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La gestion paysanne des ignames : Relation entre les ignames sauvages et cultivées au Bénin Hana Chaïr Cirad UPR MV

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Academic year: 2021

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La gestion paysanne des ignames : Relation entre les ignames sauvages et

cultivées au Bénin

Hana Chaïr Cirad UPR MV

La production d’igname en Afrique de l’Ouest représente 95 % de la production mondiale. Elle repose essentiellement sur l’espèce D. cayenensis-rotundata. Au Bénin, cette espèce est cultivée en sympatrie avec l’espèce sauvage D. abyssinica dans les savanes du nord et D.

praehensilis dans les forêts denses du sud. Des études socio-économiques ont mis en

évidence une pratique originale appelée l’ennoblissement. Les paysans prélèvent des ignames de type sauvage, les replantent dans les champs et

pratiquent différents stress pour les adapter aux conditions de l’agriculture. Les travaux réalisés sur des ignames D. abyssinica et D. praehensilis propres à l’ennoblissement ou non selon les dires des paysans ont montré une structuration sur la base de marqueurs morphologiques mais aucune structuration génétique avec les marqueurs microsatellites nucléaires. En revanche, que se soit à l’échelle du village ou du pays, les ignames pré-ennoblies ont été assignées à l’espèce D. abyssinica (13 %), à l’espèce D. praehensilis (13 %), 37 % seraient des hybrides, enfin 37 % ont été assignées à D. rotundata (Scarcelli et al. 2006). Après ennoblissement, l’analyse de variétés traditionnelles et des variétés récemment ennoblies (3 à 10 ans) révèle deux groupes génétiques significativement différents, un groupe constitué uniquement des variétés issues de l’ennoblissement et un groupe hétérogène constitué de variétés issues de l’ennoblissement et de variétés traditionnelles. Une

telle structuration est la preuve que la pratique de l’ennoblissement contribuerait à maintenir et à enrichir la diversité génétique du pool variétal.

La production d’igname en Afrique de l’Ouest représente 95 % de la production mondiale. Elle repose essentiellement sur l’espèce D. cayenensis-rotundata. Au Bénin, cette espèce est cultivée en sympatrie avec l’espèce sauvage D. abyssinica dans les savanes du nord et D.

praehensilis dans les forêts denses du sud. Des études socio-économiques ont mis en

évidence une pratique originale appelée l’ennoblissement. Les paysans prélèvent des ignames de type sauvage, les replantent dans les champs et

pratiquent différents stress pour les adapter aux conditions de l’agriculture. Les travaux réalisés sur des ignames D. abyssinica et D. praehensilis propres à l’ennoblissement ou non selon les dires des paysans ont montré une structuration sur la base de marqueurs morphologiques mais aucune structuration génétique avec les marqueurs microsatellites nucléaires. En revanche, que se soit à l’échelle du village ou du pays, les ignames pré-ennoblies ont été assignées à l’espèce D. abyssinica (13 %), à l’espèce D. praehensilis (13 %), 37 % seraient des hybrides, enfin 37 % ont été assignées à D. rotundata (Scarcelli et al. 2006). Après ennoblissement, l’analyse de variétés traditionnelles et des variétés récemment ennoblies (3 à 10 ans) révèle deux groupes génétiques significativement différents, un groupe constitué uniquement des variétés issues de l’ennoblissement et un groupe hétérogène constitué de variétés issues de l’ennoblissement et de variétés traditionnelles. Une

telle structuration est la preuve que la pratique de l’ennoblissement contribuerait à maintenir et à enrichir la diversité génétique du pool variétal.

Enfin, les analyses moléculaires basées sur des marqueurs microsatellites chloroplastiques laissent supposer que les ignames D. abyssinica, D. praehensilis et D. rotundata pourraient soit appartenir à la même espèce soit représenter le même complexe d’espèces.

Enfin, les analyses moléculaires basées sur des marqueurs microsatellites chloroplastiques laissent supposer que les ignames D. abyssinica, D. praehensilis et D. rotundata pourraient soit appartenir à la même espèce soit représenter le même complexe d’espèces.

Scarcelli, N., S. Tostain, et Y. Vigouroux,C. Agbangla, O. Daïnou et J.L. Pham (2006). "Farmers'use of wild relative and sexual reproduction in a vegetatively propagated crop. The case of yam in Benin." Molecular Ecology

Scarcelli, N., S. Tostain, et Y. Vigouroux,C. Agbangla, O. Daïnou et J.L. Pham (2006). "Farmers'use of wild relative and sexual reproduction in a vegetatively propagated crop. The case of yam in Benin." Molecular Ecology 15: 2421-2431.

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