Vol 53: april • aVril 2007 Canadian Family Physician•Le Médecin de famille canadien
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Editorial Éditorial
Guidelines are just … guidelines!
Guidelines issued by learned societies and groups of experts are extremely valuable to family physicians.
They enable us to deal with a subject quickly and to make clear and precise recommendations. They allow us to avoid searching through the literature for scien- tific proof. In many ways, they have replaced manuals by being much more rigorous and trustworthy. They have created a sense of solidarity and cohesiveness among practitioners. We generally give them a lot of credibility.
Perhaps too much!
In fact, the downside to guidelines is that ignoring them leaves us open to problems. Woe betide the unfor- tunate physician who has not followed the guidelines to the letter when something bad happens. Such physi- cians are at serious risk of being blamed and of having to justify their conduct. They will have to explain exactly why they did not follow the guidelines.
Despite their immense popularity, there is nothing to indicate that guidelines have a monopoly on truth or that they even help improve the health of the popu- lation. This is the subject of 3 articles published this month in Canadian Family Physician. McIvor and col- leagues (page 673) observe that, despite widespread dissemination of the Canadian Consensus Guidelines on Asthma in 2001, the well-being of asthma patients, as measured by their control of the disease, has not improved at all. Worrall et al (page 667) demonstrate that the best way to decide whether to prescribe anti- biotics for a sore throat is to use a rapid diagnostic test rather than follow the guidelines. As for McCormack (page 614), he surges into the debate against using ß- blockers to treat hypertension even if they are recom- mended by the Canadian Hypertension Society.
Despite their usefulness and popularity, guidelines are not infallible and they are not a panacea. Moreover, there are all sorts of guidelines—good ones and not so good ones. If some are rigorous, the result of exhaustive analysis of the literature and exempt from outside influ- ence, others seem biased, infiltrated by interest groups, and funded by industry. The first kind usually come from well-known organizations and are published in serious journals that are peer-reviewed, while the other kind are often the work of a handful of pseudo-champions under the influence of powerful sponsors.
So, the recommendations found in guidelines should remain just what they are: advice, not orders.
—Roger Ladouceur MD MSc CCMF FCMF Associate Editor
Ce ne sont que … des recommandations!
Les recommandations émises par les sociétés savantes et les groupes d’experts sont fort précieuses pour les médecins de famille. Elles permettent de faire rapide- ment le point sur un sujet et nous suggèrent des con- duites à tenir sous forme de recommandations claires et précises. Elles nous évitent ainsi de parcourir toute la littérature en soupesant les preuves scientifiques. À maints égards, elles ont remplacé les manuels en étant beaucoup plus rigoureuses et fiables. Elles créent chez les praticiens un sentiment de solidarité et de cohésion.
On leur accorde généralement beaucoup de crédibilité.
Peut-être même trop!
En effet, l’effet pervers des lignes directrices est que qui- conque les ignore s’expose à l’opprobre. Gare au malheu- reux médecin qui n’aura pas suivi intégralement les règles édictées si un malheur vient à survenir. Il risque fort d’être blâmé et devra justifier sa conduite. Il devra expliquer pour- quoi il n’a pas suivi les recommandations émises.
Pourtant malgré leur immense popularité, rien n’indique que les lignes directrices détiennent le mono- pole de la vérité voire même permettent d’améliorer la santé de la population. En tout cas, c’est ce qui ressort de 3 articles publiés dans ce mois-ci dans Le Médecin de famille canadien. McIvor et coll. (page 672) observe que malgré une large diffusion des lignes directrices du Consensus Canadien sur l’Asthme émises en 2001, l’effet sur le bien-être des patients asthmatiques a été nul puis- que aucune amélioration dans le contrôle de la maladie n’a été observée. Worrall et coll. (page 666) démontre que la meilleure façon de prescrire adéquatement les antibiotiques pour la pharyngite est de disposer d’un test diagnostique rapide et non pas de suivre les lignes direc- trices. Quant à McCormack (page 618), il s’insurge dans le cadre du débat contre l’utilisation des bêtabloqueurs dans le traitement de l’hypertension pourtant recomman- dés par la Société Canadienne d’Hypertension Artérielle.
Comme quoi, malgré leur utilité et popularité, les lignes directrices ne sont pas infaillibles et ne représentent pas la solution à tous les maux. D’autant plus qu’il existe tou- tes sortes de lignes directrices: des bonnes et des moins bonnes. Si certaines sont rigoureuses, résultent d’une analyse exhaustive de la littérature et sont exemptes d’in- fluences externes, d’autres semblent biaisés, noyautées par des groupes d’intérêt et commanditées par l’industrie.
Les premières proviennent habituellement d’organismes renommés et sont publiées dans des revues sérieuses dotées de comités de pairs alors que les autres sont sou- vent l’œuvre d’une poignée de pseudo-champions sou- mis à l’influence de puissants commanditaires.
Comme quoi, les recommandations des lignes direc- trices devraient demeurer ce qu’elles sont: des avis et non pas des ordres.
—Roger Ladouceur MD MSc CCMF FCMF Rédacteur adjoint
FOR PRESCRIBING INFORMATION SEE PAGE 718