Article original
Nodulation in vitro d’Acacia mangium
Willd (Leguminosae)
A Galiana J Alabarce E Duhoux
1 CTFT/ORSTOM,
biotechnologie
des systèmes symbiotiques forestiers tropicaux;2CTFT/ORSTOM, université Paris VII et biotechnologie des
systèmes symbiotiques
forestiers
tropicaux,
45 bis, avenue de la Belle Gabrielle, 94736Nogent-sur-Marne
Cedex, France (Reçu le 13 février 1990;accepté
le 10 avril 1990)Résumé — Un nouveau dispositif de culture in vitro a permis d’étudier les conditions de la nodula- tion de
jeunes plantes
d’Acaciamangium
inoculées avec la souche de Bradyrhizobium sp Aust13c.La
cinétique
de la nodulation a été suiviependant plus
de 3 mois et apermis
de mettre en évidence3 vagues successives de formation de nodules. La
répartition
des nodules lelong
dusystème
raci- naire, l’activité réductrice de l’acétylène et la croissance des plantes nodulées ont été étudiées enfonction de l’âge de la plante au moment de l’inoculation et de la présence ou non d’une source
d’azote minéral
(KNO 3 ,
0,2 mmol/l). Ledispositif
utilisé apermis d’optimiser
les conditions de la nod- ulation in vitro et a facilité les observations de la nodulation au cours de la croissance desplantes.
Ce
dispositif expérimental
est désormais utilisé pour sélectionner de manièreprécoce
les 2 parte-naires de la symbiose Acacia mangium - Bradyrhizobium sp et
pourrait
êtreadapté
à l’étude de la nodulation d’autresLégumineuses
ligneuses.nodulation in vitro / Acacia mangium /
Bradyrhizobium
sp / fixationbiologique
de l’azoteSummary —
In vitro nodulation in youngplants
of Acacia mangium Willd(Leguminosae). A
new in vitro method was developed to compare the effect of early versus late inoculation on nodula- tion of Acacia mangium seedlings by Bradyrhizobium sp strain Aust 13 c. During the 3-month culture
period,
the time course of nodulation exhibited 3 activephases separated
by 2 stationaryphases (the
first one 10 d, the second 45d-long).
When plants were inoculated early (ie
immediately,
T(I) = 0 d aftergermination
or T(15)
= 15 dafter
germination)
in the absence of combined N, nodulation was restricted to the basal part of theroot system and nodule number was the
highest.
In the presence of combinednitrogen (KNO 3 ,
0.2mmol/l)
nodulation shiftedslightly
towards the root apex.When
plants
were inoculated later(T(I)
= 30 d aftergermination)
in the absence of combined ni- trogen, nodulation occurred at the apex of the root system and nodule number was thehighest
whennitrogen
was added to the culture medium.After 5 months of
growth,
nodule number anddry weight,
shoot dryweight
and acetylene reduc-tion
activity (ARA)
weresignificantly higher
(P = 0.05) in plants inoculated early(immediately
or 15 dafter
germination)
than inplants
inoculated later.Application
of combined nitrogen to the medium did notsignificantly (P
= 0.05) affect shoot dryweight,
nodulation and ARA.The method used
proved
to be the most convenient to study nodulation duringplant
growth be-cause it allowed continuous and non destructive observations to be made. In the future, it could
probably
be used forearly
selection of the 2 partners of the Acaciamangium-Bradyrhizobium
spsymbiosis
and would also be suitable in nodulation studies of otherwoody legumes.
in vitro nodulation /Acacia
mangium /Bradyrhizobium
sp / nitrogen fixation*
Correspondance
et tirés à partINTRODUCTION
Acacia
mangium
est un arbre fixateurd’azote
originaire
d’Australie. Il est introduit enplantations
industrielles dans les zonestropicales
humidesdepuis plusieurs
an-nées,
notamment en Asie duSud-Est,
pour son bois à usagesmultiples
et poursa croissance très
rapide
avec enmoyenne 20 m3·ha-1·an-1
(Nat
Acad SciUSA, 1983). L’aptitude
d’Amangium
àcroître sur des sols
dégradés
et acidesparticulièrement
déficients en azote,grâce
notamment à son
aptitude
à fixer l’azoteatmosphérique (NFT Highlights, 1987),
enfait une
espèce qui pourrait
être utiliséedans les
systèmes agroforestiers
ou dansle cadre de la restauration de sols appau- vris par des cultures intensives
(Pomier
etal, 1986).
Pour une
plante
hôtedonnée,
la fixationbiologique
de l’azotedépend
de l’infectivité et de l’effectivité des souches de rhizo- bium utilisées. L’infectivité d’une souche de rhizobium est caractérisée par la distri- bution et le nombre de nodules formés surl’ensemble de
l’appareil
racinaire desplants
inoculés. Pour réaliser une étudeexpérimentale
de lanodulation,
différentsdispositifs
ont été utilisés dans les condi- tions delaboratoire,
soit en conditionssemi-aseptiques :
sachets de croissance(growth pouches) (Bhuvaneswari
etal, 1980, 1981; Turgeon
etBauer,
1982; Ta-kats, 1986),
surfacesgélosées (Dart, 1977),
soit totalementaseptiques : gé-
loses aérées
(Lakshminarayana
etal, 1988),
sable(Dhawan
etBhojwani, 1987).
Nous avons
procédé
pour notre étude à l’inoculation dejeunes plantes
d’A man-gium
dans undispositif
in vitro amélioré où laplante
est enasepsie complète
et lesnodules situés hors du milieu de culture.
D’une manière
générale,
lespremières
étapes
de la croissance des arbres sontplus
lentes que celles desplantes
an-nuelles. Notre
dispositif
in vitro sembledonc
particulièrement adapté
auxplantes ligneuses
fixatrices d’azotequi peuvent,
comme Amangium,
être cultivéespendant plus
de 6 mois dans les tubes de culture.La
présente
étude avait pour but d’exa- miner l’effet de la date d’inoculationaprès
la
germination
desgraines,
enprésence
ou en l’absence d’une faible dose d’azote
minéral,
sur la distribution des nodules lelong
del’appareil
racinaire ainsi que sur la croissance et l’activité fixatrice deN 2
desplantes.
Elle apermis également
de suivreavec
précision
lacinétique
de nodulationau cours des
106 j qui
ont suivi l’inocula- tion.MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Plante hôte
Les
graines
d’A mangium Willd (tribu desPhyllo-
dineae) ont été récoltées en Australie (prove-nance Rex Range Queensland, référence CTFT 84/4136 N).
Bradyrhizobium
La souche de Bradyrhizobium sp Aust13c, iso- lée au laboratoire à
partir
de nodules d’A man-gium récoltés en Australie (Galiana et al, 1990),
a été inoculée aux
plantes après
7 j de culture à 28 °C sur milieu YEM(Vincent,
1970).Tubes de culture
Le système de culture est constitué par un tube en verre (25 mm x 150 mm) dans lequel ont été
introduites 2 mottes
Milcap 1
superposées main-1 MILCAP, Le Courtil, Chemin de Montbault Nuaillé 49 340 Trémentines
tenues par une
baguette
de verre au-dessusd’un réservoir de solution nutritive
(fig
1). Cesmottes sont constituées de fibres de polypropy-
lène
chimiquement
inertes, très aérées maisqui
retiennent mal l’eau. Une mèche latérale de pa-
pier filtre qui plonge dans le réservoir en assure
l’imbibition. Les
plantes
sont alimentées avec unmilieu minéral de base sans azote - N (Ano-
nyme, 1983) ou avec le même milieu enrichi en azote + N
(KNO 3 ,
0,2 mmol/l). Le milieu de base est dilué 4 fois afin d’éviter une concentration excessive des sels minéraux lors del’évapora-
tion de l’eau. Cette faible concentration en azote
qui
assure un bon début de croissance à laplante
est couramment utilisée sous le nomd’azote starter
(Rigaud,
1981).Chaque
tube re- çoit 20 ml de milieu nutritif au moment de la mise enplace
de laplante
dans le tube. Le mi- lieu de culture est renouvelé tous les 3 mois. Le tube est obturé par un bouchon en ouate de cel- lulose. Les tubes de culture sont stérilisés à l’au- toclave (20 min à 120 °C).Mise en
place
et inoculation desplantes
Les
graines
sont scarifiées à l’acidesulfurique
concentré (95%)
pendant
1 h, puis désinfectées dans une solution à 5% d’hypochlorite de cal-cium (70% de chlore actif) pendant 20 min.
Après 3 rinçages de 10 min à l’eau distillée sté- rile, les graines sont mises à germer à la lumière
sur eau gélosée en boîte de Petri. Huit
jours
après la scarification des graines, lesjeunes
plantes sont transférées dans les tubes de cul- ture et placées à la surface de la motteMilcap.
La
jeune
racine est alors disposée entre lamotte et la paroi du tube de culture, ce qui per- met l’observation continue de la nodulation
(fig
2).L’inoculation est réalisée en déposant, à
l’aide d’une seringue, 1 ml de culture pure li-
quide
de Bradyrhizobium sp (souche Aust13C)de 7 j, contenant 109 bactéries/ml, au contact des racines de la plante. L’appareil racinaire est
protégé
de la lumière par un manchon enplasti-
que noir amovible
qui
recouvre lapartie
infé-rieure du tube. Les tubes sont
placés
enchambre de culture à 27 ± 1 °C avec une
photo- période journalière
de 16 h et sous une intensité lumineuse de 50μE·m -2 ·s -1 ,
en alternanceavec 8 h d’obscurité à la
température
de 25 ±1 °C.
Observations et
expression
desrésultats
Expérience préliminaire
1 :cinétique
denodulation et activité réductrice
d’acétylène
desplantes
cultivées en tubesUne semaine
après
la scarification, lesgraines germées
ont été inoculées au moment de leur transfert dans les tubes. A cette date T(I) = 0 jon considère que les
plantes
sont âgées de 0 j.Les plantes ont ensuite été
prélevées après
15,28, 35, 70 et 106 j de croissance dans les tubes. Le nombre de nodules, le
poids
de ma-tière sèche des nodules mesuré après sèchage
à l’étuve
pendant
72 h, l’activité réductriced’acétylène (ARA)
mesurée par chromatogra-phie
enphase
gazeuse selon lesprocédures
habituelles
(Hardy
et al, 1968), ont été détermi-nés sur 10
plantes
àchaque prélèvement.
Expérience
2 : Etude de la nodulation dans le cas deplantes
inoculées à différentsâges
enprésence
ou nond’azote starter
Les
plantes
ont été cultivées sur milieu + N ou -N et inoculées immédiatement (T(I) = 0
j) après
leur mise en
place
dans les tubes de culture ou 15, 30 et45 j plus
tard(T( I)
= 15, 30 ou 45j).
Dans ces différentes conditions, 3 types d’obs- ervations ont été effectuées :
- Distribution des nodules sur
l’appareil
raci-naire
15 j après
l’inoculation;- Cinétique de la nodulation en fonction de la date d’inoculation T(I);
- Nodulation, ARA et croissance des
plantes après
5 mois de culture.Dix
plantes
ont été observées pour chaque date d’inoculation et sur chaque milieu minéral avec ou sans azote.RÉSULTATS
Cinétique
de la nodulation et de l’ARAsur des
plantes
inoculées à0 j (T( I) = 0 j)
Lorsque
l’inoculation desplantes
avec lasouche de
Bradyrhizobium
sp Aust13c alieu au moment de leur installation dans les tubes, soit à
T(I)
= 0j,
100% desplantes
sont nodulées. Lafigure
3 montreque le nombre et le
poids
de matière sèche des nodules croissent tout aulong
de
l’expérimentation,
cequi indique
queles
plantes
sont encorephysiologiquement
actives
après 106 j
dans ces conditions de culture. Dans notredispositif,
les nodulesapparaissent
et sedéveloppent
environ10-15 j après
l’inoculation desplantes
par la souche deBradyrhizobium
sp. Les no-dules observés chez A
mangium
ont unemorphologie qui
évolue au cours dutemps. Sphériques (0,5
à 1,5 mm de dia-mètre) quand
ils sontjeunes,
ils devien-nent
cylindriques ((2-4)
x 1,5mm)
10 se-maines
après
l’inoculation desplantes.
Dans les conditions
expérimentales adop- tées,
Amangium présente
3 vagues suc-cessives de formation de nodules
sépa-
rées par 2
périodes,
lapremière
de 10j,
laseconde de 45
j, pendant lesquelles
aucunnodule ne se forme, alors que leur bio-
masse continue à croître de
façon conti-
nue. L’ARA des
plantes
nodulées croît defaçon exponentielle
àpartir
du28 e j
de cul-ture et commence à ralentir
70 j après
l’in-oculation.
Influence de la date d’inoculation et de
l’apport
d’azote minéral sur lanodulation et l’ARA des
plantes
Distribution des nodules
Le nombre et la distribution des nodules varient selon la date d’inoculation et en
fonction de la
présence
ou de l’absence d’une source d’azote dans le milieu de cul- ture. Les observations sonttoujours
effec-tuées
15 j après
l’inoculation(fig 4),
et lesdates d’observation
T(O)
=15,
30 et45 j correspondent
doncrespectivement
aux dates d’inoculationT(I)
=0, 15
et 30j.
La
répartition
des nodules varie en fonc- tion de la date d’inoculation. Eneffet,
une inoculationprécoce
àT(I)
=0 j
provoqueune nodulation
proche
du collet de laplante
tandisqu’une
inoculation tardive àT(I)
= 15 et30 j
provoque un étalement de la distribution des nodules lelong
del’ap- pareil
racinaire. Chez lesplantes
inoculéesaux
temps T(I)
= 0 et 15j,
les nodules sesituent au niveau des
points d’émergence
des racines
secondaires,
àproximité
de laracine
principale. Lorsque
l’inoculation estplus
tardive(T(I)
= 30j),
les nodules se si- tuent dans larégion
médiane des racines secondaires.L’addition d’une faible dose de
KNO 3 (0,2 mmol/l)
dans le milieu de culture pro- voque unléger déplacement
de la distribu-tion des nodules du collet vers
l’apex
de la racineprincipale (fig 4)
et a un effetpositif
sur le nombre de nodules formés à
T(I)
=30
j.
Cinétique
de la nodulationSur milieu
dépourvu
deKNO 3 ,
le nombrede nodules formés
pendant 60 j
se stabi-lise
15 j après
l’inoculation desplantes (fig 5).
Le nombre maximal de nodules(6- 7)
est obtenu chez lesplantes
inoculéesimmédiatement
(T(I)
= 0j)
ou15 j (T(I) =
15
j) après
lagermination. Lorsque
lesplantes
sont inoculées30 j (T(I)
= 30j)
ou45 j (T(I)
= 45j) après
lagermination,
2 à 3nodules par
plante
seulement sont formés.Lorsque
le milieu de culture contient duKNO
3
à 0,2 mmol/l(fig 6),
lacinétique d’apparition
des nodules n’est pas sensi- blement modifiée parrapport
au milieusans azote minéral si les
plantes
sont ino- culées àl’âge
de0 j (T( I)
= 0j)
et de15 j
(T(
I)
= 15j).
Par contre,lorsque
lesplantes
sont inoculées àl’âge
de 30j, l’ap- port
deKNO 3
devientbénéfique
etpermet
la formation d’un nombre de nodules com-
parable
à celui obtenu lors d’inoculationsplus précoces. Toutefois, lorsque
lesplantes
sont inoculées àl’âge
de45 j (T(I)
= 45
j),
l’addition deKNO 3
n’estplus
suffi-sante pour obtenir une nodulation
opti-
male,malgré
son effet encorepositif
parrapport
au milieudépourvu
deKNO 3 .
D’ailleurs, les
plantes
inoculées àl’âge
de45 j
restent dans leurmajorité
chloroséeset peu
développées
et environ la moitiédes
plantes
meurentaprès
l’inoculation.Nodulation,
ARA et croissance desplantes après
5 mois de croissanceAprès
5 mois de croissance, lesplantes
des différents traitements ont été
préle-
vées pour évaluer leur croissance et leur ARA en relation avec la nodulation.
D’après
le tableau I, les différents para- mètres étudiés varient dans le même sensquelles
que soient les conditions de culture testées : lespoids
de matière sèche destiges
feuillées et des nodules sontsignifi-
cativement corrélés
(r
=0,92),
lerapport poids
de matière sèche destiges
feuillées/poids
de matière sèche des nodules étantproche
de 10.L’analyse
factorielle de ces données(résultats
nondécrits)
montre quel’effet du facteur
principal «période
d’inocu-lation
T(I)»
estsignificatif (P
=0,05),
contrairement au facteur
principal «apport
de
N», quels
que soient lesparamètres
considérés,
tandis que l’interaction des 2 facteurs estsignificative.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS Le
dispositif
de cultureprésenté ici,
pos- sèdeplusieurs avantages
pour étudier lespremières étapes
de la nodulation les Lé-gumineuses.
II estsimple,
peu encombrant et les fibres depolypropylène
constituentun
support
inerte, d’utilisation aisée. Par rapport auxsystèmes classiques
utilisantdes milieux
gélosés,
il assure une aération et une humidité satisfaisantes au niveau desracines, qui
favorisent ainsi leséchanges
gazeux, notamment l’accessibili- té des nodules à l’azoteatmosphérique.
Avec ce
dispositif,
lesplantes peuvent
croître à l’intérieur des tubes enasepsie
to-tale avec un contrôle
optimal
des différents facteurs(milieu nutritif,
conditions de cul-ture...), indépendamment
des variations environnementales. Ilpermet
de réaliser des observations continues et non destruc- tives de la nodulation.L’analyse
de l’activi- té réductriced’acétylène pendant
les 3 pre- miers mois(106 j)
amontré
que les nodules avaient une activité fixatriced’azote
continue dans cesystème
de cul-ture.
L’analyse
des différentesparties
de laplante
est aisée carl’appareil
racinairepeut
êtreséparé
facilement du substrat. Lacomparaison
des résultats obtenus à 3,5mois
(fig 3)
avec ceux obtenus à 5 mois re-latifs à
T(I)
=0 j (-N) (tableau I),
montreque le nombre et le
poids
de matièresèche de nodules ainsi que le
poids
dematière sèche de
tiges
feuillées(résultats
non décrits à
3,5 mois)
continuent à aug-menter entre ces 2 dates tandis que l’ARA
se maintient au même niveau avec une
moyenne
proche
de 120 nmol·h-1(C 2 H 4 )/
plante
dans les 2 cas. Ces résultats sug-gèrent
que ledispositif
assure undévelop- pement
satisfaisant de laplante pendant
au moins 5
mois,
bien que l’éclairement ambiant soit limitant en chambre de cul- ture et réduise l’activitéphotosynthétique
des
plantes.
Dans nos conditions
expérimentales,
les nodules racinaires
apparaissent
au ni-veau des
points d’émergence
des racinessecondaires à
proximité
de la racineprinci- pale.
Pour lamajorité
desespèces
de Lé-gumineuses étudiées,
l’infection a lieu au niveau de la zone decroissance
despoils absorbants,
lespoils
immatures encorepeu
développés
constituant la voieprinci- pale
depénétration
des rhizobiums. Il en est ainsi chezGlycine
max(Bhuvaneswari
et
al,
1980;Turgeon
etBauer, 1982), Vigna sinensis, Medicago
sativa(Bhuva-
neswari
et al, 1981), Macroptilium
atropur- pureum(Ridge
etRolfe, 1986).
Chez Amangium,
nous n’avons pas observé de relation entre la distribution des nodules et la localisation despoils
absorbants(résul-
tats non
présentés ici).
Ledéveloppement
des nodules sur la
partie
basale des ra-cines secondaires
pourrait
faire penser àun
phénomène
depénétration
intercellu- laire detype
crackentry
décrit chez d’autresLégumineuses
comme Arachishypogea (Chandler, 1978),
Sesbania ros-trata
(Tsien
etal,
1983;Duhoux, 1984), Stylosanthes
sp(Ranga Rao, 1977),
Aes-chynomene afraspera (Alazard
etDuhoux, 1990). L’analyse cytologique
des pre-mières
étapes
de l’infection, que nousavons
entreprise,
devrait nouspermettre
de
préciser
le mode d’infection des racines d’Amangium
par lesBradyrhizobium.
Une
caractéristique importante
de la no- dulation est lapériode d’apparition
des no-dules. Notre
dispositif expérimental
a per-mis de mettre en évidence 3 vagues suc- cessives de formation de nodules au cours
du
temps.
Cetterythmicité pourrait
résulterd’un
phénomène d’autorégulation
de la no-dulation, phénomène
décrit chezquelques Légumineuses (Pierce
etBauer,
1983;Malik et Bauer,
1988).
Larythmicité
obser-vée concerne
uniquement
le nombre denodules formés et non pas les autres para- mètres :
poids
de matière sèche destiges feuillées, périodes d’apparition
des feuilles(résultats
nonprésentés ici), poids
de ma-tière sèche des nodules et
ARA, qui
aug- mentent de manière continue au cours dutemps.
Chez lesoja,
étudié auchamp,
Gibson et al(1982)
ont décritégalement
une
augmentation rythmique
dupoids
dematière sèche des nodules et de leur acti- vité réductrice
d’acétylène spécifique (SARA);
mais lesrythmes
décrits pou-vaient être attribués soit à des facteurs en-
vironnementaux, soit à d’éventuels fac- teurs
endogènes
de variation. Au contraire, avec notredispositif qui
assurele contrôle des conditions de culture et une
observation continue du
système
racinaire,la
rythmicité
de la nodulation observée nepeut
être attribuéequ’à
l’action de facteursendogènes.
Notredispositif
pourra être uti- lisé ultérieurement pourpréciser l’origine
de la formation
rythmique
des nodules d’Amangium.
La date
optimale
d’inoculationaprès
lagermination
desplantes
a été déterminée.L’ARA et la croissance des
plantes
n’ontpas été modifiées
lorsque
l’inoculation a eulieu 0 ou
15 j après
lagermination,
que lemilieu nutritif contienne ou non de l’azote.
En l’absence d’azote
combiné, lorsque
l’in- oculation a eu lieu 30 ou45 j après
la ger-mination,
lanodulation,
l’ARA etla
crois-sance des
plantes
étaientréduites.
Lafaible nodulation observée
s’explique
parun mauvais état
physiologique
de laplante
résultant de la carence en azote combiné.
Par contre, en
présence d’azote,
la nodula-tion et la croissance des
plantes
inoculéessont satisfaisantes tant que l’inoculation a
eu lieu avant 45
j.
Ces résultats confirment l’effet favorable de laprésence
d’une faible dose d’azote(azote starter)
dans le milieude culture sur la nodulation.
Après
5 mois de culture dans cedispo- sitif,
lesplantes
ont une croissance et uneactivité fixatrice d’azote corrélées à leur nombre de nodules
(tableau I). Or,
le nombre de nodules formés sur ces mêmesplantes
variaitdéjà
dans le même sens 15j après
leur inoculation(fig 5).
Ces obser-vations
suggèrent
que des tests de sélec- tionprécoce peuvent
être mis enplace
pour identifier les
couples performants
dela
symbiose.
Le
dispositif
décrit ici nous apermis d’optimiser
les conditions de culture in vitro de l’Acaciamangium.
Il a été utilisé au la- boratoire avec d’autresLégumineuses
etcertaines
plantes
actinorhiziennes. Il s’estrévélé particulièrement
efficace pour tester l’effectivité de souches variées deBrady-
rhizobium sp chez A
mangium,
en accordavec les résultats obtenus au
champ (ré-
sultats non
publiés).
Cedispositif pourrait
être
également employé
pour sélectionner defaçon précoce
desplantes
hôtes à hautpotentiel
fixateur d’azote.REMERCIEMENTS
Nous remercions YR
Dommergues
pourses conseils lors de la
préparation
du ma-nuscrit.
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