- - -
- - -
Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Van Aelbrouck, J.-P. (2000). Comédiens itinérants à Bruxelles au XVIIIe siècle (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences sociales, politiques et économiques, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/211687/1/ff19a475-e6a7-4744-9708-74c499ba6de2.txt
(English version below)
Cette thèse de doctorat a été numérisée par l’Université libre de Bruxelles. L’auteur qui s’opposerait à sa mise en ligne dans DI-fusion est invité à prendre contact avec l’Université ([email protected]).
Dans le cas où une version électronique native de la thèse existe, l’Université ne peut garantir que la présente version numérisée soit identique à la version électronique native, ni qu’elle soit la version officielle définitive de la thèse.
DI-fusion, le Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles, recueille la production scientifique de l’Université, mise à disposition en libre accès autant que possible. Les œuvres accessibles dans DI-fusion sont protégées par la législation belge relative aux droits d'auteur et aux droits voisins. Toute personne peut, sans avoir à demander l’autorisation de l’auteur ou de l’ayant-droit, à des fins d’usage privé ou à des fins d’illustration de l’enseignement ou de recherche scientifique, dans la mesure justifiée par le but non lucratif poursuivi, lire, télécharger ou reproduire sur papier ou sur tout autre support, les articles ou des fragments d’autres œuvres, disponibles dans DI-fusion, pour autant que :
Le nom des auteurs, le titre et la référence bibliographique complète soient cités;
L’identifiant unique attribué aux métadonnées dans DI-fusion (permalink) soit indiqué;
Le contenu ne soit pas modifié.
L’œuvre ne peut être stockée dans une autre base de données dans le but d’y donner accès ; l’identifiant unique (permalink) indiqué ci-dessus doit toujours être utilisé pour donner accès à l’œuvre. Toute autre utilisation non mentionnée ci-dessus nécessite l’autorisation de l’auteur de l’œuvre ou de l’ayant droit.
--- English Version ---
This Ph.D. thesis has been digitized by Université libre de Bruxelles. The author who would disagree on its online availability in DI-fusion is invited to contact the University ([email protected]).
If a native electronic version of the thesis exists, the University can guarantee neither that the present digitized version is identical to the native electronic version, nor that it is the definitive official version of the thesis.
DI-fusion is the Institutional Repository of Université libre de Bruxelles; it collects the research output of the University, available on open access as much as possible. The works included in DI-fusion are protected by the Belgian legislation relating to authors’ rights and neighbouring rights.
Any user may, without prior permission from the authors or copyright owners, for private usage or for educational or scientific research purposes, to the extent justified by the non-profit activity, read, download or reproduce on paper or on any other media, the articles or fragments of other works, available in DI-fusion, provided:
The authors, title and full bibliographic details are credited in any copy;
The unique identifier (permalink) for the original metadata page in DI-fusion is indicated;
The content is not changed in any way.
It is not permitted to store the work in another database in order to provide access to it; the unique identifier (permalink) indicated above must always be used to provide access to the work. Any other use not mentioned above requires the authors’ or copyright owners’ permission.
U niversité libre de B ruxelles
Faculté des Sciences sociales, politiques et économiques Section des Sciences sociales
COMÉDIENS ITINÉRANTS À BRUXELLES AU XVIIF SIÈCLE
Thèse présentée en vue de l’obtention du doctorat de Sciences sociales, sous la direction du professeur C. J aveau
par Jean-Philippe VAN A elbrouck
U niversité ubre de B ruxelles
Faculté des Sciences sociales, politiques et économiques Section des Sciences sociales
COMÉDIENS ITINÉRANTS À BRUXELLES AU XVIIE SIÈCLE
Thèse présentée en vue de l’obtention du doctorat de Sciences sociales, sous la direction du professeur C. JAVEAU
par Jean-Philippe VAN A elbrouck
Année académique 2000-2001
Remerciements
Ma gratitude va à tous ceux et celles qui m’ont donné le goût de la recherche, de la danse et du théâtre, à tous ceux et celles qui m’ont incité et encouragé à présenter cette thèse, à tous ceux et celles qui m’ont patiemment assisté pendant son élaboration et sa rédaction.
En particulier, je remercie le professeur Manuel Couvreur, sans le soutien et les conseils duquel ce travail n’aurait pu voir le jour ; Anne-Françoise Drion et Vincent Delvaux, mes relecteurs et correcteurs patients, zélés et méticuleux ; Christiane et André qui m’ont transmis leur passion pour le genre humain et inoculé le virus de la curiosité.
De nombreuses institutions m’ont ouvert leurs portes. Je voudrais en remercier le personnel attentif et compétent qui m’a aidé dans mes recherches : la Bibliothèque royale Albert de Bruxelles, les Archives générales du Royaume, les Archives de la Ville de Bruxelles, ainsi que toutes les institutions que j’ai eu le plaisir de visiter en Belgique et à l’étranger.
Illustration de couverture :
Représentation théâtrale sur la Grand’Place de Bruxelles, par Balthazar Van den Bosch, vers 1710. Bruxelles, Musée communal.
Photo © ACL-Bruxelles, IRPA B 201.758.
t4 f>tésmt le théâtre
S-St en un y>oint sL haut e\ue chAcun l’iÀolÂtre, S-t ce Cfue votre temps voifoit avec mépris
^st aufourd'kui l’amour de tous les tons esprits, ü’entretien de ^!>atis, le souhait des provinces, He divertissement le plus doux de nos princes, /les délices du peuple, et le plaisir des grands : J)l tient le premier tan^ parmi leurs passe-temps ;
^t ceux dont nous voifons la sagesse profonde ÿt>ar ses illustres soins conserver tout le monde, prouvent dans les douceurs d’un spectacle si beau
quoi se délasser d’un si pesant -fardeau.
(Pierre Corneille, L’Illusion comique, acte V, sc. V).
Introduction
Le Théâtre de la Monnaie a fêté son tricentenaire entre 1995 et 2000, soit durant les cinq années qui, voici trois siècles, ont transformé la capitale des Pays-Bas espagnols en nouvelle scène lyrique et théâtrale internationale. Parmi les nombreuses manifestations organisées à l’occasion de cette commémoration, la publication d’un livre faisant le point de nos connaissances actuelles sur l’histoire de ce théâtre a mobilisé de nombreux chercheurs et historiens. Notre contribution à cet ouvrage nous a permis d’identifier les lacunes énormes qui entourent encore la vie théâtrale à Bruxelles, et plus particulièrement de relever les aspects trop fragmentaires des informations périphériques au Grand Théâtre.
Depuis quinze ans que nous rassemblons les documents épars relatifs au Théâtre de la Monnaie, nos recherches se heurtent non seulement à l’absence de sources pour des pans entiers de notre histoire théâtrale, mais aussi et surtout au caractère uniquement officiel des documents disponibles. Des chroniques et almanachs jusqu’aux quittances et reçus divers, la majorité des pièces d’archives concernent une vie « apparente » et publique du théâtre. Nulle trace des origines et des conditions sociales des comédiens, nulle analyse de leur caractère et de leur psychologie, nulle allusion au fonctionnement interne des troupes.
Nous étions pourtant convaincu qu’en tentant de brosser des « portraits » de comédiens - éléments biographiques parfois anecdotiques, souvent lacunaires -, une autre image du monde théâtral apparaîtrait en filigrane. C’est dans ce but que nous avons entrepris le dépouillement systématique d’archives rarement exploitées par les historiens du théâtre, mais d’un intérêt capital pour cerner de plus près la vie des comédiens. Les registres paroissiaux livrent en effet des informations individuelles qu’on chercherait en vain ailleurs. Un acte de baptême ou de mariage peut subitement éclairer d’un jour nouveau la composition d’une troupe ou le parcours d’un comédien ; il étaie le profil d’un personnage dont on ne connaissait par exemple que le pseudonyme, ou dont on ignorait l’itinéraire et le séjour dans une ville de passage.
Ainsi avons-nous retrouvé, au fil de nos investigations, des actes au bas
desquels figuraient plusieurs signatures de comédiens, formant à eux seuls la moitié
de la troupe résidant à ce moment dans une ville donnée. Dans certains cas - peu
nombreux mais significatifs -, l’acte indiquait la ville d’origine ou le lieu de
naissance du comédien. D’autres documents prouvaient que le père, la mère, le parrain et la marraine, tous comédiens, avaient bien fait partie de la même troupe, alors qu’on les croyait totalement étrangers l’un à l’autre, sans lien familial apparent.
Corroborant ou infirmant des informations que l’historien du théâtre Max Fuchs avaient réunies dans son Lexique ^ ces découvertes complètent naturellement des documents d’archives plus « officiels », tels que les autorisations municipales accordées aux troupes de passage, les procès de comédiens intentés par leurs créanciers, les actes passés devant notaire ou les registres d’appointements tenus par le régisseur de la troupe.
Nous avons largement fait usage de ces actes paroissiaux, pour la plupart inédits. Même si leur énumération paraît anecdotique, ils indiquent combien la circulation des comédiens était dense durant tout le xviii® siècle et ouvrent de nouvelles pistes à investiguer pour l’histoire du théâtre et de la société « comique »
2.
Car cette société nous est encore mal connue, et tout se passe comme si certaines habitudes, certains comportements, certains us et coutumes allaient de soi pour l’homme du XViif siècle, alors que nous pouvons à peine appréhender cette organisation sociale formée de codes, de signes de reconnaissance, de luttes d’influence et d’âpre concurrence entre membre d’une même troupe. Face à cette carence d’informations et aux écueils de l’interprétation, chaque nouvel indice renforce une hypothèse et en écarte une autre. L’ensemble du champ théâtral ne sera clarifié que lorsque toutes les pièces aujourd’hui disponibles auront été rassemblées et toutes les sources recoupées, entreprise qui dépasse largement le cadre d’une recherche individuelle.
*
L’histoire et la vie des troupes itinérantes au xviii® siècle a fait l’objet de nombreuses monographies, toutes centrées sur un aspect particulier, une ville ou, plus rarement, une région. Les auteurs de ces études étaient pour la plupart des polygraphes ou des littérateurs héritiers d’une manière d’écrire propre au XIX* siècle : combien d’auteurs ont décrit la vie théâtrale des provinces de France sans avoir aucune connaissance de l’histoire du théâtre et sans se préoccuper du destin des troupes qui traversaient leurs villes. Combien d’auteurs se sont contentés d’accumuler des notices anecdotiques classées par ordre chronologique, sans tenter de combler les lacunes d’archives par d’autres sources.
La plupart des monographies retracent en effet non pas la vie théâtrale d’une cité, mais plus souvent la succession d’événements disparates, liés tantôt à la
1