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In Memoriam : Jean Alexandre (25.12.1925 – 01.02.2012)

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BSGLg, 59, 2012, 85-86

In Memoriam : Jean Alexandre (25.12.1925 – 01.02.2012)

Le Professeur Jean Alexandre est parti discrètement comme il l’a toujours été. Il n’a parlé à personne de la maladie qui le rongeait durant les dernières années de sa vie pour rester le plus longtemps possible au service de Sybille (Lily), son épouse avec laquelle il a partagé ses années d’études en sciences géographiques mais également sa carrière universitaire à l’Université de Lubumbashi et ensuite à l’Université de Liège.

Jean Alexandre était un membre assidu et engagé de la Société Géographique de Liège dont il a été Président à deux reprises : en 1975-1976 et en 1985-1986.

En 1947, Jean Alexandre obtient le diplôme de licencié en sciences géographiques après avoir réalisé un mémoire portant sur la « Monographie communale de Herstal ». En 1950, après un bref passage dans l’enseignement secon- daire où il fut professeur de géographie à l’Athénée de Waremme, le Professeur Paul Macar, titulaire de la Chaire de Géologie et de Géographie physique, lui propose de devenir assistant. En 1956, il défend une thèse de doctorat consacrée à « L’Ardenne centrale et sa bordure septentrionale. Etude de géomorphologie » dans laquelle il étudia déjà les aplanissements tertiaires. En 1957, le Professeur Macar lui propose de partir se spécialiser en géomorpho- logie tropicale dans la jeune Université d’Elisabethville (aujourd’hui Lubumbashi). Quatre ans plus tard, il y est nommé Professeur. Il y enseignera la géographie physique, la géologie des terrains superficiels et la pédologie et y assumera même les fonctions de vice-doyen de 1966 à 1968.

En 1968, la situation au Katanga le contraint, lui et sa famille, à revenir en Belgique où il réintègrera l’équipe du Professeur Macar en tant que Chargé de cours associé. Dès 1971, il est chargé de la coordination du projet de coopération technique universitaire liant, pour la géographie, la Belgique au Zaïre. Il y effectuera vingt-deux mis- sions scientifiques d’un mois. En 1974, à l’occasion de la succession du Professeur Macar, il est promu Professeur Ordinaire avec la charge des enseignements en climatologie, en hydrologie, en géomorphologie intertropicale et en analyses quantitatives appliquées à la géographie physique.

Avec François Malaisse, Jacques Soyer et Jules Aloni, Jean Alexandre fonde en 1977, Geo-Eco-Trop, revue foca- lisée sur le monde tropical et toujours éditée à l’heure actuelle. La même année, il est nommé Président du Centre de Coopération au Développement (CECODEL) de l’Université de Liège et Administrateur de l’Association In- teruniversitaire de Coopération au Développement (AICD). En 1981, lorsque cette Association est remplacée par la Commission universitaire de Développement (CUD) au sein du Conseil interuniversitaire de la Communauté française de Belgique (CIUF), il en devient membre jusqu’à ce qu’il y soit nommé Président en 1987.

En 1983, il crée la Maîtrise en Géologie des Terrains Superficiels, enseignement appliqué aux régions intertropicales et suivi avec beaucoup de succès par de nombreux étudiants boursiers sélectionnés dans ces régions.

En 1988, il est à l’origine du Groupe de Contact FNRS de Géomorphologie des Régions Tropicales, subtropicales et Méditerranéennes.

En 1991, il est admis à l’éméritat et il peut alors se consacrer pleinement, non seulement à la réalisation tant attendue de la planche sur le climat de l’Atlas de Belgique, mais surtout à la rédaction minutieuse de son ouvrage magistral sur les cuirasses latéritiques* dans lequel il a légué son expertise unique.

Bref, il n’est pas surprenant que Jean Alexandre ait été membre actif de nombreuses commissions internationales de l’Union Géographique Internationale et membre de l’Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer.

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86 In memoriam : Jean Alexandre

L’activité débordante de Jean Alexandre, ses enseignements particulièrement pédagogiques sur le terrain en Espagne avec les étudiants de 2e licence en Géographie et ceux de la Maîtrise en Géologie des Terrains Superficiels, son esprit savant, son érudition, son humanisme exemplaire, sa patience, sa diplomatie et son optimisme complétés par l’aide efficace et discrète que Lily, son épouse, n’a cessé de lui apporter, ont été les vecteurs principaux de sa brillante carrière et de son rayonnement exceptionnel au service de la Géographie et de l’Université de Liège.

Michel ErPICUM et François PEtIt

* Alexandre J., (2002). Les cuirasses latéritiques et autres formations ferrugineuses tropicales : Exemple du Haut Katanga méridional. Annales du Musée royal de l’Afrique centrale, Sciences géologiques, 107, tervuren, 118 p.

( http://hdl.handle.net/2268/125732 ).

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