtemps.
Remous des vagues, toi aussi. Est-ce que ton humeur est influencée par la météo ? Je sens le pouvoir du bleu agité sous la bise.
Ou est-ce que le lac lisse te procure un effet différent ? Un apaisement plus qu’un soulagement ?
Les rochers sont recouverts d’une couche de glace. Ca brille et je ris à haute voix.
Être au bord de ce lac, à chaque fois, quelque chose se libère en moi, ou un déclic s’opère, devant cette étendue bleue.
Est-ce la couleur bleue qui fait effet sur ton cerveau ? Est-ce le bruit régulier des vagues ?
Une sensation de constance offerte devant moi. Le lac est là. Les alpes sont là-bas. Le soleil se lève à gauche, vers le jardin, se couche à droite, vers l’enfance.
Le lac, en vagues ou tranquille, bouge constamment, est fait de matière liquide qui se meut et avance, mouvante, changeante. Et pourtant. Tu es là. Gris ou bleu, lisse ou agité.
Tu es là, et alors je suis là, face au lac.
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Je joue à voir le paysage en deux dimensions, par la vitre du train.
Les collines boisées, champs vert foncés et forêts brunes Les alpes enneigées, bleues marine, gris foncé et blanches
Ce qui me donne de la perspective entre ces deux pans dessinés
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C’est la couche de nuages, camaïeux de gris, infiltrations de lumière, trous de ciel cyan, qui s’étalent au-dessus,
au-dessus du train, des maisons, du pan des collines, du pan des alpes, derrière les alpes et aussi de l’autre côté, de l’autre côté du train.
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Le soleil a déjà glissé derrière le Jura. Des nuages traînassent. Des passantes et passants sur les rives du lac, sur les bancs, il ne manque que la chaleur d’été.
La ligne des alpes est d’un blanc brillant. Le lac est tranquille. Des cormorans, des canards, flottent, profitent, admirent. Quelques plis à la surface de l’eau, à peine perceptibles.
Ciel pastel.
Une corneille chasse un petit oiseau, parce qu’il était sur son chemin.
Les couleurs changent lentement, peignent les alpes.
Le lac reflète le ciel par endroit, à d’autres, il est mat. Est-ce le sens des plis, est-ce l’angle, est-ce des courants, de l’eau différente, est-ce que ça a un nom ?
Entre le saumon et le bleu, après le jaune lumière, cette fois je vois le vert. La transition est large, lente. Le dégradé complet apparaît dans sa version concentrée aux jointures du mat et du brillant sur le lac.
Venus se met à briller au-dessus des préalpes. Vénus disparaît. C’était donc un avion.
D’ailleurs le petit oiseau voletant en désordre et chassé par la corneille, c’était en fait une chauve-souris.