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Critères de sélection de modèle de fiabilité dans le cadre des risques concurrents

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Submitted on 22 May 2009

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Critères de sélection de modèle de fiabilité dans le cadre des risques concurrents

Yann Dijoux

To cite this version:

Yann Dijoux. Critères de sélection de modèle de fiabilité dans le cadre des risques concurrents.

41èmes Journées de Statistique, Société Française de Statistique, May 2009, Bordeaux, France. �inria- 00386710�

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Crit` eres de s´ election de mod` ele de fiabilit´ e dans le cadre des risques concurrents

Yann Dijoux

Management Science Department, University of Strathclyde, Glasgow

esum´e

Afin de mod´eliser la d´ependance entre les maintenances correctives et pr´eventives conditionnelles, nous utilisons le cadre des risques concurrents. Dans ce contexte, la fonctionφpeut ˆetre ais´ement estim´ee et est tr`es utile lors de la s´election de mod`ele.

Dans cette communication, nous proposons dans un premier temps d’´etudier les propri´et´es de l’estimateur non param´etrique de φ. Enfin, nous pr´esentons un test de monotonie de la fonction φ. Nous illustrons les r´esultats obtenus `a l’aide d’un jeu de donn´ees r´eelles.

Abstract

The competing risks framework is used for the joint modelling of the dependency between corrective and condition-based preventive maintenance. In this context, the φ function can be easily estimated and is very useful in model selection. In this communication, we first study the quality of the non-parametric estimator of φ. Finally, we present a statistical test on the monotony ofφ. The main results are illustrated by the study of a real dataset.

Mots cl´es : fiabilit´e, risque industriel, processus al´eatoires ponctuels, risques concurrents.

1. Introduction

Tout au long de leur vie op´erationnelle, les syst`emes complexes (centrales nucl´eaires, automobiles, etc...) sont soumis `a deux types de maintenance:

Les maintenances correctives (MC) interviennent suite `a une d´efaillance et visent `a remettre le syst`eme en marche.

Les maintenances pr´eventives (MP) interviennent lorsque le syst`eme est en ´etat de fonctionnement et ont pour but de r´eduire la d´egradation du syst`eme et retarder une ´eventuelle panne ult´erieure. Nous nous int´eressons plus particuli`erement aux MP conditionnelles, effectu´ees suite `a l’observation d’une d´egradation avanc´ee du syst`eme par l’´equipe de maintenance.

Pour un syst`eme neuf, on ne sait pas si la premi`ere maintenance sera corrective ou pr´eventive. Soit Z le temps potentiel d’attente jusqu’`a la premi`ere MC suite `a une

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`a l’instant Y. Ainsi, le temps r´eel d’attente avant la premi`ere maintenance est W = min(Y, Z) et le type de cette maintenance est d´etermin´e par U = 1I{Y≤Z}. U = 0 si la maintenance est corrective et U = 1 si elle est pr´eventive.

Nous venons de pr´esenter le principe des risques concurrents (Crowder, 2001), d´evelopp´e dans le contexte de la maintenance par Cooke et Paulsen (1994) ou Cooke et Bedford (2002). D´esormais, Y etZ seront respectivement appel´es risque de MP et risque de MC.

Par la suite, nous d´efinissons la fonction φ, couramment employ´ee dans le cadre des risques concurrents. Puis, nous pr´esentons les principaux mod`eles de risques concurrents en pr´ecisant la monotonie de la fonction φ pour chacun des mod`eles. L’ estimateur non param´etrique de φ sera alors pr´esent´e ainsi que de nouveaux r´esultats sur la qualit´e de cet estimateur. Enfin, nous pr´esentons un test de monotonie surφ bas´e sur la statistique de Wilcoxon.

2. Le contexte des risques concurrents

2.1 D´efinitions

La d´ependance entre le risque de MP Y et le risque de MC Z s’exprime par la loi jointe de (Y, Z), d´efinie par sa fonction de survie bivari´ee S(y, z) = P(Y > y, Z > z).

Les difficult´es d’identifiabilit´e font que l’on ne peut estimer que les fonctions li´ees `a la loi jointe de (W, U). En particulier, on d´efinit une fonction appel´ee commun´ement φ:

φ(w) = P(Y Z|W > w) = P(U = 1|W > w)

Concr`etement, φ(w) est la probabilit´e que la prochaine maintenance soit pr´eventive sachant qu’elle n’a pas encore eu lieu `a l’instantw. Etant estimable, cette fonction permet d’avoir des crit`eres sur le choix d’un mod`ele de risques concurrents appropri´e `a un jeu de donn´ees particulier.

2.2 Les principaux mod`eles

Les principaux mod`eles de risques concurrents utilis´es en fiabilit´e et en analyse de la maintenance sont les suivants:

Le mod`ele `a risques ind´ependants est la situation la plus simple o`u l’on consid`ereY etZ ind´ependants. Le mod`ele est alors compl`etement d´efini par les lois marginales de Y et Z. Comme nous consid´erons des MC et MP conditionnelles toutes deux li´ees `a la d´egradation du syst`eme, il n’est pas r´ealiste d’utiliser ce mod`ele bien que les ´equations qui en d´ecoulent soient tr`es simples.

Les mod`eles `a hasards proportionnels consistent `a supposer que le type (U) et l’instant (W) de la premi`ere maintenance sont ind´ependants. Pour ces mod`eles, la fonction φ est constante.

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Le mod`ele le plus employ´e en fiabilit´e est le mod`ele Delay-Time (Christer, 2002):

Y = A +B et Z = A +C, avec A, B et C, variables al´eatoires mutuellement ind´ependantes. Acorrespond `a une alerte ´emise avant la d´efaillance et B etC sont les temps d’attente apr`es cette alerte avant d’effectuer une MP ou d’observer une d´efaillance. QuandB et C sont de lois exponentielles, φ est constante.

Les mod`eles faisant l’hypoth`ese de signe al´eatoire consistent `a supposer que le type (U) de la premi`ere maintenance et l’instant (Z) de la potentielle d´efaillance sont ind´ependants. Pour ces mod`eles, la fonctionφ est maximum `a l’origine. Parmi ces mod`eles, on peut citer le mod`ele IPRA (Langseth et Lindqvist, 2003) pour lequel φ est d´ecroissante.

Le mod`ele Alert-Delay (Dijoux et Gaudoin, 2008): Y = pZ+E, avec Z et E deux variables positives ind´ependantes. Le syst`eme ´emet un signal d’alerte `a un instant proportionnel `a la date de la potentielle d´efaillance. Il faut alors un d´elaiE avant de pouvoir effectuer une MP. Si ce d´elai est trop long, on observe une panne suivie d’une MC. LorsqueZ etE suivent des lois exponentielles, la fonction φ est croissante.

3. Etude de l’estimateur non param´etrique de φ

3.1 D´efinition et propri´et´es

Dans une approche statistique, on ´etudie un syst`eme r´eparable soumis `a une s´equence de maintenances pr´eventives et correctives. Cela consiste `a observer une suite de dur´ees inter-maintenance et leur type de maintenance associ´e, `a savoir une s´equence dekcouples (Wi, Ui){i∈[1,k]}. Dans le cadre des risques concurrents classiques, on suppose les mainte- nances parfaites et donc que les (Wi, Ui){i≥1} sont iid. L’ estimateur de φ est alors:

cφk(w) = ( Pk

i=1Ui1l{Wi>w} Pk

i=11l{Wi>w} si maxi=1..kWi > w

γ(W1, . . . , Uk)[0,1] si maxi=1..kWi w (1) o`uγ(W1, . . . , Uk) est une fonction d´eterministe du pass´e du processus. Nous avons prouv´e le r´esultat suivant sur cet estimateur:

Th´eor`eme 1 : cφk est un estimateur asymptotiquement sans biais et convergent de φ.

Plus pr´ecis´ement, le biais B[cφk(w)] vaut:

B[cφk(w)] =E[cφk(w)]φ(w) = (E[γ(W1, . . . , Uk)|max

i=1..kWi w]φ(w))(1SW(w))k Cet estimateur est sans biais lorsque E[γ(W1, . . . , Uk)|maxi=1..kWi w] = φ(w). Il parait alors malheureusement difficile d’avoir un estimateur sans biais de φ en w. Toute-

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γ(W1, . . . , Uk)=0. Cela signifie qu’au-del`a de maxi=1..kWi, on consid`ere que toutes les maintenances sont correctives. Le biais est alors φ(w)(1SW(w))k.

γ(W1, . . . , Uk)=1. Au-del`a de maxi=1..kWi, on consid`ere que toutes les maintenances sont pr´eventives. Le biais est B[cφk(w)] = (1φ(w))(1SW(w))k.

γ(W1, . . . , Uk) = P

k i=1Ui

k . Cela revient `a estimer φ(w) par la proportion de MP. On obtient alors B[cφk(w)] = (φ(0)φ(w))(1SW(w))k−1.

γ(W1, . . . , Uk) = U, o`uU est le type de maintenance associ´e `a la plus grande valeur deWi. Il parait vraisemblable que pour ce choix de γ(W1, . . . , Uk), l’estimation de φ(w) sera meilleure que les pr´ec´edentes si φ est monotone.

3.2 Discussion

En comparant la forme de l’estimateur et celle de la fonctionφth´eorique pour plusieurs mod`eles, on peut d´eterminer quel mod`ele est le plus adapt´e pour des donn´ees. Si cφk

est maximum `a l’origine, on peut privil´egier un mod`ele de signe al´eatoire. Si cφk est pratiquement constante, on peut opter pour un mod`ele `a hasards proportionnels. Si cφk

est croissante, on peut opter pour le mod`ele Alert-Delay.

Int´eressons nous `a un jeu de donn´ees provenant de donn´ees de maintenances pour deux compresseurs identiques provenant d’une usine Norsk-Hydro productrice d’ammoniac.

Sur 21 ann´ees d’observation, 321 maintenances ont ´et´e effectu´ees, 189 MP et 132 MC.

L’estimateur non param´etrique deφest pr´esent´e sur la figure 1. On observe quecφkfluctue entre les valeurs 0.6 et 0.7 et semble l´eg`erement croˆıtre. La section suivante apporte des indications suppl´ementaires sur le mod`ele `a privil´egier.

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90

0.56 0.58 0.6 0.62 0.64 0.66 0.68 0.7

Figure 1: Estimation non param´etrique de φ

4. Test de monotonie de φ

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La visualisation decφkdonne des indications pr´ecieuses sur le choix d’un mod`ele. Dans le contexte de la maintenance, Dewan et al. (2004) ont propos´e une proc´edure statistique bas´ee sur le test de Kendall afin de tester si φ est constante. Ces tests sont bas´es sur les travaux de Deshpande et Sengupta (1995). Par la suite, nous proposons une proc´edure de tests non param´etriques, facilement impl´ementable, bas´ee sur le test de Wilcoxon, toujours afin de tester si φ est constante.

Le principe est le suivant : si la fonction φ associ´ee `a un mod`ele est constante, cela signifie que W et U sont ind´ependants, ce qui correspond `a un mod`ele `a hasards pro- portionnels. En se pla¸cant sous l’hypoth`ese que φ est constante (H0), supposons que l’on observe un ´echantillon de k maintenances (Wi, Ui){1≤i≤k}. Comme W et U sont ind´ependants, on peut consid´erer que les dur´ees de MC observ´ees (Wi, Ui = 0){1≤i≤k} et les dur´ees de MP observ´ees (Wi, Ui = 1){1≤i≤k} sont deux sous-´echantillons de (Wi){1≤i≤k}. SoitW1, . . . , Wkla statistique d’ordre de l’´echantillonW1, . . . , WketUi le type de la main- tenance associ´e `a la dur´eeWi. Sous H0, comme W etU sont ind´ependants, le rang d’un instant d’observation est ind´ependant du type de la maintenance. Ainsi, les deux sous-

´echantillons doivent ˆetre r´epartis de mani`ere homog`ene dans l’´echantillon complet. En revanche, siφ est croissante, les rangs de (Wi, Ui = 1){1≤i≤k} doivent ˆetre plus ´elev´es que (Wi, Ui = 0){1≤i≤k}. Le test de Wilcoxon permet justement de comparer deux ´echantillons ind´ependants. Il est bas´e sur la somme des rangs des observations du second ´echantillon dans l’´echantillon complet. On aboutit `a la propri´et´e suivante:

Propri´et´e 1 Sous H0 constante), T = 2P

k

i=1iUi−(k+1)Pk i=1Ui

(k+1)(Pk

i=1Ui)(k−Pk i=1Ui)

3 → NL (0,1)

o`u N(0,1) d´esigne la loi normale centr´ee r´eduite. En pratique, il est n´ecessaire d’observer au moins 8 MP et 8 MC afin de pouvoir faire une approximation normale.

Autrement, on doit utiliser les tables de la loi de Wilcoxon. Sous l’approximation nor- male, on construit les tests en d´efinissant leur r´egion critiqueW. On obtient :

Th´eor`eme 2 Tests de monotonie de φ de seuil α :

(i) Test de “H0 :φ constante” contre “H1 :H0”: W =

|T|> uα

2 .

(ii) Test de “H2 :φ d´ecroissante” contre “H3 :φ croissante”: W ={T > uα}.

(iii) Test de “H3 :φ croissante” contre “H2 :φ d´ecroissante”: W ={T <uα}. o`u uα est le quantile d’ordre 1α de la loi normale centr´ee r´eduite.

Bien que construite de mani`ere tr`es diff´erente, la statistique TD propos´ee par Desh- pande et Sengupta (1995) est asymptotiquement ´equivalente `a la statistiqueq T. On peut

k(k+1)

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Pour illustrer la d´emarche, on teste sur les donn´ees Norsk-Hydro de la figure 1 si la fonctionφ est croissante en utilisant le test(ii). On obtient comme statistique T = 1.74.

La p-valeur correspondante est αc = 4.1%. En particulier, en se fixant un seuil de 5%, on conclut que φ est croissante, ce qui est conforme `a la visualisation deφ. Le test confirmeb donc qu’un mod`ele pertinent pour ces donn´ees doit avoir une fonction φ croissante.

5. Conclusion et perspectives

Dans ce papier, nous avons pr´esenter deux m´ethodes, bas´ees sur l’´etude de la fonction φ, afin d’avoir des crit`eres de s´election de mod`ele de risques concurrents. En premier lieu, le comportement de l’estimateur non param´etrique deφpermet visuellement d’opter pour un mod`ele adapt´e. On a montr´e la convergence de cet estimateur. Dans un deuxi`eme temps, on peut effectuer un test de monotonie de φ pour affiner le choix de mod`ele.

Toutefois, ces m´ethodes restent tr`es globales. Il serait int´eressant de trouver une proc´edure qui puisse ´evaluer la pertinence d’un mod`ele de risque concurrent particulier, comme des statistiques d’ad´equation d’un mod`ele pour un jeu de donn´ees. De plus, nous avons port´e notre attention sur la fonction φ, mais d’autres fonctions estimables comme les fonctions de sous-survies conditionnelles peuvent ˆetre employ´ees. Enfin, les m´ethodes propos´ees se placent dans le cadre o`u les maintenances sont parfaites, et il serait int´eressant de g´en´eraliser ces crit`eres en pr´esence de maintenance imparfaite.

Bibliographie

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