• Aucun résultat trouvé

Chypre, des royaumes à la province lagide : la documentation phénicienne

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Chypre, des royaumes à la province lagide : la documentation phénicienne"

Copied!
29
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: hal-01452683

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01452683

Submitted on 2 Feb 2017

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Chypre, des royaumes à la province lagide : la documentation phénicienne

Sabine Fourrier

To cite this version:

Sabine Fourrier. Chypre, des royaumes à la province lagide : la documentation phénicienne. La

Phénicie hellénistique, Feb 2013, Toulouse, France. pp.31-53. �hal-01452683�

(2)

1 5

O T O P I O P O

Suppl. 13 2015

Suppl.

13

0 2

(3)

Suppl. 13 2015

ORIENT - OCCIDENT

Sup pl. 1

3 5 201

ORIENT - OCCIDENT

Suppl. 13 2015

ORIENT - OCCIDENT

Sup pl. 1

3 5 201

ORIENT - OCCIDENT

(4)

Comité d’honneur (au 01.01.2015) :

Jean A ndreau , Alexandre F arnoux , Ian M orris , Georges R ougemont , Catherine

V irlouvet

Comité de Rédaction (au 01.01.2015) :

Marie-Françoise B oussac , Roland É tienne , Jean-François S alles , Laurianne

m artinez -s ève , Jean-Baptiste Y on

Responsable de la Rédaction : Marie-Françoise B oussac

Adjoint : Jean-Baptiste Y on

Maison de l’Orient et de la Méditerranée — Jean Pouilloux 5/7 rue Raulin, F-69365 Lyon Cedex 07, France

[email protected] www.topoi.mom.fr

www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/topoi

Diffusion : De Boccard Édition-Diffusion, 11 rue de Médicis, F-75006 Paris Topoi. Orient-Occident Supplément 13, Lyon (2015)

ISSN : 1764-0733

Illustration de couverture : statue votive du prince sidonien Baalshilem, Bostan ech-Cheikh, Musée National de Beyrouth, inv. 12454 (Ph. Archives Maurice Dunand, DGA, Beyrouth).

Illustration du dos : stèle funéraire de Sarapiôn, Borj al-Chamali (région de Tyr), Musée National de Beyrouth, inv. 3272 (Ph. Julien Aliquot).

Ouvrage publié avec le concours

de la Société des Amis de la Bibliothèque Salomon Reinach

Comité d’honneur (au 01.01.2015) :

Jean A

ndreau

, Alexandre F

arnoux

, Ian M

orris

, Geor ges R

ougemont

, Catherine irlouvet V

Comité de Rédaction (au 01.01.2015) :

Marie-Françoise B

oussac

, Roland É

tienne

, Jean-François S

alles

, Laurianne on , Jean-Baptiste Y ève -s artinez m

Responsable de la Rédaction : Marie-Françoise B

oussac

Adjoint : Jean-Baptiste Y

on

Maison de l’Orient et de la Méditerranée — Jean Pouilloux

5/7 rue Raulin, F-69365 Lyon Cedex 07, France [email protected]

www.topoi.mom.fr www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/topoi Diffusion : De Boccard Édition-Dif fusion, 11 rue de Médicis, F-75006 Paris

Topoi. Orient-Occident

Supplément 13, Lyon (2015) ISSN : 1764-0733

Illustration de couverture :

statue votive du prince

sidonien Baalshilem,

Bostan de Tyr), Maurice (Ph. Archives al-Chamali (région Aliquot). . 12454 Sarapiôn, Borj Beyrouth, inv funéraire de National de dos : stèle ech-Cheikh, Musée Dunand, DGA, Beyrouth). Illustration du Musée National de Beyrouth, inv. 3272 (Ph. Julien

Ouvrage publié avec le concours

de la Société des Amis de la Bibliothèque Salomon Reinach

Comité d’honneur (au 01.01.2015) :

Jean A ndreau , Alexandre F arnoux , Ian M orris , Georges R ougemont , Catherine

V irlouvet

Comité de Rédaction (au 01.01.2015) :

Marie-Françoise B oussac , Roland É tienne , Jean-François S alles , Laurianne

m artinez -s ève , Jean-Baptiste Y on

Responsable de la Rédaction : Marie-Françoise B oussac

Adjoint : Jean-Baptiste Y on

Maison de l’Orient et de la Méditerranée — Jean Pouilloux 5/7 rue Raulin, F-69365 Lyon Cedex 07, France

[email protected] www.topoi.mom.fr

www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/topoi

Diffusion : De Boccard Édition-Diffusion, 11 rue de Médicis, F-75006 Paris Topoi. Orient-Occident Supplément 13, Lyon (2015)

ISSN : 1764-0733

Illustration de couverture : statue votive du prince sidonien Baalshilem, Bostan ech-Cheikh, Musée National de Beyrouth, inv. 12454 (Ph. Archives Maurice Dunand, DGA, Beyrouth).

Illustration du dos : stèle funéraire de Sarapiôn, Borj al-Chamali (région de Tyr), Musée National de Beyrouth, inv. 3272 (Ph. Julien Aliquot).

Ouvrage publié avec le concours

de la Société des Amis de la Bibliothèque Salomon Reinach

Comité d’honneur (au 01.01.2015) :

Jean A

ndreau

, Alexandre F

arnoux

, Ian M

orris

, Geor ges R

ougemont

, Catherine irlouvet V

Comité de Rédaction (au 01.01.2015) :

Marie-Françoise B

oussac

, Roland É

tienne

, Jean-François S

alles

, Laurianne on , Jean-Baptiste Y ève -s artinez m

Responsable de la Rédaction : Marie-Françoise B

oussac

Adjoint : Jean-Baptiste Y

on

Maison de l’Orient et de la Méditerranée — Jean Pouilloux

5/7 rue Raulin, F-69365 Lyon Cedex 07, France [email protected]

www.topoi.mom.fr www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/topoi Diffusion : De Boccard Édition-Dif fusion, 11 rue de Médicis, F-75006 Paris

Topoi. Orient-Occident

Supplément 13, Lyon (2015) ISSN : 1764-0733

Illustration de couverture :

statue votive du prince

sidonien Baalshilem,

Bostan de Tyr), Maurice (Ph. Archives al-Chamali (région Aliquot). . 12454 Sarapiôn, Borj Beyrouth, inv funéraire de National de dos : stèle ech-Cheikh, Musée Dunand, DGA, Beyrouth). Illustration du Musée National de Beyrouth, inv. 3272 (Ph. Julien

Ouvrage publié avec le concours

de la Société des Amis de la Bibliothèque Salomon Reinach

(5)

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 3-4

Topoi Supplément 13

LA PhéniCie heLLéniStique

Actes du colloque international de toulouse (18-20 février 2013)

édités par Julien a liquot et Corinne B onnet

Sommaire

Julien a liquot et Corinne B onnet , « Introduction » 5-7

Cités et royaumes, des Achéménides à Rome

Catherine a picella et Françoise B riquel c hatonnet , « La transition institutionnelle

dans les cités phéniciennes, des Achéménides à Rome » 9-29

Sabine F ourrier , « Chypre, des royaumes à la province lagide :

la documentation phénicienne » 31-53

Catharine C. l orBer , « Royal Coinage in Hellenistic Phoenicia :

Expressions of Continuity, Agents of Change » 55-88

Jean-Baptiste Y on , « De Marisa à Byblos avec le courrier de Séleucos IV.

Quelques données sur Byblos hellénistique » 89-105

Villes et campagnes du pays phénicien

Hélène s ader , « Les territoires des cités phéniciennes

entre continuité et changement » 107-121

Élodie g uillon , « Les rapports entre les cités phéniciennes et leurs arrière-pays

en Phénicie du Nord » 123-153

Tomasz W aliszeWski et Urszula W icenciak , « Jiyeh (Porphyreon).

Nouvelles découvertes sur le territoire de Sidon à l’époque hellénistique » 155-179

Rolf A. s tuckY , « Dorf und Stadt. Griechische Präsenz an der phönizischen Küste

während der Perserzeit und im frühen Hellenismus » 181-205

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 3-4

Topoi Supplément 13

LA Phéni Cie he

LLéni Stique

Actes du colloque international de toulouse

(18-20 février 2013) édités par Julien a

liquot

et Corinne B

onnet

Sommaire

Julien a

liquot

et Corinne B

onnet

, « Introduction »

5-7

Cités et royaumes, des Achéménides à Rome

Catherine a

picella

et Françoise B

riquel

c

hatonnet

, « La transition ins

titutionnelle Achéménides à Rome » dans les cités phéniciennes, des

9-29 31-53 55-88 89-105 . : : » » , « Royal Coinage in Hellenistic Phoenicia , « De Marisa à Byblos avec le courrier de Séleucos IV , « Chypre, des royaumes à la province lagide on orBer l ourrier la documentation phénicienne Expressions of Continuity, Agents of Change Quelques données sur Byblos hellénistique » Sabine F Catharine C. Jean-Baptiste Y Villes et campagnes du pays phénicien Hélène s

, « Les territoires des cités phéniciennes ader entre continuité et changement

»

107-121 re-pays » , « Les rapports entre les cités phéniciennes et leurs arriè uillon en Phénicie du Nord Élodie g

123-153 » , « Jiyeh (Porphyreon). ritoire de Sidon à l’époque hellénistique icenciak et Urszula W ski aliszeW W Nouvelles découvertes sur le ter Tomasz

155-179 hen Küste » , « Dorf und Stadt. Griechische Präsenz an der phönizisc tuckY s während der Perserzeit und im frühen Hellenismus Rolf A.

181-205 Topoi Suppl. 13 (2015)

p. 3-4

Topoi Supplément 13

LA PhéniCie heLLéniStique

Actes du colloque international de toulouse (18-20 février 2013)

édités par Julien a liquot et Corinne B onnet

Sommaire

Julien a liquot et Corinne B onnet , « Introduction » 5-7

Cités et royaumes, des Achéménides à Rome

Catherine a picella et Françoise B riquel c hatonnet , « La transition institutionnelle

dans les cités phéniciennes, des Achéménides à Rome » 9-29

Sabine F ourrier , « Chypre, des royaumes à la province lagide :

la documentation phénicienne » 31-53

Catharine C. l orBer , « Royal Coinage in Hellenistic Phoenicia :

Expressions of Continuity, Agents of Change » 55-88

Jean-Baptiste Y on , « De Marisa à Byblos avec le courrier de Séleucos IV.

Quelques données sur Byblos hellénistique » 89-105

Villes et campagnes du pays phénicien

Hélène s ader , « Les territoires des cités phéniciennes

entre continuité et changement » 107-121

Élodie g uillon , « Les rapports entre les cités phéniciennes et leurs arrière-pays

en Phénicie du Nord » 123-153

Tomasz W aliszeWski et Urszula W icenciak , « Jiyeh (Porphyreon).

Nouvelles découvertes sur le territoire de Sidon à l’époque hellénistique » 155-179

Rolf A. s tuckY , « Dorf und Stadt. Griechische Präsenz an der phönizischen Küste

während der Perserzeit und im frühen Hellenismus » 181-205

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 3-4

Topoi Supplément 13

LA Phéni Cie he

LLéni Stique

Actes du colloque international de toulouse

(18-20 février 2013) édités par Julien a

liquot

et Corinne B

onnet

Sommaire

Julien a

liquot

et Corinne B

onnet

, « Introduction »

5-7

Cités et royaumes, des Achéménides à Rome

Catherine a

picella

et Françoise B

riquel

c

hatonnet

, « La transition ins

titutionnelle Achéménides à Rome » dans les cités phéniciennes, des

9-29 31-53 55-88 89-105 . : : » » , « Royal Coinage in Hellenistic Phoenicia , « De Marisa à Byblos avec le courrier de Séleucos IV , « Chypre, des royaumes à la province lagide on orBer l ourrier la documentation phénicienne Expressions of Continuity, Agents of Change Quelques données sur Byblos hellénistique » Sabine F Catharine C. Jean-Baptiste Y Villes et campagnes du pays phénicien Hélène s

, « Les territoires des cités phéniciennes ader entre continuité et changement

»

107-121 re-pays » , « Les rapports entre les cités phéniciennes et leurs arriè uillon en Phénicie du Nord Élodie g

123-153 » , « Jiyeh (Porphyreon). ritoire de Sidon à l’époque hellénistique icenciak et Urszula W ski aliszeW W Nouvelles découvertes sur le ter Tomasz

155-179 hen Küste » , « Dorf und Stadt. Griechische Präsenz an der phönizisc tuckY s während der Perserzeit und im frühen Hellenismus Rolf A.

181-205

(6)

4 sommaire

Culture matérielle et koinè hellénistique

Jessica L. n itschke , « What is Phoenician about Phoenician material culture

in the Hellenistic period ? » 207-238

Ida o ggiano , « Le sanctuaire de Kharayeb et l’évolution

de l’imagerie phénicienne dans l’arrière-pays de Tyr » 239-266

Sandrine É laigne , « La vaisselle de table en Phénicie à l’époque hellénistique » 267-294

Hélène e ristov , « Le décor des maisons hellénistiques de Beyrouth » 295-314

Mémoires de la Phénicie hellénistique

Corinne B onnet , « Le siège de Tyr par Alexandre et la mémoire des vainqueurs » 315-334

Giuseppe g arBati , « Le relazioni tra Cartagine e Tiro in età ellenistica.

Presente e memoria nel tophet di Salammbô » 335-353

Julien a liquot , « Bibulus, fondateur de Byblos » 355-365

Maurice s artre , « Conclusions » 367-374

Julien a liquot , « Index » 375-396

4

sommaire

Culture matérielle et koinè hellénistique

Jessica L.

n

itschke

, « What is Phoenician about Phoenician material cu

lture ? » in the Hellenistic period

207-238 » l’arrière-pays de Tyr , « Le sanctuaire de Kharayeb et l’évolution ggiano de l’imagerie phénicienne dans Ida o

239-266 stique » , « La vaisselle de table en Phénicie à l’époque helléni laigne É Sandrine

267-294 » , « Le décor des maisons hellénistiques de Beyrouth ristov Hélène e

295-314

Mémoires de la Phénicie hellénistique Corinne B

onnet

, « Le siège de Tyr par

Alexandre et la mémoire des vainqueurs »

315-334 Tiro in età ellenistica. tophet di Salammbô » , « Le relazioni tra Cartagine e ti arBa g Presente e memoria nel Giuseppe

335-353 » , « Bibulus, fondateur de Byblos liquot Julien a

355-365

Maurice s

artre

, « Conclusions »

367-374

Julien a

liquot

, « Index » 375-396

4 sommaire

Culture matérielle et koinè hellénistique

Jessica L. n itschke , « What is Phoenician about Phoenician material culture

in the Hellenistic period ? » 207-238

Ida o ggiano , « Le sanctuaire de Kharayeb et l’évolution

de l’imagerie phénicienne dans l’arrière-pays de Tyr » 239-266

Sandrine É laigne , « La vaisselle de table en Phénicie à l’époque hellénistique » 267-294

Hélène e ristov , « Le décor des maisons hellénistiques de Beyrouth » 295-314

Mémoires de la Phénicie hellénistique

Corinne B onnet , « Le siège de Tyr par Alexandre et la mémoire des vainqueurs » 315-334

Giuseppe g arBati , « Le relazioni tra Cartagine e Tiro in età ellenistica.

Presente e memoria nel tophet di Salammbô » 335-353

Julien a liquot , « Bibulus, fondateur de Byblos » 355-365

Maurice s artre , « Conclusions » 367-374

Julien a liquot , « Index » 375-396

4

sommaire

Culture matérielle et koinè hellénistique

Jessica L.

n

itschke

, « What is Phoenician about Phoenician material cu

lture ? » in the Hellenistic period

207-238 » l’arrière-pays de Tyr , « Le sanctuaire de Kharayeb et l’évolution ggiano de l’imagerie phénicienne dans Ida o

239-266 stique » , « La vaisselle de table en Phénicie à l’époque helléni laigne É Sandrine

267-294 » , « Le décor des maisons hellénistiques de Beyrouth ristov Hélène e

295-314

Mémoires de la Phénicie hellénistique Corinne B

onnet

, « Le siège de Tyr par

Alexandre et la mémoire des vainqueurs »

315-334 Tiro in età ellenistica. tophet di Salammbô » , « Le relazioni tra Cartagine e ti arBa g Presente e memoria nel Giuseppe

335-353 » , « Bibulus, fondateur de Byblos liquot Julien a

355-365

Maurice s

artre

, « Conclusions »

367-374

Julien a

liquot

, « Index

»

375-396

(7)

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 31-53

ChyPRe, DeS RoyAuMeS à LA PRoVinCe LAgiDe LA DoCuMentAtion PhéniCienne

introduction

L’histoire de Chypre à la fin du iv e siècle av. J.-C. est marquée par des

changements importants, et avant tout par la fin des royaumes, système politique

qui était attesté dans les sources écrites dès la fin du viii e siècle et qui prolongeait

vraisemblablement, sinon dans son organisation, du moins dans son emprise topographique, une segmentation de l’île en régions économiques distinctes, mise

en place dès le Bronze Récent 1 . La date exacte et les circonstances précises de la

disparition de chacun des différents royaumes ne sont pas toujours connues. Ce n’est d’ailleurs pas un phénomène propre à l’époque hellénistique : des royaumes

ont cessé d’exister au cours du I er millénaire, entraînant d’autres reconfigurations

spatiales et politiques 2 . Mais, fait nouveau, tous les royaumes chypriotes

disparaissent à partir de 312 av. J.-C. En 295/4, quand Ptolémée établit de façon durable sa mainmise après l’épisode de règne antigonide, l’île est unifiée en

province lagide, statut qui restera le sien pendant toute la période hellénistique 3 .

La fin du morcellement politique de l’île s’accompagne d’autres ruptures, d’ordre culturel, qui témoignent de l’ampleur du bouleversement : en particulier, les langues (le dialecte grec arcado-chypriote, le phénicien et l’étéochypriote) et les écritures locales (le syllabaire et l’alphabet phénicien) sont très vite abandonnées au profit du grec de la koinè et de l’écriture alphabétique. Là encore, le phénomène n’est

1. C’est la thèse défendue par M. Iacovou. Voir, en dernier lieu, i acovou 2012, ainsi que

s atraki 2012, qui étudie au sein d’une même période historique (dans laquelle elle

distingue des cycles) la royauté chypriote du Bronze Récent au début de l’époque hellénistique.

2. i acovou 2002 ; F ourrier 2002.

3. m ehl 2000.

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 31-53

ChyPR e, De S R oyAu MeS à LA PR oVin Ce LAgi

De Cienne Phéni Ation Ment oCu LA D

intr oduction

L’histoire de Chypre

à la fin du

e iv

siècle av. J.-C.

est marquée

par des emprise prolongeait précises de distinctes, mise système politique et qui dans son siècle e circonstances viii du moins des royaumes, et les fin du régions économiques la fin dès la organisation, l’île en date exacte tout par . La 1 dans son et avant sources écrites segmentation de dans les Bronze Récent dès le attesté changements importants, qui était vraisemblablement, sinon topographique, une en place la Ce façon unifiée en des royaumes établit de reconfigurations l’île est toujours connues. royaumes chypriotes période hellénistique hellénistique : sont pas toute la tous les quand Ptolémée entraînant d’autres règne antigonide, à l’époque En 295/4, royaumes ne sien pendant fait nouveau, millénaire, er I . J.-C. l’épisode de restera le différents 312 av . Mais, 2 phénomène propre cours du statut qui pas un partir de chacun des politiques mainmise après d’exister au disparition de n’est d’ailleurs ont cessé spatiales et disparaissent à durable sa province lagide, . 3 n’est profit d’ordre langues écritures , les et les le phénomène particulier abandonnées au d’autres ruptures, très vite l’étéochypriote) Là encore, bouleversement : en phénicien et l’île s’accompagne phénicien) sont de leur du ure alphabétique. de l’amp l’alphabet de l’écrit et arcado-chypriote, le lement politique koinè témoignent syllabaire et de la cte grec du morcel La fin culturel, qui (le diale locales (le du grec

1.

C’est la thèse défendue par M.

Iacovou.

Voir , en dernier lieu,

i

acovou

2012,

ainsi que laquelle elle début de historique (dans Récent au e période du Bronze d’une mêm au sein royauté chypriote qui étudie cycles) la 2012, atraki s distingue des

l’époque hellénistique.

2.

i

acovou

2002 ; F

ourrier

2002.

3.

m

2000. ehl

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 31-53

ChyPRe, DeS RoyAuMeS à LA PRoVinCe LAgiDe LA DoCuMentAtion PhéniCienne

introduction

L’histoire de Chypre à la fin du iv e siècle av. J.-C. est marquée par des

changements importants, et avant tout par la fin des royaumes, système politique

qui était attesté dans les sources écrites dès la fin du viii e siècle et qui prolongeait

vraisemblablement, sinon dans son organisation, du moins dans son emprise topographique, une segmentation de l’île en régions économiques distinctes, mise

en place dès le Bronze Récent 1 . La date exacte et les circonstances précises de la

disparition de chacun des différents royaumes ne sont pas toujours connues. Ce n’est d’ailleurs pas un phénomène propre à l’époque hellénistique : des royaumes

ont cessé d’exister au cours du I er millénaire, entraînant d’autres reconfigurations

spatiales et politiques 2 . Mais, fait nouveau, tous les royaumes chypriotes

disparaissent à partir de 312 av. J.-C. En 295/4, quand Ptolémée établit de façon durable sa mainmise après l’épisode de règne antigonide, l’île est unifiée en

province lagide, statut qui restera le sien pendant toute la période hellénistique 3 .

La fin du morcellement politique de l’île s’accompagne d’autres ruptures, d’ordre culturel, qui témoignent de l’ampleur du bouleversement : en particulier, les langues (le dialecte grec arcado-chypriote, le phénicien et l’étéochypriote) et les écritures locales (le syllabaire et l’alphabet phénicien) sont très vite abandonnées au profit du grec de la koinè et de l’écriture alphabétique. Là encore, le phénomène n’est

1. C’est la thèse défendue par M. Iacovou. Voir, en dernier lieu, i acovou 2012, ainsi que

s atraki 2012, qui étudie au sein d’une même période historique (dans laquelle elle

distingue des cycles) la royauté chypriote du Bronze Récent au début de l’époque hellénistique.

2. i acovou 2002 ; F ourrier 2002.

3. m ehl 2000.

Topoi Suppl. 13 (2015) p. 31-53

ChyPR e, De S R oyAu MeS à LA PR oVin Ce LAgi

De Cienne Phéni Ation Ment oCu LA D

intr oduction

L’histoire de Chypre

à la fin du

e iv

siècle av. J.-C.

est marquée

par des emprise prolongeait précises de distinctes, mise système politique et qui dans son siècle e circonstances viii du moins des royaumes, et les fin du régions économiques la fin dès la organisation, l’île en date exacte tout par . La 1 dans son et avant sources écrites segmentation de dans les Bronze Récent dès le attesté changements importants, qui était vraisemblablement, sinon topographique, une en place la Ce façon unifiée en des royaumes établit de reconfigurations l’île est toujours connues. royaumes chypriotes période hellénistique hellénistique : sont pas toute la tous les quand Ptolémée entraînant d’autres règne antigonide, à l’époque En 295/4, royaumes ne sien pendant fait nouveau, millénaire, er I . J.-C. l’épisode de restera le différents 312 av . Mais, 2 phénomène propre cours du statut qui pas un partir de chacun des politiques mainmise après d’exister au disparition de n’est d’ailleurs ont cessé spatiales et disparaissent à durable sa province lagide, . 3 n’est profit d’ordre langues écritures , les et les le phénomène particulier abandonnées au d’autres ruptures, très vite l’étéochypriote) Là encore, bouleversement : en phénicien et l’île s’accompagne phénicien) sont de leur du ure alphabétique. de l’amp l’alphabet de l’écrit et arcado-chypriote, le lement politique koinè témoignent syllabaire et de la cte grec du morcel La fin culturel, qui (le diale locales (le du grec

1.

C’est la thèse défendue par M.

Iacovou.

Voir , en dernier lieu,

i

acovou

2012,

ainsi que laquelle elle début de historique (dans Récent au e période du Bronze d’une mêm au sein royauté chypriote qui étudie cycles) la 2012, atraki s distingue des

l’époque hellénistique.

2.

i

acovou

2002 ; F

ourrier

2002.

3.

m

2000. ehl

(8)

32 s . Fourrier pas entièrement neuf, et quelques inscriptions chypriotes en grec alphabétique sont antérieures à la fin des royaumes, mais elles sont rares et les textes, en particulier officiels, sont le plus souvent digraphes (en alphabet et en syllabaire) et bilingues

(associant grec et « étéochypriote » à Amathonte, koinè et dialecte ailleurs). En

revanche, dès le iii e siècle av. J.-C., l’alphabet phénicien ainsi que le syllabaire

(et le dialecte grec qu’il transcrit le plus souvent) sont en net déclin : les quelques attestations hellénistiques de l’emploi du syllabaire – c’est-à-dire pour l’essentiel celles de Kafizin car les dix sceaux à légende syllabique découverts à Paphos

sont bien peu nombreux en regard des sceaux inscrits en alphabet 4 (qui sont eux-

mêmes très minoritaires par rapport à la masse des sceaux non-inscrits) – portent

la marque d’une influence profonde et déterminante de la koinè 5 .

La période de transition (dans son acception longue, qui couvre le Chypro-

Classique II et la période hellénistique I : iv e - iii e siècle av. J.-C.) a suscité des travaux

récents qui, malgré des approches radicalement différentes, s’accordent sur la

nécessité de nuancer la violence de la rupture 6 . Certes l’île est, pour la première

fois de son histoire peut-être, unifiée en un seul et même ensemble politique, mais cette province est scindée en différents territoires civiques dont certains sont neufs, mais dont beaucoup d’autres reprennent les limites des anciens royaumes ou de leurs districts. La permanence toponymique et, partant, topographique, est

souvent remarquable : qu’on en juge d’après les inscriptions votives de Kafizin 7 .

Par ailleurs, si les rois disparaissent, souvent de façon violente, il n’en est sans doute pas de même des élites chargées de l’administration du royaume, sur lesquelles le pouvoir lagide a pu s’appuyer. Entre Ménélas, frère de Ptolémée et roi de Salamine en 306 av. J.-C., et Pélops, stratège de l’île en 217, on ne possède guère de mention d’étranger occupant un poste important. En revanche, un petit corpus de textes phéniciens montre que des Chypriotes exerçaient de hautes fonctions administratives et religieuses, dans certaines régions de l’île, à la fin du

iv e et pendant la première moitié du iii e siècle av. J.-C.

Cette documentation phénicienne, qui éclaire une période très mal connue, a été pourtant peu exploitée, ignorée, voire interprétée de manière pour le moins

orientée sinon biaisée 8 . Il n’y a pas lieu de s’interroger ici sur les raisons de ce

4. m ichaelidou -n icolaou 1993.

5. l ejeune 2013, p. 359-366.

6. Il s’agit de deux thèses récentes, l’une publiée, l’autre inédite : p apantoniou 2012 et

l ejeune 2013.

7. m itFord 1980 (en particulier p. 253-255, pour la topographie). La datation du

corpus de Kafizin doit être abaissée aux années 183-177 av. J.-C., comme l’a montré

l ejeune 2013, p. 353-359.

8. Même par l’excellente spécialiste de l’épigraphie chypriote qu’est I. Michaelidou-

Nicolaou. Des dirigeants « mineurs » phéniciens auraient ainsi été « tolérés » par 32

. s

Fourrier

pas entiè rement neuf,

et quelques inscriptions chypriotes

en grec

alphabétique sont textes, en et les sont rares mais elles des royaumes, la fin antérieures à

particulier syllabaire) et et en (en alphabet souvent digraphes le plus officiels, sont

bilingues dialecte ailleurs). et koinè à Amathonte, étéochypriote » et « (associant grec

En portent Paphos quelques sont eux- l’essentiel le Chypro- des travaux le syllabaire : les (qui 4 . 5 s’accordent sur a suscité découverts à non-inscrits) – qui couvre ainsi que net déclin alphabet c’est-à-dire pour av. J.-C.) différentes, sont en des sceaux inscrits en siècle e iii - e syllabaire – acception longue, légende syllabique iv la masse l’alphabet phénicien plus souvent) des sceaux le tique I : sceaux à (dans son l’emploi du rapport à av. J.-C., approches radicalement en regard les dix siècle e qu’il transcrit iii de transition nistiques de période hellénis le malgré des et la minoritaires par Kafizin car peu nombreux dialecte grec La période revanche, dès (et le attestations hellé celles de sont bien mêmes très la marque d’une influence profonde et déterminante de la koinè Classique II récents qui, la est première politique, royaumes de Kafizin certains sont pour la des anciens l’île est, civiques dont partant, topographique, même ensemble inscriptions votives les limites . Certes 6 seul et en un toponymique et, d’après les férents territoires la rupture en dif en juge d’autres reprennent violence de peut-être, unifiée La permanence : qu’on est scindée nuancer la dont beaucoup te province son histoire leurs districts. nécessité de fois de mais cet neufs, mais ou de souvent remarquable . 7 et sur sans de ce fin du moins un petit de hautes à la ne possède mal connue, n’en est pour le de Ptolémée les raisons du royaume, de l’île, 217, on En revanche, ici sur violente, il période très de manière l’île en Ménélas, frère Chypriotes exerçaient de façon certaines régions éclaire une de l’administration stratège de poste important. de s’interroger que des siècle av. J.-C. voire interprétée e iii s’appuyer. Entre chargées et Pélops, pas lieu occupant un a pu religieuses, dans phénicienne, qui n’y a . J.-C., disparaissent, souvent . Il 8 des élites 306 av exploitée, ignorée, phéniciens montre istratives et les rois biaisée pouvoir lagide textes de même mention d’étranger urs, si Salamine en Cette documentation pourtant peu et pendant la première moitié du e Par aille doute pas lesquelles le roi de guère de corpus de fonctions admin iv a été orientée sinon

4.

m

ichaelidou

-n

icolaou

1993.

5.

l

ejeune

2013, p. 359-366.

6.

Il s’agit de deux thèses récen

tes, l’une publiée, l’autre

inédite : p

apant oniou

2012

et 2013. ejeune l

7.

m

itFord

1980 (en particuli

er p.

253-255, pour la

topographie).

La datation

du montré comme l’a . J.-C., 183-177 av aux années être abaissée Kafizin doit 2013, p. 353-359. ejeune corpus de l

8.

Même par l’excellente spécialiste

de l’épigraphie chypriote qu’est

I. Michaelidou- ainsi été phéniciens auraient mineurs » dirigeants « Nicolaou. Des

« tolérés » par

32 s . Fourrier

pas entièrement neuf, et quelques inscriptions chypriotes en grec alphabétique sont antérieures à la fin des royaumes, mais elles sont rares et les textes, en particulier officiels, sont le plus souvent digraphes (en alphabet et en syllabaire) et bilingues

(associant grec et « étéochypriote » à Amathonte, koinè et dialecte ailleurs). En

revanche, dès le iii e siècle av. J.-C., l’alphabet phénicien ainsi que le syllabaire

(et le dialecte grec qu’il transcrit le plus souvent) sont en net déclin : les quelques attestations hellénistiques de l’emploi du syllabaire – c’est-à-dire pour l’essentiel celles de Kafizin car les dix sceaux à légende syllabique découverts à Paphos

sont bien peu nombreux en regard des sceaux inscrits en alphabet 4 (qui sont eux-

mêmes très minoritaires par rapport à la masse des sceaux non-inscrits) – portent

la marque d’une influence profonde et déterminante de la koinè 5 .

La période de transition (dans son acception longue, qui couvre le Chypro-

Classique II et la période hellénistique I : iv e - iii e siècle av. J.-C.) a suscité des travaux

récents qui, malgré des approches radicalement différentes, s’accordent sur la

nécessité de nuancer la violence de la rupture 6 . Certes l’île est, pour la première

fois de son histoire peut-être, unifiée en un seul et même ensemble politique, mais cette province est scindée en différents territoires civiques dont certains sont neufs, mais dont beaucoup d’autres reprennent les limites des anciens royaumes ou de leurs districts. La permanence toponymique et, partant, topographique, est

souvent remarquable : qu’on en juge d’après les inscriptions votives de Kafizin 7 .

Par ailleurs, si les rois disparaissent, souvent de façon violente, il n’en est sans doute pas de même des élites chargées de l’administration du royaume, sur lesquelles le pouvoir lagide a pu s’appuyer. Entre Ménélas, frère de Ptolémée et roi de Salamine en 306 av. J.-C., et Pélops, stratège de l’île en 217, on ne possède guère de mention d’étranger occupant un poste important. En revanche, un petit corpus de textes phéniciens montre que des Chypriotes exerçaient de hautes fonctions administratives et religieuses, dans certaines régions de l’île, à la fin du

iv e et pendant la première moitié du iii e siècle av. J.-C.

Cette documentation phénicienne, qui éclaire une période très mal connue, a été pourtant peu exploitée, ignorée, voire interprétée de manière pour le moins

orientée sinon biaisée 8 . Il n’y a pas lieu de s’interroger ici sur les raisons de ce

4. m ichaelidou -n icolaou 1993.

5. l ejeune 2013, p. 359-366.

6. Il s’agit de deux thèses récentes, l’une publiée, l’autre inédite : p apantoniou 2012 et

l ejeune 2013.

7. m itFord 1980 (en particulier p. 253-255, pour la topographie). La datation du

corpus de Kafizin doit être abaissée aux années 183-177 av. J.-C., comme l’a montré

l ejeune 2013, p. 353-359.

8. Même par l’excellente spécialiste de l’épigraphie chypriote qu’est I. Michaelidou-

Nicolaou. Des dirigeants « mineurs » phéniciens auraient ainsi été « tolérés » par 32

. s

Fourrier

pas entiè rement neuf,

et quelques inscriptions chypriotes

en grec

alphabétique sont textes, en et les sont rares mais elles des royaumes, la fin antérieures à

particulier syllabaire) et et en (en alphabet souvent digraphes le plus officiels, sont

bilingues dialecte ailleurs). et koinè à Amathonte, étéochypriote » et « (associant grec

En portent Paphos quelques sont eux- l’essentiel le Chypro- des travaux le syllabaire : les (qui 4 . 5 s’accordent sur a suscité découverts à non-inscrits) – qui couvre ainsi que net déclin alphabet c’est-à-dire pour av. J.-C.) différentes, sont en des sceaux inscrits en siècle e iii - e syllabaire – acception longue, légende syllabique iv la masse l’alphabet phénicien plus souvent) des sceaux le tique I : sceaux à (dans son l’emploi du rapport à av. J.-C., approches radicalement en regard les dix siècle e qu’il transcrit iii de transition nistiques de période hellénis le malgré des et la minoritaires par Kafizin car peu nombreux dialecte grec La période revanche, dès (et le attestations hellé celles de sont bien mêmes très la marque d’une influence profonde et déterminante de la koinè Classique II récents qui, la est première politique, royaumes de Kafizin certains sont pour la des anciens l’île est, civiques dont partant, topographique, même ensemble inscriptions votives les limites . Certes 6 seul et en un toponymique et, d’après les férents territoires la rupture en dif en juge d’autres reprennent violence de peut-être, unifiée La permanence : qu’on est scindée nuancer la dont beaucoup te province son histoire leurs districts. nécessité de fois de mais cet neufs, mais ou de souvent remarquable . 7 et sur sans de ce fin du moins un petit de hautes à la ne possède mal connue, n’en est pour le de Ptolémée les raisons du royaume, de l’île, 217, on En revanche, ici sur violente, il période très de manière l’île en Ménélas, frère Chypriotes exerçaient de façon certaines régions éclaire une de l’administration stratège de poste important. de s’interroger que des siècle av. J.-C. voire interprétée e iii s’appuyer. Entre chargées et Pélops, pas lieu occupant un a pu religieuses, dans phénicienne, qui n’y a . J.-C., disparaissent, souvent . Il 8 des élites 306 av exploitée, ignorée, phéniciens montre istratives et les rois biaisée pouvoir lagide textes de même mention d’étranger urs, si Salamine en Cette documentation pourtant peu et pendant la première moitié du e Par aille doute pas lesquelles le roi de guère de corpus de fonctions admin iv a été orientée sinon

4.

m

ichaelidou

-n

icolaou

1993.

5.

l

ejeune

2013, p. 359-366.

6.

Il s’agit de deux thèses récen

tes, l’une publiée, l’autre

inédite : p

apant oniou

2012

et 2013. ejeune l

7.

m

itFord

1980 (en particuli

er p.

253-255, pour la

topographie).

La datation

du montré comme l’a . J.-C., 183-177 av aux années être abaissée Kafizin doit 2013, p. 353-359. ejeune corpus de l

8.

Même par l’excellente spécialiste

de l’épigraphie chypriote qu’est

I. Michaelidou- ainsi été phéniciens auraient mineurs » dirigeants « Nicolaou. Des

« tolérés

»

par

(9)

chYpre , des roYaumes à la province lagide : la documentation phÉnicienne 33 mépris. Mais il est intéressant de rassembler les pièces du dossier, qui concerne deux anciens royaumes chypro-phéniciens, celui de Kition et d’Idalion et celui de Lapéthos.

Le sanctuaire d’Apollon-Resheph à idalion

Le royaume d’Idalion a été absorbé, au cours de la première moitié du

v e siècle av. J.-C., par celui de Kition. Les circonstances comme la date précises

de la conquête sont inconnues, mais il est sûr qu’elle a eu lieu pendant le règne

d’Ozibaal (son père, Baalmilk I er , est seulement roi de Kition, comme le révèle sa

titulature 9 ). Idalion représente, dans le royaume élargi, bien plus qu’un nouveau

territoire : c’est l’autre capitale du royaume, systématiquement nommée dans la

titulature royale 10 . Dans la nouvelle topographie religieuse du royaume qui se met

alors en place, le sanctuaire d’Apollon continue d’occuper une place essentielle.

Il est situé au pied de la seconde acropole d’Idalion, celle de Moutti tou

Arvili, non loin du palais, établi sur l’acropole voisine d’Ampelliri. D’après ce

qu’on en sait, il a été fréquenté du viii e siècle av. J.-C. au i er siècle apr. J.-C. 11 . C’est,

dès l’époque de l’indépendance d’Idalion, un sanctuaire important, fréquenté par l’élite du royaume, probablement même un sanctuaire royal. En témoigne une série de sculptures de grande qualité, datables de la fin de l’époque archaïque et

de l’époque classique 12 . Lorsqu’ils deviennent maîtres de la ville, loin de détruire

le sanctuaire, les rois de Kition le réutilisent à leurs propres fins : les offrandes

les premiers Ptolémées (m ichaelidou -n icolaou 1976, p. 13). Ils auraient même

été installés à leur poste par un pouvoir macédonien soucieux de « punir » de cette manière des royaumes chypriotes inconstants (ead. 1987, p. 338). De manière générale, « the capture of power in certain instances by Phoenicians should be considered as temporary political incidents » (ead. 1987, p. 336). Pour une vision

plus nuancée : m ehl 1996.

9. Voir l’inscription d’Idalion : KB V, n° 45. La datation de son règne est approximative.

On ne dispose d’indications précises que pour les deux derniers rois kitiens, Milkyaton et Pumayyaton : voir le schéma proposé ibid., p. 170.

10. F ourrier 2013, p. 116-117.

11. Voir u lBrich 2008, p. 319-321 (ID 4) avec références. L’étude la plus complète

demeure celle de s enFF 1993, qui propose en outre un catalogue des sculptures.

12. s atraki 2012, p. 292-293. Toutefois, selon A. Hermary (2005), ces statues royales

représenteraient des membres de la dynastie phénicienne de Kition. Outre la difficulté de datation des sculptures sur des critères exclusivement stylistiques, le problème essentiel est celui de la date d’annexion d’Idalion, haute (vers 470) ou basse (vers 450). Selon A. Satraki, les statues auraient été consacrées par des membres de l’élite du royaume indépendant d’Idalion, l’usage de dédier des sculptures de grandes

dimensions cessant après le milieu du v e siècle.

chYpre

,

des roYaumes à la province lagide

:

la documentation

phÉnicienne

33

mépris. Mais il est intéressant de

rassembler les pièces du

dossier, qui

concerne d’Idalion et Kition et celui de royaumes chypro-phéniciens, deux anciens

celui de Lapéthos.

Le sanctuaire d’Apollon-Resheph à idalion

Le royaume d’Idalion a

été absorbé, au cours

de la première moitié

du le règne révèle sa date précises qu’un nouveau nommée dans comme le lieu pendant comme la bien plus a eu de Kition, élargi, sûr qu’elle Les circonstances il est seulement roi le royaume royaume, systématiquement , est er I de Kition. capitale du inconnues, mais représente, dans par celui père, Baalmilk c’est l’autre ). Idalion 9 av. J.-C., conquête sont siècle e v de la d’Ozibaal (son titulature territoire : la ce une met . C’est, détruire 11 offrandes qui se Moutti tou archaïque et fréquenté par : les loin de apr. J.-C. En témoigne celle de ville, du royaume d’Ampelliri. D’après siècle de l’époque er i de la propres fins au la fin à leurs sanctuaire important, sanctuaire royal. av. J.-C. acropole d’Idalion, datables de l’acropole voisine siècle e topographie religieuse même un deviennent maîtres viii le réutilisent d’Idalion, un i sur la seconde la nouvelle . Lorsqu’ils grande qualité, de Kition 12 fréquenté du pied de palais, établ . Dans 10 a été les rois de l’indépendance classique loin du situé au royaume, probablement sait, il sculptures de Il est titulature royale alors en place, le sanctuaire d’Apollon continue d’occuper une place essentielle. Arvili, non qu’on en dès l’époque l’élite du série de de l’époque le sanctuaire,

les premiers Ptolémées (

m

ichaelidou

-n

icolaou

1976, p. 13).

Ils auraient

même » de de « punir macédonien soucieux un pouvoir poste par à leur été installés

cette vision should be De manière Pour une p. 338). Phoenicians p. 336). . 1987, . 1987, ead (ead instances by inconstants ( in certain incidents » of power 1996. ehl temporary political m royaumes chypriotes the capture manière des générale, « considered as plus nuancée :

9.

Voir l’inscription d’Idalion

: KB V, n° 45.

La datation de son

règne est

approximative. deux derniers pour les précises que dispose d’indications On ne

rois kitiens, ibid., p. 170. Milkyaton et Pumayyaton : voir le schéma proposé

10.

F

ourrier

2013, p. 116-1 17.

11.

Voir u

lBrich

2008, p. 319-321 (ID 4)

avec références.

L’étude la plus

complète 1993, qui propose en outre un catalogue des sculptures. enFF demeure celle de s

12.

s

atraki

2012, p. 292-293.

Toutefois, selon A.

Hermary (2005), ces

statues royales Kition. Outre phénicienne de la dynastie membres de représenteraient des

la difficulté stylistiques, le critères exclusivement sur des des sculptures de datation

problème basse (vers 470) ou des membres haute (vers consacrées par auraient été d’annexion d’Idalion, les statues la date celui de A. Satraki, essentiel est 450). Selon

de l’élite sculptures de dédier des l’usage de indépendant d’Idalion, du royaume

grandes siècle. e v dimensions cessant après le milieu du

chYpre , des roYaumes à la province lagide : la documentation phÉnicienne 33

mépris. Mais il est intéressant de rassembler les pièces du dossier, qui concerne deux anciens royaumes chypro-phéniciens, celui de Kition et d’Idalion et celui de Lapéthos.

Le sanctuaire d’Apollon-Resheph à idalion

Le royaume d’Idalion a été absorbé, au cours de la première moitié du

v e siècle av. J.-C., par celui de Kition. Les circonstances comme la date précises

de la conquête sont inconnues, mais il est sûr qu’elle a eu lieu pendant le règne

d’Ozibaal (son père, Baalmilk I er , est seulement roi de Kition, comme le révèle sa

titulature 9 ). Idalion représente, dans le royaume élargi, bien plus qu’un nouveau

territoire : c’est l’autre capitale du royaume, systématiquement nommée dans la

titulature royale 10 . Dans la nouvelle topographie religieuse du royaume qui se met

alors en place, le sanctuaire d’Apollon continue d’occuper une place essentielle.

Il est situé au pied de la seconde acropole d’Idalion, celle de Moutti tou

Arvili, non loin du palais, établi sur l’acropole voisine d’Ampelliri. D’après ce

qu’on en sait, il a été fréquenté du viii e siècle av. J.-C. au i er siècle apr. J.-C. 11 . C’est,

dès l’époque de l’indépendance d’Idalion, un sanctuaire important, fréquenté par l’élite du royaume, probablement même un sanctuaire royal. En témoigne une série de sculptures de grande qualité, datables de la fin de l’époque archaïque et

de l’époque classique 12 . Lorsqu’ils deviennent maîtres de la ville, loin de détruire

le sanctuaire, les rois de Kition le réutilisent à leurs propres fins : les offrandes

les premiers Ptolémées (m ichaelidou -n icolaou 1976, p. 13). Ils auraient même

été installés à leur poste par un pouvoir macédonien soucieux de « punir » de cette manière des royaumes chypriotes inconstants (ead. 1987, p. 338). De manière générale, « the capture of power in certain instances by Phoenicians should be considered as temporary political incidents » (ead. 1987, p. 336). Pour une vision

plus nuancée : m ehl 1996.

9. Voir l’inscription d’Idalion : KB V, n° 45. La datation de son règne est approximative.

On ne dispose d’indications précises que pour les deux derniers rois kitiens, Milkyaton et Pumayyaton : voir le schéma proposé ibid., p. 170.

10. F ourrier 2013, p. 116-117.

11. Voir u lBrich 2008, p. 319-321 (ID 4) avec références. L’étude la plus complète

demeure celle de s enFF 1993, qui propose en outre un catalogue des sculptures.

12. s atraki 2012, p. 292-293. Toutefois, selon A. Hermary (2005), ces statues royales

représenteraient des membres de la dynastie phénicienne de Kition. Outre la difficulté de datation des sculptures sur des critères exclusivement stylistiques, le problème essentiel est celui de la date d’annexion d’Idalion, haute (vers 470) ou basse (vers 450). Selon A. Satraki, les statues auraient été consacrées par des membres de l’élite du royaume indépendant d’Idalion, l’usage de dédier des sculptures de grandes

dimensions cessant après le milieu du v e siècle.

chYpre

,

des roYaumes à la province lagide

:

la documentation

phÉnicienne

33

mépris. Mais il est intéressant de

rassembler les pièces du

dossier, qui

concerne d’Idalion et Kition et celui de royaumes chypro-phéniciens, deux anciens

celui de Lapéthos.

Le sanctuaire d’Apollon-Resheph à idalion

Le royaume d’Idalion a

été absorbé, au cours

de la première moitié

du le règne révèle sa date précises qu’un nouveau nommée dans comme le lieu pendant comme la bien plus a eu de Kition, élargi, sûr qu’elle Les circonstances il est seulement roi le royaume royaume, systématiquement , est er I de Kition. capitale du inconnues, mais représente, dans par celui père, Baalmilk c’est l’autre ). Idalion 9 av. J.-C., conquête sont siècle e v de la d’Ozibaal (son titulature territoire : la ce une met . C’est, détruire 11 offrandes qui se Moutti tou archaïque et fréquenté par : les loin de apr. J.-C. En témoigne celle de ville, du royaume d’Ampelliri. D’après siècle de l’époque er i de la propres fins au la fin à leurs sanctuaire important, sanctuaire royal. av. J.-C. acropole d’Idalion, datables de l’acropole voisine siècle e topographie religieuse même un deviennent maîtres viii le réutilisent d’Idalion, un i sur la seconde la nouvelle . Lorsqu’ils grande qualité, de Kition 12 fréquenté du pied de palais, établ . Dans 10 a été les rois de l’indépendance classique loin du situé au royaume, probablement sait, il sculptures de Il est titulature royale alors en place, le sanctuaire d’Apollon continue d’occuper une place essentielle. Arvili, non qu’on en dès l’époque l’élite du série de de l’époque le sanctuaire,

les premiers Ptolémées (

m

ichaelidou

-n

icolaou

1976, p. 13).

Ils auraient

même » de de « punir macédonien soucieux un pouvoir poste par à leur été installés

cette vision should be De manière Pour une p. 338). Phoenicians p. 336). . 1987, . 1987, ead (ead instances by inconstants ( in certain incidents » of power 1996. ehl temporary political m royaumes chypriotes the capture manière des générale, « considered as plus nuancée :

9.

Voir l’inscription d’Idalion

: KB V, n° 45.

La datation de son

règne est

approximative. deux derniers pour les précises que dispose d’indications On ne

rois kitiens, ibid., p. 170. Milkyaton et Pumayyaton : voir le schéma proposé

10.

F

ourrier

2013, p. 116-1 17.

11.

Voir u

lBrich

2008, p. 319-321 (ID 4)

avec références.

L’étude la plus

complète 1993, qui propose en outre un catalogue des sculptures. enFF demeure celle de s

12.

s

atraki

2012, p. 292-293.

Toutefois, selon A.

Hermary (2005), ces

statues royales Kition. Outre phénicienne de la dynastie membres de représenteraient des

la difficulté stylistiques, le critères exclusivement sur des des sculptures de datation

problème basse (vers 470) ou des membres haute (vers consacrées par auraient été d’annexion d’Idalion, les statues la date celui de A. Satraki, essentiel est 450). Selon

de l’élite sculptures de dédier des l’usage de indépendant d’Idalion, du royaume

grandes siècle. e v dimensions cessant après le milieu du

Références

Documents relatifs

Le deuxième chapitre, « L A GESTION DE L ’ EAU LORS DE L ’ EXPLORATION ET L ’ EXPLOITATION » , traite de la problématique de l’utilisation de l’eau pour la

La tomographie est une technique non destructive permettant de caractériser l’évolution des grains et l’empilement granulaire lors d’un procédé de mise en forme comme

Afin d'évaluer l es variations climatiques du siècle dernier dans la zone d'étude , les données climatiques historiques comme les températures et les

Figure 6 Hydrie géométrique de Délos (D ÉLOS XV, fig. Figure 7 Carte de distribution des céramiques à bandes dans le monde égéen au VIII e siècle. Hydrie de style à

Figure 6 Hydrie géométrique de Délos (D ÉLOS XV, fig. Figure 7 Carte de distribution des céramiques à bandes dans le monde égéen au VIII e siècle. Hydrie de style à

Nous avons ainsi constaté lors de l’expérimentation sur le simulateur de ski que l’entrée dans la phase d’alternance était précédée d’un accroissement

L’observation d’une maquette d'œil humain (avec muscles oculomoteurs) et photos (Bordas p 27) confirme que l ‘anatomie de l’œil est la même chez tous les vertébrés .. Les

Au XXIe siècle, un projet d’inventaire nommé « TCV-PYR » se propose d’étudier à la fois le patrimoine bâti, architectural et paysager mais aussi le pa- trimoine